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✦ Mibou La fragilité du pouvoir féminin XSTORY
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Hétéro Orientation principale dans ce chapitre

La fragilité du pouvoir féminin — Chapitre 2 · C'est la loi

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Certifiée écrite par un humain D'après nous ce texte a été rédigé par un humain

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Mibou
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La fragilité du pouvoir féminin

Chapitre 2 · C'est la loi

Revenue à notre appartement après une brève altercation avec mon patron, je vois que Pierre a eu le temps d'embarquer une partie de ses vêtements. Je me précipite sur le balcon juste pour apercevoir sa voiture tourner au bout de la rue.
 
Il est parti.
 
Maintenant, il sait et comme je le pressentais, il n'accepte pas. 
En plus, je m'y suis vraiment très mal prise, pas très malin de lui faire croire à une promotion déjà acceptée, j'ai voulu lui forcer la main. Quelle erreur stratégique ! Déjà qu'il n'était pas en bonnes conditions pour accepter mon nouveau poste, alors facile d'imaginer sa fureur en découvrant mon infidélité. 
Il a vite compris que ma promotion n'était qu'une récompense !
Et comment prévoir qu'il allait débarquer dans l'entreprise sans crier gare, j'aurais dû me méfier.
 
Je me sens très mal, un poids de culpabilité m'écrase, une oppression très forte sur la poitrine. 
Je sais que je ne me comporte pas très loyalement et que je suis en train de le sacrifier sur l'autel de mon ambition. Je n'en suis pas fière. 
Mais voilà, je ne peux faire autrement sous peine d'être malheureuse dans ma vie. J'ai besoin de réussir, d'être respectée et admirée. Mon ambition est d'y parvenir et mon sex-appeal le meilleur moyen de la satisfaire très vite, le moteur principal de ma vie.
C'est plus fort que moi, je n'y puis rien.  
 
Malgré les apparences, je l'aime, sincèrement et profondément. 
Je comprends qu'il souffre, qu'il soit malheureux. Je ne veux en aucun cas lui faire de mal.
 
En couchant avec Alban, je n'ai pensé qu'à moi, à mon ascension sociale, aux bienfaits matériels.
 
Il a raison, je l'ai oublié, je l'ai sacrifié.
 
Il faut que je lui explique. Intelligent comme il est, je suis certaine qu'il est capable de comprendre. Et, mince espoir, peut-être qu'il acceptera.
 
Je me mens à moi-même. Il me connaît, sait ma propension à réussir et ma volonté à y arriver à n'importe quel prix. Il en paie le prix et il l'a bien compris. Comment pourrait-il accepter cela ?
 
Mais je veux essayer, tenter le coup. D'abord, lui parler et lui expliquer.
Ensuite, lui demander pardon, un pardon sincère, et le rassurer : je l'aime.
Enfin, le lui montrer.
 
Je lui envoie message sur message par texto, par mail, par WhatsApp.
Pas de réponse.
 
Il est certainement allé chez son meilleur pote, Xavier. Ou alors, chez ses parents.
 
J'appelle donc Xavier
-         Bonjour Xavier.
-         Hello Solène, quoi de neuf ?
-         As-tu vu Pierre ?
-         Non, pourquoi ?
-         Il a quitté notre domicile ce soir.
-         Quoi ? Mais qu'est-ce qui s'est passé ?
-         Ecoute, je ne vais pas tout raconter maintenant, mais c'est de ma faute. Il faut que je lui parle rapidement. Si tu le vois, demande lui de m'appeler, tu veux bien ?
-         OK, mais c'est tellement soudain. Cela va sûrement s'arranger.
-         Je l'ignore. Merci de ton aide. A bientôt.
-         A bientôt et courage.
-         Merci.
 
 
Lorsque j'ai eu ma belle-mère au téléphone, elle m'a expliqué qu'il refusait catégoriquement de me parler.
 
-         Il est dévasté me dit-elle. Que lui as-tu fait ? 
-         Je ne veux pas discuter avec vous, c'est avec lui que je veux parler.
-         Laisse-le, il passe son temps à pleurer, je ne l'ai jamais vu comme cela. Une trahison, je suppose ?
-         Dites-lui que je l'aime et que je veux lui parler, s'il vous plait.
-         Je crois que tu devrais le laisser tranquille, il est complètement détruit moralement. Je n'ai jamais rencontré un homme dans un tel état de ruine.
-         Je vous en supplie, dites lui que j'ai appelé, que je l'aime et parler est la meilleure chose à faire.
-         Je lui dirai mais ne te fais pas d'illusion, comme il est là il va lui falloir du temps.
-         Merci, et je raccroche.
 
 
Je me couche, touchée par sa détresse dont je suis la cause. Cela me culpabilise encore plus, je ne voulais vraiment pas le faire souffrir. J'ai le cœur brisé.
Cette fois, les larmes coulent abondamment…
 
Mon ange de droite me dit que je suis stupide. Sacrifier une vie de couple, d'amour et de joie, abandonner une vie commune et refuser le plaisir de faire des enfants, de les élever et de les voir grandir, d'avoir une vraie famille, un foyer de douceur et de respect mutuel dans un amour partagé.
Moins blingbling évidemment mais tellement plus riche en émotions simples, en chaleur. 
Et au nom de quoi 
 
Mon ange de gauche, au contraire, me souffle cyniquement que se profile une vie d'opulence, de luxure, de pouvoir et de domination. Je vais pouvoir jouer en toute liberté de ma formidable séduction si j'en crois les hommes autour de moi. Mes hormones me guideront et je suis ravie de mener tous ces hommes de pouvoir et d'argent par la queue, ils sont si faibles !
Je m'attends aussi à une vie emplie de trahisons, de mensonges et d'hypocrisie où les personnes ne comptent pas. Struggle for life…
Je me sens de taille, ils vont voir ce qu'est le vrai pouvoir !
 
Je sèche mes larmes, il est vrai qu'on ne vit qu'une fois, il faut en profiter au maximum, la vie est trop courte !
 
De toute manière, lucidement, le cœur gros,  je crois bien que le choix a déjà été fait, si ce n'est par moi, c'est par lui, et que le retour en arrière ne sera pas possible. La preuve avec cette opposition farouche à ma promotion et à sa réaction lorsqu'il m'a surprise avec mon amant. Normal je suppose…
 
Je finis par m'endormir en songeant plus à cette vie de plaisirs qu'à la perte de mon mari.
 
J'ai seulement oublié qu'il s'agit d'un miroir aux alouettes.
 
XXXXXXXX
 
 
Le divorce a été prononcé très rapidement grâce à la procédure de consentement mutuel accepté par celui qui est devenu mon ex. Je lui ai racheté ma part de l'appartement, il ne souhaitait pas y résider. 
Mon patron est très heureux de la situation puisque je suis à présent libre de toutes attaches.
 
Cette séparation a été douloureuse et j'ai eu quelques difficultés à m'en remettre. Je ne peux évidemment n'en vouloir qu'à moi-même. Lui est resté très gentleman en acceptant le consentement mutuel. Il aurait pu obtenir un divorce à mes torts.
Il n'a jamais accepté de me revoir et encore moins entendre mes explications. Je dois donc garder en moi ce poids de la culpabilité comme une punition indélébile.
 
 Aujourd'hui, je suis la directrice générale adjointe de la boîte, maîtresse attitrée du boss, situation tolérée par sa femme, sans doute pour son confort matériel de vie.
 
J'ai acquis du pouvoir, un de mes objectifs, je fais ce que je veux d'Alban
Il me dit régulièrement qu'il m'aime et pense que je suis amoureuse de lui. En réalité je n'ai aucun sentiment à son égard, il n'est à mes yeux qu'un instrument.
Une contrepartie est bien entendu inévitable. Je suis certes libre (enfin, plus ou moins) et il a accès à mon corps. 
Certes, il n'est pas le roi du divan, mais je dois m'en contenter, c'est le prix à payer. Un de plus.
 
Je n'ai plus de morale, suis sans foi ni loi (même si je suis juriste !). A présent, je vogue dans un monde où, tous et toutes, nous sommes en guerre contre toutes et tous. Pour moi, la politesse ne sert que de cache-misère, il n'y a plus d'éthique.
N'existent plus que l'argent, la cupidité, l'hypocrisie, le pouvoir sur les autres, ma capacité à mener tous ces machos par le sexe, titiller leur égo. 
Heureusement, les honneurs, l'ordre social, la facilité de la richesse et les portes qu'elle ouvre, offrent de nombreux moments amusants, gais, joyeux et terriblement jouissifs. 
Je m'en contente largement.
 
Pour satisfaire Alban, j'ai même accepté de jouer de mon corps (et de mon intelligence) afin de faciliter, voire obtenir, des contrats extrêmement avantageux assurant ainsi à l'entreprise un développement inespéré. Il en est ravi d'autant qu'il s'est découvert candauliste. 
Sois honnête ma chère, cela t'arrange très bien, tu peux laisser libre cours à tes envies et à ta perversité. Les facilités sont légion, les manipulations me ravissent et l'argent coule à flot.
Tout le monde y trouve son compte.
 
Parfois bien sûr, certains de ces messieurs ne sont pas des cadeaux, de piètres amants qui ne me font même pas jouir. Il me faut simuler et, croyez-moi, ce n'est pas toujours de gaieté de cœur !
D'autres, par contre, sont des amants intéressants, bien fournis et qui me font jouir, parfois même plusieurs fois sur la soirée. J'en ai même rencontré qui m'ont littéralement envoyé au septième ciel.
 
Je me souviens de cet allemand, véritable athlète aux yeux bleus, costaud mais de taille fine, grand et musclé, membré comme un âne.
Rencontré à un dîner où il accompagnait son patron en qualité de juriste (encore un !), nous nous sommes très vite rapprochés.
Dès le repas terminé, ma chambre fût le refuge de nos amours clandestines. Il m'a déshabillée en un tour de main, m'a caressée, insistant sur mes seins alors que je lui procurais une fellation de derrière les fagots.
Une verge longue et épaisse surmontée d'un gland goûteux et d'une vigueur remarquable.
En même temps, abandonnant mes seins, il a touché ma vulve, lentement puis plus vigoureusement, au point de me tortiller sous les sensations.
Enfin, il m'a léchée en triturant et titillant mon clitoris. Je n'ai pas compté les décharges électriques ressenties, ni les orgasmes multiples.
Bien que repue, il m'en fallait plus encore. Je l'ai chevauché m'empalant sans difficulté sur son sexe tendu, et une cavalcade a commencé, d'abord en lui imposant le rythme. Ensuite, lui a pris les choses en main et m'a imposée virilement ses pénétrations fougueuses.
J'ai jouis comme jamais, seul mon ex-mari a été capable de me donner une telle jouissance.
Nous avons explosé ensemble, dans des cris de plaisir puissants.
 
La nuit a été courte, il m'a prise deux fois au cours de celle-ci.
Au petit matin, il a remis le couvert jusqu'au moment où j'ai demandé grâce. Cela ne m'était jamais arrivé…
 
C'est la première fois qu'Alban m'a questionnée comme un mari jaloux. Il a fallu mettre les pendules à zéro…
 
 
Tous, sans exception, tombent sous mon charme lorsque je leur fais ma séance d'érotisme et de rentre dedans.
Et, les contrats sont signés et améliorés selon les vœux d'Alban.
 
Les derniers en date étaient trois japonais, venus négocier un contrat d'exclusivité. Alban voulait absolument conclure ce deal qui assurait des revenus très conséquents. Presque 5 % de l'ensemble du business !
J'ai donc mis le paquet.
Le contrat a fait l'objet d'âpres discussions et de plusieurs modifications très avantageuses. Je me suis donnée à fond, tant dans les clauses juridiques que dans la récompense à offrir à mes interlocuteurs.
Pendant trois heures, nous avons discuté et chaque modification m'ôtait un vêtement ! Je me suis vraiment bien amusée et, je pense que mes japonais n'oublieront jamais notre négociation. 
Ils étaient au demeurant fort bien de leur personne (même si leurs attributs n'étaient pas particulièrement développés), ont été des partenaires cordiaux, respectueux et très, mais très endurants. 
J'ai eu droit à toutes les positions, en trio, en quatuor, un dans le vagin, un dans la bouche alors que le troisième pratiquait une sodomie. 
Puis, ils ont tourné, chacun à son tour dans chaque situation. 
Ils se sont relayés, pendant que l'un récupérait, les deux autres me prenaient et moi, je jouissais. 
Alban a joué le voyeur, ce qui m'a terriblement excitée, il n'a pas arrêté de se masturber. Etonnamment, lui, dont l'endurance n'est pas la qualité première, a joui plusieurs fois à me voir ainsi partouzée (j'entends encore ses grognements de plaisir).
 
J'ai joui comme une folle, je n'ai pas calculé le nombre d'orgasmes mais, à coup sûr, j'ai dû battre mon record.
Quel pied ! Mes seins en frémissent encore, mon petit trou a mis un certain temps pour retrouver son état initial et mon minou est encore rouge des frottements longs et des introductions répétées de mes invités.
 
 
Je suis fière de moi, j'ai mené les négociations de main de maître (si j'ose dire).
 
Entre parenthèses, je veux couper les ailes d'un canard boiteux : ni la longueur, ni la grosseur ne constituent un gage d'extraordinaire jouissance féminine. Tout est question de s'en servir, nonobstant l'avis des matamores bien membrés.
Il vaut mieux une petite vaillante qu'une grosse paresseuse.
 
 
Parfois, je repense à mon ex-mari. Je me demande ce qu'il est devenu et suis certaine qu'il ne me féliciterait pas de celle que je suis aujourd'hui. Nostalgie…
 
 
XXXXXXXX
 
Alban est un peu jaloux de la situation et évite de m'interroger (inutilement puisque souvent, il regarde !) sur les jouissances que j'ai connues de peur sans doute de récolter un avis qui ne lui convienne pas. Il n'aurait d'ailleurs pas tort.
Il sait aussi que c'est une situation qu'il a lui-même engendrée, mais il comprend vite où se trouve son intérêt.
 
C'est peu dire qu'il s'y retrouve financièrement sans compter son plaisir soit de participer (rarement il est vrai), soit de jouer le voyeur et puis, il me baise tout de même !
 
Il est très généreux avec moi et mon compte en banque prend des proportions inespérées. En une année, je suis parvenue à m'offrir un appartement dans le XVIème arrondissement de Paris sans contracter le moindre emprunt !
 
Comprenez que nous faisons vivre beaucoup de salariés. Comme disait Gandhi, « mieux vaut y mettre tout son cœur et ne pas trouver les mots pour le dire, que trouver les mots pour le dire et ne pas y mettre son cœur ».
J'applique.
D'ailleurs, l'entreprise connait une croissance à deux chiffres si bien que tous les mois, de nombreux collaborateurs nous rejoignent, preuve que nous travaillons bien.
 
Tout est bien donc, j'ai des amants autant que je veux, Alban n'est pas très embêtant et de toute façon, je fais comme il me plaît. Il faut dire que mon sexe lui rapporte gros. Et puis, il a ses petits plaisirs : outre moi, il saute encore bien quelques gonzesses bien que je ne puisse le qualifier d'Appolon.
Vous remarquerez avec moi que le pouvoir est un extraordinaire aphrodisiaque qui rend tout à coup le détenteur du celui-ci d'une séduction fatale !
 
Tout cela ne m'empêche pas de penser que la place des femmes est très ambiguë. 
A la fois, elles doivent se soumettre au bon vouloir masculin alors qu'en réalité, c'est elles qui mènent les opérations. 
Je me régale donc à les mener par le bout de la quéquette, s'en est une autre jouissance mais pas la moindre..
Demandez donc à ces femmes arabes qui ont décrété la grève du sexe. Il n'a pas fallu très longtemps pour qu'elles obtiennent satisfaction malgré les réticences obtuses de ces messieurs dont l'égo a pris un fameux coup.
Et vérifiez : l'histoire de France a été faite par des femmes !
 
Messieurs, que vous le vouliez ou non, nous vous menons par le bout du nez, ou plutôt de la queue !
 
XXXXXXXX
 
En quelques années, j'ai donc atteint mes objectifs : richesse, pouvoir, liberté, et du sexe à gogo.
Je voyage partout dans le monde (du moins là où il y a du business) dans des conditions exceptionnelles : grands hôtels, dîners exquis, fringues des grands couturiers et bien sûr très chères, parfums aux prix exorbitants.
Ne parlons même pas des bijoux. Alban, très généreux, m'a emmenée chez Frédéric Boucheron, place Vendôme où il m'a acheté une petite rivière de diamants. Il faut dire que nous venions de décrocher un contrat particulièrement juteux… 
 
Il y a deux mois, je me suis offerte une Porsche 911 Carrera 4 GTS, un modèle qui fait saliver bien des mecs. Magnifique, racée, puissante, la conduire est un plaisir que seul celui du sexe peut dépasser.
 
Dans mes moments de tendresse, j'ai un peu de vague à l'âme en pensant à mon ex. C'est peu dire que je ne l'ai pas ménagé et pour cela, je m'en veux encore. Mon égoïsme a écrasé tout ce que nous avons connu ensemble, notre complicité, nos joies et nos difficultés. A vrai dire, je ne veux pas me l'avouer, mais je l'aime encore après toutes ces années. Je n'ai jamais retrouvé sa sensibilité, sa volonté de me faire plaisir et de m'amener au firmament des amants.
Mais voilà, j'ai fait un choix et jusqu'à présent, si j'ai des remords, je ne le regrette pas. Je m'amuse comme une folle au milieu de tous ces pantins et autres guignols qui pensent plus souvent avec leur bite qu'avec leur cerveau.
 
 
Et puis, est arrivé ce funeste jour.
 
 
Amoureuse de la vitesse, je circule à très vive allure (près de 200 km/h) sur l'autoroute A6 en direction de Lyon, en écoutant le ronronnement de ce moteur d'exception tout en savourant des chansons de Patricia Kaas comme Entrer dans la lumière puis Il me dit que je suis belle que Pierre me chantonnait régulièrement.
 
Désireuse d'échapper à ma mélancolie, je veux changer le CD et je me penche vers le lecteur.
Je quitte quelques instants la route des yeux.
Erreur fatale, le camion devant moi est arrivé trop vite, trop tard malgré le freinage en catastrophe et un coup de volant désespéré.
 
Et puis, plus rien.
.
 
 J'ai perdu connaissance.
 
 
XXXXXXXX
 
 
Je me suis réveillée après 7 jours de coma.
 
J'ouvre les yeux et un homme est penché sur moi.
Péniblement, j'articule quelques mots.
-         Où suis-je ?
-         A CHU de Reims Madame.
-         Pourquoi ?
-         Vous avez eu un grave accident de voiture.
-         Ah. Vous êtes qui ?
-         Je suis médecin. On peut dire que vous êtes une miraculée !
 
Je peux à peine bouger mon corps, ne sens plus rien sans doute sous l'effet de puissants antidouleurs. Mais je vois…
 
-         Un miracle !? A voir mon état…
-         La vie est précieuse Madame, vous n'en avez qu'une ! Estimez-vous heureuse d'être en vie.
-         …
-         Vous avez une personne à prévenir ? Nous n'avons trouvé aucune personne ressource si ce n'est un certain Alban XXX.
-         Il est mon compagnon.
-         Nous l'avons appelé, mais il n'a pas pu venir. Nous lui avons fait part de votre situation, il en était marri.
-         Alors, docteur, je n'ai personne.
-         Dans ce cas, Madame, nous ferons notre possible pour vous aider.
-         Merci docteur. J'en ai pour combien de temps ?
-         Comptez plusieurs mois Madame, malheureusement.
-         Je voudrais me voir.
-         Si vous insistez…
 
Il me tend un miroir.
C'est une vision d'horreur. Le visage est bardé de pansements et me cache la réalité.
 
Il me révèle alors l'étendue des dégâts. Fracture du crâne, mâchoire fracturée en plusieurs morceaux (et donc difficulté de parler) le visage à moitié arraché, fracture du bassin et écrasement de la hanche gauche, fracture du tibia gauche.
 
-         J'ai le visage abîmé ?
-         Madame, votre visage a été très endommagé.
-         Et ?
-         Je crains que malgré l'habileté des chirurgiens, vous ne soyez à jamais défigurée, méconnaissable. Je suis désolé.
J'encaisse, le choc est rude.
-         Vous avez devant vous plusieurs semaines d'hospitalisation m'explique-t-il. Toute mon équipe, ainsi que tout le personnel médical et paramédical vous soutiendra et vous encouragera. A présent, reposez-vous.
 
Je suis sonnée par ces révélations. Et Alban n'a soi-disant pas pu venir. Je pense plutôt qu'il n'a pas voulu venir.
 
J'ai le temps de tenter de me souvenir. Petit à petit, la mémoire me revient, et je me souviens. 
Le camion qui arrive, je freine et je tente de contourner l'obstacle. Dans un silence impressionnant, ma voiture touche l'arrière du camion, part en toupie, la route tournoie, j'aperçois la végétation au bord de l'autoroute qui défile à toute vitesse. 
Cette fois, c'est l'enfer. Dans un bruit assourdissant, je vois la barrière de sécurité arriver, je m'écrase côté conducteur. 
La voiture rebondit pour aller percuter la barrière de l'autre côté de la route après s'être retournée, revenir vers le centre de la chaussée où un autre véhicule m'a percutée.
J'ai vu des photos de la voiture. Il ne reste qu'une carcasse décharnée et tout le monde se demande comment j'ai pu en sortir vivante. Les pompiers ont mis une heure pour me désincarcérer. J'en ai la nausée.
L'enfer, je vous dis.
 
XXXXXXXX
 
Plusieurs semaines se sont écoulées et je retrouve petit à petit la liberté de mouvement de mes bras et mains. Pour le reste, je suis encore clouée au lit…
Je tente de contacter Alban et, après plusieurs tentatives, je l'obtiens au bout du fil.
-         Alban ?
-         Oui. Bonjour Solène. Comment vas-tu ?
-         Pourquoi n'es-tu pas venu me voir ? Tu connaitrais mieux mon état !
-         Le médecin m'a informé et je téléphone régulièrement pour prendre de tes nouvelles.
-         C'est curieux, personne ne m'en a informée.
-         Un oubli de leur part sans doute.
-         Tu comptes venir ?
-         Malheureusement, pas dans l'immédiat. Je dois faire face à de nombreux problèmes depuis ton absence. Nous avions des engagements que je ne peux tenir comme tu te doutes.
-         Forcément.
-         Heureusement, j'ai trouvé une nouvelle adjointe qui te remplace. Pas vraiment avantageusement, mais au moins, les clients sont contents.
-         Je vois.
-         Dis-moi quand tu sors, je viendrai certainement te chercher.
-         Bien sûr. A plus.
-         A plus et repose toi bien.
 
L'enfoiré ! Il m'a déjà remplacée. Je comprends que je ne suis plus qu'un souvenir, sans intérêt. Et dire qu'il se disait amoureux !
Finalement, je n'ai été à la fois qu'un morceau de viande pour lui et un appât pour ses clients.
Constat amer s'il en est. Le revers de la médaille, ,j'ai eu les ors, j'ai maintenant les souffrances et le rejet.
 
 
Petit à petit, je m'enfonce dans une sorte de dépression, sans ressort malgré le soutien de ces infirmières dont on ne vantera jamais assez leur dévouement.
 
XXXXXXXX
 
Les jours qui ont suivi, je me plonge dans une profonde réflexion.
Un jour, j'ai fait un choix, celui de la déloyauté, de l'argent et du pouvoir sur les hommes. Je m'en mords les doigts maintenant. Je ne pourrai plus séduire, jouer avec eux, m'amuser et me prélasser dans cette luxure des sens.
Bien sûr, j'ai gagné beaucoup d'argent (et j'en ai aussi beaucoup dépensé !). Aujourd'hui, j'aurais bien besoin du soutien d'un proche, une âme sœur, un confident.
Plus de mari, plus de parents, pas de sœur ni de frère et pas d'ami. Je me suis enfermée dans un jeu de pouvoir, de débauche et de profit.  L'appât du gain auquel j'ai sacrifié l'amour de ma vie, la tendresse d'un être cher.
C'est moi qui le paie cher aujourd'hui. Très cher.
 
Cette fois, je pleure, sanglote sur mon sort, alors que je n'ai même pas pleuré sur le sort de mon mari que j'ai quasi abandonné au profit de mon ambition.
 
Triste constat.
 
 
Deux mois se sont écoulés.
Avec l'appui du kiné et des infirmières, je parviens à marcher seule. Je suis passée sous le scalpel du chirurgien esthétique. 
Mon argent m'a permis de solliciter un ténor de cette discipline. Il a fait ce qu'il a pu mais lorsqu'il a dévoilé le résultat, je n'ai pu cacher mon désarroi.
Même si je l'ai remercié de son dévouement (et il a couté cher ce dévouement !), je n'ai pu que constater les dégâts définitifs. Ma beauté tellement attractive a définitivement disparu et mes illusions en même temps.
 
XXXXXXXX
 
Par un après-midi ensoleillé, je prends l'air dans les jardins de la clinique privée parisienne où je me suis fait admettre en vue de terminer mon rétablissement et ma rééducation.
 
Quelle n'est pas ma surprise en voyant débarquer Pierre, mon ex-mari, je n'en reviens pas.
-         Pierre, toi ici ! Quelle belle surprise !
-         J'ai appris pour toi. C'est terrible.
-         Et tu viens voir le résultat ?
-         Non, je ne peux pas me réjouir de ton malheur.
-         Tu ne m'en veux donc pas ?
-         Je ne t'en veux plus et j'ai rangé dans les tiroirs du passé ma rancœur et ma haine.
-         Pardon si je t'ai fait du mal. M'aimes-tu encore ?
-         Non, mon amour pour toi est mort.
-         Au moins, m'as-tu pardonné ?
-         Pour être honnête avec toi, j'ai eu beaucoup de difficultés à te pardonner. Pendant des mois, j'ai trainé cette blessure insupportable de ta trahison et de ton cynisme. J'ai failli tomber dans l'alcoolisme et perdu mon emploi.
-         Je l'ignorais Pierre, je ne voulais pas cela.
-         Peu importe Solène, tu t'en moquais bien, tu étais dans d'autres bras plus « glorieux » et surtout plus « valorisant » !
-         Je regrette. 
-         Ne dis pas n'importe quoi. Non seulement tu l'as voulu, mais tu regrettes aujourd'hui parce que ta situation est devenue beaucoup moins attrayante à tes yeux. Les regrets sont tardifs et de circonstance, reconnais-le.
-         Je suis désolée.
-         Ne le sois pas. Aujourd'hui, grâce à la femme que j'ai rencontrée, j'ai remonté la pente. Elle m'a appris à revivre, à aimer et à faire confiance. Je me suis remarié, j'ai un fils, un travail passionnant et une vie pleine d'amour et de tendresse ; toute chose que tu ignores.
-         Tu es dur avec moi.
-         Comme tu l'as été avec moi.
-         J'ai fait le mauvais choix de vie.
-       Et tu devras assumer maintenant. J'imagine qu'autour de toi, c'est le désert : plus d'amant, pas d'ami, tu n'intéresses plus personne. Tu as eu du pouvoir, celui de la femme resplendissante, reine des désirs et jouant avec tous ces hommes. Maintenant, tu n'es plus rien, malheureusement. Je ne m'en réjouis pas, crois-moi, mais le balancier passe d'un extrême à l'autre à la recherche de son équilibre. Tu l'as lancé, il revient, juste retour des choses.
-         Tu es le seul à me rendre visite.
-         C'est le prix à payer. A présent, je suis venu te saluer, te parler car cela n'avait pas été possible jusqu'à aujourd'hui.
-         Tu as donc ta vengeance ?
-         Ne parle pas comme cela. J'ai été tellement mal qu'il m'était impossible de mettre des mots sur mes états d'âme. Grâce à ma femme, j'ai verbalisé ma douleur, mis des mots sur mes démons. Il n'est pas question de vengeance mais d'aptitude à parler pour moi et à écouter pour toi.
-         Je comprends.
-         Tant mieux. A présent, je pars et ne reviendrai plus. J'ai déposé mes tourments et j'espère que tu as pu déposer les tiens.
-         Adieu Pierre et merci.
 
Il est parti me laissant non seulement avec ma décrépitude physique mais aussi face à ma souffrance morale. C'est sans doute la loi morale. Et comme disent les romains, dura lex, sed lex (la loi est dure, mais c'est la loi).
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Photo de profil de michel60
michel60
22 janvier 2025 à 16:38
Pauvre Solène, elle a fait le mauvais choix.
Merci pour cette histoire.
Soyez respectueux
Répondre
Photo de profil de Jacques du Canada
Jacques du Canada
21 janvier 2025 à 19:43
On ne souhaite cette grosse malchance à personne. La vie a ramené la vie dans un dur et tragique équilibre. Alban, lui, il s’en tire très bien. J’aurais aimé lire sa réaction s’il avait été un passager de l’automobile. À ce moment-là probablement que sa femme aurait commencé à voler de ses propres ailes!
Un très bon récit mais je pense que la fin n’est pas complète.
Soyez respectueux
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NathNMitch
21 janvier 2025 à 18:23
Comme j'aime bien tous tes récits, c'en est un autre que j'ai adoré d'un bout à l'autre. Même si j'ai une certaine intolérance à la trahison, il n'en ressort pas moins que c'est d'une infinie tristesse pour Solène. Même que son patron, Alban, l'a rapidement laissé tomber. Que veux-tu, c'est la voie qu'elle a choisie et malheureusement, un obstacle s'est dressé sur sa route. Excellent récit et surtout une très belle écriture. Merci encore.
Soyez respectueux
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lbclh
21 janvier 2025 à 17:24
Tre trsw vflle histoire bravo mbou y a til une suite ?
Soyez respectueux
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Utilisateur supprimé
21 janvier 2025 à 17:10
A force de jouer avec le feu on se brûle, mais alors qu'elle désastre avoir la richesse et les pouvoirs sur les hommes pendant plusieurs années et là Solène tombe en bas de l'échelle suite à un terrible accident qui la défigurée même Alban son patron la carrément oublier en la remplaçant et n'est même pas venu la voir à l'hôpital un vrai goujat elle a tout perdu seul Pierre son ex-mari et venu la voir et lui a pu remonter la pente grâce à sa nouvelle femme et de son fils et de dire ses quatre vérités envers son ex-femme et préciser que c'est la dernière fois qu'il se voit, c'est maintenant que Solène réalise qu'elle se retrouve seule sans mari sans amis n'y parents, mais à force de jouer à la fin elle perd tout ce qu'elle a gagner, c'est la vie malheureusement et va la regretter toute sa vie d'avoir fait le mauvais choix
Modifié 21 janvier 2025 à 17:19
Soyez respectueux
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