Réel
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Croissants pour deux — Chapitre 1
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Croissants pour deux
Chapitre 1
Juin 1980. Dimanche matin, pas vraiment de bonne heure...
Le corps nu de mon amante est collé contre le mien, une jambe verrouillée entre les miennes, un bras sur ma poitrine et son visage blotti sous mon aisselle. Je suis si bien au chaud, satisfait, fatigué aussi et... un peu perturbé néanmoins. Qu'ai-je fait pour en arriver là ? Ne me suis-je pas fourré dans une situation bien délicate ?
— Arnaud, mon grand, tu dois faire le point, me dis-je en moi-même…
Déjà, “fourré” est un choix de mot malheureux, un peu de respect pour Solange quand même ! N'est-elle pas la maman de Lucie, mon ex ? Ciel ! Je l'ai dit, je l'ai même fait. Mais que s'est-il donc passé hier soir pour en arriver à vivre… la plus belle nuit de mes vingt ans ?
***
Tout commence au lycée, l'année 1978. Les "boums" sont alors presque hebdomadaires, nous buvons, fumons, dansons et les slows avec Lucie sont souvent l'occasion de câlins appuyés et de baisers très ardents, à la limite du concours de durée, le tout dans une obscurité déchirée par les éclats des spots colorés s'allumant au rythme de la musique. Pas de sexe. Oh non… ce n'est pas du tout envisageable avant la date fatidique de la majorité. Je n'ai guère le choix, c'est ainsi. Bien que clairement demandeuse, Lucie, à peine plus âgée que moi, n'a donc pas obtenu de ma part ce qu'elle attend. J'obéis, de mon côté, aux injonctions du Pater familias et j'attends ma majorité juste révolue pour enfin connaître le bonheur d'être "responsable de mes actes" (sic).
Cette relation amoureuse, enfin concrétisée au tout début de l'été, nous rend très heureux. J'aime cette belle métisse dont le père est reparti exercer chez lui, en Martinique, abandonnant sa blonde épouse et son joli bébé à Paris. Je m'entends d'ailleurs vraiment bien avec Solange, sa maman, qui est très ouverte et semble contente de notre liaison. Cela me change de la rigidité paternelle... il n'est pas content du tout, lui. Autre génération et puis… le décès de maman a fait mal.
Je me souviens fort bien du premier dimanche matin avec Lucie. Nous avons célébré ma majorité toute neuve de la plus agréable des façons et je suis “enfin un homme”… La lumière pénètre par la façade toute vitrée du grand immeuble moderne de Montparnasse. Les yeux encore clos, je me passe dans la tête un déjà vieux refrain : ma Lucie dans le ciel avec des diamants. Délire… Nous sommes encore dans les vapes, doux murmures et caresses à peine esquissées, quand Solange nous amène le petit-déjeuner au lit, croissants et chocolat chaud. C'est adorable, à la fois un peu gênant et tout à fait charmant de la part de sa maman, assez complice.
Je suis souvent chez elles deux, j'adore cet appartement, le mobilier design, les toiles abstraites d'un ami et le téléviseur Téléavia aux lignes futuristes. Le papier d'Arménie se consume lentement, l'odeur des années Flower. La nuit, Lucie et moi faisons l'amour à la lueur d'un spot rouge, en vitrine au quatorzième étage, et nous rions des éventuels voyeurs en prenant des poses délirantes. Nous écoutons de la bonne musique, la vie est belle, colorée, la mode amusante, on rit au soleil comme sous la pluie, à midi comme à minuit. Vous voyez l'idée ? Bref… c'est la période la plus chouette que je peux imaginer vivre avant de partir à l'Armée à l'automne.
***
Octobre 1979. Jeune officier durant mon service militaire, éloigné de Paris et de ma copine, je n'ai pas fauté mais... disons que les liens se sont quelque peu naturellement distendus, particulièrement de son côté pour être honnête. Quelques semaines avant mon retour à la vie civile, déjà inscrit à Assas, je ne m'attends certes pas à me trouver remplacé par un pistonné, passé au travers de la conscription. Grrr... est une faible expression ! Je me sens trahi et j'avoue être en colère.
Défait, seul et amer, je conserve néanmoins des relations téléphoniques, un peu tendues mais polies, avec "la traitresse”, entretenant une forme d'amitié forcée, espérant naïvement un retour d'affection. J'y suis quelque peu encouragé car invité certains soirs chez sa maman, Solange, qui a déménagé dans un petit appartement douillet qui sent toujours aussi bon l'encens et sans doute quelque chose de plus personnel. Cette femme a ainsi endossé un rôle de consolatrice et j'apprécie de me faire moralement dorloter. "Drôle, intelligent, gentil et plutôt mignon", ces paroles sont un baume pour mon orgueil blessé. J'en bois avidement chaque mot et elle occupe un peu mes pensées parfois quand j'ai un gros coup de cafard.
***
Ce samedi soir de Juin 1980, il se passe quelque chose d'inattendu, à moins que ce ne soit pas tant un hasard que cela ? Elle a servi un ti-punch et moi, je verse une fois de plus dans la confidence. Ses yeux gris, mes yeux bleu-pâle, nos regards se croisent et s'accrochent, nos genoux se rapprochent, ma main s'y aventure et je me pose à côté de Solange pour un câlin sur canapé. Je tremble un peu, je ne suis au fond qu'un gamin de vingt ans et elle prend l'initiative du haut de sa jeune quarantaine à peine franchie. Délicatement, glissant de mon front à ma bouche, ses lèvres sont aussi douces que je l'ai imaginé dans mes pensées secrètes. Comment résister ? Je lui avoue être attiré depuis longtemps, en mal d'amour et sans doute aussi… d'amour.
La nuit... Cette nuit, c'est mon moment à moi. Un tourbillon de découvertes avec une femme, pas une gamine. C'est un cliché ? Pas grave, je le vis à fond. J'en prends plein la tête, plein le cœur, et au matin je n'ai pas de regret. Je suis cuit et bien cuit. Je n'ai pas été élevé pour papillonner, quand j'y vais, j'y vais et là... j'y suis. Premier éveillé en ce dimanche matin, je n'en reviens pas de ce qui se passe. Je ressens une formidable tendresse, un besoin insensé mais profond de la prendre dans mes bras. Une envie de la sentir encore plus contre moi, bien qu'elle se soit déjà appropriée mon corps, et de quelle manière ! Nous n'avons pas pu tout explorer évidemment, mais je lui ai tout donné et elle m'a tout offert.
La nuit... Cette nuit, c'est mon moment à moi. Un tourbillon de découvertes avec une femme, pas une gamine. C'est un cliché ? Pas grave, je le vis à fond. J'en prends plein la tête, plein le cœur, et au matin je n'ai pas de regret. Je suis cuit et bien cuit. Je n'ai pas été élevé pour papillonner, quand j'y vais, j'y vais et là... j'y suis. Premier éveillé en ce dimanche matin, je n'en reviens pas de ce qui se passe. Je ressens une formidable tendresse, un besoin insensé mais profond de la prendre dans mes bras. Une envie de la sentir encore plus contre moi, bien qu'elle se soit déjà appropriée mon corps, et de quelle manière ! Nous n'avons pas pu tout explorer évidemment, mais je lui ai tout donné et elle m'a tout offert.
Mon esprit tourbillonne, ça tourne dans ma petite tête, sa bouche ardente, sa petite poitrine aux tétons dressés, sa blondeur intime, son odeur enivrante, ses pieds délicats, ses mains aux ongles taquins ou sauvages, ses soupirs et ses serments, déjà... j'aime tout, je désire tout, je veux tout. Comment vivre ailleurs qu'avec elle, en elle, pour elle ? Je me demande ce qu'il va se passer avec sa fille, mon ex, Lucie, avec mon père si fermé, avec tout le monde, les regards jetés sur cette relation inversée des âges. Ce sont les hommes qui couchent avec des jeunettes, pas le contraire. Tant pis, nous sommes en 1980 quand même ! Le monde a forcément changé, pas vrai ? Et puis maman était plus âgée que papa, bon... trois ans seulement.
Perdu dans le maelström de mes pensées, je sens Solange qui remue son joli petit nez sous mon bras, se recale à son aise, je suis son doudou câlin et j'adore ça. Elle resserre son étreinte, ses doigts titillent distraitement ma poitrine sensible, je commence à prendre forme, et je me fige !
Un bruit ? Une clef, la porte ?
— Maman ? Je t'ai amené des croissants, Maman !
Oh non, pas Lucie, pas maintenant !
— MAMAAAN !!!
La porte claque… pourvu qu'elle ait laissé les croissants !
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Commentaires ()
Ah... ce doux moment du réveil exactement là, juste maintenant !
Et un commentaire de @LaVieDeLucie, l'adorable Lulu 🥰 (bon d'accord oups 😰 🤕 je retire le lulu-turlututu ! 🤪)
Merci, merci, je suis bien évidemment touché par tes mots doux qui caressent mon ego et flattent mon encolure (ou l'inverse) en bon bourrin que je suis. 😇
Vraiment, c'est drôlement agréable 😌
Et comme il n'est pas encore midi,
Voici le ☕️ et les 🥐🥐 pour te remettre de tes émotions 😋
(Bizzzzz...)
Félicitations pour ton premier récit !!! 🤩
Si la partie "écriture" est excellente (en même temps je n'avais pas de doute), c'est surtout la pudeur et la sensibilité qui se dégagent de ce moment de vie qui m'ont beaucoup plu. Tu te dévoiles, mais pas trop... Tu évoques et sous entends, mais ne dis pas explicitement... C'est subtil, presque timide et j'aime beaucoup. 😀
On est pas dans la description d'un moment de folie, on est dans "l'après", dans cette période où la vie semble avoir une autre saveur. La tension sexuelle est effleurée, laissant plus de place à l'émoi d'un jeune homme troublé par une femme d'expérience... et accessoirement mère de son ex ! 😅
Un seul reproche, c'est trop court... et c'est dommage qu'il n'y ait pas de suite (ok ça fait deux !). Après cette intro, on a envie d'en savoir plus ! 😉
En tout cas, bravo à toi pour l'écriture et pour cette confidence intime ! 😁
C'est un bon moment de lecture. C'est simple, sans fioritures et sympa à lire. Je n'aime pas me forcer quel que soit le domaine et un récit peut très vite ne pas me convenir alors j'arrête là lecture. Il faut que j'ai envie de continuer et c'était le cas. Pas de suspense à la Hitchcock mais on a envie de connaître le fin mot de l'histoire.
Perso, les croissants c'est vraiment mon truc le matin :)
Une simple tranche de vie en effet, pas d’effets de manche et juste la petite chute, quelque chose de modeste. 😌
Ainsi, mademoiselle @Celtica apprécie les croissants ?
Hum…
🫴🥐
Enjoy le croissant bien beurré !
Édit : la maman de la conductrice m’ayant bloqué(e), je ris de me voir si belle en ce miroir 🤣
Il paraît que je ne prends pas assez nettement position contre des thématiques ici… préférant le filtrage à la dénonciation publique (sujet/forum/effacé depuis… tiens donc…) dont on sait qu’elle est totalement inutile.
C’est triste de constater que des pseudos auto-proclamés "intelligents" 🧐 sont finalement obtus et radicaux.
Ça se vante d’être ouverte sur des textes parus « ailleurs » et ça se comporte comme des enfants 👧 sans aucun sens des réalités de la vie….
Bref : tout allait bien quand un commentaire a été écrit, et quelques semaines plus tard, je n’étais plus qu’un affreux collaborateur du vice et de l’illégalité morale…
De la part de quelqu’un dont le nom évoque plus des cigarettes des années 70 80, ça ne manque pas de sel/selle ahah 😂 .
Et sans filtre, évidemment ! 🖕🖕🖕
J'ai apprécié le lire, vraiment. Je suis difficile et j'ai abandonné bon nombre de lecture sur des textes pas fait pour moi.
Merci pour le croissant virtuel, je crains rien pour ma ligne comme ça ;)
Suggérez-lui de le faire
"A Chaque Commentaire Tu Répondras" ✍🏻
C'est le Principe Wedrecien 👩🏻⚖️ (ma Yoda à moi)
Une Loi Intangible 🤷🏻♀️ @Élise Selby 😇
Merci de cette incitation, je suis en mode 🫣 pour écrire.
Bon, c'est encore l'heure du café ☕️ d'ailleurs il faudrait que je me bouge un peu du lit !
Je partage les 🥐🥐🥐, enjoy ! 😋
Il manque parfois quelques sensations pour me perdre dedans, mais je critique plus qu'autre chose.
C'est le genre de texte que j'aime. Dommage qu'il n'y en ai qu'un.
Avec ta sensibilité, je me suis toujours demandé si tu étais un homme ou une femme. Mais prends ça comme un compliment.
Merci pour cette viennoiseries littéraire.
J'ai peut-être un peu de mal à me livrer sans fard ? 😳
J'espère ne pas avoir trop déçu 😉 j'apprécie vraiment de recevoir un nouveau commentaire et (pour ta peine) 🫴🥐 (pour demain matin 😋)
Comme le dit l'Abeille, il était temps que tu te décides à montrer ton talent.
Merci pour ce texte plein de douceur et de tendresse.
Moi aussi, j'ai adoré.
Je relisais hier Alpha 583 B, quelle coïncidence ! 🙂
Je suis touché par ce commentaire élogieux, est-ce vraiment mérité ? 🤔
Enfin bon... pour avoir pris la peine de parcourir ce lointain souvenir, voici pour demain matin : 🫴🥐
(ceci dit, avec une tasse de thé, ça peut le faire aussi 🫖🙂)
Merci de cet aimable retour qui me fait bien plaisir 😺
Je mange très rarement des croissants, c'est gras des croissants. Mais la prochaine fois que j'en mangerai, j'aurai une petite pensée pour toi et cette histoire.
Et je t'encourage à écrire d'autres souvenirs, quitte à les romancer un peu pour les rendre plus originaux si tu les trouve trop banals.
🫴🥐 pour toi, lapine chérie, il est juste l’heure par chez toi ☺️
Je te remercie de toutes ces gentillesses, je les garde précieusement tout au fond de mon cœur, un petit spot plus chaud et tout doux. 😌
J’ai quelques autres souvenirs 🤔 on verra bien. 😇
En attendant, merci merci 🥰
😳 Oubli : @" V@lentine" : il faut qu’ils soient bien chauds 😋
Monsieur dit qu'il ne sait pas raconter. Dès le début je me voyais dans un film en noir et blanc (quoique en 1980 c'est couleur, mais Paris, Montparnasse, service militaire, tout ça me fait imaginer un vieux film).
J'ai trouvé ça doux, nostalgique, riche en souvenirs, j'ai beaucoup aimé. Et quelle anecdote savoureuse (avec des croissants, c'est sûr).