Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Stop en automne 1 — Chapitre 1 · Une journée de stop qui dérape chaudement
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Stop en automne 1
Chapitre 1 · Une journée de stop qui dérape chaudement
Dans un monde qui s'écroule, la magie des instants porte l'espoir tenace.
Je suis au bord d'une route et la pluie coule sur mon visage. Un paysage de colline m'entoure, du peu que je puisse voir avec cette brume opaque. Je veux me rendre au village de Varaire pour rejoindre un ami. Je n'ai pas de voiture, alors je tends le pouce, comme autrefois. Des potes de Toulouse, chez qui je dormais hier encore, m'ont proposé de m'emmener en voiture. Mais j'ai selon moi bien trop profité de leur accueil, et je ne voulais pas les déranger plus que ça alors que c'est le week-end. Ils peuvent enfin profiter de leurs jours de repos. Ce n'est pas un apprenti baroudeur un peu dépendant qui va gâcher leur temps libre, non mais. Puis je suis bien capable de faire une centaine de kilomètres en stop pour rejoindre ma destination.
Je suis parti tôt ce matin, mes affaires étant déjà préparées de la veille : un petit sac de couchage, une veste de pluie, une gourde d'eau, quelques vêtements de rechange, un chargeur et un livre. C'est un roman de science-fiction qui parle de dunes, d'épices et de grands vers de sables. C'est pas mal, l'histoire est fluide et prenante. Quoiqu'un peu vieux jeu, mais pas dérangeant.
Je bâille...
Je me suis levé bien trop tôt ce matin. Réveillé en sursaut après un rêve étrange. J'ai rêvé d'une vague de lumière traversant mon corps, réchauffant ma couche et disparaissant quasi immédiatement. Impossible de me rendormir après. La gueule dans le chou, j'ai été vite pris en stop à la rocade de la ville, aux portes de l'autoroute A62 et je suis remonté une bonne heure direction plein nord. Puis vers midi j'ai commencé à lever le pouce sur les routes de campagnes, moins fréquente en voiture. Les gens de la campagne d'ici sont accueillants, deux personnes m'ont un petit peu avancé. Il ne me reste plus qu'une vingtaine de kilomètres environ mais la pluie a commencé à tomber, et ce brouillard est apparu. Je n'ai jamais vu le smog londonien, mais j'aime à penser qu'il est similaire à cette purée de pois. Il est 16 h, et pourtant on dirait que c'est la tombée de la nuit. En plein mois de septembre.
Je marche, les gouttes d'eau tombant de ma capuche dans le rythme de mes pas. Il y a bien une voiture qui m'a dépassé depuis trente minutes, mais elle ne s'est pas arrêtée. C'est souvent plus complexe d'envisager de prendre quelqu'un en stop alors qu'il pleut et que la visibilité est mauvaise. Puis certains vieux évoquent le sentiment d'insécurité à prendre des auto-stoppeurs. Mon avis c'est qu'ils ne veulent surtout pas saloper leurs sièges. Ça me fait sourire.
Je me gratte ma barbe qui repousse et qui est tout humide de flotte. Qu'est-ce que je ne ferai pas pour une bonne douche chaude à mon arrivée ? J'arrive en haut d'une colline et un espace au virage de la route me permet de voir la vallée en contrebas. C'est beau, des brumes de brouillards de pluie glissent sur le versant de forêt en face et s'écoulent jusqu'à un petit village au fond de la vallée, où je peux distinguer le haut du clocher de l'église. La pluie rend la nature calme et mystérieuse. Une salamandre tachetée traverse la route juste en face de moi. Elle traverse la voie lentement. Pas un regard pour ma personne, je ne l'intéresse pas. Fais vite, petite salamandre, pensais-je. Ce serait bête de se faire écraser par l'unique voiture du coin qui passerait malheureusement par là.
J'entends soudain un bruit de moteur derrière moi alors qu'apparaît sur la route un vieux semi-remorque gris et bleu, avec les phares braqués sur moi. Je me positionne un peu sur la voie et lève le pouce. La salamandre arrive de l'autre côté de la route, en voilà une de sauvée aujourd'hui. Et moi, est-ce que ce camion va s'arrêter ?
Je regarde avec espoir ce véhicule qui s'approche. Yes, il s'arrête à ma hauteur ! Je me précipite à la fenêtre et j'aperçois une femme.
— Bonjour ! Je cherche à rejoindre Varaire, ce serait possible de me déposer en direction, si c'est sur votre route ?
La femme, dont je distingue mal les traits à cause de la pluie, prend le temps de me regarder puis me répond.
— C'est bon bonhomme, viens donc monte, c'est sur ma route, je vais t'y déposer !
— Parfait, merci beaucoup !
— Parfait, merci beaucoup !
Tous content, je me dirige vers la porte-passager, et je monte dans le camion. Je m'assois sur un siège confortable, et je découvre une cabine en bazar, avec des bibelots accrochés un peu partout, baignant dans un mélange d'odeurs de clopes, d'essence et de parfums.
La conductrice m'interpelle alors qu'elle redémarre le camion.
— Ne t'inquiète pas pour le bordel. Je collectionne un tas de trucs et j'ai du mal à m'en séparer. Moi c'est Angie, et toi tu t'appelles comment ?
— Moi c'est Hugo, merci encore pour le stop, c'est chiant de marcher sous la pluie.
— Hahaha ! Tu m'étonnes, p'tit gars ! Tu dégoulines de partout, mon revêtement de sièges va adorer. Mais je suis content de pouvoir t'aider par ce temps, faut le vouloir pour faire du stop aujourd'hui.
— Moi c'est Hugo, merci encore pour le stop, c'est chiant de marcher sous la pluie.
— Hahaha ! Tu m'étonnes, p'tit gars ! Tu dégoulines de partout, mon revêtement de sièges va adorer. Mais je suis content de pouvoir t'aider par ce temps, faut le vouloir pour faire du stop aujourd'hui.
Angie est une femme avec une forte personnalité. Elle semble aussi grande et musclée que moi, mais avec des traits fins de visage, une belle chevelure blonde et des yeux grands ouverts sur la route. Elle fume une clope, ce qui me laisse le temps de la regarder plus en détail. Elle porte des tatouages aux bras, et sa veste de chauffard, à moitié ouverte, laisse distinguer une poitrine plutôt grosse et musclée.
Elle me surprend en train de la regarder, lâche un peu sa clope et passe une vitesse dans un grand remous de bruit de moteur.
— Alors, p'tit gars, qu'est-ce que tu viens faire par là ?
— Je viens voir un pote qui habite dans le coin. Et toi ?
— Je viens voir un pote qui habite dans le coin. Et toi ?
Elle me jette un coup d'œil.
— Moi je rentre chez moi, j'ai fini ma course pour la semaine. Je n'habite pas trop loin de ta destination. Et j'ai hâte que ma journée se termine.
Je ne réponds rien, ne sachant quoi dire à cela. Elle conduit et fume sur sa clope avec un air songeur.
— Tu as quel âge toi ?
— Vingt-cinq ans. Et toi ?
— Moi, trente-quatre. Ça fait de moi ton aînée.
— Vingt-cinq ans. Et toi ?
— Moi, trente-quatre. Ça fait de moi ton aînée.
Elle me regarde de nouveau.
— Tu as une belle gueule toi, tu as de beaux yeux clairs. Ça me fait rêver.
Et elle pose doucement sa main sur mon genou.
Je n'ose pas bouger, je suis dans son camion, elle m'impressionne et je ne sais quoi lui dire. Mais j'aime bien ce qu'il se passe, et cela commence à m'exciter. Sa main commence alors à caresser mon genou.
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