Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Jeu d'ombre — Chapitre 1
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Jeu d'ombre
Chapitre 1
J'ouvre les rideaux et m'assois pour manger. Je préfère voir la ville, la vie, à travers ma fenêtre plutôt que du tissu. J'engouffre un gnocchi en bouche. Le doux fromage. Je regarde dehors. Dans le bâtiment d'en face, une seule lumière est allumée. Il faut dire qu'en citée étudiante, fin mai, il n'y a plus personne. Mon regard se fige, attiré comme un insecte. Soudain, je distingue une forme. Une femme. Des courbes qui se dessinent. Forme obscure dans le contre jour de sa lampe. Je ne peux voir à quoi elle ressemble. La frisure de ses cheveux me fais penser à une femme des îles, la peau brunie par le soleil. Je l'imagine nue, en sous-vêtement. Érotique désir. Je la vois qui bouge. Qui se change. Enlève ses vêtements. Test des tenues. Mais je ne peux voir comme je le voudrai, je ne peux qu'imaginer, imager. Je distingue l'ombre qui marche doucement dans la pièce. Elle a l'air d'être au téléphone, un ami, sa mère, peut être son mec.
Je l'imagine, ses formes rehaussées par la dentelle noire. Elle s'assoit sur le bord de la fenêtre, le téléphone toujours collé à l'oreille. Sans doute se pense-t-elle seule, libre, du haut du quatrième étage. Son nez et ses lèvres se remarquent sur son ombre, et sa poitrine ressort encore plus. Je continue de la regarder, essayant d'être le plus discret possible. Elle parle, elle parle, je vois ses mains qui bougent. Des gestes lents, calmes, presque sensuels. J'imagine que c'est son mec au téléphone, ou un flirt, peut-être un plan cul. Je la vois qui se lève, de dos son ombre montre toute sa silhouette. Des petits seins et un fessier plus développé. En poire. Elle disparaît un instant de la fenêtre, ne laissant qu'un rectangle jaune au milieu du noir de la nuit. Quelques secondes passent. Puis elle revient. Toujours au téléphone, mais un objet à la main. Elle s'assoit sur une chaise. Encore de dos. Mais je vois ses jambes écartées, qui dépassent de son siège.
Puis l'ombre de son bras s'agite. Elle bouge de haut en bas. Alors je comprends, elle se masturbe. Téléphone rouge, téléphone passion. Je suis plongé dans son ombre. Un étrange sentiment m'envahit. Mélange de honte et de plaisir. Sentiment confus. Mais je reste là, à la fenêtre, regardant ce que je ne peux voir. Sa tête plonge en arrière et son bras cesse toute action. Mouvement ultime. Peut-être à-t-elle jouit, je ne peux que me l'imaginer. Elle a l'air de conclure la conversation. Elle pose son téléphone et disparaît de l'ouverture. Moi je reste là, devant ma fenêtre. J'ai envie de partir. Mais je veux savoir s'il y a une suite. La lumière est encore allumée dans la chambre d'en face. Alors j'attendrai jusqu'à ce qu'elle s'éteigne. Je prends un livre. Un roman. Une aventure. Quelques centaines de pages. Pas beaucoup plus. Juste pour passer le temps. Au moins une heure. Les pages glissent sous mes doigts. Un chapitre, puis cinq. Le temps passe vite, plongé dans un autre monde.
Les phares d'une voiture illuminent la résidence. Elle se gare. Coupe le moteur. La nuit revient. Une portière claque. Un homme sort. Une silhouette dans la nuit. Il semble avoir des cheveux courts et des épaules larges. Je le vois se diriger vers le bâtiment au rectangle jaune. Le show va peut être continuer ? Alors je regarde à travers le verre. J'attends. Le temps semble s'étirer sous le ciel nocturne. Ce que je fais n'est pas bien, je le sais et je le sens. Mais la passion m'anime, une envie malsaine d'en voir plus. Pornographie inédite, show particulier. J'attends, les yeux plongés dans la nuit. Alors je les vois. Le spectacle reprend. Les ombres noires se collent, fusionnent dans un câlin sensuel. Je vois leurs bras qui se caressent. J'imagine leurs bouches qui s'entremêlent. Puis les corps se détachent. Deux silhouettes. Deux ombres noires. Deux corps découpés par la lumière. Puis les habits volent, affinant les formes. Les câlins reprennent.
Durant quelques minutes les ombres fusionnent à nouveau. Soudain, le dos de la fille est collé à la fenêtre. Plaqué par l'homme. Ses boucles se reflètent dans la lumière et ses fesses s'applatissent contre le verre. L'homme disparaît derrière elle. Je l'imagine à genoux devant elle. Jouant de sa langue. Je vois sa bouche collée à ses lèvres. J'imagine les gémissements de la belle. Je bois ce spectacle par les yeux. A une quinzaine de mètres de distance. L'action dure un temps. Puis les rôles s'inverse. Devant moi, seul apparaît l'homme. De la femme il ne reste que le haut des cheveux, qui bouge lors des allés retours. Je pense à sa langue enroulé autour de son sexe. Au plaisir qu'il ressent. J'imagine son gland taper au fond lors de gorge profonde. Je bande. Elle se relève. Son bras passe vers sa bouche, sans doute pour essuyer un peu de bave. Les ombres se confondent encore. Embrassades fusionnelles. Puis elle se penche en avant. Coupée en deux par l'étroitesse de la fenêtre.
Seul son arrière est visible. Ses fesses me font rêver. Alors l'ombre masculine s'approche d'elle. Je vois son pénis, dressé d'excitation. Puis je le vois disparaître petit à petit. Les silhouettes noires se collent. Extase fusionnel. Puis ils commencent à bouger. Moi je rêve. J'imagine la sueur sur leurs peaux, les mains qui se serrent, les cris, halètements et gémissements. Il la pénètre de plus en plus fort. Mon esprit voit ses seins bouger au rythme des coups de reins. L'homme accélère ou ralentit au fil de leurs envies. L'ombre de ses bras caressant la croupe de sa partenaire. Puis ils s'arrêtent. Sans doute essoufflés par tant de mouvements. Les ombres se décollent et la femme réapparaît dans la lumière. Leurs corps bougent lentement. Les voir faire m'a extrêmement excité. Je sens que je bande. Je suis incapable de décoller mes yeux de leurs jeux d'ombres. Ma morale m'a quitté, voyeurisme enflammé. Ils reprennent leur danse charnelle. La femme se colle à la fenêtre.
Elle étire sa jambe, montant son pied à la hauteur de sa tête, souplesse exceptionnelle. Peut-être est-elle gymnaste ? Son amant s'approche d'elle. Ses mains la caresse, contacte de désir. Puis sa verge se glisse entre ses cuisses. De ses mains, il la maintient, collé au verre froid de la fenêtre. Moi je reste assis sur ma chaise, regardant le spectacle qui défile sous mes yeux. Je finis par baisser ma braguette. Je sens mon sexe dur sous mes doigts, mais mon esprit est dans la chambre d'en face. Je me crois faire partie des ombres, sexe à distance. Pour mes yeux je suis avec eux, c'est au rythme de ma main qu'elle gémit. On continue comme ça de longues minutes, hors de l'espace. Je vois à la fenêtre qu'un dernier battement de rein leur a fait atteindre un éden jouissif. Sur ma main, je sens mon sperme qui s'écoule. Je me réveille dans ma chambre. Un peu honteux, encore excité de ce qu'il vient de se passer. Je passe à la salle de bain pour me nettoyer.
Quand je reviens, je jette un regard par la fenêtre. Tout est noir, le spectacle est finit, le rideau est tombé. J'espère revoir ces silhouettes une prochaine fois.
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