S2 : Oregane, Tall Boy
Chapitre 1
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✦ StanJR23 S2 : Oregane, Tall Boy XSTORY
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
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S2 : Oregane, Tall Boy — Chapitre 1

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S2 : Oregane, Tall Boy

Chapitre 1

Oregane, Tall Boy
4 octobre 2002 (lycée la Sainte-Trinité à Guingamp)
« Là où l’on trouve un grand pouvoir, on trouve une grande responsabilité. » Winston Churchill, homme politique
Comment sait-on si on est quelqu’un d’important ? Y a-t-il une prédestination à la renommée, à la popularité ? Est-ce que vous êtes plus important parce que vous êtes né dans la bonne famille et au bon endroit ? Ou parce que vous avez fait les bons choix, parce que vous avez choisi de prendre la lumière ?
Enfin, devient-on une merde aux yeux de tous, parce que certains « bien nés » en ont décidé ainsi ?
Voici certaines des questions existentielles que se pose Clément qui, à dix-huit ans, entame sa dernière année au lycée pour obtenir son bac.
Clément Gicquel n’est pas issu de la classe aisée bretonne, il fait partie de ce que les gens appellent « la classe populaire » pourtant on est loin et même très loin des banlieues crasseuses et dangereuses. Il est issu du quartier Kemado, un lieu de vie plutôt paisible comparé à d’autres lieux en France plutôt craignos. Pour beaucoup de leurs voisins qui sont là depuis longtemps « c’est leur jolie petite cité », ses parents ont la chance de posséder une des rares maisons construites au milieu des immeubles de quatre étages.
Il a la chance d’avoir une famille aimante, des parents à l’écoute de leurs trois enfants dont il est l’aîné ainsi qu’une famille élargie très présente dont notamment le grand frère de papa : tonton Albert.
Son père est conducteur de ligne dans l’entreprise Saint-Michel à Saint-Agathon mais il est surtout connu pour être un important leader syndical, tandis que sa mère est monitrice d’auto-école. Ils ont eu trois enfants : Clément, donc, puis Maiwen et Ronan.
Il a quatre amis dont il est très proche : Servan qu’il connaît depuis la maternelle, ils ont été rejoints ensuite au collège par Mustapha et Youn (cela veut dire Dieu fait grâce en celtique). Comme lui ils sont issus des quartiers populaires de Guingamp tel que La Madeleine et Castel-Pic mais ils ont établi « leur base » dans la cave de la maison des parents de Clément que son papa a aménagé en espace de jeu à côté de la buanderie.
Leurs journées sont souvent rythmées par des journées jeu de rôle tel que le très connu D & D mais aussi Vampire ou Nephilim. Autant dire que les dés polyédriques, les livres de règles de six cents pages ou plus ainsi que les figurines de Démogorgon et autres n’ont aucun secret pour eux.
Autant le dire, ils sont un peu voire beaucoup en décalage avec leurs camarades de collège puis de lycée ensuite, mais Clément à fait un choix il y a quelques années qui a déterminé une grande partie de la manière dont il va vivre sa scolarité. En effet à son entrée en sixième il aurait pu choisir de devenir un des suiveurs de Loig Le Gall : un des enfants bien nés et accessoirement le fils des actionnaires du groupe où travaille son père. Mais Clément a choisi de rester fidèle à son copain d’enfance Servan qui était encore moins bien vu que lui. Sa philosophie est et sera toujours « il vaut mieux être le leader d’un groupe de paumés qu’être le suiveur d’un groupe populaire ». Finalement si la popularité c’est dénigrer les autres, se croire supérieur à eux et faire des brimades à ceux qui ne rentrent pas dans le moule, ce serait contraire aux valeurs que lui ont transmis ses parents et surtout son père en tant que leader syndical : « Bats-toi pour ce qui en vaut la peine, bats-toi pour améliorer le quotidien de ceux qui souffrent, de ceux qui sont dans le besoin, ne cherche jamais à obtenir un profit au détriment de la douleur des autres ». Il préfère mille fois être parmi ceux qui subissent si cela peut le rendre plus humain.
Et pour subir, lui et ses amis ont subi surtout dans leurs établissements de la Sainte-Trinité à Guingamp. Cela a commencé par des surnoms débiles qui au départ ne sont pas trop ciblés du type « binoclard », « blaireau » ou « asperge » avant d’aller sur des surnoms plus ciblés. Pour Servan cela a été « Servile » ou « Serviteur », pour Youn ce fut « Nuppy, il ne comprend rien » comme dans un des sketchs de Michael Youn, car on est alors au début du « Morning Live » et des injonctions à imiter le dernier sketch diffusé le matin même. Pour Mustapha c’est encore plus insidieux surtout après les attentats du 11 septembre 2001 avec des surnoms tel que « Akhbar » ou des petites phrases du style « Alors Mus, tu as appris à atterrir ». Pour Clément, ce sont des attaques sur sa condition sociale et souvent liées aux revendications syndicalistes que porte son père. Clément a souvent entendu « guenille » après son passage, une façon bien méprisable pour rappeler qu’il a moins que les autres. Le jeune homme a souvent eu droit à « feignasse » quand le syndicat de son père se mettait en grève.
Le harcèlement que lui et ses amis ont subi, car oui c’est le mot, n’était pas direct, au départ c’étaient des moyens détournés, des méthodes silencieuses. Un refus de les intégrer dans les groupes, des élèves qui râlent parce qu’ils se retrouvent avec eux en TD, c’est aussi d’être ignorés en sport, d’être toujours choisis en dernier parce que les élèves n’ont pas le choix. Ce sont aussi des insultes dans leurs dos au détour d’un couloir, des élèves qui les bousculent sans s’excuser, faisant tomber tous leurs livres. Youn a manqué pas mal de cours à cause de maux de ventre liés au stress, il ne voulait pas revivre ce qu’il avait déjà vécu au collège, il n’en a jamais parlé mais il semble à Clément que son ami a été victime de racket notamment. Pour Servan ce sont d’abord très vite des attaques sur le physique car il a un peu de poids par-ci par-là, des quolibets, des doigts tendus pour le montrer sans un seul respect puis des morceaux d’os de porc mis dans son casier. Mais pour l’administration ce n’est qu’un « gentil bizutage », car malgré les relances de leurs parents mis au courant, la direction et les professeurs se sont toujours cachés derrière le pas de vaguisme de l’Education Nationale. On ne parle pas encore vraiment à l’époque de harcèlement scolaire, de toute façon ceux qui le dénoncent sont des faibles qui n’ont pas connu « l’école d’avant », combien de fois Clément a entendu le « de mon temps » ou encore « les jeunes d’aujourd’hui sont toujours à se plaindre ».
Quand on se rebelle, c’est nous les méchants, combien de fois le pauvre Mustapha a été puni pour s’être battu. Il faut croire que de voir Jean-Marie Le Pen au second tour de la présidentielle du mois d’avril en a décomplexé plus d’un et bien souvent le racisme que vit son ami est trop fort mais malheureusement sa façon de se défendre se retourne souvent contre lui car c’est connu « les Arabes ce sont des sauvages » a osé un jour lui sortir Morgan Riou.
Bien sûr les parents de Clément auraient pu le mettre au lycée Colbert, plus proche du quartier, mais le jeune homme a toujours refusé, ne voulant pas baisser la tête face à l’adversité. Même s’il est très inquiet pour son fils, son père est aussi très fier du caractère combatif de Clément. Mais ce caractère combatif lui vaut un acharnement toujours plus fort si bien qu’il arrive à détourner sur sa personne les attaques. Il a hérité cela de ses parents, cette volonté d’aider, de faire progresser et très souvent l’acceptation d’être « un paratonnerre ». Après les attaques verbales, ce sont ensuite des attaques physiques, des brimades mais aussi des humiliations publiques. Il va retrouver de plus en plus de mots anonymes dans son casier tel que « tu ne sers à rien, pend toi » ou « tu n’es qu’un débris de l’humanité, tu rendras service à la société en te jetant sous un train » mais aussi « tire-toi une balle ou on va s’en prendre à ta charmante petite sœur » et l’habituelle « tu n’as pas ta place ici, les pauvres ça restent entre eux ».
Clément sait très bien d’où viennent ces mots : du groupe des fils et filles de… car oui ils sont tous bien nés, enfants de chef d’entreprise, d’architecte, d’ingénieur, de professeur mais aussi de politiques locaux. Ils ont été élevés dans le quartier très huppé du Chesnaye et reçoivent à leurs tables des ministres ou des députés, participent à des activités caritatives « pour se faire bien voir » avec des footballeurs de l’En Avant Guingamp ou du Stade Rennais. Parmi eux il y a donc Loig Le Gall, Morgan Riou mais aussi la fille la plus jolie de l’école Oregane Le Roux et sa bande de suiveuses tel que Gwenaelle Le Bihan ainsi que les jumelles Liza et Lara Le Floch. C’est justement d’Oregane que doit venir le coup le plus violent mais ça c’est avant que Clément ne l’apprenne.
Youn est un petit génie de l’informatique et un soir quelques jours après la rentrée il a réussi à percer le cryptage d’un groupe MSN où discutent ceux qu’ils appellent « les moi je » et effectivement ils se lâchent, par écrit c’est encore plus violent mais une discussion va retenir toute l’attention de Clément :
— Eh Oré, tu crois qu’ils sont puceaux encore les merdeux ? Commence Gwen.
— Evidemment que oui, quelles femmes normalement constituées accepteraient qu’un de ces porcs les touche ! Même les putes ne voudraient pas, peut-être une malade mentale du genre une trisomique, se marre Oregane.
— Ou alors la sœur Gicquel, enchaîne Malo Thomas tout fier de sa trouvaille.
— T’es dégueu Malo, lui répond une des deux jumelles Le Floch.
— Ben quoi Liz, si ça se trouve l’inceste c’est un truc courant chez les pauvres, après tout un trou c’est un trou, explique encore plus fier Loig.
— Peut-être que la mère Gicquel c’est aussi sa tante à ce putain de parvenu de Clément, lui répond Morgan. En tout cas tante ou mère je m’en fous, je me la ferai bien cette putain de MILF.
— T’es tout autant un porc que Malo tu sais Morgan, tu taperais dans la merde ? Répond à Morgan la seconde jumelle.
— Ouais ! je ne me suis pas gêné pour te taper dedans Lara ! C’est pareil non ?
— Trou du cul, t’es vraiment un fils de…
— Tout doux Lara, on ne tape pas sur les mamans, on laisse ce genre de choses à ceux qui ont moins d’éducation que nous, lui rétorque Loig. Bon on fait quoi pour ces déchets de la nature ?
— J’ai une idée, commence Oregane. Je vais faire croire à Gicquel que je le trouve à mon goût, je vais l’inviter à la maison pour un devoir et j’aurai caché au préalable ma webcam dans une armoire à peluches. Je vais tellement le chauffer qu’il va tout lâcher dans son pantalon comme un petit puceau de merde, ensuite on pourra mettre la vidéo en ligne sur un skyblog. Si avec ce genre d’humiliation il ne se casse pas je ne comprendrai pas.
Ensuite ont fusé des allusions toutes plus salaces les unes que les autres. Les copains de Clément l’ont regardé pour voir sa réaction, ils sont tous interdits devant son amusement, ce regard carnassier et surtout cet air de vainqueur qu’il n’avait jamais affiché jusque-là. Mais ce que ses amis et surtout cette bande de cons ne savent pas c’est que Clément a une botte secrète : son oncle Albert.
Tonton a toujours été présent et de bons conseils mais aussi c’est un mentor dans la vie de Clément permettant au jeune homme de s’évader du côté de Cesson-Sévigné quand cela ne va pas. C’est lors de l’un de ces séjours qu’il a récemment découvert la vie secrète de son oncle alors que celui-ci n'était pas là. Il a réussi à forcer la serrure d’une porte en chêne que son oncle n’a jamais ouvert en sa présence et quelle n’a pas été surprise lorsqu’il est tombé sur un véritable donjon comme il l’a déjà lu dans les récits érotiques sur XStory notamment. Des tas de jouets, ce qui a l’air de ressembler à des instruments de torture mais aussi plein de vidéos avec très souvent son oncle en héros ou en spectateur, c’est franchement hard et aussi très instructif. Le jeune homme a passé un peu de temps en bas avant de remettre la serrure pour mieux revenir plus tard apprendre toujours plus à chaque fois. Clément ne sait pas si son oncle sait pour ces intrusions, en tout cas il ne lui a rien dit jusqu'il y a peu.
Assis à la table basse du salon où Tonton a servi l’apéro il lui révèle qu’il sait pour son intrusion, la pièce est équipée de caméras. Son oncle aurait pu changer la serrure et mettre un boîtier à code mais il voulait que le jeune homme emmagasine ce qu'il pouvait en attendant qu'il soit prêt.
Il sait que le jeune homme est encore puceau mais ce soir ce ne sera plus le cas car il a invité une amie de longue date qui va lui faire découvrir la sexualité, le plaisir de donner mais aussi de recevoir, qui va lui apprendre à tenir pour être toujours plus endurant mais aussi à repousser ses limites. Il sait que son frère Régis n’est pas et ne sera jamais comme cela. Il a détecté chez le jeune homme un sacré potentiel que son oncle peut l’aider à développer s’il le veut bien.
Madelyne a été une formidable maîtresse car c’est avec la jeune femme brune d’une vingtaine d’années que le jeune puceau qu’il était a eu sa première fois. Comme le lui a promis son oncle, elle lui a tout appris puis son oncle lui a fait passer la barre supérieure durant l’été que le jeune homme a passé chez lui enchaînant les soirées dans la maison de son oncle ou dans des clubs privés où Tonton Albert s’est fait un plaisir de le présenter à tous ses amis. Clément sentait à cet instant comme tonton était fier de pouvoir partager ce choix de vie avec un membre de sa famille comme une sorte d’héritage familial. Cela n’a fait que les rapprocher encore plus.
Et donc Oregane va se brûler les ailes. Il la tient la carte qui peut changer toute sa vie et il n’est pas près de la lâcher. Le jeune homme l’a laissé faire ses manœuvres d’approche, faire celle qui s’intéresse à lui pendant que lui feint d’ignorer sa manœuvre comme tout garçon benêt qu’il est censé être devant elle. Il feint la surprise qu’elle veut faire le binôme avec lui pour le projet en anglais et doit aussi faire celui qui est tout content et heureux d’être invité chez elle au Chesnaye.
Le jour dit il sonne devant une belle bâtisse en pierre de taille dans un style bien breton, le genre de maison qu’il fera construire un jour pour lui et sa famille. La propriété qui est entièrement close se trouve à la sortie du lieu-dit, lui donnant un aspect très calme. L’intérieur ne manque pas de charme non plus avec un vaste double salon disposant de larges ouvertures sur le parc, de plus la partie basse semble aussi disposer d’une grande et vaste cuisine donnant sur un préau en belles pierres de granit, cela doit être bien pour les soirées d’étés. L’étage est très vaste avec diverses chambres, salles de bains, une salle de jeux avec un billard, un bureau ainsi qu’un accès au grenier.
C’est dans une des chambres qu’Oregane le fait pénétrer. C’est une pièce dans les tons jaunes, un jaune de Naples, une couleur assez claire. La fenêtre de la chambre donne sur un magnifique châtaignier en bordure de forêt. Un petit coup d’œil circulaire lui permet de voir exactement où se trouve la caméra. Totalement dans son rôle, il propose à la jeune femme de commencer à travailler tout en constatant qu’un ou deux boutons de son chemisier ont été défaits. Puis progressivement alors qu’il travaille, la jupe écossaise de couleur bleue de la jeune femme remonte peu à peu lui laissant voir qu’elle porte des bas auto-fixants. Là encore il fait semblant d’être pris sur le fait de la mater. Au bout d’un moment quand il estime que le jeu a assez duré, il se lève et se dirige vers la fenêtre comme s’il avait chaud, au passage il a déplacé certaines peluches pour cacher la vision de la caméra.
— Quelques chose ne vas pas Clément ? Tu as chaud ? feint de s’intéresser la jeune femme.
Le jeune homme qui est devant la fenêtre avec les mains dans les poches dos à la jeune femme décide que le jeu a assez duré et va jouer carte sur table :
— Oui effectivement il fait un peu chaud mais bon nous savons tous les deux que c’est toi Oregane qui fait monter la température, lui dit-il tout en la regardant d’un regard perçant.
La jeune femme désarçonnée se reprend :
— Comment ça ? Tu te fais des films Clément ! Ton imagination ou tes envies profondes te jouent des tours !
— Je ne crois pas non ! Depuis mon arrivée il y a très exactement quarante-quatre minutes, tu as déjà retiré trois boutons à ton chemisier mais bon je vais t’épargner de le retirer totalement sans parler de ta jupe qui est remontée d’environ dix centimètres me dévoilant allégrement que tu portes des bas dim-up de la marque Well. On continue comme cela ? Si je ne m’abuse tu sembles essayer de me chauffer mais ce sont tes tétons qui pointent depuis quelques minutes sous ton soutien-gorge, sans parler de ta respiration qui s’accélère et de la trace brillante que je vois poindre sur le haut de ta cuisse gauche. Alors qui est excitée dis-moi ? Dit-il tout en s’appuyant négligemment contre un des baldaquins de son lit.
— Quoi ! Mais non… non du tout… ce n’est pas… vrai du tout ! tente-t-elle pour reprendre la main.
Alors tout en s’avançant vers elle, il se place à sa hauteur et lui glisse tout bas à l’oreille :
— Quand on veut jouer, on s’assure de pouvoir rester maître du jeu et puis tu crois me connaître mais tu ne sais rien de moi. Tu crois savoir ce que c’est le sexe mais tu n’en as jamais effleuré ne serait-ce que l’extrémité du plaisir. Tu n’as aucune idée de ce que l’on peut ressentir quand deux corps en extase atteignent la quintessence du plaisir. Tu n’as jamais exploré les limites de ta sexualité comme moi je les ais explorés, termine-t-il tout en la regardant dans les yeux.
Pour la première fois, il y voit une fille qui n’a plus une seule assurance, voyant la partie complètement lui échapper. Le jeune homme tend sa main droite pour lui effleurer les cheveux puis descendre le long de sa mâchoire avant de la relever vers lui ancrant ses yeux verts dans ses prunelles bleues. Il emprisonne ses lèvres dans un baiser très exigeant où la jeune femme se laisse totalement porter. Pendant ce temps ses mains ont déboutonné son chemisier de façon experte et commencent à faire descendre la bretelle gauche de son soutien. Il va ensuite déposer une multitude de baisers sur son épaule puis descendre totalement son soutien-gorge avant de saisir fermement ses seins dans ses mains en la regardant dans les yeux. Il ne la lâche pas des yeux alors qu’il fait monter son plaisir rien qu’en triturant ses seins. Il est prêt à la porter à l’extase mais s’arrête juste parce qu’il le peut et un peu par vengeance. Il la colle ensuite contre la bibliothèque de sa chambre où sans la moindre hésitation deux de ses doigts passent sous la barrière de sa jupe, écartent son string et il lui enfonce directement deux doigts et commence à la ramoner avec dextérité et force. Ses cris commencent à bien raisonner sur les murs de ce pavillon de banlieue et puis ceux qui suivent à la cam n’ont peut-être plus d’image mais ils captent assurément bien le son. Cela le jeune homme sait en jouer amenant la blonde toujours plus proche de l’extase avant de l’en priver au dernier moment, d’autant qu’il a maintenant trois doigts enfoncés dans son puits des plaisirs, le pouce qui titille dangereusement son anus et son autre main qui triture méchamment l’un de ses seins. La jeune lycéenne majeure depuis quelques semaines seulement est totalement à sa merci, son regard se fait implorant et d’une voix presque chuchotée elle lui dit :
— S’il te plaît laisse-moi jouir.
Le jeune homme la regarde, lui sourit puis lui attrape le poignet avant de la pousser tête en avant sur le lit avant d’y monter à son tour. Il la place à quatre pattes à portée de voix de la cam et lui dit :
— Je veux t’entendre dire très distinctement ce que tu veux que je fasse !
— S’il te plaît fais-moi jouir avec tes doigts je t’en prie !
— Avec plaisir.
Il lui claque violemment par surprise sa fesse gauche avant de fourrer trois doigts dans sa chatte et un doigt directement dans le cul tout en tenant dans son poing ses cheveux. Elle pousse d’abord un cri de surprise avant de pousser des vrais cris de plaisir qui montent crescendo et cette fois il ne s’arrête pas et la porte jusqu’à la jouissance, ses cris résonnent dans cette maison heureusement vide à part eux tandis que ceux qui les écoutent en ont pour leurs frais.
Profitant qu’elle récupère de son orgasme, le jeune homme sort son pénis avant de le revêtir d’un capuchon de plastique puis avance son vit vers sa chatte mais sans la pénétrer. Elle regarde en arrière et admire son membre qui est plus long et gros qu’elle ne l’imaginait, elle lui donne son assentiment d’un signe de tête mais lui veut l’entendre :
— Dis-moi ce que tu veux là ?
— Je veux que tu me baises avec ta belle queue !
— Et tu la veux où ?
— Dans ma chatte ! vas-y met moi la bien profon…
Il ne lui a pas laissé le temps de finir que déjà il s’est enfoncé et commence à la ramoner avec force. L’image est d’un érotisme époustouflant avec lui qui a juste son jean légèrement entrouvert par lequel sort sa bite, portant toujours son col roulé noir et Oregane la jupe relevée sur son dos révélant des belles fesses blanches bien fermes, dont la chatte est distendue par la belle queue qui la perfore. Le tissu de la couette qui touche ses seins à chacun des allers-retours de son baiseur la rend complètement dingue. Clément gère parfaitement son rythme pour bien profiter de son orifice et la prendre comme il veut par derrière. D’abord les deux mains bien accrochées à ses fesses puis la laissant s’empaler d’elle-même tout en criant à pleins poumons son plaisir puis en la dominant totalement avec sa tête écrasée dans son coussin pendant qu’il va et vient. Enfin en la prenant en mode marteau piqueur alternant entre ses deux trous maintenant bien ouverts. Clément va jouir une première fois alors qu’elle a les deux mains bien à plat contre son baldaquin et lui juste derrière en train de lui défoncer l’arrière-train, jouissant sans retenue dans sa capote. Mais il n'en a pas fini avec elle, ses amis à elle n’auront qu’un court répit avant la reprise des hostilités.
Clément s’est bien amusé cet après-midi-là et Oregane a pris très cher mais elle a été pleinement satisfaite, les orgasmes qu’elle a eu doivent se compter en douzaine. Ils ont baisé partout dans sa chambre, sous la douche, le salon et Clément aura même eu le plaisir de sodomiser la fille du patron de l’usine où travail son père dans le lit parental.
Les copains le félicitent chaudement pour sa prouesse, ils ont comme les amis d’Oregane tout entendu depuis l’ordinateur de Servan à partir du groupe piraté. Sa réputation maintenant faite, tout a changé pour Clément, les mecs lui envient cette capacité au lit avec les filles et ces dernières rêvent de coucher avec le nouveau Don Juan du lycée.
Cela ne tarde pas puisque deux jours plus tard alors qu’il travaille tardivement à la bibliothèque, Gwenaëlle arrive jusqu’à sa table avec une excuse fallacieuse donnant une réponse très directe du jeune homme.
— Bon ne tourne pas autour du pot, on sait que tu n’as pas besoin d’aide en Math, qu’il y a personne dans cette biblio depuis environ une heure et puis tu as parlé à ta meilleure amie je suppose, donc c’est quoi la suite ?
Le jeune homme se renfonce dans son siège pour admirer la jeune femme se dévêtir jusqu’à ne plus garder que son string blanc avec des paillettes. Le jeune homme se montre tout aussi doué dans le quicky que dans les parties en l’air qui durent des heures. Gwen prit un pied monstrueux baisée sur cette table de la bibliothèque les jambes entourant ce si endurant mâle, il a entièrement juté sur son visage après qu’elle ait bien sucé. Il lui a juste laissé un paquet de kleenex avant de se tirer d’une façon totalement nonchalante.
Il est tout autant surpris de son succès mais ne s’étonne presque pas quand un jour du mois d’octobre alors qu’il prend sa douche au lycée après son jogging de fin de journée, juste avant de repartir réviser à la bibliothèque, il voit débarquer totalement nues les jumelles Le Floch. Clément se contente juste de profiter de sa bonne fortune. La double fellation des deux rousses est un pur délice qu’il n’est pas prêt d’oublier comme le moment où il est passé du cul de Liza à celui de Lara sans problème alors qu’elles lui tendent leurs fesses avec les mains écartant bien leurs globes fessiers.
Mais notre héros sait aussi partager avec ses vieux potes. Il invite donc un week-end les filles à Cesson dans la maison que son oncle lui a mise à disposition pour le week-end tout en lui demandant de faire bien attention à ce que personne ne trouve le donjon désormais protégé par un clavier à code. Clément a aussi invité ses trois amis et les règles sont claires pour les filles : pour de nouveau baiser avec lui, il faudra aussi se montrer très gentilles avec ses meilleurs amis. Aucun problème pour les filles, si ça se trouve les potes de Clément sont peut-être aussi des sacrés coups, bien vu de la part des filles. En amont de cette orgie, Clément avait demandé à Madelyne si elle voulait bien faire l’éducation sexuelle de ses amis. Avoir quatre mecs à sa merci, c’est une opportunité qu’elle ne pouvait pas refuser. Le jeune homme a bien eu raison après coup en voyant Mustapha et Servan se déchaîner dans les ventres des deux jumelles qui sont toutes heureuses de subir les assauts de deux mâles bien endurants et sachant exactement comment les faire monter aux rideaux. Lui, savoure la douce fellation d’Oregane au coin du feu, la jeune femme récupèrant de la double qu’elle vient de subir il y a quelques minutes. En revanche entre Youn et Gwen il semblerait que quelque chose soit né ce soir à voir la façon dont ils font l’amour dans l’un des fauteuils du salon, elle sur lui mais le baiser passionné qu’ils échangent est très tendre. A surveiller par la suite.
Le lendemain soir après le départ de tout le monde, le jeune homme raconte ses exploits de la nuit à son oncle qui est très captivé, mais après lui avoir resservi un autre Manhattan, il l’interroge :
— Bon j’en suis bien sûr très ravi, j’ai fait de toi une sorte de Dieu du sexe. Tu en as bien profité et bien fait profiter tes amis aussi, c’est bien la preuve de quelqu’un d’altruiste mais c’est quoi la suite ?
— Comment ça ? La suite de quoi ?
— Dis-moi mon cher neveu tu connais la phrase « Là où l’on trouve un grand pouvoir, on trouve une grande responsabilité. » ?
— Oui je crois que c’est dans Spider-Man de Sam Raimi sorti en juin, c’est l’oncle de Peter Parker qui l’a prononcé.
— Ce n’est que l’une des variantes, celle que je t’ai cité vient de Winston Churchill qui l’a prononcée en 1906. En gros ce que je veux te dire c’est que maintenant que tu as acquis un grand pouvoir et donc une certaine popularité, tu ne peux pas oublier la responsabilité qui t’incombe envers ta communauté. Ce que je reproche souvent aux politiques avec lesquels je travaille au quotidien c’est pour un certain nombre d’oublier d’où ils viennent ou alors ils font exprès d’oublier pour que les électeurs l’oublient, eux. Une fois au pouvoir, ils en oublient ceux à qui ils doivent tout. On n’est pas toujours d’accord sur tout et surtout il n’a toujours pas digéré d’avoir dû voter Chirac mais bon c’est pour la bonne cause. Quoi qu’il en soit ce que j’ai toujours admiré chez mon petit frère c’est sa force de conviction, il s’est toujours engagé pour les autres dès son plus jeune âge. Pour lui, un combat n’est jamais perdu tant qu’on a pas tout essayé, c’est dans l’adversité qu’il s’est construit et personne à part lui n’aurait pu obtenir tout ce que les employés de Saint-Michel ont eu. Je connais certains des dirigeants du groupe et je peux te dire qu’ils ont la flippe total quand ils doivent affronter ton père.
— Vraiment, papa fait si peur ?
— Oui ! Il a réussi quelque chose que même moi je ne réussirai jamais. En tout cas, il prendrait très mal s’il savait que son fils n’a rien fait pour les opprimés de son lycée alors qu’il en a le pouvoir.
— Comment tu veux que je fasse ? Je ne sais même pas par où commencer ?
— C’est à toi de trouver la forme de ton engagement, mais je te connais comme je connais ton père, tu vas faire de grandes chose mon neveu je le sens et crois moi sentir les bons coups c’est mon point fort.
Finalement c’est une discussion avec ses meilleurs amis qui va l’aider à y voir plus clair. Mus lui conseille de se rapprocher de l’une des candidates du conseil des élèves de l’école dont l’élection est prévue au mois de janvier : Alana Le Goff.
La réunion a lieu dans l’arrière-salle du café des parents de Servan situé rue Henry Kerfant.
La jeune femme est d’abord plutôt sceptique quant à leurs propositions :
— Attendez, vous croyez que parce que vous avez acquis une nouvelle popularité, surtout parce que vous êtes les nouveaux tombeurs du lycée, vous pensez pouvoir arriver comme un cheveu sur la soupe et d’un claquement de doigt réussir ce que d’autres n’ont jamais réussi.
— Alana, commence à lui répondre Clément, j’ai conscience qu’effectivement c’est super léger mais ce n’est pas parce que personne n’a réussi, que nous on ne doit pas essayer et surtout le faire. On a étudié chacune des élections des vingt dernières années et si jamais aucun membre des « quartiers moins favorisés » n'a pris le contrôle du conseil, c’est parce qu’ils y sont toujours allés en ordre dispersé. Ce que je te propose ce n’est pas que de gagner une élection, ce que je propose c’est d’installer une aire nouvelle à la Trinité, de changer la donne. Pas simplement d’améliorer les choses mais de renverser la table et de changer les règles. Ce n’est pas parce que l’on a pas eu les bonnes cartes à la naissance que notre destin est déjà tracé, c’est nous par nos choix qui prenons en main notre histoire.
— Whaouw, pas mal tu sais que tu ferais un très bon politique ! Après, le problème que l’on peut se poser c’est votre légitimité pour mener ce combat sachant que vous n’avez jamais depuis votre arrivée à la Trinité été à la pointe du combat, vous avez toujours été comment dire « dans votre coin ».
— Je sais que ma légitimité est plutôt limitée mais je la tire de tous les combats que mon père a menés pour de meilleure condition de travail, de meilleurs salaires, contre la précarité mais surtout pour l’égalité et un traitement équitable propre à chacun. Tous le savent et je compte marcher dans les pas de mon père même si ce n’est pas moi qui mènera cette campagne, c’est toi Alana. Si j’étais élu président du conseil ce ne serait que pour un an alors que toi qui est en seconde tu as le temps de t’inscrire dans la durée, d’appliquer ton programme pour améliorer les choses et puis Mus a largement vanté tes mérites, pour lui tu es la candidate idéale. Nous on va s’assurer juste de mettre une sacrée pagaille dans les rangs adverses, tout en mettant nos troupes en ordre de bataille.
— Ah oui il a dit ça Mus ? lui répond-elle tout en rougissant légèrement.
Tiens, le principal intéressé rougit lui aussi, il y a peut-être anguille sous roche, à creuser là aussi.
— Bon on va organiser une rencontre et on va voir s’ils décident de vous suivre, la balle est désormais dans votre camp conclu la future candidate
La rencontre est finalement organisée dans l’espace naturel du Champ de Tir au sud Goarnéden à sept kilomètres de Guingamp. C’est là, alors que tombent les premières neiges en ce samedi matin de novembre, dans une clairière d’où filtrent les rayons du soleil au milieu de cinq chênes que Clément va tenter de convaincre ses camarades de se rallier à sa cause.
La veille au soir alors qu’il prépare avec les gars et Alana son discours, Youn a l’idée de mettre en route Eye of The Tiger du groupe Survivor issue de la bande originale du film Rocky III, pour l’inspiration comme il dit :
Don't lose your grip on the dreams of the past, you must fight just to keep them alive.
Il doit continuer à se battre pour maintenir ses rêves en vie, il ne doit pas lâcher prise. Pour lui, pour ses amis, pour les autres.
It's the thrill of the fight, rising up to the challenge of our rival.
L’excitation est en train de monter, il est prêt pour le combat de sa vie, il est prêt à affronter ses rivaux, leur faire payer toutes ces années, rétablir l’équilibre.
Rising up, straight to the top, have the guts, got the glory, went the distance, now I'm not gonna stop, just a man and his will to survive.
Il est prêt à les mener vers le sommet, c’est dans ses tripes, le chemin de la gloire est devant lui et il n’est pas près de s’arrêter. Il est juste un homme mais sa volonté elle est surhumaine, il est prêt à franchir des montagnes au pas de charge.
Il est donc là au milieu de sa centaine de camarades, il va les persuader, pas seulement les convaincre mais tout simplement les persuader que c’est à l’unisson qu’ils briseront les murs qu’on a dressés devant eux :
— Chaque année, nous sommes de plus en plus nombreux à la Trinité, pourquoi devrions nous avoir peur des « biens nés » ? Ils ont le dessus sur nous parce qu’on n’a jamais su se fédérer, combattre ensemble les uns pour les autres. Ce qu’il nous faut c’est une étincelle, juste une étincelle que je compte bien provoquer pour renverser la table. Le jeu a toujours tourné en notre défaveur, à nous de changer les règles du jeu et de reprendre notre destin en main. C’est du nombre que vient notre force alors utilisons cette force pour les submerger. Ils s’enorgueillissent de toujours contrôler le conseil de l’école, nous allons les battre à leur propre jeu et leurs prouver que nos vies et nos voix comptent aussi. Le Cross de la Trinité fait leur fierté parce que c’est toujours un membre du Chesnaye qui l’a remporté depuis cent quatorze ans alors moi je vous dis, enfants de Farven, de la Madeleine, de Castel-Pic et de Kemado, cette année nous changeons l’histoire car c’est l’un des nôtres qui va la gagner. Aujourd’hui nous ne sommes que des groupes isolés, demain nous serons une armée ! Ils ont passé des années à nous diviser pour régner mais nous avons ici dans cette clairière les plus grands esprits de ce début de XXIème siècle, ceux qui demain feront la fierté de la Bretagne et de la France, alors à notre tour de les diviser pour gagner. Alors je ne veux entendre qu’un seul mot à ma question, êtes-vous prêt à me suivre sur le chemin de la victoire ?
Son dernier mot fut noyé par une marée de oui, il avait initié quelque chose et il avait hâte de découvrir ce qu’il allait en résulter.
Il fallait en premier lieu passer un message clair, car la politique c’est avant tout de la communication, pour rallier et transmettre la bonne parole. Ce message ce sont les brutes de Yannick Hamon, Corentin Ollivier et leurs acolytes qui les ont indirectement transmis.
La consigne était claire, il était nécessaire de les attirer du côté de la prairie des quatre vents à Grâces où tout un comité d’accueil les attendaient. Toute sortie leur est interdite car un cercle s’est formé autour d’eux. Au centre du cercle c’est Youn si souvent victime de harcèlement qui s'avance pour s’exprimer :
— C’est terminé, nous n’allons plus nous laisser faire. Terminé les violences, les rackets, les intimidations et les brimades. Il est temps que la peur change de camp.
— C’est toi et tes petits copains qui allez nous faire peur peut-être, lui répond Corentin.
— Non ce n’est pas seulement moi et mes quelques copains mais nous tous !
A la stupeur des petits voyous, un deuxième, un troisième et un quatrième cercle se forment autour d’eux.
— Vous êtes neuf mais nous sommes cent quarante-huit et demain nous serons encore plus. Nous allons prendre des coups mais vous plierez sous le nombre, vous servirez d’exemple pour ceux qui tenteront de s’en prendre à nous. Ceci est un message pour tous ceux qui sont victimes de gens comme vous, on est là et on sera toujours là. S’en prendre à l’un de nous, c’est s’en prendre à nous tous. Attaquez vous à l’un de vous et nous mèneront des actions punitives jusque devant chez vous. Vous ne serez plus tranquille nulle part, préparez-vous à vivre toute votre vie en regardant derrière votre épaule, à vous demander d’où viendront les coups. Alors chères sœurs et chers frères, à vos armes.
Sous les yeux ahuris des neuf, toutes sortes d’armes sont sorties : battes, club de golf, pelle, pioche…
— Non mec ! T’es pas sérieux on fait rien de mal ! On voulait juste rigoler un peu, implore presque Yannick, je te jure on le fera plus !
Acculés de toutes parts face à des élèves déterminés, ils se mettent à genoux et implorent la clémence. C’est Servan qui reprend la parole :
— Si vous voulez notre clémence, répandez le message « plus un seul d’entre nous ne se laissera faire, c’est terminé ! Si des impudents tentent quoi que ce soit, il y a aura des représailles », de toute façon on a tout enregistré et filmé. Le message sera transmis que vous le vouliez ou pas.
C’est ainsi qu’ils quittent la clairière tous très fiers de cette aventure commune, ils n’avaient de toute façon pas vraiment besoin de la violence. Une des élèves du groupe dont le père est professeur de self-défense lui a expliqué que la base d’une stratégie de défense au-delà du nombre c’est l’impact psychologique. Il suffit d’en convaincre un seul que toutes attaques est inutiles pour convaincre les autres.
Ensuite il faut mettre en place leur stratégie pour conquérir le pouvoir. La stratégie de Clément est de diviser les groupes adverses en semant la discorde et la désharmonie. Une méthode appliquée à la lettre par ses équipes qui forcent les groupes MSN ou Caramail des « biens nés » afin de récupérer toutes sortes de ragots et de trahisons en tout genre. L’alliance du secteur de Runiou avec Ploumagoar tombe à l’eau quand son leader Evan Richard apprend que sa petite amie Nolwenn l’avait trompé avec Kilian Le Borgne l’un des chefs de Ploumagoar. Par moment ce sont des histoires montées de toute pièces qui leurs permettent de semer la zizanie avec un colportage très précis et ciblé empêchant ceux qui auraient été tenté de retrouver la source de le faire. De fin novembre jusqu’au dernier jour de janvier 2003, l’équipe continue à distiller « leur venin » mais ils ne font qu’appuyer sur des failles déjà existantes pour que tout s’écroule comme un château de cartes.
Le 28 janvier à midi, les résultats sont annoncés par le directeur d’établissement :
— Bonjour à tous chers élèves, voici les résultats du dépouillement de vos votes pour l’élection du conseil des élèves dont je rappelle les rappelles les règles. Comme dans toute élection à la proportionnelle, la liste arrivée en tête remporte automatiquement la moitié des sièges. Les sièges restants sont attribués en fonction des scores de chacune des listes. Sans plus attendre, sur la base des huit cent trente-quatre bulletins exprimés. La liste arrivée en tête et qui remporte la moitié des sièges est celle de Trinité Ensemble d’Alana Le Goff suivie par…
La suite de l’allocution n'est plus audible car c’est un vrai vacarme qui se fait entendre tel le son de la fureur, des centaines de cris de victoire mais aussi de soulagement et d’espoir. Ce n'est pas seulement une victoire mais un vrai raz de marée, la liste d’Alana a laminé la concurrence éparpillée façon puzzle. Ils ont remporté l’élection avec soixante-douze pour cent des suffrages, leur premier poursuivant ne recueillant qu’à peine neuf pour cent. C’est donc une véritable cohorte qui fait son entrée au conseil de l’école. Régis et Gaëlle Gicquel n’ont jamais été aussi fiers de leur fils que le jour où ils le voient prendre ses fonctions de vice-président du conseil des élèves de l’école la Sainte-Trinité. Ils le trouvent quand même un peu fatigué, probablement le stress de la fonction qui a dû l’empêcher de dormir. En fait c'est juste la méga fête organisée à Cesson et qui a fini plus tard en méga partouze pour fêter leur victoire.
La vie a clairement changé au lycée avec leurs victoires, un souffle nouveau fait d’espoir et de bonheur s’est répandu et le printemps approchant, c’est aussi la saison de la drague et du badinage qui va reprendre. Mais pour nos acolytes une dernière mission en dehors de l’obtention de leur Bac doit être réussie : s’emparer du trophée Emile Depasse (du nom d’un homme politique né à Guingamp en 1804) qui est décernée chaque année au vainqueur du Cross de la Trinité le lendemain de la fête du Travail.
En ce matin du 2 mai, le groupe a choisi son champion, celui qui doit porter au plus haut ses espoirs, au moment où les coureurs se préparent, ils peuvent entendre au loin le commentateur de la course :
— Bienvenue ici au stade du Prieuré de Guingamp chers parents d’élèves, chers professeurs et chers élèves pour ce cent quinzième Cross de la Trinité organisé pour notre vénérable établissement, l’ensemble scolaire de la Sainte-Trinité de Guingamp. A la fin de la course notre directeur monsieur Yvon Stéphan remettra le trophée Emile Depasse qui verra le grand vainqueur avoir l’infini honneur de voir son nom être gravé en dessous des cent quatorze illustres vainqueurs de cette course ouverte aux élèves nées entre 1983 et 1987.
Les coureurs partiront de la ligne de départ, ils opéreront un premier demi-tour de stade avant d’enchaîner sept tours et s’expliqueront au bout de cette longue ligne droite après trois milles mètres d’efforts. La grande question d’aujourd’hui est : est-ce que le double champion en titre Loig le Gall va réussir le triplé pour sa dernière participation ? Mesdames et messieurs préparez-vous la course va partir. 1-2-3 feu c’est parti !
Les coureurs s’élancent, chacun essayant de se placer au mieux. Le plan imaginé par Clément se met en place.
— Clément Gicquel, le vice-président du conseil des élèves se place tout de suite en tête pour imprimer le tempo, dans sa foulée se sont placés ses fidèles acolytes Youn Mahé, Mustapha Kemal et Servan Gautier, juste derrière ce quatuor nous avons dans l’ordre Malo Thomas, Morgan Riou, le double champion en titre Loig Le Gall puis…
Clément va continuer d’imprimer le tempo pendant les cinq tours qui suivent et à l’entame du sixième :
— Accélération brutale de Gicquel qui semble lancé beaucoup trop tôt, le rythme est trop soutenu pour de nombreux coureurs qui décrochent. Attention Mahé et Kemal sont partis dans la foulée de Gicquel, les trois hommes viennent de s’isoler en tête tandis que derrière eux Gautier mais aussi Erwan le Guen et Titouan Morin (deux autres membres de leur groupe) se maintiennent en tête et se contentent de maintenir le tempo tandis que Gicquel, Mahé et Kemal s’échappent toujours plus. Cela n’a pas l’air de faire plaisir à Le Gall qui tente d’attaquer pour s’extirper du groupe de poursuivants et oh non ! Chute dans le groupe. Il semblerait que Riou en tentant de démarrer en même temps que Le Gall se soit accroché à Gautier qui en tombant à entraîné le double champion dans sa chute. Loig repart tant bien que mal mais son écart semble immense. D’autant que devant Gicquel après avoir produit son effort vient de laisser partir Mahé qui a entraîné Kemal derrière lui.
Le plan fonctionne parfaitement, Clément qui termine en roue libre voit Loig passer devant lui à la limite de la rupture et il décide de se caler sur son rythme. Il y a peu de chance que Loig rattrape ses deux amis et comme prévu cette course va couronner le champion qu’ils ont choisi. Le plan de Clément est simplement de faire une course d’équipe comme le font les coureurs kényans ou éthiopiens de demi-fond avec un coureur désigné.
— Qui va gagner entre Mahé et Kemal à l’entame de ce dernier tour, Mahé accélère encore il regarde derrière lui à hauteur de Le Gall et Gicquel, regarde ensuite Kemal et incroyable le jeune homme s’écarte. Kemal va s’envoler vers la victoire c’est désormais certain, Youn Mahé va assurer la deuxième place. Attention quelle bataille pour la médaille de bronze entre Le Gall et Gicquel. Ce dernier jette ses dernières forces dans la bataille, Le Gall est clairement dans le rouge, Gicquel va probablement le gicler sur la ligne, non le double champion explose complètement face au rythme de son adversaire qui le dépose littéralement avant même la dernière ligne droite. Le vice-président du conseil des élèves peut savourer sa superbe année alors que le stade est debout et acclame le père de ce que tout le monde appelle ici « la révolution des sans-grades ». Le voilà qui franchit la ligne, il est accueilli par ses deux amis qui ont fait un et deux pour assurer un fantastique triplé. C’était vraiment la plus belle course de ses vingt dernière années. Mustapha Kemal fait un magnifique vainqueur. Les trois sont rejoint par Servan Gautier pour une célébration pleine de panache. Les trois portent en triomphe Kemal et le présentent à la foule en délire.
Voilà la présidente du conseil des élèves Alana Le Goff qui vient les féliciter. Eh bien si nous nous attendions à cela, Mustapha Kemal le tout nouveau champion du Cross de la Trinité échange un tendre baiser avec la présidente du conseil des élèves, ce qui a tout l’air d’une officialisation.
Clément crie sa joie avec tous ses camarades puis se tournant au loin il aperçoit ses parents et tonton Albert qui sont encore plus euphoriques que lui. Il est tellement heureux d’avoir rendu cette fierté à sa famille, eux qui ont tant fait pour lui, le clin d’œil de tonton Albert en dit long sur ce qu’il pense. Le jeune homme regarde sur la gauche et c’est comme si il pouvait voir a quelques mètres de lui les quatre gamins paumés et harcelés qu’ils ont été. Le Clément du passé lève son pouce en l’air comme pour le remercier de ce qu’il a fait, ils ont parcouru un tel chemin pour en arriver là c’est vertigineux. Un nouveau coup d’œil à droite et il peut voir l’avenir qui l’attend :
Brasserie Servan à Table, Guingamp.
Vingt ans plus tard.
Huit amis dînent tranquillement dans ce restaurant étoilé de la Place du Centre, on y retrouve Clément et son épouse Salma avec autour d’eux le propriétaire du restaurant, son plus ancien ami Servan et son épouse Florence qui gère sa comptabilité, Youn et Gwen (la petite idylle de Cesson s’est bien confirmée par la suite avec un mariage et un troisième enfant à venir). Puis enfin Mustapha et Alana, c’est justement elle que l’on fête ce soir.
— Levons tous notre verre, commence Youn, à madame la députée. Toutes mes félicitations pour la loi qui porte désormais ton nom, donc vive la loi Kemal.
— Merci Youn et merci à tous, mais sincèrement cette loi elle aurait dû porter votre nom à tous les quatre et surtout toi Clément. Parce que cette loi qui s’attaque enfin au fléau du harcèlement scolaire c’est à toi que je la dois. Tu m’as inspirée cette flamme il y a vingt ans qui aujourd’hui encore brûle en moi. C’est ton combat qui a permis de sauver des tas de personnes et de familles. Tu sais combien de courriers d’ancien élèves de la Trinité qui aujourd’hui nous remercient et combien me disent que leurs enfants sont heureux dans notre ancien lycée ? Des centaines. C’est parce que à ton niveau tu as fait quelque chose que moi je peux le faire aujourd’hui au national.
— Merci ma chère Alana, cela me touche énormément, lui répond Clément, mais si il y a de forte chance pour que tu deviennes la nouvelle ministre de l’Education Nationale c’est que toi aussi comme moi un jour tu as pris ta part et tu as très bien fait les choses. Je n’ai fais que donner corps à la recommandation de mon oncle : « Là où l’on trouve un grand pouvoir, on trouve une grande responsabilité. »
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Ced67220
11 janvier 2024 à 15:24
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StanJR23
22 décembre 2023 à 06:51
Extrait Philippe, papa je peux avoir du jus d’orange ?

La fougue prend vite le dessus, leur passion trop longtemps retenue se déchaine, les vêtements sont retirés à la hâte, presque arrachés. Ils ne peuvent attendre les préliminaires, ils vont faire l’amour là contre le mur de l’entrée. Philippe relève le bas de sa robe pendant que Flora baisse légèrement son pantalon et son boxer pour le découvrir dans toute sa splendeur. Il lui écarte sa petite culotte et s’enfonce dans une moiteur brulante et commence à l’aimer comme il se doit. La jeune femme passe ses mains dans ses cheveux et l’attire à elle pour un baiser enivrant qui est tout autant un besoin impérieux qu’une nécessité pour cacher le cri de leurs passions, il ne faut pas réveiller Pierrick non plus.

En ligne aujourd’hui
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StanJR23
21 décembre 2023 à 07:39
Extrait Philippe, Papa je peux avoir du jus d’orange :

- Il n’est rien arrivé non ? Et puis qu’est-ce que tu veux que cela me fasse ? Ce gosse me pourrit la vie depuis sa naissance ! Pas fichu d’être normal comme tous les autres gosses ! Je n’ai pas voulu d’un enfant comme ça !

- Comment tu peux parler comme ça de ton fils ? C’est notre fils, c’est notre sang on doit l’aimer comme il est, sans condition aucune. C’est notre rôle de parents de le protéger et de veiller sur lui. On doit l’accepter tel qu’il est, c’est comme ça. Je parie que tu as encore vu ta copine Cassandra, celle qui ne supporte pas les enfants et encore moins ceux qui sont différents. Laisse-moi deviner elle ne voulait pas de Pierrick chez elle, c’est bien ça ?

- Il faut la comprendre, elle et son mari viennent d’acquérir des meubles qui arrivent tous droit d’Italie et qui valent très cher. Tu sais aussi bien que moi que ce gosse ne fait attention à rien.

- Ce gosse, comme tu dis, avait besoin de sa mère aujourd’hui et pas d’une inconnue mais tu n’en as eu que faire. Il y en a toujours eu que pour toi, tu es d’un tel égoïsme Géraldine c’est hallucinant.
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StanJR23
20 décembre 2023 à 07:07
Bonjour, un très grand merci aux près de mille lecteurs qui ont déjà lu Oregane, Tall Boy. Comme toujours j’en profite à deux jours de sa sortie pour vous parler de Philippe, Papa je peux avoir du jus d’orange ?
Si vous devez ne lire qu’un de mes textes sur cette saison, je vous conseillerai celui là. Il traite d’un sujet souvent peu abordé au cinéma ou dans les séries, la vie d’un enfant autiste et surtout ce que c’est d’être et ce que cela implique d’être parents d’un enfants autiste. C’est un magnifique récit qui m’a fait pleurer à l’écriture notamment par la force du message qu’il délivre.

Nous retrouvons dans cette épisode qui de essentiellement en région parisienne notamment dans le Sud parisien, le personnage de l’agent immobilière Flora vu dans la saison 1.

J’espère vous y retrouver nombreux.

J-2
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Monsieur Plume
18 décembre 2023 à 20:35
Encore un thème fort et traité avec justesse. Cette saison réserve bien des surprises et une galerie de personnages tous plus intéressant et attachants les uns que les autres. Bravo !
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OlgaT
18 décembre 2023 à 17:13
Encore un très beau texte, qui donne un éclairage fort sur un sujet fort, celui du harcèlement scolaire.
C'est une belle leçon qui est ainsi donnée aux harceleurs.
Bravo aussi pour les personnages décrits, qui ont un sacré tempérament, dans tous les sens du terme, y compris dans l'intimité
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