Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Intimement — Chapitre 1 · L'mour tendre
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Intimement
Chapitre 1 · L'mour tendre
Le poids du corps qui quitte la couche m'éveille. Sommeil léger, retour dans le monde des vivants au moindre tressaillement, et là, je n'ai pas envie de bouger. L'obscurité de l'endroit me garde allongée sur le ventre, entièrement nue et les seuls bruits qui me parviennent sont ceux indistincts dont je ne connais pas la source. Sons feutrés de tiroirs entrouverts ou qui glissent sur des rails que mon esprit imagine. Ça ne dure que le temps que la masse qui m'a ramené de l'ombre fasse le chemin inverse. Puis comme une sorte de frôlement sur ma hanche, un effleurement rapide volontaire ou pas. Rien ne bronche de mon corps qui est mis en alerte.
Un murmure dans l'obscurité encore totale. Quelle heure peut-il être ? Mystère ! Ai-je dormi longtemps ?
— Tu dors ma chérie !
Pas de réponse, mais je sais désormais que la brève caresse était préméditée. Celle qui revient est plus insistante. Les mots chuchotés le sont tout autant.
— J'ai encore et encore envie de toi... mon amour !
Pas la force d'ouvrir la bouche pour lui dire que moi aussi. Et puis... est-ce que j'ai vraiment encore faim ? Mon ventre est endolori de nos assauts de la veille. La veille ? Ou tout à l'heure ? En tout cas, ils m'ont marqué dans le bon sens du terme. C'est chaud, bien à plat, juste posé au-dessus de mes reins et ça ne remue plus. La paume qui me brule la peau découverte.
— Tu es si belle ! Ta peau est un si doux velours !
Ah ! Les doigts se mettent en ordre de bataille. Ils se muent en petites plumes qui semblent écrire un poème sur mon dos devenu page blanche. Je frissonne sans ouvrir les paupières ni la bouche. Je retiens un premier soupir qui s'annonce déjà à la porte de mon gosier. Dans la nuit qui nous enveloppe, mon amant se fait de nouveau entendre.
— Humm ! Tu es bandante. J'adore écrire sur cette longue plage déserte, tous mes fantasmes.
— Mmm !
— Mmm !
Juste un gémissement, pour saluer ses efforts méritoires, pour aussi lui signaler que je suis sortie des limbes du sommeil et que je sais ce qu'il fait. Les arabesques se déclinent sur mon épiderme en lettres qui paraissent me jurer un amour éternel. En est-ce un vraiment ? Il s'agit sans doute là d'un besoin de câlins plutôt masculin. Pourtant Pierre sait faire monter ma température. Ses baladeurs nuiteux virevoltent pour atteindre ma nuque, avant de redescendre cette fois sur mon flanc accessible. Une étape à la naissance du sein qui écrasé par ma position allongée n'est guère palpable.
Le voyage se poursuit, exaspérant, me laissant alanguie, pantelante. La chaleur se diffuse sous la pression des doigts qui se lovent de plus en plus près de mes reins. Mais ils n'insistent guère dans cette région vallonnée, et c'est le gémissement plaintif du matelas et du sommier qui me prouve que Pierre change de place. Oh ! Pas de grands mouvements désordonnés, pas de gestes inconsidérés, non ! C'est plus feutré, pas franchement brutal, une transition voulue et mesurée. Lestement son corps semble enjamber le mien. Durant quelques secondes, tout mon être s'enfonce dans la literie, alors que lui aussi s'étend sur le ventre.
La seule différence avec ma posture, c'est bien que son corps à lui vient épouser parfaitement le mien. Il est tout aussi nu que je le suis et l'ensemble de sa chaleur vient me réchauffer. Je ne suis plus en mesure de faire un geste. Nous demeurons longtemps ainsi, sans que plus rien ne perturbe le calme de notre chambre. Je suis agréablement bien, couverte par cet homme dont la seule part de lui qui parait enfler se tient sur mes fesses. Enfin, la bouche de Pierre me souffle sur la nuque et ses mains s'ancrent sur mes épaules. Un bisou qui me chatouille, avant que les lèvres ne viennent flirter avec le lobe de mon oreille gauche.
Salaud magnifique qui sait si bien ce qui me fait vibrer. Il me connait par cœur ! Sait mes points faibles aussi ! Sur mon postérieur une masse rigide qui se boursoufle de plus en plus et la voix qui glisse dans mon pavillon pour s'incruster lentement dans mon cerveau.
— Tu veux ? Dis, mon amour, tu veux bien que...
— Mmm !
— Mmm !
Pourquoi une telle question dans un pareil moment ? Pour s'assurer que je suis d'accord, forcément. Ne saisit-il pas que si je ne l'étais pas, je l'aurais envoyé balader depuis quelques minutes déjà ? Il insiste et je plonge ma frimousse dans la literie, pour ne plus avoir à penser, ou à entendre. Ses jambes sur les miennes, Pierre cale ses pieds contre les miens et il les écarte, en emportant dans leur mouvement mes gambettes ainsi retenues. Cette fois, il bande au maximum et se frotte langoureusement le sexe entre mes deux fesses que notre position maintient serrées.
— Je peux... Ma chérie, est-ce que tu m'autorises à...?
— Mmm !
— Mmm !
Sans décoller son corps de moi, il se laisse glisser vers le bas ! Oh, pas de beaucoup, simplement quelques centimètres qui font toute la différence. Et sans à coup, son ventre remonte alors que ses mains s'accrochent à mes épaules. Ça a pour effet de conduire le serpent qui rampe au centre de cette fourche qu'il garde béante. Pas de secousse, pas de grandes amplitudes, seulement une reptation progressive qui amène le tenon à l'entrée de la mortaise. Et je sens que mes chairs se distendent, acceptant l'arrivant au début du couloir. Toujours sans interrompre son mouvement régulier de poussée rectiligne, la bête se fraye un chemin, étirant mes muqueuses humides.
Le sont-elles de nos précédentes frasques, ou de cet étrange jeu auquel se livre Pierre ? Je ne veux pas, plus me poser de questions. Je ressens la lente progression de la cheville qui tranquillement s'enfonce en moi. Un mélange de douceur et de tendresse, quelque chose d'indéfinissable et d'inhabituel dans la forme prise par cette possession. Je note chaque détail avec une netteté incroyable. Le sexe vient s'arcbouter au fond de mon vagin et... c'est l'immobilité revenue qui me surprend. C'est en moi, c'est à moi et je suis remplie sans pouvoir bouger. Pierre demeure impassible, alors que de mon côté... j'espère sans doute qu'il remue.
Son ventre sur mes fesses, il se crispe d'une bien étrange manière. Je crois que je sais... en fait, il donne de bizarres impulsions à ce qui est fiché dans mon sexe et je reçois ces contractions telles de petites vagues légèrement électrifiées qui me font frémir. Ça me parcourt le corps, intérieur comme extérieur et je n'ai aucun moyen de refouler ce qui inexorablement me rend folle. Une fois, dix ou cent, quelle importance puisque c'est agréablement jouissif. Pas de va-et-vient intempestifs, uniquement ces spasmes de la quille qui est nichée au plus profond de moi. Je râle, soupire et lui reste placide, ne cherchant qu'à faire durer ces crampes internes qui me donnent chaud.
Les pattes sur mes épaules relâchent leurs étreintes et tentent de se glisser plus bas, sous ma poitrine que je suis incapable de décoller de notre couche. Au prix de quelques efforts qui l'essoufflent, il parvient tout de même à passer ses paumes sous mes deux pommes et à se saisir de chacun des tétons. Les petites pinces qui les étirent, les étreignent, ne sont pas là pour les maltraiter, bien au contraire. De nouveau, j'enfonce mon minois dans le matelas, retenant un gémissement plus fort que les autres. Pierre me susurre encore des mots que je ne peux pas éviter.
— Humm... Tu sais mon amour... combien j'aimerais que tu portes des piercings !
— Mmm... !
— Mmm... !
Qu'est-ce qu'il raconte donc ? Et puis quoi encore ? Des piercings, c'est une nouvelle lubie ? Bon sang... pourquoi ne me prend-il pas d'une façon plus virile, un zeste plus mâle ? J'ai envie, besoin qu'il se meuve à un autre rythme. Ça me rend dingue cette quasi-impassibilité. Les constrictions de son boa perdurent et mon esprit déraille. Je veux plus, je veux du mouvement, du rythme et cependant, c'est atrocement bon. Il est collé à mon corps et... je me sens totalement déphasée à cause de cette manière de me posséder.
— Oh ! Oui... deux jolis anneaux d'or là... mon amour. Comme je t'aime... ce serait trop top !
Ses mots, ils me vrillent les tympans, se répandent dans ma tête. Il fait exprès ? Je suis sur le point de jouir, un orgasme formidable qu'il s'ingénie à stopper net dans son élan en me balançant son désir de piercings. Qu'est-ce qu'il attend de moi, finalement ? Mon museau s'enchâsse dans la plume et le duvet de mon oreiller, pour ne pas avoir à parler, pour garder loin de mes oreilles son étrange demande. Il serre plus fort mes tétons, et une vraie minuscule pointe de douleur déclenche une avalanche de sensations inédites chez moi. Le sexe continue de se contracter dans le mien. C'est inouï... j'ai la nette impression que je suis écartelée, électrisée par cette anguille qui ne se déplace nullement.
Non ! Il ne s'agit que des sautillements de ce qui m'habite, de cette hampe gonflée qui répercute chacun de ses moindres tressaillements aux parois étirées de ma chatte... et cette fois, impossible de garder ma gorge muette. Ça explose en moi, ça déborde par le haut, par le bas. Je sais, je sens que Pierre aussi se libère de la charge maximum que ses bourses peuvent délivrer. Et ce crachat qui m‘éclabousse, qui m'asperge, arrive pile-poil au moment où il m'est impossible de retenir mon orgasme dévastateur. Je suis secouée sur le lit et le corps de mon amant épouse les soubresauts de tout mon être. Il ne se laisse pas désarçonner par la vague qui me bringuebale entièrement.
— Pff ! Quel pied ma chérie.
— Mmm !
— Mmm !
Il est toujours étendu sur moi. Mais sa bête distend de moins en moins mes chairs. Il sait que je déteste toujours autant la sortie brutale de l'animal qui vient de piaffer. Alors, il m'embrasse le visage et laisse mourir l'oiseau dans sa cage. Ce n'est pas très long, l'objet qui relevait la tête avec fierté quelques secondes plus tôt est déjà en phase de décompression. Et la limace engluée dans nos sécrétions glisse hors de moi. Pierre lui aussi se laisse retomber sur mon flanc gauche, place habituelle qu'il occupe dans notre couche.
— Marie... tu es...
— Chut ! Laisse-moi apprécier encore un instant... s'il te plait !
— Humm ! Oui, oui... mais...
— Chut !
— Chut ! Laisse-moi apprécier encore un instant... s'il te plait !
— Humm ! Oui, oui... mais...
— Chut !
Le silence n'est plus entrecoupé que par nos respirations. Lui est caressant, histoire de me remercier de l'avoir comblé ? Peut-être ! Mais c'est un cérémonial immuable qui suit nos rapports intimes. Un rite particulier, une coutume que tacitement nous respectons pratiquement toujours. Ses doigts reviennent lisser ma chevelure. Il écrit à nouveau quelques mots d'amour sur mon dos et je souris dans le drap. Cette fois c'est moi qui quitte la couche. Il est temps d'aller éponger le trop-plein de nos envies qui coule le long de mes cuisses. Je pose un bisou sur le bout de son nez et fonce, dans la nuit vers la salle de bain.
Lorsque j'arrive à la porte qui mène à la douche, de notre chambre... il me semble que Pierre m'interpelle en parlant plus fort. Je ne peux qu'entendre sa voix...
— Tu sais... j'y reviendrai à ma demande de piercings... je suis certain que ça t'irait si bien... tu peux me croire, nous en reparlerons...
Je tire la porte et le bruit de la cascade d'eau me préserve de capter la suite...
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