Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Une colocation d'Enfer — Chapitre 1 · Lilyss, la colocataire démoniaque (Léon)
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteurs
Une colocation d'Enfer
Chapitre 1 · Lilyss, la colocataire démoniaque (Léon)
— Que cuisines-tu ? Ça sent drôlement bon.
Purée ! Je ne peux m'empêcher de sursauter en entendant la voix de Lilyss derrière moi, je ne l'ai même pas entendu arriver ! Cela fait trois semaines que nous sommes colocataires, et dans ce laps de temps, nous ne nous sommes quasiment rien dit, mis à part quelques banalités d'usage quand on se croise dans l'appartement. Je ne sais quasiment rien d'elle et, à part le fait que j'ai vingt-cinq ans, elle ne sait pas grand-chose sur moi non plus… Enfin, je crois.
— Du saumon, lui dis-je après avoir repris mon souffle. Du saumon avec une julienne de légume à base de poireau et céleri.
— Je n'ai encore jamais mangé de saumon ! s'extasie Lilyss en se penchant sur le poisson en train de mariner. Dans quoi tu le fais mijoter ?
— De la sauce soja salé, de la sauce huitre, un peu de miel, ainsi qu'un peu de thym.
— Que des choses que je n'ai jamais encore goûtées ! La nourriture humaine est si variée !
— Je n'ai encore jamais mangé de saumon ! s'extasie Lilyss en se penchant sur le poisson en train de mariner. Dans quoi tu le fais mijoter ?
— De la sauce soja salé, de la sauce huitre, un peu de miel, ainsi qu'un peu de thym.
— Que des choses que je n'ai jamais encore goûtées ! La nourriture humaine est si variée !
La nourriture humaine, j'ai encore beaucoup de mal à me faire à ce genre de phrase. Parce que oui, s'il y a une chose importante à savoir sur ma colocataire, c'est qu'elle n'est pas humaine. Comme le prouve sa grande taille, près de deux mètres dix, ses yeux rouges étincelants, ainsi que les deux petites protubérances au niveau de son front, Lilyss est une démone. Une vraie, qui vient tout droit des Enfers !
Je ne plaisante pas, dix ans auparavant, un grand nombre de démons ont débarqué sur terre, mais pas pour tout détruire ou quoi que ce soit. Non, ils sont venus pour vivre avec nous, les humains. Au début, évidemment, la peur était palpable et personne ne leur faisait confiance, mais ils ont fait eux-mêmes le premier pas. Certains ont utilisé leurs pouvoirs pour soigner des maladies incurables, d'autres se sont mis à travailler dans des emplois, vus comme difficiles et ingrats. Bref, ils ont fait des efforts. De plus, leur apparence est loin d'être repoussante comme nous l'avons imaginé jusqu'à là. Comme Lilyss, ils sont tous grands, minimum deux mètres, deux yeux très clairs qu'importe la couleur, et des excroissances au niveau du front, signe qu'ils cachent leurs cornes.
Tout ceci a fait qu'aujourd'hui, dix ans après l'incursion des premiers démons sur Terre, nous vivons dans une certaine stabilité. Il y a bien sûr des incidents liés au racisme, ou à la peur de l'autre, mais ces derniers tendent à diminuer au fil des années. Et pour aider à la cohabitation, un organisme a été mis en place pour organiser des colocations entre humains et démons, et je m'y suis inscrit. À la base, je devais avoir un colocataire, mais un changement de dernière minute fait que je me retrouve à partager mon appartement avec une colocataire, Lilyss.
Ce soir, c'est la première fois que je la vois manifester un quelconque intérêt pour quoi que ce soit, je ne sais pratiquement rien d'elle, mais la nourriture semble être quelque chose qui lui tient à cœur.
— Je pourrais goûter ? Me demande-t-elle après avoir passé un moment à regarder le poisson.
— Je peux t'en faire si tu le veux, je ne mangerai pas tout à moi tout seul.
— Tu sais comment me parler, toi ! C'est presque prêt ?
— Je peux t'en faire si tu le veux, je ne mangerai pas tout à moi tout seul.
— Tu sais comment me parler, toi ! C'est presque prêt ?
C'est la première fois que je vois quelqu'un être aussi enthousiaste à l'idée de manger. J'ai déjà vu des gens contents de découvrir de nouvelles saveurs, mais là, c'est comme si elle venait de gagner le jackpot au loto. Je dois bien avouer que cela fait plaisir à voir. Depuis qu'elle est arrivée, son visage est toujours stoïque, ne laissant transparaître que très peu d'émotions. J'en suis même venu à me demander si elle pouvait en ressentir.
— Quasiment, je dois encore faire cuire les légumes, ça va aller vite.
— On dirait que tu as l'habitude de cuisiner.
— Oui, je suis cuisinier.
— Pourquoi tu ne me l'as pas dit avant ?
— Tu aurais aussi pu le demander avant.
— Touché.
— On dirait que tu as l'habitude de cuisiner.
— Oui, je suis cuisinier.
— Pourquoi tu ne me l'as pas dit avant ?
— Tu aurais aussi pu le demander avant.
— Touché.
Quelques minutes plus tard, j'arrive à table avec deux assiettes, Lilyss est ravie, j'ai même l'impression de voir des étoiles dans ses yeux. Elle passe un moment à regarder l'assiette, puis coupe le saumon en deux.
— Il est encore un peu rose à l'intérieur.
— Oui, j'aime sentir le craquant de la peau du saumon, mais aussi l'intérieur pas tout à fait cuit.
— Oui, j'aime sentir le craquant de la peau du saumon, mais aussi l'intérieur pas tout à fait cuit.
Après avoir pris une première bouchée, et avoir gémi d'une manière assez particulière, Lilyss se jette sur le reste du repas et termine son plat en moins de cinq minutes. J'ai à peine le temps d'arriver à la moitié du mien que ma colocataire, visiblement très satisfaite de l'assaisonnement, se met à racler chaque goutte de la sauce. Quand elle en a terminé avec son plat, l'assiette est presque plus propre que quand je l'ai servi.
— Ça t'a plu, on dirait ?
— Oh que oui ! Je n'avais pas encore mangé de plats humains très élaborés. C'est un vrai délice ! Tu as vraiment bien trouvé ta vocation.
— Je te remercie. Et toi, que fais-tu dans la vie ?
— Je suis encore le programme d'insertion, je t'avoue que j'ai du mal à trouver ce que je veux faire.
— Oh que oui ! Je n'avais pas encore mangé de plats humains très élaborés. C'est un vrai délice ! Tu as vraiment bien trouvé ta vocation.
— Je te remercie. Et toi, que fais-tu dans la vie ?
— Je suis encore le programme d'insertion, je t'avoue que j'ai du mal à trouver ce que je veux faire.
Le programme d'insertion, dont parle Lilyss, est un organisme créé pour aider les démons qui veulent vivre sur Terre à trouver une vocation, ainsi qu'un emploi. J'ai déjà entendu parler de démon qui n'ont pas eu à attendre longtemps avant d'obtenir quelque chose, mais, en général, il leur faut plus de temps.
— Si tu aimes tant que ça la nourriture, pourquoi ne pas te tourner vers la cuisine, comme moi ?
— Parce que je n'ai pas la patience pour faire ça. Tu as bien vu ces derniers jours, quand je me fais à manger, ce sont des plats à faire réchauffer, ou des fast-foods.
— Dans ce cas-là, essaie de trouver quelque chose qui a un rapport avec ce que tu faisais aux Enfers.
— Ça va être plutôt compliqué.
— Pourquoi ? Que faisais-tu en Enfer, avant de venir ici ?
— Parce que je n'ai pas la patience pour faire ça. Tu as bien vu ces derniers jours, quand je me fais à manger, ce sont des plats à faire réchauffer, ou des fast-foods.
— Dans ce cas-là, essaie de trouver quelque chose qui a un rapport avec ce que tu faisais aux Enfers.
— Ça va être plutôt compliqué.
— Pourquoi ? Que faisais-tu en Enfer, avant de venir ici ?
Tout en reposant son assiette, Lilyss tourne ses yeux vers moi, et son regard devient un peu plus sérieux. En prenant en compte le fait qu'elle est plus grande que moi de deux têtes, et que c'est une démone, la voir me regarder de haut m'intimide au point que je baisse la tête devant elle.
— Je suis désolé ! Je ne voulais pas poser une question possiblement déplacée.
— Non, elle ne l'est pas, je ne m'attendais juste pas à cela. Mais pour te répondre, je vais devoir t'expliquer un peu comment cela fonctionne aux Enfers.
— Euh… D'accord.
— Non, elle ne l'est pas, je ne m'attendais juste pas à cela. Mais pour te répondre, je vais devoir t'expliquer un peu comment cela fonctionne aux Enfers.
— Euh… D'accord.
Je ne suis pas vraiment sûr de vouloir le savoir, mais tant pis, je ne peux m'en prendre qu'à moi-même de lui avoir posé cette question.
— Quand un humain fini aux Enfers, il est envoyé dans un des sept cercles principaux, qui équivaut au péché capital qui lui correspond le mieux : l'orgueil, l'avarice, la jalousie, la colère, la luxure, la gourmandise et la paresse. Nous, les démons, sommes répartis par « caste » dans ces différents cercles, et nous nous occupons de punir les âmes des pécheurs pour l'éternité.
— Je vais sûrement regretter ma prochaine question, mais, de quelle manière ?
— Cela dépend du péché pour lequel ils sont punis. À ton avis, je viens de quel cercle des Enfers ?
— Je vais sûrement regretter ma prochaine question, mais, de quelle manière ?
— Cela dépend du péché pour lequel ils sont punis. À ton avis, je viens de quel cercle des Enfers ?
Pris au dépourvu, je prends le temps de rassembler le peu de chose que je sais de Lilyss : Elle n'est pas patiente, a le sang assez chaud, et adore manger. Son regard rouge écarlate laisse transparaître une certaine espièglerie, mais cela ne m'aide pas à trouver une réponse claire. Tant pis, je tente le coup.
— Je dirais la gourmandise ou la colère, non ?
— Oh, ça va, j'arrive à bien mieux cacher mon jeu que ce que je pensais !
— Pourquoi, ce n'est pas cela ?
— Non, pas du tout.
— Oh, ça va, j'arrive à bien mieux cacher mon jeu que ce que je pensais !
— Pourquoi, ce n'est pas cela ?
— Non, pas du tout.
Lilyss se lève, détache ses cheveux noir de jais, qui étaient jusque-là attachés en queue-de-cheval, déboutonne deux boutons de son chemisier, me laissant voir la naissance de ses seins. Elle s'assoit ensuite de nouveau face à moi, en se penchant légèrement en avant. Ses yeux rouges sont alors encore plus perçants, mais laissent également échapper quelque chose d'autre. Quelque chose de plus… envoutant.
— Tu ne devines toujours pas ? Demande-t-elle en prenant une voix plus sensuelle.
— Je… Je dirais la luxure ?
— Exactement, je suis une démone de la luxure. Je punissais tous ceux qui ont commis des péchés de ce genre, comme les violeurs, par exemple.
— Comment sont-ils punis ?
— Moi, ainsi que les autres succubes, nous amusons à coucher avec eux. Sauf que, au lieu de ressentir du plaisir, ils ressentent une immense douleur à chaque instant. Cette douleur est pour nous une source de plaisir, sans parler de leurs hurlements de douleur qui sont une douce mélodie à nos oreilles.
— Je… Je dirais la luxure ?
— Exactement, je suis une démone de la luxure. Je punissais tous ceux qui ont commis des péchés de ce genre, comme les violeurs, par exemple.
— Comment sont-ils punis ?
— Moi, ainsi que les autres succubes, nous amusons à coucher avec eux. Sauf que, au lieu de ressentir du plaisir, ils ressentent une immense douleur à chaque instant. Cette douleur est pour nous une source de plaisir, sans parler de leurs hurlements de douleur qui sont une douce mélodie à nos oreilles.
Elle dit ça avec un sourire sadique à peine dissimuler, alors qu'un frisson me parcourt le corps. Évidemment, je suis content de savoir que les prédateurs sexuels finissent par récolter ce qu'ils sèment, mais je me rends également compte que, malgré sa forme humaine, Lilyss est tout de même une démone, et que les Enfers existent bel et bien.
— Ne t'en fais pas, murmure-t-elle avec une voix suave et un regard amusé. Je suis sûre que tu n'y finiras pas, tu me sembles trop gentil pour cela.
— Je… Merci, dis-je en rougissant. Mais, est-ce que du coup tu as du plaisir uniquement avec la souffrance des pécheurs ?
— Non, encore heureux ! Je ressens aussi du plaisir en couchant normalement. Que ce soit avec d'autres démons ou avec des humains. Si je ne ressentais du plaisir qu'avec la douleur des autres, personne ne voudrait coucher avec des démones de mon genre.
— Je… Merci, dis-je en rougissant. Mais, est-ce que du coup tu as du plaisir uniquement avec la souffrance des pécheurs ?
— Non, encore heureux ! Je ressens aussi du plaisir en couchant normalement. Que ce soit avec d'autres démons ou avec des humains. Si je ne ressentais du plaisir qu'avec la douleur des autres, personne ne voudrait coucher avec des démones de mon genre.
Lilyss est toujours penchée vers moi, avec son regard taquin, sa voix sensuelle et son décolleté… Plongeant, dirons-nous. Je ne peux m'empêcher de l'observer, de me sentir attirer et de ressentir une vague de chaleur se répandre dans tout mon corps.
— Je le savais, dit-elle en se penchant encore plus en avant sur la table, souriant à pleines dents, faisant ressortir des canines plus pointues que celles des humains. Je t'attire, tu commences à avoir envie de moi.
— Je… Non ! Comment tu peux le savoir ?
— Les réactions corporelles n'ont aucun secret pour moi, petit humain. Ton visage qui devient rouge, tes lèvres qui s'assèchent, ainsi que la petite goutte de sueur qui perle sur ton front… Tout cela indique une excitation naissante en toi.
— Je… Non ! Comment tu peux le savoir ?
— Les réactions corporelles n'ont aucun secret pour moi, petit humain. Ton visage qui devient rouge, tes lèvres qui s'assèchent, ainsi que la petite goutte de sueur qui perle sur ton front… Tout cela indique une excitation naissante en toi.
Alors qu'elle s'approche lentement de moi, à genoux sur la table, j'ai l'impression que ma conscience se fait aspirer, comme si ma raison m'abandonnait au profit d'instincts plus primaires.
— Est-ce que tu es en train de m'hypnotiser ? Ou quelque chose du genre ?
— Pas du tout, rétorque-t-elle en rigolant. Non, mes pouvoirs de démone de la luxure ne fonctionnent pas comme cela. Je ne peux contrôler tes envies, ni te dire que faire. En revanche, je peux faire ressortir et accentuer ceux qui sont déjà en toi. Pour faire simple, je t'aide à assumer ce qui te fait envie.
— Pas du tout, rétorque-t-elle en rigolant. Non, mes pouvoirs de démone de la luxure ne fonctionnent pas comme cela. Je ne peux contrôler tes envies, ni te dire que faire. En revanche, je peux faire ressortir et accentuer ceux qui sont déjà en toi. Pour faire simple, je t'aide à assumer ce qui te fait envie.
Son visage est maintenant à quelques centimètres du mien… Je peux sentir son souffle chaud sur mon visage, ainsi que la douceur de sa peau lorsque l'une de ses mains vient caresser ma joue gauche.
— Alors, petit humain, serais-tu intéressé à l'idée de coucher avec une démone ?
Mon cœur bat la chamade, j'ai l'impression qu'il est prêt à sortir de ma poitrine. Oui, Lilyss est très belle ; oui, j'ai envie d'elle. Purée, ses pouvoirs sont vraiment efficaces, mes envies commencent à prendre le dessus. En guise de réponse, une de mes mains vient à son tour se poser sur son visage. Sa peau est chaude, bien plus chaude que celle d'un humain, c'est à la fois surprenant, mais aussi apaisant. Ma colocataire sourit à pleines dents en me voyant commencer à céder.
— C'est bien ce qu'il me semblait. Vas-y, tu peux toucher partout si tu veux.
— Tu es sûre ?
— Oui, mon petit humain. Va où tes mains souhaitent aller.
— Tu es sûre ?
— Oui, mon petit humain. Va où tes mains souhaitent aller.
Lilyss me donne alors un baiser lent, mais passionné, provoquant une vague de chaleur bien plus intense que tout à l'heure et son parfum… Son parfum me fait définitivement perdre la tête. Je ne sais pas si c'est son odeur naturelle, mais je l'adore ! La démone descend ensuite de la table pour venir s'asseoir sur mes genoux, son entre-jambe bien appuyé sur mon début d'érection. Ses yeux rouges étincelants sont remplis de malice et de désir, je m'y sens comme aspiré. Je lui donne à mon tour un baiser, et mes mains commencent à descendre le long de son dos. Je me sens tellement bien, j'en oublie presque tout le reste. Je dis bien, "presque".
Soudainement, ma respiration se coupe et il me faut chercher de l'air ! Je repousse donc Lilyss et me lève de ma chaise, inspirant bruyamment et maladroitement, tout en posant mes mains sur mon torse.
— Tout… Bien… ? Lé… Est-ce que…. Va ?
Je vois les lèvres de ma colocataire bougées, mais je n'entends quasiment pas ce qu'elle dit, j'en suis incapable. Je suis en train de refaire une crise de panique, encore… Je sens de nouveau la main de la démone sur moi, cette fois-ci pour me réconforter, mais, instinctivement, mon corps la repousse. Je cours précipitamment dans ma chambre, ferme la porte à clé une fois à l'intérieur, et me recroqueville à même le sol.
Toute envie que j'aie eue pour ma belle colocataire s'est envolée, remplacée par une frayeur indescriptible que je n'ai pas ressentie depuis plusieurs mois. Jusqu'à ce soir, je pensais m'en être définitivement débarrasser. De rage, je hurle et donne un violent coup de pied dans la poubelle qui vole à travers la pièce, et s'explose contre le mur dans un lourd fracas ! Tout de suite après, j'entends Lilyss frapper à la porte.
— Léon ! Que se passe-t-il ?! Est-ce que ça va ?
Il me faut cinq bonnes minutes pour reprendre mes esprits, et dire simplement « oui ». Bien sûr que je ne suis pas crédible et qu'elle n'en croit pas un traître mot, mais je n'ai pas la force de lui dire ce qu'il se passe. Elle doit le comprendre, car elle n'insiste pas. Je l'entends alors faire demi-tour et claquer la porte de sa chambre.
— Je suis désolé, dis-je dans un murmure que ma colocataire ne peut pas entendre.
Mes mains tremblantes ouvrent le tiroir de ma table de nuit, et en sortent un petit carnet. Je l'ouvre, pour la première fois depuis des mois, j'y note la date d'aujourd'hui, ainsi que le temps que cette crise d'angoisse à durée. Exactement comme je l'ai fait pour les fois précédentes. Je jette ensuite le carnet sur mon lit et expire un bon coup, tandis que je me remémore le visage de cette personne, celle à cause de qui j'ai des crises de ce genre depuis près de six ans.
— Tu continues de me pourrir la vie, même après tout ce temps. Putain…
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