Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
L'inconnu de Montparnasse — Chapitre 1 · Départs annulés.
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
L'inconnu de Montparnasse
Chapitre 1 · Départs annulés.
Paris, Gare Montparnasse.
3 décembre 2017. 9h02.
Claire resserra son écharpe autour de son cou et s'avança dans le hall central noyé sous les néons blafards. Un vacarme étouffé de valises, d'annonces grésillantes et de râles impatients emplissait l'air. Elle leva les yeux vers le panneau d'affichage : toutes les lignes vers Bordeaux affichaient le même mot brutal en lettres rouges.
SUPPRIMÉ.
Un soupir lui échappa. Autour d'elle, des voyageurs aux visages fermés pianotaient frénétiquement sur leurs téléphones ou interpellaient des agents SNCF débordés. Claire, elle, resta figée, droite, presque étrangère à la scène. Sa silhouette élancée, son manteau beige ceinturé à la taille, ses cheveux bruns tirés dans un chignon sobre : elle semblait sortir d'un autre monde, plus calme, plus maîtrisé.
Mais à l'intérieur, tout tanguait. Ce voyage, elle l'avait prévu comme une respiration : trois jours chez sa mère, loin du quotidien figé, loin de Marc… Son mari, son compagnon depuis plus de quinze ans. L'homme avec qui elle partageait un appartement, un frigo, un lit, mais plus vraiment de tendresse.
Elle sentit une présence à sa droite, une chaleur presque palpable. Un homme venait de s'arrêter près d'elle, observant lui aussi le panneau avec une même consternation silencieuse. Il portait un manteau sombre impeccable, une écharpe en cachemire bleu nuit, et ses cheveux grisonnaient juste ce qu'il fallait pour accentuer un charme indéniable. Il se tourna légèrement vers elle, un sourire au coin des lèvres.
— Vous aussi, vous partez pour nulle part ?
Claire tourna la tête. Son regard croisa le sien. Intense, franc, presque amusé malgré la situation.
— Apparemment, oui… Bordeaux. Et vous ?
— Pareil. Une journée de perdue, ou... peut-être pas totalement.
Il avait dit cela avec une voix grave, posée, et ce regard... Comme s'il l'invitait à voir les choses autrement. Un frisson courut le long de son échine, imperceptible. Elle n'aurait pas dû répondre, pas comme ça, mais quelque chose en elle bascula.
— Peut-être pas, en effet, répondit-elle.
Il tendit la main, un geste naturel, presque galant.
— Marc.
— Claire.
Un silence, puis une voix nasillarde jaillit des haut-parleurs : « En raison d'un incident informatique, aucun train ne circulera avant nouvel ordre. Nous vous prions de bien vouloir patienter… »
Marc grimaça légèrement.
— Et si on fuyait cette cacophonie ? Je connais un café, à deux rues d'ici. Calme et chaleureux, avec de vrais fauteuils en cuir. C'est toujours mieux que ce hall glacé, non ?
Claire hésita une seconde. Puis hocha la tête.
— Allons-y.
La pluie avait commencé à tomber quand ils sortirent de la gare. De fines gouttelettes caressaient les trottoirs sombres de Paris. Marc marchait d'un pas sûr, sans se presser, guidant Claire à travers les rues animées. Il parlait peu. Elle aussi. Et pourtant, un étrange courant semblait déjà les relier, comme si l'essentiel se transmettait ailleurs : dans les silences, les regards, dans ce rythme lent qu'ils partageaient naturellement.
Ils entrèrent dans un petit bistrot à l'abri de l'agitation. Lumière tamisée, bois foncé, odeur de café et de cuir vieilli. Quelques habitués parlaient à voix basse. L'endroit avait du charme, un goût d'intimité.
Marc lui désigna une banquette contre le mur. Claire s'y glissa, ôtant ses gants avec lenteur, croisant ses jambes sous la table. Il la regardait, sans insister, mais sans détourner les yeux non plus.
— J'aime cet endroit, dit-il simplement. Il me calme.
— On dirait qu'il vous ressemble.
Un sourire. Franc, doux. Il hocha la tête.
— Vous observez bien.
Le serveur vint, ils commandèrent deux cafés. Puis le silence reprit, complice, pas gênant.
— Vous voyagez souvent ? demanda Claire.
— Quand je peux. J'ai des bureaux à Bordeaux, et parfois je prolonge un peu... pour fuir Paris, le rythme, l'habitude. Vous voyez ?
Elle hocha la tête. Oh oui, elle voyait.
— Vous travaillez dans quoi ?
— Finances. Conseil. J'aide des gens très riches à bien le rester.
Un sourire en coin. Ironique, lucide.
— Et vous ?
— Je suis... dans la communication. Du moins, j'essaie.
Elle baissa les yeux. C'était vrai, et pourtant ce n'était pas l'essentiel. L'essentiel, c'était ce qu'elle ressentait là, maintenant, dans ce regard posé sur elle. Elle se sentit observée, mais pas jugée. Admirée, peut-être. Et cela la fit frissonner.
— Mariée ? demanda-t-il alors, doucement, comme une simple information, sans insistance.
Elle releva la tête. Un battement de paupières. Puis un "oui" presque chuchoté. Il ne répondit rien, se contenta d'un hochement de tête. Comme s'il comprenait déjà ce qu'il n'avait pas besoin d'entendre.
— Et vous ? lança-t-elle, pour équilibrer.
— Divorcé. Depuis longtemps. Ça m'a appris à aimer les instants... les vraies rencontres.
Il la regarda plus intensément. Claire sentit ses joues rosir. Ce n'était pas une drague lourde. C'était autre chose, une sorte d'invitation.
Il prit une gorgée de café. Puis reposa sa tasse. Ses doigts effleurèrent la table. Il hésita. Puis dit, très calmement :
— J'ai un appartement à deux rues d'ici. Un endroit tranquille, chaleureux. On pourrait y attendre que les choses se remettent en route.
Il s'arrêta. La laissa respirer.
— Sans pression, Claire. Juste... un moment hors du temps. Si vous le voulez.
Elle le regarda, longtemps, le cœur battant. Elle savait que dire non serait la décision "raisonnable", celle qu'elle aurait prise encore hier. Mais là, dans cette lumière douce, face à cet homme si différent de tout ce qu'elle connaissait... une autre part d'elle avait déjà répondu.
Elle murmura simplement :
— Oui.
L'immeuble haussmannien était sobre, imposant, typiquement parisien. Claire gravit les marches derrière Marc, son cœur battant plus vite qu'elle ne l'aurait voulu. Il ne disait rien, elle non plus. Pourtant, tout en elle vibrait. Chaque pas l'éloignait un peu plus de son quotidien, de sa routine, et la rapprochait de quelque chose d'inconnu, de vertigineux.
Il ouvrit la porte. L'appartement était vaste, calme, baigné d'une lumière dorée filtrée par de lourds rideaux en lin gris perle. Bois clair au sol, tapis épais, murs crème, bibliothèque chargée de livres. Quelques œuvres d'art contemporaines ici et là. Tout était élégant, discret, masculin sans ostentation.
Claire resta un instant sur le seuil. Elle sentit son manteau l'encombrer, sa respiration s'accélérer.
— Installe-toi, dit-il simplement. Tu veux quelque chose à boire ? Thé, vin, whisky... ou juste de l'eau ?
Elle murmura :
— De l'eau, pour l'instant.
Il s'éclipsa dans la cuisine ouverte, lui laissa quelques secondes pour s'imprégner des lieux. Claire fit quelques pas. L'espace sentait le bois ciré, le cuir et une touche subtile de vétiver. Elle posa sa main sur le dossier d'un fauteuil. Elle avait chaud, pourtant elle frissonnait. Son esprit s'emballait.
Qu'est-ce que je fais ici ?
Pourquoi ai-je dit oui ?
Est-ce que je vais aller jusqu'au bout ?
Est-ce que je veux... aller jusqu'au bout ?
Qu'est-ce que je fais ici ?
Pourquoi ai-je dit oui ?
Est-ce que je vais aller jusqu'au bout ?
Est-ce que je veux... aller jusqu'au bout ?
Marc revint avec un verre et le lui tendit. Leurs doigts se frôlèrent. Claire le remercia d'un souffle. Il ne la quittait pas des yeux. Son regard n'était ni pressant ni impatient. Il était là. Présent. Plein de cette assurance tranquille qui troublait Claire plus encore que mille compliments.
Il s'approcha doucement. Pas trop près, mais juste assez pour qu'elle sente sa chaleur. Et dit :
— Tu peux t'asseoir, ou rester debout. Tu peux me parler, ou te taire. Tu peux partir maintenant. Ou rester, aussi longtemps que tu veux.
Elle le regarda. Il ne jouait pas un rôle, il ne forçait rien, et c'était peut-être ça le plus troublant.
Elle murmura, presque surprise de ses propres mots :
— Je préfère rester encore un peu.
Il hocha la tête, puis lentement s'approcha un peu plus. Ses doigts effleurèrent le col de son manteau.
— Je peux ?
Elle hocha la tête, muette. Il glissa doucement le manteau de ses épaules. Le tissu glissa dans un bruissement délicat. Dessous, elle portait un pull fin, beige clair, qui épousait ses formes avec une élégance pudique. Elle se sentit nue sous son regard, et pourtant... belle et désirable.
Marc déposa le manteau sur le dossier d'un fauteuil. Puis se tourna à nouveau vers elle. Il ne la toucha pas, il la regarda seulement comme on regarde une œuvre rare. Et Claire sentit ses jambes fléchir légèrement.
Elle s'assit enfin sur le canapé, jambes croisées, son verre d'eau toujours entre les mains. Il vint s'asseoir en face d'elle, dans un fauteuil bas. Le silence s'installa à nouveau. Un silence chargé d'électricité.
— Tu es très belle, dit-il simplement.
Claire baissa les yeux. Elle avait envie de répondre, de protester, de fuir peut-être mais elle resta là. Une chaleur douce montait en elle. Ce compliment-là ne sonnait pas comme ceux lancés machinalement dans la rue ou au bureau. Il avait du poids, de la sincérité.
Marc se leva lentement, fit quelques pas vers elle, puis s'agenouilla à ses pieds, la regardant de bas. Elle, assise, le surplombait légèrement. Elle sentait son souffle. Elle n'avait pas bougé.
Il tendit la main, la posa très doucement sur sa cheville, juste au-dessus de la chaussure. Attendant un geste, un mot. Il n'en eut pas besoin. Elle ne le repoussa pas.
Ses mains remontèrent lentement le long de ses jambes, retirant une à une ses chaussures avec délicatesse. Puis, il posa un baiser léger sur le tissu de son collant.
Claire ferma les yeux. Elle n'avait jamais vécu cela. Son souffle s'était fait plus court. Ce baiser, si discret, posé sur son collant, avait déclenché en elle un frisson qu'elle n'attendait pas. Une onde de chaleur diffuse, profonde, presque dérangeante tant elle était sincère.
Marc ne bougeait plus. À genoux devant elle, il semblait écouter son silence. Puis ses mains, toujours aussi lentes, remontèrent un peu, suivant la ligne de ses mollets. Quand elles atteignirent ses genoux, il s'arrêta. Claire entrouvrit les yeux. Son regard croisa le sien.
— Tu peux m'arrêter quand tu veux, murmura-t-il.
Elle ne répondit pas. Son corps, lui, avait déjà parlé : elle avait légèrement entrouvert les cuisses... Juste ce qu'il fallait.
Marc poursuivit donc sa lente ascension. Ses mains effleurèrent ses cuisses, sur le tissu tendu du collant. Il caressait sans presser, comme on découvre une soie précieuse. Claire se mordit la lèvre. Chaque geste, chaque frôlement lui faisait perdre un peu plus de repères. Tout en elle était éveillé, vibrant, à l'écoute de ce qui venait. Elle ne pensait plus à son mari, ni à la gare, ni à Bordeaux. Elle pensait à cet instant, à cet homme qui la regardait comme si elle était la seule femme au monde.
Il se redressa enfin, lentement, s'assit près d'elle, mais pas contre elle. Non, à une distance subtile, maîtrisée, et tendit la main vers son visage.
Ses doigts touchèrent sa joue, très doucement. Une caresse. Puis ils glissèrent le long de son cou, frôlèrent le lobe de son oreille. Claire sentit sa tête pencher légèrement vers cette main. Elle avait envie qu'il la touche encore.
Il murmura :
— Tu es magnifique.
Elle sourit, presque triste.
— Il y a longtemps qu'on ne me l'a dit.
Il ne répondit pas. Ses lèvres s'approchèrent. Elle ferma les yeux. Leur premier baiser fut d'une lenteur infinie. Aucune précipitation. Il ne chercha pas sa langue. Il posa juste ses lèvres contre les siennes, les y laissa un instant. Comme s'il voulait simplement les goûter.
Puis il se recula légèrement. L'observa. Claire rouvrit les yeux. Elle était troublée. Ses mains tremblaient un peu. Elle posa son verre sur la table basse, sans un mot.
— J'ai envie de te déshabiller, dit-il calmement. Mais seulement si tu le veux bien.
Elle respira profondément. C'était irréel. Elle n'avait jamais vécu une approche aussi respectueuse. Et pourtant si électrisante.
Elle murmura :
— Oui. D'accord.
Alors il se leva, se plaça face à elle. Elle se leva aussi. Il posa les mains sur le bas de son pull, le remonta lentement, découvrant son ventre, ses côtes, son soutien-gorge couleur chair, simple mais élégant. Elle leva les bras, se laissa faire. Le pull tomba sur le canapé.
Il recula d'un pas, la contempla. Elle, en collant, jupe, soutien-gorge, debout dans son salon. Claire sentit le poids de son regard sur sa peau. Et pour la première fois depuis longtemps, elle se sentit fière de son corps.
Marc s'approcha à nouveau. Il posa ses lèvres sur sa clavicule, y laissa un baiser brûlant. Puis un autre, plus bas. Ses mains caressaient ses hanches, ses reins, sans jamais se presser. Comme s'il voulait la réveiller centimètre par centimètre.
Quand enfin il glissa ses doigts sous l'élastique de sa jupe, Claire frémit. Il la fit glisser lentement le long de ses hanches, la laissant tomber à ses pieds. Il se pencha, effleura ses cuisses du bout des lèvres. Et resta là, à genoux, respirant contre elle, les yeux fermés.
Claire sentit ses jambes trembler. Le désir, cette fois, était partout. Dans ses reins, dans sa poitrine, dans sa gorge serrée.
Marc se releva. La regarda. Et l'embrassa à nouveau, plus intensément cette fois. Leurs bouches se trouvèrent, se cherchèrent, se pressèrent. Claire répondit avec avidité. Ses mains trouvèrent les boutons de sa chemise à lui, commencèrent à les défaire, maladroites, tremblantes. Elle découvrit sa peau chaude, ferme, légèrement parfumée.
Il murmura contre ses lèvres :
— Viens.
Et il l'entraîna vers la chambre.
La chambre était vaste, épurée, baignée d'une lumière douce qui filtrait à travers de lourds rideaux tirés. Une grande fenêtre donnait sur une cour intérieure silencieuse. Le lit, au centre, était large, recouvert d'un linge de lin gris clair, froissé juste ce qu'il faut. Une toile abstraite au-dessus de la tête de lit, une commode basse, une odeur discrète d'ambre et de bois fumé… L'endroit respirait la sérénité et l'intimité. Un cocon.
Claire entra sans un mot, précédée de Marc qui referma doucement la porte derrière eux. Elle sentit le battement sourd de son cœur s'accélérer.
C'est là que ça va se passer, pensa- t-elle. Là que je vais franchir la ligne.
Elle se tenait au pied du lit, encore en soutien-gorge et collant, sa jupe abandonnée quelque part dans le salon. Lui, torse nu, s'approcha lentement. Il ne parlait pas.
, ses gestes, ses regards, parlaient pour lui.
, ses gestes, ses regards, parlaient pour lui.
Il posa une main sur sa joue, puis sur sa nuque. L'attira doucement contre lui. Leurs corps se touchèrent enfin. La chaleur de sa peau contre la sienne la fit frémir. Elle passa ses bras autour de son cou, ferma les yeux. Il l'embrassa à nouveau. Plus fort, plus profond, leurs langues se rencontrèrent, se cherchèrent, se découvrirent.
Ses mains glissèrent lentement le long de son dos, jusqu'à l'attache de son soutien-gorge. Il attendit un regard, une approbation. Claire hocha à peine la tête, les yeux mi-clos. Alors il le dégrafa, le laissa glisser le long de ses bras. Elle était nue à moitié, offerte, vulnérable… et plus vivante que jamais.
Il recula d'un pas, la regarda sans rien dire. Claire sentit cette façon qu'il avait de la contempler, comme un trésor précieux. Ce n'était pas une convoitise vulgaire. C'était une adoration muette, un désir profond. Elle n'avait pas été regardée comme ça depuis… elle ne savait même plus.
Marc tendit la main et glissa un doigt sous la bordure de son collant. Lentement, il le fit descendre, centimètre par centimètre, comme s'il déshabillait une statue. Claire leva les pieds, docile, pour l'aider à le retirer. Il resta un instant à genoux devant elle, mains posées sur ses hanches, son visage si près de son ventre nu qu'elle en eut le vertige.
Puis il se releva. Et l'embrassa longuement. Ses mains caressaient désormais tout son corps, ses hanches, ses seins, son dos, comme pour en mémoriser chaque courbe. Claire répondait, haletante. Elle n'avait plus peur, elle avait franchi quelque chose. Ce n'était plus seulement un jeu, c'était un abandon.
Il la guida jusqu'au lit. Elle s'y allongea, sans réfléchir. Lui l'observa un instant, debout au bord du matelas, son regard sombre brûlant d'envie. Il ouvrit lentement sa ceinture, abaissa son pantalon, se retrouva en boxer. Son excitation, visible, tendait le tissu. Claire le regardait, hypnotisée. Cet homme… je le veux. Là. Maintenant.
Il monta sur le lit, se plaça au-dessus d'elle. Leurs peaux se frôlèrent, se trouvèrent. Ses mains parcouraient son ventre, ses cuisses, ses seins. Il n'allait pas vite. Il explorait. Il la découvrait. Claire sentait sa peau réagir à chaque contact, son bassin s'arquait déjà malgré elle.
— Tu es si belle... souffla-t-il, la bouche contre son cou. J'ai envie de te goûter… partout.
Et il descendit lentement, en baisers, le long de son corps nu. De sa gorge à sa poitrine, de sa poitrine à son ventre, de son ventre à ses cuisses. Claire haletait. Elle n'avait plus de mots. Elle n'était plus que sensation.
Quand enfin sa bouche se posa sur elle, entre ses cuisses, elle se cambra, les mains crispées dans les draps. Il la léchait avec une lenteur et une précision infinies. Parfois il s'arrêtait. Juste assez pour la faire gémir. Puis reprenait. Claire se perdit. Elle ne pensait plus à rien. Elle se laissa aller, tiraillée entre le plaisir qui montait et la honte délicieuse d'être si nue, si offerte à un autre que son mari.
Et puis l'orgasme arriva. Brutal, profond, inattendu. Elle le laissa la traverser comme une vague immense. Elle gémit longuement, son corps secoué de spasmes. Marc remonta vers elle, la prit dans ses bras, la couvrit de baisers.
Mais ce n'était pas fini.
Il se débarrassa de son dernier vêtement, lentement. Claire tendit la main, caressa sa peau, son sexe dur, avec une envie mêlée de tendresse et de feu. Elle le guida entre ses jambes. Leurs regards se croisèrent une dernière fois.
Et il entra en elle.
Tout doucement d'abord, puis plus profondément. Claire gémit à nouveau. Ils bougèrent ensemble, en rythme, comme s'ils se connaissaient depuis toujours. Leurs corps se cherchaient, se prenaient, se frottaient avec une intensité presque animale.
Ils firent l'amour longtemps. Lentement tout d'abord, puis plus vite, puis de nouveau lentement. Elle l'agrippa, il la mordit, elle le griffa, il la prit encore. Chaque mouvement faisait monter une nouvelle vague de plaisir. Claire n'était plus cette femme discrète de la gare. Elle était soudain différente, vivante.
Quand enfin ils s'effondrèrent l'un contre l'autre, haletants, tremblants, le silence revint. Un silence chargé. Un silence de peau contre peau, de sueur, de désir assouvi.
Claire ferma les yeux. Et se demanda : Comment vais-je revenir à ma vie d'avant ?
Le silence était revenu, feutré, presque irréel. Seuls les bruits de la ville, lointains, filtraient jusqu'à la chambre, comme un rappel que le monde continuait à tourner. Mais dans ce cocon de draps froissés, il n'y avait plus de temps, plus de train, plus de destination. Juste deux corps nus, allongés côte à côte, liés par ce qu'ils venaient de vivre.
Claire était sur le dos, les yeux ouverts, fixant le plafond. Une mèche collée à sa tempe, sa poitrine se soulevait doucement au rythme de sa respiration. À côté d'elle, Marc, allongé sur le côté, la contemplait en silence.
Il tendit la main, effleura son ventre, traça un cercle du bout des doigts sur sa peau. Claire frissonna.
— Ça va ? murmura-t-il.
Elle hocha la tête, sans un mot. Oui, ça allait, très bien même. Et en même temps… elle ne savait plus. Son corps vibrait encore, son cœur battait trop vite, son esprit, lui, était ailleurs, perdu quelque part entre la culpabilité et une étrange forme de gratitude.
Marc se rapprocha, posa ses lèvres sur son épaule nue, y déposa un baiser, puis il dit, à mi-voix :
— Tu es bien silencieuse !!!
Claire sourit faiblement. Elle tourna la tête vers lui. Son regard était flou, ému.
— Je réfléchis, répondit-elle.
— À quoi ?
Elle hésita. Puis soupira.
— A ce que je viens de faire, à ce que je viens de vivre, à ce que ça veut dire et à ce que ça ne veut pas dire.
Il resta un instant immobile, puis se redressa légèrement sur un coude, les draps glissant le long de son torse.
— Tu veux que je te dise ce que moi, je pense ?
Claire hocha la tête.
— Je pense… que ce n'est pas une erreur. C'était un moment merveilleux, un cadeau. Quelque chose que la vie t'a offert, ou... que tu t'es offert à toi-même.
Elle le regarda, touchée par la simplicité de ses mots. Ce n'était pas un discours de séducteur. C'était… vrai.
— Et maintenant ? demanda-t-elle, presque dans un souffle.
Marc la contempla un instant, caressa une mèche de ses cheveux, la remit derrière son oreille.
— Maintenant, on peut… rester encore un peu. Prendre un café, ou faire l'amour à nouveau. Parler ou se taire. C'est toi qui choisis.
Claire sentit une larme couler sur sa tempe. Il ne la vit pas. Elle la chassa d'un revers de main discret.
— J'ai envie de rester, murmura-t-elle.
Il sourit.
— Alors reste.
Il se leva du lit, nu, sans gêne, avec cette grâce naturelle des hommes qui savent qu'ils plaisent. Il s'éclipsa dans le couloir. Claire resta allongée, observant la pièce, les plis des draps, l'empreinte de leurs corps mêlés, les petits détails qui allaient rester gravés dans sa mémoire. Un instant plus tard, il revint avec deux tasses fumantes.
— Noir, sans sucre, comme au café tout à l'heure, dit-il.
Elle se redressa dans le lit, attrapa la tasse, le remercia d'un regard. Le café avait un goût différent. Un goût de désir assouvi.
Ils burent en silence. Il vint s'asseoir à côté d'elle, jambes croisées, torse nu, le regard tendre. Claire posa sa tête sur son épaule. Il caressa doucement sa main, du bout des doigts.
Un moment passa. Puis elle se tourna vers lui, le regard fixe.
— Est-ce que tu… t'attendais à ça ?
Il rit doucement, sans moquerie.
— Non. Mais je l'ai espéré, dès que je t'ai vue devant ce fichu panneau d'affichage.
Elle sourit.
— Moi, je ne pensais pas en être capable.
Il l'embrassa sur la tempe.
— Tu l'étais. Et tu l'es encore.
Le silence revint, mais le désir, lui, n'était pas éteint. Pas tout à fait.
Marc posa sa tasse, Claire en fit de même. Leurs regards se croisèrent, plus intenses. Un souffle, un frémissement, une envie qui renaît. Et sans un mot, ils s'embrassèrent à nouveau. Le baiser était différent, moins urgent, plus profond, plus complice.
Claire se laissa basculer sur le dos. Elle savait que cette journée n'était pas terminée.
Leurs corps s'étaient retrouvés avec une évidence troublante. Rien de précipité cette fois. Rien de brusque, juste cette lenteur complice, cette faim tranquille qui s'éveille dans les silences, dans les caresses longues, dans les regards qui ne fuient plus.
Marc s'était allongé sur elle avec douceur. Il la regardait dans les yeux. Claire n'avait jamais été scrutée ainsi. Ce n'était pas une inspection, c'était une adoration silencieuse, comme s'il voulait graver chaque expression de son visage.
Leurs lèvres s'étaient cherchées à nouveau, mais plus tendrement. Chaque baiser était un aveu, chaque soupir une promesse. Le goût du café encore sur leurs langues, mêlé aux restes du désir qui n'avait jamais vraiment quitté la pièce.
Les mains de Marc se promenaient lentement, sans hâte, redécouvrant les courbes qu'il connaissait déjà, mais avec l'attention d'un homme qui veut mémoriser chaque frisson. Il effleurait ses seins du bout des doigts, dessinait des cercles paresseux sur son ventre, puis descendait, toujours plus bas, sans jamais cesser de la regarder.
Claire, elle, se laissait faire. Ou plutôt : elle se livrait. Le corps offert, la respiration plus saccadée. Elle se sentait à la fois vulnérable et puissante. C'était nouveau. Et ça l'enivrait.
Quand sa main atteignit l'entrejambe, il ne chercha pas l'effet immédiat. Il s'attarda. Il effleura, à peine. Il la frôla, la caressa du plat de la main, sentant son bassin se cambrer lentement sous la caresse. Claire gémit, si doucement que le bruit de la rue l'aurait couvert. Mais Marc l'avait entendu. Il souriait, victorieux et tendre.
— Tu es encore plus belle ainsi, souffla-t-il, le regard brûlant.
Elle le tira vers elle, l'embrassa plus fort. Son souffle se faisait plus court. Elle voulait le sentir, le recevoir à nouveau, mais différemment. Cette fois, elle voulait le guider, l'accueillir, le posséder autant qu'il la possédait.
Marc se glissa entre ses cuisses, lentement. Très lentement. Leurs souffles se mêlaient, chauds, impatients, mais retenus. Lorsqu'il entra en elle, ce fut sans précipitation. Claire ferma les yeux, étouffa un soupir. Elle s'ouvrit à lui avec un abandon total.
Ils restèrent un instant immobiles, simplement unis. Corps à corps, peaux humides, frissons mêlés. Puis, tout doucement, il commença à bouger. Chaque va-et-vient était une caresse, une onde, un dialogue sans mot. Ses mains sur ses hanches, son front posé contre le sien.
Claire n'avait jamais ressenti cela. Une lenteur aussi intense. Une montée du plaisir si progressive qu'elle en devenait vertigineuse. Caresse après caresse, poussée après poussée, elle s'abandonnait un peu plus.
Ses jambes s'enroulèrent autour de lui. Ses doigts agrippèrent ses omoplates. Elle le pressait contre elle, le voulait plus profondément encore. Et il répondait, toujours en douceur, mais avec une fermeté grandissante. Il gémissait lui aussi, à son oreille.
— Claire… Claire…
Elle bascula la tête en arrière, offrit son cou à ses lèvres, et le plaisir monta, inexorable, dévastateur, comme une vague qui prend son élan au loin.
Quand l'orgasme la traversa, elle ne cria pas. Elle gémit, longuement, un râle profond, comme venu du ventre. Elle se cambra sous lui, secouée de spasmes doux, presque silencieux. Marc la suivit dans cette jouissance lente, enfoncé jusqu'à la garde, tendu, tremblant contre elle.
Ils restèrent ainsi collés, haletants, enlacés, dans le silence revenu.
Puis il roula sur le côté, l'attira contre lui. Elle posa sa tête sur son torse, écoutant son cœur qui battait fort. Il caressait ses cheveux, sans un mot.
Et dans ce silence lourd de sens, Claire comprit qu'elle ne serait plus jamais tout à fait la même.
Elle s'était assoupie un moment, blottie contre lui, son dos contre son torse, son souffle paisible. La chambre baignait dans une lumière orangée de fin d'après-midi. Le silence était dense, presque irréel.
Quand elle ouvrit les yeux, ce fut un frisson qui la réveilla. Non pas de froid, la chaleur du corps de Marc la couvrait encore, mais un frisson venu du ventre, une pulsation diffuse qui réveillait une faim plus profonde, plus viscérale.
Elle se retourna lentement et le trouva déjà éveillé, le regard posé sur elle.
— Tu veux qu'on reparte ? murmura-t-il.
Elle ne répondit pas. Ses yeux descendirent lentement le long de son torse, s'attardèrent sur ses hanches, puis elle se redressa, sans un mot, et le chevaucha avec une lenteur calculée.
Le corps nu de Claire s'offrait à lui dans toute sa beauté : seins fiers, hanches souples, silhouette fine et vive, teint réchauffé par la lumière dorée. Elle s'assit lentement sur lui, prenant tout son temps pour le sentir en elle, centimètre après centimètre. Elle gémit doucement, la tête rejetée en arrière, les mains posées sur son torse pour garder l'équilibre.
Marc ferma les yeux et s'abandonna à la sensation. Elle était chaude, moite, glissante. Et le spectacle de cette femme belle, élégante, dominant l'instant, le fit durcir encore davantage en elle.
Claire ondulait maintenant, doucement d'abord, puis plus vite. Elle s'empalait sur lui, le prenait entièrement. Son corps brillait de sueur, ses cheveux collaient à ses tempes. Elle ouvrait la bouche, laissait échapper des gémissements bruts, sans filtre. Elle n'était plus timide. Elle ne demandait plus la permission.
— Claire… c'est fou… tu es…
Mais elle ne le laissa pas finir. Elle se pencha sur lui, l'embrassa à pleine bouche, mordit même un peu sa lèvre, puis redressa son bassin pour mieux le sentir au fond. Elle jouait de ses muscles intérieurs, le serrait à chaque va-et-vient. Elle le rendait fou.
Mais c'est lui qui craqua le premier. Il la saisit par la taille, la souleva d'un mouvement puissant et la bascula sur le matelas.
— Maintenant, c'est à moi, souffla-t-il.
Il la fit se retourner, doucement mais fermement. Elle comprit tout de suite. Elle se mit à quatre pattes, le cœur battant, offerte, frémissante. Et quand il entra en elle par-derrière, ce fut d'un coup sec, puissant, presque animal.
Claire cria. Un cri court, de surprise mêlée de plaisir intense.
Marc la tenait par les hanches, la tirait à lui à chaque coup de reins. Ses gestes étaient virils, sans fioritures, mais jamais brutaux, juste… instinctifs. Comme s'il l'avait attendue toute sa vie. Le claquement de leurs peaux résonnait dans la pièce. Le lit grinçait. Les halètements montaient.
Claire se perdait, littéralement. Elle criait son nom, gémissait, se cambrait davantage encore. Il la prenait profondément, virilement, comme pour la marquer, la posséder jusqu'au fond. Il l'aimait de tout son corps, avec une urgence brûlante.
Et quand ils jouirent ensemble, presque en même temps, ce fut comme une vague qui les fracassa. Un orgasme intense, puissant, qui secoua tout leur être.
Ils restèrent là, étendus, haletants, vidés, les corps enchevêtrés, moites, encore tremblants.
Une heure plus tard, ils quittèrent l'appartement. Le ciel s'était couvert, l'air était plus frais. Claire portait les mêmes vêtements que le matin, mais tout en elle avait changé. Son pas, son regard, son souffle.
À la gare Montparnasse, les panneaux d'affichage étaient de nouveau actifs. Les trains avaient repris. Le hall n'était plus en chaos, mais un calme fatigué régnait. Ils marchèrent côte à côte, silencieusement. Les mots n'étaient plus nécessaires.
Dans le train, ils s'installèrent l'un à côté de l'autre, sans chercher à se cacher. Marc posa doucement sa main sur la sienne. Elle la serra, brièvement. Puis ils regardèrent tous deux par la fenêtre, alors que Paris s'éloignait doucement.
Leurs regards se croisèrent à nouveau, et sans un mot, Claire sut que cette journée ne s'effacerait jamais. Pas plus que cet homme.
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Commentaires ()
Merci
Une belle rencontre qui va surement changer ton héroine... Ce qui va se passer à Bordeaux restera à Bordeaux.
Vivement le 30 Juillet pour lire la suite
J'aime le ton, la finesse, l'ambiance, laliberté de ces deux Etres,
Merci
Ça donne envie....
J'espère que la suite sera de la même veine.
Continuez ainsi c'est trop beau.
Imax