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✦ Lucifer83666 Le garçon succube XSTORY
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
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Le garçon succube — Chapitre 7 · Lilia

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Certifiée écrite par un humain D'après nous ce texte a été rédigé par un humain

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Lucifer83666
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Le garçon succube

Chapitre 7 · Lilia

Une semaine. C'est le temps qu'il avait fallu pour que le silence de mort de la maison cède la place à un étrange ballet domestique. Après ces mots, ce « ...oui. Je t'aime » murmuré par John qui avait laissé Lyris interdit, les jours avaient coulé, trouvant un rythme bien à eux. Un rythme dicté par l'apprentissage et les quiproquos.
Pour Lyris, ce nouveau monde était un dédale de machines complexes et de règles absurdes. Mais il s'y appliquait avec une ferveur presque sacrée, comme si chaque assiette lavée ou chaque pli sur un drap était un gage donné à John pour prouver qu'il méritait sa place ici. Le premier jour, l'aspirateur l'avait terrifié, le poussant à se réfugier toutes griffes dehors sur le dossier du canapé. Le troisième jour, il avait appris à l'apprivoiser.
Le grand moment de sa semaine, pourtant, restait celui de la lessive. John avait d'abord cru à une blague, avant de réaliser que c'était devenu un rituel immuable. Dès que le tambour de la machine entrait dans sa phase d'essorage, un grondement sourd faisant vibrer les murs de la buanderie, Lyris abandonnait tout ce qu'il faisait. Il accourait, grimpait agilement sur l'appareil et s'y asseyait en tailleur, les yeux clos. Un infime sourire détendait alors ses traits, ses ailes frémissant au rythme des vibrations intenses qui lui traversaient le corps. John avait fini par planifier les cycles de lavage uniquement lorsqu'il était présent, juste pour s'assurer que son invité ne glisse pas de son perchoir improvisé.
Mais si apprivoiser la maison était une chose, s'apprivoiser l'un l'autre en était une autre.
Pendant sept jours, John avait tenté de percer la carapace du jeune homme. C'était un travail de titan, une récolte d'informations qui se faisait au compte-gouttes, se heurtant sans cesse à la logique déconcertante de Lyris. Pour le succube, la cruauté qu'il avait subie là-bas était d'une normalité si triviale qu'il la mentionnait parfois au détour d'une phrase, entre le sel et le poivre, laissant John l'estomac noué, horrifié par ce que Lyris considérait comme "un jour ordinaire".
C'est finalement en fin de semaine, alors que la fatigue du soir relâchait un peu les barrières, qu'un nom était apparu pour la première fois.
— Lilia disait toujours que j'étais trop doux, avait glissé Lyris, le regard un peu vague, alors qu'il essuyait la table de la cuisine.
John avait posé sa tasse, le regard soudain affûté. Lilia.
Au fil des heures et des questions prudentes de John, le portrait de cette fille s'était dessiné, flou et profondément contradictoire. Lyris en parlait avec une douceur évidente, une lueur de gratitude sincère brillant dans ses yeux sombres. Pour lui, Lilia était son amie. Sa seule amie.
Pourtant, à travers les détails que Lyris lâchait sans animosité, John ne voyait qu'un cauchemar. Lyris expliquait, comme s'il s'agissait d'une simple règle du jeu, que Lilia l'ignorait superbement dans les couloirs de leur ancien monde. Pire, qu'elle riait aux éclats lorsque les autres s'en prenaient à lui, et qu'il lui arrivait même de lancer la première moquerie pour se fondre dans la masse.
— Mais elle venait toujours me voir après, avait précisé Lyris, un léger sourire aux lèvres, comme si cela expliquait et pardonnait tout. Dès qu'on était tout seuls, cachés des autres. Elle pleurait. Elle s'excusait en soignant mes égratignures. Elle me disait qu'elle était désolée, qu'elle ne pensait pas ce qu'elle disait en public.
Assis en face de lui, John avait senti une colère sourde lui échauffer le sang. Dans sa logique d'humain, l'équation était limpide : cette Lilia était une manipulatrice toxique, une lâche qui se servait de la solitude absolue de Lyris pour s'acheter une bonne conscience en privé tout en le piétinant devant les autres. Il crevait d'envie de secouer Lyris, de lui hurler qu'on ne faisait pas ça à quelqu'un qu'on aime, que la tendresse ne se cachait pas dans l'ombre après avoir participé au lynchage.
Mais il s'était tu, terrassé par la résignation tranquille de Lyris. Pour le jeune homme, ce marché de dupes était le plus beau cadeau du monde. Qu'importait de souffrir le jour, tant qu'il y avait quelqu'un pour venir pleurer avec lui la nuit ?
John était loin de se douter que cette semaine-là touchait à sa fin, et que, pour la première fois, il allait enfin rencontrer la fameuse Lilia.
***
John soupira en lui tendant le petit morceau de papier. Lyris le saisit avec une précaution quasi religieuse.
— Bon, tu te souviens du chemin, pas vrai ? Tu vas juste à la supérette au coin de la rue. Tu prends tout ce qu'il y a sur la liste, tu payes, et tu reviens. N'oublie pas la monnaie, et surtout, insista John en pointant le doigt vers lui, ton sortilège magique. Tes ailes, ta queue, ta corne... tout doit disparaître. Si quelqu'un voit ne serait-ce que le bout d'une plume, on va avoir de sérieux ennuis.
Lyris hocha la tête, les yeux brillants d'une détermination enfantine.
— Je ne suis pas un idiot, John. Je peux le faire tout seul.
Il fit volte-face, prêt à en découdre avec les rayons du magasin, avant de s'immobiliser brusquement. Il se tourna à nouveau vers John, le visage soudain plus doux, presque incertain.
— Tu n'as pas intérêt à me suivre comme la dernière fois, sinon... John sentit un frisson parcourir sa nuque, mais Lyris se figea, les sourcils froncés, cherchant désespérément une punition à la hauteur de son mécontentement.
John laissa échapper un rire nerveux, attendant une menace terrifiante, mais le jeune homme finit par lâcher, dépité :
— Sinon... euh... je ne te ferai pas de thé en rentrant ! Voilà.
John ne put s'empêcher de sourire face à cette menace si dérisoire. Mais le sérieux de Lyris se dissipa instantanément, remplacé par une lueur mutine.
— Un bisou d'abord, décréta-t-il, comme si c'était la règle la plus importante de la liste.
Sans attendre de réponse, il se dressa sur la pointe des pieds, déposa un baiser léger mais appuyé sur la joue de John, et tourna les talons d'un pas décidé. John resta planté là un instant, la main portée à sa joue, regardant la silhouette de Lyris s'éloigner d'un pas léger.
À peine une ou deux minutes plus tard, alors que John fixait encore la porte close, l'air de la pièce devint soudain lourd, chargé d'une odeur de soufre et de jasmin. Avant même qu'il n'ait pu faire un geste vers son arme, la réalité sembla se déchirer. Dans un crépitement d'énergie sombre, une silhouette apparut au milieu du salon.
Une succube.
Elle était blonde, visiblement du même âge que Lyris, et partageait avec lui cette silhouette fine et élancée. Ses traits avaient un côté un peu garçon manqué, mais une sensualité sauvage et indéniable émanait de toute sa personne. Ses yeux balayèrent la pièce, furieux, avant de se poser sur John.
— Toi, c'est toi le géant d'ébène qui a kidnappé mon Lyris ! Où il est ?
Elle n'attendit pas de réponse. D'un pas déterminé, les talons claquant sur le parquet, elle fonça sur lui. Avant que John, pris de court par sa petite taille et sa fureur, ne puisse esquiver, elle balança son poing de toutes ses forces en plein dans son ventre.
Un bruit sourd résonna. John ne bougea pas d'un millimètre, contractant ses abdos par pur réflexe de survie.
La succube, elle, se plia en deux instantanément, serrant ses doigts contre sa poitrine avec une grimace de pure agonie.
— Aïe... Mais t'es en quoi le géant... gémit-elle, les larmes aux yeux, en secouant sa main endolorie.
John croisa les bras sur sa poitrine, immense et immobile face à elle. Sa voix descendit d'un octave, froide, dénuée de la moindre sympathie pour la main qu'elle venait de se bousiller sur lui.
— Lilia, je suppose ?
La succube redressa la tête, soufflant sur ses doigts rougis tout en essayant de garder un regard noir qui se voulait menaçant.
— Comment tu connais mon nom, le monstre ? Qu'est-ce que tu lui as fait ? Si tu as touché à un seul de ses cheveux, je jure que je...
— C'est lui qui m'a parlé de toi, la coupa John d'un ton sec.
Lilia se figea. Sa main douloureuse retomba le long de corps. L'espace d'une seconde, la fureur dans ses yeux fit place à une immense surprise, doublée d'une lueur d'inquiétude beaucoup plus vulnérable.
— Lyris... t'a parlé de moi ? répéta-t-elle, la voix soudain plus petite. Qu'est-ce qu'il a dit ?
John fit un pas en avant, sa carrure projetant une ombre massive sur la jeune démone. Il n'avait aucune intention de ménager ses sentiments.
— Il m'a dit que tu étais son amie. La seule qu'il ait jamais eue, en fait. Du moins, c'est comme ça que lui te considère.
Lilia cilla, visiblement ébranlée par le ton accusateur de John. Ce dernier laissa échapper un rire sans joie, un grognement méprisant qui venait du fond de la gorge.
— Par contre, il m'a aussi raconté vos petites habitudes. Le grand numéro de duchesse en public, les moqueries pour faire comme tout le monde, et les larmes de crocodile en cachette le soir pour te faire pardonner.
Le visage de la succube se décomposa. Elle ouvrit la bouche pour répliquer, mais John ne lui en laissa pas le temps. Il se pencha légèrement vers elle, le regard dur comme la pierre.
— Alors on va mettre les choses au clair, toi et moi, pendant qu'il est en train de faire les courses. C'est quoi ton plan ? Tu es venue ici pour finir le boulot et lui enfoncer la tête sous l'eau, ou tu as juste besoin de ta dose de culpabilité pour te sentir exister ?
Lilia ravala une bouffée de larmes, autant de rage que de douleur, et pointa un index tremblant vers le torse massif de John.
— Tais-toi ! Tu ne sais rien, tu ne peux pas comprendre... Sale... géant idiot !
John la regarda faire, presque fasciné. C'était frappant. Cette façon de s'emporter à fleur de peau, cette candeur mêlée d'une fierté un peu maladroite... elle ressemblait terriblement à Lyris dans sa manière d'être. John se demanda un instant si toutes les créatures de leur monde partageaient ce caractère explosif et vulnérable, ou si ces deux-là avaient passé tellement de temps isolés ensemble que l'un avait fini par déteindre sur l'autre.
Mais Lilia ne lui laissa pas le temps de disserter sur la psychologie des démons. Elle croisa les bras, tentant de raffermir sa posture malgré sa petite taille face à lui.
— Tout le monde dit que tu l'as kidnappé, reprit-elle, la voix tremblante mais habitée par une certitude absolue. Je veux récupérer mon Lyris. Il a besoin de moi...
John haussa un sourcil, insensible à sa détresse apparente.
— Il a besoin de toi ? répéta-t-il doucement, non sans une pointe d'ironie. Pour quoi faire ? Pour lui rappeler à quel point ses pairs le détestent ? Il est libre, Lilia. Il est juste parti acheter du beurre et des œufs de son plein gré. Et honnêtement, depuis une semaine, c'est plutôt lui qui apprend à ce qu'on ait pas besoin de toi pour panser des plaies que tu as aidé à ouvrir.
Le coup porta visuellement. Lilia parut s'enfoncer de quelques centimètres dans le sol, le visage blême. La culpabilité et la peur de perdre le seul être qui comptait pour elle se lisaient à livre ouvert sur ses traits de succube.
Lilia accusa le coup. Ses yeux devinrent brillants, et pendant une seconde, toute sa façade de succube sûre d'elle s'effondra.
— Tu ne sais pas ce que c'est que de vivre là-bas... murmura-t-elle, les dents serrées, sa colère luttant contre les larmes. Si je n'avais pas fait ça, ils m'auraient mise dans le même sac que lui. On n'a pas le choix, d'accord ? Je...
Le clic métallique de la serrure coupa sa tirade. À cet instant précis, le temps sembla se figer dans le salon.
— Je suis rentré John ! J'ai pris aussi des Tagadagada, excu...
La voix de Lyris s'éteignit alors qu'il franchissait le pas de la porte, ses yeux s'écarquillant de stupeur en découvrant la silhouette blonde au milieu de la pièce.
Lilia ne lui laissa pas le temps de respirer. En le voyant, elle laissa échapper un petit cri étouffé, oubliant instantanément John, sa main douloureuse et ses larmes de culpabilité. Elle se précipita sur Lyris comme une furie, le percutant de plein fouet pour l'emparer dans ses bras.
Crac.
Le sac de courses glissa des mains engourdies de Lyris et s'écrasa lourdement sur le carrelage de l'entrée dans un bruit sinistre de coquilles brisées. Les œufs étaient tous cassés, mais aucun des deux démons n'y prêta attention.
Lilia le serrait à en étouffer, suspendue à son cou, avant de reculer d'un pas pour lui attraper le visage à deux mains. Elle se mit à l'embrasser partout, sur les joues, le front, le nez, avec une frénésie qui oscillait entre le soulagement pur et la panique. Lyris, complètement immobile, les bras ballants, laissait faire, les joues devenant instantanément cramoisies sous les assauts de son amie.
Puis, avec la même énergie chaotique, elle commença à l'examiner sous tous les angles, lui attrapant les bras, le faisant tourner sur lui-même, inspectant ses ailes cachées par le sortilège et tâtant ses vêtements humains comme pour vérifier qu'il était bien réel.
— Bon, t'es pas blessé, constata-t-elle enfin, le souffle court, en se tournant vers John avec un regard qui se voulait à nouveau accusateur.
Elle pointa un doigt vengeur vers le propriétaire des lieux :
— Mais ça veut pas dire que tu ne l'as pas kidnappé, « le géant ».
John, qui fixait le désastre de l'omelette crue en train de s'étaler sur son sol propre, massa ses tempes en poussant un long soupir. Cette semaine de calme était définitivement bien terminée.
***
Mot de l'auteur :
J'avais hâte de vous présenter Lilia. Son personnage a commencé à germer dans mon esprit au moment où ce qui devait être un simple one-shot s'est transformé en... ce que vous avez sous les yeux aujourd'hui.
Dès le départ, je savais qu'elle partagerait certains traits de caractère avec Lyris. Ou peut-être est-ce Lyris qui partage certains traits avec elle ? Honnêtement, je ne suis plus très sûr de savoir lequel des deux a influencé l'autre dans ma tête.
Pour éviter qu'ils fassent doublon, j'ai cependant rendu Lilia beaucoup plus énergique, impulsive et explosive. Là où Lyris a tendance à intérioriser, elle fonce tête baissée avant de réfléchir. Généralement après avoir tenté de frapper quelqu'un (demandez à John ce qu'il en pense).
Je tenais aussi à ce qu'elle soit absolument catastrophique quand il s'agit d'insulter les gens. Je trouve l'idée d'une démone capable de traverser les dimensions mais incapable de trouver mieux que « géant idiot » profondément amusante.
J'espère que cette première rencontre vous a plu. Maintenant que Lilia est entrée en scène, les choses risquent de devenir un peu plus compliquées pour tout le monde.
Et connaissant ces trois-là, il y a également de fortes chances que plusieurs œufs innocents perdent encore la vie dans les chapitres à venir.
Merci d'avoir lu, et à bientôt pour la suite !
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Photo de profil de Stephane269
Stephane269
5 août 2026 à 23:07
Deux claques et un coup pied dans le cul et Lilia ne nous importunera plus. Passons à autre chose de plus sexe ...
Soyez respectueux
Répondre
Photo de profil de lelivredejeremie
lelivredejeremie
5 août 2026 à 22:59
Hmmm... Bénéfice du doute pour Lilia, mais sous la surveillance de John Ô.o
Soyez respectueux
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