Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Gratification — Chapitre 1
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Gratification
Chapitre 1
17 h 23 – 33° C – Plusieurs portes ouvertes.
En claquant la porte de son coupé ce soir-là, Laetitia vient de mettre en sourdine la petite voix qui n'avait cessé de mobiliser ses attentions et de la faire trimer depuis son arrivée au bureau à l'aube. Est-ce la suggestion du cuir dont elle accepte finalement la brûlure, l'asphyxie des courants d'air frais qui se mêlent aux irradiations du pare-brise ?
Quelques gouttes de sueur bienveillantes glacent ses tempes ; la respiration semble reprendre son cours. Son corps, jusqu'aux bouts des seins, s'alanguit finalement sous les feux de supplices acceptés.
— Quelle journée ! Ne te laisse pas bouffer, ma fille.
Sans surprise, elle s'engage sur l'itinéraire boulot-dodo. Les zones industrielles en contrebas, le grand ruban emprunté contourne l'agglomération de Dijon. Puis elle devra bifurquer sur une route plus calme, mais plus sinueuse, qui l'amènera se perdre quelque part dans la vallée des trois rivières.
Dès qu'ils le peuvent, ses beaux yeux verts s'égarent dans le paysage pourtant familier. Comme si, en cette fin d'après-midi, le patchwork des activités humaines n'avait plus les contours d'une saison ordinaire. Sont-ce les prémices de l'automne, son âme qui pose un nouvel éclairage sur les vestiges des beaux jours ?
Dès qu'ils le peuvent, ses beaux yeux verts s'égarent dans le paysage pourtant familier. Comme si, en cette fin d'après-midi, le patchwork des activités humaines n'avait plus les contours d'une saison ordinaire. Sont-ce les prémices de l'automne, son âme qui pose un nouvel éclairage sur les vestiges des beaux jours ?
Prisonnière d'une circulation dense, la rurbaine s'amuse de tout et de rien avec un sentiment de liberté. Le chemin fléché lui permet de se projeter ailleurs et autrement. Lovée dans son fauteuil, elle se laisse bercer par les mouvements pourtant contingentés de son bolide.
Imperceptiblement, elle joue de ses pieds finement chaussés par les escarpins rouge passe-velours dont de fines lanières nouent les chevilles. Ceux qu'elle avait eu tant de joie à enfiler avant de partir à l'aube. Ceux qu'elle avait attendus de porter avant de retoucher son maquillage dans le miroir et qu'elle avait fait claquer toute la journée avec le dédain d'une femme qui se préserve avec élégance.
Sans que Laetitia n'y prenne garde, la puissance de la cylindrée la chatouille jusque sous les extrémités comprimées dans l'arrondi de ses chics apparats. Son genou gauche cajolant les dessous de l'autre, ses cuisses confinées s'échauffent, se caressent fermement à la base, jusqu'à froisser les plus subtils plis de son entrejambe. Feint-elle vraiment d'en savourer les plaisirs ?
Enfin garée dans la cour de sa grande maison en pierre de Comblanchien, elle fait un passage par l'allée pour profiter des splendeurs du jardin. Elle couve des yeux les ornements en sursis. Ceux plantés et entretenus dans la sueur. Ses fragiles brins de nature dressés d'une main de femme, qui s'agencent ordonnés selon son goût, avant de se dérober dans l'écrin sauvage de la rivière, en contrebas de la propriété. Même si tout semble griller, il est encore tôt pour leur apporter un peu de fraîcheur. Les derniers litres de l'immense citerne enterrée commencent à se compter depuis peu.
Elle s'empresse alors et part se réfugier dans la salle de bain pour se délester des enveloppes embarrassées de ses moiteurs. Par cet étrange été qui prolonge la canicule jusqu'à la mi-septembre, la grande pièce lumineuse est l'alcôve qu'il n'est plus soutenable d'interdire plus longtemps à son corps qui ne cesse de l'implorer.
/ (•_•) \
Elle a le temps ce soir : les enfants sont en vacances, et ce n'est pas encore l'heure de s'impatienter du retour de sa moitié.
La bien-aimée se démaquille, se libère de son chemisier puis de son pantalon. La gymnastique imposée pour venir à bout de ses socquettes-ballerines lui fait se rapprocher d'un bas-ventre fragrant et fiévreux. Elle ne cherche pas à dégrafer le soutien-gorge qui comprime sa pesante poitrine : dans une acceptation plus que nécessaire, elle feint d'ignorer ce demi-corset avantageux dont les dentelles négligées démangent des sillons rougis. Ses atouts sensuels et prisés ne s'étaleront malheureusement pas pour l'instant.
Il lui semble plus propice de se déculotter. Ses mains entament alors, nonchalamment la descente de ses hanches et s'immiscent délicatement pour le geste prévu par dessous le tissu. La paume finalement arrivée jusqu'à la cale dans le galbe de ses fesses, Laetitia s'immobilise tout à coup. L'onde du retour en grâce de sa sensualité la détourne de l'objectif ; elle ne peut s'empêcher de prolonger l'instant.
Donc elle s'accroche là. Elle palpe, conquise, transportée par des frissons excitants qui répondent à la pertinence de pinçons et de caresses. Dans leur confort, les doigts s'écartent sans retenue sur les molles éminences. Alors que les pulsions de son cœur se font entendre, qu'elle se met à prendre de plus grandes respirations, les extrémités de ses deux auriculaires finissent par se toucher tout au milieu. Une chaude moiteur se révèle juste au-dessus. L'air de ne pas y toucher, ses doigts se crispent pourtant davantage...
La belle accepte alors de se laisser renverser par une immense montée de plaisir. À l'origine, cette sérénité et la faveur accordée à ses sens dont sa vie hyperactive, pour une fois, ne la priveront pas ce soir. Le déclencheur : la délectable pression sur ces demi-sphères charnues qui se laissent inévitablement cueillir par cette irrésistible emprise.
Sa tête se penche en arrière tandis qu'elle inspire profondément par la bouche pour mieux s'empoigner. Un bouillonnement se dégage de l'entaille fessue qui s'écarte dans ce mouvement. Il émane comme un retour de flamme venu de ses fondements qui, à peine émergés, se recroquevillent vigoureusement dans de délicieuses contractions pénétrantes. Revenant de sa convulsion, l'anneau occulté surgit pile à la base de ses petits doigts qui s'étaient dérobés dans son tourbillon et qui ne peuvent plus éviter l'impertinente proposition de fiançailles.
Côté face, ses grandes lèvres se sont écartées. L'effeuillage expose son fruit qui se gorge, se remplit de son cœur qui va tambour battant. Il se gonfle et la court-circuite des éclairs du bonheur. La tension la fait se plier, toujours plus docile, tête en avant. La pression de tous ses sangs n'en finit pas de déformer le petit jouet qui palpite de plaisir dans le vide qui l'entoure. L'impression qu'il s'allonge sans limites au-dessus de ses lèvres qui s'ouvrent et en bavent pour l'accueillir. Par derrière, les paluches restées en place la maintiennent toujours fermement écartée. Il n'y a plus d'issue. La sensation qu'il se présente. Qu'il est là devant, déjà rentré un peu, et même un peu plus profond, et bientôt jusqu'au bout. L'extravagante évidence fantastique l'emporte dans de bruyants souffles.
//( °.°)\
Cet enchaînement conscient d'une mécanique lubrique se heurte immédiatement à l'autorité de l'exemplaire quadragénaire. Face à elle, dans le meuble de salle de bain, son œil gauche à l'arcade circonflexe la fixe de travers. Elle en baisse la tête, mais ne peut retenir sa langue insolente :
— Ce n'était pas de la gnognotte...
A quoi bon se quereller ? Les intentions qui s'opposent visent le même effet : le moment est venu de se déculotter pour de bon.
En une fraction de seconde, les mains s'arrachent et parcourent la circonférence de son fessier redevenu moite. Les pouces levés agrippent la bande élastique qui s'enroule au fur et à mesure que ses mains font le tour de ses hanches et se ramènent à l'avant. Le linge plié en huit s'est déjà affalé sur le tapis de bain quand elle perçoit que ses index sont englués dans les lisières de son intimité. Il y en a sur toute leur hauteur. L'examen à distance de cet encombrant ravissement laisse les bonnes mœurs sans voix. Elle en a même jusqu'aux extrémités des majeurs, qui ainsi endimanchés paradent, brillants, lubrifiés, au-dessus de son fruit en fleur. Laetitia ouvre grand la bouche, comme pour freiner sa glissade.
C'est à cet instant qu'elle est rattrapée par une effluve passablement bariolée qui lui fait perdre le fil de son toucher. Elle baisse les paupières et écarquille des narines braves : un fumet aigre remonte des cotons abandonnés qui luisaient au sol et s'était chargé des évaporations de ses plus fraîches liqueurs. Tout compte fait, depuis quelques mois maintenant, la dame ne mésestimait plus la succulence de ses odeurs.
La résonance des parfums déclenche immédiatement une farandole d'images indécentes, de souvenirs ineffables qui se succèdent au fur et à mesure qu'elle décompose les saveurs fauves qui l'envahissent jusqu'au fond de sa gorge.
Son corps de femme sous les embardées d'une douzaine de mains ; une langue qui s'écrase sur son index brillant ; la sensation réconfortante de prise en main d'une verge dure, à la peau presque grasse, mais surtout épaisse et chaude ; à présent, une multitude de jambes qui s'emmêlent sans dessus ni dessous, puis la bouche bée d'un visiteur qui remonte l'embrasser, ivre de sa récolte, qui s'impose malgré quelques évitements ; soudain, la fraîcheur parfumée sous l'ombrage des tilleuls du jardin public où trônait cette infâme pissotière ; derrière, des fesses et autant de mains serrées, collées, entremêlées ; un foin pubien, mal entretenu, suintant d'indescriptibles liquides ; à même le sol glauque d'une enceinte sombre – peut-être un recoin de la soute d'un voilier – un homme nu, en nage, le visage dissimulé dans la pénombre, qui érige un sexe à l'allure obsédante ; au bout, la fabuleuse envie de s'offrir, complément ouverte...
À la fin de ce long chavirement, Laetitia se retrouve la nuque contre la paroi de douche. Les jambes fléchies, écartées, soutiennent péniblement son bassin tendu en avant. Elle s'affale sous le poids de ses envies et consent, finalement, à s'offrir l'audace démesurée du passager clandestin embarqué sur le rafiot des illusions sordides.
/(°. ° )\\
Indignement agenouillée sur le modeste confort de l'épaisse carpette, à l'aplomb de sa lingerie ambrée, ses doigts reprennent compulsivement leurs subtils mouvements. Le plus haut se joue des coutures de son bouton. Deux autres se sont déjà plantés dans les plis gonflés de ses lèvres pour les écarter toujours un peu plus. Une phalange est en charge d'enduire les reliefs supérieurs. Un pouce bien ferré expose son méat. Les cinq autres dévolus à la prise de ses entrailles, tournent autour et se préparent à fondre.
L'écume de nectars capiteux, plus ou moins sirupeuse, s'agglutine vague après vague sur les rivages de sa faille brûlante. L'étalement de cette production viscérale, mais aussi délibérée la ravit. Pourquoi taire ou paraphraser vainement les compliments qu'elle veut dire, mais surtout entendre ?
— Oooh, que c'est biennn... là... oui, lààààààà... Mmm, ah oui, ah oui ! aaaah, oh !
— Ma petite chatte chaude... Ooenh !... Ennnnh... oui, oooooh...
— Putain, j'en fous partout, là ! Oooh... mon jus, tout ce que je coule ... oooOoooh !
Cette fortune mérite bien d'être généreusement dégoulinée en une flaque sur l'imbécile étoffe qui l'avait ceinturée. Son génie lui fait même envisager le plaisir de s'essuyer le sexe dessus. Pour une pure et parfaite concordance des senteurs suaves et rances. Pour un petit plaisir perso, subtil, transgressif. Le seul reproche à se faire serait d'avoir noyé les notes les plus subtiles un peu trop tôt. Mais au fond, pourquoi refuserait-elle une si belle opportunité ?
Plus rien ne peut contrarier son ascension. Tout ce qui l'entoure se retrouve pris aux pièges de bien vilains vœux. Elle se voit faire coulisser sa vulve sur les longs pieds galvanisés du meuble droit... Les mains qui s'agrippent et cajolent sans aucune retenue la proéminence courbée du robinet. Elle s'imagine aussi dans toutes les postures, étrillée par une main qui a enfilé le gant en crin à disposition sur la petite étagère.
Tous les objets présents s'inventent un rôle. Tous s'activent pour la pervertir. Ce tuyau de douche qui la ligote et l'entrave avec son extrémité renflée et baladeuse. Les miroirs qui se déplacent comme par magie pour lui renvoyer en gros plan, les détails de son intimité salopée... Les bouteilles de shampoing de toutes les formes ébaudies, alignées sur la bordure en faïence, qui piétinent d'impatience comme des hommes dans le corridor d'un bordel.
Une autre fois peut-être. C'est bien beau de rêver, mais pour vraiment la contenter, ses doigts à portée de main sont parfaits pour l'instant magique qu'elle s'offre seule. Ravie, certaine de repousser des avances inconséquentes, Laetitia poursuit bruyamment le tricot de sa toison nacrée de régals de son existence.
Dorénavant, elle va se masturber ostensiblement. Laetitia vient de congédier les visions perverses qui ne sont plus nécessaires pour soutenir son envie de plaisir. Perchée au maximum de son excitation, la branleuse accepte même d'observer sa splendeur dans la glace. La mère de famille expose sans complexe le corps obscène qui doit la combler. La professionnelle respectée se touche, tout bonnement. L'afficher lui procure un sentiment suggestif qui donne une nouvelle dimension dans sa quête d'un plaisir total.
/\“° j °”/\
Tandis qu'elle se doigte inexorablement, langoureusement, minaudant. Puisqu'elle chemine sans effort sur les berges d'un énième orgasme, son esprit pleinement soumis à son appétit de plaisir vogue à la reconquête de toutes les sensibilités négligées de son corps. De drôles d'attentions qui agacent sa langoureuse poitrine restée entravée. Ses tétons injustement maltraités, dédaignés, à l'affût de caresses attentionnées, se désespèrent de ne plus plaire. Mais si tel était le cas, ils se contenteraient sûrement d'être, au moins, brutalisés.
De toute façon, leur libération, inéluctable, va lui donner l'occasion de faire la démonstration de ses plus viles dispositions. Elle veut leur réserver une séance exceptionnelle. Un moment qui rester à peaufiner, qui attendra que les douillets adducteurs soient massés langoureusement sous les soyeux filets de mouille.
Peut-être quand les ardeurs établies à la base de son cou se retrouveront jusque le long de ses flancs frissonnants, jusque sur ses hanches, subtilement entraînées dans les sinueux parcours qu'elle imprime de ses doigts experts. Peut-être après que les creux de ses pieds griffés par ses ongles épais, puis rassérénés, télécommanderont les soubresauts de son bas-ventre.
En attendant, elle souffle, profite et savoure ce corps tout entier qui la contente.
Peut-être quand les ardeurs établies à la base de son cou se retrouveront jusque le long de ses flancs frissonnants, jusque sur ses hanches, subtilement entraînées dans les sinueux parcours qu'elle imprime de ses doigts experts. Peut-être après que les creux de ses pieds griffés par ses ongles épais, puis rassérénés, télécommanderont les soubresauts de son bas-ventre.
En attendant, elle souffle, profite et savoure ce corps tout entier qui la contente.
Pour le grand jeu prévu, Laetitia n'a sans doute pas eu d'autre choix que de punir ses sublimes nichons tant qu'elle ne sentait pas certaine qu'ils la chambarderaient comme jamais sous les habiles caresses qu'elle se décide enfin d'engager. Cette fois-ci, ils sont mûrs. Ses gonflants signes extérieurs de soumission vont avoir leur quart d'heure de bonheur.
Le soutien-gorge à peine dégrafé se retrouve complice, puis otage, de ses attouchements devenus incontrôlables, tant et si bien qu'il finit sa descente comme un vulgaire chiffon sur le mont fendu d'une cascade. Une bretelle qui vient s'y tremper emporte son excitation vers de nouveaux sommets.
Le rideau vient de tomber. Comme si la mise en scène l'avait prévu, son regard noir de pupilles dilatées assiste à l'entame du spectacle à travers le miroir. Dans d'improbables contorsions que d'autres, moins plantureuses, ne tenteraient même pas, elle parvient du bout de la langue à flatter, délicatement ses mamelons érigés. L'appendice râpeux s'enfonce dans ses aréoles avant d'étirer un peu plus les granuleuses tétines. Avec autant d'attentions pour celui de droite que pour celui de gauche, la gourmande ne se prive pas de léchouiller, de titiller, d'aspirer, de suçoter, de pincer, de gober, de mâchouiller.
Le manque qui avait ravagé ses seins, se réinstalle à l'étage inférieur avec sa grande malle chargée d'avidité. Le plaisir, qui y était pourtant déjà bien fixé, s'amplifie. Il finit par la dévorer d'un énorme besoin. Punie, la clitoridienne se tord de ne pouvoir se flatter, la vaginale exige jusqu'au poing.
Insensible aux chants des sirènes, Laetitia prolonge obstinément la corvée de la traite. Elle a trouvé un équilibre très satisfaisant : attiser toutes les sensations dont ses seins peuvent la gratifier juste avant de ne plus pouvoir les supporter. Caresse après caresse, elle efface les traces des mauvaises sensations. Elle peut se pincer sans le regretter. Au contraire, maintenant les bonnes sensations répondent à la violence des intentions, aux déchirements qu'il faut de plus en plus cruels. Les tentations muselées de son bas-ventre s'enrôlent pour lui faire toucher l'infinité des joies et de ses vices.
Résolue à s'entreprendre complètement, et c'est encore mieux sans amant, Laetitia n'imagine plus aucune frontière. La jeune fille persécutée par le désir réclame plus de virilité. La femme sage se retient pour lui offrir le meilleur. Pourquoi ne pas la soumettre encore un peu plus aux exigences d'un sale bonhomme ?
(([ °} c===g
La perception de ces délices s'efface sous les tiraillements des inconfortables efforts. Elle aurait dû raisonnablement stopper la stimulation devenue facultative pour le principal. Car il lui suffit maintenant de contracter son buste pour fondre sous d'intenses vibrations dont la résonance s'accorde à son précieux carillon. Mais en fait de plaisirs et d'un inhabituel lâcher-prise, il faut bien reconnaître qu'elle s'approchait plutôt d'un état de transe.
Rien de surprenant donc si le mâle, celui qu'elle avait envisagé dans le reflet miroir de la colonne, vient d'exiger qu'on macule de salive ses tétons écorchés. Qui d'autre qu'un homme abject pourrait lui imposer cela ?
Il se délecte par avance d'avoir donné cette instruction dont l'écho pétrifie sa petite longueur. L'odieux personnage la possède sur-le-champ. Il lui enlève toute velléité. Et elle passe à l'action sans broncher. Dire que Laetitia se soumet à cette idée... Dire qu'elle prend son pied en plus. Elle en sourit, plisse les yeux de contentement.
Son corps sursaute à chaque décharge insupportable, mais tellement jouissive, que lui procure la sensation de cette langue obéissante qui la souille, tantôt gouttière, tantôt spatule. Insatiable, la servante crache, étale jusqu'à former d'épaisses couches blanchâtres sur ses cratères. Elle s'obstine, s'amuse des petits filets gluants et se contemple avec un plaisir redoublé, parée de ces concrétions humiliantes. Elle ne tarde pas à réaliser qu'elle a éjaculé pour lui sur les nobles symboles de sa féminité. Le constat de ce flagrant délit d'orgasme les emporte dans une complainte scellant la petite mort de l'infâme individu.
Combien de temps s'est-il écoulé depuis que cette dernière jouissance partie de sa poitrine l'a terrassée ? Encore dans le brouillard, Laetitia peine même à se souvenir de la sensation exacte. Tandis que la bave s'écoule lentement sur les pentes frissonnantes de ses volcans éteints, elle songe à cette incursion de la soumission pour son plaisir. Même si elle ne regrette rien, la femme est partagée entre la trivialité et la profonde ovation ressentie à son paroxysme. A la fois contrariée par l'évanescence ce plaisir égoïste, à la fois transcendée de se sentir un peu plus insatisfaite, avec cette envie toujours plus forte.
<i>« Difficile également d'incarner le prédateur sans être rapidement dépassé par des envies qui vous submergent... »</i> médite-t-elle fugacement.
Toujours est-il que la petite garce se morfond de n'être pas pleinement satisfaite. Circonstance aggravante, sa poitrine humiliée l'enthousiasme. Plus que jamais elle s'agite du bassin, se dandine, expose ses fentes à l'envi. Elle savoure déjà de s'abandonner aux mains dont elle reprend entièrement le contrôle. Enfin, pourrait-elle vraiment les retenir ?
$(~|~)$
La chatte fait le dos rond pour l'accueillir. Trempée, la friponne se convulse et espère, sur sa truffe humide, le contact des pointes manucurées qui se présentent avec assurance. Sa maîtresse, indécise, se demande par où commencer ; elle hésite en fait entre une lente ou une violente pénétration. Pour l'instant, elle traîne ses ongles épaissis de résines sur les méandres irisés de son orifice. Ces savoureux frottements s'enchaînent consécutivement de haut en bas, de gauche à droite, en signe de croix et en circonvolutions.
Laetitia ne tarde pas à s'extasier par ces gestes élémentaires sur son éclat avide. Les voluptés sur ses grandes lèvres font vrombir ses profondeurs. Elle s'anime de se sentir franchement ouverte, même ouvertement fendue ; deux doigts peuvent maintenant s'immiscer sans même forcer. Des trésors alléchants, chauds et mouillés, récompensent toujours les phalanges qui flattent son inébranlable avidité.
Comme l'éjaculat qui souille ses seins s'est perdu aux commissures de ses rondeurs, rassérénant à leur somment les deux terminaisons devenues insaisissables. Comme les fragrances de ses haleines chargées s'étalent dans la pièce chaude, ruinant les espoirs de revanche de sa pudeur. Comme tout son corps lui indique l'emplacement limpide de la dernière pièce du puzzle. Un nouvel orgasme d'une puissance inédite commence à se profiler.
L'infatigable exploratrice se met à bégayer des cris qui sonnent comme des injures. Les contractions de son vagin, initialement inégales dans leurs recherches compulsives d'un plaisir extrême finissent par se coordonner. Avec robustesse, les remous ondulent maintenant dans un rythme régulier. Laetitia se laisse submerger par les impressions d'allées et venues tant espérées. Elle sent les vagues monter, puis elle serre, glisse, s'enroule autour de ses doigts graissés autant que les parois. Les déferlements de sa jouissance s'immiscent entre les phalanges qui ne trouvent plus de terrains assez secs pour s'en débarrasser. Quelle drôle d'impression ! Mais pourquoi y penser ? Elle va finir par se foirer !
¥(^_^)¥
Que cherche-t-elle exactement ?
Ce n'est pas comme si elle avait les mains dans le cambouis, mais il faut bien admettre qu'elle est prise au piège. Tout en haut, son petit gland trop échaudé renvoie des sensations déchirantes. Il ne lui manque seulement que deux ou trois bons coups de grâce entre les reins. Mais comment faire sans objet, sans l'homme ? Tout est là, c'est un comble : les sensations de plaisir si bien amenées, l'extase... enfin, presque.
Avec le zèle d'élèves qui ne se lassent de vouloir assister leur maîtresse, ses dix amants menottés dardent pourtant des points sensibles négligés. Malgré leurs savoureuses intentions, l'effervescence ne fait que croître sans faire exploser le plafond de verre. Tout est fouillé ; les doigts disparaissent dans un sourire, rebondissent, frottent, s'enfoncent et s'immobilisent au plus profond, écartent, tapissent tous les contours.
À force de toquer, de redessiner la perspective de cette porte défendue, les actes manqués de Laetitia ont conforté la membrane délicate. Si bien qu'elle s'attendrit pour ce petit cul de poule rempli d'une mouille abondante. Cet endroit devenu soudainement propice pour une baignade, voire une plongée.
L'innocence d'une glissade, l'insolente bravade d'un interdit, la désillusion des candeurs, la plénitude des envies assumées : une vie se joue dans ces profondeurs. Plus elle en améliore l'accès, plus son vagin et son aiguillon répondent, emplis d'un respectable bonheur. Dans ce branle-bas exaltant, elle se décide à s'investir par ce côté, finalement convaincue par la pertinence de l'outrage.
Sans être bien certaine de se satisfaire d'un orgasme libérateur, et peut-être au contraire, avec l'envie résolue de prolonger ces instants, de profiter de toutes les joies que cet exceptionnel sentiment d'impudeur pouvait enfin lui permettre, quelle aurait pu être, à ce moment précis de son existence, la plus belle des gratifications ?
^l-o-] [-o-l^
Dieu sait où elle en est quand elle croit percevoir le ronronnement d'une voiture dans la cour. Quelle heure peut-il être ? Elle hésite à se réfugier sous la douche. Les secondes s'écoulent, mais personne n'entre. Personne ne se manifeste. Laetitia n'a pas reconnu le bruit du moteur et elle finit par se demander si un intrus ne lorgne pas dans son jardin.
« Vincent ? Je ne me souviens même pas d'avoir tourné la clé de la porte d'entrée. Et ce portail ! Quelle mauvaise habitude de ne pas le fermer ! Je vais l'appeler. Non, chut ! Et si ce n'est pas lui ? Bon déjà je ferme la porte ici. J'imagine celui ou celle qui pourrait se rapprocher de la salle de bain où je... Bon sang ! Je suis sûre que mon odeur se sent jusque dans le couloir ! »
Elle claque la porte qui était restée entrouverte et la verrouille.
— Mais qui est là, bon sang ? C'est lui. Il a dû finir plus tôt. Mais quelle heure est-il ? Allez, je rentre sous la douche. Mais si c'est quelqu'un d'autre ? Je ne vais tout de même pas me mettre en cage en attendant qu'un détraqué...
Le bruit de la porte d'entrée l'interrompt.
— Laetitia ? Ne t'inquiète pas, c'est moi. Je suis rentré plus tôt.
...
...
— Tu n'imagines même pas à quoi je pensais mon ange !
Le claquement caractéristique de la porte de douche, le sifflement concomitant des tuyaux qui crépitent déjà dans le pommeau indiquent précisément d'où provient l'absence de réponse. Il se dit pour lui-même :
« Non, ne te lave pas ; pas tout de suite. A une minute près et je sautais avec elle sous la douche. Pour une fois... Bizarre, cette odeur ; on n'est pourtant pas vendredi ? »
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