Histoire bizarre : Clarisse et Antoine
Chapitre 1
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✦ DimStaknov Histoire bizarre : Clarisse et Antoine XSTORY
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
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Histoire bizarre : Clarisse et Antoine — Chapitre 1

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DimStaknov
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Histoire bizarre : Clarisse et Antoine

Chapitre 1

J'aime Clarisse. Clarisse en aime un autre. Cet autre, Antoine, je le considère comme mon frère ; notre amitié est profonde comme est vif, vivement douloureux, l'amour que je porte à Clarisse. J'ai connu Antoine dans un camp de vacances. A la nuit tombée lorsque les ténèbres furent prêtes à déborder la coupe du petit paysage de montagne, nous avons éventré nos tentes dans une renaissance secrète, et, silhouettes serties par l'éclat froid des étoiles, nous avons dormi côte à côte, avec pour oreiller les touffes d'herbes fraîches, pour visage l'eau fugace de la rivière.
Clarisse est fraîche comme la rivière argentée. Ses joues rougissent vite lorsqu'elle court ou lorsqu'elle peine à masquer son émotion. Ses bras sont mous, son corps est démusclé, elle est pourtant fine et menue, galbée. Elle dispose de cette force insoupçonnée qu'octroie la jeunesse, et sa beauté ne reconnaît d'autres contours, d'autres tracés que ceux de sa pleine santé. En témoignent ses seins dressés vers l'avenir, que j'ai secrètement admirés lorsque par certains matins de printemps, tandis que les heures de classe devenaient plus vagues et plus floues, s'étiolant dans une fin d'année de paresse, elle arborait un débardeur blanc outrageusement échancré. Elle arrivait en retard, échevelée, essoufflée, les joues rougies par la course.
Et mes yeux ne savaient où se poser, car j'hésitais entre le temple profond de ses pupilles, sa gorge souple, ses lèvres boudeuses, altières, ou bien, la douleur me revient à mesure que j'y songe, ou bien la fine ligne noire de son pendentif, qui traçait une frontière impudique à travers la chair pure, tendue verticalement sous le poids du collier, et qui se frayait difficilement un chemin jusqu'à la naissance de ses seins, difficilement maintenus l'un contre l'autre par la partie rigide du débardeur ; une partie en dentelle blanche, imprimée de motifs floraux, structurée comme peut l'être un soutien-gorge. Le pantalon en lin que portait Clarisse était ample.
Clarisse vouait un culte à la littérature la plus cérébrale, sans réellement aimer lire. Elle passait de longues heures rituelles à feuilleter Faulkner, René Char et Claude Simon, sans absorber la moindre goutte de ce breuvage trop amer. Sur ce point, je me situe à l'exact opposé. Je lis peu, et mes ambitions sont très modestes, circonscrites à deux ou trois livres en tout. En revanche, ces livres, il me les faut lire et relire une dizaine de fois, les ingurgiter, les remâcher, marquer des pauses quand la nausée s'esquisse, jusqu'à ce que je puisse terminer la phrase, avant l'auteur lui-même.
Le canapé ressemble à un vieux buffle endormi au soleil, nous nous y prélassons. Une mèche brune tombe sur l'œil de Clarisse, qui la dégage d'un geste lent et doux. Sa bouche est fermée, son œil attentif. Antoine est là, lui aussi. Ses bras sont nus, musclés par l'exercice constant de ses facultés naturelles. Le côté de son bras effleure le sein de Clarisse. Tous deux doivent éprouver le contact de l'autre, comment pourrait-il en être autrement ? Ils ne disent mot, pourtant. Je les observe du coin de l'œil, épieur soigneusement séparé de la scène.
Je m'éclipse. En passant devant Clarisse, qui ne lève pas la tête de son livre, j'imprime sur ma rétine l'image du débardeur blanc, de la chair élastique, soyeuse, du sommet de ses seins, surface émergée et libérée. Pendant un instant, je m'imagine faire irruption dans sa chambre, discrètement subtiliser un vêtement, culotte, soutien-gorge, pull, chaussette, peu importe, et laisser libre cours à mes plus sombres désirs.
Mais le courage me manque, je ploie déjà sous la culpabilité, je gagne la salle de bain les mains et les poches vides.
Clarisse porte une longue robe d'époque, avec un décolleté carré, une perruque, et sa traîne emporte des herbes et des fleurs, et il y a même un copeau de bois humide de soleil, une pierre séchée par le vent, les frondaisons éclatent et le ciel noir gronde, alarmé par le vent d'orage. Je suis un prince russe mélancolique, les lèvres de Clarisse. Je discours sur la métaphysique en rêvant d'un duel funeste, les lèvres de Clarisse. Elles appellent les miennes. Je dépose un baiser qui grouille sur sa gorge comme une abeille, je coiffe ses lèvres d'éternité.
Clarisse a mille ans. Son corps perclus de douleurs gît dans un lit épais et tiède. Les remugles passent dans la chambre close, qui sent le renfermé. Je lave ses pieds, ses chevilles fines. J'embrasse son front. Et l'histoire que je lui lis les yeux fermés, dans un vieux bouquin écrit dans une langue que je ne connais pas, est la plus belle et la plus émouvante de toutes les histoires. Les décors et les époques changent, bougent aussi vite que les galaxies, mais Antoine, Clarisse et moi sommes là à chaque page.
Le lavabo se remplit d'eau, et avant qu'il ne déborde, j'ai sorti mon sexe du pantalon et je l'ai étranglé jusqu'à l'orgasme. Ma queue est minuscule, composée d'un unique gland épaté. Je pousse un râle de plaisir en sentant la semence activer les millions de nerfs, et je crache dans ma main en me cramponnant au meuble, assailli par les fulgurances de plaisir vif.
Le sperme s'écoule avec l'eau.
Lorsque je regagne le salon, Antoine et Clarisse s'embrassent, la blancheur de leur peau jure sur le crin noir de la bête réveillée.
Le lendemain, nous jouons au foot. Clarisse nous encourage, Antoine et moi. Elle a attaché ses cheveux en une queue-de-cheval et crie depuis le bord du terrain. Tels deux héros grecs, nous nous élançons ; le faux soleil décolle sous la frappe sèche et le gardien abattu rumine son impuissance.
Le soir, je repense à ces scènes, et il me vient l'envie d'écrire, de lire, d'étudier jusqu'à plus soif. Entrer à HEC, Polytechnique, peu importe tant que je me remplis suffisamment les poches pour pouvoir assurer à ma future femme et à mes enfants une vie de tranquillité et de luxe. Je songe à l'amour, à cette femme fidèle, douce. Elle serait tendre comme ma mère, mais vigoureuse et jeune, et d'un autre sang, envoûtant, plein de mystères.
Alors pourquoi Clarisse reparaît-elle inlassablement dans mon esprit ? Clarisse qui promène ses gros seins dans la salle de classe. Ses lèvres boudeuses, son regard insolent, son front pensif.
Un jour, en l'an 1870, ou peut-être 1918, ou est-ce l'Ukraine, la jeunesse est appelée à combattre. Antoine, chargé de tout son barda, embrasse Clarisse sur le front. Elle lui glisse une lettre dans la poche, au milieu d'une nuée de baisers et de promesses, et je me demande quel secret habite ce papier.
Pour ma part, j'ai été exempté. Antoine m'adresse un regard amical, mais je perce dans son expression un amer reproche. En réalité, mon exemption a surpris tout le monde. Pourquoi un jeune homme en pleine santé bénéficierait-il d'un tel passe-droit ?
En deux mots. Le médecin a chaussé ses lunettes pour observer la paperasse d'analyse médicale, il a extirpé une règle graduée son tiroir.
— Incapacité totale. Sexe ridiculement petit.
Il m'a semblé que la formulation manquait de précision et de professionnalisme. Mais si le flou pouvait me permettre de rester en vie et de ne pas me vider de mon sang sur le champ de bataille, j'en faisais mon affaire.
Les mois passèrent. Je rendis visite à Clarisse tous les jours. Au fil du temps, ses tenues se faisaient de plus en plus sobres, elle attachait ses cheveux, ne prenait plus tant soin de sa peau. Et je décelai bientôt quelques traits de laideur et quelques parcelles ingrates. Ce qui me ravit profondément. Au moment où je m'apprêtais à me métamorphoser en chien dans l'espoir qu'elle me gratifie enfin d'une caresse, n'importe quel signe d'attention, enfin Clarisse, la déesse au débardeur, montrait un signe de faiblesse.
Je ne pensais à rien, quand je me masturbais, sinon à l'image d'Épinal de Clarisse jeune, arborant son débardeur, et de ses seins pressés l'autre contre l'autre, avec la rainure de séparation ensevelie sous la chair effleurée. Puis je ne pensais même plus à cette scène. Elle me paraissait trop abstraite et trop imaginaire. A mon plus grand effroi, une seule image m'excitait suffisamment, celle d'Antoine au front, déchiré par un soleil éphémère et vibrant.
Les mois passèrent. Antoine ne revenant pas, Clarisse continua de faner, jusqu'au jour où Antoine revint. Il avait triomphé de l'ennemi, n'y laissant que deux jambes, le bas du ventre, et un bras.
Clarisse se transforma en infirmière, bouleversée de joie. Je les aidais du mieux que je pus à organiser leur petit nid. Mais la situation de mon vieil ami exigeait des aménagements conséquents. Heureusement, entre temps, j'avais écrit un roman policier très mauvais et outrageusement vendeur, qui m'avait rapporté des millions. Nous emménageâmes donc dans mon manoir, une construction gothique, en bois blanc et en vitres. Antoine occupait une grande chambre au rez-de-chaussée, suffisamment spacieuse pour y loger son poumon artificiel, son fauteuil roulant ainsi que son pilulier géant.
Je dormais à l'étage, et Clarisse alternait. Avant minuit, elle s'endormait auprès d'Antoine. Pendant ce temps, je tremblais d'excitation. J'avais du mal à calmer le sang qui martelait mes temps, gonflait mes veines. Et vers minuit, on toquait à ma porte. Clarisse avait retrouvé une apparence proche de celle que j'avais connue, mais avec les rides et les airs tristes d'un grand chagrin.
Elle ne dit mot. J'entendais sa robe frôler le sol. Elle s'assit sur le lit, l'air absent. Sa robe s'élargissait autour d'elle comme une fleur de feutre. Je sortis mon sexe sans la lâcher du regard. Ses gros seins débordaient du décolleté, on voyait presque les tétons. Elle me défendit de les toucher.
Je lui présentai docilement ma queue. Elle la saisit entre deux doigts et, en trois va-et-vient, m'arracha un cri de jouissance. J'explosai sur elle, éclaboussant ses cheveux, son visage, de sperme. Un paquet se logea sous son œil et sur sa bouche close. Elle utilisa le mouchoir qu'elle avait prévu et je la contemplai tamponner, essuyer son corps avec le même soin tranquille qu'avec Antoine.
Et c'est ainsi que nous vécûmes plusieurs années. Clarisse finit par tomber enceinte. Elle portait une robe en soie bleue et avait, pour l'occasion, extirpé ses gros seins de son corsage. Ils ballotaient librement dans l'air. Je l'ai pénétrée du mieux que j'ai pu, m'en tenant au pavillon de ses lèvres moites et élastiques, y branlant mon gland. Et, par une acrobatie peu glorieuse, un jet de semence a fini par la féconder. Ses hanches étaient larges, ses seins lourds et gonflés, remplis de lait.
Pendant sa grossesse, les hormones aidant, Clarisse voulut que je la prenne par derrière en lui tirant fort les cheveux. Je fis de mon mieux, mais ma bite était trop courte, l'angle trop incertain, et le meuble verni offrait peu de prises, si bien que Clarisse, seins à l'air, glissait à chaque coup de reins. Un temps, elle s'essaya au jeu dramatique et poussa des hurlements de plaisir. Enfin, elle se résigna et me proposa de me finir à l'aide de sa bouche. Cela fut, et serait, la première et unique fois. Jamais je ne connaîtrai un bonheur plus merveilleux, un plaisir plus délirant que celui d'être pris en bouche par la femme que j'aime depuis toujours. Clarisse regarda Antoine dans les yeux tout du long, et plus encore au moment où je m'abandonnai en elle. Je ne m'étais pas branlé depuis des semaines et sa bouche se remplit si largement de sperme qu'elle ne put avaler et dut recracher une bonne partie.
Elle eut toutefois le tact de garder mon gland bien serré entre ses lèvres jusqu'à ce que la dernière goutte soit sortie. Preuve définitive, s'il en fallait une, du soin et du dévouement qu'elle engageait dans tout ce qu'elle entreprend.
Une fois mes esprits recouverts, Clarisse me demanda de les laisser seuls. Je fermai délicatement la porte. Par la fenêtre, on voyait le ciel noir, le vent d'été giflant les feuillages.
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