Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Margot ma meilleure amie nympho — Chapitre 1
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Margot ma meilleure amie nympho
Chapitre 1
Je m'appelle Alex, j'ai vingt-deux ans, et je partage mon enfer avec la femme que j'aime.
Margot a le même âge que moi. Elle est mon amie d'enfance, ma colocataire, et mon plus grand échec. Nous partageons un T3, mais c'est elle qui possède l'espace, l'air, le temps. Nos vies sont entrelacées par des années de complicité, et par un secret que je suis le seul à garder : je l'aime d'un amour qui me ronge, silencieux et désespéré.
Son passe-temps favori ? La collection. Non pas des timbres ou des pierres, mais des hommes. Deux, trois, parfois quatre par semaine. Toujours différents. Une litanie de prénoms oubliables, de corps interchangeables qui défilent dans notre salon, utilisent notre salle de bain, et disparaissent au petit matin sans laisser d'autres traces qu'une odeur étrangère et une rage sourde au creux de mon estomac.
Le pire, c'est qu'elle me montre tout.
— Alex, regarde celui-là ! lançait-elle hier soir, les jambes repliées sous elle sur le canapé, son téléphone scintillant comme un scalpel. Elle faisait glisser les photos.
— Il est architecte. Il est beau gosse, non ?
Je regardais. Un type souriant, bien sous tous rapports. Puis elle faisait défiler les messages. Les « Salut beauté », les « Tu es où ? J'ai envie de toi », les propositions crues qu'elle accueillait avec un petit rire, comme on goûte un bonbon. Elle me lisait les phrases à haute voix, me demandait mon avis.
— Tu crois que celui-là, il va être timide ou un peu brutal ?
C'était notre rituel malsain. Elle, l'impératrice de son petit jeu ; moi, le conseiller du royaume, l'ami de cœur à qui on confie tout. Sauf que moi, je ne voulais pas de ses confidences. Je voulais sa peau, sa bouche, ses nuits. Je voulais être l'homme qui la faisait taire.
Parfois, elle me racontait les détails, après. Des détails crus, jetés dans la conversation comme des cailloux dans un étang stagnant.
— Il était trop rapide, celui d'hier. Cinq minutes, pas plus. Dommage, sa queue était bien longue.
Ou bien, en enlevant son vernis à ongles devant la télé :
— Le type de mercredi, il aimait quand je lui mordillais l'oreille. Il a même crié. Tu te rends compte ?
Chaque confidence était un coup de couteau. Chaque rire, une piqûre. J'étais le témoin de sa vie érotique, le spectateur condamné à regarder un film dont je rêvais d'être le protagoniste. J'avais vingt-deux ans, et j'étais déjà le conservateur du musée de mes propres humiliations.
Un jeudi soir. L'air de l'appartement était lourd, chargé de l'odeur du dîner que nous venions de partager et d'une tension familière. Margot pianotait sur son téléphone, un sourire en coin qui ne m'était pas destiné.
— Il arrive dans dix minutes, annonça-t-elle sans lever les yeux, comme elle aurait pu dire qu'il allait pleuvoir.
Ce n'était pas une annonce, c'était une mise en alerte. Un froid me parcourut l'échine. Je savais ce que cela signifiait. Le rituel allait commencer.
— Qui c'est, cette fois ? demandai-je, ma voix trop neutre.
— Julien. Un mec de Tinder. Il a l'air direct.
— Julien. Un mec de Tinder. Il a l'air direct.
Elle leva enfin les yeux, et son regard croisa le mien. Il y avait une lueur d'excitation brute, presque provocante.
— Il m'a écrit qu'il avait envie de me baiser contre un mur depuis qu'il a vu ma photo.
Les mots, crus, résonnèrent dans la pièce comme une gifle. Elle les avait prononcés pour moi. Pour voir ma réaction.
La sonnette retentit. Elle se leva d'un bond, lissa sa petite robe noire, trop courte pour un soir à la maison, et alla ouvrir.
L'homme – Julien – était grand, large d'épaules. Il sentait le savon sportif et la bière. Son regard m'ignora superbement, se plantant dans celui de Margot avec une intensité qui excluait tout le reste.
— Salut, grogna-t-il, et il la prit par la taille pour l'embrasser, profondément, sans même un regard pour moi, l'ami transparent.
Margot se laissa faire, puis, riant, l'entraîna vers le salon. Je restai figé sur le canapé, un livre ouvert sur les genoux, un leurre pathétique. Le vrai spectacle commençait à deux mètres de moi.
Il ne perdit pas de temps. Ses mains étaient sur elle, avides, remontant le long de ses cuisses, agrippant les courbes de son corps à travers la robe. Elle haletait, ses doigts s'enfonçant dans ses cheveux.
— Pas ici, murmura-t-elle, la voix étranglée par le désir. Mais c'était un jeu. Elle le guidait, se frottant contre lui.
Il grogna, un son animal :
— T'es trop bonne.
Sa bouche se colla à son cou, suçant, mordillant, laissant une marque violacée sur sa peau pâle. Je vis les yeux de Margot se fermer, un frisson la parcourir. Elle aimait ça. La brutalité de l'acte, l'absence de préliminaires, la sensation d'être prise, utilisée.
Il la poussa contre le mur du couloir, juste en face de moi. L'impact fit trembler un cadre. Le bruit sec de la fermeture éclair de sa robe qu'on abaissa d'un geste vif. Elle était dos à moi, mais je voyais son visage de profil, les yeux fermés, la bouche entrouverte, perdue. Ses mains étaient plaquées contre le mur, doigts écartés.
Il la poussa contre le mur du couloir, juste en face de moi. L'impact fit trembler un cadre. Le bruit sec de la fermeture éclair de sa robe qu'on abaissa d'un geste vif. Elle était dos à moi, mais je voyais son visage de profil, les yeux fermés, la bouche entrouverte, perdue. Ses mains étaient plaquées contre le mur, doigts écartés.
Lui était face à moi, son regard croisa le mien un instant, chargé d'une arrogance bestiale. Il défaisait sa ceinture. Il savait que je regardais. Et cela semblait l'exciter davantage.
Le son fut le pire. Le froissement du tissu, le claquement de leurs peaux qui se heurtaient, les grognements rauques de l'homme, les petits cris aigus que Margot laissait échapper, des sons que je ne lui avais jamais entendus faire. C'était sauvage, primitif. Une démonstration de possession.
Je ne bougeai pas. Je respirais à peine. Mon cœur battait la chamade, un mélange nauséeux de douleur, de colère et d'une excitation honteuse, traîtresse. La voir ainsi, offerte, vulnérable et puissante à la fois, était un supplice et une révélation.
Quand il eut fini, il se recula, haletant. Margot resta un moment affalée contre le mur, la robe en désordre, les jambes tremblantes. Elle se retourna, son regard vitreux chercha le mien. Il y avait en elle une satisfaction épuisée, et autre chose : un défi.
— Alors, Alex, dit-elle, sa voix rauque, en rattrapant son souffle. Tu trouves pas qu'il fait chaud, ce soir ?
L'homme, Julien, se rhabillait déjà, l'air pressé de partir. Il ne me regarda plus. Il avait servi à ça. Un accessoire.
Margot se redressa, ajusta sa robe. L'espace d'un instant, son regard croisa le mien, et je crus y voir une lueur de complicité trouble, comme si nous partagions un secret bien plus grand que celui de notre amitié. Le secret de sa déchéance et de mon voyeurisme.
Puis elle passa dans la cuisine pour prendre un verre d'eau, laissant derrière elle le parfum écœurant du sexe et de la transgression. Je restai sur le canapé, le corps tendu, l'esprit en feu.
Puis elle passa dans la cuisine pour prendre un verre d'eau, laissant derrière elle le parfum écœurant du sexe et de la transgression. Je restai sur le canapé, le corps tendu, l'esprit en feu.
La semaine suivante, c'est elle qui a choisi le mot. « Une petite soirée », avait-elle dit, avec ce sourire en coin qui annonçait toujours l'orage. J'avais imaginé des rires, de l'alcool, peut-être des jeux. Une naïveté coupable.
Quand la sonnette a retenti pour la troisième fois en vingt minutes, j'ai compris. Ce n'était pas une soirée. C'était une mise en scène. Et j'en étais le public captif.
Ils étaient trois. Trois inconnus aux épaules larges, aux regards qui évaluaient les lieux, et elle, avec une avidité qui glaçait le sang. Margot, au centre du salon, vêtue d'une robe de chambre en soie rouge qu'elle a dénouée d'un geste théâtral. Elle était nue en dessous.
— Mes amis, voici Alex, a-t-elle annoncé, d'une voix suave et fausse. Il est de la famille. Il reste.
Aucun d'eux ne m'a accordé plus qu'un hochement de tête distrait. J'étais un meuble. Une caméra. Le témoin impuissant qu'elle s'était choisi.
Le premier, un brun barbu, l'a attrapée par la taille et l'a mordue à la naissance du cou. Elle a arqué le dos en riant. Le second, un blond aux mains larges, a emprisonné ses poignets. Le troisième a simplement attendu, se caressant à travers son jean, le regard rivé sur la scène.
Et la scène... mon Dieu.
Ils l'ont allongée sur le tapis, au milieu du salon. Les mains partout. Les bouches. C'était un enchevêtrement de membres, de chairs qui se heurtaient, une chorégraphie brutale et désordonnée. Les grognements des hommes se mêlaient aux halètements de Margot, des sons gutturaux, animaux, qui n'avaient plus rien d'humain.
Je restais assis dans le fauteuil, cloué, les doigts crispés sur les accoudoirs. Mon corps était un bloc de glace et de feu. Chaque rire de Margot, chaque gémissement était un clou enfoncé dans ma chair. J'étais transparent. Je n'existais pas. Je n'étais qu'un œil, un réceptacle à humiliation.
À un moment, son regard a trouvé le mien, à travers la forêt des corps qui la recouvraient. Ses yeux, vitreux de plaisir, se sont posés sur moi. Et elle a souri. Un sourire de triomphe absolu, dénué de toute honte, chargé d'une jouissance perverse à me savoir là, impuissant, à la regarder se donner à eux.
C'était ça, le vrai but. Pas les trois hommes. Moi. Mon impuissance. Ma torture. Était-ce une punition pour mon amour ? Une façon de me guérir en me montrant l'étendue de son indifférence ? Ou simplement le paroxysme de son jeu malade, qui avait besoin d'un témoin pour exister pleinement ?
La scène a semblé durer une éternité. Quand ils sont partis, l'un après l'autre, laissant derrière eux le désordre et l'odeur âcre du sexe collectif, Margot est restée allongée sur le tapis, épuisée, les cheveux en bataille, le corps marqué.
Elle s'est relevée sur un coude, et son regard a de nouveau cherché le mien.
— Alors, Alex ? a-t-elle murmuré, d'une voix rauque, épuisée. Tu as aimé le spectacle ?
Je n'ai pas pu répondre. Je me suis levé, les jambes tremblantes, et j'ai marché jusqu'à ma chambre, verrouillant la porte derrière moi. Pour la première fois, le carnet noir ne suffisait plus. Les mots étaient impuissants face à cette horreur. J'avais été mis à ma place, une fois pour toutes : dans l'ombre, à jamais spectateur de son propre cauchemar.
Le lendemain de « la soirée », l'appartement sentait encore. Une odeur douceâtre de sexe, de sueur mâle et de bodiespray bon marché qui s'était incrustée dans les tissus. Un relent de fraternité bestiale qui me soulevait le cœur.
Margot était d'une humeur étrange, énervée, presque fiévreuse. Le triomphe de la veille avait cédé la place à une agitation nouvelle. Elle tournait en rond dans le salon, comme un fauve en cage.
— C'était... intense, non ? lança-t-elle soudain, s'arrêtant net face à moi.
Je ne répondis pas, fixant mon bol de céréales comme s'il contenait toutes les réponses.
— Ils étaient... généreux, poursuivit-elle, et je perçus une nuance de défi provocant dans sa voix. Elle voulait pousser plus loin. Briser la dernière paroi de verre.
Le soir même, elle mit son plan à exécution. Un seul homme cette fois. Un certain Ben, rencontré sur une appli plus explicite, aux épaules de déménageur et au regard qui vous déshabillait.
— Tu vas rester, Alex, ordonna-t-elle, sans même une demande. C'était un fait. Et cette fois, tu vas voir de près.
La terreur et une excitation maladive se mêlèrent dans mes entrailles. Elle avait déplacé le « spectacle » dans sa chambre, mais avait laissé la porte grande ouverte, orientant la scène comme une scène de théâtre vers le couloir où elle m'avait installé, sur une chaise.
Je vis tout. Non plus une masse confuse de corps, mais des détails en haute définition, crus, obscènes.
Je vis la bouche de Ben s'écraser sur la sienne, avide, avant de descendre le long de son corps, laissant une traînée de salive sur sa peau. Je vis ses mains, larges et calleuses, lui écarter les cuisses avec une autorité qui n'admettait pas de refus. Le bruit de leur peau qui se giflait, mouillée de sueur.
Margot était face à moi, ses yeux parfois ouverts, fixant le vide du couloir, parfois fermés dans une extase feinte ou réelle. Elle jouait pour la galerie. Pour moi.
Puis vint le moment que, j'en étais sûr, elle avait chorégraphié.
Alors qu'il était sur le point de jouir, Ben grogna un avertissement. Mais Margot, d'une main ferme, le guida.
— Pas à l'intérieur, haleta-t-elle. Sur moi.
Elle s'arc-bouta, offrant son ventre, sa poitrine, comme un autel. L'homme, perdu dans son propre vertige, obéit.
Le jet fut épais, laiteux, pulsatile. Je vis la première giclée frapper son sternum, blanche et violente contre sa peau pâle. Les suivantes zébrèrent son ventre, certaines perles atterrirent plus haut, sur la base de sa gorge, comme un collier pervers.
Un « ah ! » de surprise, peut-être de dégoût mêlé de plaisir, lui échappa. Elle resta immobile une seconde, pantelante, le corps souillé de cette semence étrangère, chaude et gluante. Puis, lentement, elle releva la tête. Son regard trouva le mien dans la pénombre du couloir.
Elle soutint mon regard tandis que le liquide blanc commençait à dégouliner, lentement, visqueusement, le long de ses côtes, traçant des chemins laiteux dans les courbes de son ventre. Une perle glissa de son sein et tomba sur le drap.
C'était une image d'une obscénité absolue. Une souillure calculée. Une marque de possession éphémère, mais dont elle voulait que je sois le témoin indélébile.
Ben, vidé, se retira sans un mot et partit se laver. Margot, elle, ne bougea toujours pas. Elle contempla le spectacle sur son propre corps, puis reporta son attention sur moi.
— Tu vois ? murmura-t-elle, d'une voix étrangement calme, tandis que le sperme continuait son œuvre de ruissellement sur sa peau. C'est juste du fluide. De la biologie. Rien de sacré.
Elle se leva finalement, nue, maculée, et marcha vers sa salle de bain sans se presser, me laissant seul avec l'image brûlante de son corps profané. Elle s'assurait que l'image soit gravée au fer rouge directement sur ma rétine, à jamais. La leçon était simple : elle n'était pas une déesse à vénérer, mais un territoire à conquérir, et j'étais condamné à regarder les autres y planter leur drapeau.
La porte de la salle de bain se referma, me laissant seul dans le couloir obscur, l'image du corps souillé de Margot brûlée au fer rouge sur mes paupières. L'odeur de son parfum mêlée à celle, âcre et animale, du sperme de l'autre homme flottait encore dans l'air. Ma main serra si fort le montant de la chaise que mes jointures blanchirent. Quelque chose en moi avait cédé. La passivité, l'acceptation douloureuse, se transformaient en une colère froide.
Elle ressortit une demi-heure plus tard, enveloppée dans un peignoir propre, les cheveux mouillés. Elle avait l'air étrangement vulnérable, presque déçue, comme si la chasse était terminée et que le trophée ne valait finalement pas grand-chose.
— Alors ? demanda-t-elle en s'arrêtant devant moi, son regard cherchant le même mélange de honte et de fascination que d'habitude.
Je me levai. Pour la première fois, c'est moi qui dominai l'espace, ma silhouette s'avançant vers elle dans la pénombre. Elle recula d'un pas, surprise.
— Tu veux vraiment savoir ce que j'ai vu ? dis-je, ma voix était basse, différente. Elle n'était plus celle du spectateur impuissant, mais celle du commentateur impitoyable.
Je la contournai, entrant dans sa chambre sans invitation. L'air y était encore lourd, chargé. Je pointai un doigt vers le lit en désordre.
— J'ai vu un homme qui te traitait comme un mouchoir en papier. Un bout de chair utile. Et toi, tu as aimé ça. Tu as aimé te sentir utilisée, jetable.
Ses yeux s'écarquillèrent. Ce n'était pas la réaction qu'elle attendait.
— J'ai vu son sperme couler sur toi, et dans tes yeux, je n'ai pas vu du dégoût. J'ai vu de la fierté. La fierté malsaine d'une fille qui croit que se faire souiller, c'est être puissante.
— Tu ne comprends rien... tenta-t-elle, mais sa voix manquait de conviction.
— Oh si, je comprends, coupai-je, m'approchant encore, jusqu'à sentir l'odeur propre de son peignoir. Je comprends que tu as besoin de mon regard pour exister. Sans moi pour en être le témoin horrifié, ton petit cirque n'a plus de sens. Tu n'es rien sans ton public, Margot. Rien qu'une fille qui cherche l'amour dans des corps qui n'en ont rien à foutre d'elle.
— Tu ne comprends rien... tenta-t-elle, mais sa voix manquait de conviction.
— Oh si, je comprends, coupai-je, m'approchant encore, jusqu'à sentir l'odeur propre de son peignoir. Je comprends que tu as besoin de mon regard pour exister. Sans moi pour en être le témoin horrifié, ton petit cirque n'a plus de sens. Tu n'es rien sans ton public, Margot. Rien qu'une fille qui cherche l'amour dans des corps qui n'en ont rien à foutre d'elle.
Le mot « amour » résonna dans la pièce comme une insulte. Elle blêmit. J'avais touché la corde sensible, la vérité qu'elle fuyait dans chaque étreinte anonyme.
— Alors voilà le prix de mon regard, maintenant, annonçai-je, reculant d'un pas pour prendre de la distance. La prochaine fois que tu voudras jouer à ça, tu paieras.
— Payer ? répéta-t-elle, incrédule.
— De toi. Pas avec ton corps, je l'ai déjà vu sous tous les angles. Avec la vérité. Un souvenir. Une peur. Une raison. Pour chaque homme que tu m'exposeras, tu me donneras un morceau de toi que personne ne connaît. Sinon, je ferme les yeux. Et ton spectacle n'aura plus lieu.
— Payer ? répéta-t-elle, incrédule.
— De toi. Pas avec ton corps, je l'ai déjà vu sous tous les angles. Avec la vérité. Un souvenir. Une peur. Une raison. Pour chaque homme que tu m'exposeras, tu me donneras un morceau de toi que personne ne connaît. Sinon, je ferme les yeux. Et ton spectacle n'aura plus lieu.
Je tournai les talons et quittai sa chambre, la laissant seule au milieu de son propre désordre. Pour la première fois, les rôles étaient inversés.
Le silence qui s'installa entre nous les jours suivants était d'une qualité nouvelle. Lourd, électrique. Margot évitait mon regard, non par gêne, mais par calcul. J'avais jeté un pavé dans la mare trouble de nos habitudes, et elle en évaluait les conséquences.
Trois jours plus tard, elle frappa à ma porte, un geste qu'elle n'avait plus fait depuis des années. Elle tenait son téléphone à la main, écran allumé.
— Un nouveau, dit-elle simplement, la voix neutre. Demain soir. Il s'appelle Thomas. Il est commercial.
Le lendemain, Thomas arriva. Il était propre, trop bien habillé, le discours rodé. Margot joua son rôle, riant à ses blagues, posant une main sur son bras. Mais son regard, par-dessus son épaule, cherchait le mien dans l'ombre du couloir. Elle jouait pour moi, maintenant. Pour honorer notre contrat.
Je les observai. La scène était similaire aux autres, mais teintée d'une étrange solennité. Quand il la prit, ce fut avec une brutalité routinière. Mais les yeux de Margot restaient ouverts, fixant le vide, son esprit peut-être dans le garage de son adolescence.
Plus tard, alors que l'homme était parti, elle vint s'asseoir sur le canapé, à l'autre bout, recroquevillée sur elle-même.
— Alors ? demanda-t-elle, la voix éteinte.
— Il te trouvait facile, dis-je, sans ménagement. Il pensait à sa prochaine réunion en te pénétrant. Tu étais une case à cocher.
— Il te trouvait facile, dis-je, sans ménagement. Il pensait à sa prochaine réunion en te pénétrant. Tu étais une case à cocher.
Elle ferma les yeux, absorbant le coup. Ce n'était plus une confidence crue, c'était un miroir. Et je tenais le miroir.
— La prochaine fois, ajoutai-je en me levant, je veux savoir pourquoi la fille qui frottait sa peau à vif a décidé de l'offrir à n'importe qui.
Je la laissai seule dans le silence, avec le fantôme de Lucas et le goût cendré de Thomas. La collectionneuse d'hommes était en train de devenir la collectionneuse de ses propres démons. Et moi, j'étais devenu le conservateur de son musée des horreurs intimes. Le jeu était bien plus dangereux, et bien plus excitant, que tout ce que nous avions connu auparavant.
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