Réel
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Révélation double — Chapitre 1
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Révélation double
Chapitre 1
À cette époque, je faisais vaguement une maîtrise de philosophie. J'avais un très bon ami – appelons-le : Louis –, comme on peut avoir un très bon ami vers vingt ans, c'est-à-dire que je lui disais tout, et qu'il en allait de même le concernant. J'étais aussi doté d'une amie – on disait alors : petite-copine – qui s'appelait Laure-Anne, dite Laura, que j'aimais beaucoup, bien qu'elle fût, comme je le disais si souvent à Louis : "très-coincée". Par cela, je voulais dire qu'elle ne prenait mon sexe en bouche que du bout des lèvres, qu'elle ne s'épilait pas le pubis – bien que je lui eusse dit et redit qu'un sexe rasé ou, tout au moins, "entretenu" m'eût évité quand je la léchais de manger les poils d'une toison qu'elle avait, en vraie brune, très-abondante –, qu'elle ne voulait pas entendre parler de sodomie et qu'elle se laissait, généralement, faire, mais sans jamais condescendre à des "expérimentations".
C'est à peine si j'avais pu la convaincre, après beaucoup d'insistance, de renoncer à ses virginales "parures" au profit de strings. En somme, je m'ennuyais au lit, et j'y jouais les Pygmalion, mais sans trop de succès. On pourra m'objecter que ce catalogue – gorge profonde, pubis rasé, sexe anal et lingerie sexy – fait un peu cliché. Il y a certes que je consommais, un peu comme tout le monde, du porno, et que le porno, c'est le sexe de personne pour tout le monde. Mais aussi, il faut se souvenir que j'avais vingt ans. Enfin, j'aimais les petites bourgeoises un peu coincées. Or on n'aime les petites bourgeoises un peu coincées qu'en vertu de l'opposé qu'elles promettent.
Louis, qui était un vrai romantique, traversait une longue période de célibat, parce que la jeune femme de ses rêves était demeurée dans leur province. Un soir, après le cours sur "poésie et philosophie" qui nous plaisait beaucoup, nous nous retrouvâmes, comme c'était d'ailleurs notre habitude, à la "Taverne". Nous prenions habituellement des pintes de Picon-bière qui montent vite à la tête, si bien qu'il faut imaginer le dialogue suivant sous l'influence de l'alcool.
— J'ai tellement envie de baiser, me dit Louis, après un silence. Tellement. Excuse-moi de te dire ça, mais j'en ai mal à la bite.
Sans trop savoir pourquoi je me hasardais sur ce terrain périlleux, je lançai :
-:Laure-Anne te plairait ?
Il eut l'air interloqué, mais répondit bien vite en se reprenant :
— Bien sûr. Tu me la proposes ? Cela m'étonne.
— Disons que je te la prête. Sous ma supervision. Sous mon contrôle. Disons que j'aurais besoin de toi pour m'aider à en faire une femme parce que, vois-tu mon ami, au lit, je me fais chier. Ça pourrait la décoincer, non ?
— Disons que je te la prête. Sous ma supervision. Sous mon contrôle. Disons que j'aurais besoin de toi pour m'aider à en faire une femme parce que, vois-tu mon ami, au lit, je me fais chier. Ça pourrait la décoincer, non ?
Il sourit :
— Si c'est pour te rendre service... On pourrait essayer quelque chose en effet.
L'alcool aidant, nous imaginâmes de conserr un petit scénario. Je proposerais à Laure-Anne, que je devais plus ou moins retrouver à la maison ce soir-là, d'amener Louis avec moi (la « maison », c'était mon petit studio ; Laure-Anne vivait encore chez ses parents) pour dîner ensemble. Nous boirions un peu (pour nous autres hommes, habitués aux grandes quantités) voire beaucoup (pour Laura, qui sifflotait) de ce vin blanc sucré qui était le seul manquement de ma copine à une stricte aversion pour l'alcool. Une fois Laura dans les vapes, qui sait... Sans rien forcer, peut-être qu'il se passerait ce que nous n'osions trop développer, Louis et moi, un peu honteux de ce fantasme modérément honnête qui nous donnait une trique de vestiaire en plein café !
Je pris la résolution d'un SMS, limité en caractères comme c'était alors la pratique :
« C OK pr toi si Louis vient à la maison pr dîner ? ».
La réponse de Laure-Anne ne se fit pas attendre :
« Pa 2 pb ».
Ce à quoi je répondis, très inspiré :
« OK chérie ».
— Elle est d'accord pour qu'on dîne ensemble ce soir, dis-je à Louis, tout content que notre plan trouvât une si prompte réalisation possible. Et sur ce, je vais pisser.
Aux toilettes, bien que ma vessie fût pleine, il me fallut du temps pour la vider, car je bandais. La bite dressée face à l'urinoir, je ricanais sottement.
De retour à table, Louis me fit savoir que j'avais sans doute un nouveau message de Laura, mon téléphone ayant sonné. Je lus en effet :
« C just domaj pcq j'avé 1 surpriz pr toi, mais ce sera pr + tard ».
— Tiens, dis-je à Louis, elle a une surprise pour moi.
— Reprenons une pinte ou deux. Puis on ira acheter le pif, me dit-il.
— Reprenons une pinte ou deux. Puis on ira acheter le pif, me dit-il.
Après avoir un peu traîné dans les rues, mes trois bouteilles de Gewurztraminer sous le bras – nous avions partagé les frais, ce qui m'avait d'ailleurs un peu agacé : n'étais-je pas celui qui prêtait sa femme ? – nous arrivâmes enfin à la maison où Laura, qui en avait les clés, se trouvait déjà.
— Salut les garçons, dit-elle. Cuisine italienne raffinée ce soir : carbonara.
— Impec', répondit-on.
— Impec', répondit-on.
Laura paraissait en forme. Jupe longue de couleur beige, chemisier blanc, pieds nus, les cheveux détachés, elle semblait à la fois virginale – elle semblait toujours virginale –, et inhabituellement provocante. Peut-être n'était-elle provocante que selon le fantasme qui m'habitait. Louis semblait tout à fait calme. Il fit les frais de la conversation durant le commencement de notre réunion.
Il me semblait que je buvais beaucoup de ce vin blanc dont nous entendions saouler Laura, qui n'en buvait presque pas, tandis que Louis n'en buvait pas tant. Si bien qu'à peu près saoul moi-même, et tout surpris de l'être, je lançai soudain à ma « petite-copine » :
— Et ma surprise ?
Laura eut l'air interloquée :
— Voyons, Constant, c'est pour plus tard, je t'ai bien dit...
— Oui, mais quand on parle d'une surprise, c'est pour la dévoiler, alors je veux savoir. Maintenant. Ça se mange ?
— D'une certaine façon, répondit-elle.
— Tu l'as sur toi ?
— Assurément.
— C'est rond ou carré, demandai-je ?
— Ni l'un ni l'autre, mon gros chou, mais quand même plutôt rond que carré... s'esclaffa-t-elle.
— Oui, mais quand on parle d'une surprise, c'est pour la dévoiler, alors je veux savoir. Maintenant. Ça se mange ?
— D'une certaine façon, répondit-elle.
— Tu l'as sur toi ?
— Assurément.
— C'est rond ou carré, demandai-je ?
— Ni l'un ni l'autre, mon gros chou, mais quand même plutôt rond que carré... s'esclaffa-t-elle.
Je poursuivis assez longuement mes questions.
Elle sembla, tout soudain, agacée :
— Bon, écoute, je vais montrer à Louis, ou plutôt : je vais lui laisser deviner la surprise, et il te mettra sur la voie. Ça te va ?
— Ça me va, répondis-je un peu décontenancé tout de même.
— Tu en es sûr ? Il ne faudra pas venir me le reprocher par la suite....
— Mais non, fais seulement, dis-je.
— Alors ferme la bouche. Et les yeux.
— Ça me va, répondis-je un peu décontenancé tout de même.
— Tu en es sûr ? Il ne faudra pas venir me le reprocher par la suite....
— Mais non, fais seulement, dis-je.
— Alors ferme la bouche. Et les yeux.
Je sentis que Laura s'approchait de Louis, et crus entendre aussi un bruit d'étoffe sous la musique qu'on écoutait fort ; enfin, comme des rires.
— Eh bien mon vieux, dit Louis, c'est une surprise que tu connais pourtant bien, j'imagine, et... seulement elle prend une forme... comment dire... renouvelée.
Sa voix tremblait.
— Vous me saoulez, m'entendis-je dire, soudain mal à l'aise, m'agaçant de cette complicité entre eux. Je vais acheter des clopes, finis-je par inventer de sorte à me sortir de la situation avec un semblant de dignité.
Je descendis l'escalier, en me sentant tanguer un peu. À peine me trouvai-je dans la rue que je reçus, de Laure-Anne, le texto suivant :
"C'est bien malin tout ça. Je me suis rasé la chatte pour toi et c ton pote qui en a eu la primeur ».
Je me trouvai alors tout à fait dépourvu de repères. Ce mot de "chatte", tout d'abord, n'était pas du tout dans les habitudes de Laure-Anne (plutôt parlait-elle, assez cérémonieusement, de son "sexe", quand ce n'était pas de sa "vulve"). Et qu'elle se fût rasée, tout soudain, après s'y être refusée si longtemps que je n'espérais plus, voilà qui me décontenança.
Je fis quelques pas vers le tabac avant de mesurer seulement le plus étrange de la situation : elle avait montré, ou fait sentir sa "vulve" à Louis ? Laura la pure ?
C'était incroyable.
Je me trouvais partagé entre l'envie de remonter immédiatement à l'appartement afin de traquer le fin mot de l'histoire et la conscience du ridicule de ce qu'aurait signifié cette attitude : après tout, n'étais-je pas celui qui avait voulu "partager" sa femme ? Si le partage semblait à présent en si bonne voie, devais-je tout casser par une attitude de propriétaire ridiculement déplacée, et prématurée ? N'étais-je pas, par anticipation en quelque sorte, le bénéficiaire principal de l'entreprise de dévergondage que nous avions méditée et qui semblait déjà si bien en train ? N'était-il pas ridicule de m'opposer à l'inéluctable, s'il m'ouvrait de nouvelles expériences, en marquant mon territoire en petit-bourgeois coincé ?... Je ne voulais tout de même pas devenir ce que j'avais reproché d'être à Laura.
J'attendis assez longuement au bureau de tabac. En remontant l'escalier de la maison, je ne tanguais plus, mais j'avais un peu la nausée. Sur la dernière marche, je fus saisi par l'étonnement de n'avoir pas compris sur le moment ce qui, pourtant, crevait les yeux. Mais si j'avais pu prévoir la vision qui m'attendait...
En ouvrant la porte, je ne vis personne dans la petite cuisine où nous avions mangé les "carbos".
Un bruit me conduisit vers la pièce. J'y vis Louis, debout, le futal au pied laissant voir un cul couvert de poils. Entre ses maigres jambes était le visage de Laura qui, assise sur le lit, les jambes écartées, besognait sans doute possible la verge de mon ami.
D'une voix un peu saccadée, en se tournant vers moi, Louis me lança, un peu gêné tout de même :
— On ne t'a pas attendu, mon vieux, pour commencer la petite fête.
Sans répondre, je m'approchai du couple de sorte à voir la scène de tous mes yeux.
Laura avait la bouche toute collée contre le ventre de Louis. Alors qu'elle ne me suçait que du bout des lèvres, voilà qu'elle le pompait à fond. Louis était-il mou ? Les bruits de bave rendaient l'hypothèse bien improbable.
Avec ce qui me parut un clin d'œil à mon adresse, Laura sortit alors de sa bouche, avec lenteur, comme si elle la vomissait, une queue dont je fus bien étonné de voir qu'elle était non seulement dure, mais d'une taille généreuse. Mon amie, quand elle eut la bouche libre, commenta sans grande sollicitude :
— Tu me dis toujours que je ne prends pas ton pénis en bouche, mon chéri, pourtant c'est ce que je faisais à l'instant, tu as vu ?
Puis elle reprit, tenant l'instrument de Louis en main comme pour vérifier ses dires :
— Or il me semble que le sexe de Louis est plus grand que le tien, qu'en penses-tu ?
Elle reprit sa besogne, tandis que Louis riait, un peu gêné, me sembla-t-il.
Comme je ne savais que faire, je me résolus à reprendre du vin, en feignant de trouver normale, voire "piquante", cette situation que j'avais fantasmée alors qu'elle me dépassait absolument.
Un verre en main, je continuai de regarder la pipe. Louis manipulait doucement la tête de Laure-Anne qui se laissait faire, tout en ne cessant d'émettre des bruits de déglutition marqués. Façon élégante de dire qu'elle bavait, bavait sans discontinuer sur cette bite plus grosse que la mienne qu'elle avalait pourtant sans regimber. De la main, je la voyais malaxer les couilles lourdes de Louis, qui gémissait. La scène semblait devoir durer toujours.
Pour me donner une contenance, j'imaginai de me branler. La bite à l'air, je m'approchai de Laure-Anne, afin de frapper ses joues de mon membre qui avait durci. Elle en sembla plutôt agacée, et même, se détourna. Je continuai de me branler, le sexe blanc et fin entièrement engoncé dans le fourreau de ma main – je n'avais jamais songé véritablement à cela auparavant, mais mon sexe, il est vrai, n'était pas grand – quand tout soudain, je me sentis décharger une giclée de foutre sur la joue de Laure-Anne. Et tous deux de rire. Laure-Anne, en sortant de sa bouche la queue de Louis épaisse et rouge, dit comme pour elle-même :
— Voilà pourquoi j'avais besoin d'un peu de changement... Trop petite, trop rapide. La démonstration est faite, Louis. Tu vas pouvoir jouir dans ma bouche, maintenant. Remplis-moi.
Ma mémoire se perd après cet épisode. Je bus énormément. Je me souviens que Louis partit, au petit matin, très rapidement, et que Laura se laissa prendre, pour me rassurer.
Mon "histoire" avec Laure-Anne continua encore quelques mois, comme un véhicule sans pilote sur sa lancée. Elle gémissait beaucoup, désormais, quand je la pénétrais. Des "oui, oui, oui", qui m'évoquaient les hôtels bon marché où nous avions entendu, sans oser les commenter, les bruits de relations sans doute tarifées en provenance des chambres voisines. Mes liens avec Louis se distendirent. Je soupçonnais parfois Laure-Anne de voir Louis en mon absence, et même à la "maison", sans oser provoquer une discussion. D'ailleurs nous ne parlions presque plus. Avec le temps, j'avais incliné à voir en Louis l'instigateur caché de la soirée où ma tendre et douce petite-amie s'était révélée si dominante suceuse. Cette situation dont j'avais pensé être le maître, il m'apparut donc progressivement, mais avec certitude que c'était Louis qui l'avait provoquée.
Louis, qui avait sur-le-champ compris que la "surprise" que Laura me destinait, c'était sa vulve rasée, parce qu'il l'avait connue poilue, qu'il l'avait léchée, qu'il l'avait pénétrée, qu'il... les images se bousculaient.
Mais n'était-ce pas bien plutôt Laura qui avait prévu et choisi de se révéler ce soir-là ? Pourquoi, sinon, s'être rasée juste auparavant ?
Un jour, tandis que Laure-Anne et moi regardions le film "Romance" – un très beau film d'une cinéaste alors à la mode –, lors de cette scène où l'héroïne commence de sucer le sexe du héros tout en lui disant :
— Ça ne me dérange pas qu'elle ne soit pas très grande.
Je tentai le tout pour le tout, me tournant vers Laure-Anne :
— Et toi, ça ne te dérange pas que j'en aie une petite, ma chérie ?
Elle réfléchit.
— Maintenant, ça va, non, ça ne me dérange plus.
Et après une pause :
— Mais si tu ne jouissais pas si vite... Et, surtout, si tu n'avais pas tant tardé à me demander ça... peut-être que je n'aurais pas eu besoin de cette mise en scène avec Louis. Je suis bien désolée, mon chéri, de t'avoir fait de la peine. Mais quelle idée, aussi, de jouer les propriétaires en me prêtant à ton pote. Je ne suis pas un objet. Tu as été beaucoup trop sûr de toi. Pardon, mais tu n'as pas tous les moyens de cette belle assurance.
— Qu'est-ce que tu veux dire par là ? demandai-je contre toute raison, car je connaissais la sentence.
— Mon chéri, pour parler franchement, tu as une petite bite et pour ne rien arranger, tu es un éjaculateur précoce, me dit Laura, qui paraissait sincèrement ennuyée d'être contrainte à tant de franchise.
— Mon chéri, pour parler franchement, tu as une petite bite et pour ne rien arranger, tu es un éjaculateur précoce, me dit Laura, qui paraissait sincèrement ennuyée d'être contrainte à tant de franchise.
Je me sentis profondément, intégralement humilié. Bien plus humilié que lors de notre nuit à trois, quand j'avais eu sous les yeux, dérisoire mesure, mon petit sexe confronté au membre épais et long de Louis. Mais le pire, ou plus exactement le meilleur de la situation, ce fut de sentir qu'instantanément, à ces mots de Laura, je mouillai mes dessous, comme un gamin pisse au lit. Ce fut une révélation. Je baissai les yeux instinctivement vers mon pantalon taché de sperme. Quand je levai les yeux sur Laura, je sus qu'elle aussi savait, qu'elle avait toujours su que je ne jouirais jamais que d'être humilié, qu'elle n'avait, en réalité, jamais cessé d'être la gentille amoureuse dévouée envers moi, quand même elle suçait mon ami, sans parler de ce qui suivit et que j'avais préféré de ne pas voir, afin de m'offrir cette connaissance sur moi-même. Aussi mon humiliation était-elle parfaite, car je me trouvais parfaitement découvert, ce qui parachevait mon humiliation.
Je ressentis une grande joie. C'était peut-être là le commencement d'un temps nouveau dans nos relations ? Mais cet espoir ne se réalisa point. Car Laura par la suite n'allait plus refaire par plaisir ce qu'elle avait d'abord consenti par amour. La jouissance à me trouver humilié qu'elle me découvrit à moi-même ne fut pas longue à lui paraître "tordue". C'est que les dispositions que j'en tirais ne lui semblaient selon toute probabilité que répétitives et ennuyeuses. Sans plus avoir à singer le plaisir, elle ne se cachait plus davantage de s'ennuyer. Elle m'appelait "petite bite" quand je la prenais, sans y penser, moins pour m'exciter que pour provoquer toutes affaires cessantes la décharge de mon sexe, qui ne lui procurait aucun plaisir, comme elle n'avait manifesté aucune émotion particulière en disant ces mots. Elle constatait. Je ne cessais de l'interroger sur Louis, son gros membre, leurs rapports secrets. Elle éludait. S'ennuyait.
Regrettait peut-être de m'avoir initié à moi-même. Ces relations devinrent si tristes qu'elles cessèrent définitivement.
Je ne sus jamais tout à fait précisément la mesure de l'entente entre Laura et Louis. Il m'apparaît aujourd'hui que, si Laura m'avait trahi, Louis fut davantage l'instrument d'un plaisir qu'elle entendait me donner que de celui dont elle était privée avec moi. Mais rien n'est exclusif, si bien que j'ai renoncé à savoir. Il faut avoir beaucoup de tendresse pour les amitiés de nos vingt ans, surtout lorsqu'elles sont traîtresses. Car il faut chérir surtout les humiliations qui nous font jouir.
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