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✦ Jane Does La gloire de Martha XSTORY
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Hétéro Orientation principale dans ce chapitre

La gloire de Martha — Chapitre 1 · Qui perd gagne

31 minutes
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Certifiée écrite par un humain D'après nous ce texte a été rédigé par un humain

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Jane Does
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La gloire de Martha

Chapitre 1 · Qui perd gagne

— Martha… nous sommes bien d'accord ? Tu fais ce que je te demande sans rechigner ? Quoi que ce soit, c'est bien ce que nous avions dit ! Mais tu peux encore te rétracter… et tu pourras jusqu'à la dernière seconde, c'est bien compris ?
— Oui, mon chéri…
— Je t'aime ! Mon Dieu, si tu savais combien je t'aime ! J'ai eu toutes les chances du monde de te rencontrer… mon amour !
Il est à deux pas de moi et nous sommes, enfin je suis à un point de bascule. À force de jouer avec le feu, je crois bien que cette fois je vais me bruler pour de bon. Depuis quand parle-t-on de cette idée très spéciale qui a germé dans le crâne de mon Jean ? Je ne m'en souviens plus. Mais c'est vrai qu'au début, j'ai fait de la résistance, j'ai freiné des deux pieds et puis… me voilà devant un mur. Celui de ma honte, celui de ma déchéance, celui de ma bêtise surtout. À force de claironner que je n'ai qu'une parole, je pense que je vais le payer cher.
Jean est devant moi, ses cartes à la main et je ne peux plus me défiler. Il va abattre son jeu, et si je perds… je vais devoir en passer par ses caprices les plus inavouables. Jean… mon amour, mon compagnon de route depuis plus de vingt ans déjà. Un homme délicieux, avec qui je suis mariée et qui me rend tellement heureuse. Mais, il est vrai que dans ce domaine si particulier du sexe, il a des rêves que je ne partage pas toujours. Oh ! Jusqu'à ce soir, rien de bien compliqué. Mais ça fait quelques mois qu'il me tarabuste pour une sorte de sexualité… que je qualifierais de moins délicate. Plus… masculine ou mâle si j'ai bien compris.
Il s'est bien essayé, toujours avec mon aval à de petites fessées qui, il le reconnait lui-même l'excitent, pour ne pas dire qu'elles affolent ses sens et boostent sa libido. J'en ai pris l'habitude et avec celle-ci, j'ai appris à apprécier ses claques sur mon derrière. Pas non plus de quoi laisser des marques durant des jours, non ! Simplement enflammer un peu mon postérieur et me rendre plus humide. Oui ! Parce que je dois admettre que je mouille de plus en plus au fil des séances qui nous rendent dingues. Et la dernière en date… j'ai littéralement explosé sans seulement qu'il me pénètre. C'est parti de là, cette idée de jeu.
Là, nous sommes samedi soir et… devant le film diffusé par une chaine cryptée chaque premier samedi du mois… il ramène sur le tapis son histoire de jeux plus poussés. Comme nous venons de faire l'amour et que je demeure plus ou moins… euh ! Encore très… alanguie, il tente donc le coup. Pour une bataille aux cartes où le perdant devra donner à l'autre ce qu'il désire. Et je suis évidemment toute attente. S'il me prend le dernier pli, je vais donc devoir dire « amen » à ses caprices… très… spéciaux. Encore que je ne sais pas lesquels ni s'il va me demander quoi que ce soit. Mais ses paroles en guise d'avertissement, ou d'informations sont là pour me rappeler que je dois lui répondre.
— Nous sommes d'accord, Martha ? Si je gagne… tu vas devoir faire ce que je veux !
— Et… tu veux quoi, mon cœur ?
— Ah non ! Le gage ne doit être dévoilé que lorsque la partie est terminée…
— Elle ne l'est donc pas encore, Jean ?
— Je ne sais pas quelles cartes tu gardes en main… tu as encore une petite chance de t'en sortir…
— Tu crois ? Si je perds et que tu me demandes encore une fessée… pas trop fortes tes baffes… allez… juste pour voir… jouons ! Euh… j'hésite encore un peu…
— Il faut te décider pourtant… à toi de voir. Si tu es d'accord pour les termes du contrat moral… un baiser de ta part en guise de signature de notre accord ! Ça te convient…
— Si en plus j'ai droit à un baiser… mon chéri…
— Réfléchi encore un instant… parce qu'une fois notre embrassade terminée… tu ne pourras plus te défausser… enfin si, mais dans les conditions dont nous avons parlé il y a quelques minutes…
— Mmm ! Te voilà bien sentencieux… c'est si grave que ça ce que tu veux me faire faire ?
—…
Il a les yeux qui brillent et il se mure dans un silence presque lourd. Je ne sais pas vraiment à quoi je m'expose… mais mon mari est un homme raisonnable. Alors, les risques sont limités. Et puis c'est pratiquement par réflexe que mon visage s'approche du sien. Nos bouches se soudent et scellent donc mon destin ? En tout cas, cette pelle que nous nous roulons est chargée de mille promesses pour un second round et vaut bien un peu de peur ou de grands frissons au creux des reins. Combien de temps résistons-nous, sans reprendre notre souffle ? Je n'en sais rien, mais il nous faut désolidariser nos becs et nos langues. Je suis dans ses bras et sa main lisse ma tignasse, passablement échevelée par l'assaut précédent.
— Tu as donc signé, mon cœur… nous sommes raccord, Martha, ce baiser ultra bon, t'engage en cas de défaite !
— Tu ne vas pas me marmonner cette phrase toute la fin de nuit ! Je crois que si je n'ai pas saisi la portée de tes mots, je ne les pigerai jamais…
— D'accord… alors, pose ta carte…
— Voilà… un dix de carreau… qui dit mieux…
— Moi ma belle… il me reste un as… et il est maitre du jeu… comme moi.
— Bon ! Je m'incline devant mon seigneur… comment dois-je me placer pour payer ma dette ?
— Il n'est nullement question de cela, Martha.
Le ton de sa voix aussi a changé. Elle est moins claire, plus éraillée, chargée en émotions et je ne sais plus quoi penser…
— Alors ? Puisque j'ai perdu, quel est le programme que tu me réserves ?
— Viens… allons dans notre chambre… je vais te le dire, enfin te détailler mon souhait.
— Oula… c'est très cérémonieux tout ceci, Jean… mais tu es le vainqueur et tu as tous les droits sur moi…
— Je sais… pour une nuit, mon amour. Mais qui te dit que c'est celle qui nous arrive ? Viens ! J'ai bougrement envie de toi et… nous serons mieux sur notre lit pour cela.
— Comme tu veux… mais je veux savoir aussi à quelle sauce tu vas me manger, d'accord ?
— Tu vas être dans la confidence tout à l'heure… mais là encore tu auras un long délai de réflexion… avant de me donner une réponse…
— En voilà un de suspens ! Que veux-tu faire de moi, Jean ?
— Viens… viens, mon amour !
Sa voix… elle a de drôles de trémolos et il me prend par la main, m'entraine au travers de la maison pour gagner notre chambre conjugale. Il m'a mis la pression du coup et je me sens totalement enivrée par ce besoin latent de faire l'amour. Je ne crache pas dans la soupe et nous sommes très vite au cœur du sujet. Pas de petits plaisirs et les préliminaires dans lesquels se lance mon homme sont bien de nature à me transcender. Une forme très spécifique de baiser se déroule là, alors que jambes relevées, pour faire passer mes talons par-dessus ses épaules, le museau de mon mari s'active entre mes cuisses largement ouvertes.
Quand je dis museau, ce sont surtout ses lèvres et sa langue qui entrent dans le vif du sujet et… évidemment, je gémis dès les premiers attouchements très ciblés. Je ne refuse rien, totalement abandonnée dans une caresse qui me fait rapidement grimper aux rideaux. Mais comme il y a eu un épisode précédent, Jean est plus long à la détente lors de ce retour de flamme et j'ai tout le temps d'apprécier ses grandes manœuvres. Il le sait et prend tout son temps, remettant sans cesse sur le métier son ouvrage, ce qui a le don de m'émoustiller sans discontinuer et je suis au bord de l'orgasme en permanence. Mais… le petit futé se garde bien de dépasser les limites, ce qui le mettrait immédiatement sur la touche.
L'alchimie de plus en plus sophistiquée nous amène finalement à un coït plus traditionnel où nous prenons un plaisir plus lent certes, mais terriblement excitant et d'un érotisme sans bornes. Il me caresse le dos alors que je le chevauche, et mes déhanchements lascifs tendent tous à me faire sentir plus profondément sa verge en moi. Mais comme c'est souvent le cas, il arrive pourtant un moment où se retenir pour un homme n'est plus possible. Alors, avec un grognement d'ours, il se libère dans mon vagin et l'idée seule qu'il le fasse me fait d'un coup partir avec une fulgurance indescriptible. C'est dans un nouveau baiser fougueux et passionné que notre étreinte s'éteint doucettement. La flaccidité de son sexe fait quitter le nid à l'escargot mouillé encore de sa bave.
Le temps de reprendre mon souffle, et je reviens à la charge. Pas pour une autre cavalcade, mais plutôt pour savoir ce qu'il me concocte comme gage. Et la tête posée sur la poitrine à la pelisse drue, je bredouille quelques mots.
— Jean… ce gage ?
— Tu veux savoir tout de suite ?
— Ben… évidemment que je tiens à être au courant… de ce que j'ai perdu.
— Je veux… enfin, j'aimerais que tu sois à la disposition d'un vrai maitre, une soirée complète, la nuit même.
— Quoi ? Tu déconnes là ? Dis-moi que j'ai mal entendu…
— Non ! Tu as bien tout saisi. Mais celui-là, choisi sur le volet ne te touchera pas… il ne sera là que pour t'apprendre la docilité, à obéir aux ordres, quoi !
— Comment ça ? Parce que tu t'imagines qu'un type va me donner des ordres et que je vais devoir les suivre, pour toi ?
— C'est bien notre deal, non ? Tu dois faire ce que je te demande… et ce type, que je choisirai moi-même t'apprendra les postures qu'il enseigne à ses soumises. La manière de t'assoir, de te tenir le dos droit… ce genre de détails que tu pourras retranscrire ici, pour mon plaisir…
— Tu es fou ? Tu penses vraiment que je vais accepter ce genre de plan ?
— Tu as perdu mon amour… et une parole donnée ne peut être reprise… tu le sais ! Dans la vie, il faut oser aussi… mais je sais, suis certain que tu vas prendre un vrai plaisir à ces moments où tu ne seras plus qu'à moi par l'âme… et que ton corps sera domestiqué par un inconnu, pour moi.
—… ! Parce que tu en connais, toi des « maitres » qui font ce genre de choses ?
— Oh… internet permet tout de nos jours…
— Et si tu m'envoies chez un malade mental qui me fait du mal ? Tu y penses à ce qui peut arriver avec un inconnu ?
— Un inconnu… pour toi Martha… parce que tu dois bien te douter que pour moi, il ne le sera plus totalement…
— Mais… tu ne peux pas me demander un truc pareil… Jean… non !
— Je te laisse quelques jours pour réfléchir… mais je sais à coup sûr que tu vas me donner ton feu vert. Tu étais aussi très récalcitrante pour la première fessée et maintenant c'est toi qui la réclames presque… j'ai bien entendu tout à l'heure !
— Entendu quoi, Jean, je ne comprends pas où tu veux en venir…
— Tu m'as bien dit : « Je m'incline devant mon seigneur… comment dois-je me placer pour payer ma dette ? » ce qui prouve que tu pensais à une fessée, non ?
— Euh… oui, oui, c'est vrai ! Mais là moi seule chez un inconnu, et toute une nuit encore… jamais je ne pourrai faire une chose pareille… c'est tout à fait différent.
— Il te suffit de te dire que c'est par jeu et pour moi… je suis sûr que tu es capable de faire ceci et bien plus encore…
— Jean…
— C'est bon ! Tu sais que j'attends, tu peux y réfléchir, d'accord. De mon côté, je cherche l'oiseau rare et le moment venu… tu seras la première avisée, c'est promis… N'aie pas peur, ce n'est qu'un jeu entre toi et moi ! L'autre ne sera là que pour t'éduquer et te donner les bases…
— Et si l'envie lui prend de… me baiser ? Tu as pensé à ce genre de mauvaise tournure ?
— Ce sera à toi d'apprécier l'opportunité de le faire ou non ! C'est aussi simple que cela. Maintenant, il est l'heure de fermer tes jolis yeux… bonne nuit mon amour ! Fais de beaux rêves…
— Jean… !
— Chut Martha… moi aussi je t'aime !
Sans autre forme de procès, il se tourne dans sa position favorite pour dormir. Il a dit ce qu'il voulait et il s'endort du sommeil du juste, me plantant dans ma nuit avec des trucs qui se bousculent sous ma chevelure. Mince alors ! Comment peut-il ? Comment ose-t-il me donner un tel gage ? Je n'en reviens pas, je suis assommée par cette demande à laquelle, franchement, j'étais loin de songer. Et lui, il ronfle déjà tel un bienheureux. Zut ! Je ne vais pas non plus flipper pour cette connerie. Demain, il fera jour et nous aurons tous les deux l'occasion de reparler de ce que j'assimile à une monstruosité. Le sommeil ne veut pas de moi et je tourne et vire dans le plumard alors que Jean est bien loin dans un endormissement paisible.
— xXx —
Oublié ce message subliminal transmis un soir de rut. Ni lui ni moi ne revenons sur ce sujet épineux. J'ai préféré laisser tomber les explications qui ne m'auraient surement avancée à rien. L'été tire à sa fin et une température plus respirable nous remet au diapason des jours normaux. Canicules et orages se sont succédé durant tout juillet, aout, et nous voici le quinze septembre. Les soirées moins longues nous gardent encore de belles heures douces que Jean et moi mettons à profit pour entretenir nos bronzages. Et alors qu'un vent très doux me caresse la peau de son souffle léger, il rentre de son travail. Immédiatement, il me rejoint sur la balancelle où je me dore la couenne depuis une bonne heure. Il a un de ses sourires énigmatiques, ce qui laisse présager d'une idée derrière la tête.
J'imagine que ma nudité intégrale lui donne un coup de chaud. Je me redresse pour lui céder un peu de terrain pour qu'il s'assoie. Il n'a pourtant pas l'air très pressé de se dévêtir. Me suis-je trompée dans ma vision des choses ? Ses yeux brillent bizarrement et j'ai du mal de comprendre…
— Ça va, mon chéri ? Tu as l'air très content de toi ! Tu as passé un bon après-midi ?
— Oh oui… je t'aime, ma chérie… et ça me rend… heureux.
— Eh ben ! En voilà une de déclaration. Mais ça me flatte Jean… et puis… question amour, je crois que c'est pareil de mon côté… tu es l'homme de ma vie. Qu'est-ce qui te met tellement en joie ? Le beau temps ? Ou un client satisfait ?
— Mieux que cela… je crois que j'ai dégoté… la perle rare !
— La perle rare ? De quoi me parles-tu, Jean ?
— De ce monsieur dont nous avons un soir débattu… de celui de ta défaite.
— Hein ?
Je crois que je blêmis… puis mon visage se prend un coup de sang. Me voici rouge comme une pivoine. Je n'ose pas croire ce que mes oreilles perçoivent. Il vient bien de m'annoncer qu'il a toujours l'intention de m'envoyer passer une soirée chez un inconnu ? Ce n'est pas possible !
— Enfin, Jean ! Ne me dis pas que tu es encore sur cette vieille histoire ! Tu n'es donc pas passé à autre chose ?
— Et toi ? As-tu seulement une seconde, songée à la réponse que tu dois me faire ?
—… mais…
— Ben oui ! Je veux savoir, parce que j'ai pris contact avec un « maitre » et il me faut de mon côté réserver une date… pour la nuit que tu me dois…
— Jean…
Ma voix s'étrangle dans ma gorge. Je suis tétanisée, tremblante de me sentir prise au piège. Lui dire non, c'est passer pour une dégonflée et faire ce qu'il veut, c'est… m'emmener je ne sais où. La trouille est là, immonde et vicieuse qui rampe en moi. Je mets ma main sur la sienne et il me serre les doigts. Mais dans ses yeux, il y a cette flamme qui danse et qui ne me dit rien qui vaille. Il ne va donc pas lâcher le morceau ?
— Tu… tu ne peux pas me demander ça, Jean… non pas ça !
— Un deal est un deal, ma chérie et ce n'est que quelques heures dans une existence…
— Mais… si ce mec me fait du mal, s'il est méchant avec moi…
— Il y a deux phases dans ta phrase. La première que je retiens, c'est bien que tu n'as pas dit non. La seconde, c'est la peur. Celle-là me parait normale, mais infondée. Il est de parole et respectera le strict contrat établi entre lui et moi… tu peux me faire confiance, Martha…
— Je suppose donc que je n'ai pas le choix ! C'est moche !
— Non, au contraire, tous les bénéfices de cette entrevue seront pour nous deux… je peux te le garantir. Et imagine que tu aimes cela ? Tu me remercieras après… je veux le croire.
— Bon ! Et… tu viens de me parler de dates ?
— Ah… oui ! Un samedi soir de préférence, qu'en dis-tu ?
—…
Que lui dire ? Il a déjà surement échafaudé tout un tas de plans dans sa caboche. Je ne sais plus où j'en suis et ma seule défense, c'est de me coller contre lui. Il prend immédiatement mes gestes pour des avances et… comme je suis nue, il n'a guère de chemin à faire avec ses mains pour me caresser. Si ça ne me détend pas tout à fait, je dois être honnête, j'apprécie qu'il s'occupe de moi de cette manière tendre. Et évidemment… il finit par lui aussi se mettre à poil et nous faisons l'amour sur l'escarpolette qui nous berce à chaque mouvement de ses reins qui me fore le ventre. La brise légère disperse immédiatement mes soupirs mes gémissements et mes cris de jouissance. Ce qui me laisse molle après le coït généreux que nous venons de partager. Et… ça recommence à tourner dans mon ciboulot…
Jean ne lâche pourtant pas son idée fixe.
— Alors ma chérie ? Je peux lui dire que je te déposerai chez lui pour vingt heures samedi ?
— Samedi ? Après demain tu veux dire… je ne suis pas sûre de pouvoir faire cela…
— Oh, mais je suis convaincu du contraire, mon cœur…
— Je…
— Un oui ou un non, ma chérie ! J'ai besoin de savoir…
— Tu imagines ce que tu me demandes de faire…
— Oui ? Non ? Dis-moi.
Il ne hausse pas le ton, reste d'une voix égale, bien que peut-être un peu fêlée par une montée d'émotions ! Et je ne peux plus parler. Il me caresse la poitrine, je le sens qui attend, anxieux. Est-ce que c'est bien ma gorge qui prononce ce mot ? Un oui si faible que je voudrais qu'il n'ait jamais été balancé. Mais mon mari l'a parfaitement saisi au vol. Et il m'embrasse à pleine bouche, avec une fougue qui me désarme. Aussi idiot que ça puisse paraitre, il rebande avec une force que je ne comprends pas.
— Bien… alors, je vois avec lui… pour les instructions…
— Quoi ? Quelles instructions ?
— Ben… sur ta manière de t'habiller, comment tu dois arriver et ce que va contenir cette séance…
— Mais…
— Ne crains rien mon ange, il suivra au pied de la lettre mes recommandations. Il saura bien t'apprendre toute la partie obéissance et je suis certain que nous allons vivre de grands moments ensuite…
— Jean… j'ai bougrement la trouille…
— Ça fait surement aussi partie du folklore, tu sais mon ange…
— Il… il va me faire quoi ?
— Juste te faire prendre des poses, t'apprendre les bases, t'indiquer quelles postures tu devras prendre ou garder lors de nos futures sorties…
— Parce que tu as l'intention de me sortir ? Mais…
— Fini mon cœur, les amours plan-plan. Cette fois, on va franchir un cap et tu vas chez ce type pour être éduquée…
—… tu es fou ? Comment peux-tu me faire faire ce genre de… cochonneries ?
— Le sexe n'est jamais sale Martha… et s'il est librement consenti, tout est réalisable. Mais tu peux encore refuser cette soirée…
— Et tu vas faire quoi, si je ne veux pas… ?
— Mais rien ma chérie… c'est juste que je te connais presque mieux que toi… et je sais que tu as pesé le pour et le contre. Si tu ne m'as pas dit « non » d'emblée, c'est parce que tu étais encore indécise, mais… quelque part, le curseur de la balance va surement pencher d'un côté ou de l'autre… et puis… franchement, je sais ton amour pour moi et je t'en remercie.
Je suis estomaquée. Il a foutrement raison. Assurément, il me capte mieux que personne et bien que je sois persuadée que la pommade qu'il me passe là n'est qu'un subterfuge pour me faire avaler la pilule, je dois admettre que j'aime lui plaire. Et si ça doit en passer par ce genre de plan… mes hésitations sont de courte durée. Je me rends parfaitement compte qu'il me manipule et cependant, je fonce tête baissée dans la nasse. Utiliser la flatterie… sur le coup, je ne réagis pas à la voix doucereuse masculine qui m'incite à lui fournir une réponse. Est-ce que celle « à la normande » ne saurait suffire ?
— Euh… fait comme tu veux, Jean !
— Ah non, mon amour ! C'est beaucoup trop sérieux pour que je puisse me contenter de cet argument. J'ai là besoin de ta pleine et entière adhésion pour avancer dans ce jeu, un zeste plus pervers que je te propose…
— Ça veut dire quoi, Jean ?
— Que c'est un oui… ou un non très net dont j'ai besoin, tu comprends ! Pour que nous soyons bien d'accord sur le principe… sans un mot dans un sens ou l'autre, pas question !
— Alors… oui ! Mais sous réserve, c'est bien compris ?
— Celles émises restent en vigueur…
— Oui. Voilà ! Tu es content ? Tu vas faire de moi une presque salope, pour ne pas emprunter un autre vocable plus cru.
— Non ma chérie, tu ne seras jamais une salope ni une pute, parce que c'est bien ce que veulent sous-entendre tes paroles, n'est-ce pas ? Tu es et restes mon unique amour et ma femme adorée plus que tout. Il ne s'agit que d'un moment très fort de sexe qui va nous rendre heureux.
— Ah ? Et en quoi être livrée à un inconnu peut me rendre heureuse ?
— Pour la simple et bonne raison que ce type va t'ouvrir les yeux sur un univers que tu vas apprécier au plus haut point, j'en jurerais.
— Et tu y arrives comment, à cette belle conclusion ?
— La première fessée… si ça ne t'avait pas plu ou contentée, jamais nous n'aurions recommencé. Je viens de te le dire tout à l'heure ! Je te connais surement mieux que toi…
Pourquoi est-ce que soudain je me sens… lasse ? Fatiguée oui, avec sans savoir pourquoi ni comment, une sorte de pointe qui me creuse les reins. Incroyable ! Jean veut me dévergonder, oui… pas d'autre mot et la bêtasse, la bécasse, la dingue que je suis ne tente même plus de résister. Le pire, c'est surtout que ça me mine tout en me donnant un véritable coup de chaud. Mon mari sent parfaitement cela et il m'attire contre lui. La niche de sa poitrine, voilà mon refuge. Et dire que c'est ce même bonhomme qui veut, va, peut-être me faire subir les pires abominations. Suis-je bien plus soumise que je ne veux le croire ? À moins que je ne sois devenue complètement folle, mais l'idée de cette rencontre pour lui, me fait… mouiller.
Bien sûr que la situation profite aux deux. Nous n'avons même pas à nous déplacer pour faire l'amour. J'ajouterais presque comme des bêtes, tant il y a de convictions et de fougue dans ces corps à corps qui s'enchaînent là, sur fond de soir d'automne. J'en oublie évidemment la peur latente qui l'instant d'avant me crucifiait. Jean me rend belle, et me jure que je suis « bonne ». Terme péjoratif à tout autre moment, qui dans l'intimité de nos ébats se mue en lave qui coule dans mes veines. Toute une panoplie de postures, de positions est adoptée sans que nous ayons à nous dire un seul son ! J'aime sa manière de me baiser, là, plus que faire l'amour.
— xXx —
Notre affaire s'éternise une bonne partie de la nuit et nous nous couchons vannés. Mon cerveau n'assimile plus tout à fait ce qui m'attend tout à l'heure. Oui ! Minuit est largement dépassé lorsque nous nous embrassons pour un repos bien mérité. Pas de rêve significatif ou qui me marque, et le soleil est déjà bien haut dans le ciel lorsque j'émerge de l'oubli le plus complet. Le réveil est trop doux pour être honnête. Jean me caresse le visage, et immédiatement je constate que lui est levé depuis surement un moment. Il est rasé, vêtu et son sourire qui surplombe mon visage me calme.
— Tu as bien dormi, ma chérie ?
— Ben… je ne m'en souviens pas, c'est donc que je dois être reposée…
— Tant mieux… parce que j'ai eu notre ami au téléphone.
— Notre ami ?
— Allons Martha, cet homme dont je t'ai parlé hier avant que tu ne sois submergée d'envie pour ton beau mâle, ne me dis pas que tu as un trou de mémoire…
— Donc ? Vous avez décidé de ce que tu veux ?
— C'est très simple ! Je te dépose chez lui pour vingt heures… et tu es à lui pour la nuit. Je te retrouverai au même endroit que celui où je vais te laisser ce soir…
— Je vais devoir faire quoi, chez ce mec ? Tu es vraiment certain que tu veux ça ?
— Pour te dire ce que tu vas devoir faire, je ne le sais pas dans la globalité. Par contre, tu dois sonner à sa porte, vêtue d'une jupe relativement courte, d'un chemisier avec des boutons, beaucoup de boutons, je veux dire. Et tu dois aussi porter des talons hauts… pas de bas ni… de sous-vêtements.
— Quoi ? Tu me mènes à l'abattage ou quoi, Jean ?
— Non ! Il ne devrait pas te toucher sexuellement, sauf, et c'est bien précisé, sauf si c'est toi qui le réclames.
— Tu es fou ? Pourquoi veux-tu que j'aie envie de sexe avec un inconnu ? Et il est donc censé me faire quoi au juste ?
— Il va t'apprendre des poses suggestives, des attitudes que nous mettrons en pratique ensemble
— Avec lui ? C'est ce que je dois comprendre ?
— Non ! Juste nous deux… je me suis mal exprimé…
— Ouf ! J'aime mieux cela… mais pourquoi m'offres-tu un coach pour des choses que tu saurais me montrer ?
— Parce que c'est un expert… et il est très bon si j'en juge par les commentaires élogieux que j'ai pu glaner ici et là… sur la toile.
— Et… tu es bien certain qu'il ne me touchera pas ? Parce que si ça arrive, comment suis-je censée réagir ?
— Tu devras seulement me rapporter ce que vous avez fait… il y a bien entendu une part de risques… et puis… c'est peut-être le but également !
— Quel but ? Jean, bon sang… pourquoi dois-je faire tout ce cinéma ? Tu n'as pas l'impression de mettre notre couple en danger ? J'ai peur…
— Martha… j'aime tes réactions et ta peur est mon alliée. Ça me fait…
— Ah non ! J'ai encore mal aux reins de nos agapes nocturnes Jean… tu sais… je ne suis absolument pas convaincue du bien fondée de ta demande bizarre…
— Tu as encore le choix et peux faire machine arrière est, et ce sera possible tout au long de ta sortie. C'est toi et toi seule qui décideras de ce que tu veux faire et jusqu'où tu veux aller dans cette aventure.
— Pff ! C'est de la folie à l'état pur. On ne peut pas s'envoyer en l'air comme nous le faisons presque tous les jours, sans toutes ces complications ? Tu as vraiment besoin de ça pour bander ?
— Pas pour bander ma chérie, mais bien pour mettre ton amour à l'épreuve.
— Tu imagines véritablement que j'ai une preuve à te donner ? Tu as donc si peu confiance en moi ?
— Chut, mon cœur… je ne vais pas encore revenir sur mon fantasme, tu le sais depuis longtemps. T'imaginer avec un autre, plutôt dominant ne fait que renforcer mon désir pour toi. Et savoir que par amour tu peux t'abandonner ailleurs… ça me… hum ! Regarde-moi ce truc… !
Il se frotte la main sur la braguette et il faudrait que j'aie de la merde dans les yeux pour ne pas voir de quoi il retourne. Mais à quelques heures de cette rencontre, je flippe pour de bon. Alors, ce n'est pas sa trique qui va y changer quoi que ce soit. Mais il est aux petits soins pour moi. Est-ce moi qu'il veut gâter ou seulement prendre soin de sa libido ou plus prosaïquement m'envoyer dans les meilleures conditions possibles réaliser son fantasme ? Parce que c'est bien plus le sien que le mien. Donc le reste du temps qui nous sépare de ce rencard, il me cocoone plus que d'ordinaire. Pas que d'habitude il ne soit pas prévenant, loin de là, mais je sens parfaitement que c'est beaucoup plus amplifié que les autres jours.
Après un déjeuner qui nous arrive tout droit d'un traiteur chinois local, j'ai de nouveau droit à des caresses sans pénétrations. Je suis sur la défensive cependant et il sent cette nervosité croissante qui me gagne. Alors ? Eh bien, il propose que je prenne non pas une douche, comme il serait de rigueur en pareille occasion. Et il suggère, ne se contentant pas de le dire, il me fait couler un bain. Sur une eau bleutée artificiellement, une couche de mousse conséquente masque mes seins qui émergent de la surface. Enfin, galant au maximum, il devient nounou et frotte son « bébé » sous toutes les coutures. J'apprécie sa prestation, mais garde à l'esprit qu'elle n'est pas spécialement désintéressée.
J'ai droit également au séchage tout en douceur, draps de bain gonflé par un passage au sèche-linge, et il n'omet rien de ces endroits qui… j'en ai mal d'y songer. Ce soir, un inconnu va découvrir ce que Jean est le seul à regarder depuis vingt et un ans. De nouveau, je panique. Et lui m'amadoue encore et encore avec ses câlins et ses mots doux chuchotés au creux de mon oreille. Un encouragement à oser. ? Je vois cela pourtant comme une impossibilité de lui refuser quoi que ce soit. Et de ce fait, à aucun moment je ne montre un signe de refus. C'est en me rendant dans notre chambre que sur le lit, je découvre les fringues qu'il a dénichées dans mon dressing.
Incroyable. Et moi qui pense depuis des années qu'il ne sait même pas ce que mon armoire contient, je suis surprise par ce qui s'étale là ! Une jupe courte et pour l'être… je crois que plus n'est pas réalisable. Du reste, il a dû aller au fond des tiroirs ou de la penderie pour en extraire celle-ci des oubliettes. Mince alors. Stupéfaite, je passe sans un mot ce cache-misère qui en montre bien trop… surtout sans culotte. Puis vient le tour de coller sur mon buste un chemisier de satin d'un blanc immaculé. Mes doigts tremblotent tant qu'il se propose gentiment.
— Tu veux ma chérie que je les ferme ?
—… !
Sans réponse probante de ma part, il opte pour l'aide immédiate et il me couvre de cette seconde peau très cintrée. Un peu juste aussi et du coup, mes seins tendent exagérément la chiffonnade. Je me souviens soudain pourquoi, ce truc était au placard depuis un bout de temps. Souvenirs cuisants que ceux qui remontent là dans ma mémoire. Comment mon diable de mari peut-il de son côté avoir toujours en tête un détail aussi lointain ? C'est vrai que sans soutien-gorge, mes tétons frottent sur la matière et se gorgent forcément de sang, ce qui faisait… va faire encore bander ma poitrine. D'où évidemment la mise à l'écart de ce chemisier. Il a dû lui laisser une foutue impression pour qu'il me le ramène à la surface !
Le dernier logement reçoit son occupant et comme pour savourer, la main masculine empaume les deux boules qui vont faire exploser la toile si je respire trop fort. Image qui me fait sourire… jaune, puisque de toute évidence, s'il m'habille de la sorte, c'est encore et toujours dans l'optique de me voir aller au-devant de son rêve. Un fantasme masculin tout craché ! Il est dix-neuf heures trente et les escarpins sont là dans l'entrée, qui me narguent de leurs pointes élancées. Jean se baisse, me fait sans un mot soulever le pied droit. Bizarre de le voir agenouillé qui me chausse avec toute la délicatesse du monde. Le second peton est à son tour élégamment enchâssé dans ce qui je l'admets rehausse le côté « poule de luxe » de ma tenue. Porter ce genre d'escarpins oblige aussi à une démarche très chaloupée.
Il se redresse très lentement, sans que ses yeux qui brillent ne quittent ma silhouette. Ils se noient dans les miens et comment ne peut-il pas voir ce « SOS » que mes prunelles lui télégraphient ? Oh ! je suis persuadée qu'il sait, mais il ignore délibérément ma supplique muette. La porte entrouverte, une bouffée d'air frais me tombe sur les épaules. Nous avançons vers notre voiture qui dort paisiblement dans la cour. Puis le ronron du moteur, et je suis conduite vers mon destin. Je ne cherche pas à me défiler, j'y vais tout bêtement avec le sentiment qu'il est heureux. Est-ce le cas ? Où cache-t-il si bien son jeu ? N'a-t-il vraiment aucune once de jalousie ? La ville est derrière nous sans que je mesure le temps passé, pas plus que celui à venir.
Un parking est signalé sur le bord de la départementale, et c'est l'avertisseur de changement de direction qui m'avise que nous allons nous y arrêter. Nous n'avons plus échangé dix mots dès ma sortie du bain. Là… Jean coupe le moteur et tourne son visage vers ma place.
— Martha… je t'aime pour tout ce que tu fais pour moi, pour notre couple. Plus encore, je t'aime pour ce que tu vas faire ce soir… tu es toujours partante ?
— Pourquoi me poses-tu cette question pour laquelle tu as forcément déjà la réponse ?
— Merci… merci mon amour. Reste un léger détail… je vais te mettre un loup et tu dois le garder sur les yeux, jusqu'à ce qu'il te dise de le retirer… je peux ?
— xXx —
À suivre…
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Chapitre 2 · Un refus... oui mais...
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Monsieur Plume
2 juillet 2024 à 07:52
Une montée en tension parfaitement maîtrisée qui va certainement révéler bien des surprises par la suite...
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toy59
1 juillet 2024 à 19:44
je ne sais pas le quelle des deux est malade
Soyez respectueux
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