Dans la pénombre de la chambre, la voix de Marc résonnait avec une excitation juvénile qui paraissait presque obscène à Claire. Il s'était assis sur le bord du lit, défaisant ses chaussures avec une hâte brouillonne, débitant les détails de sa soirée comme un enfant racontant sa première fête.
— Julien m'a pris à part juste avant que je remonte, Claire ! Il m'a assuré que mon dossier pour la promotion était en haut de la pile. Et Hervé... tu ne devineras jamais, il a été d'une amabilité incroyable. Il m'a même dit que j'avais beaucoup de goût en parlant de toi.
Claire sentit un frisson lui parcourir l'échine. Beaucoup de goût. Elle imaginait sans peine le rictus d'Hervé en prononçant ces mots, le goût du champagne encore sur ses lèvres.
— Je me sentais un peu fatiguée, Marc... murmura-t-elle pour justifier son départ précipité. Le bruit, la foule... j'ai préféré rentrer t'attendre ici, au calme.
Marc se glissa sous les draps, sa peau sentant le tabac froid et le gin. Comme à son habitude, il commença à la caresser de manière prévisible : des baisers chastes sur l'épaule, une main qui descendait lentement vers ses hanches. Claire sentit une bouffée de panique. Si Marc glissait ses doigts entre ses cuisses, il découvrirait l'humidité suspecte, l'odeur caractéristique de Julien, cette texture crémeuse qui continuait de s'écouler doucement de sa fente. Elle devait agir vite. Elle se tourna vers lui, plaquant son corps athlétique contre le sien, verrouillant ses jambes pour empêcher toute exploration indiscrète.
— Marc... ne prends pas ton temps ce soir, souffla-t-elle à son oreille, simulant une impatience fébrile. Je suis déjà prête. Je t'ai attendu, j'ai pensé à toi tout le temps... je suis tellement fière de ce que tu as accompli aujourd'hui.
Elle prit sa main et la guida fermement vers ses seins, l'éloignant de la zone de danger. Marc, flatté et surpris par cette fougue inhabituelle, sentit son désir monter en flèche. Alors qu'il cherchait un préservatif dans le tiroir de la table de chevet, Claire l'arrêta d'un geste doux mais autoritaire.
— Non... pas ce soir. J'ai envie de te sentir vraiment, peau contre peau. Je veux qu'on fête ta victoire sans barrière.
Marc resta interdit un instant, puis un sourire de triomphe éclaira son visage. C'était le plus beau cadeau qu'elle pouvait lui faire. Cependant, Claire ajouta une condition, d'un ton qui se voulait protecteur :
— Par contre, promets-moi... ne viens pas en moi. Tu sais que je n'aime pas ça, la sensation me dérange. Je veux juste te sentir glisser.
C'était le mensonge parfait. Elle ne voulait pas que la semence de Marc vienne souiller ou diluer le précieux dépôt de Julien qui l'habitait encore. Elle voulait garder le jus de son patron comme un secret sacré, protégé de l'intrusion de son compagnon légitime. Marc accepta, trop heureux de cette concession. Il la chevaucha avec sa maladresse habituelle, loin de la puissance dévastatrice de Julien. Claire ferma les yeux, simulant des gémissements de plaisir, tandis qu'au fond d'elle, elle savourait l'ironie de la situation : elle se faisait prendre par l'homme qu'elle trompait, en utilisant le plaisir qu'un autre lui avait donné pour mieux masquer sa trahison. Elle était devenue une actrice consommée, une pécheresse dont le corps appartenait au patron, mais dont l'image restait, pour Marc, celle de la petite amie idéale.
Claire accéléra le mouvement de ses hanches, cambrant son corps athlétique pour donner à Marc l'illusion d'une extase partagée. Elle rejeta la tête en arrière, laissant échapper des gémissements calculés, une symphonie de faux semblants qui acheva de faire perdre la tête à son compagnon.
— Marc... oui, vas-y... viens, j'en ai envie, souffla-t-elle, précipitant la fin pour abréger le simulacre.
Grisé par l'alcool, sa réussite de la soirée et cette fougue inédite, Marc toucha au but. Respectant sa promesse, il se retira brusquement de sa fente. Dans un râle puissant, sa virilité tressaillit. Claire fut sincèrement surprise par la violence de sa libération : portés par une excitation accumulée tout au long du dîner, les jets de sperme jaillirent avec une force telle qu'ils vinrent s'écraser directement sur sa poitrine, maculant la rondeur ferme de ses deux seins. Marc, le souffle court, s'allongea à côté d'elle, l'air à la fois fier et un peu penaud en constatant les dégâts.
— Oh, mince... Désolé ma puce, j'en ai mis partout, s'excusa-t-il en riant nerveusement. Je n'ai pas pu me retenir, tu étais tellement... incroyable. Attends, je vais essuyer ça.
Dans la pénombre de la chambre, ses mains cherchèrent un tissu à portée de main. Ses doigts rencontrèrent le tissu lourd et moelleux du peignoir que Claire avait jeté au pied du lit à son retour. Il le ramassa et commença à frotter doucement la peau de Claire, nettoyant la substance blanche de ses pamplemousses fermes. C'est en tendant le tissu sous la faible lueur de la veilleuse que Marc figea son geste. Ses yeux se rivèrent sur les lettres d'or brodées en relief sur le col : Suite Présidentielle. Claire retint son souffle, le cœur ratant un battement. Elle s'attendait à la question fatidique : D'où vient ce peignoir ? Ses muscles se crispèrent, prête à inventer une histoire de service d'étage ou d'erreur de la blanchisserie. Mais l'esprit de Marc était tellement saturé par son envie de réussir qu'il était incapable de voir la vérité, même lorsqu'elle lui sautait aux yeux. Un immense sourire barra son visage fatigué.
— Regarde ça, Claire... murmura-t-il, des étoiles dans les yeux. Le peignoir de la Suite Présidentielle. Le personnel a dû se tromper en préparant la chambre, ou alors... non, tu sais quoi ? C'est un signe. C'est un message du destin !
Il caressa les lettres dorées avec une dévotion presque religieuse.
— Vasseur m'a à la bonne, je le sais. L'année prochaine, ma puce, c'est gravé dans le marbre : c'est nous qui l'aurons, cette suite. Ce peignoir, c'est l'annonce de ma promotion. La vie nous sourit, je te le dis !
Claire laissa échapper un soupir de soulagement discret, son visage dissimulé dans l'ombre de l'oreiller. L'ironie de la situation était presque insoutenable. Elle regardait Marc, si fier, si sûr de lui, nettoyer le sperme de son propre plaisir avec l'armure de coton de l'homme qui l'avait soumise une heure plus tôt.
— Oui, mon chéri... c'est sûrement un signe, répondit-elle d'une voix douce.
Marc reposa le peignoir, se tourna sur le côté et s'endormit en quelques minutes, terrassé par la fatigue, un sourire de vainqueur aux lèvres. Claire, quant à elle, resta éveillée de longues heures. Entre ses cuisses, le précieux dépôt de Julien continuait de vivre, tandis que ses yeux restaient fixés sur les lettres d'or du peignoir, symbole de sa nouvelle vie de captive consentante.
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