Réel
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Secrets de consultation — Chapitre 2 · Péché d'eau douce avec l'archange
Auteur
Secrets de consultation
Chapitre 2 · Péché d'eau douce avec l'archange
Au cabinet, Gabriel et moi, c’est une affaire de longue date. Plus de dix ans qu’on partage les mêmes couloirs avec des sourires entendus. Entre nous, il y a toujours eu cette complicité un peu ignorée, cette habitude de se taquiner sur le ton de la rigolade. Rien de sérieux, juste un jeu de rôles bien rodé devenu une petite plaisanterie rituelle. Un peu moins de vingt ans nous séparent et il porte son âge avec une aisance presque impertinente. Je l’ai toujours connu bel homme, bien dans ses baskets, marié, intouchable. Un plaisir de flirter sans jamais imaginer que la barrière franchirait un jour le seuil de mon esprit.
Mais ce soir-là, le cadre formel a complètement volé en éclats au bord du lac…
Une petite virée entre collègues pour décompresser, manger un morceau, profiter de la fraîcheur de l’eau et couper avec l’ambiance du cabinet. Autour de la table, les bouteilles de vin se vident, et l’atmosphère se détend à mesure que la lumière décline.
Tout le monde est en tenue de plage. Moi, j’ai choisi mon maillot de bain sans la moindre hésitation, blanc pour mon innocence, très échancré pour mon indécence. Pourquoi se priver d’être sexy et un brin provocante quand l’occasion se présente ?
Gabriel est assis en face de moi, un peu en biais. Il plaisante, discute des plannings et des anecdotes de consultations, son verre à la main. L’alcool commence à monter doucement, floutant les repères et allégeant la retenue.
C’est là que le trouble s’infiltre.
Sous la table, mon pied quitte ma sandale, presque malgré moi. Ce n’est pas une manœuvre vraiment calculée, c’est plutôt une impulsion désordonnée et coquine, guidée par les verres qui s’enchaînent. Mon pied effleure sa cheville, puis remonte timidement contre sa jambe, le long de l’intérieur de sa cuisse. En prenant conscience de mon geste, une bouffée de panique me fige. Une part de moi veut qu’il remarque ce frôlement, tandis que l’autre prie pour qu’il prenne cela pour un geste accidentel.
Il ne réagit pas d’un millimètre. Il continue son histoire avec les autres, restant dans sa bulle de supérieur accessible et détendu.
Je retire lentement mon pied, les joues rouges, feignant d’écouter les conversations en reprenant une gorgée. À cet instant, je suis persuadée que tout restera, une fois de plus, enfermé dans mon monde imaginaire.
Les heures défilent, les verres se vident, surtout entre Gabriel et moi… S’il est bon vivant, alors évidemment que je vais lui montrer que je peux suivre son rythme. Vers minuit, la fatigue commence à se faire sentir. L’air s’est rafraîchi et j’ai juste enfilé un pull par-dessus ma culotte de maillot. Rien d’autre en dessous. Je sens que l’alcool m’a rendue trop joyeuse et que notre départ qui s’annonce me frustre. Je ne suis apparemment pas la seule, car Gabriel a ce regard trop brillant et ce sourire de gosse qui prépare un sale coup, l’esprit, lui aussi, joliment allumé par le vin. Il jette un œil derrière nous :
— Chiche, une dernière baignade ?
— Mais oui, évidemment !
— Chiche, une dernière baignade ?
— Mais oui, évidemment !
Pendant que Gabriel saute dans l’eau, moi, sans réfléchir, sans même penser à virer mon pull, je le suis dans son moment de folie. Les filles en profitent pour plier le camp en poussant des soupirs mi-amusés, mi-dépités :
— Mais vous êtes complètement dingues tous les deux ! Allez, nous on monte les affaires aux voitures, dépêchez-vous !
— Mais vous êtes complètement dingues tous les deux ! Allez, nous on monte les affaires aux voitures, dépêchez-vous !
C’est une morsure violente qui me coupe la respiration mais qui réveille chaque centimètre carré de mon corps. Le pull se gorge d’eau en une seconde, une armure trempée et lourde qui plaque le tissu contre mes seins, soulignant le choc thermique sur mes tétons. Gabriel nage, moi, je barbote à quelques mètres de lui, les cheveux dégoulinants dans les yeux, grisée par le froid, l’alcool et par ce moment partagé sans même se regarder.
Puis vient le moment de sortir de l’eau.
On s’extirpe du lac, trempés jusqu’aux os. À peine hors de l’eau, à l’abri de l’obscurité, je tourne la tête vers lui avec un sourire gêné. Son regard est différent. Il n’y a plus vraiment de supérieur, plus de barrière, juste le regard d’un homme qui va envoyer balader plusieurs années de retenue en une fraction de seconde.
Son audace me coupe le souffle. Il me saute littéralement dessus.
Ses bras mouillés m’enserrent avec force, sa bouche s’écrase sur la mienne, mélange d’eau du lac et d’alcool. Je ne me fais pas prier, je réponds à son baiser, mes mains glissant sur sa peau trempée. D’un geste impatient, sa main descend le long de ma cuisse, force l’élastique de mon maillot et vient glisser deux doigts entre mes lèvres brûlantes. Ses doigts me pénètrent sans détour, un geste possessif, une prise évidente qui me fait me cambrer, m’arrachant un gémissement contre ses lèvres.
— Non mais… il se passe quoi là ? Mais vous êtes dingue !
— Dix ans que tu m’allumes… Dix ans. Il y a un moment où il faut répondre…
— Non mais… il se passe quoi là ? Mais vous êtes dingue !
— Dix ans que tu m’allumes… Dix ans. Il y a un moment où il faut répondre…
Je le toise, le cœur battant à tout rompre, mi-hilare, mi-brûlante :
— Dix ans ? Mais vous n’avez même pas remarqué que je tentais de vous faire du pied toute la soirée sous la table !
— Dix ans ? Mais vous n’avez même pas remarqué que je tentais de vous faire du pied toute la soirée sous la table !
Au loin, des bruits de pas sur les graviers et des voix qui résonnent annoncent la fin de la scène surréaliste. Les filles redescendent le sentier pour venir nous chercher.
D’un même mouvement, on se sépare, le souffle court, partagés entre une gêne complice et un rire muet face à la folie du timing.
Trempée, frigorifiée par ce pull détrempé qui me colle, je décide de ne pas m’embarrasser de pudeur. J’attrape le tissu à deux mains et tire mon gros pull au-dessus de ma tête, l’envoyant valser par terre. Mon dos nu, ma cambrure et la ligne de mes jolies fesses moulées dans le bas de maillot sont totalement offerts. Gabriel, planté là, n’a même pas le temps de détourner les yeux. Je l’imagine troublé, excité, partagé entre le feu qu’on vient d’allumer et la gêne de devoir reprendre contenance.
— Putain, mais j’ai froid, j’ai froid, j’ai froid !
— Putain, mais j’ai froid, j’ai froid, j’ai froid !
Je me dandine en frissonnant, sautillant d’un pied sur l’autre. L’alcool me monte à la tête et me fait perdre le fil de mes phrases. Je me tourne vers Gabriel, mélangeant tutoiement et vouvoiement sans même m’en rendre compte :
— Tu… enfin, vous… donnez-moi ton poncho là ! Donne-moi votre poncho !
— Tu… enfin, vous… donnez-moi ton poncho là ! Donne-moi votre poncho !
Les filles, qui arrivent pile à ce moment-là sur la berge, éclatent de rire en me voyant grelotter à moitié à poil et ordonner presque à mon fantasme de me filer ses fringues.
Gabriel, faussement calme mais éméché, esquisse un sourire un peu crispé, me tendant son poncho pour me couvrir.
Léa et les autres finissent de ranger les dernières affaires et se tournent vers moi :
— Bon la folle, tu rentres avec nous du coup ?
— Bon la folle, tu rentres avec nous du coup ?
Je reste plantée là, dubitative. Je regarde les filles, puis Gabriel. Hors de question que ça se termine là… Je veux voir la suite.
Sentant mon hésitation, Gabriel prend la parole d’une voix un peu pâteuse mais étonnamment ferme, coupant court aux questions :
— Ne vous inquiétez pas pour elle, les filles, je la ramène. On finit de s’égoutter deux minutes et je m’en occupe.
— Ne vous inquiétez pas pour elle, les filles, je la ramène. On finit de s’égoutter deux minutes et je m’en occupe.
Les filles nous lancent un dernier regard amusé, nous souhaitent une bonne nuit et remontent vers la voiture.
Le silence retombe enfin sur le lac.
Il ne reste plus que lui et moi, seuls, trempés, l’alcool brûlant encore dans nos veines. Je n’ai plus qu’une envie à ce moment-là, sentir ses mains sous mon poncho et sa langue dans ma bouche.
Je ne bouge pas, plantée sous l’éponge humide, le cœur pulsant dans ma tête et mon bas-ventre. Gabriel fait deux pas vers moi. Il n’y a plus l’ombre d’un doute, plus de faux-semblant. Ses bras viennent m’encercler par-dessus le tissu épais, me collant contre lui. Nos bouches se retrouvent aussitôt. Ce n’est plus le baiser incertain de tout à l’heure, c’est une danse de langues furieuse, chargée de vin, où nos salives se mêlent dans une urgence animale.
Ses mains s’engouffrent sans attendre sous le poncho. La chaleur de ses paumes sur mes côtes nues, puis sur mes seins encore durcis par le froid, me tire un petit cri d’étonnement. Il descend mon bas de maillot de bain, le faisant glisser le long de mes jambes avant de s’en débarrasser dans le noir. En une fraction de seconde, il pose le poncho sur le sable et me pousse doucement vers le sol.
Le contact avec le sol est rugueux, froid, inconfortable. Les cailloux et le sable s’incrustent contre ma peau, mais je m’en fous royalement.
Gabriel s’agenouille entre mes cuisses écartées.
Son visage plonge directement sur ma petite chatte humide… Dès que sa langue heurte mon clitoris gorgé de sang, mes mains s’enfoncent dans le sable. C’est affamé, franc, magnifique. Il alterne ses coups de langue, buvant mes gémissements et mon goût mélangés à l’eau du lac.
Dans ma tête, c’est le chaos. L’alcool embrume mes pensées, brouillant la frontière entre le fantasme que je me suis raconté mille fois et la folie de ce qui est en train d’arriver pour de vrai. Je suis tiraillée, paniquée par l’interdit, par les conséquences, par cet homme qui me lèche avec dévotion à même la plage. J’ai du mal à lâcher totalement prise, je lutte contre mon propre contrôle, mais mon plaisir, à la fois terrifiant et brûlant, ne ment pas.
Il remonte un instant le long de mon ventre, ses lèvres ruisselantes de mon plaisir, et plante son regard dans le mien :
— Tu es une vraie petite salope… me souffle-t-il, méconnaissable. Regarde-toi, ma jolie, belle et offerte.
— Tu es une vraie petite salope… me souffle-t-il, méconnaissable. Regarde-toi, ma jolie, belle et offerte.
Ces mots, sortant de sa bouche, agissent comme un électrochoc. Loin de me froisser, ils m’embrasent davantage. Je le veux. Je ne veux plus seulement sa bouche, je veux son poids, je veux sa queue en moi et qu’il me possède pour de bon.
— Venez…
— Venez…
Il ne porte plus rien lui non plus. Il s’installe entre mes jambes, empoigne mes hanches pour me caler contre le sol, et s’enfonce en moi. Sentir son sexe chaud et tendu me combler agit comme une libération, un geste d’une normalité déconcertante après des années d’attente.
Pendant plus d’une heure, peut-être deux, la nuit continue, insensée, avec l’écoulement du temps qui perd tout son sens sous l’effet du vin et de l’adrénaline. On s’anime, on se dévore, on se goûte, sa langue qui revient me faire gémir, ses doigts qui me fouillent pendant qu’il m’embrasse à m’étouffer, son sexe qui me reprend, encore et encore, dans la nuit noire.
Malgré la sensualité de notre art, l’alcool et la nervosité de la situation jouent leur rôle, il ne jouit pas. Il bande, infatigable, possédé à l’idée de me faire jouir, sans franchir le cap de son propre soulagement.
Mon corps finit par s’effondrer. Je suis épuisée, vidée, les cuisses tremblantes, couverte de sable, de sueur et de nos odeurs mêlées.
— Faut qu’on rentre…
— Faut qu’on rentre…
On se rhabille dans la pénombre, les gestes un peu gauches, ramassant nos fringues au sol. L’euphorie commence à retomber pour laisser place à une étrange réalité.
Le trajet du retour dans sa voiture se fait dans une atmosphère irréelle, dans un silence mi-gêné, mi-complice. On ose à peine se regarder, conscients de l’énormité de la ligne qu’on vient de franchir. De temps en temps, il pose sa main sur mon genou, un geste tendre, entre deux ou trois phrases de séduction… Nos sourires en coin confirment ce que nos corps savent déjà : rien ne sera plus jamais comme avant au cabinet.
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