Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Trouble(s) jeu(x) — Chapitre 1 · Retour de bâton
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Trouble(s) jeu(x)
Chapitre 1 · Retour de bâton
Celle qui se fait désormais appeler Laetitia est terrorisée en franchissant le seuil de la vaste demeure. Elle ne pouvait pas perdre, ayant mis toutes les chances de son côté, marquage invisible des cartes, collusion avec un des joueurs , un analyseur, bref, rien ne pouvait contrarier son plan et l'empêcher de plumer sa nouvelle cible.
Et pourtant, tout s'annonçait sous les meilleurs auspices, dans cette soirée au cœur d'un club très privé, réservé à un cercle restreint de participants. Il lui avait fallu du temps pour y être admise, elle qui avait tout manigancé pour se faire adouber. Séduisant un quinquagénaire identifié comme adepte des jeux clandestins, tout en réussissant à éviter de finir dans son lit, elle est parvenue, grâce à ses gains accumulés après une mise dérisoire, à s'imposer dans ce microcosme où se côtoient hommes d'affaires, célébrités du sport et du spectacle, et une faune bien moins recommandable, mais avec une solide assise financière à l'origine parfois obscure.
Car contrairement aux autres membres de cet aréopage fortuné, rien n'a été facile dans la vie de Laetitia. Issue d'un milieu populaire, elle a dû travailler en parallèle de ses études, animée par une ambition dévorante. Durant un an, elle a méticuleusement épié les faits et gestes de ces cénacles favorisés afin d'y évoluer en toute quiétude, dissimulant à la perfection ses racines modestes, évoquant allusivement le fait qu'elle serait héritière désœuvrée d'un magnat de la banque, et incidemment fiancée à un oligarque russe, ce qui dissuade les mâles trop entreprenants.
Laetitia se fond à présent parfaitement dans le décor, parlant de politique, culture, art ou actualité internationale avec une aisance déconcertante. Et la mignonne jeune femme qui va fêter prochainement ses vingt-deux printemps ne manque pas de soupirants qu'elle fait languir, mais sa vie amoureuse, en réalité, est proche du néant. En effet, elle n'a eu dans sa vie qu'un seul compagnon, l'année de ses dix-huit ans, un gentil garçon de son âge qui rompit son hymen et lui vouait une folle passion. Mais Laetitia n'éprouvait pas les mêmes sentiments, et montrait peu d'appétence pour le sexe. Il n'entrait pas dans ses projets, et elle a fini par le quitter, sans management. Ses supplications ont été vaines, il s'est délité et a décidé de mettre fin à ses jours, par pendaison.
Depuis, même si elle tente de s'en affranchir, sa culpabilité est vivace, et hormis les flirts destinés à aguicher ses proies ou ceux qui peuvent servir ses intérêts, elle n'a plus connu de rapports charnels, se masturbant parfois lorsque l'envie devient irrépressible, considérant que ceci résulte simplement de la satisfaction d'un besoin physiologique primaire.
Elle est accueillie dans le vestibule par une plantureuse trentenaire blonde en livrée de soubrette.
— Bonsoir Mademoiselle, Monsieur vous recevra bientôt. Je vous indique vos appartements, veuillez me suivre.
La chambre est spacieuse, aménagée avec beaucoup de goût, et comporte une salle de bain privative avec une grande baignoire et une cabine de douche qui pourrait accueillir plusieurs personnes. Laetitia se contemple dans le miroir. Elle est plutôt attrayante, avec des lèvres pulpeuses, un visage à la peau claire aux traits délicats, presque juvéniles, encadrés par une chevelure au ton havane mi-longue, fraîchement agrémentée de mèches couleur des blés, en cohérence avec les consignes quant à sa coiffure reçues en amont. Sa silhouette élancée met en valeur une poitrine bien proportionnée, un quatre-vingt-cinq, bonnets C, mais on remarque surtout le galbe somptueux de son postérieur, sublimé par la sveltesse de sa taille. Son corps est musclé et entretenu, car elle a maintenant les moyens de pratiquer les activités sportives qui lui plaisent, et de fréquenter les meilleurs instituts de beauté, ce qui favorise aussi son intégration dans ce milieu friqué.
Laetitia se doute de ce qui l'attend. Elle a perdu. Ce type va la baiser. Tant pis, ce sera juste un mauvais moment à passer, son esprit sera ailleurs. L'escroqueuse revit en son for intérieur les événements qui l'ont conduite dans ce guêpier.
Dans le cerveau de Laetitia.
La partie de poker dure depuis des heures, et un à un, les participants se couchent, y compris mon acolyte de circonstance. Je me retrouve face à ce quadragénaire charismatique, au flegme qui semble à toute épreuve. L'enjeu est de taille, des centaines de milliers de dollars sont sur la table. Le jackpot. Et cette erreur, cette provocation inutile, tant je suis grisée par le succès et devenue amatrice de grosses cylindrées allemandes.
— Elle est bien à vous cette BMW X7, sièges en cuir, stationnée devant l'entrée ?
— En effet, j'ai prêté ma Porsche à un ami, alors je suis contraint de me rabattre sur ce modèle plus trivial acheté cette semaine.
Trivial ! Tu parles ! Une caisse dépassant les cent-cinquante-mille euros, avec un moteur de folie, un V8 turbocompressé de plus de cinq-cents chevaux !
Il pose ostensiblement le dispositif de démarrage de la fastueuse voiture sur le tas de billets.
— Je relance. Vous suivez ?
Merde, je la veux cette bagnole. Mais là, je ne peux pas m'aligner. Alors que je suis certaine de l'emporter, j'ai un carré en main. Je commets une seconde bévue. Fatidique.
— Je vous fais une reconnaissance de dettes, que j'honorerai aisément, là, je suis à cours de liquidités.
— Non, je n'agrée pas ce type de transaction. Du cash, uniquement. Ou alors...
Une interminable pause s'instaure. Nous nous regardons en chiens de faïence. Il est distingué, et honnêtement bel homme, je crois qu'il est directeur d'une grosse société, mais il n'est présent que depuis récemment parmi la coterie.
— Je vous écoute. Vous avez manifestement une idée pour équilibrer les mises. Ma curiosité est attisée.
Pour la première fois, il m'appelle par mon prénom.
— Chère Laetitia, si je gagne, vous m'appartiendrez totalement, corps et âme, durant vingt-quatre heures.
Le choc. Je m'efforce de faire bonne figure, certains joueurs écarquillent les yeux, il y a des conciliabules.
— Vous... Vous plaisantez...
— Non. Le choix vous appartient.
Je ne peux par être battue, pas avec mon carré, c'est une évidence statistique. Je décide de poursuivre, convaincue que je ne risque rien.
— Je suis. Pour vingt-quatre heures.
J'étale les quatre cartes identiques, des as, avec un sourire de victoire et attrape les clés de l'auto qui dès lors est mienne. L'homme agrippe doucement mon poignet, et révèle cinq cartes, une à une, dans un silence pesant. Le sang quitte ma frimousse, ma colonne vertébrale est parcourue par un frisson.
Non, ceci défie l'entendement, les lois de la probabilité. Neuf, dix, valet, dame, roi. De la même couleur. Une quinte flush.
Je suis prête à défaillir. Je viens d'être dépossédée non seulement la majeure partie des profits accumulés, mais je vais devoir me soumettre à ce type. Une pirouette. Vite.
— Vous avez une veine exceptionnelle. Mais assurément, votre proposition était une pure boutade. Dès demain, je vous remettrai les fonds.
Je vais quasiment devoir lui verser toutes mes économies, fruit de mes multiples arnaques, mais je rebondirai. Sauf qu'il ne l'entend pas ainsi.
— Non. Nous avons un accord.
— Ecoutez, c'est ridicule, il est hors de question que je cautionne cet accommodement. Ce serait dégradant. Je vous payerai ce que je dois.
Et cette pétasse à l'allure élégante qui intervient. Et me pousse dans mes derniers retranchements.
— Jeune fille, vous avez conclu un pacte, parfaitement consenti. Vous devez le respecter. Et estimez-vous heureuse, car j'ai été contrainte d'honorer les engagements de mon mari qui m'avait gagée. J'ai supporté dignement, et vous, au moins, vous avez choisi.
— Je... Enfin, c'est invraisemblable...
La situation m'échappe. Et cette pimbêche qui s'en mêle. Sa tronche ne m'est pas inconnue. Bon sang, c'est l'épouse d'un homme politique influent. Elle renchérit.
— Si vous tentez de vous soustraire à vos obligations, vous deviendrez une paria, et ne serez plus admise en ces lieux et bien d'autres.
La menace est explicite. J'ai tellement investi, accepté tant de sacrifices pour fréquenter ces privilégiés que je ne puis admettre un bannissement. Il y a dorénavant une bonne vingtaine de personnes autour de la table, et je n'ignore pas leur capacité de nuisance dans ce monde fermé, une réputation peut être promptement anéantie.
— Je... Je vais donc le faire. Je suppose que vous souhaitez que je vous accompagne dès à présent ?
— Nullement, il y aura certaines dispositions préalable à notre... Entrevue... Toutefois, il me serait loisible de connaitre la valeur de mon prix.
Là, je suis désorientée. Que veut-il insinuer ?
— Je suis navrée, je ne suis pas certaine de comprendre.
— Sans ambages, vous allez vous dévêtir afin de me permettre d'évaluer votre anatomie, apparemment des plus avenantes. En ce qui concerne votre âme, ce sera dans un second temps.
— Mais vous me prenez vraiment pour une catin !
Je suis hors de moi, cette péripétie tourne à l'humiliation publique. Et la mégère en tailleur Chanel qui intervient de nouveau.
— Très chère, la demande du vainqueur est légitime. Toutefois, je conçois qu'une démonstration de cette nature implique un minimum d'intimité. Nous allons passer dans le petit salon, et je serai garante de la bienséance, quoique n'ayant aucun doute quant au savoir-vivre de ce gentleman.
— Merci Ingrid, votre contribution favorise indubitablement une issue positive.
Je me retrouve ainsi debout dans la pièce au mobilier cossu. Celui dont je vais provisoirement devenir la propriété s'installe confortablement dans un fauteuil en me toisant, l'entremetteuse restant en retrait.
— Laetitia.
Le ton est sans réplique, et je passe un avant-bras dans mon dos pour dégager la fermeture de ma robe de soirée pailletée, griffée d'un couturier renommé, découvrant mes épaules et s'arrêtant nettement au-dessus des genoux. Et une séquence pénible me revient à l'esprit. En première année de licence, malgré plusieurs petits boulots, je ne parvenais pas à faire face à mes dépenses pourtant limitées. J'avais répondu à une annonce pour des photos dites de charme, surmontant ma pudeur. Un gros porc répugnant avait pris des clichés carrément pornographiques dans un appartement sordide, avant de solliciter davantage de services, que je lui ai fait miroiter pour une prochaine fois afin de l'appâter et l'inciter à se montrer généreux. Je n'avais évidemment donné aucune suite, grappillant un maigre butin, déterminée à ne plus atteindre ce niveau de déchéance.
Je fais glisser ma toilette luxueuse très lentement, centimètre par centimètre, dévoilant lascivement ma désirable plastique. Heureusement, je suis dernièrement allée chez l'esthéticienne pour une exfoliation, et pas un poil disgracieux n'est présent. L'étoffe finit froissée à mes pieds, me laissant simplement abritée d'une parure coordonnée et de DimUp noirs, juchée sur des escarpins à talons qui fusellent mes jambes. Je dénoue mon chignon et laisse dévaler en cascade jusqu'à mes omoplates ma luxuriante crinière châtain aujourd'hui raccourcie.
— J'espère que la vue vous convient.
— Certes, veuillez pivoter sur vous-même et vous avancer, afin que ma perception soit consolidée.
J'obtempère et, presque inconsciemment, me trémousse sensuellement, m'arc-boutant comme pour magnifier les courbes de ma croupe, très proche de lui. Il parait captivé par ce spectacle, et si je manœuvre intelligemment, je m'abstiendrai de passer à la casserole, avec des promesses que je renierai ultérieurement. Mais ce sera ardu, son aplomb est intact.
— Continuez.
Je suis coincée, avec en plus l'autre emmerdeuse qui surveille, il n'y a pas d'échappatoire. Je m'apprête à retirer mes bas autofixants, lorsqu'il arrête mon geste.
— Gardez-les. Ôtez le reste.
Sans baisser les yeux, je dégrafe mon soutien-gorge à balconnets, pas très affriolant, mais je n'imaginais pas me retrouver dans une telle posture. En respirant un grand coup, je fais glisser les fines bretelles, maintient un instant le dessous devant mon buste et le laisse choir. Mes seins bien fermes ne s'affaissent pratiquement pas, et pire, mes bouts durcissent. C'est invraisemblable, cette exhibition ne devrait pas induire une telle réaction. En tout cas, il apprécie mes nichons joliment dessinés. Il hoche la tête, je devine qu'il s'agit d'un signal pour je poursuive mon strip-tease. En me retournant, je baisse nonchalamment mon string qui termine au sol.
— Écartez vos splendides fesses.
Ce vicieux ne m'épargnera aucune vexation. J'éloigne mes globes, exposant ma raie et mon orifice aux plis harmonieusement ciselés. Il a une vue panoramique sur mon cul, mon atout principal, et sur mon anus ; je me cambre en arquant mes gambettes gainées de voiles ébène. Puis, au ralenti, je lui fais face, offrant ainsi la vision de ma vulve à la toison triangulaire brune soigneusement taillée.
La distance entre nous est si faible qu'il pourrait me toucher, mais il n'en fait rien. Je demeure immobile un long moment, respirant rapidement alors qu'il me détaille sous toutes les coutures. Et une inconcevable chaleur envahit mon ventre, je commence à mouiller. Ce n'est pas possible, je ne peux être émoustillée en ces circonstances.
— Très bien. Vous pouvez vous rhabiller. Il y aura quelques ajustements mineurs à peaufiner. Je vous ferai parvenir mes directives dès demain. Nous sommes mardi, vous me rejoindrez vendredi à vingt heures, et votre dette sera apurée le samedi au même horaire.
Vous avez apprécié cette histoire ?
Alors n'hésitez pas, un “j'aime” ou un commentaire constituent l'unique rétribution des auteurs !
Ce chapitre vous a plu ? Encouragez l'auteur en un geste.
J'aime
ou laissez un mot
Restez informé des nouvelles histoires
Recevez les dernières publications directement dans votre boîte mail
Explorez les catégories
Parcourez notre vaste sélection d'histoires érotiques classées par catégories pour trouver exactement ce qui éveille votre désir
Ce chapitre vous a plu ?
Vous venez de le lire en entier. Prenez un instant pour encourager l'auteur : un petit geste qui fait toujours plaisir et donne envie d'écrire la suite.
Laissez une réaction
Commentaires ()
Et attention, les détails ne sont pas anodins et auront une incidence majeure sur le cours de ce récit !
"Ne voulant pas être déstabilisée par les appétits de celui à qui elle va devoir se livrer, elle consulte divers sites pornographiques pour mieux appréhender les attentes des mâles, son expérience limitée ne lui étant pas d'une grande aide. Elle est horrifiée par ce que subissent les actrices, ravalées au rang de chiennes, réceptacle des désirs les plus obscènes. Copulations brutales, bukkake et autres partouzes se succèdent. Et Laetitia se souvient de la phrase prononcée la veille par cette dame élégante :
"Jeune fille, vous avez conclu un pacte, parfaitement consenti. Vous devez le respecter. Et estimez-vous heureuse, car j'ai été contrainte d'honorer les engagements de mon mari qui m'avait gagée. J'ai supporté dignement, et vous, au moins, vous avez choisi."
Oui, elle va surmonter cette épreuve. Elle en sortira plus forte. Vingt-quatre heures. Ce n'est rien dans une vie."
Ce chapitre inaugural est effectivement exempt de scène de sexe explicite, ce qui peut décevoir, je le conçois aisément.
Maintenant, l'objet est l'introduction d'un contexte et de personnages, aux profils singuliers, qui ont un point commun : de lourds secrets, des buts inavoués.
Aucun détail n'est anodin, l'histoire ne se résume pas à une partie de poker perdue et ses conséquences, l'intrigue est nettement plus machiavélique ! Ceux qui sont coutumiers de mes textes savent que je réserve souvent des surprises, à contre-courant de la trame prévisible :)
Après un prologue plutôt tranquille, nous allons progressivement cheminer vers des sommets de perversion :)