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✦ Ardsy Conter un Amour XSTORY
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Réel
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Hétéro Orientation principale dans ce chapitre

Conter un Amour — Chapitre 3 · Ce Dîner avec Lui - III

13 minutes
1.5k
Certifiée écrite par un humain D'après nous ce texte a été rédigé par un humain

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Conter un Amour

Chapitre 3 · Ce Dîner avec Lui - III

Je me suis absentée un moment. Un peu d'eau glacée sur le visage ensuite, et je reviens vers la table. Le temps a vite filé depuis qu'on est là. Les client.e.s qui restaient sont parti.e.s. Je passe l'arche qui sépare la salle de l'arrière-salle.
Et tu n'es pas seul. Dans la pièce désertée, le serveur a tiré une chaise et se trouve maintenant assis avec toi, à discuter autour d'une bouteille de gnôle devant nos assiettes vides. Je réintègre ma place où un verre à liqueur attend d'être bu. Votre conversation est calme et amicale. J'admire beaucoup cette faculté que tu as à ne pas t'arrêter sur une première impression lorsque tu rencontres quelqu'un. On croirait que tu peux être ami avec presque tout le monde. Oui, presque ; un connard pareil, normalement tu l'aurais snobé royalement. Mais le whisky puis le vin, sans doute... et les circonstances aussi... Certainement auras-tu lu, dans ma contribution à ce jeu avec lui de ton fait, un consentement sans lequel jamais tu ne te serais permis de copiner avec cet énergumène.
Et comme on partage une préférence pour le un.e à un.e, je me trouve étrangement à l'aise du trio qui se dessine, tandis que je vois toute ambiguïté sexuelle dissipée, et que vos godets levés m'accueillent avec bonhomie.
On bavarde ainsi un moment, de tout et de rien. Il nous parle de son célibat - en frisant parfois l'incel, mais toujours aux limites. Puis il me fait lui raconter notre histoire, tant et si bien que le temps défile encore et que nous quittons le restaurant à minuit passé.
Une fois dans la ruelle principale du village, nous marchons paisiblement sous la neige. La lumière des lanternes semble avoir figé les façades des maisons à pans de bois qui ceinturent la voie pavée, et dans ce décor d'une autre époque, nous avançons en silence, mains dans la main. C'est qu'il nous faut digérer à la fois ce dîner et les événements qui l'ont occupé... Cela ne serait rien pour bien des couples, mais jamais encore nous n'étions allé.e.s aussi loin. De petites allusions sexuelles à un inconnu qui lui ont exhibé une part de ton amoureuse, de plein gré. Mais je me dis que le moment de discussion plus anodine qui a suivi m'a fait du bien, m'a rassurée, sécurisée aussi, probablement... Tiens, mais à propos...
— Puis-je récupérer mon sous-vêtement, Monsieur mon Homme ? 
— Très drôle...
— Rooh ça va... Allez, tu l'as mis où ? 
Aventureuse, ma main ne trouve rien dans la poche droite de ta veste, hormis le briquet que tu as toujours sur toi pour le tendre au cas où, quoique non fumeur.
— C'est plutôt à toi qu'il faut poser la question...
— Tu plaisantes ? Quand je suis revenue du p'tit coin, ta serviette était posée dessus. J'ai pensé que c'était volontaire, vu qu'il était attablé avec toi. Mais quand tu t'es essuyé la moustache en te levant, j'ai remarqué qu'elle n'y était plus. J'ai cru que tu avais fait un tour de...
— Oh ! le bâtard.
— Naaan...! T'es sérieux là ? 
— On dirait qu'il t'a bien eue sur ce coup-là. Joli.
— Hein ? Mais c'est toi qu'il a eu, tu veux dire ! J'étais même pas là !
— Peut-être, mais c'était pas ma culotte.
— Oh ! mon Dieu. 
— Oui bah ça va, c'est rien, t'avais qu'à pas le chauffer aussi... 
— Moi ? Le chauffer ? Mais...
— Quoi "mais" ? Tu ne lui as pas dit : "Qu'est-ce que ça peut vous faire ? C'est pas vous qui couchez avec moi après ça, à ce que je sache !" ?
— Bah si, mais il me saoulait avec ses "Tout va bien, m'sieurs-dames ?" à chaque fois qu'il passait à moins de cinq mètres de la table... 
— Ça a du te faire bizarre un peu quand tu l'as retrouvé assis avec moi à la fin...
— Plutôt, oui. M'enfin, c'était sympa, il a l'air moins con que j'aurais cru.
— Tu vois ? Quand je te dis de juger les gens moins vite...
— Oui, enfin il m'a un peu volé ma culotte, quand même.
— Mais non, je te fais marcher...
— Bah vas-y, file, alors. Je me gèle sous ma jupe, là...
- ... C'est moi qui lui ai donnée. 
— Me dis pas que t'as...
— Si. Je suis sérieux. 
— Oh ! putain.
— Tu m'en veux...?
— Étrangement, je crois que ça me déplaît pas...
— Ah ah ! J'en étais sûr. Je n'aurais jamais osé sinon...
— T'es vraiment un...
— Attends, c'est pas tout.
— What ?! Mais qu'est-ce que t'as pu faire de plus ?
— Bah... T'as rien remarqué ? Juste avant de partir...?
— Si, enfin rien à voir...
— Dis toujours...?
— T'avais oublié ta carte bleue à la maison ? 
— Pas du tout. Le liquide, c'est pour éviter qu'on puisse nous tracer.
— Je vois pas le rapport. Il n'avait pas l'air méchant, puis c'est rien qu'une culotte... C'était pas la peine de lui donner toute ta monnaie pour ça.
— C'est pas moi qui l'ai payé, ma Chérie...
— J'avoue, j'ai pas compris pourquoi tu me tendais les billets au lieu de lui donner directement...
— Pour de vrai ? T'as rien vu ?
— Qu'est-ce qu'il m'a encore fait comme coup bas...
— Okay, si tu le prends sur ce ton-là, tant pis pour toi. Tu sauras pas.
— Hein ? Mais siiiii...
— Nan. Tu me fatigues. Tu crois pas que ça se mérite, en plus ?
Lorsque tu joues sur ce ton-là, j'ai l'impression d'être un bout de guimauve qu'on approche du feu... 
— Alleeeez, steuplé...
— J'ai dit non.
— Et j'ai dit s'il te plait...
— Ne va pas sur ce terrain-là, t'as pas les moyens. Même sexuellement.
— Bah dis-le-moi gratuitement alors...?
— Et pourquoi je ferais ça ?
— Euh... Parce que tu m'aimes...?
— Héhé... Ça aussi ça se mérite.
— Mouh...
— Embrasse-moi au lieu de négocier, pendant que je réfléchis si je vais te le dire ou pas...
Avant que j'aie eu le temps de m'approcher, tu nous as arrêté.e.s dans notre marche, m'a traînée par la main dans une minuscule impasse de la ruelle, et tu m'as attirée à toi qui te tiens adossé contre un mur. Dans l'air glacial, une vapeur épaisse comme un nuage témoigne de l'union de nos bouches, tandis que tu sors ton téléphone de ta poche gauche.
— Je vais te montrer directement. 
Tu me repousses un instant, puis, voyant que je grelote tout de suite, tu me ramènes à toi et je me blottis, la joue posée contre ton torse, regardant ce que tu traficotes sur le côté. Ton pouce balaye l'écran, jusqu'à faire apparaître une photo. J'y reconnais les WC du restaurant, ainsi que tes doigts qui tiennent une petite carte, format visite.
— Je t'avais dit que je finirai par nous en faire, nan ?
Dessus, on reconnait facilement nos silhouettes en fond d'ombres chinoises, comme floutées de grisaille, dans une position de fellation sans équivoque. Et au premier plan, un petit message manuscrit.
Pour me faire pardonner et accompagner son cadeau.
Bien à vous,
Azilis.
— Mais... Je... Tu as écrit ça à ma place !
— Mais... Tu... quoi ? Regarde bien...
Ton pouce zappe l'image, et une seconde s'affiche alors. C'est l'autre face de la carte. On y retrouve le même fond obscène et flouté. Devant, des mots sont imprimés en gras. J'y lis le nom du site d'exhibition... notre pseudo... et, ajoutés au stylo, un lien internet, une date et une heure.
— Oh ! mon Dieu.
— Arrête de l'appeler pour rien, ton Dieu. Tu vas finir par lui faire siffler les oreilles...
— Mais qu'est-ce que t'as fait...? 
— Aïe. Tu n'aimes pas...
— Oh ! Je... Euh... Si... Je crois que si... C'est juste que... Enfin... Ce gars-là, ce n'est pas un...
- ... Un inconnu ?
— Oui. 
— Il sera comme nos abonnés. Simplement, il connait ton visage, ton prénom, l'odeur sexuelle que tu peux dégager, et puis il a ta...
— Oh ! Putain oui, j'avais oublié.
— Tu sais, mon Amour... Tu n'es obligée de rien. Tu as jusqu'à demain pour décider, jusqu'à l'heure dite. Mais dis-toi que même une fois commencé, tout s'arrête à la seconde où tu changerais d'avis... et tu en as le droit...
— Je crois vraiment que j'en ai envie...
— C'est loin de me suffire, tu le sais. A toi de voir...
— C'est tout vu. Je sais pas pourquoi, je me sens en sécurité...
— Héhé... Il faut juste qu'on se rappelle de ne plus jamais venir manger ici.
— Haaan... c'est vrai. Dommage. Ça m'a bien plu cette table.
— Alors ? Tu en as envie...? 
— Hum hum.
— Dis-le. Verbalise-le.
— J'en ai envie...
— De quoi tu parles ? 
— J'ai envie que tu m'exhibes en direct à un homme qui me "connait". Oh ! putain. Je suis en train de capter : tu m'as laissée nous raconter à lui...
- ... Et se raconter à toi, oui. Avant de mettre cette carte dans ta main sous les billets, pour que tu lui donnes toi-même et qu'il se persuade que c'est de toi. J'ai fait ça parce que je te connais assez pour savoir que ça t'excite, et je l'ai fait de façon que tu sois en totale sécurité. Si tu renonces, le lien que je lui ai donné c'est pas celui des habitués, et on le ghostera. Fin de l'histoire.
— Je t'adore.
— Ça par contre... Permets-moi d'en juger tout seul. 
Collée à toi dans ce câlin dont ma température corporelle dépend, je n'ai pas de défenses. Un désavantage dont tu profites pour me repousser brusquement, nous retourner, me plaquer au mur à ta place, et presser mes seins et mon sternum d'une paume, mon dos contre la façade aveugle, pour ne pas que je bouge. Tu es arqué au-dessus de mon visage. Le tien est si proche que je te vois inspirer la vapeur mon souffle comme tu m'expires la tienne... Alors, je sens ton autre main, que ta poche avait gardée chaude, se plaquer sur la face interne de mon genou, passer l'élastique de mon bas, puis remonter, emportant le bord de ma jupe... jusqu'à ce que sans la moindre peine, ton index et ton majeur me pénètrent lentement, entièrement, n'ayant nul besoin de forcer, invités par tout ce que les vagues d'excitation de la soirée ont déposé pour toi à l'entrée de ma vulve nue. 
— J'hallucine. T'es vraiment une fille facile, Azilis.
— Hummmm... Nan, c'est... hummmm... c'est toi qui es terriblement se... hummmmm... sexy... mon Amour... encore... encore tes doigts... 
— Tu colles tellement, salope. Tu sens comme tu es grasse...?
— Prends-moi... Je t'en prie... Là... par terre.
Je suis si brûlante de désir que je pourrais jouir en une minute ici, dans cette ruelle, sous tes doigts. Et il y aurait eu fort à parier que tu le décides. Mais l'ordre qui m'en donne la permission ne venant pas, je n'ai pas le droit. Et je me retiens... Et tu m'amènes au bord, puis tu t'arrêtes... et me ramènes au bord à nouveau... Les portes de ma délivrance sont juste là... mais tu t'arrêtes encore.
Ce n'est qu'à la troisième fois, lorsque tu m'as rendue aussi dingue que frustrée, que j'entends enfin ton :
— Jouis sur mes doigts. Maintenant.
Et mon orgasme explose au bout de ta main. Mes cuisses tremblent et convulsent toutes seules... Un minuscule petit cri sort de ma gorge qui le retient de toutes ses forces et soupire lourdement... Tu es si beau quand tu me regardes amoureusement comme ça... 
— C'est malin, j'suis toute essoufflée maintenant. Mais hummmm... C'était trop bon. Ça va mieux là, j'en pouvais plus.
— Je sais. J'entends ton cœur battre d'ici. Mais tu y as pris trop de plaisir... Je crois qu'on va y aller parce qu'il va être temps de faire de petites révisions sur la hiérarchie des priorités sexuelles dans notre couple, Azilis. La soirée n'est pas terminée, et maintenant je vais pouvoir t'utiliser à froid. Allez, en route... la voiture est à deux pas. 
Tu as beau être dominant, te voir me redresser et sucer tes doigts comme ça en me regardant, cela mériterait un tableau pastoral tellement tu ne sais t'empêcher d'être tendre dans toutes tes façons. Si seulement je pouvais retranscrire ici ta voix... Elle trahirait à coup sûr la beauté qu'il y a dans ta manière d'aimer, à l'ouïe des lecteur.ice.s...
____________________
La route est noire et sinueuse. Dans les phares, les flocons virevoltent qui nous empêchent de voir plus loin qu'à dix mètres, et tu roules au pas. 
Assise près de toi, je laisse une main devant le chauffage, alors que l'autre essaie de se glisser dans la poche si serrée de ton jean. Je te sens d'humeur à discuter, alors je coupe la radio qui froufroute plus qu'elle ne capte, puis j'attends que tu te mettes à causer...
— A ton avis, ce type, il habite sur le lieu du restaurant où il sert...?
— Ça m'étonnerait, mon Cœur. Il ne doit plus y avoir que des anciens dans ce village.
— Je me disais la même chose. Tu penses qu'il est déjà rentré chez lui ?
— J'en sais rien... peut-être pas. Pourquoi ?
— Comme ça. Et si je te laissais là, sur le bord de la route...? Une stoppeuse avec un visage connu, il cracherait peut-être pas dessus...? Enfin...
— Haaaan... Vas-y, fais le malin. Tu dis ça mais en vrai, tu le vivrais trop mal...
— Grave. Mais ça m'excite qu'on l'imagine...
— Au moins, toi, je sais comment te faire bader si je dois me venger un jour...
— Redis ça encore une fois... et je m'arrête pour te sauter sans préliminaires, contre un arbre.
— Ne me tente pas... puis ils sont déjà consommés.
— Trop facile... Tu crois pas m'avoir comme ça, quand même ?
— Hé ! mon Cœur ! T'as raté la sortie !
— Quelle sortie ? 
— Attends... On ne rentre pas à la maison ?
— Tu poses trop de questions... J't'ai pas demandé l'heure.

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A suivre... chez Sunstone.
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Utilisateur supprimé
31 juillet 2023 à 15:21
Merci... A suivre, donc. ;-)
Soyez respectueux
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SigmundFred78
31 juillet 2023 à 01:48
Très bien écrit votre histoire, on a l'impression d'être caché et témoin de toute la scène. Bravo!
Soyez respectueux
Répondre
Utilisateur supprimé
26 février 2023 à 15:10
La suite arrive, chez Sunstone donc. Les 28 février, 3 et 9 mars. :-)
Soyez respectueux
Répondre

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