Réel
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
La vérité toute nue. — Chapitre 2 · Le cadeau !
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteurs
La vérité toute nue.
Chapitre 2 · Le cadeau !
Introduction
Comme nous le disions dans l'introduction de notre récit précédent (Notre Rencontre), cette série de récits (La vérité toute nue) relate notre vécu, notre Vrai vécu pendant toutes ces années. Vous retrouverez des moments, des lieux, des situations, qui ont servi de base pour tout ce que nous avons publié. Nous essayons d'être le plus près possible de la réalité en confrontant nos souvenirs et c'est dans ces moments-là que l'on peut voir combien la mémoire est sélective.
Donc dans le récit précédent (Notre Rencontre), vous avez appris comment Laure et moi avons fait connaissance. Vous avez aussi appris que Laure n'est pas une ingénue et qu'avec son mari elle vivait un libertinage parfaitement assumé. Mais c'était Avant de me rencontrer.
Le passé se fait inviter.
J'ai réservé dans un restaurant avec piste de danse au bord de la Seine. Laure adore danser. Je n'oublie pas que c'est comme cela que nous nous sommes rencontrés. Je ne bande plus comme au premier jour, mais le contact de son corps qui semble envahi par la musique est toujours un moment particulier. Nous sortons de la voiture. Nous nous dirigeons vers l'entrée.
—Laure. Quelle heureuse surprise.
C'est un homme qui l'interpelle. Il est accompagné d'une femme. Manifestement eux aussi vont au restaurant.
—Oh, Michael, bonsoir.
—Cela fait une éternité qu'on ne sait rencontrer. Vous n'allez plus au club ni aux soirées. J'ai bien aperçu Antoine de loin, mais pas toi.
—Laissez-moi vous présenter, Lucas, mon compagnon. Lucas, voici Michael et son épouse Armelle.
—Enchanté.
—Enchanté.
—Nous sommes ensemble depuis un an maintenant.
—Ah ! Et donc…
—Vous allez aussi à ce restaurant ?
—Oui. On a rendez-vous avec… Avec des amis.
—Alors, bonne soirée.
Pour la première fois, je vois Laure mal à l'aise. Aux questions de ce Michael, je comprends qu'ils se connaissaient avant, dans des moments… Alors qu'on nous installe, heureusement à une table éloignée de ce couple et de leurs amis, je ne peux retenir ma question.
—Ce sont des connaissances qui… Mais je n'arrive pas à exprimer clairement.
—Oui. Elle n'en dit pas plus, mais elle a compris le sens de ma question.
Mais cette rencontre me fait remonter cette question que je n'ai jamais osé poser. C'est en dansant ce slow langoureux que j'ai enfin le courage.
—Cela te manque ?
—Quoi donc ?
—Ta vie d'avant, vos rencontres, enfin tu vois bien…
—C'était avant.
—Réponds-moi s'il te plaît.
—À quoi bon ?
—Tu te souviens de notre promesse solennelle. La vérité toujours la vérité. Tu ne peux pas ne pas me répondre.
—Un peu. Elle a hésité. Elle a planté son regard dans le mien, puis posé sa tête contre la mienne et dans un souffle le, un peu, n'est qu'un murmure. Mais elle insiste. Juste un peu, comme on a des souvenirs, pas de nostalgie. En tout cas, sache que tu es tout pour moi, que je t'aime, que tu me satisfais totalement. Alors, Chéri, s'il te plaît, oublions cela. Fais-moi danser. Tu te souviens de notre première danse ?
Mais le passé ne se laisse pas oublier si facilement. À un moment la femme de ce couple, Armelle vient inviter Laure à danser. Elle a un sourire désarmant de naturel, alors que cette femme demande, me demande en réalité :
—Je peux vous l'enlever un instant ?
Un instant, le temps d'un morceau, le temps de bavarder, de voir les regards vers moi, le temps de questions, le temps de réponses. Je ne doute pas une seconde que cette Armelle vient aux nouvelles. Mandatée par son mari ?
—J'imagine qu'elle t'a questionnée sur nous ?
—Tu imagines bien.
—Et tu as dit quoi ?
—La vérité mon Chéri.
—Elle n'a pas été surprise.
—Si, mais j'ai vanté toutes tes qualités en plus de ton amour.
—Vous n'avez tout de même pas parlé de…
—Je plaisante rassure-toi.
—Et elle n'a pas cherché à t'inviter.
—Moi non, mais toi si.
—Je ne comprends pas.
—Elle te trouve très craquant. Tu as fait une conquête mon Chéri. Et toi ?
—Elle est très belle, mais la question n'est pas là.
—Tu as raison, la question est close. Sers-moi à boire.
Mais le "un peu" et la présence de ce couple qui doit lui rappeler ses soirées libertines me font penser que malgré sa désinvolture elle doit y penser. Qui suis-je pour la priver de ces plaisirs qu'elle a connus ? Ce doit être un sacré changement d'être avec moi, juste nous deux, amoureux certes, faisant souvent l'amour, mais certainement beaucoup moins que dans ces soirées. C'est comme si je mettais en cage un oiseau qui n'avait connu que la liberté et les grands espaces. Peut-être que je devrais lui accorder un peu de liberté, si je veux pouvoir la garder. Mais comment ? Il y a bien une solution. Je me lance :
—Tu sais, je comprends que c'est un vrai changement d'être avec moi et de ne plus avoir cette liberté. Je me disais que, si tu voulais, si tu avais envie, je ne serais pas opposé si tu rencontrais un autre homme. Oh, pas souvent, juste quand tu sentirais que tu en a vraiment besoin. Qu'est-ce que tu en penses ?
À mesure que je parle, je vois son visage changer, se fermer.
—Oh ! C'est ce que tu penses de moi. Tu te rends compte de la façon dont tu me juges ?
Elle se lève, manifestement furieuse, et je la vois se diriger vers la Seine. En quelques pas, elle disparaît de ma vue. Elle est passée derrière une haie.
Je ne comprends pas sa réaction. Je pensais lui faire une sorte de cadeau. Je me souviens d'un récit, lu il y a quelque temps, ou le mari accordait à son épouse le même droit. Il appelait ce droit "un confort" et j'avais trouvé que c'était une belle preuve d'amour et la reconnaissance très moderne qu'une femme est comme un homme, avec des désirs, des besoins !
Je me lève et pars dans la même direction. Il fait sombre. Je ne la vois pas. Et puis un point lumineux. Une cigarette. C'est elle ? Elle me voit. Elle se précipite dans mes bras :
—Excuse-moi. Je n'aurais pas dû réagir comme ça. Je sais que cela partait d'une bonne intention et j'ai conscience que ta proposition est généreuse, mais j'ai peur que tu aies une mauvaise opinion de moi.
—Mais pas du tout. Ce n'était qu'une idée…
—Je suis une femme fidèle. Le libertinage, du moins celui que nous concevions avec Antoine, c'était toujours ensemble. Jamais je ne suis allé avec un autre homme sans lui… Sauf avec toi, il est vrai. Cela peut te paraître surprenant. Tu imaginais probablement tout autre chose.
—Je ne sais rien de cela. Je m'excuse si je t'ai froissée.
—C'est oublié. Viens mon Chéri. Notre première dispute !
Nous nous enlaçons. Un peu plus loin la musique nous rappelle la présence du restaurant. Un peu comme une Madeleine de Proust.
—Tu te souviens ? dis-je, pensant à notre première rencontre.
—Très bien. Cela fera un an…
—Dans quinze jours.
—C'est vrai. Un silence et puis elle reprend : Il y a un an, tu montrais plus d'ardeur. Elle pose sa main sur mon sexe. Je suis au repos. Ce n'est pas grave, je vais y remédier.
Alors elle se penche, s'agenouille, extrait mon membre pris en flagrant délit de non-désir et le caresse. Ses mains sont douces, sa langue agile, sa bouche accueillante et en quelques secondes elle transforme cette tige souple en un sexe dur et conquérant.
—Voilà, c'est mieux. Elle me dit, se relevant, et posant un baiser baveux sur mes lèvres. Je veux la caresser, mais elle se refuse. Prends-moi, j'ai envie que tu me baises.
Laure est une autre dans ces moments où la sexualité nous entraîne. Dans la vie de tous les jours, son langage est toujours châtié, même parfois à la limite du pédant alors que son vocabulaire frise la vulgarité pendant le sexe. Le "J'ai envie que tu me baises" est caractéristique et en plus elle ajoute le geste à la parole.
Elle soulève sa robe pour faire descendre sa petite culotte qu'elle me confie et que je mets dans ma poche. J'ai une seconde l'idée que ce n'est pas ces quelques grammes de dentelles qui gêneraient ce qu'elle veut faire.
Elle se tourne pour s'appuyer contre un arbre, tronc imposant qui doit être le support d'une ramure majestueuse, mais la vision de la croupe offerte me détourne de mon intérêt "forestier". Elle m'attend. Dans ces moments-là, son impatience est palpable. Mon gland se frotte avec délice à la douceur de ses vallons qui bordent le grand canyon. Il détecte, son expérience l'en assure, que l'humidité n'est pas d'une transpiration, mais d'une envie assumée. Il se glisse, avance lentement, attentif à la respiration de celle qu'il possède. Il n'est rassuré et se fait plus conquérant lorsqu'il entend un soupir si délicieux aux oreilles de son maître.
Je suis tout en elle. Mon ventre ne fait plus qu'un avec les fesses de cette croupe que je saisis à pleines mains. Nous restons quelques secondes, immobiles, attentifs aux signaux de nos corps, aux pensées qui traversent nos esprits. C'est bon, ce moment avant la tempête. La musique sirupeuse nous berce.
Viens, par là on sera tranquille. Une voix de femme, un bruit qui se rapproche… Nous allons être découverts… Mais le couple passe de l'autre côté de notre arbre. Il va s'éloigner, mais s'arrête à quelques mètres. Le tronc ne nous cache plus totalement, mais le couple à d'autres centres d'intérêt.
Attends, je vais enlever ma robe, je ne veux pas la tacher. C'est ce qu'elle fait. Elle est nue dessous. Il fait sombre, mais pas au point de ne pas voir. Voir qu'elle aussi se charge de sortir le sexe de l'homme. Qu'elle le suce, le gobe, le branle. L'homme n'est pas avare d'encouragements. Mais le "Michael ne m'avait pas menti" change ma perception. La femme, c'est cette Armelle, cette blonde aux cheveux si longs qu'ils descendent jusqu'aux reins, cette femme qui a questionné Laure sur notre relation. Et la voilà avec l'homme de l'autre couple. Le mari est-il aussi quelque part ?
—C'est ta copine.
Je susurre dans l'oreille de Laure. Elle hoche la tête. Elle aussi a entendu. Je ne sais quoi faire. Je n'ose bouger de peur d'être découvert. Mais je suis rassuré, car la femme se relève et se place pour que l'homme puisse la posséder. Elle lui fait face. Il la besogne avec de grands soupirs. Elle ne se prive pas de l'encourager. Les "oui, c'est bon, plus fort" font une musique qui pousse l'homme à se surpasser. Mais je suis étonné que cela ne dure pas plus longtemps. Je pensais que tous ces hommes libertins ou échangistes avaient plus d'endurance que les autres.
Il range son outil, affaibli. Elle remet sa robe non sans avoir passé un mouchoir en papier entre ses cuisses, papier qu'elle jette au sol. Merci pour la nature !
Ils repartent sans bruit, pourtant l'espace d'une seconde j'ai l'impression que la femme regarde dans notre direction.
Ils sont partis. Laure se rappelle à moi en bougeant un peu. Je suis toujours tendu, le spectacle offert a fait ce qu'il fallait, ajouté à la douceur humide de ce qui étreint mon mandrin.
Je veux me faire pardonner cette pause même si je ne suis pas fautif. Je me fais un point d'honneur à offrir un "service" de meilleure qualité que celui de l'homme. La vision de cette femme qui se fait prendre par un quasi-inconnu alors que leurs époux doivent faire de même, m'intrigue et m'excite. Je me surprends à enfiler Laure avec violence, la retenant avec mes mains sur ses épaules. Elle apprécie. J'ai peur qu'elle cri son plaisir comme elle le fait parfois, aussi je mets ma main devant sa bouche. Elle me mord alors qu'elle se tétanise et coule, coule.
C'est seulement dans la voiture que j'ose aborder le sujet.
—A un moment j'ai bien cru que ta copine regardait vers nous, comme si elle savait que nous étions là.
—Ce n'est pas une impression.
—Mais comment elle savait ?
—Euh, je ne sais pas. Je sens une gêne dans sa réponse évasive.
—On avait bien parlé de vérité entre nous ?
—Cela risque de ne pas te plaire.
—Tu te souviens, rien de pire que le mensonge ou l'omission, c'est toi qui le dis.
—Parce que nous avons déjà été dans ce restaurant et que nous avons… Enfin tu vois… Mais je n'ai pas fait exprès de venir là. Ce n'était pas prémédité, je te juge. Mais elle a dû me voir partir, que tu me suives, aussi elle a dû en profiter pour nous provoquer.
—Mais quel intérêt ?
—D'abord de savoir que tu regardais.
—Mais pourquoi moi ?
—Elle est comme cela Armelle, toujours vouloir relever un défi. Je t'ai dit qu'elle te trouvait craquant et comme tu lui parais inaccessible… Cela ne m'étonnerait pas qu'elle cherche à te revoir.
—Qu'elle y vienne.
—Oh, ne fait pas le malin, plus d'un s'est fait prendre. Tu as vu, c'est une belle femme que beaucoup d'hommes aimeraient posséder. Et tu n'es pas insensible à son charme.
—Moi, mais non.
—Pourtant pendant que l'homme la prenait tu bougeais en moi. Oh, doucement, mais un peu comme lui.
—Mais non.
—Mais si, et c'est bien normal. C'est le principe.
—Je m'excuse. Je ne voulais pas.
—Mais le contraire aurait été inquiétant. Elle pose sa main sur ma joue dans un mouvement d'une tendresse folle.
—Ah ! Mais une question me taraude. Je peux te poser une question ?
—Mais bien sûr mon Chéri, séducteur malgré lui.
—J'ai bien vu, il ne s'était pas protégé ? Pourtant, ils ne se connaissaient pas.
—Cela dépend des circonstances. Le principe est de toujours se protéger. Mais si on connaît les personnes, on peut vérifier par des tests que tout est clean…
—Ah !
Comme nous le disions dans l'introduction de notre récit précédent (Notre Rencontre), cette série de récits (La vérité toute nue) relate notre vécu, notre Vrai vécu pendant toutes ces années. Vous retrouverez des moments, des lieux, des situations, qui ont servi de base pour tout ce que nous avons publié. Nous essayons d'être le plus près possible de la réalité en confrontant nos souvenirs et c'est dans ces moments-là que l'on peut voir combien la mémoire est sélective.
Donc dans le récit précédent (Notre Rencontre), vous avez appris comment Laure et moi avons fait connaissance. Vous avez aussi appris que Laure n'est pas une ingénue et qu'avec son mari elle vivait un libertinage parfaitement assumé. Mais c'était Avant de me rencontrer.
Le passé se fait inviter.
J'ai réservé dans un restaurant avec piste de danse au bord de la Seine. Laure adore danser. Je n'oublie pas que c'est comme cela que nous nous sommes rencontrés. Je ne bande plus comme au premier jour, mais le contact de son corps qui semble envahi par la musique est toujours un moment particulier. Nous sortons de la voiture. Nous nous dirigeons vers l'entrée.
—Laure. Quelle heureuse surprise.
C'est un homme qui l'interpelle. Il est accompagné d'une femme. Manifestement eux aussi vont au restaurant.
—Oh, Michael, bonsoir.
—Cela fait une éternité qu'on ne sait rencontrer. Vous n'allez plus au club ni aux soirées. J'ai bien aperçu Antoine de loin, mais pas toi.
—Laissez-moi vous présenter, Lucas, mon compagnon. Lucas, voici Michael et son épouse Armelle.
—Enchanté.
—Enchanté.
—Nous sommes ensemble depuis un an maintenant.
—Ah ! Et donc…
—Vous allez aussi à ce restaurant ?
—Oui. On a rendez-vous avec… Avec des amis.
—Alors, bonne soirée.
Pour la première fois, je vois Laure mal à l'aise. Aux questions de ce Michael, je comprends qu'ils se connaissaient avant, dans des moments… Alors qu'on nous installe, heureusement à une table éloignée de ce couple et de leurs amis, je ne peux retenir ma question.
—Ce sont des connaissances qui… Mais je n'arrive pas à exprimer clairement.
—Oui. Elle n'en dit pas plus, mais elle a compris le sens de ma question.
Mais cette rencontre me fait remonter cette question que je n'ai jamais osé poser. C'est en dansant ce slow langoureux que j'ai enfin le courage.
—Cela te manque ?
—Quoi donc ?
—Ta vie d'avant, vos rencontres, enfin tu vois bien…
—C'était avant.
—Réponds-moi s'il te plaît.
—À quoi bon ?
—Tu te souviens de notre promesse solennelle. La vérité toujours la vérité. Tu ne peux pas ne pas me répondre.
—Un peu. Elle a hésité. Elle a planté son regard dans le mien, puis posé sa tête contre la mienne et dans un souffle le, un peu, n'est qu'un murmure. Mais elle insiste. Juste un peu, comme on a des souvenirs, pas de nostalgie. En tout cas, sache que tu es tout pour moi, que je t'aime, que tu me satisfais totalement. Alors, Chéri, s'il te plaît, oublions cela. Fais-moi danser. Tu te souviens de notre première danse ?
Mais le passé ne se laisse pas oublier si facilement. À un moment la femme de ce couple, Armelle vient inviter Laure à danser. Elle a un sourire désarmant de naturel, alors que cette femme demande, me demande en réalité :
—Je peux vous l'enlever un instant ?
Un instant, le temps d'un morceau, le temps de bavarder, de voir les regards vers moi, le temps de questions, le temps de réponses. Je ne doute pas une seconde que cette Armelle vient aux nouvelles. Mandatée par son mari ?
—J'imagine qu'elle t'a questionnée sur nous ?
—Tu imagines bien.
—Et tu as dit quoi ?
—La vérité mon Chéri.
—Elle n'a pas été surprise.
—Si, mais j'ai vanté toutes tes qualités en plus de ton amour.
—Vous n'avez tout de même pas parlé de…
—Je plaisante rassure-toi.
—Et elle n'a pas cherché à t'inviter.
—Moi non, mais toi si.
—Je ne comprends pas.
—Elle te trouve très craquant. Tu as fait une conquête mon Chéri. Et toi ?
—Elle est très belle, mais la question n'est pas là.
—Tu as raison, la question est close. Sers-moi à boire.
Mais le "un peu" et la présence de ce couple qui doit lui rappeler ses soirées libertines me font penser que malgré sa désinvolture elle doit y penser. Qui suis-je pour la priver de ces plaisirs qu'elle a connus ? Ce doit être un sacré changement d'être avec moi, juste nous deux, amoureux certes, faisant souvent l'amour, mais certainement beaucoup moins que dans ces soirées. C'est comme si je mettais en cage un oiseau qui n'avait connu que la liberté et les grands espaces. Peut-être que je devrais lui accorder un peu de liberté, si je veux pouvoir la garder. Mais comment ? Il y a bien une solution. Je me lance :
—Tu sais, je comprends que c'est un vrai changement d'être avec moi et de ne plus avoir cette liberté. Je me disais que, si tu voulais, si tu avais envie, je ne serais pas opposé si tu rencontrais un autre homme. Oh, pas souvent, juste quand tu sentirais que tu en a vraiment besoin. Qu'est-ce que tu en penses ?
À mesure que je parle, je vois son visage changer, se fermer.
—Oh ! C'est ce que tu penses de moi. Tu te rends compte de la façon dont tu me juges ?
Elle se lève, manifestement furieuse, et je la vois se diriger vers la Seine. En quelques pas, elle disparaît de ma vue. Elle est passée derrière une haie.
Je ne comprends pas sa réaction. Je pensais lui faire une sorte de cadeau. Je me souviens d'un récit, lu il y a quelque temps, ou le mari accordait à son épouse le même droit. Il appelait ce droit "un confort" et j'avais trouvé que c'était une belle preuve d'amour et la reconnaissance très moderne qu'une femme est comme un homme, avec des désirs, des besoins !
Je me lève et pars dans la même direction. Il fait sombre. Je ne la vois pas. Et puis un point lumineux. Une cigarette. C'est elle ? Elle me voit. Elle se précipite dans mes bras :
—Excuse-moi. Je n'aurais pas dû réagir comme ça. Je sais que cela partait d'une bonne intention et j'ai conscience que ta proposition est généreuse, mais j'ai peur que tu aies une mauvaise opinion de moi.
—Mais pas du tout. Ce n'était qu'une idée…
—Je suis une femme fidèle. Le libertinage, du moins celui que nous concevions avec Antoine, c'était toujours ensemble. Jamais je ne suis allé avec un autre homme sans lui… Sauf avec toi, il est vrai. Cela peut te paraître surprenant. Tu imaginais probablement tout autre chose.
—Je ne sais rien de cela. Je m'excuse si je t'ai froissée.
—C'est oublié. Viens mon Chéri. Notre première dispute !
Nous nous enlaçons. Un peu plus loin la musique nous rappelle la présence du restaurant. Un peu comme une Madeleine de Proust.
—Tu te souviens ? dis-je, pensant à notre première rencontre.
—Très bien. Cela fera un an…
—Dans quinze jours.
—C'est vrai. Un silence et puis elle reprend : Il y a un an, tu montrais plus d'ardeur. Elle pose sa main sur mon sexe. Je suis au repos. Ce n'est pas grave, je vais y remédier.
Alors elle se penche, s'agenouille, extrait mon membre pris en flagrant délit de non-désir et le caresse. Ses mains sont douces, sa langue agile, sa bouche accueillante et en quelques secondes elle transforme cette tige souple en un sexe dur et conquérant.
—Voilà, c'est mieux. Elle me dit, se relevant, et posant un baiser baveux sur mes lèvres. Je veux la caresser, mais elle se refuse. Prends-moi, j'ai envie que tu me baises.
Laure est une autre dans ces moments où la sexualité nous entraîne. Dans la vie de tous les jours, son langage est toujours châtié, même parfois à la limite du pédant alors que son vocabulaire frise la vulgarité pendant le sexe. Le "J'ai envie que tu me baises" est caractéristique et en plus elle ajoute le geste à la parole.
Elle soulève sa robe pour faire descendre sa petite culotte qu'elle me confie et que je mets dans ma poche. J'ai une seconde l'idée que ce n'est pas ces quelques grammes de dentelles qui gêneraient ce qu'elle veut faire.
Elle se tourne pour s'appuyer contre un arbre, tronc imposant qui doit être le support d'une ramure majestueuse, mais la vision de la croupe offerte me détourne de mon intérêt "forestier". Elle m'attend. Dans ces moments-là, son impatience est palpable. Mon gland se frotte avec délice à la douceur de ses vallons qui bordent le grand canyon. Il détecte, son expérience l'en assure, que l'humidité n'est pas d'une transpiration, mais d'une envie assumée. Il se glisse, avance lentement, attentif à la respiration de celle qu'il possède. Il n'est rassuré et se fait plus conquérant lorsqu'il entend un soupir si délicieux aux oreilles de son maître.
Je suis tout en elle. Mon ventre ne fait plus qu'un avec les fesses de cette croupe que je saisis à pleines mains. Nous restons quelques secondes, immobiles, attentifs aux signaux de nos corps, aux pensées qui traversent nos esprits. C'est bon, ce moment avant la tempête. La musique sirupeuse nous berce.
Viens, par là on sera tranquille. Une voix de femme, un bruit qui se rapproche… Nous allons être découverts… Mais le couple passe de l'autre côté de notre arbre. Il va s'éloigner, mais s'arrête à quelques mètres. Le tronc ne nous cache plus totalement, mais le couple à d'autres centres d'intérêt.
Attends, je vais enlever ma robe, je ne veux pas la tacher. C'est ce qu'elle fait. Elle est nue dessous. Il fait sombre, mais pas au point de ne pas voir. Voir qu'elle aussi se charge de sortir le sexe de l'homme. Qu'elle le suce, le gobe, le branle. L'homme n'est pas avare d'encouragements. Mais le "Michael ne m'avait pas menti" change ma perception. La femme, c'est cette Armelle, cette blonde aux cheveux si longs qu'ils descendent jusqu'aux reins, cette femme qui a questionné Laure sur notre relation. Et la voilà avec l'homme de l'autre couple. Le mari est-il aussi quelque part ?
—C'est ta copine.
Je susurre dans l'oreille de Laure. Elle hoche la tête. Elle aussi a entendu. Je ne sais quoi faire. Je n'ose bouger de peur d'être découvert. Mais je suis rassuré, car la femme se relève et se place pour que l'homme puisse la posséder. Elle lui fait face. Il la besogne avec de grands soupirs. Elle ne se prive pas de l'encourager. Les "oui, c'est bon, plus fort" font une musique qui pousse l'homme à se surpasser. Mais je suis étonné que cela ne dure pas plus longtemps. Je pensais que tous ces hommes libertins ou échangistes avaient plus d'endurance que les autres.
Il range son outil, affaibli. Elle remet sa robe non sans avoir passé un mouchoir en papier entre ses cuisses, papier qu'elle jette au sol. Merci pour la nature !
Ils repartent sans bruit, pourtant l'espace d'une seconde j'ai l'impression que la femme regarde dans notre direction.
Ils sont partis. Laure se rappelle à moi en bougeant un peu. Je suis toujours tendu, le spectacle offert a fait ce qu'il fallait, ajouté à la douceur humide de ce qui étreint mon mandrin.
Je veux me faire pardonner cette pause même si je ne suis pas fautif. Je me fais un point d'honneur à offrir un "service" de meilleure qualité que celui de l'homme. La vision de cette femme qui se fait prendre par un quasi-inconnu alors que leurs époux doivent faire de même, m'intrigue et m'excite. Je me surprends à enfiler Laure avec violence, la retenant avec mes mains sur ses épaules. Elle apprécie. J'ai peur qu'elle cri son plaisir comme elle le fait parfois, aussi je mets ma main devant sa bouche. Elle me mord alors qu'elle se tétanise et coule, coule.
C'est seulement dans la voiture que j'ose aborder le sujet.
—A un moment j'ai bien cru que ta copine regardait vers nous, comme si elle savait que nous étions là.
—Ce n'est pas une impression.
—Mais comment elle savait ?
—Euh, je ne sais pas. Je sens une gêne dans sa réponse évasive.
—On avait bien parlé de vérité entre nous ?
—Cela risque de ne pas te plaire.
—Tu te souviens, rien de pire que le mensonge ou l'omission, c'est toi qui le dis.
—Parce que nous avons déjà été dans ce restaurant et que nous avons… Enfin tu vois… Mais je n'ai pas fait exprès de venir là. Ce n'était pas prémédité, je te juge. Mais elle a dû me voir partir, que tu me suives, aussi elle a dû en profiter pour nous provoquer.
—Mais quel intérêt ?
—D'abord de savoir que tu regardais.
—Mais pourquoi moi ?
—Elle est comme cela Armelle, toujours vouloir relever un défi. Je t'ai dit qu'elle te trouvait craquant et comme tu lui parais inaccessible… Cela ne m'étonnerait pas qu'elle cherche à te revoir.
—Qu'elle y vienne.
—Oh, ne fait pas le malin, plus d'un s'est fait prendre. Tu as vu, c'est une belle femme que beaucoup d'hommes aimeraient posséder. Et tu n'es pas insensible à son charme.
—Moi, mais non.
—Pourtant pendant que l'homme la prenait tu bougeais en moi. Oh, doucement, mais un peu comme lui.
—Mais non.
—Mais si, et c'est bien normal. C'est le principe.
—Je m'excuse. Je ne voulais pas.
—Mais le contraire aurait été inquiétant. Elle pose sa main sur ma joue dans un mouvement d'une tendresse folle.
—Ah ! Mais une question me taraude. Je peux te poser une question ?
—Mais bien sûr mon Chéri, séducteur malgré lui.
—J'ai bien vu, il ne s'était pas protégé ? Pourtant, ils ne se connaissaient pas.
—Cela dépend des circonstances. Le principe est de toujours se protéger. Mais si on connaît les personnes, on peut vérifier par des tests que tout est clean…
—Ah !
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La honte de ma vie.
C'est un moment que je n'oublierai jamais. Un moment où je me suis montré minable, lâche, et cela devant celle que j'aime et qui m'aime. Mais un moment qui montre que la réalité est parfois bien différente de ce que nous affichons.
Nous sortons du théâtre pour nous diriger vers le restaurant où j'ai réservé. C'est un samedi soir, pas comme les autres. Il y a un an, nous nous rencontrions à la noce et c'est vers une heure du matin que nous avons vraiment fait connaissance.
Le repas est léger, mais délicieux. Pas de mets lourds à digérer. Dans une heure nous serons chez nous et une mauvaise digestion serait malvenue pour la suite.
Je vais régler au comptoir, mais à mon retour je découvre une femme, Armelle devant notre table.
—Chéri regarde qui est là. Armelle sort du cinéma.
—Bonsoir.
—Bonsoir.
—Tu es seule ?
—Oui, Michael est en déplacement.
Un silence pendant que Laure se lève. Elle me regarde, regarde son amie et puis balance :
—Viens prendre un verre à la maison. N'est-ce pas chéri, on ne va pas la laisser seule. Tu es en voiture…
Je n'écoute pas la suite. Je comprends que la présence d'Armelle n'est pas un hasard, que Laure mijote quelque chose et que ce quelque chose est sûrement…
Je sens le regard des deux femmes sur moi. Que dois-je faire ? Que dois-je dire ? D'ailleurs est ce que je ne fabule pas, peut être que la rencontre est vraiment due au hasard ? Pourtant, le petit sourire sur leurs lèvres renforce ma première idée.
—Mais bien sûr. Je réponds sans les regarder.
—Monte devant. Propose Laure à sa copine. Sa complice ?
—Tu nous sers le champagne pendant que je fais visiter l'appartement à Armelle.
Le piège se précise alors qu'Armelle enlève son manteau. Ce qu'elle porte n'est pas une tenue pour aller au cinéma. Je l'imagine plus dans un club libertin avec cette robe moulante, courte et terriblement décolletée. Mais les femmes disparaissent. Je reste seul avec mes angoisses. Oui, je panique. Je ne me sens pas l'âme d'un libertin. Je ne me vois pas coucher avec cette femme, malgré sa beauté, sa sensualité et probablement son savoir-faire. Au fond de moi, je suis un timide et il faut m'apprivoiser ou bien, comme lorsque je "draguais" en déplacement, me sentir encouragé par ce désir irrépressible. Mais ce soir, ici, avec Laure et même si elle n'est pas dans la pièce, sa présence me couperait mes moyens. Mais comment reculer ? Prétexter un malaise ? Fuir ? Je serais ridiculisé aux yeux de cette femme et surtout aux yeux de ma compagne.
Justement Laure revient. Elle est seule. Elle doit voir mon inquiétude, mais ne l'attribue pas à la bonne cause.
—Armelle est restée dans notre chambre. J'ai pensé que ce serait plus intime.
—Je… Chérie.
—C'est ma façon à moi de fêter notre anniversaire. Aussi ma façon de te remercier de cette proposition au restaurant. C'est une magnifique preuve d'amour. Je n'ai pas su l'apprécier comme il fallait et j'ai mal réagi. Mais cela m'a aussi donné l'idée de cette surprise. Mais elle se rapproche de moi et dans le creux de l'oreille, comme un secret elle ajoute : Aussi lui montrer combien tu sais satisfaire une femme… Une petite vengeance contre une remarque de sa part.
Je me sens pris au piège. J'aurais dû refuser avant, maintenant, après cette confidence, je suis investi d'une mission. Je décevrais Laure. Mon refus, elle en porterait une part de responsabilité avec sa copine. Pensez le compagnon de Laure ne peut pas. Oui j'écris bien ne "peut pas" car j'imagine que dans ce milieu un tel cadeau ne se refuse pas et si je le refuse ce n'est pas que je ne "veux pas", mais ne "peux pas".
—Viens mon Chéri. Elle me prend par la main et puis se retourne pour ajouter : J'ai fait ce qu'il fallait, tu n'auras pas besoin de te protéger…
Je monte à l'étage. C'est moi que l'on mène par la main. On est bien loin des récits que j'ai lus ou c'est le Mari, l'Amant, le Maître qui entraîne l'épouse pour des jeux libertins. Dans la majorité de ces histoires c'est souvent le mâle qui dirige, qui organise. L'égalité n'a pas encore diffusé totalement dans ces milieux et je ne parle pas des vidéos sur les sites pornos…
Armelle nous attend. Je l'imaginais nue, alanguie sur le lit, mais c'est une femme sûre de son pouvoir de séduction qui se recoiffe négligemment dans le miroir. Elle nous voit arriver par le reflet, elle se retourne. Elle est imposante. Elle est belle. Sa robe qui la moule est une ode à sa beauté, sa plastique parfaite. Sa longue chevelure blonde qui descend de part et d'autre de son visage me la fait imaginer en Valkyrie. Mon cerveau s'affole. Je ne suis qu'un ridicule guerrier face à celle qui est là pour m'emmener auprès de son Dieu, Odin. Bien sûr je sais que c'est faux, mais elle en impose. C'est une habituée des échanges. Elle doit avoir connu tant d'hommes ! Et moi, si peu de femmes.
Laure a lâché ma main pour se mettre en retrait. Elle veut probablement que sa présence soit la moins pesante possible. Mais elle me laisse seul.
Combien de secondes suis-je resté immobile, paralysé, le visage en sueur, un rictus qui se veut un sourire aux lèvres. Le sourire accueillant d'Armelle cède la place à l'interrogation, puis le dépit, puis la colère. Elle regarde Laure. Elle se saisit de son sac et va manifestement partir. Alors j'entends Laure dire :
—Attends, Armelle Attends.
J'ai honte en croisant le regard de ma compagne. Mais elle ne s'attarde pas.
C'est vers son invitée qu'elle regarde.
C'est à son oreille qu'elle parle.
C'est vers moi que tous les regards se tournent. Je voudrais disparaître sous terre. Je vais quitter la chambre. Un dernier regard et je…
Mais les deux femmes s'enlacent. En une seconde elles m'ont oublié. Elles s'embrassent. Laure me tourne le dos, mais je vois Armelle fermer les yeux, savourant manifestement le baiser. Puis elles tournent. Je croise le regard de Laure. Tout en continuant d'embrasser sa complice, je vois qu'elle cherche le zip dans le dos de la robe. Elle le tire. Elle s'éloigne un peu et poussant les bretelles des épaules, elle accompagne la robe au sol. Armelle est nue, elle ne portait rien dessous, certaine de pouvoir séduire, me séduire. Mais moi je n'ai même pas eu le courage de le faire. Je suis nul. Il faut que ce soit ma compagne qui lave mon offense et qui apporte à sa complice un peu de plaisir.
Elle pousse Armelle vers le lit, un lit qui accueille ce corps qui s'allonge avec sensualité. Un regard vers moi. Il est cinglant, comme un coup de cravache pour cet homme qui ne sait même pas apprécier ce corps magnifique et chargé de tant de sensualité. Mais Laure couvre sa complice. Elle a gardé sa robe. J'imagine qu'elle va laisser Armelle la lui enlever.
Elle l'embrasse, mais je vois qu'elle la caresse aussi. Et puis la tête descend, lentement, se promenant manifestement et couvrant le corps de baisers. Une longue halte vers la poitrine. Les mains la caresse, mais la bouche aussi, manifestement prenant les pointes entre ses lèvres. Elle continue, toujours lentement, parfois d'un mouvement brusque elle remonte pour retrouver les lèvres qui soupirent.
Les cuisses s'ouvrent, la chevelure et la tête m'en cachent la réalité, mais aux mouvements je sais que Laure sait jouer de ses atouts pour explorer l'intimité offerte. J'imagine que ce n'est pas la première fois que les deux femmes jouent à ce jeu. J'ai placé une pierre sur le passé de Laure, son passé de libertine, mais ce spectacle me fait imaginer…
Elle me regarde. À nouveau ce regard et ce mépris, mais heureusement le plaisir donné par ma compagne la détourne de moi avant que je me sente obligé de baisser les yeux.
Je me suis avancé sans m'en rendre compte. Je ne vois pas beaucoup mieux, mais je vois les mouvements de la tête, de la main qui enveloppe un sein, de l'autre qui doit pointer un doigt… Ou deux… Ou trois dans la fente qui doit être grasse et ouverte.
A nouveau ce regard. Il est moins cinglant, plus moqueur, me ridiculisant d'une autre façon. Aussi ce regard qui se dirige vers… La bosse de mon pantalon.
Je bande. C'est ma queue qui me rend un peu de fierté. Oh, pas beaucoup… Il est trop tard… Le mal est fait… Je suis irrémédiablement le mari impuissant pour Armelle, impuissant ou coincé. Elle va se charger de le faire savoir à tous ses amis libertins. Je m'en fou, ce ne sont pas les miens, mais je les entends faire circuler les ragots… Même pas des ragots, la vérité :
Pauvre Laure, comment peut-elle se contenter de cet homme ?
Ce ne sont pas mes amis mais ceux de Laure et même si elle ne doit plus les fréquenter, je ne doute pas qu'elle en croise certains en ville. Ma honte va devenir la sienne.
Mon sexe me redonne un peu de courage. Je bande c'est vrai, et puis ?
Je défais mon pantalon. Pas question de sortir mon mandrin par le zip. J'ai toujours trouvé que c'était un peu ridicule, comme de garder ses chaussettes. Évidemment il y a des fois où cela s'impose dans une baise spontanée. Mais ce n'est pas le cas en ce moment, vraiment rien de spontané. Mon pantalon et tout le reste.
Je suis nu, avec une belle érection et je regarde. Mais aucune ne s'occupe de moi. Elles sont dans leurs jeux, Armelle guidant sa complice avec ses mains.
J'attends. J'ai pensé un moment prendre la place de ma compagne mais cela aurait été de stopper en plein vol ce début de jouissance et je ne me sens pas en mesure de pouvoir égaler ces caresses.
J'attends, mais pas longtemps. Armelle jouit. Elle se cambre, plaque la tête contre son intimité, se torture les tétons et gémit d'une plainte de louve que le mâle… Non, pas le mâle, c'est justement le problème.
Je pose une main sur l'épaule de Laure. Elle me découvre, je vois bien son regard se fixer un instant sur mon vit qui n'est pas loin d'elle. C'est comme si elle en vérifiait la réalité en le prenant dans sa main. Elle me sourit lorsqu'elle constate la réalité de mon érection.
Elle se lève sans un mot. Armelle m'a vu. Elle a vu que je bandais, mais son mépris est toujours là. Je pourrais presque le sentir et je le sens s'insinuer en moi. Mais je sens sur mon épaule la douce main de ma compagne qui me transmet toute son énergie et galvanise un courage naissant.
Elle est restée cuisses ouvertes, mais pas offerte, non toujours…
Quitte à avoir l'air ridicule au moins aller jusqu'au bout. De toute façon si elle ne veut pas, si elle ne me veut pas, si elle ne me veut plus, elle est assez grande pour me le faire comprendre.
Ses cuisses et son intimité que je vois briller de salive, de la salive de Laure semblent me défier et je pourrais presque imaginer des paroles comme : Tu n'oseras pas ! Tu n'es qu'un petit mari qui ne sait même pas apprécier ce que ta compagne t'offre. Tu vas la perdre. Elle va revenir vers nous et te laisser revenir à ton petit quotidien…
Alors, j'ose. Oui, je me place dans ce V qui me guide, qui guide mon sexe. En m'allongeant sur elle, toutefois soutenu par mes bras tendus, mon vit fraie son chemin. C'est d'une facilité déconcertante. Elle est ouverte, mais ce n'est pas pour moi, c'était pour sa complice.
Elle joue l'indifférente, toujours avec ce sourire moqueur et ce regard, même plus courroucé, pire, méprisant. J'essaie de l'oublier. Je ne ferme pas les yeux car je veux garder un peu de dignité, mais je regarde derrière elle.
Je bouge. Je la possède cette belle indifférente. Une seconde je me condamne par la pensée ""Tu possèdes une femme contre sa volonté, n'ajoute pas le viol à la honte"", une pensée qui me terrorise.
Mais je retrouve son visage. Son sourire a disparu, son regard est différent.
Je reprends mes mouvements. Oui, elle change.
Je me fais plus possessif et puissant. Oui, elle aime. D'ailleurs ses mains sur mes fesses sont un encouragement.
Je revis, je reprends confiance, ma bitte se fait conquérante et doit se gonfler d'orgueil. Elle gémit. Oui, elle gémit et c'est bien moi qui en suis la cause. Je sens la pression de ses mains pour m'encourager et son ventre onduler.
Il ne faut pas que je me rate. Je dois tenir le plus longtemps et pour cela rester insensible à ce que je fais. Mais elle décide de prendre l'initiative. Elle bouge, se lève, m'attire, me fait asseoir et vient s'empaler sur la queue qu'elle guide de deux doigts experts.
C'est difficile de ne pas se laisser entraîner. Elle est si près ! J'enveloppe ses seins, je tire ses tétons, je rythme sa possession avec mes mains glissées sous ses fesses. Elle se caresse le clitoris et ses doigts effleurent mon mandrin. Elle gémit, elle ferme les yeux, je la sens partir et alors qu'elle soulève ses paupières pour me fixer comme si c'était une surprise, elle jouit. Une jouissance qui dure, qu'elle entretient en continuant de bouger sur moi, semblant au fil des secondes me découvrir, réaliser que c'est bien moi…
Si la honte est toujours là, elle n'est plus si forte.
Elle ne s'attendait pas à ce que je me lève en l'emportant avec moi. Elle a juste le temps de s'accrocher à mon cou et étreindre ma taille avec ses jambes. J'ai porté des charges bien plus lourdes même si elles étaient mieux "équilibrées". C'est vers le mur que je me dirige, la partie du mur ou Laure m'a fait fixer un espalier pour sa gymnastique. J'aime la voir, la plupart du temps en tenue très légère, évoluer, corps souple et flexible, aérienne, juste retenue par une main, un pied… Plus d'une fois nous passons de sa gymnastique à une autre, aussi acrobatique mais peut-être moins aérienne.
C'est vers cet espalier que je l'entraîne. Elle sent la dureté des barreaux contre son dos. Je l'invite à tendre les bras pour se tenir autrement qu'à mon cou. Je la guide pour que chacun de ses pieds trouve la bonne hauteur, la bonne position. Tout son corps est arqué, tendu vers moi. Dans nos mouvements ma bitte se retrouve à l'air, mais c'est facilement que je la pousse dans la fente toute ouverte et gluante.
Elle descend et je monte. Une flexion pour elle, une extension pour moi. Moi aussi je suis arqué, nos corps ne se touchent que par le mandrin qui la possède, une cheville de chair, dure comme le bois, roseau ou chêne suivant notre plaisir.
Son regard n'est plus méprisant. En temps normal je pourrais même y lire de l'admiration. On dirait que jamais un homme ne l'a prise de cette façon, pourtant elle a dû en connaître des hommes… Mais je pars de très bas… De très bas ! Que je suis drôle ! Oui, c'est cela, surtout ne pas trop s'impliquer, rester en dehors du jeu, lucide, pour que mon érection dure et que ma jouissance vienne le plus tard possible. Je veux lui rabattre son caquet à cette libertine, si certaine de son pouvoir de séduction. Je dois aussi me montrer digne de la confiance de ma compagne.
Elle gémit et Dieu m'est témoin, et pardon pour Laure, que jamais des gémissements n'auront été si doux à mes oreilles. Elle a bougé la tête et sa chevelure de Walkyrie lui fait un brouillard devant le visage et descend jusqu'à effleurer sa poitrine.
Elle est belle dans son plaisir. Elle est bien faite la complice de Laure et si toutes ses partenaires de libertinages sont de cet acabit, je pourrais presque envier les hommes qui…
Elle gronde et sa jouissance est une évidence, corps tétanisé, vagin qui étrangle ma bitte. A nouveau ses yeux semblent me découvrir et je peux presque suivre sa pensée : Oh, c'est lui qui…
Mon bâton est toujours vivant. Je veux qu'elle parte d'ici et puisse dire à ses amis que le compagnon de Laure est un amant qui sait la satisfaire et lui suffire… Oui, lui suffire et qu'elle n'a pas besoin de ces soirées d'orgies pour avoir toutes les jouissances possibles.
Elle ne comprend pas tout de suite ce que je veux d'elle.
Oui, c'est cela, descend de l'espalier, mais remonte en lui faisant face. Toujours les mains accrochées à un barreau en hauteur. Toujours les pieds en appuis suffisamment hauts pour que le déséquilibre soit inévitable.
Ta belle croupe attire mes mains. Tu comprends lorsque j'écarte tes fesses pour découvrir ton œillet. Je ne te pose pas la question de savoir si ton petit trou fait partie de tes jeux. Tu frémis alors que je pose ma langue sur lui et enduit ton muscle qui semble vivre sous ma caresse.
Je pointe mon gland encore gras de tes sucs contre lui. Je pousse doucement. Je ne suis pas un rustre ni un violeur. Il se laisse séduire. J'avance manifestement en territoire conquis. Conquis de nombreuses fois, mais qui sait encore ne pas céder trop vite.
Je t'encule ma belle Walkyrie. Cela te plaît, car ta croupe se prête à mon désir.
Ta chevelure t'habille des épaules jusqu'aux reins. Je la saisis à pleine de main et m'en sert comme appui. Tu vas protester. Je tire si fort que ta tête part en arrière. Tu te cambres encore plus. Je te laboure maintenant sans me retenir. Je veux me vider en toi. Je veux que lorsque je te libérerai tu sentes mon foutre suinter et couler de ton cul, le long de ta fente puis tes cuisses.
Tu respires si fort ! Chaque fois que je propulse mon dard, ton souffle l'accompagne. Un souffle qui se teinte de "Ohhh", de "Ahhh" de "Ouii". Je crache ma semence sans prévenir. J'inonde tes entrailles. Tu cries. Dieu que c'est bon de t'entendre.
J'espère avoir remonté mon handicap !
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Je raccompagne Armelle à la porte. Elle a fait un brin de toilette. Elle a salué Laure, mais juste un "au revoir, merci", pas plus. Je redoute ce qu'elle va me dire…
—C'est bien la première fois qu'un homme me snobe de cette façon. Heureusement tu t'es bien rattrapé.
—J'étais paralysé. Je m'excuse. Ce n'est pas que tu ne me plaisais pas, mais tu comprends pour moi tu étais la femme libre incarnée, ayant connu beaucoup d'hommes et j'avais peur de ne pas réussir à…
—Te voilà rassuré. Puisque tu me vois en experte, je peux te dire que tu as tout ce qu'il faut pour donner du plaisir, même à la femme la plus exigeante.
—Merci. Pour moi aussi c'était très bien. C'est juste que j'ai peur que Laure…
—Oh, n'ai pas peur pour cela et n'oublie pas que c'est grâce à elle si je suis là.
—C'est vrai.
—A propos de Laure. Je voudrais te donner un conseil. Je ne doute pas qu'elle soit heureuse avec toi et qu'elle renonce librement au libertinage. Mais tu dois te poser la question :
Pourquoi elle l'a invitée ? Un cadeau pour l'anniversaire de notre rencontre ?
Il n'était pas nécessaire d'aller si loin, tu ne crois pas. Moi, à ta place je prendrais ce moment comme un acte manqué. Il est difficile de renoncer à ces plaisirs. Et cela n'a rien à voir avec l'amour qu'elle te porte. Au contraire il faut être sûr de son couple pour se lancer dans le libertinage.
Enfin, ce que je dis ! C'est toi qui vois ! Si tu es de ces hommes qui pense que leur épouse leur appartient, alors oublie ce que je viens de te dire. Mais si tu l'aimes assez pour pouvoir lui offrir cette liberté alors, n'hésite pas. Et si tu t'inquiètes de ne pas te sentir à la hauteur, tu peux "que regarder". Mais crois-moi je connais plus d'une libertine qui voudrait faire ta connaissance.
Elle me quitte non sans m'avoir enlacé et posé un baiser sur mes lèvres. Elle ajoute encore :
—Tu caches bien ton jeu. La porte se referme sur elle.
—Lucas ? Ça va ? Pourquoi tu es si long ? C'est la voix de Laure. Elle doit s'inquiéter de ma réaction maintenant.
—J'arrive.
Elle est rassurée lorsqu'elle voit que je porte une bouteille de champagne et deux verres.
Nous trinquons en silence.
—Je suis un peu jalouse. Armelle t'a beaucoup inspiré.
—Je… Non…
—Je plaisante Chéri. J'espère que tu as gardé des forces, car la nuit ne fait que commencer.
Elle ne parle plus d'Armelle. Elle a la délicatesse de ne pas me rappeler mon attitude ridicule. Nous sommes juste nous deux. Mais Armelle a alimenté et attisé la question que je me pose souvent, très souvent : Laure saura-t-elle se satisfaire de notre couple ? Lorsque je la prends en levrette et que je peux lire, tatoué au creux de ses reins son prénom en lettres calligraphiées, est-ce qu'elle imagine un autre homme à ma place et qui découvre cette marque alors qu'il la bourre d'un dard inconnu ?
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Commentaires ()
Alain.
Face au beau spectacle offert par les deux femmes, Il a bien réagi. Plus jeune, oui, mais aujourd'hui, Je ne sais pas si j'en serais capable? Quoi qu'il en soit, DeuxD, vous avez un vrai don pour compter une histoire.
Bravo, et au plaisir de vous lire