Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
La maison d’en face — Chapitre 2
Auteur
La maison d’en face
Chapitre 2
Je passe la matinée à faire des allers-retours entre mon bureau et ma chambre pour ne pas manquer l’ouverture des volets. Depuis mon bureau, j’ai une mauvaise vue sur la fenêtre d’en face, alors que celle de ma chambre donne directement dessus. Mes efforts sont récompensés aux alentours de midi, lorsque j’entends un battant claquer contre le mur. Je me précipite dans ma chambre et peux enfin voir de plus près celle qui vient d’apparaître. Ce n’est pas ma voisine, mais la jeune personne aperçue hier.
Elle se penche par-dessus la margelle pour atteindre les attaches de ses volets. Ses cheveux longs, bruns et lisses, glissent sur ses épaules dénudées avant de retomber autour de son visage. Quelques mèches viennent caresser ses joues. Elle porte une nuisette claire et légère qui épouse délicieusement son corps et souligne la rondeur et la fermeté de sa poitrine. Lorsqu’elle se penche davantage, la dentelle se retrousse légèrement, dévoilant le bas de son dos et la naissance de ses fesses. Je reste, immobile, caché derrière mes rideaux à observer cette jolie jeune femme. Dans l’encadrement de sa fenêtre, elle se redresse, puis s’étire, les bras levés au-dessus de la tête. Le mouvement fait remonter sa poitrine sous la nuisette dont la transparence laisse deviner les pointes de ses seins. Une image qui à coup sûr va alimenter mon esprit durant une bonne partie de la journée. Je continue néanmoins de m’interroger : qui est-elle ?
Je traîne cette question et les images que j’ai d’elle durant tout l’après-midi.
Je travaille sur un logo, sans intérêt, pour une société qui n’en a pas plus, quand j’entends quelqu’un qui sort de la maison d’en face. Je quitte mon écran des yeux et me décale de mon bureau. C’est de nouveau elle. Mais cette fois plus habillée, mais toujours aussi agréable à regarder. L’air est encore doux en cette fin de saison estivale et elle est vêtue plutôt sagement : des chaussures plates, un jean et un chemisier, néanmoins assez échancré. Depuis mon étage, la vue plongeante sur sa poitrine retient immédiatement mon regard. À chacun de ses pas, je vois ses seins chalouper tranquillement. J’en suis convaincu, elle ne porte pas de soutien-gorge. Elle se dirige vers le garage de ma voisine et elle en sort au volant de sa voiture pour disparaître en suivant. Qui est-elle, et que fait-elle ici ?
D’un coup, je me dis que je n’ai pas vu Sandrine depuis son arrivée dans la nuit. Aussitôt, sans vraiment savoir pourquoi, mon imagination s’emballe et échafaude un scénario catastrophe. Et si la belle inconnue l’avait dépouillée, ligotée, voire tuée, avant de s’emparer de sa voiture pour prendre la fuite ? Me voilà soudainement assailli par un doute horrible. Que faire ? Aller cogner à sa porte ? Et si elle m’ouvre, j’aurais l’air bien malin… Téléphoner, je n’ai pas son numéro. Et pour lui dire quoi ? Je suis en train de ruminer tout cela quand j’entends un bruit de moteur. Je reprends mon poste d’observation et je vois se garer une autre voiture dans le garage de la maison d’en face. Un homme d’une quarantaine d’années, que je n’avais jamais vu auparavant, en sort. Sans même sonner ou cogner, il ouvre la porte d’entrée et entre chez ma voisine. Je ne sais plus quoi penser. L’inconnue aurait-elle un complice ?
Mû par je ne sais quelle intuition, l’humeur héroïque, je dévale l’escalier pour me précipiter en face. Au travers de nos deux fenêtres de cuisine qui se font face, le spectacle qui s’offre à moi me stoppe net.
Ma voisine est bien là ! Elle est assise sur son plan de travail, les jambes largement écartées, le dos cambré, nue et offerte. Entre ses jambes se tient l’homme que je viens de voir entrer dans sa maison. Il est habillé. Il l’embrasse sauvagement. Puis, il passe à l’action. Sans même ôter ses vêtements, il ouvre sa braguette. Je vois son membre surgir. Il saisit les hanches de ma voisine et la tire violemment vers lui. Il s’enfonce en elle d’un coup sec, brutal, en un seul mouvement. Je vois le corps de ma voisine tressaillir, sa tête basculer en arrière, la bouche ouverte. Un cri que je n’entends mais que j’imagine rauque. L’impact est tel que je vois son ventre se contracter sous la force de la poussée. Il la possède, il la martèle. Le rythme est effréné. C’est une cadence mécanique où chaque coup de rein projette le corps de la maîtresse de maison contre la crédence derrière elle. Ma main a trouvé mon sexe. Je ne peux pas m’empêcher de me masturber, pantalon ouvert, debout dans ma cuisine, les yeux rivés sur cette scène pornographique. Je me branle avec frénésie. Ma voisine a les mains agrippées aux épaules de l’homme, ses ongles s’enfoncent dans le tissu de sa chemise. Elle s’agite frénétiquement, elle pousse du bassin pour absorber entièrement cette queue qui la pilonne. L’homme change de prise. Il saisit ses seins, il les malaxe sans délicatesse tandis qu’il accélère encore la cadence. Il la soulève légèrement du plan de travail pour l’enfoncer encore plus profondément. Ses poussées deviennent plus courtes, plus rapides, plus nerveuses. Je vois la tête de ma voisine osciller de gauche à droite. L’orgasme approche. Elle est en transe, elle enroule ses jambes autour de la taille de l’homme et l’attire plus encore contre elle pour qu’il s’enfonce jusque dans ses entrailles. Il pousse un dernier coup. Ma voisine arque son dos dans un spasme violent, tandis que l’homme s’effondre contre elle, le visage enfoui dans son cou.
Dans un cri, je lâche un flot de semence sur le carrelage de ma cuisine.
Alors que je l’ai imaginée mille fois se faire prendre, c’est la première fois que je peux assister à la scène en direct. Leur étreinte, manifestement urgente, m’a fait le même effet, rapide et efficace ! Je me dis qu’elle est tout de même sacrément osée. Certes, il y a peu de passage dans notre ruelle, mais quand même… Il faut une certaine audace, ou une envie irrépressible, pour faire ça derrière sa fenêtre, à la vue de toutes celles et ceux qui pourraient passer par là.
Ils disparaissent de mon champ de vision. Peut-être vont-ils recommencer, mais cette fois, hélas, je ne verrai rien. Je nettoie la tache de sperme sur le sol, puis regagne mon bureau, pensif.
À peine une heure plus tard, l’homme quitte la demeure de Sandrine. Quelques minutes après, la jeune trentenaire rentre à son tour. Cette succession de départs et d’arrivées m’intrigue. Je reste à observer la maison, partagé entre la curiosité et le sentiment d’assister à quelque chose qui m’échappe.
Que signifie cet étrange ballet ? J’échafaude un nouveau scénario moins catastrophique que le précédent. Je me dis que ma voisine a eu une folle envie de baiser, qu’elle a profité de l’absence de son invitée pour trouver un partenaire sur une quelconque application de rencontre pour une baise rapide, ou peut-être un homme de ses contacts qu’elle a appelé pour la même raison.
La fin de journée s’étire en longueur. Je peine à terminer ce logo et ce n’est qu’en début de soirée que j’achève finalement ce travail, l’esprit toujours animé de questions. Des interrogations auxquelles viennent s’en ajouter de nouvelles. Au moment de quitter mon bureau, j’aperçois de nouveau le même homme, un bouquet de fleurs à la main. Mais cette fois, il cogne à la porte de ma voisine et attend sagement qu’elle vienne lui ouvrir. Je suis perdu. Je me perds dans les méandres de mon imagination fertile. Serait-ce le mari ou le compagnon de l’inconnue qui vient la rejoindre, entretenant une relation adultère avec ma voisine ? Vient-il pour un plan à trois ? Est-ce tout simplement le nouvel amant de Sandrine qu’elle a invité pour la soirée ?
Trop de questions pour aucune réponse. De guerre lasse, je vais dîner rapidement et m’isole ensuite dans ma chambre pour regarder une série devant laquelle je m’endors, la lumière allumée.
Je me réveille en sursaut. On tambourine sur ma porte d’entrée. Un peu dans le brouillard, je descends, j’ouvre et là, surprise !
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