Réel
Gays
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Barcode — Chapitre 2
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Barcode
Chapitre 2
Le vendredi soir, je me présentais au Barcode un peu avant l'ouverture, il y avait une sorte de casting pour les « volontaires », peut-être les proprios voulaient-ils s'assurer qu'ils répondaient bien aux « normes » en vigueur, là comme ailleurs ne faisait-il pas bon d'être trop différent ?
Nous étions quatre en tout, ils nous demandèrent de nous désaper entièrement, ce que nous fîmes. J'étais déjà en érection, je l'avais d'ailleurs été pendant tout le trajet depuis chez moi jusqu'au Barcode, et je l'avais été toute la journée qui précédait ce trajet... Autant dire que, pour être net, j'avais dû changer de sous-vêtements et me « rafraîchir » plus d'une fois dans les heures précédentes. Je m'étais aussi rasé les bourses et franchement raccourci la toison pubienne, sur les conseils de mon mentor à roulettes.
Comparé aux autres gars, j'étais effectivement « hors-milieu », comme il me l'avait dit. Pas musclé sec, pas musclé du tout d'ailleurs, petite bite, cheveux plus longs et je n'avais pas non plus aux lèvres ce sourire conquérant et réjoui à la perspective de l'orgie qui se profilait... J'étais gauche, crispé, le rouge aux joues et, paradoxalement, je priais secrètement pour ne pas être sélectionné.
Évidemment, nous fûmes sélectionnés tous les quatre, après avoir été tripotés chacun pour le plus grand plaisir apparent des proprios du bar...
Sans que nous ne nous rhabillâmes, ils nous amenèrent à l'entrée, derrière le sas, et nous attachèrent les poignets et les chevilles aux anneaux fixés au mur, nous avions les jambes légèrement écartées et les poignets au-dessus de nos têtes, nous étions très proches les uns des autres, au point de pouvoir se toucher des coudes. Chaque client qui entrait passait forcément devant nous et, attachés comme nous l'étions, nous ne pouvions bien évidemment rien masquer de notre anatomie.
Non seulement nous ne pouvions rien masquer, mais en plus, dans cette position, les clients pouvaient nous tâter de tous côtés, et ils ne s'en privaient pas. J'étais tendu comme une arbalète, chaque contact me faisait sursauter. Lorsqu'ils s'attardaient sur mon sexe, mes fesses, mon trou de balle ou qu'ils se croyaient obligés de me triturer les tétons, j'étais pris de secousses incontrôlables, qui se terminaient en râles lorsque les « caresses » se faisaient douloureuses.
Mes compagnons étaient moins démonstratifs, mais s'arc-boutaient et faisaient en sorte de faciliter les explorations, alors que moi je tentais de me soustraire comme je le pouvais - c'est-à-dire que je ne le pouvais pas ! - et je n'avais comme ressources que mes ruades pour évacuer mon stress et ma peur panique.
Cela avait l'air d'amuser les clients, qui revenaient de temps en temps de la salle pour contempler mon spectacle.
Parfois, peut-être pour accroître mon malaise, ils se plaquaient contre moi et me roulaient des pelles auxquelles je ne pouvais me soustraire. Ils m'aplatissaient les bras déjà attachés contre le mur, m'écartaient encore plus les jambes d'un coup de genoux et me malaxaient les parties tout en me labourant les lèvres de leur barbe mal rasée. Cela aurait pu être excitant si je n'avais été aussi paniqué à l'idée de ce qui pouvait suivre, là je suffoquais, je m'étranglais, mon cœur battait la chamade, je n'avais qu'une pensée : que tout finisse au plus vite. En même temps, je ne demandais pas à être détaché pour renoncer et rentrer - comme les proprios du bar nous avaient dit qu'on pouvait le faire - de crainte de passer pour un velléitaire.
Et puis, quelle importance de passer pour tel devant des gens que je ne reverrai sans doute jamais ?
Il ne me sembla pas être le plus crayonné de rouge à lèvres et lorsque les proprios du bar firent le décompte devant les clients je soupirais de soulagement à me savoir en dernière position.
Le gars qui arriva en tête, un mec plutôt jeune, fut détaché et se dirigea vers la scène sans se faire prier. Étant dernier et donc non "sélectionné", j'attendais d'être détaché à mon tour pour pouvoir rentrer dare-dare chez moi. J'avais « présumé de mes forces », fantasmé être l'objet d'un abattage était une chose, l'être réellement en était une autre... Les rudes « préliminaires » infligés lors de la « sélection » par les clients me faisaient craindre le pire pour après.
De la salle et de la scène parvenaient des clameurs, ils devaient bien s'amuser. Les gars du bar avaient accompagné le jeune, j'attendais que l'un d'eux revienne pour me détacher, à moins que ce ne fût le barman qui s'en chargeât ?
Le temps passait, de la salle provenait toujours des cris, des sifflements, des râles, mais personne ne venait nous détacher. De temps à autre des clients revenaient vers nous, se frotter, nous caresser (nous triturer devrais-je dire), nous sucer, nous masturber, nous explorer encore et encore, je ne compte plus le nombre de doigts que l'on me mit dans l'anus ce soir-là, et ceux que l'on tentât de me mettre dans la bouche juste après.
Au bout d'un long moment, une voix couvrit tout le tumulte : « On remercie Guillaume pour sa participation et on l'applaudit bien fort ! », c'était un des gars du bar qui avait pris le micro, annonçant la fin de la « prestation » du jeune qui était allé sur la scène.
Les deux « gardiens » du bar revinrent vers nous et détachèrent le deuxième gars, qui s'en alla aussitôt vers la scène lui aussi...
C'était donc cela... On allait tous y passer... J'eus un sursaut d'angoisse d'avoir mis autant de temps à comprendre, j'eus presque un accès de peur panique à l'idée que j'allais moi aussi « passer à la casserole », je regardais les gars en face de moi... Non, ce n'était pas possible ! Je n'avais rien à voir avec eux ! Ils venaient là pour baiser, pour baiser sans retenue et sans la moindre considération pour leurs « partenaires », et moi j'étais dans la position de la proie, la proie devant laquelle ils se pourléchaient les babines.
Mon cœur battait la chamade, j'essayai de contrôler ma respiration, je fermais les yeux. « S'adapter ou mourir », telle était la devise grandiloquente et aussi dénuée de nuances que tous les battants se répétaient sans cesse, moi, là-dedans, j'allais être le battu...
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