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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Hétéro Orientation principale dans ce chapitre

Vendue — Chapitre 3 · Soirée de gala

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Jane Does
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Vendue

Chapitre 3 · Soirée de gala

J'ai servi deux verres. Apparemment il n'y en a pas de sorti pour ma pomme. Les deux hommes trinquent en discutant de banalités. J'ai la nette impression que je ne suis là que pour le décor. Le whisky qu'ils sifflent me donne soif. Mais je me tais, sans trop en comprendre la raison. Jusque-là, je n'avais, n'ai rien d'une soumise. L'entrée dans le jeu de ce Maxime va-t-elle me prouver le contraire ? Je résiste et demeure zen. Quand il a fini son glass, l'inconnu me fait juste un signe, d'un pouce levé.
Dois-je comprendre qu'il veut de nouveau à boire ? Ou alors c'est pour que je me redresse qu'il m'a fait ce geste ? Comment le savoir ? Le mieux est encore de ne pas broncher. Il sourit et les traits de son visage sont soudain d'une dureté à m'effrayer.
— Tu dois te lever lorsque je te fais signe. Comme les toutous… au doigt et à l'œil. Vas-y ! Relève-toi. Puis tu te rassois et cette fois ton dos ne doit pas toucher le dossier. C'est plus complexe qu'il n'y parait, le maintien d'une salope soumise.
— … !
Une fois encore j'envoie des SOS en direction de Jean. Il me fait une sorte de clignement d'yeux. Pour que je mette de côté mon égo qui commence à surchauffer ? Il se dit que si ce Maxime dépasse les bornes je vais leur claquer entre les pattes. Mais il ne prononce aucune parole susceptible de me rassurer. Eh bien ! Je me redresse lentement, et me tiens debout devant le canapé. À ma grande surprise, les deux mecs font de même.
— Bien ! Il est temps d'aller diner. C'est toi qui conduis, Jean ! Moi, je monte sur le siège arrière avec notre dame.
— … ! D'accord.
— Mais avant cela, nous devons encore procéder à une petite préparation de notre amie Cécile. Tu peux me passer la mallette que j'ai apportée en arrivant ?
— Ah ! Oui ! Elle est restée dans l'entrée.
— Ne crains rien ma belle. Je veux juste te rendre belle et désirable grâce à quelques petits accessoires. Pour le repas, il sera normal dans la mesure où tu pourras participer à notre conversation. Le « vous » pour moi, et pour ton amant, tu fais comme d'habitude ! Compris ?
— Oui !
— Oui qui ?
— Oui monsieur.
— Voilà qui est mieux. Je suis certain que tu vas être une petite esclave bien dévouée… à tes guides de la soirée. C'est bien ce terme que tu préfères, il me semble que Jean m'en a touché deux mots.
Il est droit comme un I face à moi. Dans ses yeux gris acier, je sens la fermeté de ses propos. Il croit véritablement à ce qu'il raconte, j'en jurerais. Et comment Jean peut-il avoir de tels amis, ou connaissances ? Je n'en reviens toujours pas. Mais je suis prise dans une spirale très dangereuse et pourtant je me laisse aller, comme privée de toute velléité de révolte. Je ne me souviens de rien de pareil de toute mon existence. Mon amant est de retour avec une petite valise.
Le type inconnu l'entrouvre sur le tablier de la table du salon. Il en sort un collier d'environ cinq ou six centimètres de large, lequel me semble de cuir rouge.
— Mets-toi à genoux !
C'est péremptoire ! Je fléchis sur mes guibolles et me voilà dans la position demandée. Une autre recommandation et je baisse la tête. Maxime pose sur ma nuque le cercle de cuir et il le serre en gardant un doigt entre ma peau et la matière. Je peux respirer sans problème. Une fois ce bijou posé, il en extrait deux autres. Ceux-ci sont destinés à mes poignets. Là encore, je ne bronche pas durant leur mise en place.
— Assieds-toi sur le bord de la table !
Nouvelle remise en position verticale avant de m'exécuter. Je n'arrive pas à dépatouiller mon cerveau de cet enchevêtrement d'humiliations. Ça continue.
— Lève le pied gauche !
Un bracelet se referme sur ma cheville. La seconde subit également le même sort. Il me tend la main et m'aide à me remettre en station verticale.
— Te voici très belle. Nous allons donc diner et ensuite nous sortirons. D'accord Jean ?
— Ben… oui, c'est ce dont nous avions convenu.
— Pas d'objection pour toi ?
C'est à moi que sont adressées ses paroles. Je ne sais pas si je dois dire oui ou seulement opiner du chef. Alors je fais hocher mon menton de haut en bas. Je viens sans doute de sceller mon sort de la nuit ! Je ne saisis pas vraiment la portée de cet abandon de tout amour propre. Je ne réalise nullement pourquoi je suis incapable de réagir. Je n'ai pas été droguée puisque ni Jean ni son acolyte ne m'ont donné à boire ou à manger… donc c'est bien mon esprit qui suit un sentier bizarre.
— xxxXXxxx —
L'endroit est huppé. Les serveuses stylées, au nombre de deux, chouchoutent les tables dont elles ont la charge. Ce Maxime s'avère lors du repas être un bon vivant et je le vois d'un coup d'un œil tout neuf. Il me pose quelques questions sur des mondanités dont je ne possède pas toutes les réponses. Plus la fin de notre dinette approche et plus je me sens anxieuse. Il le pressent et vient doucement sur la suite des événements.
— Tu me sembles préoccupée, Cécile ! Tu as peur de ce qui va venir ?
— Euh… oui bien sûr ! L'inconnu me donne des montées d'angoisse. Mais vous devez bien vous en douter.
— Oui ! Et ton corps fabrique de l'adrénaline ce qui est toujours excellent pour la libido. Tu vas voir, ça décuple souvent les sensations.
— Je ne veux en aucun cas être frappée ou blessée.
— Est-ce que Jean et moi avons des têtes de bourreaux ? Il ne s'agit que d'un jeu plus ou moins approfondi et je sais de source sûre que tu aimes le sexe.
— Oui… mon ange, Maxime et moi avons été longtemps complices et il se doute bien que si je suis avec toi, c'est que tu aimes te donner et être prise, mais également recevoir. Donc nous avons un peu parlé de ce que j'attends de cette soirée, ce qui te donne une place à part dans notre conversation.
— … Et il va m'arriver quoi ? Parce que je vous avoue à tous les deux, que je ne suis pas tranquille, mais alors pas du tout.
— Oh ! Tu ne devrais que te laisser guider. Jean et moi sommes des adultes et nous n'allons pas te livrer à une bande d'idiots ou de dégénérés. Ce sont des gens bien qui vont avoir le privilège de participer à notre… petite sauterie.
— Je… il n'était pas du tout prévu que je sois « prêtée » à plusieurs personnes, il me semble ! Un moment de libertinage, j'avais bien cru que nous étions d'accord, mais rien d'autre.
— Oh ma chère Cécile ! Tu dois te laisser porter par les événements et tu ne regretteras absolument pas demain… j'en jurerais. Tu sais, tout comme Jean, j'ai le nez pour sentir le potentiel de certaines « dames ». Toi… tu transpires le « cul », comme d'autres puent le parfum. Et c'est tellement bon de t'imaginer tremblotante et peureuse. Ça fait partie aussi de ce que nous attendons de toi.
— Et si je refuse ? Il me reste toujours la possibilité de dire non. Ça aussi, ça faisait partie du contrat moral…
— Alors tu gâcheras une belle occasion de prendre du plaisir, voilà tout. Il n'y aura aucun procès… mais je sais déjà que Jean a vu juste. Tu es suffisamment forte pour supporter ce que je veux te faire faire…
— Et je peux savoir de quoi il retourne ?
— Où serait le charme si tu te préparais par avance à ce que je veux t'amener à faire ?
— … ! Il y aura beaucoup de monde ?
— J'ai déjà laissé filtrer trop d'informations. Il est l'heure de quitter la table. Tu es des nôtres ou nous te déposons à ta voiture, chez Jean. Mais lui et moi, allons-nous amuser. C'est à toi de choisir maintenant.
— Je peux vous faire confiance ? Pour Jean pas de problème, mais vous restez un inconnu pour moi en fait.
— Cécile… je réponds de Maxime comme de moi-même !
— …
J'ai une sorte de longue hésitation. Maxime met à profit mes incertitudes pour nous quitter et aller régler la note. Nous sommes face à face mon amant et moi.
— Toi non plus Jean, tu ne veux rien me dire ?
— Non ! C'est censé être ma soirée. Et si tu nous suis, je te verrai jouir. Je te promets que je resterai tout près de toi et que j'interviendrais si le besoin s'en faisait sentir.
— Tu crois que c'est rassurant ?
— C'est tout ce que je peux te promettre. Décide-toi ! Voici Maxime qui revient.
L'autre ne pose aucune question. Il fait un signe de tête en direction de Jean qui lui emboite le pas vers la sortie. Finalement, avec un temps de retard, je les rattrape sur le parking. L'ami de mon amant se retourne avec un sourire de fauve.
— Je savais que l'on pouvait avoir confiance. Monte et on reprend le cours normal de la soirée. Une fois assise dans la voiture, tu n'as plus ton mot à dire. Tu vas devoir tout accepter. Le fait de t'assoir près de moi, maintenant vaut acceptation ! Reçu le message ?
— Oui…
— Oui qui ?
— Pardon ! Oui monsieur.
Ma voix chevrote pour de bon. C'est de nouveau avec une boule à l'estomac que je pose mon derrière sur la banquette arrière du véhicule. Le moteur est lancé et nous roulons d'abord lentement vers une direction dont je ne sais rien. Et dans la main de Maxime, comme par enchantement vient d'apparaitre une sorte de loup.
— Ça ma belle, c'est pour que tu ne vois plus rien. Approche ta jolie frimousse.
— …
Mon buste s'avance vers ses mains. Et dès qu'il en a la possibilité, il noue sur ma nuque ce bandeau noir qui me colle immédiatement dans une obscurité totale. Nous roulons depuis… je ne sais pas, mais ça me semble interminable. La voiture ralentit. Il s'ensuit des secousses qui me font présager que nous venons de prendre un chemin non goudronné. Enfin… le moteur s'arrête de ronronner.
— Ne bouge pas ! Je vais te mettre une laisse.
Merde ! Une laisse, je deviens donc une bête ? Je n'arrive plus à faire la part des choses. Entre le jeu et le cauchemar, il n'y a pas plus long que ce cuir qui me serre le cou. Une légère tension et un nouvel ordre.
— Sors de l'habitacle !
Mes pieds retrouvent la terre ferme. De l'herbe sans doute. Maxime ou Jean, comment le savoir, m'a pris les poignets et me force à mettre mes bras dans mon dos. Un cliquetis m'informe que les deux bracelets de mes manchettes sont reliés entre eux. Je ne peux donc plus me servir de mes bras. Une patte est sur ma poitrine, soudain.
— Ne bouge pas ! Je vais te retirer ce soutien qui est désormais inutile.
— … ?
Je sens que les doigts attrapent sous mon chemisier les bonnets. Un bruit sec… et ceux-ci quittent mes seins. Comment a-t-il, ont-ils fait pour l'enlever sans me déshabiller ? À moins que… oui, je croie qu'ils viennent de ruiner cette parure au prix exorbitant… mince alors. Des doigts courent sur mon visage. Dans ma nuit, c'est Maxime qui m'interpelle toujours.
— Écarte tes mâchoires !
C'est bref, concis, sans appel. Et je m'exécute une fois de plus. Mais j'ai les jambes en coton, je ne sais pas vraiment comment je peux encore me tenir debout. Un objet non identifié atterrit entre mes dents. Ça a un gout prononcé de caoutchouc. Une balle ? Je me doute bien que… eh oui ! Celle-ci se retrouve bloquée dans son logement par un nœud supplémentaire sur ma nuque. Aveugle et muette, et trainée par un lien, je ne peux que suivre le mouvement. La voix de Jean m'avertit d'un potentiel danger.
— Attention ma chérie. Il y a trois marches devant tes pieds.
La difficulté est franchie et sans que je sache pourquoi, je sais, je sens que je suis en pleine lumière. Une perception très spéciale que celle de ne rien pouvoir faire et de se dire que des gens me voient dans une posture… très curieuse. Une femme… c'est elle qui s'exprime et qui parle avec mes deux chevaliers servants.
— Vous me donnez la laisse ? Je vous félicite messieurs, votre soumise est de toute beauté. Beaucoup vont se régaler ce soir… Je peux vous l'emprunter ?
— Oui ! Oui, faites comme chez vous ma chère Irina.
Irina… c'est donc le prénom de celle qui tire sur ma longe ? Je dois de nouveau avancer. Elle a un timbre de voix agréable et lorsqu'elle s'arrête, elle me flatte la croupe. Une jument, c'est l'impression que me donne sa caresse. Elle cajole une jument. Et ce qu'elle m'annonce ne me réjouit pas plus que cela.
— Tu vas entrer dans la cage. Au fond, droit devant toi, il se trouve un banc ! Tu peux t'assoir et je viendrai tout à l'heure te chercher lorsque ce sera ton tour.
Mon tour ? Mais mon tour de quoi ? Je commence à paniquer. Mon Dieu, mais qu'est-ce que je fous ici ? Que va-t-il m'arriver ? J'en ai mal aux tripes de cette attente qui débute. Mes idées se fixent sur des détails, des bruits que je ne parviens pas à déchiffrer. De la musique aussi, lointaine ou en sourdine, des gens qui rient, qui s'amusent et moi qui prisonnière attend… mon tour ? Oui mon tour de quoi ?
Alors la peur, insidieuse, hideuse fait son office. Elle distille son poison dans mon organisme sous tension. J'en ai mal partout et le pire, c'est de ne rien voir, de ne pas non plus savoir ce qui va me tomber dessus. Le banc sur lequel je suis assise, en bois brut, me tale les fesses. Je remue donc de temps en temps en me soulevant de droite et de gauche. Pour soulager ce qui finalement n'est que programmé par mon cerveau fiévreux. Et parallèlement à cette situation très désagréable… une petite pointe d'excitation est nichée au creux de mes reins.
Une grille qui grince me fait sursauter dans ma nuit obligée. La femme est de retour. Elle s'adresse à une autre personne. Celle-ci est toute proche de moi et pourtant, je n'ai pas deviné sa simple présence.
— C'est à toi Sonia ! Viens… ne faisons pas attendre nos amis.
Nos amis ! Quel euphémisme ? Je ne sais vraiment pas où je suis. Et les deux seuls hommes que je sais être là sont Jean et son copain Maxime. Je vais devoir aller dans un lieu sans doute plein de lumière et rempli de gens qui vont me voir dans cette posture de soumise ? Ce n'était vraiment pas ce que Jean et moi avions décidé. Pourquoi me suis-je laissée embarquer dans cette galère ? Comment m'en sortir ? Pas moyen de faire un geste pour dire ma désapprobation. Les poignets attachés derrière moi ne facilitent pas les mouvements, quels qu'ils soient.
C'est long ! Une éternité dans l'obscurité me laisse le temps de réfléchir. Je ne veux plus jouer ! Mais… la bouche pleine et la trouille au bide… je dois me retenir pour ne pas… m'uriner dessus. C'est le son de gonds mal huilés qui me fait revenir à la réalité. C'est bien pour moi. La laisse se tend et la traction légère sur mon cou me force à me remettre debout. C'est bien comme un animal que je me vois contrainte d'avancer. Irina puisque la voix est bien celle de cette personne me parle et ça me fait tout drôle.
— Jean… enfin ton copain te laisse le choix. Rester bâillonnée et aveugle ou voir ce qui t'attend. C'est à toi de choisir. Je vais donc te reposer deux questions, tu hoches ta jolie frimousse en signe de oui ou de non !
— …
— Alors veux-tu que je te retire le bâillon ?
Ma tête dodeline de bas en haut. Une sensation d'air pur qui entre dans mes poumons alors que j'en aspire une large goulée. Mais la voix ne me laisse guère de répit.
— Je dois retirer le bandeau ou pas ?
— … non… enfin je ne sais pas ! J'ai envie de faire pipi…
— Je ne suis pas habilitée à t'emmener aux toilettes. Rassure-toi, ça nous arrive à toutes, la première fois, ce genre de désagrément. C'est bien ton baptême du feu n'est-ce pas ?
— Ou… oui ! Mais…
— Chut ! Si on nous surprend à discuter, je serai battue… allons-y ! Ne faisons pas attendre ces messieurs dames.
Je la boucle. Savoir qu'elle peut être punie à cause de moi me laisse perplexe. Les mille questions qui me brulent les lèvres sont toutes en suspens. La sensation d'entrer dans un endroit éclairé est instantanée dès que nous avons fait quatre ou cinq mètres. Je sens des présences tout autour de moi.
Une voix d'homme, Maxime sans doute crève le mur de silence et troue celui de ma peur également.
— Mes amis, je vous présente Cécile ! C'est la soumise de notre bon Jean. Ce soir elle sera disponible pour l'un ou l'une d'entre vous. Oui… j'ai bien dit une ou un, pas deux… mais vous noterez qu'elle est… tout simplement ravissante. Et encore, vous n'avez pas tout vu !
Des murmures se font écho des paroles qui me glacent le sang. Combien sont-ils à me jauger, à me juger ? Et puis ce « vous n'avez pas tout vu » signifie quoi ? Je m'imagine ridicule devant un parterre dont je ne sais rien. Quelle crétine aussi ! Il m'aurait suffi de dire « oui » et je ne serais plus aveugle. Est-il trop tard pour qu'on me retire mon loup ? Je suis tétanisée par la situation et n'ose pas ouvrir la bouche.
C'est un peu à Jean que j'en veux de m'avoir plongée au cœur de cette incroyable aventure. Proche de moi, Maxime, cette fois je suis persuadé qu'il s'agit bien de lui, tire sur ma longe.
— Nous allons donc commencer les enchères. N'oubliez pas mes amis que c'est pour une bonne cause. En enchérissant, vous joindrez l'utile à l'agréable. Notre belle Cécile se prête au jeu et tout ce qui sera récolté ce soir ira à notre fondation « Défense des femmes battues ». Soyez donc généreux, beaucoup de dames comptent sur vous.
Des applaudissements viennent saluer les paroles de cet ami de Jean. Je ne sais plus que penser vraiment de ma présence ici. Et la suite intervient sans que je sois en mesure de refuser. Un long silence, oppressant et pesant fait suite à l'annonce au micro de cet homme qui vient de me présenter.
— Alors par quoi voulez-vous que nous débutions cette dernière vente de la soirée ? Natacha ! Votre avis ?
Une femme s'exprime des profondeurs de la salle. Elle ne parait pas être à côté, j'en déduis donc qu'il doit y avoir quelques spectateurs.
— Le chemisier. Ce serait plaisant de voir ce qu'il contient… nous sommes d'accord ?
— Eh bien si vous êtes tous de l'avis de notre chère amie… Combien pour un bouton ?
De ma place, je n'en reviens pas. Les chiffres qui s'annoncent me crucifient sur place. Je ne peux plus réfléchir correctement et finalement un bouton s'entrouvre. Puis le manège se poursuit et une à une, les petites nacres qui retiennent au secret ma poitrine se desserrent. Au bout de je ne sais combien de temps, les deux pans de mon vêtement sont largement décollés et il ne reste que mes deux poignets qui sont clos.
— Je détache les mimines de cette créature de rêve ? On fait monter les enchères ? Un peu de courage, voyons, mettez-y le prix. Je vous assure que ce que je vois de très près vaut le détour et par la même occasion quelques sacrifices. À commencer par celui de… Cécile !
L'opération perdure un long moment durant lequel Maxime chauffe la salle et mes bras sont libres de toutes entraves. Finalement ma cotonnade s'envole et je suis dépoitraillée devant je ne sais qui. Je grelotte sur cette scène, devant un parterre d'inconnus.
— Bien ! Si nous allions plus avant dans l'effeuillage de notre jolie soumise ? Qui lève la main pour que je détache la ceinture de sa jupe ? Je peux d'ores et déjà vous dire que dessous… c'est le paradis.
— Je peux venir t'aider Maxou ?
— Ah Natacha ! Venez donc nous rejoindre… je vous laisse le soin de dégrafer la boucle… quand je vous le dirai, n'est-ce pas ?
— Ça va de soi, mon cher Maxime !
Merde ! Je vais donc vraiment me retrouver à poils sur l'estrade où je suis ? Et pourquoi est-ce que je ne cherche pas à refuser tout ce cirque ? Pire, je crois que le jeu me plait. Je me sens mouillée, j'en ai oublié totalement mon envie de pisser. Mon ventre est tordu par des désirs qui ne sont pas très sains, mais réellement sexuels. Jean avait donc raison ? Le plaisir par l'avilissement existe donc bel et bien ? Je ne fais rien pour me sortir de ce plan bizarre.
Devant moi, j'entends les chiffres astronomiques énoncés, preuve que la perversité n'a pas de prix ni d'âge apparemment. Les voix qui articulent les montants ne sont pas juvéniles à mon sens. Alors je frémis de tout mon être lorsque la ceinture fait relâche sur la fermeture de ma jupe. Reste l'agrafe et la fermeture à glissière qui ferme la corole de chiffon. Mais pour combien de temps encore ? Mon abri de lingerie n'est plus que précaire.
— Ladys et Gentlemen… un dernier effort, et le bonbon vous livrera toute sa splendeur ! Des amateurs pour une œuvre d'art exceptionnelle de dame nature ? Je vous écoute !
Tout s'affole, à commencer par mon cœur qui bat si fort que les voyeurs autour doivent percevoir son emballement. J'ai les oreilles qui bourdonnent, les jambes qui tremblotent. La main de celle qui a dénoué ma ceinture me frôle, pour ne pas dire qu'elle me caresse le dos. La finalité étant de tripoter lascivement l'endroit où ma jupe se ferme.
— Ah ! Voilà, nous y sommes presque… un dernier prétendant pour visionner notre Cécile ? Un dernier beau geste ? Bravo Raymond ! Marc a suivi, personne d'autre pour surenchérir ? Ne me dites pas que vous n'avez pas envie de voir de près ce trésor… Raymond de nouveau… un véritable amateur pour une statue hors normes, j'avoue que je suis presque jaloux ! Tiens, je participe aussi… plus personne ?
— Si… si moi !
— Ah ! Excuse-moi Natacha, je n'avais pas vu ton doigt levé… Mais notre Marc fait monter la chaleur d'un degré… tu pousses un peu encore Nat ? Non ? Raymond non plus… Mais c'est Gilles qui fait la meilleure offre ? Non ?
— Moi… moi ! Je double la mise de la dernière enchère.
— Mazette ! Je crois que nous pouvons tous applaudir cette initiative. Alors adjugé ? Une fois… plus d'enchérisseurs ? Deux fois ! Vraiment nous en restons là ? Et bien c'est notre Natacha nationale qui emporte cet ultime gros lot…
Un grondement et des mains qui claquent avant qu'une sorte de murmure n'aille en s'amplifiant dans ce que je dois bien nommer une salle. Ils attendent tous ! Alors cette patte qui dans mon dos s'affole délie les deux pièces de l'agrafe. Dans ma tête le zip fait un sacré bruit d'enfer. Et je sens que ce qui me cache le cul et bien entendu la chatte dégringole sur mes chevilles. Je suis entièrement à la vue de je ne sais quel public. Jean dans tout cela ? Je ne sais même pas s'il est encore là.
À aucun instant, je n'ai perçu le timbre de sa voix. Les doigts qui viennent de me déshabiller sont restés sur mon fessier. Je n'ai pas froid, mais une chair de poule inouïe que la paume tente de retenir. La femme pose sa tête près de mon visage, son souffle me coule sur la joue. Elle me parle tout bas.
— Cécile… tu as été parfaite. J'adore ton corps. Ne crains rien ! Je suis une ancienne amie de Jean et nous ne voulions que lever des fonds pour notre association. L'idée était originale. Que tu te sois prêtée au jeu n'en est que plus beau. Franchement, si j'avais un corps comme le tien… je crois que ça me laisse rêveuse.
— Vous pouvez me retirer mon bandeau, s'il vous plait ?
— Oh ! Tu es certaine que tu veux voir tous ces vieux cochons vicieux ?
— Oui ! Je veux regarder dans les yeux des types riches qui sont capables de payer pour dévêtir une femme. Les remercier aussi à ma manière de ce pognon dépensé…
— D'accord. ! Alors…
Elle s'adresse aux gens devant nous, juste avant de me rendre la vue.
— Mes chers amis… notre invitée d'honneur voudrait vous dire deux mots… et que je lui laisse revoir la noirceur de nos âmes… en lui ôtant son loup… alors un instant de silence, s'il vous plait.
La lumière tamisée me traverse les rétines et enfin j'entrevois l'assemblée. Quinze ou vingt personnes, un mélange de femmes et d'hommes, tous dans une cinquantaine bien avancée. Puis la dénommée Natacha me tend le micro. Je garde le silence, juste le temps de prendre une longue respiration. Sans complexe au vu de ce que je devine dans la salle, je leur parle.
— Mesdames, messieurs, merci de dépenser utilement votre argent. Mais vous auriez pu tout autant donner sans spectacle. Ça vous aurait rendus plus respectables… Enfin, puisque ce n'était qu'un jeu, personne ne vous en tiendra grief. Mais s'il vous reste de quoi vous offrir un baiser… je le mets volontiers sur le tapis… C'est ici et maintenant ! À vous de jouer Maxime… puisque vous êtes doué dans le rôle de Monsieur Loyal… tenez ! Reprenez votre micro et voyons ce que ça va donner !
— xxxXXxxx —
À suivre…
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Photo de profil de OlivX
OlivX
3 janvier 2021 à 18:59
Très beau récit, les émotions de Cécile qui font le yo-yo sont très bien décrites.
On ne s'attend absolument pas à ce qu'elle s'offre un peu plus que ce qui était prévu, vivement le prochain épisode
Soyez respectueux
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Photo de profil de jipe06
jipe06
3 janvier 2021 à 18:32
Excellente Cécile décrite avec talent dans ses émotion & appréhension, ainsi que cette pointe d'envie au fond du ventre. Merci à Jane pour cette belle écriture qui nous fait vivre le crescendo de cette soumission jusqu'au baiser qui sera sûrement le libérateur de sa curiosité satisfaite... ou pas.
Soyez respectueux
Répondre
Photo de profil de VictorVecteur
VictorVecteur
3 janvier 2021 à 16:19
Ce qui est vraiment bien restitué dans ce texte, sont tous les allers-retours qu'éprouve Cécile, de la limite de la panique à l'ambivalence entre humiliation et excitation. C'est magistralement mené !
Et si au début tout semble nous y conduire, en fin de compte on évite les poncifs du genre, ce dont je remercie également l'auteure.

Chic ! il doit y avoir une suite.
Soyez respectueux
Répondre
Photo de profil de Mag Meld
Mag Meld
3 janvier 2021 à 15:53
Un final à la hauteur du reste du texte : ça nous emporte, nous fait virevolter sans arrêt ... bravo.
Soyez respectueux
Répondre

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