Réel
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Conter un Amour — Chapitre 4 · Le Jardin de Ville
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteurs
Conter un Amour
Chapitre 4 · Le Jardin de Ville
Tellement longtemps que je n'avais pas dormi dans une ville, encore moins une ville inconnue ! J'en avais oublié les mille bruits d'un centre urbain au réveil... Les klaxons des impatients... Les talons des marcheuses sur les voies piétonnes... Les saluts des riverains qui se connaissent... Le carillon des clochers qui surplombent la vieille ville... Le roucoulement des pigeons et des tourterelles... Le roulis des tramways...
— Entrez, entrez ! Bonjour...
— Bien dormi, j'espère ?... Un allongé bien chaud avec deux sucres, comme promis !... Non non, ne vous levez pas, regardez donc : je vais vous déposer ça par ici... Voilà... Oh ! Mais qu'est-ce que c'est que ces manières... bien sûr que je peux vous ouvrir la fenêtre ! Hop ! Voyez, sitôt dit... pas de gêne ici, ma fille !... Y a pas de quoi ! Allez, prenez tout votre temps, je vous laisse...
— Merci Madame, vous êtes un amour !
— A tout à l'heure...
— Dites ? L'église ouvre bien à sept heures ? J'ai vu ça sur internet, mais je...
— A votre âge ? Tiens donc ! Oui, c'est bien ça je crois, mais vous savez, il y a aussi d'autres choses à voir, à Grenoble.
— Héhé... Oui, merci, ça ira...
— Bien dormi, j'espère ?... Un allongé bien chaud avec deux sucres, comme promis !... Non non, ne vous levez pas, regardez donc : je vais vous déposer ça par ici... Voilà... Oh ! Mais qu'est-ce que c'est que ces manières... bien sûr que je peux vous ouvrir la fenêtre ! Hop ! Voyez, sitôt dit... pas de gêne ici, ma fille !... Y a pas de quoi ! Allez, prenez tout votre temps, je vous laisse...
— Merci Madame, vous êtes un amour !
— A tout à l'heure...
— Dites ? L'église ouvre bien à sept heures ? J'ai vu ça sur internet, mais je...
— A votre âge ? Tiens donc ! Oui, c'est bien ça je crois, mais vous savez, il y a aussi d'autres choses à voir, à Grenoble.
— Héhé... Oui, merci, ça ira...
C'est vrai que c'est un amour, cette dame. Mine de rien, elle m'a même mis un croissant sur le plateau. Je sens qu'elle va se donner pour mission de me remplumer, à tous les coups.
Bon... me dérouiller de l'engourdissement de la nuit... jeter les sucres dans le café... me rouler une clope... et sortir m'asseoir sur ce balcon.
— Fuiiiiiit... Fuiiiiiit...
Ah tiens ! Ça faisait longtemps, ça aussi. En même temps, à choisir une chambre d'hôtes au-dessus d'un bistrot... Regarde-moi-le, celui-là... Il bave sa vinasse autant qu'il me siffle...
Il faudra que je pense à remercier Brieuc pour l'adresse et l'adaptabilité de sa mère vis-à-vis de mes particularités de santé. Elle a du connaître des clientes moins compliquées, la pauvre...
Sept heures trente. Boudi ! Je ne suis pas en avance. Déjà eu mon train de peu hier soir... Qui est-ce qui a dit déjà qu'avec le stress, on dormait moins bien...?
L'écrue ou la bleue... ou l'écrue... ou la bleue... va pour l'écrue. J'espère qu'il aime les myosotis... Bon, sûre qu'elle ne sera pas tape-à-l'œil, celle-ci... Juste quelques points à l'aiguille pour que le décolleté s'échancre un peu moins... Oui, c'est mieux comme ça. Voyons de dos... C'est bon, on ne voit pas le corset. De toute façon, avec le gilet... Allez, ça ira.
Bouh ! Mais ça pèle encore ici, pour un avril !... Ce sera avec des bas aujourd'hui alors... J'espère ne pas lui paraître trop rétro... Remarque, les bottines ça casse un peu... Et en même temps... Boh, on verra bien. Oh ! Cette natte n'a pas tenu la nuit... Une épingle... Bouge pas, toi... Voilà... Ras de cou... tiens, le noir, ça ira bien. Est-ce que le nœud derrière... Impec' ! Mon châle... Oh bordel ! Où est-ce que j'ai fourré ce fichu bréviaire...? Ah ! oui, sous l'oreiller... Allez zou, toi, sois gentil, rentre dans mon sac... Wow ! Tu pèses ton poids, dis donc...
Bouh ! Mais ça pèle encore ici, pour un avril !... Ce sera avec des bas aujourd'hui alors... J'espère ne pas lui paraître trop rétro... Remarque, les bottines ça casse un peu... Et en même temps... Boh, on verra bien. Oh ! Cette natte n'a pas tenu la nuit... Une épingle... Bouge pas, toi... Voilà... Ras de cou... tiens, le noir, ça ira bien. Est-ce que le nœud derrière... Impec' ! Mon châle... Oh bordel ! Où est-ce que j'ai fourré ce fichu bréviaire...? Ah ! oui, sous l'oreiller... Allez zou, toi, sois gentil, rentre dans mon sac... Wow ! Tu pèses ton poids, dis donc...
L'air de la rue me saisit de fraîcheur. Comme la lumière est belle ici ! C'est drôle ces cimes des monts qui barrent le fond du paysage partout, dans une si grande ville...
— Tiens ! Mais c'est qu' y a du monde au balcon !
Ça m'aurait étonnée... Ça ne lui suffisait pas de me siffler comme ça, fallait qu'il attende que je sorte en plus...
— Au comptoir aussi apparemment !
Heureusement que le trottoir n'est pas plus haut : j'ai bien cru qu'il allait tomber en voulant me rejoindre.
— Et où qu'on va si tôt, ma jolie ?
— Me demandez pas, c'est pas un endroit pour les merles...
— Oh ! Ça va, je m'intéresse, c'est tout... Allez... Chui sûr que t'as un numéro pour moi...
— Si ça vous amuse de me suivre, grand bien vous fasse... Mais va falloir assumer, par contre.
— Mais j'demande pas mieux, moi, beauté...
— Me demandez pas, c'est pas un endroit pour les merles...
— Oh ! Ça va, je m'intéresse, c'est tout... Allez... Chui sûr que t'as un numéro pour moi...
— Si ça vous amuse de me suivre, grand bien vous fasse... Mais va falloir assumer, par contre.
— Mais j'demande pas mieux, moi, beauté...
Je grimpe les marches du parvis, lorsqu'il me retient par le bras, sans force. Je tire alors sur la poignée de ma canne et lui montre les vingt premiers centimètres de la dague.
— A vous de voir... Soit vous entrez en silence avec moi, soit vous me lâchez, soit vous risquez de siffler les prochaines passantes un peu plus aigu.
— Hein ! Mais t'es folle toi, ma parole ! D'où tu sors ?!
— Pas d'votre lit, ça c'est sûr.
— Hein ! Mais t'es folle toi, ma parole ! D'où tu sors ?!
— Pas d'votre lit, ça c'est sûr.
Il me lâche, hébété... et j'entre sous les voûtes, tandis qu'on sonne Laudes.
- Domine labia mea aperies...
- ... et os meum adnuntiabit laudem tuam.
- ... et os meum adnuntiabit laudem tuam.
Seigneur, ouvre mes lèvres... et ma bouche publiera ta louange."
Oui bah ça ça va, Toi... Je fais ce que je peux pour me concentrer : T'as vu ce que Tu me fais dire, aussi ? Tu m'attaques direct sur la bouche... Oh ! ça va, hein... Je suis déjà venue Te voir au réveil, Tu vas pas commencer à me faire des reproches de bon matin... Chut... Chante moins fort, Azilis. Pas envie qu'on te regarde...
Un peu de mal à me concentrer, pendant les psaumes... Je repense à ces mois qui viennent de passer... A cette fois où Sunstone a commenté mon histoire sur le site, ce tout premier contact de lui... Tellement intimidant pour moi. Des semaines que j'observais les actes de son féminisme sur le forum, que je lisais la douce indécence de ses histoires... qu'il m'avait "eue" par son récit Candaulisme en duo, où je le sentais tout aussi tendre que cru, quoique partiellement retenu dans ses mots... et que de par toutes ces choses, j'étais tombée amoureuse de lui.
Ce n'était pas du tout prévu au programme ; loin s'en fallait. J'avais résolu de l'aimer en secret, de ne pas le déranger dans sa vie, de lui demeurer invisible, de ne surtout pas lui écrire... de ne pas m'étaler si nous nous retrouvions à défendre une même chose dans les topics publics... d'espérer qu'il ne m'envoie jamais de message privé... jusqu'à cette histoire en vers qu'il me commenta.
Ce n'était pas du tout prévu au programme ; loin s'en fallait. J'avais résolu de l'aimer en secret, de ne pas le déranger dans sa vie, de lui demeurer invisible, de ne surtout pas lui écrire... de ne pas m'étaler si nous nous retrouvions à défendre une même chose dans les topics publics... d'espérer qu'il ne m'envoie jamais de message privé... jusqu'à cette histoire en vers qu'il me commenta.
Panique à bord lorsque ma messagerie afficha Sunstone le lendemain... Immense gouffre de joie de le lire, et de honte face au contenu de ses lignes, qui l'excusaient d'avoir supprimé son commentaire pour un texte problématique - texte que je dus supprimer peu après pour en reprendre le contenu.
J'avais vécu l'un des pires ascenseurs émotionnels de ma vie. Et j'eus beau m'en ouvrir à une amie, réfléchissant à plume haute sur la stratégie à adopter pour lui répondre froidement, refusant à tout prix de me montrer tendre envers lui, m'efforçant de ne pas le laisser entrapercevoir que je brûlais déjà pour lui... Mais il avait terminé ainsi son long premier message :
J'avais vécu l'un des pires ascenseurs émotionnels de ma vie. Et j'eus beau m'en ouvrir à une amie, réfléchissant à plume haute sur la stratégie à adopter pour lui répondre froidement, refusant à tout prix de me montrer tendre envers lui, m'efforçant de ne pas le laisser entrapercevoir que je brûlais déjà pour lui... Mais il avait terminé ainsi son long premier message :
Quoi qu'il en soit, je vous remercie d'avoir pris le temps de me lire, j'espère sincèrement ne pas vous avoir heurtée, et je reste disponible pour discuter de cela ou quoi que ce soit d'autre avec vous si vous le souhaitez !
En le lisant au forum, je me projetais si bien dans sa façon de s'exprimer que j'avais l'impression de le voir lui, révélé en clair entre ses lignes... Alors trouver ces mots-là en privé... de quoi que ce soit d'autre... de quoi que ce soit d'autre... de quoi que ce soit d'autre...
Tu parles de stratégie et de froideur ! Trois jours plus tard, je lui envoyais déjà des liens pornos... Quelques jours à peine encore, et l'on sextait... Encore quelques uns et je recevais des mots d'amour... en anglais... Et encore quelques jours, puis ce fut en français. Le sexe a tout de suite été très, très hot... Une compatibilité autant affective que charnelle, et bien sûr mentale. Et un amour qui prit de suite toute la place, au point de m'y vouer en exclusivité, de moi-même, en renonçant à toutes les formes de sexting que je pouvais avoir avec des correspondants, et en "convertissant" ces relations en échanges non sexuels.
On s'est si vite construit une sexualité de "couple", développant un langage commun sur la base de similitudes profondes ! Jamais je n'avais connu ça encore...
On a pris une voie vers laquelle on se sentait poussé.e.s l'un.e avec l'autre, pour ma part plus encore que ce que j'avais vécu auparavant. Et au final, je crois qu'il ne nous a pas fallu six mois avant de nous inscrire ensemble sur un réseau social de fétichisme/BDSM bien connu, et qu'on commence à y faire du...
On s'est si vite construit une sexualité de "couple", développant un langage commun sur la base de similitudes profondes ! Jamais je n'avais connu ça encore...
On a pris une voie vers laquelle on se sentait poussé.e.s l'un.e avec l'autre, pour ma part plus encore que ce que j'avais vécu auparavant. Et au final, je crois qu'il ne nous a pas fallu six mois avant de nous inscrire ensemble sur un réseau social de fétichisme/BDSM bien connu, et qu'on commence à y faire du...
Oh ! Nan ! Bordel... pas à l'église ! Te mets pas à mouiller ici, idiote !... Juste avant de le rencontrer en plus... Non, arrête-toi... Oh ! misère ! Mais qu'est-ce qui m'a pris de ne pas en mettre un jour pareil... Allez, focalise-toi, sors-toi-le de la tête... reviens à l'office...
Bien contente de m'être mise au fond et dans le bas-côté. Quand j'y pense... Je n'étais même pas certaine de trouver des stalles cloisonnées comme ça... M'enfin, au moins ce sera plus commode...
Je sors mon téléphone et le pose sur l'agenouilloir devant moi... Intérieurement, je prie - enfin façon de parler - pour qu'on ne voie pas le flash sous ma robe, et je pose mes genoux sur la planche, de part et d'autre de l'objectif. Les dix secondes du retardateur ne sont plus que huit... Sept... Vite, couvrir le mieux possible tout autour avec le bord de ma jupe... Six... Cinq... C'est l'horreur ces smartphones qui peuvent se mettre en silencieux mais dont on ne peut pas enlever le bruit de l'appareil photo.... Quatre... Trois... A moins que je sois vraiment cruche avec ces bidules... Deux... Je me racle la gorge... Un... et je tousse, sur le clic.
Je sors mon téléphone et le pose sur l'agenouilloir devant moi... Intérieurement, je prie - enfin façon de parler - pour qu'on ne voie pas le flash sous ma robe, et je pose mes genoux sur la planche, de part et d'autre de l'objectif. Les dix secondes du retardateur ne sont plus que huit... Sept... Vite, couvrir le mieux possible tout autour avec le bord de ma jupe... Six... Cinq... C'est l'horreur ces smartphones qui peuvent se mettre en silencieux mais dont on ne peut pas enlever le bruit de l'appareil photo.... Quatre... Trois... A moins que je sois vraiment cruche avec ces bidules... Deux... Je me racle la gorge... Un... et je tousse, sur le clic.
Ouf ! Pas un regard : les mamies semblent recueillies, ou sourdes...
Voyons ce que ça donne... Hé ! Pas si mal... Je n'avais pas vu que l'arrière du jupon était un peu remonté, mais comme ça on devine le bois du banc, ce qui ne lui laissera pas de doute sur l'endroit... Et puis de toute façon, il faut bien que ça le fasse : je n'oserai jamais lui montrer en vrai aujourd'hui. De plus, on a dit que ce serait sans sexe lors de notre première rencontre. Ma foi, s'il croyait s'en tirer à si bon compte, c'est sans compter sur moi...
Allons donc, un petit message sur Discord... Le + pour ajouter une photo... Je re-checke vite fait... Haaaaan... Ça craint quand même... Espérons qu'il sache ce que c'est... Boh... A trente-et-un ans, il a déjà du croiser des boules de geisha dans sa vie, tout de même.
Allons donc, un petit message sur Discord... Le + pour ajouter une photo... Je re-checke vite fait... Haaaaan... Ça craint quand même... Espérons qu'il sache ce que c'est... Boh... A trente-et-un ans, il a déjà du croiser des boules de geisha dans sa vie, tout de même.
Envoyer.
Oh ! mon Dieu... j'ai fait ça.
- Benedicamus Domino...
- ... Deo gratias.
- ... Deo gratias.
Bénissons le Seigneur... Nous rendons grâce à Dieu."
Eh bah c'est pas trop tôt... Il était mou, ce prêtre, mais mou...!
Au-dehors, le soleil de neuf heures m'éblouit. Je déambule dans les rues, marchant les jambes assez serrées de fait, sans que rien ne paraisse suspect.
"Jardin de Ville"
Ah... c'est là. Mon cœur va exploser. Je passe le portail et m'appuie sur le mur rampant qui borde l'escalier, le temps de reprendre mon souffle et de calmer ce palpitant... Un peu de camphre sous mon nez... Quelques respirations profondes... Ça ira... Oui, ça va aller... Ça ne peut qu'aller... Enfin, enfin ce jour !
J'avise un banc entre la roseraie et le bosquet de platanes, un peu à l'écart des quelques promeneurs matinaux... Non, trop formel si l'on s'assoit côte à côte... Je m'éloigne alors dans l'allée de graviers et prends le parti de risquer la pelouse, et je me convaincs bêtement qu'en ne vérifiant pas s'il y a des écriteaux pour en interdire l'accès, ça m'excuse ce discutable délit de piétinement...
J'avise un banc entre la roseraie et le bosquet de platanes, un peu à l'écart des quelques promeneurs matinaux... Non, trop formel si l'on s'assoit côte à côte... Je m'éloigne alors dans l'allée de graviers et prends le parti de risquer la pelouse, et je me convaincs bêtement qu'en ne vérifiant pas s'il y a des écriteaux pour en interdire l'accès, ça m'excuse ce discutable délit de piétinement...
Le bout de mes chaussures n'est pas mouillé, voilà une bonne nouvelle. Au moins, j'aurai les fesses au sec. Je me pose au sol, replace discrètement les balls de latex en moi, rajuste ma robe, et je sors de quoi noter. Envie de lui écrire mes derniers, mes tout derniers mots sur un papier... Les tout derniers de ma vie avant de l'avoir rencontré... Ceux après lesquels tout s'apprête à changer. Qu'ils soient pour lui ; je les lui offre...
Si ce n'était l'objet qui me remplit la chatte,
Etant donné qu'il est neuf heures du matin,
Je croirais que c'est toi qui me rends si catin,
Y trouvant pour ta queue une gaine adéquate.
Mais mes ultimes mots avant que de te voir
Ne soient pas à la chose. Et c'est toute amoureuse
Que je te les écris d'une encre si heureuse
Du fait d'être remplie, et toi de le savoir.
Or, plus heureuse encor de te voir apparaître,
Dans un instant, peut-être - enfin, si tu me viens -,
Je me perds en pensées de toi, et me souviens
De nos débuts. Mais sauras-tu me reconnaître ?
Ciel ! Te voici... C'est toi qui passes le portail :
Oui c'est toi, c'est tout toi, jusqu'au moindre détail...
Etant donné qu'il est neuf heures du matin,
Je croirais que c'est toi qui me rends si catin,
Y trouvant pour ta queue une gaine adéquate.
Mais mes ultimes mots avant que de te voir
Ne soient pas à la chose. Et c'est toute amoureuse
Que je te les écris d'une encre si heureuse
Du fait d'être remplie, et toi de le savoir.
Or, plus heureuse encor de te voir apparaître,
Dans un instant, peut-être - enfin, si tu me viens -,
Je me perds en pensées de toi, et me souviens
De nos débuts. Mais sauras-tu me reconnaître ?
Ciel ! Te voici... C'est toi qui passes le portail :
Oui c'est toi, c'est tout toi, jusqu'au moindre détail...
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Commentaires ()
Tour à tour drôle, poétique et excitante cette description de l'attirance naissante et d'un amour qui débute avant même la première rencontre a été extrêmement plaisante à lire.