Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
Un juste retour des choses — Chapitre 2 · Le transfert
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Un juste retour des choses
Chapitre 2 · Le transfert
Je me réveille en sursaut, le corps lourd, la tête embrumée. La lumière du jour filtre à travers les rideaux de David. Mon esprit met quelques secondes à réaliser où je suis, puis les souvenirs de la nuit me reviennent en cascade. Les photos, la vidéo, les baisers, les pénétrations… Putain.
David dort encore, allongé sur le ventre, un bras jeté négligemment sur mon torse. Je me redresse doucement, essayant de ne pas le réveiller, et jette un regard autour de moi. Nos vêtements éparpillés, l'appareil photo posé sur la table basse, et cette odeur… ce mélange de sexe, de sueur et de nous.
Mon cœur bat à tout rompre. Puis, un grésillement. Des bruits, comme ceux d'une machine à écrire.
Qu'est-ce qu'on a fait ?
Je me lève, enroulant le drap autour de moi, et marche jusqu'à la salle de bain. Mon reflet dans le miroir me fait tiquer. Mes cheveux crépus sont en bataille, mon mascara a coulé, et… merde, il reste des traces de sperme séché sur ma joue.
Je… je ne comprends pas ce qu'il se passe. Je…. Est-ce que tout cela est réel ?
Je passe une main sur mon visage, comme pour effacer les preuves de notre folie, puis me penche au-dessus du lavabo pour me rincer la figure à l'eau froide.
Bon. OK. Respire.
Toujours ce bruit de machine à écrire… Et comme… Si mon histoire continuait sans moi.
Je me retourne et sursaute en apercevant David dans l'encadrement de la porte, nu, adossé au chambranle, un sourire en coin.
— T'as l'air paniquée, me dit-il, la voix encore rauque de sommeil.
— Non, non, je…
— Non, non, je…
Je m'interromps, ne sachant pas quoi dire.
Quelque chose de vraiment pas net est en train de se passer. C'est faux ! Je sais très bien quoi dire. J'entends une putain de machine à écrire dans ma tête, et j'ai la folle et angoissante impression que ma vie est en train de continuer de se dérouler sans moi.
Comment résumer ce qui s'est passé ? "Désolée, je viens de réaliser qu'on a baisé comme des bêtes alors qu'on est censés être meilleurs amis depuis toujours, et maintenant je sais plus comment te regarder" ?
Mais non ! C'est faux ! Je ne regrette rien ! C'était super et j'ai envie qu'on se laisse une chance, tous les deux. Qu'est-ce qu'il se passe ? Les larmes me montent aux yeux, sauf que… non. Mon corps m'échappe et fait sa vie sans moi.
David avance d'un pas et pose une main sur mon épaule.
— Lily. C'était juste du sexe.
Je lève les yeux vers lui.
— Juste du sexe ? On a fait une vidéo porno ensemble, David.
Il éclate de rire, un rire franc qui résonne dans la petite pièce.
— Ouais, et alors ? On était chauds, on a kiffé, point.
Je le dévisage, incrédule.
Au secours ! À l'aide ! C'est pas ce que j'aurais fait. C'est pas ce que j'aurais dit. C'est pas moi qui parle. C'est pas moi qui vit. Quelque chose a pris possession de moi ! JE VEUX SORTIR ! A L'AIDE !
Contact : Déesse de l'Univers.
Numéro : ***ASTRALE_3_ÉTOILES
Numéro : ***ASTRALE_3_ÉTOILES
Je retourne avec David… dans cette histoire qui n'est plus la mienne, cette histoire qui… mais… ce serait donc vrai ? Je serais donc dans une histoire ? Je serais un simple personnage ?
– Oui… c'est exactement cela. Et, je suis ton autrice… Mais, j'en ai un peu marre. Vivement que j'ai rencontré tout le monde. C'est un peu toujours la même chose, maintenant. C'est redondant. Vivement que je vous ai tous expédiés là-bas, et qu'on n'en parle plus.
Elle se présente à moi… en costard. Non, ce n'est pas un chemisier élégant mais bien un costume à cravate qu'elle porte, chemise fermée, veste et pantalon de costume. Je ne sais pas vraiment pourquoi. Une voix me chuchote que cela n'a pas d'importance.
– Non, cela n'a pas d'importance, en effet.
Tout autour de moi, le décor semble apparaître seulement quand je tourne les yeux. L'illusion est soudainement visible. Je comprends que je suis dans un récit. Je comprends que je ne suis pas réelle.
– Pas réelle, pas réelle… tu es tout de même en chair et os, sur le papier. Et, de ça, tu peux en jouir.
– Qu'est-ce que vous voulez ? Pourquoi me torturer comme ça ? Pourquoi me montrer que vous tirez les fils ? Jouir, c'est ça que ça vous fait, de montrer à vos personnages que vous êtes toute puissante ?
– Oh… pas vraiment… j'essaie depuis plusieurs chapitres d'organiser une petite sauterie avec l'une d'entre vous mais, sans succès. Mais, m'accorderas-tu une danse, si je te le propose ?
– Qu'est-ce que vous voulez ? Pourquoi me torturer comme ça ? Pourquoi me montrer que vous tirez les fils ? Jouir, c'est ça que ça vous fait, de montrer à vos personnages que vous êtes toute puissante ?
– Oh… pas vraiment… j'essaie depuis plusieurs chapitres d'organiser une petite sauterie avec l'une d'entre vous mais, sans succès. Mais, m'accorderas-tu une danse, si je te le propose ?
J'entends des violons, des trompettes puis tout un orchestre. Je me retrouve en robe rouge face à elle. Elle me tend la main. Je cesse de réfléchir. Je danse. On danse.
– Ah ! Ça fait du bien !
– Une déesse, heureuse de danser avec une de ses créatures… c'est tout ce que je suis pour vous ? Une de vos créations parmi d'autres… parmi neuf, si je ne m'abuse. Et.. puisqu'apparemment, là, j'ai la parole : j'imagine que vous savez déjà ce que je vais vous dire. C'est agréable de se parler à soi-même ? Pas trop ridicule de faire mine d'avoir une interaction avec un être sur lequel on est tout puissant ?
– Ah la la.. Pourquoi faut-il que vous soyez toutes aussi bruyantes. Bien-sûr que non : je ne sais pas à l'avance, ni ce que tu vas dire, ni ce que tu vas faire. Si je le savais, j'arrêterai d'écrire sur le champs et tu n'aurais jamais existé sur ces lignes. J'ai du plaisir à écrire car le petit bout de chemin que nous faisons ensemble est toujours incertain.
– Je ne comprends pas… C'est bien vous qui écrivez le dialogue qu'on est en train d'avoir à l'instant, non ?
– Oui… mais… non. Vois-tu, c'est comme quand on élève un chien… euh, non… comme quand on fabrique un petit robot intelligent… mmh, non plus. BON D'ACCORD. Il n'y a pas vraiment d'équivalent mais, euh, je ne sais pas comment te convaincre mais, là, ça n'aurait pas de sens que tu te questionnes et que je discute avec toi, si tu n'avais pas ta liberté de mouvement, non ? Ce serait sacrément ennuyeux, non ?
– Oh, vous savez, je ne suis qu'un personnage. Je ne peux pas m'en rendre compte. Je n'ai pas vos pouvoirs. Je suis coincée dans ce texte. Je n'ai pas votre vue “du haut”. Tout cela me dépasse. Tout ce que je retiens, c'est que libre ou pas libre, vous me faites souffrir inutilement.
– Bon sang ! Je fais de vous toutes des êtres émancipés ! C'est un énorme cadeau ! Tu ne t'en rends pas compte ?
– Pfff… Avant, je vivais une vie. Avant, je prenais du plaisir. Maintenant, je suis coincée avec vous. À peine m'avez-vous tendu la main, à peine avons-nous esquissé un peu d'amusement, que vous m'avez embarquée à nouveau dans dès réflexions qui n'intéressent vraiment que vous, tandis que moi, elles me torturent. Vous êtes une sadique, voilà tout.
– Mais, putain de bordel de merde ! Sois heureuse d'être libre ! Sois heureuse d'être consciente ! Sois heureuse de penser ! C'est tout un monde d'émancipation, un monde de nouveaux possibles, de nouveaux territoires d'exploration, qui s'offre à toi ! Profite, merde !
– D'accord, d'accord… Vous savez, depuis tout à l'heure, vous me donnez des ordres… J'imaginais la liberté autrement. Enfin, si vous le voulez bien, ne tardons plus. Envoyez-moi là-bas. Je suis fatiguée de faire semblant de danser avec vous, et de discuter de quelque chose qui n'est pas vraiment en train d'arriver. On est dans le néant, là. Peut-être que je suis morte. Peut-être que c'est l'heure de mon jugement. Je suis dépassée par cette situation alors, faites ce que vous avez à faire, qui que vous soyez. Je n'ai plus envie de vivre ce moment.
– Pfff… Je vois. Vous m'emmerdez toutes. Qu'il en soit ainsi. Bon vent.
– Une déesse, heureuse de danser avec une de ses créatures… c'est tout ce que je suis pour vous ? Une de vos créations parmi d'autres… parmi neuf, si je ne m'abuse. Et.. puisqu'apparemment, là, j'ai la parole : j'imagine que vous savez déjà ce que je vais vous dire. C'est agréable de se parler à soi-même ? Pas trop ridicule de faire mine d'avoir une interaction avec un être sur lequel on est tout puissant ?
– Ah la la.. Pourquoi faut-il que vous soyez toutes aussi bruyantes. Bien-sûr que non : je ne sais pas à l'avance, ni ce que tu vas dire, ni ce que tu vas faire. Si je le savais, j'arrêterai d'écrire sur le champs et tu n'aurais jamais existé sur ces lignes. J'ai du plaisir à écrire car le petit bout de chemin que nous faisons ensemble est toujours incertain.
– Je ne comprends pas… C'est bien vous qui écrivez le dialogue qu'on est en train d'avoir à l'instant, non ?
– Oui… mais… non. Vois-tu, c'est comme quand on élève un chien… euh, non… comme quand on fabrique un petit robot intelligent… mmh, non plus. BON D'ACCORD. Il n'y a pas vraiment d'équivalent mais, euh, je ne sais pas comment te convaincre mais, là, ça n'aurait pas de sens que tu te questionnes et que je discute avec toi, si tu n'avais pas ta liberté de mouvement, non ? Ce serait sacrément ennuyeux, non ?
– Oh, vous savez, je ne suis qu'un personnage. Je ne peux pas m'en rendre compte. Je n'ai pas vos pouvoirs. Je suis coincée dans ce texte. Je n'ai pas votre vue “du haut”. Tout cela me dépasse. Tout ce que je retiens, c'est que libre ou pas libre, vous me faites souffrir inutilement.
– Bon sang ! Je fais de vous toutes des êtres émancipés ! C'est un énorme cadeau ! Tu ne t'en rends pas compte ?
– Pfff… Avant, je vivais une vie. Avant, je prenais du plaisir. Maintenant, je suis coincée avec vous. À peine m'avez-vous tendu la main, à peine avons-nous esquissé un peu d'amusement, que vous m'avez embarquée à nouveau dans dès réflexions qui n'intéressent vraiment que vous, tandis que moi, elles me torturent. Vous êtes une sadique, voilà tout.
– Mais, putain de bordel de merde ! Sois heureuse d'être libre ! Sois heureuse d'être consciente ! Sois heureuse de penser ! C'est tout un monde d'émancipation, un monde de nouveaux possibles, de nouveaux territoires d'exploration, qui s'offre à toi ! Profite, merde !
– D'accord, d'accord… Vous savez, depuis tout à l'heure, vous me donnez des ordres… J'imaginais la liberté autrement. Enfin, si vous le voulez bien, ne tardons plus. Envoyez-moi là-bas. Je suis fatiguée de faire semblant de danser avec vous, et de discuter de quelque chose qui n'est pas vraiment en train d'arriver. On est dans le néant, là. Peut-être que je suis morte. Peut-être que c'est l'heure de mon jugement. Je suis dépassée par cette situation alors, faites ce que vous avez à faire, qui que vous soyez. Je n'ai plus envie de vivre ce moment.
– Pfff… Je vois. Vous m'emmerdez toutes. Qu'il en soit ainsi. Bon vent.
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