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✦ Frarauk Le week-end de la concrétisation XSTORY
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
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Le week-end de la concrétisation — Chapitre 4 · Chapitre 4

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Frarauk
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Le week-end de la concrétisation

Chapitre 4 · Chapitre 4

La lumière du soleil déjà bien haute dans le ciel me réveille. Je suis allongé au sol, j’ai mal au dos, j’ai froid mais le soleil me réchauffe légèrement, en même temps je ne suis vêtu que d’un pantalon et d’une paire de chaussures... Je me lève difficilement et ma tête me fait un mal de chien. Je ne sais pas où je suis, ni comment je suis arrivé jusqu’ici. Je n’ai pas l’air d’avoir mal ailleurs, c’est déjà une bonne chose. Une fois debout, je fais un tour d’horizon et je suis au beau milieu d’un champ de vigne, à l’orée d’une forêt.
Mon téléphone vibre dans ma poche. Je le sors et le regarde : de très nombreux appels en absence venant d’une vingtaine de contacts différents et … 1% de batterie.
Bon … respire … tu es en vie, c’est déjà pas mal. De quoi tu te rappelles ? La soirée et tout l’alcool que j’ai bu. Céleste et toutes ses péripéties avec Romain. Sophia et … notre partie de jambes en l’air.
Merde, Céleste ! Je devais la retrouver pour la fin de la soirée car j’avais peur que Romain s’en prenne à elle. Je sors mon téléphone et je lance l’appel sur le portable de Céleste. Elle décroche :
— Allô Bastien ! Ça va !!?
— Oui je … je vais bien.
— Où es-tu ? Tu …
Et mon téléphone s’éteint. Putain de merde. Je refais un tour d’horizon et j’aperçois une bâtisse un peu plus loin. Je prends mon courage à deux mains, je rejoins la route et me dirige vers cette bâtisse.
Je croise trois voitures devant lesquelles je fais du stop, mais aucune ne s’arrête. J’arrive finalement à la bâtisse mais mes craintes étaient fondées. C’est une vieille bâtisse abandonnée, proche de l’effondrement. Au moins il ne pleut pas, mais le soleil tape de plus en plus fort et ça n’arrange pas mon mal de tête.
Je vois un grand camion au loin et je me mets en position pour faire du stop. S’il ne s’arrête pas, je me mettrai à l’ombre de la bâtisse et j’attendrai là.
Le camion s’arrête, ouf. Je monte et un grand homme bourru et poilu, sans t-shirt, me regarde avec un grand sourire et me dit :
— Bah alors mon mignon, qu’est-ce que tu fais là à moitié tout nu ?
— Je … euh … dure soirée, répondis-je simplement.
— Raaah, vous les jeunes avec vos soirées de merde. Toujours à vous exploser la tête avec n’importe quoi, mais le lendemain ça n’assume pas. Je t’emmène où ?
— N’importe où, juste déposez-moi dans la prochaine ville et je me démerderai. C’est gentil de votre part de vous être arrêté.
— Okay mon poulet. Attends une petite seconde.
Il part à l’arrière et pendant ce temps j’examine sa cabine remplie de posters d’hommes musclés et torse nu, des couilles en plastique suspendues à son rétro et son levier de vitesse remplacé par une fausse bite à empoigner pour passer les vitesses. Où est-ce que je suis tombé ? Qu’est-ce qu’il va me ramener ? Je l’entends revenir.
— Tiens, bois ça, dit-il en me tendant un verre d’eau et deux sachets.
Les sachets sont des sachets d’Adiaril, c’est pour la réhydratation des nourrissons d’après l’étiquette. Je regarde alors le chauffeur, interloqué, et il répond à la question que j’ai en tête :
— C’est de l’Adiaril, c’est génial contre la gueule de bois. Mélange-le avec de l’eau et va faire un somme, la prochaine ville est à vingt minutes de route. Tu peux prendre ce t-shirt si tu veux.
Et il me tend un t-shirt dix fois trop grand pour moi, mais c’est mieux que rien, et il a l’air propre. Sur ces conseils, je bois la mixture, j’enfile son t-shirt et me déplace à l’arrière pour tomber sur une couchette légèrement débraillée. Je m’attendais à une odeur de mort, mais il n’y en avait pas : ça sent juste rien, le normal.
— Il y a un chargeur si tu veux pour ton bidule à selfie, m’indique-t-il d’un ton moqueur après avoir allumé le moteur de son camion. Allez, en route pour Bragneux.
Je branche mon téléphone. Au moins il va dans une ville que je connais. Mais qu’est-ce que j’ai branlé pour arriver ici ? Ne suis-je pas fou de faire confiance à un parfait inconnu ? Et de m’endormir sans même savoir s’il a pris la bonne direction ? Un instant de lucidité me dit d’allumer mon téléphone, d’activer la localisation et d’envoyer un message à Céleste : “Bragneux dans vingt minutes”. Je pose mon téléphone et je m’endors.
Je me réveille alors à Bragneux, comme convenu, grâce à mon mystérieux bienfaiteur. Je le remercie grandement, j’aimerais lui offrir quelque chose mais je ne sais pas quoi. Il refuse tout bonnement en me disant de faire attention à moi et me demande si ça va aller, mais sans avoir eu le temps de répondre, une fille me saute dessus en m’agrippant dans ses bras. Le chauffeur, amusé, ne s’empêche pas d’une petite remarque sur ma bonne compagnie, puis remonte dans son camion.
La fille me relâche, je reconnais les traits de Céleste, en pleurs et complètement paniquée.
VLAN ! Je me prends une énorme claque.
— Mais tu étais où, bordel !? me hurle-t-elle dessus comme si nous étions seuls sur la place.
— Je … je ne sais pas.
— Bon, au moins tu es en un seul morceau. Tu pues le fennec, mais on s’en passera. Monte dans la voiture.
— Mais je …
— TOUT DE SUITE !
Sans broncher, je monte dans la voiture. On passe l’entièreté de la route dans un silence morbide. Elle ne m’adresse pas un seul mot et je n’ose rien dire. Le médicament a l’air d’avoir fait son effet, mais je me sens encore tout nauséeux et vaseux. Je regarde alors Céleste, méconnaissable par rapport à la soirée. Elle est habillée d’un jogging, d’un sweat-shirt noir avec la capuche sur la tête et d’énormes lunettes de soleil. Bizarre qu’elle porte un sweat en cette saison, mais bon.
Je pensais qu’elle m’emmènerait chez elle, mais je pense que c’est la présence de Romain qui l’en empêche.
— Tu me ramènes où ?
— Je … je ne sais pas encore. Tu crèches où en ce moment ?
— Dans un gîte à Beaulieu-sur-Meuse.
— Ok.
Après deux minutes qui me semblent interminables, j’ose enfin lui demander :
— Qu’est-ce qu’il s’est passé hier soir ?
Elle freine brusquement au milieu de la route.
— Qu’est-ce qu’il s’est passé ? Tu oses me demander qu’est-ce qu’il s’est passé ? Tu m’as gâché ma vie, voilà ce qu’il s’est passé. me hurle-t-elle en s’étranglant la voix.
Elle retire sa capuche et ses lunettes, découvrant un énorme œil au beurre noir et une autre ecchymose sur la joue.
— Romain m’a jetée, voilà ce qu’il s’est passé ! Quelle bonne idée tu as eue de me donner ton t-shirt, putain ! Tu croyais qu’il allait réagir comment, hum ? Surtout devant tous ces abrutis de potes ? Il m’a filé une bonne raclée dès qu’on est rentrés et il m’a jetée dehors sans même le temps que je récupère mes affaires. J’ai dû dormir dans la voiture, bordel !
Elle renifle un sanglot et se mouche. Je reste parfaitement stoïque et silencieux.
— Et toi qui disparais d’un coup, sans prévenir personne, en laissant tes fringues et ta bagnole. Heureusement que Marc t’a vu partir ! Enfin vu, vu comment tu l’as jarté sur le côté, il ne pouvait que s’en souvenir. Je t’ai cherché partout, je t’ai appelé …
Et elle éclate en sanglots. Je la prends alors dans mes bras.
— Où est-ce que tu étais, renifle-t-elle sur moi.
— Je ne sais pas, je me suis perdu, je crois.
— Qu’est-ce qu’il t’est arrivé ? Pourquoi es-tu parti ? Tu as dit que tu serais là pour moi.
— Je ne sais pas vraiment. Écoute, d’abord rentrons chez moi. Tu resteras chez moi autant de temps qu’il le faudra, je m’occuperai de toi. Je saurai me faire pardonner de mon absence d’hier soir.
Après un moment et un long reniflement, elle redémarre la voiture et reprend la route. On arrive finalement à mon gîte. Je l’emmène sur le canapé et lui demande de me raconter en détail tout ce qu’il s’est passé après que je l’ai laissée dans cette chambre.
“Céleste”
Après son départ, je me suis rapidement endormie, en humant son t-shirt encore imprégné de son odeur.
Mais avec tout le brouhaha et le raffut qu’il y a en bas, je me réveille. Je décide alors de me lever et de rejoindre la soirée. La maison est vide, mais tout le chahut vient de dehors, avec plusieurs applaudissements.
Une fois dehors, tout le monde a les yeux rivés sur Alphonse qui fait le show et anime la bonne ambiance.
— ... Mais ce qui vous intéresse le plus, reprend-il. Et surtout nos candidats, c’est de savoir qui est le grand gagnant de notre concours de ce soir !
Un tonnerre d’applaudissements retentit.
— J’ai avec moi les listes de chacun de nos participants, j’ai vérifié moi-même chaque nom inscrit pour m’assurer que tout a bien été fait dans les règles. Par contre, si la personne en question était introuvable ou pas en état de me répondre, j’ai annulé le point.
Des protestations se font entendre.
— Vous avez beau pleurer, c’est moi qui décide des points dans tous les cas. Donc sans plus attendre, voici le résultat du podium : en troisième place, nous avons Romain avec un score de six points !
— Quoi !!? J’en ai eu beaucoup plus que ça ! s’exclame Romain.
— Si tu n’es pas content, tu peux t’exprimer au bureau des plaintes, composé de moi-même, qui se fera une joie de te passer à cinq points. Sinon, à la deuxième place, nous avons non pas un mais deux candidats, avec un total de sept points ! Edouard et Clarisse !
— Vraiment pas mal ! proclame Edouard. Clarisse, t’es où ?
— Par ici ! répond-elle en faisant de grands signes.
Les deux se ruent l’un vers l’autre, se sautent dessus, s’écroulent par terre et s’embrassent goulûment.
— Euh … bon … et la première place est destinée à deux personnes encore une fois : il s’agit de Sophia et Athénaïs !
Encore un tonnerre d’applaudissements se fait entendre, encore plus fort que les précédents. Les deux filles s’approchent alors sous les sifflements de tous les garçons. Sa copine est une grande brune aux cheveux frisés, elle a un air méditerranéen. J’ai l’impression qu’elle a une poitrine légèrement plus petite que celle de Sophia, mais de là où je suis, j’ai du mal à visualiser. Quant à moi, je reste silencieuse sur le côté.
— Comme convenu, reprend le présentateur, en tant que gagnantes vous avez le droit à une partie de jambes en l’air avec la personne de votre choix, tant que cette personne participe au concours. Mais comme vous êtes deux gagnantes, vous êtes dans l’obligation de faire ça ensemble, et de choisir la troisième personne ensemble.
Des sifflements d’approbation se font entendre, et Athénaïs interrompt ce concert pour demander :
— On est obligée de se contenter d’une seule troisième personne ?
— Euuh … et bien, la troisième personne est obligée, et les autres, vous voyez ça entre vous, répond-il simplement.
Tous les mecs de la soirée sautillent sur place tandis que Sophia tire sur la tenue d’Athénaïs et semble exprimer son mécontentement.
Suite à cela, la soirée reprend son cours et je pars prendre un verre d’eau avant d’essayer de retrouver Bastien. Mais je tombe plutôt sur les abrutis de potes de Romain, qui remarquent directement que je porte le t-shirt de Bastien, s’esclaffent et s’empressent d’aller chercher Romain.
Romain arrive en furie, m’empoigne le bras et me tire hors de la soirée. Il me fait mal, mais il a l’air d’en avoir rien à foutre. On prend alors la route et …
“Bastien”
Céleste se tait dans son récit car de nouvelles larmes se mettent à couler. Avant qu’elle reprenne, je la prends dans mes bras et lui dis :
— N’en dis pas plus, je ne veux pas que tu ressasses cette partie de l’histoire. En tout cas, je vais tenir ma promesse et m’occuper de toi, tu pourras rester ici autant de temps qu’il le faudra.
— Mais toi alors, qu’est-il arrivé ?
Je lui raconte alors mes péripéties : l’altercation avec Romain, mes ébats avec Sophia et mon apprentissage du concours qui m’a fait péter un câble. Ensuite, de mon réveil jusqu’à maintenant.
On est restés un moment silencieux tous les deux. Puis je finis par dire :
— On devrait aller se laver, au moins pour se préparer pour ce soir.
— Je veux bien me laver, mais je ne pense pas venir ce soir, je … je n’en aurai pas la force.
Oui, ce soir on fait encore la fête, en gros la fête dure tout le week-end, mais le moment où il y a le plus de monde et où la fête bat son plein, c’est surtout le soir.
Je prends ma douche en premier. Pendant que Céleste prend la sienne, je prépare un truc à manger et on mange tous les deux.
Vient l’heure de partir en soirée. Je me prépare un minimum puis indique à Céleste que je pars. Je vois dans ses yeux la panique, mais je la rassure en lui disant qu’ici rien ne pourra lui arriver. Que cette fois-ci je ne me mettrai pas dans un état misérable. Et puis, j’ai pas mal de choses à régler lors de cette soirée.
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