Réel
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Po-Li : Obéis, esclave ! — Chapitre 1
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Po-Li : Obéis, esclave !
Chapitre 1
J'aurais aimé, avant que nous n'arrivions plus à communiquer, qu'elle me pose cette question que je sentais monter en elle : “Est-ce que je peux voir ailleurs ?”. L'idée même d'être cocu ne me plaisait pas ; l'idée qu'elle suce un autre, qu'il la baise ne me plaisait pas. Mais, il y a un moment, il faut savoir mettre son égo de côté.
700 km, c'est beaucoup. Lili et moi ne nous voyions si peu souvent. Je ne m'étais pas encore imprégné totalement de son odeur pour bander au moindre touché. Nous avions beau être amoureux l'un de l'autre, nous ne nous connaissions à peine finalement. Se voir pour le plaisir, connaitre la vie de chacun, ce n'est pas comme vivre ensemble, être ensemble. Ne se voir que tous les mois et demi, devant en même temps gérer de sérieux problèmes personnels qui nous bouffent la tête…
Ah oui, ma tête, justement, ce qu'elle m'a reproché le plus : “Pose ton cerveau cinq minutes”. Mais il a toujours été en perpétuelle ébullition, sauf au moment où il aurait fallu. Alors oui, lui mettre une claque sur une fesse et je prévoyais toutes les conséquences possibles autour, me cassant mentalement l'ambiance coquine.
Je sais que je n'ai pas été l'amant qu'elle aurait aimé avoir. Excitation intellectuelle bien plus que physique ; elle aurait préféré l'inverse. Je ne bande pas au premier regard ; je ne bande pas au simple touché. Enfin… Si… S'il y a une confiance totale, une fusion réelle, comme avec Pauline. Mais ça avait pris un peu de temps aussi.
Alors, si elle m'avait demandé “Est-ce que je peux voir ailleurs ?”, comment aurai-je pu refuser ? Oui, elle aurait pu. J'ai compris avec le temps que le sexe et l'amour sont deux choses différentes. Est-ce que j'aurais aimé ? Je n'en sais rien du tout. Par contre, la foutre à poil devant un public, l'exhiber sous des yeux d'inconnus dont les bouches se seraient mises à baver en la matant, m'aurait rendu plus que fier, parce que c'est moi qu'elle avait choisi.
Ce qui m'aurait réellement dérangé est qu'elle sacrifie ses besoins et envies pour moi. Nous étions à 700 km de distance, se voyant bien trop peu ; quel aurait été mon droit de lui imposer quoi que ce soit ?
Elle est une femme qui ne m'a jamais appartenu et que je désirais libre. Elle est elle, une personne à part entière, avec ses joies, ses douleurs. Quel aurait été ma légitimité de lui répondre non, d'avoir des exigences vis-à-vis d'elle ? Surtout que je sais ce que c'est d'être la chose de quelqu'un, son esclave personnel, son soufre douleur, la raison de tous ses maux, et pour son meilleur et pour mon pire.
Non, Lili, heureusement qu'elle m'a quitté car il ne pouvait y avoir d'avenir entre nous, même si j'avais espéré. Je ne pouvais plus être disponible de toute façon, pris par mon travail à cause du Covid, pris par le cancer de mon père, par sa mort ensuite… Et l'autre conne qui me faisait chier et de plus en plus ; cette putain de connasse qui pense encore que le monde doit tourner autour de son nombril et qu'il doit alimenter son compte en banque.
Passage à vide total à en oublier d'écrire, à me perdre dans le travail, à tenter d'offrir le mieux pour MES enfants. Oui, mes enfants, les miens… Ah, hérésie car ils ne m'appartiennent pas ; ils sont des êtres humains, non des objets. Je ne suis que leur père qui ne veut que leur bien. Je ne suis que cet être qui était là pour eux dès leur naissance alors que l'autre était plus obnubilée par sa propre carrière. Je les ai pris, mes enfants, dans mes bras ; je les ai embrassés alors qu'ils étaient encore couverts de sang, alors que mon œil a regardé ce tout petit être éjecté du corps de l'autre dans une bassine, la jumelle de ma fille déclarée morte-née.
Posez-lui la question à l'autre et elle vous dira que je suis un monstre. C'est elle qui a tout fait ; elle a même créé l'univers. C'est une femme parfaite qui ne commet aucune erreur ; même sa parole est divine.
J'en gerbe encore.
Elle les a portés, chacun à leur tour, pendant huit mois. Je l'ai supportée, elle, avant, pendant, après, avec ses sautes d'humeurs incompréhensibles, à me faire passer même après le chat, mon chat qui est devenu mon confident jusqu'à ce qu'il s'en aille dans un autre monde, toujours collé à moi surtout lorsque je pleurais. Elle me demandait plusieurs fois la même chose sans jamais écouter la réponse car concentrée sur cette émission de télé trop passionnante alors que ce n'était que des pubs qui étaient diffusées.
J'ai supporté cette chose durant tellement d'années, cette chose qui m'a enfoncé, enfoncé, enfoncé, encore et encore jusqu'à ce que… Mes enfants, en aucune manière, je les lui laisserais. Si vous saviez comment Lili m'a aidé, sans le savoir elle-même.
Putain, je n'ai aucun regret d'avoir trompé cette perverse narcissique, n'étant pas allé plus loin que des bisous et quelques attouchements, malheureusement. Il n'y avait déjà rien entre l'autre et moi. Je ne ressentais aucun amour pour elle. Mais, pourquoi me suis-je foutu avec elle ? Ouais, pourquoi…
J'ai eu de l'affection pour elle, au début. Amoureux ? Jamais. Elle… J'ai mis du temps à bander pour elle, obligé de penser à ma première, à Pauline. Suis-je horrible ? Merci de ne pas me répondre car j'ai suffisamment culpabilisé pour ça à l'époque. Mais voilà, elle présentait bien, était ouverte d'esprit en société, savait se mettre en valeur pour son public. Je n'avais pas encore compris qu'elle m'utilisait comme trophée, comme faire-valoir devant ces gens.
Elle plaisait à mes proches et, c'est con, mais mon éducation, la pression familiale, mes œillères mises et je me suis laissé entrainer, entrainer, entrainer… Jusqu'à accepter que ses fautes étaient les miennes, commençant alors ma descente aux enfers. J'aurais dû la jeter comme la merde qu'elle est lorsqu'elle a avorté dans un autre pays sans même me demander mon avis prenant en prétexte que ça aurait bousillé ses études. J'aurais dû la jeter alors qu'elle a fait une crise parce que je ne voulais pas la demander en mariage, ayant pour ma part capitulé, n'écoutant plus mon instinct primal depuis longtemps. J'aurais dû la jeter tellement de fois... Je ne pouvais plus la jeter alors qu'elle était enceinte de mon fils. C'était trop tard ; j'en avais eu si souvent l'occasion avant…
J'ai supporté cette chose durant tellement d'années, cette chose qui m'a enfoncé, enfoncé, enfoncé, encore et encore jusqu'à ce que… Mes enfants, en aucune manière, je les lui laisserais. Si vous saviez comment Lili m'a aidé, sans le savoir elle-même.
Putain, je n'ai aucun regret d'avoir trompé cette perverse narcissique, n'étant pas allé plus loin que des bisous et quelques attouchements, malheureusement. Il n'y avait déjà rien entre l'autre et moi. Je ne ressentais aucun amour pour elle. Mais, pourquoi me suis-je foutu avec elle ? Ouais, pourquoi…
J'ai eu de l'affection pour elle, au début. Amoureux ? Jamais. Elle… J'ai mis du temps à bander pour elle, obligé de penser à ma première, à Pauline. Suis-je horrible ? Merci de ne pas me répondre car j'ai suffisamment culpabilisé pour ça à l'époque. Mais voilà, elle présentait bien, était ouverte d'esprit en société, savait se mettre en valeur pour son public. Je n'avais pas encore compris qu'elle m'utilisait comme trophée, comme faire-valoir devant ces gens.
Elle plaisait à mes proches et, c'est con, mais mon éducation, la pression familiale, mes œillères mises et je me suis laissé entrainer, entrainer, entrainer… Jusqu'à accepter que ses fautes étaient les miennes, commençant alors ma descente aux enfers. J'aurais dû la jeter comme la merde qu'elle est lorsqu'elle a avorté dans un autre pays sans même me demander mon avis prenant en prétexte que ça aurait bousillé ses études. J'aurais dû la jeter alors qu'elle a fait une crise parce que je ne voulais pas la demander en mariage, ayant pour ma part capitulé, n'écoutant plus mon instinct primal depuis longtemps. J'aurais dû la jeter tellement de fois... Je ne pouvais plus la jeter alors qu'elle était enceinte de mon fils. C'était trop tard ; j'en avais eu si souvent l'occasion avant…
Pression familiale de merde ; éducation de merde !
J'avais de l'affection pour elle, au début. Ses petits défauts énervants passaient. Ok, elle faisait la gueule parce que j'étais plus fort qu'elle au squash ; ok, elle faisait la gueule parce que je la laissais gagner pour éviter qu'elle fasse la gueule… Et ça… Ses petits défauts du début, énervants, mais qui passaient encore. Ses petits défauts du début de plus en plus présents, de plus en plus… Devenant son caractère principal alors qu'il était déjà trop tard pour moi.
Il s'agit certainement d'une tare génétique comme a le reste de sa famille, volant le travail des autres pour se mettre en valeur, pour montrer qu'ils sont les plus beaux et les plus forts, dénigrant forcément les autres et encore plus ceux qui ont aidé à leur renommée. Une famille de colonisateurs qui imposent leur bon vouloir dès qu'ils vont quelque part. Une famille d'insectes qui bouffent toutes les ressources présentes avant de migrer dans un lieu plus vert pour eux.
Comme j'ai détesté ces apéritifs durant lesquels chacun devait dire à leur tour comment ils aident à sauver le monde même s'il ne s'agissait que d'un stage de commercial dans une boutique Darty. Et lorsque c'était mon tour :
— Ben, je fais des programmes.
— Et ils servent à quoi ?
— À ceux qui en ont besoin.
Que dire d'autre ? Je parlais succinctement de mon boulot qui aurait pu être fait par n'importe qui d'autre. Je ne suis pas un grand justicier ; j'aide juste, parfois, une petite grand-mère à prendre une boite de conserve posée sur une étagère un peu trop haute pour elle dans une supérette. Et l'autre qui me regardait alors avec un air dédaigneux.
Oui, elle passait bien au début, jusqu'à ce qu'elle montre son vrai visage. Généreuse, oui, à offrir un bout d'ongle mais attendant en retour tout le bras. Oui, elle passait bien au début, et j'en veux à ma mère qui m'annonça après le divorce : “je savais que ça allait finir ainsi le jour même de ton mariage”. Mais pourquoi elle ne me l'avait pas dit à ce moment ?... Non, je ne lui en veux pas, même si j'aurais aimé qu'elle m'en parle avant de foutre cette bague à ce doigt. Je m'en veux à moi, et certainement que je ne l'aurais pas écoutée car je portais toujours ces putains d'œillère. Oui, car cette connasse avait une force incroyable sur moi : elle jouait sur moi parfaitement de choses totalement inexistantes chez elle. Elle profitait de mon empathie, de ma naïveté, de mes complexes pour en arriver au chantage affectif, jusqu'à aller au harcèlement et au dénigrement public. J'acceptais car tous les malheurs du monde étaient forcément ma faute.
Lili a été une bouée de sauvetage pour moi, arrivée dans un moment de doute total, ne sachant plus si je prenais la bonne décision de la quitter pour le bien de mes gamins. Elle m'a aidé, sans le savoir, bien plus qu'elle ne doit le croire. Est-ce pour cela que je suis tombé amoureux d'elle ? Je n'en sais strictement rien. Je sais juste qu'elle m'a quitté au moment où j'aurais été encore moins disponible pour elle. Et, dans le train, après être parti de cette dernière fois de chez elle, je sentais que c'était fini entre nous, même si nous avons fait semblant que tout allait bien pendant encore quelques semaines.
Elle le sait, Lili, pour cette fois. Elle le sait parce que je la lui ai racontée, osant m'exhiber devant elle avant même notre première rencontre. Elle le sait de cette fois où j'ai fini en garde-à-vue. Putain, quelle honte j'avais… Mais, je la lui ai racontée à cœur ouvert et sa chaleur m'a envahi. J'ai mis bien plus de temps pour oser en parler à mes proches, des années, mon père était déjà mort. Et la honte a disparu car il n'y avait pas besoin d'en avoir. Je n'étais pas responsable, ni coupable ; je ne suis qu'un humain et j'étais aux abois.
Oh oui, cette fois où l'autre a cherché la bagarre. Sa graisse immonde, mais bien plus pure que son esprit, avachie sur le canapé, elle m'avait demandé d'aller lui apporter un verre de je ne sais plus quoi. Je répondais à des annonces pour trouver un travail à ce moment-là, chômeur depuis que j'ai quitté mon boulot pour la suivre, donc devenu une merde inutile, un déchet de la société, sans raison d'exister comme elle le pense encore. Je lui ai répondu de se débrouiller comme une grande au lieu de jouer les adolescentes attardées, ou d'attendre que je finisse. Oui, j'étais son esclave sans aucune compensation de plaisir, juste bon à la servir et à présenter bien devant l'audience de là où elle m'imposait d'aller.
Sa réaction ne se fit pas attendre : elle déversa ma bière sur l'ordinateur, le flinguant en même temps, oubliant qu'on était dans une merde financière sans nom à cause de ses fantasmes de grandeur. Son égo était bien plus important.
Il ne fallut que quelques jours après pour que l'évènement se passe, alors que j'entendais ses pas nets sur la petite allée qui amenait à la porte d'entrée, reconnaissant déjà son envie d'en découdre après sa journée de boulot, comme toujours. Mon cœur battait à chaque fois que cela arrivait ; mon souffle était à chaque fois coupé ; un mal de dos trahissait ma nervosité. Ah oui, elle m'attaqua directement ce soir-là alors que les enfants étaient en train de dormir. Toutes les guerres dans le monde étaient de mon fait. J'étais son bouc-émissaire pour sa journée de merde… Tout était ma faute, ainsi que son putain de caractère qu'elle avait à cause de moi ! Sauf que je voyais de plus en plus clair.
Enragée par le fait que sa violence verbale ne m'atteignait plus grâce à ce mur que j'ai bâti autour de moi pour me protéger, elle en est venue aux mains. Je ne me suis pas laissé faire. Je n'ai nullement battu cette chose sans intérêt. J'ai juste évité qu'elle tue ce corps déjà à l'agonie, sa main portant un couteau invisible, une lame forgée par son esprit, prêt à m'éventrer. Elle comprit qu'elle ne pouvait plus me soumettre psychologiquement à cause de ce mur dressé, cachant le fait que je n'avais plus aucune estime de moi. Elle tenta de m'atteindre physiquement. Elle m'a frappé, mais je restais plus fort malgré mon poids plume face à elle.
La police est arrivée suite à un appel de sa part, se faisant passer pour une victime ; j'ai été arrêté. J'ai directement dit que j'avais bu, comme chaque jour depuis des mois, des années : circonstances aggravantes. En soufflant dans le bidule, rien, à peine 0.10 sur le compteur. Mais, j'ai surtout entendu les flics parler entre eux en me regardant : “c'est l'autre qu'on aurait dû embarquer”. J'ai tout de même passé la nuit en garde à vue.
La méchanceté incarnée aurait pu porter plainte, mais l'inspecteur lui a expliqué certaines choses, notamment que la légitime défense n'est pas de donner le premier coup. Il avait bien vu mes côtes devenues bleues alors qu'elle n'avait qu'un léger hématome sur l'avant-bras. J'aurais aimé qu'elle ne l'écoute pas pour que ça se retourne contre elle.
Je n'aime pas la violence, qu'elle soit physique ou psychologique, avec cette dernière qui a bien plus de mal à guérir. Je ne supporte plus le mensonge ; elle en a trop abusé. À la force des choses, j'ai arrêté de me laisser faire car mes œillères se sont évaporées depuis un moment. Elles sont parties, mais pas simplement. Elles sont parties car la terre qui me recouvrait ne voulait même plus de moi. Elles sont parties petit à petit lorsque j'ai commencé à écrire.
Il s'agit certainement d'une tare génétique comme a le reste de sa famille, volant le travail des autres pour se mettre en valeur, pour montrer qu'ils sont les plus beaux et les plus forts, dénigrant forcément les autres et encore plus ceux qui ont aidé à leur renommée. Une famille de colonisateurs qui imposent leur bon vouloir dès qu'ils vont quelque part. Une famille d'insectes qui bouffent toutes les ressources présentes avant de migrer dans un lieu plus vert pour eux.
Comme j'ai détesté ces apéritifs durant lesquels chacun devait dire à leur tour comment ils aident à sauver le monde même s'il ne s'agissait que d'un stage de commercial dans une boutique Darty. Et lorsque c'était mon tour :
— Ben, je fais des programmes.
— Et ils servent à quoi ?
— À ceux qui en ont besoin.
Que dire d'autre ? Je parlais succinctement de mon boulot qui aurait pu être fait par n'importe qui d'autre. Je ne suis pas un grand justicier ; j'aide juste, parfois, une petite grand-mère à prendre une boite de conserve posée sur une étagère un peu trop haute pour elle dans une supérette. Et l'autre qui me regardait alors avec un air dédaigneux.
Oui, elle passait bien au début, jusqu'à ce qu'elle montre son vrai visage. Généreuse, oui, à offrir un bout d'ongle mais attendant en retour tout le bras. Oui, elle passait bien au début, et j'en veux à ma mère qui m'annonça après le divorce : “je savais que ça allait finir ainsi le jour même de ton mariage”. Mais pourquoi elle ne me l'avait pas dit à ce moment ?... Non, je ne lui en veux pas, même si j'aurais aimé qu'elle m'en parle avant de foutre cette bague à ce doigt. Je m'en veux à moi, et certainement que je ne l'aurais pas écoutée car je portais toujours ces putains d'œillère. Oui, car cette connasse avait une force incroyable sur moi : elle jouait sur moi parfaitement de choses totalement inexistantes chez elle. Elle profitait de mon empathie, de ma naïveté, de mes complexes pour en arriver au chantage affectif, jusqu'à aller au harcèlement et au dénigrement public. J'acceptais car tous les malheurs du monde étaient forcément ma faute.
Lili a été une bouée de sauvetage pour moi, arrivée dans un moment de doute total, ne sachant plus si je prenais la bonne décision de la quitter pour le bien de mes gamins. Elle m'a aidé, sans le savoir, bien plus qu'elle ne doit le croire. Est-ce pour cela que je suis tombé amoureux d'elle ? Je n'en sais strictement rien. Je sais juste qu'elle m'a quitté au moment où j'aurais été encore moins disponible pour elle. Et, dans le train, après être parti de cette dernière fois de chez elle, je sentais que c'était fini entre nous, même si nous avons fait semblant que tout allait bien pendant encore quelques semaines.
Elle le sait, Lili, pour cette fois. Elle le sait parce que je la lui ai racontée, osant m'exhiber devant elle avant même notre première rencontre. Elle le sait de cette fois où j'ai fini en garde-à-vue. Putain, quelle honte j'avais… Mais, je la lui ai racontée à cœur ouvert et sa chaleur m'a envahi. J'ai mis bien plus de temps pour oser en parler à mes proches, des années, mon père était déjà mort. Et la honte a disparu car il n'y avait pas besoin d'en avoir. Je n'étais pas responsable, ni coupable ; je ne suis qu'un humain et j'étais aux abois.
Oh oui, cette fois où l'autre a cherché la bagarre. Sa graisse immonde, mais bien plus pure que son esprit, avachie sur le canapé, elle m'avait demandé d'aller lui apporter un verre de je ne sais plus quoi. Je répondais à des annonces pour trouver un travail à ce moment-là, chômeur depuis que j'ai quitté mon boulot pour la suivre, donc devenu une merde inutile, un déchet de la société, sans raison d'exister comme elle le pense encore. Je lui ai répondu de se débrouiller comme une grande au lieu de jouer les adolescentes attardées, ou d'attendre que je finisse. Oui, j'étais son esclave sans aucune compensation de plaisir, juste bon à la servir et à présenter bien devant l'audience de là où elle m'imposait d'aller.
Sa réaction ne se fit pas attendre : elle déversa ma bière sur l'ordinateur, le flinguant en même temps, oubliant qu'on était dans une merde financière sans nom à cause de ses fantasmes de grandeur. Son égo était bien plus important.
Il ne fallut que quelques jours après pour que l'évènement se passe, alors que j'entendais ses pas nets sur la petite allée qui amenait à la porte d'entrée, reconnaissant déjà son envie d'en découdre après sa journée de boulot, comme toujours. Mon cœur battait à chaque fois que cela arrivait ; mon souffle était à chaque fois coupé ; un mal de dos trahissait ma nervosité. Ah oui, elle m'attaqua directement ce soir-là alors que les enfants étaient en train de dormir. Toutes les guerres dans le monde étaient de mon fait. J'étais son bouc-émissaire pour sa journée de merde… Tout était ma faute, ainsi que son putain de caractère qu'elle avait à cause de moi ! Sauf que je voyais de plus en plus clair.
Enragée par le fait que sa violence verbale ne m'atteignait plus grâce à ce mur que j'ai bâti autour de moi pour me protéger, elle en est venue aux mains. Je ne me suis pas laissé faire. Je n'ai nullement battu cette chose sans intérêt. J'ai juste évité qu'elle tue ce corps déjà à l'agonie, sa main portant un couteau invisible, une lame forgée par son esprit, prêt à m'éventrer. Elle comprit qu'elle ne pouvait plus me soumettre psychologiquement à cause de ce mur dressé, cachant le fait que je n'avais plus aucune estime de moi. Elle tenta de m'atteindre physiquement. Elle m'a frappé, mais je restais plus fort malgré mon poids plume face à elle.
La police est arrivée suite à un appel de sa part, se faisant passer pour une victime ; j'ai été arrêté. J'ai directement dit que j'avais bu, comme chaque jour depuis des mois, des années : circonstances aggravantes. En soufflant dans le bidule, rien, à peine 0.10 sur le compteur. Mais, j'ai surtout entendu les flics parler entre eux en me regardant : “c'est l'autre qu'on aurait dû embarquer”. J'ai tout de même passé la nuit en garde à vue.
La méchanceté incarnée aurait pu porter plainte, mais l'inspecteur lui a expliqué certaines choses, notamment que la légitime défense n'est pas de donner le premier coup. Il avait bien vu mes côtes devenues bleues alors qu'elle n'avait qu'un léger hématome sur l'avant-bras. J'aurais aimé qu'elle ne l'écoute pas pour que ça se retourne contre elle.
Je n'aime pas la violence, qu'elle soit physique ou psychologique, avec cette dernière qui a bien plus de mal à guérir. Je ne supporte plus le mensonge ; elle en a trop abusé. À la force des choses, j'ai arrêté de me laisser faire car mes œillères se sont évaporées depuis un moment. Elles sont parties, mais pas simplement. Elles sont parties car la terre qui me recouvrait ne voulait même plus de moi. Elles sont parties petit à petit lorsque j'ai commencé à écrire.
Ça a pris du temps.
Mes enfants sont ma raison pour me battre depuis leur naissance. Les mots posés dans mes textes sont cette lumière qui m'a aidé à revoir le jour, et pourtant, ils étaient tellement noirs. Ils ont pour source ma haine, ma rage contre moi, mes peurs. Mais, cette lumière a une origine : mes moments avec Pauline et sa famille. Ces souvenirs m'ont aidé comme vous ne pouvez pas un instant imaginer. Et sa voix “fais attentions à toi”, et sa recommandation “je n'ai pas confiance en elle, méfie-toi”, que je n'ai pas écouté à l'époque car je la pensais jalouse.
Elle avait tellement raison.
Chaque année, je lui souhaite son anniversaire, bêtement, comme un remerciement alors qu'elle ne pourra jamais comprendre pourquoi, qu'elle me réponde ou non n'a pas d'importance. Pauline m'a aidé sans le savoir, tout comme Lili. Mais, ce qui m'a réellement aidé à sortir de terre est ma progéniture car il était hors de question que je la laisse à ce monstre alors même que j'étouffais, que je mourrais, que je n'étais plus rien qu'un zombie sans vie.
Mes enfants, mon fils… “Tu aurais dû la quitter bien avant”, oui, bien avant sa naissance ; il n'aurait alors eu aucune existence. “C'est pas grave, tu aurais eu des enfants avec une autre qui aurait été mieux”. Il me l'a dit cet été. Cet été, elle lui a dit, ainsi qu'à ma fille, que pour réussir, il faut écraser les autres. Des convictions tellement éloignées des miennes, et des leurs.
N'arrivant plus à me toucher, elle s'en est prise à mon fils durant tout son lycée, le harcelant comme elle le faisait avec moi. Il me l'avoua qu'en janvier dernier. Il est loin maintenant ; il me manque. Mais surtout, il est loin d'elle et c'est tout ce qui compte car il va beaucoup mieux. Ma fille est plus que consciente de tout cela. Elle connait ses possibilités, pourvu qu'elle ne se fasse pas influencer. Mais, elle me ressemble tellement, sans avoir devant ses yeux ces œillères.
Et moi, derrière, je ne vis que pour eux, n'ayant rien d'autre à part l'écriture et une pseudo vie sociale virtuelle, parfois réelle. Je cache comme je peux qui je suis au fond de moi pour éviter d'être à nouveau pris pour cible par des malintentionnés.
Mais, je rêve d'une vie simple, une vie dans laquelle je couperais des échalotes pour l'ajouter à la sauce de salade tout en surveillant la quiche lorraine préparée par mes soins qui dore dans le four. Une vie dans laquelle une belle personne qui m'aime se colle dans mon dos, m'enlace, m'embrasse dans le cou en regardant ce que je lui prépare de bon à manger.
J'aurais tellement voulu avoir une vie simple, une vie composée de “trois mots”.
Mes enfants, mon fils… “Tu aurais dû la quitter bien avant”, oui, bien avant sa naissance ; il n'aurait alors eu aucune existence. “C'est pas grave, tu aurais eu des enfants avec une autre qui aurait été mieux”. Il me l'a dit cet été. Cet été, elle lui a dit, ainsi qu'à ma fille, que pour réussir, il faut écraser les autres. Des convictions tellement éloignées des miennes, et des leurs.
N'arrivant plus à me toucher, elle s'en est prise à mon fils durant tout son lycée, le harcelant comme elle le faisait avec moi. Il me l'avoua qu'en janvier dernier. Il est loin maintenant ; il me manque. Mais surtout, il est loin d'elle et c'est tout ce qui compte car il va beaucoup mieux. Ma fille est plus que consciente de tout cela. Elle connait ses possibilités, pourvu qu'elle ne se fasse pas influencer. Mais, elle me ressemble tellement, sans avoir devant ses yeux ces œillères.
Et moi, derrière, je ne vis que pour eux, n'ayant rien d'autre à part l'écriture et une pseudo vie sociale virtuelle, parfois réelle. Je cache comme je peux qui je suis au fond de moi pour éviter d'être à nouveau pris pour cible par des malintentionnés.
Mais, je rêve d'une vie simple, une vie dans laquelle je couperais des échalotes pour l'ajouter à la sauce de salade tout en surveillant la quiche lorraine préparée par mes soins qui dore dans le four. Une vie dans laquelle une belle personne qui m'aime se colle dans mon dos, m'enlace, m'embrasse dans le cou en regardant ce que je lui prépare de bon à manger.
J'aurais tellement voulu avoir une vie simple, une vie composée de “trois mots”.
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Commentaires ()
Oui bien sûr. Cette série est tout de même très plaisante à lire même si elle est d’un style différent, évidemment, de tes autres textes.
Non, juste un blondinet. 🫦
@"Ben_Dover" merci beaucoup pour ce commentaire détaillé et très constructif. Je me régale de savoir à quel point tu as apprécié ce texte. Ton analyse, comme à son habitude, est d'une justesse sans faille. Alors oui, tu mets en avant des failles qui piquent, mais je sais que c'est pour m'aider à progresser.
Je reste cependant dubitatif sur l'interprétation que tu fais des personnages. Je comprends bien ta vision vu comment tu as détaillé ton ressenti. Pourtant, la mienne de vision, était tout autre lorsque j'ai posé ces mots. Mais, cela reste très intéressant. Peut-être n'ai-je pas suffisamment détaillé certaines situations, laissant trop à l'imagination.
En tout cas, beaucoup commentaire, parfaitement construit, comme toujours de ta part. 🤗