Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
Rivage — Chapitre 1
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Rivage
Chapitre 1
La fête battait son plein. Comme chaque année, le groupe d’amis avait organisé la soirée de l’année au milieu de la forêt, pour éviter toute nuisance sonore, et comme chaque année le nombre de participants ne cessait de croître. Ce qui était à la base une soirée d’une bande de potes avait grandi en un petit événement local et accueillait désormais une soixantaine de personnes. Certains venaient avec des guitares, d’autres chantaient, dansaient, sous les effluves d’alcool et de substances illicites, dans un esprit très bon enfant.
Parmi la foule, Raphaël, la quarantaine bien entamé, était un participant de la première heure. Bien qu'il ne sortait quasiment plus depuis son récent divorce, il n’aurait raté cette soirée pour rien au monde. Mais au moment d'y être, il ne pouvait s'empêcher de penser à son ex-femme, à quel point la soirée aurait été mieux à son bras, à combien sa présence lui manquait. Tellement embrumé dans ses pensées qu’il ne remarqua pas Tiphaine, petite brune toute frêle dans sa vingtaine, qui le dévorait des yeux.
Bien qu’entouré de ses amis proches, Raphaël se sentait bien seul et sirotait sa bière en silence. Son meilleur ami Marc vint l’interrompre dans ses pensées mélancoliques.
— Hey t’as vu comment elle t’a regardé ?
— Qui ça ?
— La petite brune qui vient de partir là !
— Ah non... c’est qui ?
— C’est Tiphaine, une collègue de Margaux, la cousine de Paul, tu sais ?
— Oui oui, je vois.
— Qui ça ?
— La petite brune qui vient de partir là !
— Ah non... c’est qui ?
— C’est Tiphaine, une collègue de Margaux, la cousine de Paul, tu sais ?
— Oui oui, je vois.
Comprenant qu’elle n’arriverait pas à capter l’attention de ce beau brun mûr, Tiphaine décida de s’éloigner du groupe d’amis pour rejoindre Margaux qui dansait autour d’un duo de guitaristes enflammés. Elles se prenaient par les mains et tournoyaient en riant aux éclats, le temps d’un instant Tiphaine oubliait tout. Le stress du travail, les coups de pression de sa boss insupportable, les heures supplémentaires à rallonge, l’absence de vie sociale qui en découlait et l’anxiété qui la rongeait. Ce soir elle se lâchait enfin, comme un exutoire après cette année éprouvante.
Raphaël suivait ses amis dans la foule et continuait de traîner son spleen. Ils s’arrêtaient pour regarder le concert improbable de deux babos qui faisaient danser les filles. Parmi elles, Raphaël reconnut celle que son ami lui avait désignée plus tôt. Bien qu'un peu jeune, il ne pouvait s’empêcher de la trouver vraiment mignonne, son rire et sa façon de danser si libérée... Depuis sa séparation il n’avait jamais vraiment regardé une autre femme, comme s'il se l’interdisait.
— Il faut que tu lui parles ! lui dit Marc en pointant du doigt la jeune ingénue
Salut Margaux ! Tu nous présentes ?
Salut Margaux ! Tu nous présentes ?
Tiphaine se tenait sagement aux côtés de sa copine, qui se chargeait des présentations. Elle offrait une bise à Marc, puis une autre, plus soutenue cette fois, à Raphaël, qui semblait enfin sorti de son brouillard. Elle l’observait de plus près, elle trouvait que son air de chien battu lui donnait un charme terrible, mais il lui faisait sincèrement de la peine. Après quelques échanges de banalités, Margaux entraîna Marc à danser. Pour suivre son exemple, Tiphaine attrapa les poignets de Raphaël et le tira sur la piste de danse.
Il se laissait tirer et se retrouvait là sans trop savoir comment, mais tout à coup Raphaël n’avait d’yeux que pour Tiphaine et sa façon si sensuelle de se trémousser autour de lui. Elle enlaça ses bras autour de son cou pour se rapprocher dangereusement et lui glisser à l’oreille :
— Pourquoi tu as l’air si triste ?
— C’est... compliqué.
— Ça pourrait être simple pourtant si tu le voulais.
— Sans doute, oui.
— C’est... compliqué.
— Ça pourrait être simple pourtant si tu le voulais.
— Sans doute, oui.
Un peu interloqué par cet échange, Raphaël s’excusa et s'éloigna pour quitter la piste de danse. Tiphaine s’en voulait un peu d’avoir été si directe, mais elle ne voulait pas le retenir et le laissait s’envoler. Elle continuait de danser, mais le cœur n’y était plus. Encore quelques morceaux et les deux musiciens prirent une pause, l'un d’eux en profita pour aborder ouvertement Tiphaine. Elle l'écoutait et riait poliment, mais ses avances n'avaient aucun effet, elle pensait trop à son quadragénaire brisé.
Raphaël se mit à l'écart de la populace quelques minutes, le temps de reprendre ses esprits. Il avait senti son cœur battre la chamade et sa tête s'était mise à tourner très fort. Tout lui revenait en pleine figure, ses vingt années de mariage, dont quinze qui l’avaient rendu malheureux, lui qui voulait absolument des enfants, elle qui n’en a jamais voulu et qui a obtenu gain de cause, leur rupture déchirante, mais à la fois libératrice, et s’il avait le droit enfin d’être heureux ? Juste une fois, juste un soir, se sentir à nouveau homme auprès d’une femme. Déterminé, il retourna sur ses pas pour rejoindre Tiphaine, mais il fut stoppé dans son élan quand il la trouva au loin en train de rire à un chevelu qui lui faisait la cour. Écoeuré d’avoir laissé passer sa chance, il fit demi-tour la mine basse et regagnait sa tribu de potes.
Tiphaine continuait de secouer la tête, faisant semblant de participer à un dialogue à sens unique avec le guitariste qui aimait décidément s'écouter parler. Alors qu’elle cherchait une échappatoire, c’est Margaux qui venait lui offrir en s’imposant dans la discussion. Tiphaine comprenait alors vite que son amie était bien plus sensible aux charmes du musicien, et en profitait pour s'éloigner et leur offrir un peu d’intimité. Se retrouvant seule, elle repensait encore à Raphaël, sa carrure rassurante et son aura virile, qui lui faisait se sentir comme une petite fille à ses côtés. Scrutant aux alentours, elle finit par le revoir au loin parmi sa bande d’amis. Résolue à accrocher son regard, elle resta plantée là à le fixer jusqu'à ce qu’il la remarque.
K-O debout, Raphaël écoutait à peine les bribes de conversation qui l’entouraient, ne se donnant même pas la peine d’essayer de s’y intéresser. Machinalement, il levait la tête et mirait l’assemblée, quand soudain, il la repéra. Elle était là, debout, au milieu de la foule, belle, rayonnante. Leurs regards se croisèrent et son visage s’illumina. Elle plaça une mèche de cheveux derrière ses oreilles, il lui souriait tendrement. Elle lui fit un signe de la main, que Raphaël interpréta comme un appel. Sans un mot pour ses amis, il les délaissa pour la rallier.
Alors qu’il pensait l’atteindre, elle semblait s'éloigner. La perdant de vue quelques secondes, il la revoyait quelques mètres plus loin, lui faisant toujours signe. Il avançait encore dans la foule dense, mais arrivé sur place, elle était déjà exilée ailleurs. Traquant du regard, il la trouvait s'enfonçant dans la forêt, quittant le lieu des festivités. Il pressait le pas, mais à chaque fois un obstacle se dressait sur sa route. Elle passait derrière un arbre, il arrivait à sa hauteur pour la voir disparaître derrière l’arbre suivant. Finalement il traversa un buisson feuillu et la filature prenait fin.
Tiphaine s'arrêta dans une clairière, au milieu de laquelle baignait un petit lac. Elle se mit accroupie au bord de l’eau pour y plonger sa main. Elle entendit derrière elle le bruit du feuillage et sentit la présence de Raphaël. “L’eau est bonne, tu sais nager au moins ?” lui lança-t-elle d'un air espiègle. Dans une ultime provocation, elle retira les bretelles de sa robe, la faisant glisser sur ses jambes et la dévoilant en lingerie fine, puis elle avança dans l’eau. Elle se retourna enfin pour voir jusqu'où son petit jeu la menait. Pour son plus grand plaisir, Raphaël jouait le jeu et commençait à s’effeuiller à son tour. Sa chemise déboutonnée lui laissa admirer son torse velu et puissant, son jeans retiré exhiba des cuisses épaisses et bien dessinées. En sous-vêtements lui aussi, il progressait dans l’eau et elle le laissait enfin s’approcher.
Raphaël arriva enfin à sa hauteur et plaça ses mains autour de son visage. La lune se reflétait sur sa peau et faisait rejaillir sa beauté naturelle. Il l’embrassa tendrement et sentit ses lèvres brûler. Tiphaine lui répondit par un autre baiser, puis s'éloigna en nageant, s’amusant de se faire désirer. Raphaël admirait son corps se mouvoir dans l’eau, les mouvements de ses hanches à chaque brasse. Il essayait bien de la rattraper, mais après quelques minutes à jouer au chat et à la souris, il abandonnait l'idée et se laissait porter par le courant.
Tiphaine finit par rejoindre le rivage et s’allongea dans l’herbe pour se reposer. Raphaël vint s’asseoir à côté de sa belle sirène et la contemplait. Allongée sur le ventre, elle étirait ses jambes et se sentait envoûtée. Il plaça une main sur ses hanches et se pencha en avant pour embrasser sa peau de velours. Il déposa un premier baiser sur sa nuque, puis un deuxième plus bas entre ses épaules, puis ainsi de suite le long de son dos. Arrivé au creux de ses reins, il écarta légèrement sa culotte pour mordiller sa fesse. Elle tressaillit en réaction et ne comptait pas se laisser faire, elle se retourna pour le plaquer au sol et reprendre le contrôle.
À califourchon sur lui, elle pouvait sentir le désir de Raphaël croître. Pour faire monter encore la tension, elle dégrafa son soutien-gorge et lui révéla sa poitrine. Raphaël glissait ses doigts pour les faire jouer timidement sur ses tétons, mais Tiphaine avait encore le contrôle. Elle attrapa ses mains et les serrait fermement sur ses seins, puis pencha sa tête en arrière pour pousser un gémissement de plaisir. À son tour elle faufila ses mains sur le corps imposant de Raphaël, s'enfonçant dans son boxer pour ressentir la vigueur de son membre. Le faisant sortir de sa cachette, elle le masturba lentement, puis, fixant Raphaël, elle se pencha pour y porter sa bouche. Elle laissa sa langue serpenter la verge de tout son long, avant de l’entourer de ses lèvres. La chaleur et la rigidité de sa belle queue remplissaient la bouche de Tiphaine, qui ne perdit pas une miette des grognements de plaisir que Raphaël lui faisait entendre.
À bout de souffle, Tiphaine venait s’étendre à ses côtés, lui tournant le dos. Ragaillardi par son offrande, Raphaël se colla à elle, et la délesta de sa petite culotte. En cuillère, il relevait sa cuisse pour s’insérer en elle et lui faisait pousser un rugissement de bonheur. Il se cramponna à sa poitrine et lui appliqua de légères saccades, qui rapidement devinrent un martelage de coups de reins secs et puissants. Empoignée et pénétrée, Tiphaine se laissait désarticuler par ce mâle viril et lui en redemandait toujours plus “encore... oui vas-y... enfonce-moi” Raphaël se muait en taureau, se délectant de la moiteur de sa chatte et excité par la teneur de ses propos. Tiphaine sentait sa queue se gonfler encore et, dans un râle puissant, il ne retint pas son orgasme. Elle le laissa se déverser en elle, savourant la sensation de vagues la remplissant.
Elle se retourna pour l’embrasser et vint se blottir contre lui. À la lueur des étoiles, ils se serraient l’un contre l’autre, tous deux enfin emplis d’un sentiment d’apaisement.
Deux mois plus tard, Raphaël n’avait pas revu Tiphaine depuis cette soirée, pourtant pas un jour ne passait sans qu’il ne pense à elle. Et si pour elle ça n’avait pas compté autant que pour lui ? Il se sentait ridicule à l'idée de la recontacter, et si elle ne l’avait pas fait jusqu'ici, il était conforté dans son idée qu’elle n’en voulait pas plus de lui. Machinalement, il regardait son courrier, une enveloppe retenait son attention, une lettre de son avocat. Il l’ouvrit un peu inquiet “Avec 6 mois de retard, voici le certificat de divorce que vous aviez demandé, mes excuses pour le ret...” Raphaël ne prit pas la peine de lire la fin, subitement cette lettre lui avait fait tilt. Le divorce, la soirée, la rencontre de Tiphaine, l’enchaînement ne pouvait pas être lié au hasard. Il fallait qu’il la revoit, il saisit son portable pour contacter Marc, pour lui demander le numéro de Margaux, celui-ci obtenu, il demanda à Margaux l’adresse de Tiphaine.
Après quelques secondes d’attente fébrile, la réponse venait le délivrer. L'adresse en poche, il se rua vers son appartement, déterminé à lui déclarer sa flamme, après un détour par le fleuriste du coin.
Assise sur la cuvette de ses toilettes, Tiphaine n’en revenait pas. Elle devait même se pincer pour y croire. Un faux positif peut toujours arriver, mais là c'était le troisième test de suite indiquant le même résultat. Elle se frottait les yeux, mais la sonnette vint la sortir de sa torpeur. Elle remonta sa culotte et son pantalon et se rendit à la porte. Ouvrant d’un air ébahi, elle trouva Raphaël, planté là avec un bouquet de roses rouges à la main.
— Écoute Tiphaine, je dois absolument te parler de quelque chose d’important.
— Ça tombe bien, moi aussi !
— Ça tombe bien, moi aussi !
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