Un défilé de conscrits mêlés sans mélo pour le défi méli-mêle-mots de Doctor Nobody
Chapitre 1
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Bi Orientation principale dans ce chapitre

Un défilé de conscrits mêlés sans mélo pour le défi méli-mêle-mots de Doctor Nobody — Chapitre 1

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MonsieurGentil
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Un défilé de conscrits mêlés sans mélo pour le défi méli-mêle-mots de Doctor Nobody

Chapitre 1

Note de l'auteur

Ce texte a été écrit dans le cadre du défi méli-mêle-mots de Doctor Nobody.
Mots ou éléments imposés : vieux bizarre en imperméable, cimetière, vernissage, violent orage, cafards, TNT, anticonformisme, balançoire, procrastination, bulle, obscurité, résilience, bavure, batte de baseball, patins de chaise, télécommande, missionnaire, andromaque
Les conscrits. Une fête « traditionnelle », que presque chaque commune adapte à sa sauce. Le comité des fêtes de ce village-ci l'organise depuis quelques années : cela permet d'attirer le chaland, d'apporter de la trésorerie, et d'animer le coin en septembre. C'est rudement bien fichu : photographe, vin d'honneur, buvettes, DJ, chapiteau et sono. Et même un petit feu d'artifice, prévu en milieu de soirée. Mais avant tout, c'est surtout une grosse beuverie.
On est en milieu d'après-midi, et pour le moment, c'est le défilé. Le thème de cette année n'est pas très original, mais efficace : les continents. Cinq continents, cinq chars, cinq dizaines. Les plus anciens, sexagénaires et au-delà, n'ont pas de char attitré : reconnaissables à leur canotier à cocarde, certains conduisent les tracteurs, d'autres sont montés sur les chars ou à bord des voitures anciennes qui ouvrent la marche.
Les trentenaires restent plutôt sages : ils saluent la foule d'un air sérieux, et dansent timidement sur du zouk (pas très africain, ça !) dans leurs boubous colorés. Les quinquagénaires sont très calmes eux aussi ; ils ont fait de gros efforts pour dégotter de chouettes costumes traditionnels européens. Les petiots, les décagénaires, débordent d'énergie : ninjas, kimonos et chapeaux pointus chahutent dans tous les sens, renversant pagodes et toriis en papier mâché.
Les conscrits les moins nombreux sont les vingtenaires : seulement quatre garçons et deux filles, mais déchaînés. Tous les six chantent et dansent au son d'INXS, de Midnight Oil. Ils descendent parfois du char pour distribuer du punch à la cantonade. Les filles et deux garçons sont vêtus en Tahitiens : jupes en raphia, torses nus ou bikinis, colliers de fleurs, couronnes de feuilles ; un garçon un peu costaud est en tenue de All-Black, le dernier en Crocodile Dundee. Je mate avec gourmandise les belles poitrines des deux jeunes filles qui sautillent sur « Can't Get You Out of My Head » de Kylie Minogue. Leur char est décoré de palmiers, d'une moaï (une tête géante de l'Île de Pâques), et d'un Opéra de Sydney en carton peint.
Ma femme et moi participons au char des quadras, celui des Amériques. Pourtant, ni Gabriella ni moi ne sommes encore quadragénaires, ni même du village. C'est Damien, un ami fraîchement divorcé, qui nous a invités. Pour situer les choses : d'une, il se trouve que je fais partie d'une équipe de baseball, Damien et moi avons donc des tenues « américaines » toutes trouvées. De deux, il convoite ma femme … et pour cause … elle tranche au milieu des cow-boys et indiens de pacotille. Gabi danse, déguisée en policière US ; casquette, badge chromé, lunettes de soleil, matraque et menottes : on y croirait presque, n'étaient les escarpins, les bas résille et la mini robe bleu foncé moulante, pas très réglementaires.
Ma court-vêtue se déhanche entre une statue de la liberté et un Empire State Building miniatures, tapant du pied au rythme de la musique. « Cause I'm TNT, I'm dynamite ! … TNT ! Watch me explode !! …  » hurlent les enceintes du char. Personne ne semble gêné du fait qu'AC/DC soit un groupe australien et pas américain … Les gens lui sourient, surtout les mecs … elle n'arrête pas de remettre en place le bas de sa robe qui s'entête à se retrousser, dénudant ses belles cuisses dodues.
La sueur dégouline depuis sa gorge jusque dans le sillon profond de ses seins. L'été joue les prolongations moites, le mercure flirte allègrement avec les 40 degrés au-dessus du bitume.
J'avais rencontré Gabriella "par le boulot". On avait baisé dès le premier soir, et bizarrement, c'était vite devenu sérieux. Son père était un de nos plus gros fournisseurs en rhums nicaraguayens. Il avait été trop content de se débarrasser d'elle : une trentenaire divorcée, c'est difficile à "recaser" dans l'élite puritaine de Managua, surtout quand plusieurs affaires de mœurs entachent sa réputation … mœurs qui pourtant faisaient à mes yeux tout son charme … Gabi n'est peut-être pas nymphomane au sens médical du terme, mais elle a indéniablement le feu au cul. Une gueule d'ange au cul d'enfer. Un visage jeune et innocent, super mignonne, yeux noisettes, bouche en cœur, cheveux de jais qui lui caressent les reins. Une bombe. Des fesses qui clapent allègrement, quand elle twerke ou quand elle se fait cravacher par un étalon de passage. Et ses loches ! De gros ballons de foot américain, caramel, terminés par d'adorables fèves brunes, pleins, massifs, qui lui arrivent presque au nombril.
Pour ne rien gâcher et même si ça avait fait grimacer son padre, Gabriella a conservé son nom de famille, accolé au mien. A mon niveau, ça avait rajouté une sacrée cerise sur la pièce-montée : leur patronyme est célèbre dans toute la péninsule, il m'ouvre un sacré paquet de portes. Et donc je me retrouve nanti d'une épouse polyglotte, qui connaît un paquet d'idiomes et de dialectes, rompue à tous les « codes » de la haute société sud-américaine, aux différences entre anciens et nouveaux riches, gens de la haute et propriétaires terriens historiques. Jusqu'aux maîtres de chai qui se plient en quatre pour elle. Flanqué d'une bombasse caraïbe, tout est devenu plus facile pour moi.
Cela fait cinq ans que nous sommes mariés ; ce n'est pas très romantique, mais je pense que grâce à elle mon chiffre d'affaires a été multiplié par dix.
Et puis … évidemment … ensemble, nous écumons les maisons closes, de la Patagonie jusqu'au Mexique. Trios, partouzes, gang-bangs … nous sommes un peu « no limit » quand nous bossons de l'autre côté de l'Atlantique. J'avais eu la faiblesse de raconter quelques unes de nos frasques à Damien, et cela avait allumé des brasiers en lui.
Mais revenons au défilé. Les chars empruntent plusieurs fois le même circuit : la rue principale, la place de l'Église, le marché, le nouveau quartier, l'école, le collège, la salle polyvalente-gymnase, et retour. Au troisième tour, les vingtenaires descendent soudainement de leur carriole, ils grimpent sur les autres chars, vont dans le public, et lancent une farandole que nous rejoignons.
Les deux mains prises, difficile pour Gabi de remettre sa robe en place. De là où je suis, j'en vois certains se régaler du spectacle de sa robe retroussée jusqu'au string. Je la recroise au gré de la farandole : les joues empourprées, ça va, elle ne semble pas trop souffrir de son sort. La farandole se termine dans un joyeux bordel, et les vingtenaires nous invitent à les rejoindre à bord de leur char, ce que nous faisons.
Aux quatrième et cinquième tours, l'ambiance change : Gabi ne fait plus mine de vouloir remettre sa robe en place. A bord, deux jeunes ne la lâchent plus, ils dansent avec elle, toujours avec une ou deux mains baladeuses, d'abord dans son dos, puis plus bas, de plus en plus bas … Gabi joue le jeu, trémoussant du fessier, se penchant contre eux, donnant force accolades et embrassades à ses deux « cavaliers ».
Damien nous avait suivis sur le char ; il profite d'une nouvelle chanson pour s'intercaler à droite de Gabriella. Sans vergogne, il lui met la main au paquet, allant jusqu'à lui doigter l'interfessier. Chacun est de plus en plus alcoolisé et échauffé, moi y compris. Certains spectateurs commencent à rompre les rangs, et à se diriger vers les buvettes et autres stands.
Occupé à danser avec les deux vahinés, pas farouches, je m'avise d'un coup que le plateau des vingtenaires s'est brusquement dépeuplé. Notamment ma femme, qui a disparu. La plateforme n'est pas très grande, alors je la retrouve bientôt. « L'Opéra de Sydney » se révèle être un simple agencement de cartons peints, savamment fixés sur une tente. Visiblement, c'est ici que les « Océaniens » conservent leurs bouteilles, à l'abri du soleil.
Gabi est là, en aimable compagnie : les deux tahitiens, le All-black et Damien. Ils font cercle autour d'elle, se bousculant pour la serrer encore davantage. Elle est en train de boire un soda d'une main, l'autre main bien occupée dans un pagne. Personne ne semble se soucier de la dureté du plancher, tout occupés qu'ils sont à la peloter, à l'embrasser, à la défaire de sa robe, à étirer son string et son soutif. Il y a un petit moment de flottement quand je fais irruption sous la tente, mais qui disparaît bien vite. Rapidement, ma femme a droit au spectacle de cinq verges en pleine branlette, rien que pour elle. La gourmande se met à sucer tous les sucres d'orge qui ont le bonheur de passer à sa portée. Pas beaucoup de place, chacun veut avoir droit à son petit moment de bonheur, sans compter la chaleur qui monte, augmente jusqu'à être pire qu'au-dehors. La sueur coule à flots, les corps s'enchevêtrent, un râle clitoridien monte peu à peu dans les aigus, bâillonné par les bouches impatientes. Il y a un côté surréaliste à baiser à plusieurs, là, au milieu de la grand-rue d'un village bien franchouillard, seulement séparés de la foule par une fine membrane de nylon …
Ce manège dure deux tours. Quand nous reprenons nos esprits, la robe de ma femme est saccagée, souillée de haut en bas ; le char est immobile depuis un moment. Je passe une tête à l'extérieur : tous les chars sont rangés, sagement alignés sur le parking du cimetière.
Damien et les gamins sont un peu penauds, et font mine de partir, mais je connais ma femme : tout ceci n'était pour elle qu'une mise en jambes. Elle roule une pelle à l'un, puis à un autre, tout en lui rudoyant la bite …
« Attendez ! dit un polynésien, on va .. on va se trouver un coin peinard … »
Il nous guide vers le cimetière. Gabriella a un mouvement de recul : les cimetières, c'est pas trop son truc, mais le gamin nous emmène jusqu'à un endroit dégagé, une sorte de friche. Il y a là des cabanes de chantier, des gravats, d'anciennes tables de pique-nique, de vieilles croix et pierres tombales cassées, avec des champs autour.
Ma femme a capté le topo. Baiser en plein-air, c'est son kiff ! Elle se dégage de ses vêtements, et se rue sur les jeunes érections. La suite est une lente débauche à ciel ouvert, les capotes circulent de main en main. D'abord timides, ils la prennent à tour de rôle, puis ensemble, et le point culmin … KRRAAAKKKK !!!!
Un flash lumineux vient de zébrer le ciel, aussitôt accompagné de grosses gouttes d'eau qui s'écrasent autour de nous. Aucun de nous n'avait remarqué les nuages s'amonceler au-dessus de nos têtes. Le ciel se déchire d'un coup, déversant des cataractes. Nous improvisons des parapluies avec nos vêtements, et nous enfuyons à moitié nus. Quel drôle de cortège ! une demi-douzaine de culs nus qui courent, nichons et verges en hélicoptère ! Nous tentons de nous abriter du déluge contre un mausolée.
« Venez ! dit le All-Black, short à la main et bite à l'air.
— Où ça ?
— Au gymnase !
— Le gymnase ? 
— Oui ! J'ai les clefs ! »
Les autres opinent. En chemin, Damien m'explique que le gymnase municipal est attenant au cimetière, et comporte plusieurs salles. Dans la plus grande se tient aujourd'hui un salon d'artisans, et dans la plus petite se prépare le vernissage d'un artiste du cru, Joseph Trimedo, un peintre-fresquiste-céramiste assez renommé, pour la semaine prochaine. Il m'explique encore que ça permet surtout de bénéficier de subventions culturelles, toujours ça de gagné.
Effectivement, nous accédons depuis l'arrière du bâtiment à la petite salle, plongée dans l'obscurité, où le silence règne. On perçoit tout juste le brouhaha ténu du salon, plus loin.
Le vernissage est un bordel monstre. Pas d'autre mot. Tout ce fatras hurle « artiste prolixe » : sculptures, tableaux, installations, vases … Ici, une Joconde dont l'habit est une nuée de cafards sombres convoitant son visage. Là, une évocation de l'escarpolette de Fragonard, mais dont la balançoire est plantée au bord d'un précipice. Le vieil homme sourit de manière sadique tout en poussant avec force la jeune fille insouciante. Le jeune homme, lui, est cramponné au-dessus du vide, on ne saurait dire s'il crie ou s'il sourit bêtement.
On y voit malgré tout, car il y a toute une flottille de lampes, des concrétions lumino-organico-minérales, et un écran géant au mur, où se succèdent des clips-vidéos, mosaïques muettes apocalyptiques : scènes de guerre, explosions, catastrophes s'enchaînent. Un mannequin livide est installé devant, assis de guingois dans un fauteuil usé. Casque audio et lunettes de soleil sur la tête, télécommande à la main : toute l'absurdité du monde hypermédiatique, connecté à outrance mais complètement déconnecté de la réalité, en pleine procrastination alors même que s'effondrent le monde et la civilisation. Ouais, bof.
Pendant que je contemple tout ce foutoir, les autres n'ont pas perdu leur temps : quelqu'un a tiré un tapis de gym dans l'endroit le plus éclairé, et ils sont déjà deux à pénétrer Gabriella ! Elle me regarde avec amour et malice à la fois, incarnation de la concupiscence succube latine …
« AaaaAAAHHHH !! hurle-t-elle d'un coup, Madre de dios !! » Derrière moi se tient la silhouette du fauteuil. En fait de mannequin, c'est Trimedo, l'artiste local en question, le « chantre de l'anticonformisme » d'après les autochtones. Il ne ressemble pas beaucoup aux affiches placardées dans le village … je dirais que s'il y a un artiste, c'est la personne qui a photoshoppé son portrait !
Le bonhomme est aussi hétéroclite que son expo : crocs et chaussettes éculées, pantalon zoulou, t-shirt tie-and-dye, imperméable informe, lunettes relevées sur le front. Un air de savant fou façon Doc Brown qui revient du futur : âgé et les cheveux en bataille.
« Qu'est-ce que vous faites là ? demande l'apparition grotesque.
— Ben ... On baise, répond Damien, plein d'esprit.
— Ah.
— Ouais.
- …
— Bon, euh, on va pas vous déranger plus longtemps.
— Non, non, ça va, vous ne me dérangez pas. »
Son zoulou commence à faire chapiteau. Il faut dire que les garçons ont repris ma femme d'assaut, le spectacle de ses mamelles et de ses fesses vaut le détour. Il commence à se branler devant nous, sans honte.
« Maldita !! » couine Gabi.
Je ne peux qu'acquiescer d'un sifflotement : le vieillard arbore un zob de belle taille, un machin courbé et plat, blanchâtre, qui se termine en un triangle violet maousse. Marrant comme sa teub ressemble à ses œuvres, excessive et colorée.
Il s'approche encore, se dévêt complètement. Lorsqu'une place se libère, Gabi se met sur le dos et il l'enconne sans cérémonie ni préliminaire. Les petites lèvres l'aspirent, refusent de laisser partir la turgescence quand il se recule. Il gémit. J'espère qu'il ne va pas nous caner dans les pattes. Ses yeux se révulsent. Il replonge son bassin et sa hampe au plus profond, faisant glapir ma nymphomane.
Pendant ce temps, le rugbyman se positionne au-dessus de la nicaraguayenne. Il lui faut un moment avant de comprendre ce qu'il attend d'elle, tellement elle est partie. Elle se masse le visage avec la jeune verge, avant de l'emboucher tout de go. Le garçon voit sa bite disparaître, comme par magie. « GORGGLE GWOORRGLLLLgglll GOOORGGGggg … » les belles bourses claquent le visage de mon aimée. Le « doc » se congestionne, frémit … Il se retire, déchausse son latex avant de se branler au-dessus des cuisses grandes ouvertes. Popaul crache des bouillons de foutre qui s'écrasent sur le ventre caramel de ma belle. Pas le temps de se reposer, Damien prend la suite. Il pénètre Gabriella presque rageusement, dans un bruit dégoûtant de pet vaginal. Le rugbyman éjacule a son tour. Il a bien baisé l'accorte bouche de ma femme, une bulle épaisse éclate à la commissure de ses lèvres. Elle tente de balbutier quelque chose, mais déjà un polynésien lui tend son braquemart, bien astiqué et bien dur. Elle le regarde, hagarde, avant de l'avaler lui aussi. Du sperme précédent s'échappe, coule sur son menton. Elle le rattrape de la main, avant de laper goulûment, puis de reprendre sa fellation. Cette pipe-ci est plus lente que la précédente. Elle prend le temps de jouer avec le prépuce, elle y darde sa langue, stimule le méat. Le garçon n'est sans doute pas habitué à une pipe de cette classe ; il se raidit rapidement, ce que voyant, Gabriella le lèche derechef, l'aguichant du bout de la langue, tout en lui flattant les bourses. Il lui empoigne la tête, et la gelée blanche s'écoule bientôt, paresseusement. Elle joue avec, lèche, et avale tout. Damien s'est retiré. Il grogne. Pas besoin d'articuler, mais envie d'enculer.
Moi aussi je commence à être en faim. Avisant le fauteuil, je prends ma femme par les poignets, la redresse sur ses pieds. Elle est toujours aussi groggy, sans doute l'overdose de sexe et l'alcool combinés. Je la fais asseoir sur moi. Elle s'empale jusqu'à la garde, avant de remonter, de se laisser retomber, puis d'adopter un galop effréné. J'écarte ses fesses à destination de notre ami, qui s'approche, et l'encule doucement, la faisant ralentir et gémir à la fois. Le second tahitien s'y met lui aussi, et vient se faire sucer.
Le fauteuil crie à l'agonie, notre joyeux quatuor glisse par à-coups à travers la pièce, sans doute grâce aux patins de chaise ; un « à-dada » ridicule et dépravé. Damien éjacule. Il ne porte pas de préservatif – voilà pourquoi il m'avait tant répété qu'il était clean, et je sens son sperme couler du périnée de Gabi jusqu'à mes couilles.
Je plonge mon visage dans le cou de ma belle .. nous nous embrassons langoureusement …
Tous les six, nous la baisons, et la baisons encore. Comme en pied-de-nez à l'andropause qui le guette, Trimedo est le plus énergique d'entre nous. Mais même les meilleures choses ont une fin. Monsieur Rugby nous indique que nous pouvons profiter des douches pour nous rendre à nouveau présentables. Ce n'est pas de refus, même si nous n'avons rien pour nous sécher.
Nous passons tous les sept à la douche, nous savonnant mutuellement. Je ne serais pas contre me taper un des petits Océaniens, il a un joli petit cul. Je ne suis pas le seul à me faire des idées car les érections se redressent, et Gabriella se savonne de moins en moins innocemment. Trimedo s'éclipse un instant, avant de revenir les bras encombrés d'un bric-à-brac. Le bruit de l'eau m'empêche de comprendre ce qu'il dit à l'un des garçons, qui opine à ses propos, avant de sortir chercher quelque chose, sans discuter. Ce vieillard a un réel charisme, il nous explique ce qu'il a en tête, de façon décousue, tout en s'affairant …
« Une rencontre comme celle-ci … difficile de ne pas croire au destin … je vous propose de … j'ai eu l'idée d'un projet, d'une œuvre, une éclaboussure figée dans le temps, pour sceller notre rencontre éphémère. »
Comme il parle, le garçon est revenu, traînant un nouveau tapis de gym derrière lui. Tout en poursuivant ses explications, Trimedo agrafe un grand tissu noir sur le tapis, puis dispose ce qu'il avait amené : des pots de peinture entamés, dont certains bien bosselés. « Tenez, choisissez une couleur chacun … Le vert pour madame, je ne sais pas, la vitalité … Allez-y, c'est de l'acrylique, ça ne craint rien … tenez, le rouge, la passion, le violet … pour toi … » 
Les garçons sont les premiers à s'en recouvrir. J'assiste à l'effet de la pression sociale en action : sans aucune conviction, je m'en enduis pourtant, et Gabi également.
Là, dans ces douches éclairées par les néons aveuglants, nous baisons à nouveau, tous les sept … une étreinte multiple … nos corps sont enduits de couleurs criardes et primaires qui se mêlent, se fixent sur le velours noir. Nos corps et nos membres tracent des zébrures informes.
Nous n'en pouvons plus ; un par un, nous quittons l'étreinte multicolore pour aller nous doucher à nouveau. L'artiste, en revanche, ne s'arrête plus. Je ne sais pas à quel moment il a trouvé nos battes de baseball – Damien et moi avions opté pour des battes factices, moins dangereuses que des vraies - mais il s'en est emparé, et à présent, il est à califourchon au-dessus de Gabriella, tout en la godant avec l'une d'elle. Les deux amants semblent pris d'une rage pornographique et féroce : Gabriella n'est pas en reste, elle fesse son assaillant à revers, et le fiste avec le manche de l'autre batte. Il abandonne l'assaut en premier, s'écroule à son côté. Elle, elle ne lâche rien, et continue de lui goder l'anus, tout en le branlant. Certes, on a fait déjà bien pire, mais je suis quand même estomaqué par la résilience de Gabi. Enfin, il jute, un sperme maigre, en filets, qui scelle la fin du « combat ». Comme un fait exprès, des détonations retentissent, et il nous faut un moment avant de comprendre qu'il s'agit du feu d'artifice : l'orage est parti, et le soir est déjà là.
L'œuvre est impressionnante. Energique, brouillonne … mais pour qui en a été acteur … plus je la regarde, mieux je la lis … sur le fond noir, le délire des bavures retrace une épopée colorée, les minutes intenses. Le vert de Gabi est partout, revenant sur les couches précédentes, se mêlant à mon bleu, omniprésent mais en retrait, le marron du rugbyman est présent ici ou là, le jaune lumineux de Trimedo éclaire et se mêle aux larges disques verts, les genoux orange et violet des tahitiens sont là eux aussi, et là le rouge un peu violent et avide de Damien. Tout est mouvement … impacts … fichtre !
Nous sortons discrètement du gymnase. Les flonflons du bal s'élèvent dans l'air frais. Les étoiles brillent dans le bleu sombre du ciel. La place du village est éclairée de lampions et de spots. Trimedo est resté au vernissage. Les jeunes nous saluent, partent retrouver leurs amis, nous laissant tous les trois, Gabriella, Damien et moi. Je vais nous chercher du ravitaillement. Quand je reviens, j'ai un peu de mal à les retrouver : reculés dans un petit coin sombre, ils sont à deux doigts de baiser en public. Damien est en train de malaxer la belle poitrine qui déborde du jersey bleu nuit, leurs bassins se frottent avec ardeur pendant qu'ils s'embrassent fougueusement. J'embrasse ma femme par derrière, dans le cou, tout en retroussant sa jupe. Je caresse son fessier, son pubis moite, la rudoie un peu. Nous n'allons pas jusqu'au bout ; la fatigue, ou une sorte de communion muette, nous savourons à trois cet instant un peu suspendu, cette intimité, ce petit paroxysme d'excitation. Nous reprenons notre souffle, mangeons et buvons tranquillement, au milieu de la foule joyeuse, avant d'aller danser tous les trois. Sur la piste, les hommes se disputent en riant pour faire danser ma belle, sans se douter des moments de vertige qu'elle vient de connaître, sans soupçonner la nuit que nous allons encore passer, tous les trois, chez Damien.
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Mandrakke
6 mars 2025 à 10:08
Histoire sympa avec des personnages qui n'ont pas peur du partage.
J'ai trouvé la façon d'amener les mots imposés très bien tournée.
Bravo.
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Répondre
MonsieurGentil
14 février 2025 à 14:46
Merci Wedreca ! C'est clair que Gabriella prend cher dans cette histoire. C'était la première fois que j'écrivais une histoire avec une protagoniste à la sexualité aussi débordante et assumée, et c'est assez easy du coup, ça simplifie beaucoup la mise en place des scènes osées, ça permet aussi d'en amener plusieurs sur un nombre limité de mots.
Enfin, les fantasmes du sexe en public/ juste cachés par la toile de tente, dans les douches, en plein-air, c'est que du bonheur à écrire.
Au plaisir de lire ton récit prochainement !
Soyez respectueux
Répondre
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Wedreca
13 février 2025 à 17:49
Eh bien, MonsieurGentil, ça c'est du défilé ^^' !
Et la pauvre Gabi, comment elle prend cher :D ! Elle donne vraiment de sa personne, cette femme ! En même temps, ça crée des liens, hein :D !

Bravo pour ton épopée, MonsieurGentil. Tu as super bien géré, en tout cas :).

(tu me donneras quand même l'adresse, au cas où je décide un jour de visiter le coin :P)
Soyez respectueux
Répondre
MonsieurGentil
13 février 2025 à 15:10
Ha ha ! Effectivement, la fête des conscrits, je ne connaissais pas non plus avant d'arriver dans la région Centre Est. Or dixit wikipédia c'est assez répandu ... Visiblement pas tant que ça !!!
Merci beaucoup pour ton retour !
(J'ajouterai : pour rappel, le récit ne respecte pas les conditions du défi, 3.800 mots au lieu de 3.000 max)
Soyez respectueux
Répondre
Photo de profil de Monsieur Plume
Monsieur Plume
13 février 2025 à 14:49
J'ai été un peu perdu au début, parce que pour moi un conscrit c'est un soldat, et que je n'ai toujours pas compris le rapport avec ce défilé...

Sinon, il y a beaucoup de sensualité dans la manière de décrire Gabi (ce que j'ai apprécié) et les scènes de sexe fonctionnent très bien.
Soyez respectueux
Répondre

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