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Couverture de L'hôtellerie, par Paula.abdul
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
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L'hôtellerie — Chapitre 9

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Paula.abdul
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L'hôtellerie

Chapitre 9

Quand les portes du train s'ouvrent à Saint-Charles, l'air du Sud me frappe au visage, tiède, chargé d'iode et de gasoil. Je descends sur le quai, mon sac sur l'épaule, mon dossier sous le bras, avec la dégaine parfaite d'un cadre de retour de séminaire. Personne ne peut deviner ce qui s'est passé au fond de la voiture 12, sauf peut-être le léger tremblement de mes genoux.
Je remonte le quai, passe sous la grande verrière, descends le grand escalier de pierre qui plonge sur la ville. Je n'ai pas besoin de me retourner. Je sens sa présence derrière moi, à quelques mètres, comme une chaleur dans mon dos.
La file des taxis s'étire en contrebas. Je m'arrête au bout, mon téléphone à la main, et je fais semblant de consulter mes mails.
Une ombre se glisse à côté de moi. Son épaule frôle la mienne. Il ne me regarde pas. Il fixe la file, le blouson sur l'épaule, les lunettes noires relevées dans ses cheveux.
— Beau voyage ? demande-t-il d'une voix neutre.
— Très studieux.
— Ça se voit.
Je mords l'intérieur de ma joue pour ne pas sourire. Devant nous, la file avance, un taxi, puis un autre. Entre nos deux corps, à quelques centimètres, l'air est devenu électrique. Je sens la chaleur de sa peau à travers son tee-shirt, l'odeur de sa nuque mêlée à celle du train. Je pourrais fermer les yeux et le retrouver au milieu de mille autres.
Notre tour arrive. Une Mercedes beige s'arrête, le coffre s'ouvre. Je me tourne vers lui pour lui dire au revoir, comme deux étrangers.
Il m'attrape par le poignet.
Sa main est large, chaude, ferme. Il m'attire vers la portière arrière que le chauffeur vient d'ouvrir.
— Monte.
— Ce n'est pas raisonnable, soufflé-je, en jetant un coup d'œil autour de nous.
Il se penche à mon oreille, si près que ses lèvres effleurent mon lobe.
— Ce n'est pas une proposition.
Je monte.
La portière claque. Le cuir de la banquette est brûlant, l'habitacle sent le sapin synthétique et la cigarette froide. Il s'installe à côté de moi, son genou contre le mien, et donne l'adresse au chauffeur d'une voix posée. Un nom de cité, un nom de rue, un numéro de bâtiment. Le chauffeur hoche la tête, lance le compteur, démarre.
Nous n'échangeons pas un mot.
Je pose mon dossier sur mes genoux, l'ouvre sur la première page, fixe les colonnes de chiffres. Taux d'occupation, RevPAR, prévisions de la saison. Je lis la même ligne trois fois sans en retenir un seul mot. Par la vitre, la ville défile, le boulevard National, les façades écaillées, les palmiers poussiéreux, les marchés qui se replient, les enfants qui traversent en courant. Marseille, bruyante, vivante, indifférente.
À côté de moi, il ne dit rien non plus. Il s'est calé contre la portière, les jambes écartées. Dans le rétroviseur, le chauffeur nous jette un regard distrait puis se concentre sur la route.
Je tourne une page. Mon rapport s'étale devant moi, innocent, absurde.
Et ma main se pose sur sa cuisse.
Je ne l'ai pas décidé. C'est comme si elle avait quitté le dossier d'elle-même, glissée sous la feuille, tombée sur le jean chaud, à quelques centimètres de son genou. Je la laisse là, immobile, sans oser le regarder. Il ne bouge pas. Sa respiration, à peine, change.
Je continue à fixer mes chiffres.
Ma main remonte.
Très lentement. Le tissu rugueux du jean sous ma paume, la chaleur de son muscle qui se tend légèrement. Un centimètre. Puis un autre. Je sens sa cuisse se durcir sous mes doigts, son souffle se faire plus court. Dans le rétroviseur, le chauffeur pianote sur son volant au rythme de la radio, un vieux tube de rap marseillais, volume bas.
Ma main arrive à l'aine. Et rencontre ce que je cherchais.
Il est déjà dur. Plus que dur, gonflé, tendu contre la toile de son jean, brûlant. Et, sous mes doigts, à travers le tissu, une tache humide s'est formée au bout, assez large pour que je la sente. Il mouille déjà, depuis combien de temps, depuis la gare, depuis le train, depuis ce matin ?
Je ferme les doigts autour de lui, à travers le tissu.
Il ne dit rien. Mais ses abdominaux se contractent, sa nuque se crispe, sa tête bascule imperceptiblement en arrière contre l'appui-tête. Ses yeux se ferment. Il avale sa salive.
Je le caresse. Lentement, de la base jusqu'au bout, du bout jusqu'à la base, la paume bien à plat. Le jean est trempé sous mon pouce, collant, chaud. À chaque passage, je sens sa queue palpiter, comme si elle cherchait ma main. Il ouvre les yeux, tourne la tête vers moi. Son regard est noir, brillant, presque suppliant.
— Arrête, articule-t-il sans un son.
Je ne m'arrête pas.
Je continue de tourner les pages de mon rapport de la main gauche, comme un acteur dans une mauvaise comédie. De la droite, je le caresse, avec lenteur, avec application, avec une cruauté tendre. Le taxi franchit un carrefour, freine, repart. Un feu rouge. Le chauffeur lève les yeux vers le rétroviseur. Je ne bouge pas. Mon dossier couvre mon bras. Il ne voit rien.
La tension dans l'habitacle est devenue palpable, épaisse, presque solide, comme si l'air lui-même avait pris la forme de nos désirs. Je sens son pied battre contre le plancher. Ses doigts se crispent sur la banquette. Sa mâchoire tremble.
Nous quittons le centre. Les immeubles changent, deviennent plus hauts, plus gris, plus serrés. Les tours se dressent derrière les autoroutes, les barres s'alignent comme des murailles. Le chauffeur ralentit devant la cité Bellevue.
— C'est ici ? demande-t-il.
— C'est ici, répond mon mec d'une voix rauque.
Il paie. Il sort le premier, rajuste son jean d'un geste discret, le blouson noué devant lui en guise de paravent. Je le suis, mon dossier plaqué contre mes cuisses. Le taxi repart. Le silence retombe sur le parking brûlant. Des enfants jouent plus loin, des voix résonnent d'une fenêtre à l'autre, une musique s'échappe d'un balcon.
Il me regarde. Je le regarde.
Il n'y a plus de mots.
---
Il me prend la main et m'entraîne. Nous traversons l'esplanade d'un pas rapide, nous glissons dans le premier hall d'immeuble venu, une porte lourde, vitrée, qui se referme en soupirant derrière nous. L'ombre nous avale. Du carrelage fissuré, une odeur de javel et de poussière, des boîtes aux lettres cabossées alignées sur le mur du fond, une ampoule nue qui grésille au plafond.
Pas un bruit. Pas un voisin. Juste l'écho de nos souffles.
Il me guide jusqu'au bout du hall, derrière la rangée de boîtes, là où un renfoncement du mur forme une alcôve d'ombre. À peine y sommes-nous qu'il me plaque contre lui et m'embrasse. Un baiser brutal, affamé, sans douceur, ses mains dans mes cheveux, sa langue dans ma bouche, son corps pressé contre le mien. Je sens son érection contre mon ventre, dure comme du bois. Je gémis dans sa bouche. Il me mord la lèvre.
— Putain, j'ai attendu tout le voyage, murmure-t-il.
— Moi aussi.
Je descends. Mes genoux touchent le carrelage frais. Je lève les yeux vers lui. Il me regarde, la poitrine soulevée, les lèvres humides, les mains déjà à sa ceinture. Je les écarte doucement.
— Laisse-moi.
Je défais le bouton. La fermeture glisse. Je tire sur le jean, sur le boxer, et sa verge jaillit, me saute au visage, lourde, épaisse, tendue, luisante de désir, le gland rouge, tout brillant de ce qui n'a cessé de couler depuis le taxi. Elle est toujours aussi belle. Une beauté brute, évidente, qui me coupe le souffle. Une goutte perle au bout, longue, épaisse, et s'étire vers le sol.
Je l'avale.
Goulûment, d'un seul trait, jusqu'où je peux. Son goût me submerge, salé, musqué, familier, avec cette pointe de sueur du voyage qui me rend fou. Il lâche un râle sourd, sa tête heurte le mur. Sa main se noue dans mes cheveux. J'engloutis, je me retire, je suce le gland, je le lèche, je descends le long de la hampe veinée, je remonte, je le reprends. Après quelques allers-retours, ma bouche n'est plus qu'un feu liquide, trempée de salive et de mouille. Mes mains serrent ses cuisses, ses fesses, le tirent contre moi.
— Putain... continue... comme ça...
Il se retire soudain. Il me relève par les épaules, plonge ses yeux dans les miens, le front en sueur, le sexe dressé contre son ventre. Puis, sans un mot, il se retourne. Il appuie ses mains contre le mur, cambre les reins, tire son jean jusqu'aux genoux. Ses fesses rondes, sombres, fermes, poilues, s'offrent à moi dans la pénombre.
Il tourne la tête par-dessus son épaule.
— Bouffe-moi le cul.
Une onde me traverse de la nuque aux reins.
Je m'agenouille derrière lui, écarte ses fesses à deux mains. Son odeur m'enveloppe, forte, animale, sans fard, l'odeur d'un homme qui a voyagé, transpiré, désiré toute la journée. Elle me rend fou. J'enfonce mon visage entre ses fesses, aussi profond que je le peux, le nez dans la raie, la bouche sur sa rondelle chaude et palpitante. Il gémit, un son rauque, étranglé, qui résonne dans le hall désert.
Ma langue le trouve. Je lèche, large, lente, puis plus serrée, plus insistante. Je tourne autour de lui, le taquine, le titille. Il se cambre davantage, pousse en arrière contre mon visage, comme s'il voulait que je disparaisse en lui. Je plonge. Ma langue le pénètre, humide, profonde, et il frissonne de tout son corps. Ses jambes tremblent. Ses doigts griffent le crépi du mur.
— Oui... putain, oui...
Je lui lèche le cul avec toute la faim accumulée depuis Paris. Une main passe entre ses cuisses, trouve sa queue qui pend, lourde, dégoulinante, et la branle lentement. Elle est trempée. De la mouille coule de son gland en un filet continu, tombe sur le carrelage, dessine une flaque brillante entre ses pieds. Chaque coup de langue le fait couler un peu plus. Chaque soupir me fait durcir davantage dans mon pantalon, jusqu'à la douleur.
Je ne me retiens plus.
Je me relève d'un bond, défais ma ceinture, mon pantalon, ma queue sort, dure à en faire mal, couverte de désir. Je crache dans ma paume, l'enduis, ajuste, puis presse mon gland contre sa rondelle ouverte, dilatée par ma langue, luisante de salive. Il pousse en arrière, avide, sans un mot.
Je le pénètre. D'un seul mouvement, long, profond, jusqu'à sentir mes hanches buter contre ses fesses. Il lâche un cri étouffé, mord son avant-bras pour le retenir. Je reste là un instant, enfoncé jusqu'à la garde dans sa chaleur, tout son corps palpitant autour de moi, et je crois que je vais perdre la raison.
— Bouge... murmure-t-il. Baise-moi.
Alors je le baise.
Contre ce mur de hall d'immeuble, derrière les boîtes aux lettres, dans l'ombre, dans l'odeur de javel et de sueur. Je le tiens par les hanches, mes doigts s'enfoncent dans sa chair, et je me retire presque entièrement avant de plonger de nouveau, plus fort, plus vite. Le claquement mouillé de nos corps résonne contre les murs, obscène, incontrôlable. Il halète, répète mon prénom, des jurons, des prières. Sa main libre a trouvé sa queue, il se branle au rythme de mes coups de reins, rageusement, et je sens son cul se resserrer autour de moi par vagues.
Quelque part au-dessus de nous, une porte claque. Des pas résonnent dans l'escalier, deux étages plus haut. Nous nous figeons une seconde, haletants, moi enfoncé en lui jusqu'à la base, lui tremblant. Les pas s'éloignent, une voix d'enfant qui chante. Puis le silence.
— Continue, putain. Me laisse pas comme ça.
Je reprends, plus fort encore, plus sauvage, enivré par le danger, par l'urgence, par la chaleur de son corps. Je me penche sur son dos, mords son épaule à travers le tee-shirt, glisse une main sous le tissu pour sentir ses pectoraux, son ventre qui se contracte. Il tourne la tête, cherche ma bouche, et nous nous embrassons maladroitement, haletants, sans cesser de bouger.
— Je vais jouir, gémit-il.
— Moi aussi.
— Avec moi... viens avec moi...
Je serre mes doigts sur ses hanches. Ma vision se brouille. Le plaisir monte, irrésistible, brûlant, un incendie qui part de mes reins et me dévore. Il se branle plus vite, son cul se contracte autour de moi, plus fort, plus serré.
— Maintenant, hoquette-t-il.
Il explose le premier. Un râle long, brisé, étouffé contre son bras. Sa queue se tend, palpite dans sa main, et je le sens jouir, ses jets chauds éclaboussant le carrelage, un, deux, trois, quatre, encore, tandis que son corps entier se convulse. Son cul m'enserre, m'aspire, me tire vers le fond.
Je le rejoins dans la seconde. Je m'enfonce une dernière fois, au plus profond, et je jouis en lui, par saccades puissantes, interminables, le front contre sa nuque, la bouche ouverte sur un cri sans voix. Je me vide en lui, secousse après secousse, jusqu'à la dernière goutte, jusqu'à en trembler, jusqu'à ce que mes jambes ne me portent plus.
Nous restons ainsi, soudés, à bout de souffle, adossés au mur, le temps de laisser retomber les battements fous de nos cœurs.
---
Je me retire doucement. Il frissonne. Je le sens couler un peu contre sa cuisse.
— Putain, mon jean.
— Désolé.
— Pas moi.
Il se redresse, se retourne, me regarde, les yeux brillants, les cheveux collés de sueur. Il m'attrape par la nuque et m'embrasse, longuement, tendrement cette fois, sans urgence, avec le goût de tout ce que nous venons de faire. Puis il pose son front contre le mien.
— J'en avais besoin, souffle-t-il.
— Moi aussi.
Il ne reste de nous que deux traces. Sur son jean, à hauteur de la cuisse, une tache sombre, humide, à peine visible sous le soleil. Et sur le carrelage fissuré, entre les boîtes aux lettres et le mur, une flaque blanche et brillante qui s'étire lentement, trace discrète d'un amour de passage.
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lelivredejeremie
31 octobre 2026 à 14:52
Il s'impose dans le taxi, grogne pour la main sur la cuisse, puis s'offre pour une baise sauvage, j'adore ce genre de petit jeu 😈

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