Réel
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Le retour à la maison — Chapitre 1
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Le retour à la maison
Chapitre 1
L'aéroport de Lann Bihoué empeste le sel et le diesel, une odeur qui vous prend à la gorge. Je me balance d'un pied sur l'autre, le cuir lisse de mes bottines se plissant sous mes orteils qui tapotent le lino craquelé. Le tableau des arrivées clignote – retardé, retardé, à l'heure – avant d'afficher enfin le numéro de son vol en vert.
Je lisse le bas de ma jupe. Je le regrette aussitôt. Je suis trop impatiente et trop évidente. Mais bon sang, six mois d'absence. Six mois sans rien. Six mois d'appels vidéo aux sourires pixélisés et de lettres imprégnées de son eau de Cologne. Il a pris grand soin d'en vaporiser avant de les mettre sous enveloppe. Six mois à avoir l'impression que mon lit est trop grand et mes draps trop froids.
Un murmure parcourt la foule. Les premiers soldats franchissent la porte. Uniformes de la Marine, dos raide, yeux scrutant la pièce comme s'ils évaluent encore les menaces. Ils ne sont pas encore tout à fait revenus à la vie civile. Ils sont nombreux, mais pas celui que je veux voir, que j'attends depuis longtemps.
Il est là. Jean-Luc. Il se déplace différemment des autres. Non pas plus lentement, mais délibérément. Je dirais pour le décrire que chaque pas est un retour calculé dans un monde qu'il a quitté il y a trop longtemps. Ses cheveux noirs sont plus courts que dans mon souvenir. La ligne de sa mâchoire est ombrée par une barbe naissante. Ce n'est pas pour me déplaire. C'est presque un défaut dans l'uniformité de la norme militaire. Quand son regard croise le mien, son masque de soldat se brise.
Je ne peux pas attendre plus longtemps. Je m'élance comme une torpille. Je me fraye un chemin à travers les familles enlacées et les parents en larmes. Mon seul objectif : atteindre cet homme le plus rapidement possible. Quand je suis capable de percevoir les reflets dorés dans ses yeux bruns, je suis enfin assez proche. Assez proche pour percevoir la légère odeur d'huile de fusil sous son savon.
“Tu as laissé pousser la barbe”, lui dis-je espièglement.
Sa bouche esquisse un sourire avant de lâcher : “Tu t'es coupé les cheveux.”
“Juste les pointes”, acquiesçai-je, en glissant une mèche derrière mon oreille, soudain très consciente de la façon dont ma jupe caresse mes cuisses.
Le regard de Jean-Luc se baisse, puis se relève brusquement. Je crois bien que je lui fais toujours de l'effet, voire même plus qu'avant grâce à notre éloignement. Il tente très clairement de se contenir. Comme le prouve sa voix presque monocorde quand il dit deux fois : “C'est bien.” Cela me fait sourire et me donne envie de l'embêter.
“C'est tout ce que tu as à dire ? Six mois d'absence et c'est juste “Bien ?” râlai-je.
Le coin de sa bouche tressaille, un peu plus et il me donne un grand sourire. Ce serait un problème pour cet homme qui veut rester professionnel en présence de ses camarades et des gradés.
“Tu es à couper le souffle, Sophie ! Mais… je ne vais pas le dire devant mon supérieur”, me chuchote-t-il.
Je ris alors que ses mains se posent sur ma taille. Il me soulève du sol comme si je ne pesais rien. Cela me force à m'accrocher au tissu rigide de son uniforme. Son insigne s'enfonce douloureusement dans ma paume. Heureusement, il me repose rapidement et je peux me relâcher. J'adore quand il me surprend ainsi avec sa force physique.
“Tu sens l'avion”, lui murmurai-je, toujours pendue à son cou, profitant de sa chaleur et de ses pectoraux fermes.
“Ah oui ? Et toi, tu sens le sucre”, me répondit-il.
“Oui, les croissants aux amandes. J'en ai fait ce matin”, lui donnai-je la source de cette belle odeur gourmande.
Son pouce me caresse la hanche. Il est si attentionné et tellement frustrant dans son maintien du décorum.
“Tu m'as fait attendre juste pour me torturer, hein ?” l'aiguillonnai-je, en me penchant en arrière juste pour bien voir son visage.
Il sourit comme un enfant fier de lui et coquin, puis me souffle : “Peut-être.”
Je resterais bien collé à lui pour me gaver de sa présence, mais nous pouvons rentrer chez nous pour ensuite fêter son retour comme il se doit avec un petit repas, un bon bain…
À peine quelques pas hors d'un hall de l'aéroport que le vent fouette brutalement ma jupe contre mes cuisses. J'accélère car j'ai l'impression que tout le monde peut voir le bout de dentelle qui couvre mon postérieur. Heureusement que la voiture n'est pas très loin.
Jean-Luc dépose son sac dans le coffre avec un bruit sourd, qui me confirme que je ne le porterai jamais. Ses mains enfin libres, elles reviennent sur mon corps. Il me plaque contre la portière. Sa bouche recouvre la mienne. Je profite de son goût, mélange de café, de lui et de nostalgie d'un retour à la maison.
“Tu es en public”, l'informai-je lorsqu'il me mord la lèvre inférieure, car je suis si proche de me laisser aller à notre désir sans me soucier des spectateurs. Or monsieur veut garder l'image d'un militaire qui se maîtrise devant les autres.
“Je m'en fiche”, grogne-t-il.
Il sera ma perte. Je dois me faire violence pour être la voix de la raison.
“Moi, non ! Alors accélère !” lui ordonnai-je, en passant un doigt entre son pantalon et sa ceinture.
Sa tête vient se poser sur mon épaule. Il est tout voûté comme si je venais de le gronder. Il gémit.
“Bon sang ! Tu m'as tellement manqué", laisse-t-il échapper.
Nous partons. Le trajet n'est qu'un flou avec sa main sur ma cuisse, la radio qui diffuse des chansons pop criardes. Aucun de nous ne fait l'effort de baisser le son ou de changer de station. Ma main caresse la sienne. Les cicatrices sur ses jointures sont nouvelles. Je continue de les découvrir tendrement, m'imprégnant de ce changement.
“On en parle plus tard”, lui dis-je quand il me surprend à fixer sa main.
“Oui”, me répond-il en serrant mon genou comme pour me réconforter ou me remercier de ne pas insister.
La nuit est là. La route est sombre. Seuls quelques phares rompent l'épaisse obscurité de la campagne bretonne. Ce sont de jolies petites étoiles qui éblouissent un peu. Je me tortille sur mon siège. Le tissu de ma jupe remonte, laissant accès à ma peau pour la main de mon homme. Même si la passion nous a enflammés à nos retrouvailles, maintenant c'est quelque chose de plus sourd.
Sans prévenir, il braque brusquement le volant à droite. Les pneus crissent sur le gravier. La voiture s'engage dans un chemin agricole étroit, que je n'avais même pas vu. Je m'accroche comme je peux. La route me secoue de tout sens. Mon cœur bat la chamade. Le véhicule s'arrête dans un sursaut. La poussière tourbillonne dans les phares. Le seul bruit désormais perceptible est le refroidissement du moteur. Jean-Luc coupe le contact.
Le silence est assourdissant, alors que je me tourne vers lui.
Le silence est assourdissant, alors que je me tourne vers lui.
Je n'ai pas le temps de parler ou de faire quoi que ce soit qu'il se jette sur moi. Sa main sur ma nuque me tire vers lui. Sa bouche s'écrase contre la mienne. Il m'attaque comme un désespéré. Ses dents éraflent ma lèvre. Je fonds sous son besoin bestial. Mon estomac se noue d'une sensation que j'attendais depuis longtemps.
Tout contre ma bouche, il me murmure : “J'ai besoin de toi. Maintenant.”
Sa main remonte déjà sous ma jupe. Je ne proteste pas. Je ne le peux pas quand j'en ai autant besoin que lui. Ses doigts calleux électrisent ma peau. Ils arrivent à ma fine culotte en dentelle, enfin si on peut appeler ça une culotte. Il gémit en la découvrant toute mouillée. Son souffle est rauque sur ma nuque.
Les ceintures de sécurité s'effacent. J'ouvre d'un coup sec celle tenant son pantalon. L'un des objets de mon désir est là devant moi. Déjà en érection, tendu contre le tissu de son uniforme, sortant presque de son sous-vêtement… Il palpite comme s'il était en manque de caresses. Je l'enlace, puis le caresse une fois, deux fois… Je savoure la texture de sa peau, ses poils au niveau de son pubis, son engorgement.
Je me redresse brusquement et lui ordonne en le regardant dans les yeux : “Touche-moi.”
Pas besoin de le dire deux fois. Ses doigts s'accrochent à ma dentelle intime. Il la déchire comme de rien, avant de glisser deux doigts dans ma cavité, profondément, sans pitié. Je pousse un cri. Mes ongles s'enfoncent dans ses épaules. Il me caresse. Son pouce dessine des cercles sur mon clitoris, mais il sait que mon plaisir vient de ce qui est entré.
“Tellement prête pour moi”, grogne-t-il.
Oh, oui, je le suis. Chaque nerf de mon corps est en feu. Chaque mouvement de ses doigts m'envoie des étincelles le long de la colonne vertébrale. Il les fait tourner en moi. Je ne suis qu'une chose gémissante en manque de lui.
Il se retire, me laissant gémissante de ce vide. Il s'installe pour la suite des opérations à ma plus grande joie et à ma grande frustration qu'il ait dû arrêter les manœuvres pour cela. Il recule le siège, l'abaisse et incline le dossier avant de me tirer sur ses genoux. Le volant me rentre dans le dos, mais je n'y fais pas trop attention. Il me positionne sur ses hanches, au-dessus de lui. Juste un mouvement de main pour se libérer et il est en moi, épais et implacable. Il me remplit d'un seul coup brutal mais tellement bon. Sa tête bascule en arrière, comme sous un trop-plein de sensations. Son corps tout entier est tremblant alors qu'il est au fond de mon intimité. Ses mains agrippent mes hanches avec force.
Je vais certainement avoir des bleus. J'obéis à son ordre implicite. Je fais de lents mouvements circulaires avec mes hanches. Je me frotte contre lui jusqu'à ce que son souffle devienne haletant et saccadé. Il vient empaumer mes seins. Il effleure mes tétons à travers le tissu de mon haut. Je gémis et relâche le rythme pour laisser le plaisir m'envahir.
Il ne me laisse pas ralentir. Je le sens tirer ma tête en arrière et venir mordre ma gorge. D'un autre côté, il vient tirer et caresser par de rapides et obscènes mouvements mon petit bouton intime.
C'est trop ! La sensation de sa pénétration, la rudesse de ses doigts, la façon dont ses dents éraflent ma peau… Je me brise. Mon corps se contracte autour de lui en spasmes tandis que l'orgasme me prend dans un cri rauque.
C'est trop ! La sensation de sa pénétration, la rudesse de ses doigts, la façon dont ses dents éraflent ma peau… Je me brise. Mon corps se contracte autour de lui en spasmes tandis que l'orgasme me prend dans un cri rauque.
Jean-Luc me suit dans un gémissement. Ses hanches se soulèvent en coups secs à chaque pénétration. Il m'étreint si fort.
Nous finissons par nous immobiliser. Le léger grincement de la voiture se stabilise. Je crois qu'on vient de tester ses suspensions à notre façon.
Jean-Luc me caresse lentement le dos. Après la bestialité, il embrasse tendrement mon épaule. J'aime quand il est si attentionné, comme j'aime quand il exprime sa part plus animale. Cela m'avait manqué et il semble qu'à lui aussi.
Je rigole car j'adore le garder en moi après notre union. Je crois qu'il va devoir rester longtemps ainsi.
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