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✦ Xaviernnrs Cure de jouvence XSTORY
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Réel
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
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Cure de jouvence — Chapitre 2 · UNE EDUCATION A FAIRE

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Xaviernnrs
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Cure de jouvence

Chapitre 2 · UNE EDUCATION A FAIRE



Après avoir rencontré une amie de mon fils, je me retrouve chez elle à échanger un baiser torride. Au moment où les choses vont déraper, un café renversé casse l'ambiance. Assis sur le canapé en caleçon, je l'écoute alors se confier à moi…

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Elle reste un petit moment, la tête sur ma poitrine. Je lui caresse les cheveux, savourant ce moment de tendresse sans savoir quoi dire. Elle me parle de tout : de son travail, des potins du village, de ses ami(e)s, de la vie en général…

J'écoute ses confidences d'une oreille distraite. Pas que cela ne m'intéresse pas, mais en vérité j'essaie juste de me concentrer pour que le « bazar » reste en veille encore quelques instants. Ce moment est tellement agréable. Agréable et troublant à la fois.

Nous discutons ainsi un bon moment, puis elle se redresse légèrement d'un mouvement presque imperceptible, mais terriblement efficace : au frottement de sa peau contre la mienne, mon corps réagit immédiatement. Un réflexe que je ne commande pas. Mon cerveau, ce misérable traître, décide que c'est le bon moment pour me repasser en boucles les paroles de Sandra : « Tu veux bien me faire l'amour ?»

J'avais naïvement imaginé qu'à vingt-quatre ans, elle avait une sexualité, pas forcément débridée, mais un peu plus active, avec les hormones en ébullition. Comme quoi les apparences sont parfois trompeuses.

Elle se lève et met un peu de musique. Revenant vers moi, elle me tend les mains, m'invitant à me redresser, ses mains dans les miennes.

— Sandra , je … je ne me sens pas très à l'aise …

Mais elle ne me laisse pas finir. Ses lèvres me bâillonnent par un baiser presque violent qui fait voler en éclats les dernières barrières que je me suis fixées. Ses doigts cherchent le creux de mon cou, nos respirations s'entrechoquent. Entre gestes tendres et instants plus pressants, nous partageons une proximité totale. Elle décolle à peine ses lèvres, juste assez pour que je sente son souffle, et son regard, dur puis fondant, me demande sans un mot : « Tu veux rester ici avec moi ? »

Elle se dirige vers la salle de bain, sa main toujours dans la mienne. Je n'ose pas la toucher. Elle retire ses sous-vêtements, ses yeux plantés dans les miens. Elle se colle à moi en passant ses bras autour de ma taille, la joue posée délicatement sur mon épaule, comme pour entamer un slow. Et moi, comme un ado à sa première boum de colo, je reste quelques secondes les bras ballants. Puis, lentement, je les passe aussi autour de sa taille.

Un moment magique ! Je me demande à cet instant ce qu'elle peut bien me trouver. Pourquoi moi ?

— Je te fais de l'effet ? me demande-t-elle avec un petit sourire malicieux.

À cet instant, la nature humaine reprend ses droits. La chair est faible. Je me demande si sa timidité n'est pas feinte.

D'un geste habile, elle me déshabille le bas du corps, précipitant le cours des événements. Tout s'enchaîne alors très vite, et le peu de retenue dont nous faisions encore preuve disparaît tout à fait : nos doigts explorent nos courbes respectives, d'abord avec tendresse, puis avec fougue. L'effleurement de nos mains sur nos peaux cède bientôt la place à une passion dévorante, nos baisers deviennent mordants, nos langues deviennent exploratrices, les caresses se font pétrissage et nos doigts se muent en une armée conquérante. Dans le même temps, nos corps entrelacés se laissent porter lentement jusque dans la douche.

Il y a dans sa brusquerie une urgence qui me trouble et m'attire, mais je perçois aussi une douceur en partie retenue. Nos gestes étaient de ceux où l'on choisit la personne mais sans rien promettre d'autre que le présent. Mes dernières barrières tombent : je réponds timidement à son sourire, et nous nous laissons délicieusement entraîner par la cadence de ce qui commence.

La complicité fait place à une danse intime : caresses sensuelles, baisers fougueux, alternant petits rires partagés et longs soupirs de plaisir. Notre chorégraphie, ou plutôt, notre lutte, continue entre les parois de la douche. Puis, nous accordant une trêve en passant sous l'eau, nous nous lavons mutuellement. De nos poitrines collées s'échappent des bulles de savon, ce qui fait rire Sandra aux éclats. Le savon n'est là que pour masquer notre pudeur feinte. On ne fait rien de mal, on prend juste une douche.

Je me retrouve plaqué contre la paroi de la cabine. Elle me tient fermement pas les « petites » poignées d'amour, et je sens ses doigts me serrer fort. Je ne suis pas en reste : j'ai une main qui palpe ses fesses rebondies, l'autre qui s'occupe de l'un de ses seins ; je le prends, roule son sommet érigé entre le pouce et l'index. Elle émet un léger gémissement.

— Excuse-moi, j'y suis allé un peu fort ?
— Un peu. Mais continue, c'est très agréable. Vas-y, continue…

Je ne reconnais plus sa petite voix : elle est maintenant comme éraillée par l'excitation. Sa poitrine m'attire comme une gourmandise. Je lui masse les seins en jouant avec ses tétons, que je découvre sensibles si j'en crois ses petits gémissements. J'en enveloppe un entre mes lèvres, le suce, l'aspire. Ma langue le titille, mais madame en veut plus : c'est elle maintenant qui me les offre. Ses mains les soutiennent, me les présentant l'un et l'autre.

— Comme ça, pas de jaloux, me dit-elle en rigolant.

Son rire et son regard me font fondre. Je m'occupe de ses seins, ma bouche les honore à tour de rôle. Ses larges mamelons érigés de désir m'hypnothisent. Je les pince délicatement de mes doigts épais, ils roulent entre mes lèvres, comme des bonbons. Je sens sa main qui vient me caresser l'entrejambe. Hésitante les premières secondes, elle devient plus assurée. Ses doigts me caressent délicatement, puis le contact se fait plus appuyé. Sa main explore plus bas, passe délicieusemnt sur mes précieuses, puis revient prodiguer à mon sexe de lents va-et-vient.

Je ne résiste plus. Tel un explorateur accostant un rivage inconnu, je m'aventure à la découverte de nouvelles contrées. Je délaisse temporairement sa magnifique poitrine, je m'accroupis devant elle, me tenant à ses hanches généreuses. Je pose délicatement de gentils baisers sur son ventre, puis mes lèvres glissent jusqu'à l'aine à la rencontre de sa fine toison aux couleurs de la savane. J'embrasse son pubis épais et ma langue s'aventure à la rencontre de ses lèvres, s'enhardit et finit même par se faufiler un peu entre elles.

Je sens une main me caresser la tête, ses doigts entre mes cheveux. L'autre se présente à la hauteur de ma bouche. J'embrasse le dos de cette main qui, en écartant doucement ses lèvres humides, arrive comme un assentiment de sa part. Et même une invitation. Ma langue glisse entre ses doigts. Je les prends en bouche et les suce tels de délicieux sucres d'orge. Ils m'ouvrent alors complètement les portes de son paradis et je goûte à ce fruit gorgé de nectar. Ma douce gémit de plus belle, et je sens ses cuisses prises de légers tremblements.

Sa main qui est toujours dans mes cheveux s'y perd. Cela me rappelle ma coiffeuse, dont les mouvements doux et rythmés me procurent chaque fois une sensation de calme et d'apaisement, à ceci près que celle-ci ne m'a jamais invité à entrer nu dans sa salle de bain !

Sandra se met à onduler comme une danseuse orientale. Ses larges cuisses me caressent les joues, sa main imprimant à la tête des mouvements au rythme de ses soupirs de plaisir. La douceur de ses cuisses me caressant les joues me rend fou de désir pour son corps voluptueux. Je me plonge encore et toujours dans son intérieur gonflé de désir, ma langue devient un jouet érotique. Je m'enivre de son plaisir, je goûte avec délectation l'abondant produit de sa jouissance.

La ronde sensuelle se métamorphose en mouvements saccadés et incontrôlés, son corps est pris de soubresauts et de tremblements qui semblent ne jamais devoir s'arrêter. Un miaulement de plaisir se répercute sur les murs de la salle d'eau. Les doigts de Sandra se crispent dans mes cheveux, accompagnant l'intensité de son orgasme.

J'ose à peine lâcher ses hanches auxquelles je m'agrippe depuis de longues minutes. Je m'incline en arrière et me retrouve assis sur le carrelage. Sandra a ses mains posées sur mes épaules pour se soutenir, les yeux perdus dans le vide, larmoyants.

— Tu me rend folle ! Viens.

Je me relève en me tenant à ses bras. Mes cuisses me remercient car, bien que le moment soit très excitant, la situation accroupie n'est pas idéale pour ce corps qui manque cruellement d'exercice. Nos épidermes — rendus hypersensibles par ce moment — se collent de nouveau l'un à l'autre et nos souffles reprennent lentement un rythme normal.

Elle sort de la douche et, d'un regard, m'invite à la suivre. Nous nous séchons mutuellement, lentement, avec une infinie délicatesse, comme si nous étions de fragiles figurines de porcelaine. Aucun mot n'est échangé, nos regards s'évitent — est-ce par pudeur ? par retenue ? Peut-être, mais surtout nous savons ce que tout cela signifie : nous trahissons nos conjoints respectifs. Avons-nous commis une faute irréparable ? Peut-être sommes-nous simplement en train de mesurer, à cet instant précis, le poids de ce que nous sommes en train de faire… et de ce que ça implique.

À peine les serviettes déposées sur le rebord du lavabo, un voile d'une délicieuse moiteur nous enveloppe, rendant nos peaux luisantes et soulignant les courbes de Sandra. Nos regards se retrouvent, s'évaluent, et une soudaine chaleur m'envahit les tempes. Ses lèvres brillantes captent toute mon attention. Je me précipite vers elle - ou peut-être est-ce elle qui vient à moi ?
Notre baiser, ardent, balaie les dernières hésitations qui tentaient encore de nous retenir et qui se dissipent dans la vapeur qui emplit la pièce.

Nous quittons la salle de bain, enlacés, et dans une valse maladroite, nous nous glissons jusqu'à la chambre, futur témoin silencieux de notre faute en devenir. Sandra s'allonge sur le lit silencieusement. Je l'invite à se rapprocher du bord, m'agenouille entre ses généreuses gambettes et glisse mes mains sous ses genoux pour soulever ses jambes. J'embrasse l'intérieur de ses cuisses, savoure la douceur de sa peau, sa chaleur et son parfum qui m'enivrent.

Je me penche à nouveau à la découverte de ce fruit aux accents de paradis. Ma bouche se pose avec délicatesse sur son intimité ; son long soupir de plaisir m'encourage à me faire plus audacieux. Je la regoûte lentement, ma langue s'attarde, explore, cherchant cette source de ravissement et goûte à cette saveur à la fois douce et légèrement acidulée qui me fait perdre toute raison.

J'offre à ma belle aussi bien qu'à moi-même un de mes pêchés mignons : un cunnilingus, chose qu'elle n'a que trop rarement goûté je suppose. Ma bouche navigue le long de sa vulve, embrassant, suçant, aspirant ses lèvres gonflées d'excitation. Sa petite tumescence n'échappe pas à la douce torture de ma langue. Aux lentes et douces caresses approximatives, succèdent les assauts fermes et précis sur son petit bouton. Je le pince du bout des lèvres, ma langue inquisitrice ne laisse aucun répit à ce petit clitoris que je reviens titiller régulièrement. Ses soupirs de plaisir se transforment en ronronnement bruyant.

Ses doigts potelés se perdent dans mes cheveux, je me sens comme un chevalier adoubé par sa reine. Ma langue gourmande glisse dans son intimité, la fouille, lèche avec délectation la rosée sécrétée par ce sexe offert.

Toujours exploratrice, ma bouche continue son périple, après un passage en longeant le plis de sa cuisse, ma langue s'attarde sur son périné —sur lequel suinte son plaisir — puis frôle sa petite corolle. Je perçois une légère crispation, et suspends mes mouvements un court instant.
En guise d'appel, elle lâche ma chevelure pour ramener ses genoux vers elle, les ancrant au creux de ses mains pour s'offrir davantage.

Alors que ma langue retrouve son petit anneau, une légère tension la parcourt une fois de plus, aussitôt suivie d'un lent relâchement. Mes mains sur ses fesses, je les sépare pour offrir sa petite rondelle palpitante à ma langue. Le silence est devenu total, un vide habité par nos seuls souffles courts. Cet instant de suspension semble durer une vie entière.

— Ça va ?
— … Oui oui, je…oui, oui oui cont…continue,… continue.

Ma langue s'attarde sur son petit cercle charnel. Les gémissements de plaisir de Sandra se fondent dans son souffle qui s'accélère, tandis que je dose mes effleurements, respectant le seuil de cette porte encore chaste. Mon muscle de velours parcourt à nouveau son sillon et s'attarde sur sa minette que je lèche avec tendresse. Lorsque deux doigts s'y glissent avec délicatesse, ils sont aussitôt saisis par une chaleur ardente. Un mouvement de va-et-vient s'installe, mon pouce jouant avec douceur sur son bouton. Sous l'ardeur du moment, ma main est trempée de son désir. Ses gestes s'accélèrent, deviennent plus vigoureux, s'ajustant à ses gémissements qui se muent en cris de jouissance. Mes baisers humides s'invitent à nouveau dans l'étreinte, offrant l'ultime assaut à ma belle.

— Humm putainnn… c'est…c'est bon…trop bon…

Plus aucune parole, seulement cette plainte continue, presque sauvage, qui accompagne chacun de ses tressaillements.


Ses jambes tremblantes retombent avec abandon tandis qu'elle se redresse sur les coudes. La tête relevée, elle plonge son regard dans le mien alors que je me tiens toujours à genoux, entre ses cuisses ; Entre ses jambes ouvertes, je vois son ventre palpiter doucement, écho persistant de son plaisir. Ses grands yeux écarquillés d'étonnement s'ancrent dans les miens. Quelques mèches rebelles, collées par l'ardeur de nos corps, lui barrent le visage tandis qu'elle cherche son souffle. Le plaisir lui donne un éclat sublime. Sans un mot, je porte à mes lèvres deux doigts encore luisants de son désir, les savourant avec gourmandise sans jamais rompre notre duel de regards

— Hummm, tu es délicieuse tu sais.

L'étonnement se lit dans ses prunelles :

— Ah ouais, et ben non, je ne sais pas …

J'interprète son silence comme un consentement muet. Je glisse à nouveau deux doigts pour une caresse intime avant de m'allonger à ses côtés. Je lui présente alors ma main luisante de son désir ; elle s'en saisit, léchant mes doigts avec une ardeur teintée de défi.

— Tu n'avais jamais goûté ?
— Si, sur mes propres doigts parfois, pas de cette manière... mais là, c'est différent. Avec toi, c'est... la saveur change. Et ce que tu viens de me faire, je l'avais tellement fantasmé, mais je n'aurais jamais pu imaginer une telle intensité. Les sensations étaient... mmmh.

Je lui coupe la parole en écrasant mes lèvres contre sa bouche encore luisante. Ses derniers mots se perdent dans un baiser profond et sonore, tandis que nos langues s'entrelacent dans un mélange de nos sécrétions. Une odeur charnelle, lourde et enivrante, sature l'air de la chambre. À genoux l'un face à l'autre, nos corps moites s'aimantent et glissent dans une étreinte fiévreuse

Soudain, les rôles s'inversent. Sandra me plaque contre les oreillers, prenant le contrôle. Elle s'empare de mon sexe pour le couvrir de baisers avides, et je ne vois bientôt plus que l'or rose de ses cheveux onduler devant moi. Réduit à l'état de spectateur, je frissonne aux bruits de sa déglutition. Entre la moiteur de sa bouche et le contact de sa poitrine pointée contre mes cuisses, mon corps perd tout repère, foudroyé par une décharge de sensations électriques

— Doucement... arrête, Sandra... je vais exploser si tu ne t'arrêtes pas maintenant !

Sandra relève le visage, ses yeux brillants de malice derrière ses mèches collées. Elle m'adresse un sourire coquin délicieusement provocateur.

— À mon tour maintenant. Laisse-toi faire, laisse-moi m'occuper de toi...

Me voilà prévenu : ma douce Sandra apprend vite, et ce revirement confirme mes doutes sur sa prétendue timidité. Je l'invite à se glisser contre moi pour que nos plaisirs se répondent. Tandis qu'elle reprend son œuvre avec une ferveur délicieuse, je passe une main sous son ventre pour la masser, avant que mes doigts retrouvent son intimité.

Elle est toujours aussi brûlante. J'y introduit trois doigts qu'elle accueille d'un mouvement de bassin, tandis que mon pouce vient se poser sur son petit cercle encore interdit ; sans chercher à le forcer, je le masse au rythme de ses hanches. Plus bas, sa bouche chaude m'avale, alternant cadences rapides et caresses lentes. Je la sens tenter de me prendre plus profondément, jusqu'à l'étouffement, cherchant à repousser ses propres limites.

— Hey, doucement... sinon on va devoir jouer au pompier et te réanimer !

Je tente de plaisanter, mais ma voix trahit mon trouble. Derrière le trait d'esprit, c'est le chaos. Mon esprit se noie dans un tourbillon de centaines de sensations contradictoires, mon corps ne sachant plus s'il doit succomber ou résister encore un peu.

Elle se redresse vers moi, passant une main nerveuse dans ses cheveux mouillés, un mélange de sueur et de salive coulant au bas de son visage, ma blague la fait sourire, mais une lueur de confusion traverse ses yeux. Sa main descend pour serrer un peu plus ma cuisse, me rappelant qui mène la danse, et, sans me laisser le temps de répliquer, elle replonge, plus exigeante, me prouvant que la timide Sandra est restée au vestiaire.

— Ho que oui, tu es formidable, …

Le rythme s'intensifie, nos corps s'accordent dans une partition de plus en plus sauvage. Mes doigts en elle s'activent avec une vigueur nouvelle, explorant ses profondeurs tandis que mon pouce continue de tourmenter son petit seuil avec une pression rythmée. Sandra, perdue dans son élan, redouble d'ardeur ; sa gorge se fait plus serrée, plus exigeante, m'offrant des sensations qui me font perdre pied.

Je sens ses muscles pelviens se crisper autour de mes doigts, signe que l'orage approche pour elle aussi. Je l'accompagne, calant mon souffle sur le sien qui se brise. Tout s'accélère : les bruits de sa succion, la chaleur de son entrejambe, les tressaillements de son fessier sous ma paume. Nous sommes sur le fil, suspendus au-dessus du vide, prêts à basculer ensemble dans l'explosion finale.

Je la retiens à cet instant précis, juste avant la rupture. Ma main se fige au cœur de son humidité, mes doigts pressant ses parois frémissantes tandis que mon pouce s'immobilise, pesant de tout son poids sur son seuil interdit. Je sens son corps se cambrer, une corde raide prête à rompre, son bassin cherchant désespérément la suite du mouvement.

Elle s'arrête elle aussi, ma virilité captive au fond de sa gorge. On ne bouge plus. Seuls nos cœurs, qui cognent à l'unisson contre nos poitrines, brisent le silence de la chambre. Je plonge mes yeux dans les siens, voilés par l'extase, et j'y vois ce mélange de supplique et de triomphe. On savoure cette torture délicieuse, ce point de bascule où le plaisir devient presque une douleur, retardant l'échéance pour que le choc soit plus violent encore.

Puis, dans un accord muet, le mouvement reprend, plus féroce que jamais. Je relance mes doigts en elle avec une cadence effrénée, tandis que ma main libre vient s'ancrer dans sa chevelure dorée pour accompagner ses va-et-vient. Sandra s'abandonne totalement, sa gorge l'aspirant avec une force primitive, alors que ses hanches s'entrechoquent contre ma cuisse dans un rythme désordonné.

Le point de non-retour est franchi. Je sens la première décharge me parcourir l'échine au moment précis où ses muscles intimes se referment sur ma main dans un spasme violent. Elle lâche ma verge pour laisser échapper un cri étouffé, mais je la ramène contre moi, mon flot jaillissant au creux de sa bouche alors qu'elle sombre dans sa propre extase. Nous sombrons ensemble, foudroyés, nos corps s'effondrant l'un contre l'autre dans le sillage de cette explosion simultanée.

Je cherche encore mes mots, tandis qu'elle fond sur ma bouche ; son baiser est goulu, sonore, presque affamé. Je réponds à son ardeur en laissant ma salive abonder, provoquant cet échange si particulier que j'affectionne tant. C'est un cocktail brut de nos fluides, de notre sueur et de l'essence de notre plaisir qui s'invite entre nous. J'adore cette sensation de dérive liquide.

L'incendie s'apaise enfin, laissant place à une douceur cotonneuse. Mon petit bonbon vient s'allonger tout contre moi, sa tête nichée sur ma poitrine comme si c'était sa place naturelle. Elle me parle encore de sa copine, d'une voix qui s'étire et s'effiloche au fur et à mesure que la fatigue l'emporte. Je n'entends bientôt plus qu'un mot sur deux, des bribes de phrases qui flottent dans la pénombre.

De mon côté, mes paupières deviennent de plus en plus lourdes, lestées par un bien-être total. Je sens sa chaleur contre ma peau et le rythme régulier de son souffle. Mon esprit se cale sur sa respiration, mon cœur ralentit au diapason du sien. Je pars, je vais la rejoindre au pays des rêves pour une courte escale, conscient que ce n'est qu'un prélude au prochain réveil.

La lumière vive du printemps finit par filtrer à travers les stores, dessinant des zébrures dorées sur les draps froissés. Il est à peine plus de treize heures. Une heure de sommeil profond, en plein milieu de la journée, comme une parenthèse volée au monde extérieur. C'est cette clarté qui me tire doucement de ma torpeur. J'ouvre un œil et je vois Sandra, assise sur le bord du lit, baignée par un rayon de soleil qui fait étinceler sa chevelure. Elle semble chercher ses repères, un peu éblouie par la luminosité de la pièce.

— Déjà réveillée ? Murmuré-je d'une voix enrouée par le sommeil.

Elle se tourne vers moi, un petit sourire ensablé étire ses lèvres, et elle plisse les yeux face au jour.

— On a dormi combien de temps ? Mon Dieu, je suis complètement décalée... On est en plein après-midi !
— À peine une heure, la rassuré-je. Morphée nous a cueillis à froid en plein midi.

Elle s'étire, les bras levés vers le plafond, sa silhouette découpée en contre-jour.

— Je reviens, me dit-elle en se levant avec une petite moue, j'ai une envie pressante... C'est pas très glamour après une sieste pareille, mais là, c'est urgent !

Je ris doucement en l'entendant s'éclipser vers la salle de bain. Le bruit de la porte, l'eau qui coule... Ces détails concrets, ancrés dans la réalité de ce début d'après-midi, ont quelque chose de solide et de rassurant. De mon côté, je l'imite quelques minutes plus tard. On se croise dans le petit couloir, dans une promiscuité naturelle, presque domestique, nos peaux encore un peu froissées par les draps.

Quand nous nous retrouvons sur le lit, la lumière printanière semble réchauffer l'atmosphère. Elle s'assoit en tailleur face à moi, le drap négligemment retenu sur ses hanches.

— Alors, monsieur le pompier, tu as récupéré tes forces ? me lance-t-elle avec une étincelle malicieuse dans les yeux.

Je m'approche d'elle, ma main venant se poser sur sa nuque, mes doigts se perdant dans ses mèches emmêlées et chauffées par le soleil. C'est un geste tendre, presque protecteur au début. Je dépose un baiser sur son front, puis sur le bout de son nez.

— On va dire que les batteries sont rechargées. Et toi, mon petit bonbon ?

Ma main glisse de sa nuque vers son épaule, puis descend lentement le long de sa colonne vertébrale. Sous la chaleur de la pièce, elle frissonne pourtant. Le geste tendre commence à déraper. Le contact de nos peaux, réveillées par cette pause, rallume l'incendie instantanément, malgré la clarté du jour.

— Je crois... murmure-t-elle en se rapprochant de mes lèvres, que j'ai encore quelques questions à te poser sur ta méthode de réanimation. Mais avant j'ai un petit aveu à te faire…
— ???
— Je me suis sentie bien le jour où j'ai laissé mon numéro sur ta voiture, commence-t-elle doucement. J'ai ensuite hésité à donner suite si tu m'appelais... Sur le moment, une partie de moi se demandait si tu n'allais pas tout raconter à tes potes et te foutre de moi.
— C'est marrant, j'ai pensé la même chose, avoué-je. Je me demandais ce qu'une jolie fille cherchait en me donnant son numéro, même si sur le moment j'en ai été flatté. Je t'imaginais déjà en train de te foutre de ma gueule avec tes amies, filles ou mecs. Alors je comprends.
— Ça reste entre nous alors ?
— Affirmatif, Majesté. Il faudra me torturer pour me faire parler.

On rigole de ma réplique ; elle me chatouille en me disant qu'il ne fallait pas la tenter. Je me souviens lui avoir dit qu'elle était encore plus jolie quand elle rigolait. Mais son visage redevient soudain un peu plus sérieux.

— Du coup, heu… mon petit secret…
— Hummmm ? Fais-je en prenant un faux air interrogateur.
— En fait, il y a une personne qui sait… pour toi.

Mon palpitant s'emballe, une bouffée de chaleur me remonte jusqu'au sommet du crâne. Oh là là, j'ai déjà l'impression que les ennuis vont arriver, mais la suite se veut rassurante... un peu…

— En fait... c'est Marion…, la fille que tu as croisée au café. T'inquiète, elle ne dira rien, elle est réglo et c'est ma meilleure pote.

En me disant cela, Sandra me sourit et me regarde avec un air de chien battu, un peu trop surjoué à mon goût. Son petit regard me fait fondre comme une guimauve… encore. Décidément, cette fille me remet à l'endroit.

Elle s'ouvre encore un peu et me parle de cette amitié où règne une franchise absolue. Marion possède un fort caractère et n'a jamais caché son animosité envers Jules, le copain de Sandra, mais elle fait des efforts par égard pour son amie. Leur lien se caractérise par une transparence quasi totale et un soutien inconditionnel, plaçant leur amitié au-dessus de tout le reste. La loyauté de Marion est clairement orientée vers Sandra plutôt que vers la fidélité de cette dernière.
Lorsqu'elle a appris pour le numéro sur ma voiture, Marion l'a encouragée, lui disant qu'elle avait bien fait. Mais bien qu'elle soutienne ce petit écart, elle surveille de loin et avec bienveillance ; elle a quand même mis en garde son amie contre les risques d'une telle relation. Elle l'a d'ailleurs presque harcelée pour connaître le nom de ce mystérieux bonhomme.

— Hummmm, je ne sais pas encore si je vais tout lui dévoiler, reprend Sandra avec un petit rire, ou juste lui raconter pourquoi tu as recraché ton café ! Hihihi…

Je comprends la plaisanterie, mais imaginer que nos ébats puissent éventuellement devenir un sujet de conversation entre elles me trouble. C'est une pointe d'inquiétude arrosée d'un soupçon de crânerie ; après tout, je dois reconnaître que ce qui arrive est plutôt flatteur pour mon ego. Mais savoir qu'une tierce personne, que je connais vaguement de vue et que je pourrais croiser dans la commune, connaisse les détails de notre intimité me met un peu mal à l'aise. Putain, je me fais vieux... Avant, je me moquais complètement du regard des autres.
Je reste un instant silencieux, digérant l'idée que Marion soit dans la confidence. Sandra semble s'amuser de mon trouble. Pour me sortir de mes pensées, je l'attire doucement vers moi. Ma main vient se loger dans le creux de sa nuque, mes doigts jouant avec ses mèches rebelles encore chauffées par le soleil. C'est un geste protecteur, presque une façon de nous murer à nouveau dans notre bulle, loin des regards de Marion ou du reste du monde.

— Tu es une sacrée tentatrice, Sandra, murmuré-je contre son front.

Je dépose un baiser léger sur sa tempe, puis un autre au coin de ses lèvres. C'est tendre, presque chaste, mais le contact de sa peau m'électrise. Sentir son souffle s'accélérer sous ma caresse balaye mes dernières réticences. L'inquiétude à propos de Marion s'évapore, remplacée par une urgence beaucoup plus concrète. Ma main descend lentement le long de sa gorge, s'attardant sur le battement de son pouls qui s'affole. Ce n'est plus de la tendresse, c'est un appel. Je sens son corps se cambrer, cherchant le contact, et ce qui n'était qu'une caresse apaisante se transforme en une étreinte affamée. Le dérapage est total : la discussion s'éteint pour laisser place au seul langage qui nous importe à cet instant précis. La douceur printanière de la pièce semble soudain monter d'un cran.

— J'ai envie de toi, murmure-t-elle. Prends-moi... je veux être ta grosse salope.

Le choc des mots me foudroie. Où est passée la Sandra timide de la supérette ? Sa voix a mûri, s'est cassée, chargée d'une urgence que je ne lui connaissais pas. Avant que je ne puisse répondre, elle se place à quatre pattes, m'offrant sa cambrure comme un défi. Sa poitrine et son ventre pendent légèrement, une vision d'une sensualité brute qui achève de consumer mes dernières barrières.

— Je suis toute à toi, lâche-t-elle en posant sa tête sur ses avant-bras. J'ai envie de toi, prends-moi, prends-moi…

Face à ce totem voué à la luxure, une pulsion sauvage me submerge. Je me sens presque "sale" de céder aussi vite, mais la réflexion attendra. Il n'y a plus de Xavier tendre, plus de différence d'âge, plus de voisins curieux. Je ne pense plus, je vis, je baise. Je me jette sur ma proie consentante…

Je maintiens écartés ses deux lobes pour me jeter sur son sexe, que je lèche comme un forcené. Ma langue part de son clito, s'insère entre ses lèvres en récupérant son jus au passage. Poussé par l'excitation, je viens passer ma langue sur son petit orifice ; je la sens se raidir un peu, puis se détendre. Je recommence à lécher, puis de nouveau je passe sur son petit trou que je sens palpiter. Je tourne autour avec ma langue, j'entends Sandra grogner — pas un gémissement, mais un râle qui vient du plus profond de sa gorge. Son petit trou se détend, ma langue pénètre ce petit passage. Je suis excité par le goût plus intense de son cul et, comme je le ferais avec un doigt, je tourne, rentre et ressort pour mieux recommencer pendant de longues secondes.

— Prends-moi, prends-moi, baise-moi, vas-y…

Je me redresse. Elle est luisante de sueur ; de fines coulures dessinent des arabesques à l'intérieur de ses cuisses : cyprine, salive, transpiration… un mélange de nous, je crois. Je tente de la pénétrer avec une once de douceur, mais dès que mon gland effleure sa chair, elle cambre ses fesses vers moi en poussant un cri sourd.

— Hannnn... OUI ! Oui chéri... hummm c'est bon…

J'attrape ses hanches fermement. Nos mouvements se synchronisent en quelques va-et-vient brutaux. Mon ventre claque contre elle ; le bruit de nos corps qui s'entrechoquent est infernal, presque indécent. Sur l'instant, je ne me reconnais plus : je suis devenu un animal en rut sans une once de douceur. À chaque coup de rein, un bruit de succion trivial accompagne nos grognements de plaisir. Je vois ses fesses rebondir sous les chocs, les ondes se propageant comme des vagues jusque dans le creux de son dos.
Sandra se redresse sur ses bras, ses cheveux collés par la sueur. Je suis en nage, moi aussi. Nos corps trempés glissent l'un contre l'autre, la bête s'épuise doucement, mais le brasier ne s'éteint pas.

— Chérie, je ne peux plus, je vais ralentir un peu, putain ce que tu es belle comme ça.

Je me retire, le souffle court, avec l'idée de reprendre mes esprits pour la suite. Mais Sandra ne l'entend pas ainsi. Elle se retourne comme un félin et me pousse d'un geste ferme. Je me retrouve sur le dos, cloué au matelas ; décidément, elle prend goût à me renverser. Une traînée de salive brille à la commissure de ses lèvres. Elle semble possédée. Elle n'attend pas mon approbation : son regard me signifie que, désormais, c'est elle qui tient les rênes. Elle s'empare de moi avec une assurance qui me foudroie et se jette sur ma virilité. Sa bouche me dévore dans un rythme effréné. À mon tour, je perds pied. Je n'essaie même plus de diriger la manœuvre ; je lutte simplement pour ne pas sombrer trop vite, pour savourer chaque seconde de cet assaut.Je sens la jouissance arriver.

— Je vais venir…

Je veux la prévenir. Un éclair de lucidité me rappelle que nous n'avons pas vraiment évoqué ce moment, et je ne veux pas la prendre de surprise. Mais elle me regardait déjà dans les yeux. Ce n'était plus son regard de tout à l'heure ; il était déterminé, parfaitement lucide de ce qui se joue. Du moins, c'est l'interprétation que j'en fais.

Et l'explosion arrive. Une douce chaleur enveloppe mon sexe au fond de sa gorge ; elle l'acceuille jusqu'au haut-le-cœur, sans ciller. Un mélange de salive et de semence s'échappe du coin de ses lèvres, mais elle continue, aspirant tout ce que mon corps peut offrir. Je suis littéralement essoré.

Ma belle se redresse, se rapproche pour s'asseoir à califourchon sur mes cuisses. Elle prend ma tête entre ses mains, mes paumes s'écrasant sur le bas de son dos. On s' embrasse d'un baiser torride, un baiser de sueur et de sécrétions mêlées. Un de ces moments qui restera gravé à vie dans ma mémoire. Nous restons ainsi, immobiles, nos corps soudés l'un à l'autre par la peau collante, avec cette odeur dans l'air… indescriptible.

— Merci Sandra... Merci, c'était magique.
— Merci à toi, chéri, souffle-t-elle. Tu n'as pas idée de ce que j'ai découvert dans tes bras.

Quelques larmes s'échappent de ses yeux — de bonheur, je crois. Nous nous laissons glisser sur les draps trempés, soudés l'un à l'autre malgré la chaleur de la journée qui commence à saturer l'appartement. On reste silencieux un long moment, le temps de reprendre nos esprits, nos mains errant distraitement sur le corps de l'autre dans une caresse apaisée. C'est elle qui finit par briser le silence.

— Tu me vois différemment, maintenant ? Je ne m'imaginais pas partir comme ça... Tu vas me prendre pour une obsédée ?

Je ne peux m'empêcher de sourire en la serrant un peu plus fort.

— Mais non, ne te fais pas de souci. C'est vrai que j'ai été surpris... tu venais de me dire que le sexe n'était pas vraiment ta tasse de thé, et là, tu m'as fait l'amour comme une déesse. Alors non, je ne te trouve pas obsédée. Je pourrais te dire la même chose : à un moment, je ne contrôlais plus rien, tellement c'était bon de te sentir.

La chaleur finit par nous engourdir. Bercés par le ronronnement lointain de la rue et le calme retrouvé de la chambre, nos paupières s'alourdissent. On s'endort ainsi, enchevêtrés, une parenthèse de sommeil sans rêves, juste la sensation de la peau de l'autre contre la sienne.
Quand je rouvre les yeux, la lumière a tourné dans la pièce. Sandra m'observe, déjà réveillée, un petit sourire aux lèvres. Mon estomac se rappelle alors à mon bon souvenir dans un gargouillis sonore qui nous fait rire.

— Je n'ai pas grand-chose dans le frigo, avoue-t-elle, mais je peux nous improviser un petit en-cas.

On finit par s'extraire des draps froissés pour rejoindre la cuisine, un peu maladroits, retrouvant nos vêtements éparpillés. Je me sens un peu gauche, rhabillé à la va-vite avec mon jean, tandis que Sandra a simplement passé mon polo sec — mais taché de café — qui lui arrive juste en dessous des fesses.
Elle fouille dans son frigo avec une concentration touchante.

— Bon, ce sera "menu de crise" : jambon blanc, un reste de beaufort et du pain frais, annonce-t-elle en posant le tout sur la petite table. C'est un repas de rois.

On s'assied l'un en face de l'autre. Au début, la discussion est banale, presque sérieuse, entrecoupée de regards qui en disent long sur ce qu'on vient de traverser. On parle de tout et de rien, de la météo qui tourne à l'orage, de son boulot à elle. C'est étrange de parler de ces choses-là après ce qu'on vient de vivre, mais c'est rassurant. C'est la vie qui reprend ses droits.

— Tu penses que Marion va te cuisiner dès que tu vas la voir ? demandé-je entre deux bouchées de pain.

Elle rit, mais son regard redevient vite sérieux. Elle pose son morceau de fromage et fixe ses mains un instant avant de relever les yeux vers moi.

— Sans doute. Mais elle ne saura que ce que je voudrai bien lui dire. Xavier… il y a quelque chose que je veux que tu saches.

Elle marque une pause. L'ambiance change, le temps semble se suspendre à nouveau entre le grille-pain et la cafetière.

— Je n'ai pas eu d'autres histoires avant… avec Jules. Mais aujourd'hui, dans cette chambre… (elle cherche ses mots, une petite rougeur monte à ses joues). C'est la première fois que j'ai vraiment l'impression qu'on m'a fait l'amour. Vraiment. Tu es le premier qui a su... m'emmener là.

Le compliment me percute de plein fouet. Moi qui redoutais d'être "le vieux" de l'histoire, je me sens soudain investi d'une noblesse que je n'espérais plus. Ce n'est pas de la crânerie, c'est une émotion pure qui me noue la gorge.

— Je ne sais pas quoi te dire, Sandra... à part que c'est partagé.

Pour détendre l'atmosphère qui devient presque trop grave, je lui sers un verre d'eau en grimaçant un sourire de vieux briscard.

— Vous devriez boire un coup, belle damoiselle, vos joues vont prendre feu !

Elle éclate de rire, ce rire de gorge que j'aime tant, et me lance un morceau de croûte de pain à la figure. La tension retombe, légère, pétillante. On finit notre en-cas dans une complicité neuve. On sait tous les deux que ce n'était pas qu'une parenthèse. C'est devenu une évidence.
Puis vient le moment de franchir la porte. Le retour à nos vies respectives, à Jules, la vie du village, aux non-dits. Je sens la mélancolie pointer le bout de son nez, cette peur que tout cela ne soit qu'un mirage de printemps.
Sur le seuil, elle me retient un instant, une main sur ma taille ; l'autre glisse de mon épaule le long de mon bras, pour finir par s'ancrer dans ma chair, serrée. Son visage cherche le mien.

— On se revoit ? me demande-t-elle, sa voix trahissant une légère appréhension.

Elle se hisse sur la pointe des pieds et dépose un baiser rapide mais intense sur mes lèvres.

— Très vite, Sandra. Promis.

Je descends les escaliers le cœur léger, mais l'esprit déjà tourné vers la prochaine fois. Je sais que ce n'est pas fini. Ce n'est que le début.
**********
Pourtant, à mesure que je dévale les marches de pierre et que le ronronnement de la rue se fait plus proche, une impression diffuse commence à me tarauder. Le souffle court, les jambes encore un peu lourdes de nos excès, je sens que cette fille vient de me réveiller d'un très long sommeil. Mais je ne sais pas quoi en penser encore. Un léger malaise me trotte dans la tête, une ombre qui s'invite sans crier gare. Je me sens honteux — honteux de l'avoir prise ainsi, honteux de ce qui se joue dans l'ombre par rapport à sa vie, à son fiancé, à ce monde qui n'est pas le mien. Mais en même temps, c'est plus fort que tout : je me sens vivant. D'une vitalité brute, violente, que je croyais enterrée depuis des années.



















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Xaviernnrs
15 septembre 2026 à 17:43
Merci beaucoup pour ta lecture et ton enthousiasme, @Wedreca !

Disons que la douche était bien chaude, mais qu'il fallait au moins ça pour nettoyer les scrupules de Xavier !
(remarque, je trouve que le gars ne sait pas beaucoup défendus.)

C'est un exercice moins évident qu'il n'y paraît que d'écrire une scène aussi imagée sans basculer dans le cliché porno sans âme.

Content que ce chapitre t'ait fait fondre !
Soyez respectueux
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Wedreca
15 septembre 2026 à 13:42
Eh bien mon cochon ! C'est le festival de la pipe et du cunni, ici 😋 !

Je rigole, bien sûr, car c'est tout sauf vulgaire. Tout se fait dans la sensualité la plus consentie qui soit. Tu es un vrai gentil, toi 😊.

Bravo pour ce (long) chapitre qui nous plonge délicieusement entre deux corps fiévreux 🥵.
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Xaviernnrs
13 septembre 2026 à 09:04
Effectivement, des souvenirs qui sont là, présents !
Ils participent à ce que nous sommes.

Merci @Aline57 Pour ta lecture et ton commentaire. ;)
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Aline57
13 septembre 2026 à 01:27
J adore ces histoires qui vous font remémorer vos propres expériences .
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Embruns
11 septembre 2026 à 19:21
Tout mon soutien, pour ce que ça vaut !
:)
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