Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Le Chant des Ombres — Chapitre 1 · Une histoire de cul et de prise de vue...
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Le Chant des Ombres
Chapitre 1 · Une histoire de cul et de prise de vue...
Lune et Eli
1. Le Studio au Crépuscule
Le ciel s'étiolait dans des teintes de cendre et de vin rouge, le genre de soir où les nuages semblent flotter plus lentement, lestés par le poids de secrets anciens que personne ne prend plus le temps d'écouter. Lune avait laissé entrouvert le rideau du grand studio au dernier étage d'un immeuble qui sentait la poussière et la vieille pierre, là où la lumière, douce comme un souffle amoureux, venait mourir sur les draps noirs du lit installé contre un mur de briques nues. Elle préparait son matériel sans hâte, dans un silence habité de bruissements infimes — le cliquetis des boucles de sa robe noire, la lente gorgée de thé fumant entre ses lèvres entrouvertes, et ce soupir qu'elle avait laissé s'échapper, presque malgré elle, en sentant la tension douce de l'attente s'installer dans son ventre.
Elle savait qu'il viendrait.
Il s'appelait Eli. Ou du moins, c'est ainsi qu'il s'était présenté. Quelques lignes dans un message énigmatique, pas de smiley, aucune flatterie, juste une promesse à demi formulée :
— Modèle tatoué. Je veux poser nu. Pas pour séduire, mais pour être dénudé. Je cherche quelqu'un qui sait regarder les absences.
Ça l'avait intriguée. Elle, qui photographiait plus les failles que les courbes, les soupirs que les sourires. Elle avait dit oui. Lorsqu'il entra, vingt minutes après l'heure convenue, il ne s'excusa pas. Il ne chercha pas non plus à impressionner. Il referma la porte derrière lui, ôta sa veste trempée, secoua ses cheveux comme un chien sorti d'un rêve et la fixa avec des yeux d'un gris troublant, clairs et liquides comme des vitres sous la pluie. Il ne ressemblait pas à un mannequin. Trop brut. Trop nerveux sous la peau. Mais il avait une beauté difficile à saisir, comme une peinture d'église effacée par les ans. Lune le regarda sans sourire.
— T'es en retard, souffla-t-elle, sa voix douce comme un couteau au fil bien aiguisé.
— J'aime arriver quand la lumière est fatiguée, répondit-il, et dans son regard passait quelque chose comme un éclat de nuit.
— J'aime arriver quand la lumière est fatiguée, répondit-il, et dans son regard passait quelque chose comme un éclat de nuit.
Elle posa sa tasse, attrapa son appareil, et le silence entre eux prit forme, dense et presque érotique déjà.
2. Le Corps comme Autel
Il retira ses chaussures, son pull, puis son t-shirt sans cérémonie, comme s'il se déshabillait chaque jour sous le regard de femmes étrangères. Lune, toujours pieds nus, s'approcha sans appareil. Elle le regardait. Vraiment. Comme on observe un livre ancien aux pages brûlantes. Chaque tatouage semblait une porte, une blessure fermée au fil noir. Une lune creuse sur son flanc droit. Un oiseau aux ailes déployées, en plein vol, comme figé dans le temps, juste sous sa clavicule. Et cette phrase, sur son bassin : Je suis venu pour me perdre. Une prière, ou une malédiction. Elle s'humecta les lèvres, non pour séduire, mais comme un réflexe avant d'entrer dans un territoire inconnu.
— Allonge-toi sur le lit. Appuie ton dos contre le mur. Ouvre les bras.
Il obéit sans discuter. Le drap noir avala son corps pâle. Lune leva l'appareil, visa, ajusta la lumière. Le déclic du premier cliché claqua comme un fouet dans l'air encore tiède du studio. Eli frémit.
— Tu as froid ? demanda-t-elle, d'un ton presque moqueur, mais sans méchanceté.
— Non. Tu photographies comme on déshabille l'âme. C'est ça qui me donne la chair de poule.
— Non. Tu photographies comme on déshabille l'âme. C'est ça qui me donne la chair de poule.
Elle ne répondit pas. Elle s'approcha, fit quelques pas à peine, glissa un genou sur le lit. Le bois craqua doucement sous elle, comme s'il reconnaissait la prêtresse qu'elle devenait à chaque séance. L'appareil photo tomba en bandoulière. Elle le regardait, désormais à quelques centimètres de son visage. Elle sentait la chaleur qui montait lentement de son torse, l'odeur douce et sauvage de sa peau, et l'évidence de son érection sous le tissu noir de son pantalon. Elle ne s'en détourna pas. Elle s'en nourrissait. Sans un mot, elle glissa une main le long de sa hanche, effleurant la phrase tatouée du bout des doigts, remontant lentement jusqu'à la ligne de ses côtes, puis descendant brusquement vers sa braguette. Il retint son souffle.
— Tu veux que je continue ? demanda-t-elle, dans un murmure qui glissait plus qu'il ne parlait.
Il acquiesça d'un simple hochement de tête.
Alors elle descendit le pantalon, révélant lentement la courbe pleine et fière de son sexe, déjà tendu, vibrant presque, comme s'il appelait. Lune s'agenouilla entre ses jambes, ne le touchant toujours pas, le fixant droit dans les yeux pendant qu'elle soufflait doucement sur lui, juste assez pour faire frissonner la peau. Il gémit très légèrement. Puis, sans prévenir, elle le prit en bouche.
Pas brutalement. Avec une lenteur étudiée. Une tendresse presque clinique. Comme si elle voulait goûter chaque fragment de sa chaleur, chaque pulsation. Sa langue tournait lentement autour du gland, dessinait des cercles païens, s'enroulait et caressait, humectait et avalait. Elle alla jusqu'à la gorge, sentit sa gorge se tendre, le plaisir monter, mais elle s'arrêta, recula, le regarda encore.
— Pas encore, murmura-t-elle.
Il haletait déjà. Elle, elle souriait. Non pas de domination, mais de reconnaissance. Ce corps lui parlait. Et elle le comprenait.
3. Le Rite de Lune final
Lune se redressa lentement, retira sa robe d'un geste fluide, sans théâtralité. Le tissu noir glissa sur ses hanches, dévoilant un corps nu, souple, taillé par la liberté plus que par la vanité. Elle ne portait rien dessous. Pas de dentelle. Pas de bijoux. Juste elle. Sa peau mate. Ses tétons durs. Ses hanches larges et pleines. Et ce regard : celui d'une femme qui ne cherche plus à plaire, mais à posséder. Elle se pencha au-dessus de lui, fit courir ses cheveux sombres sur son ventre. Son sexe effleura le sien sans le prendre, leur chaleur se fondant sans se mélanger encore. Il tenta un mouvement du bassin. Elle l'arrêta, sa main posée fermement sur sa hanche.
— Tu ne me baises pas. Tu m'accueilles.
Et elle s'empala sur lui.
Lentement.
Douloureusement.
Son sexe s'ouvrit autour du sien, comme une bouche affamée. Elle le prit en entier, jusqu'à la garde, et soupira, les yeux mi-clos. Il gémit, les mains crispées sur ses cuisses. Elle commença à bouger. Pas en rythme. En vagues. En marées. Son bassin ondulait comme un animal sauvage, ses seins dansaient au-dessus de lui, son regard brûlait. Elle s'était cambrée, une main dans ses cheveux, l'autre posée sur son torse. Chaque coup de reins était une offrande. Chaque gémissement, un sortilège. Eli s'abandonnait. Il n'avait plus de nom, plus de passé. Il était un corps. Un souffle. Une pulsation entre ses cuisses. Elle accéléra. La sueur perlait le long de ses tempes. Il sentit la chaleur monter dans son ventre, brûler jusqu'à ses reins. Elle jouit en silence. Un orgasme long, contenu, concentré, les yeux grands ouverts, les lèvres entrouvertes, ses doigts crispés sur ses propres hanches. Elle ne cria pas. Elle vibra. Tout entière.
Mais elle ne s'arrêta pas.
Elle continua à bouger. Plus vite. Plus fort. Elle le poussa à venir. Il n'en pouvait plus. Il grogna, l'attrapa, se redressa en elle, la serra fort. Et jouit dans un râle étouffé contre son cou. Leurs corps restèrent liés. Collés. Humides. Tremblants. La pluie avait cessé.
4. L'Après Monde
Lune s'était glissée contre lui, son corps collé au sien, sa tête nichée dans le creux de son épaule. Aucun mot. Juste leur souffle, leurs cœurs battants, le monde au-dehors devenu flou. Elle caressa son torse, les tatouages devenus moites sous la sueur.
— Tu crois que tu vas revenir ? demanda-t-elle, presque trop bas pour être entendue.
— Je crois que je ne suis jamais reparti, murmura-t-il.
— Je crois que je ne suis jamais reparti, murmura-t-il.
Elle rit doucement. Ce n'était pas un rire joyeux. C'était un rire d'écho. D'aveu. Puis elle se leva. Nue. Belle comme une sorcière antique. Elle reprit son appareil photo, ajusta la mise au point sur lui, encore étendu, encore nu, le regard brumeux...
Et elle déclencha.
Le flash fut doux.
Mais le souvenir, lui, serait incandescent...
Ce chapitre vous a plu ? Encouragez l'auteur en un geste.
J'aime
ou laissez un mot
Restez informé des nouvelles histoires
Recevez les dernières publications directement dans votre boîte mail
Explorez les catégories
Parcourez notre vaste sélection d'histoires érotiques classées par catégories pour trouver exactement ce qui éveille votre désir
Ce chapitre vous a plu ?
Vous venez de le lire en entier. Prenez un instant pour encourager l'auteur : un petit geste qui fait toujours plaisir et donne envie d'écrire la suite.
Laissez une réaction
Commentaires ()
Y a de l'idée, y a du style, c'est indéniable. Seulement, y a aussi selon moi trop de métaphores/analogies et ça alourdit le récit. Surtout que, pour la plupart, ce sont des métaphores très imagées qui, j'imagine, sont destinées à être interprétées par le lecteur. Puis, une fois ou deux, ces métaphores contredisent ton propos :
"Lune [...] retira sa robe sans théâtralité. Le tissu noir glissa sur ses hanches, dévoilant un corps nu, souple, taillé par la liberté plus que par la vanité."
C'est joli mais l'absence de théâtralité dans l'action est contrebalancée par celle de ta métaphore, ce qui atténue l'effet de l'action, simple et sobre. Je pense que placer ta métaphore ailleurs dans le texte aurait été plus judicieux, surtout que celle-ci fonctionne très bien.
Sinon, la scène de sexe est pour moi la plus réussie de l'histoire parce que justement tu te recentre un peu plus sur les actions et dose avec plus de parcimonie tes effets de style et ça la rend beaucoup plus agréable à lire.
Voilà voilà, désolé si je casse un peu l'ambiance, malgré tout je te dis bravo pour ton histoire.
Une chance de suivre les recommandations en cours, avec certaines on n'est jamais déçu et on a l'opportunité de découvrir de beaux esprits.
Félicitations.
Merci @Maryvonne , de m'avoir guidé sur les flots poétiques de ce jolie cours d'eau.
Il met un peu de lumière dans les miasmes mortifères de mon sombre univers.
Si tous vos prochains récits sont du même niveau, j'ai hâte de déguster vos prochains écrits.
Quel plaisir à lire !
Merci pour cette belle lecture !
On lit ton texte comme on lit un poème. Des mots posés, des mots choisis, et une couleur bien particulière.
Et puis, pour une fois que c'est la femme, le photographe 😌.
Alors bravo à toi. Je te souhaite beaucoup de lecteurs 😊.
Beaucoup de Sensualité. J'espère qu'il sera beaucoup lu .