Réel
Bi
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Claire, une fille un peu trop sage — Chapitre 1
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Claire, une fille un peu trop sage
Chapitre 1
Le miroir de la salle de bain de l’hôtel reflétait l’image exacte de ce que Claire s’efforçait d’être : une jeune femme sans histoires. Ses cheveux châtains, lisses et coupés aux épaules, encadraient un visage aux traits doux, presque enfantins. Sous son peignoir de coton blanc, son corps racontait pourtant une tout autre version. Grande, athlétique, elle possédait cette cambrure nerveuse des femmes qui s'ignorent. Ses seins, ronds et fermes comme deux pamplemousses mûrs, pointaient sous le tissu, réagissant au simple frisson de l'air climatisé.
Claire soupira. Elle était venue ici, dans ce complexe luxueux niché au cœur de la forêt, pour accompagner Marc, son petit ami, à son séminaire d'entreprise. Elle était la seule « intruse » féminine dans ce bastion de cadres dynamiques.
Pour Marc, elle était la compagne parfaite : studieuse, sage, un peu réservée sous la couette. Il n'avait aucune idée des tempêtes qui l'habitaient ni des moments où, seule dans l'appartement, elle se griffait les cuisses en étouffant ses gémissements pour ne pas alerter les voisins.
L'après-midi touchait à sa fin. Tandis que les hommes étaient enfermés en conférence, Claire profita de la piscine à débordement. Elle portait un maillot une pièce noir, d'une sobriété trompeuse, qui soulignait la finesse de sa taille et la longueur de ses jambes de sportive.
Elle nageait avec une vigueur presque rageuse, tentant de noyer ce désir brûlant qui la taraudait depuis son arrivée. En sortant du bassin, l'eau ruisselant sur sa peau dorée, elle se figea. Il était là ! Assis dans un fauteuil en rotin, un verre de scotch à la main, un homme l'observait. Ce n'était pas un collègue de Marc, c'était Julien Vasseur, le grand patron. La quarantaine charismatique, des tempes légèrement grisonnantes et un regard d'un bleu d'acier qui semblait déshabiller non pas le corps, mais l'âme.
— Vous nagez comme si vous cherchiez à fuir quelque chose, Claire, dit-il d'une voix basse, profonde, qui la fit frissonner instantanément.
— Monsieur Vasseur… Je ne vous avais pas vu. Je pensais que la réunion n'était pas finie, balbutia-t-elle en cherchant nerveusement sa serviette.
— Monsieur Vasseur… Je ne vous avais pas vu. Je pensais que la réunion n'était pas finie, balbutia-t-elle en cherchant nerveusement sa serviette.
Il se leva avec une aisance de prédateur. Il était grand, imposant, et l'aura de pouvoir qui émanait de lui était presque palpable. Il s'approcha d'elle, bien trop près pour une simple courtoisie.
— Les chiffres m'ennuient. Je préfère de loin les spectacles… authentiques.
Ses yeux descendirent lentement le long de son cou, s'arrêtant sur la courbe de sa poitrine que le froid faisait ressortir avec une insolence involontaire. Claire sentit un courant électrique traverser son bas-ventre. Cet homme ne la regardait pas comme Marc la regardait. Marc voyait une petite amie à protéger ; Vasseur voyait une proie à explorer. Le jeu commence.
— Marc a beaucoup de chance, reprit-il en faisant un pas de plus. Mais je me demande s'il réalise quel trésor de retenue il a entre les mains. Ou s'il sait ce qui se cache derrière ce masque de jeune fille rangée.
Claire sentit son cœur cogner contre ses côtes. Elle aurait dû partir, rire nerveusement, rejoindre sa chambre. Au lieu de cela, elle resta clouée au sol, fascinée par la perversité tranquille qui brillait dans les yeux de cet homme.
— Je ne vois pas de quoi vous parlez, murmura-t-elle, la gorge sèche.
Julien sourit, un sourire qui n'atteignait pas ses yeux. Il tendit la main et, du bout des doigts, il écarta une mèche de cheveux mouillés de son épaule. Le contact fut bref, mais il brûla Claire comme un fer rouge.
— Ne me mentez pas, Claire. Je vois vos mains trembler. Je vois comment vous me regardez. Vous avez faim, et ce n'est pas de l'eau de cette piscine dont vous avez besoin.
Il se pencha à son oreille, son souffle chaud provoquant une décharge d'adrénaline pure dans tout le corps de la jeune femme.
— Ce soir, il y a un dîner de clôture. Portez quelque chose qui vous ressemble vraiment. Pas ce que Marc attend de vous. Ce que vous voulez que je voie.
Sans attendre de réponse, il tourna les talons, la laissant seule, tremblante et terriblement humide, au bord de l'eau bleue, alors que le soleil disparaissait derrière les arbres. Pour la première fois de sa vie, Claire ne se sentait plus sage du tout. Elle se sentait vivante. Dans la chambre d’hôtel, l'atmosphère était étouffante. Marc s'activait, boutonnant sa chemise avec une fierté évidente. Pour lui, ce dîner était une opportunité de carrière ; pour Claire, c’était un précipice.
— Tu viens, ma puce ? demanda Marc en ajustant sa cravate devant la glace. Tu as l'air ailleurs. Tu es sûre que tu ne veux pas rester te reposer ?
— Non, je… je vais me préparer. Je vous rejoins au salon de réception dans trente minutes, répondit-elle, la voix légèrement altérée.
— Non, je… je vais me préparer. Je vous rejoins au salon de réception dans trente minutes, répondit-elle, la voix légèrement altérée.
Dès que la porte se referma sur lui, Claire s'effondra sur le lit. Ses mains tremblaient encore. L’ordre de Julien Vasseur résonnait dans sa tête comme un tambour :
— Portez quelque chose qui vous ressemble vraiment !
Elle ouvrit sa valise. Des jeans, des chemisiers en coton, une petite robe d'été fleurie... Rien de tout cela ne correspondait à l'incendie qui ravageait ses entrailles depuis leur échange au bord de la piscine. Elle se sentait déchirée. Une part d'elle voulait rester la « petite amie sage » de Marc, celle qui ne faisait pas de vagues. Mais une autre part, plus sombre, plus archaïque, hurlait son besoin d'obéir à cet homme qui avait lu en elle comme dans un livre ouvert. Poussée par une pulsion qu'elle ne contrôlait plus, elle descendit dans le hall et se dirigea vers la boutique de luxe de l'hôtel. Les vitrines brillaient sous les spots. Son regard fut immédiatement attiré par une robe en soie sauvage, d'un rouge profond, presque couleur sang. Elle entra. La vendeuse, une femme d'un certain âge au regard complice, l'orienta vers les cabines.
— C’est une pièce audacieuse, murmura la femme. Elle ne pardonne rien.
Dans l'intimité de la cabine, Claire laissa glisser son peignoir. Elle observa son reflet. Ses seins fermes, à la peau de porcelaine, semblaient appeler une main étrangère. Elle enfila la robe. Le tissu était d'une finesse inouïe, caressant sa peau comme une promesse. La robe était dépourvue de dos, tenue uniquement par de fines brides, et le décolleté plongeant laissait deviner la naissance de ses pamplemousses ronds.
Mais le plus troublant était l'absence de sous-vêtements. La coupe de la robe interdisait le port d'un soutien-gorge, et la soie était si légère qu'elle marquait chaque mouvement de son corps. Elle se vit alors telle qu'elle était vraiment : une femme dont la silhouette athlétique et fine cachait une luxure dévorante. Elle ne portait rien d'autre que cette soie rouge. Elle était nue sous le regard potentiel de cinquante hommes, et surtout, sous celui de Julien.
Elle retourna dans la chambre pour finir de se préparer. Elle se maquilla avec soin, accentuant le rouge de ses lèvres, et laissa ses cheveux châtains tomber en une cascade lisse sur ses épaules dénudées.
À chaque geste, le frottement de la soie contre ses mamelons durcis lui causait une décharge électrique. Elle pensa à Marc, qui l'attendait en bas, ignorant tout du volcan qu'il s'apprêtait à escorter. Puis elle pensa à Julien, à son regard d'acier, à la perversion qu'elle avait devinée sous son calme olympien.
Elle se sentait manipulée, certes, mais cette manipulation était la clé de sa propre prison. Julien ne la forçait pas ; il déverrouillait une porte qu'elle avait elle-même condamnée. Elle vaporisa un nuage de parfum au creux de sa poitrine, entre ses deux seins fermes, et prit une grande inspiration. Elle n'était plus l'étudiante sage. Elle était l'invitation vivante au péché que son patron avait exigée.
Elle quitta la chambre, le pas assuré par ses talons hauts, sentant le vide délicieux entre ses cuisses à chaque mouvement, prête à entrer dans l'arène. Elle savait que ce soir, le vernis n'allait pas seulement craquer : il allait voler en éclats.
Lorsque Claire poussa les doubles portes du grand salon de réception, un silence soudain sembla paralyser l'assemblée. Le brouhaha des conversations masculines s'éteignit, remplacé par le froissement des verres de cristal que l'on repose trop vite.
Elle s'avançait avec une grâce nouvelle, presque féline, chaque pas soulignant le galbe de ses hanches sous la soie rouge. L'absence de soutien-gorge était flagrante : à chacun de ses mouvements, la rondeur ferme de ses seins oscillait avec une liberté provocante sous le tissu fluide, et les pointes durcies par le trac — ou l'excitation — marquaient la soie de façon indécente.
Marc, qui discutait avec deux collègues, resta littéralement bouche bée. Il se précipita vers elle, les yeux brillants d'une fierté possessive.
— Claire ! Mais… tu es sublime ! murmura-t-il en lui saisissant la taille, sa main se posant sur le bas de son dos dénudé.
Il la fit pivoter pour la présenter, gonflant le torse. Pour Marc, cette métamorphose était une aubaine. Il voyait dans les regards envieux de ses collègues une validation de sa propre réussite. Dans son esprit étroit, une femme aussi spectaculaire à son bras ne pouvait que lui attirer les faveurs de la direction. Il ne remarquait pas l'éclat sauvage dans les yeux de sa compagne ni la façon dont elle se cambrait légèrement sous sa main, cherchant inconsciemment un contact plus rude. Entourée par l'équipe de Marc, Claire se sentait comme une œuvre d'art exposée à la convoitise. Les compliments pleuvaient, mielleux et chargés de sous-entendus. Les hommes, tous en costumes sombres, la dévoraient des yeux, jaloux de ce subalterne qui semblait posséder une créature aussi divine.
— Marc, tu nous avais caché que tu partageais la vie d'une déesse, lança le directeur financier, le regard obstinément fixé sur le décolleté de Claire.
Elle souriait mécaniquement, mais son esprit était ailleurs. Elle brûlait. Elle cherchait l'unique regard qui comptait. Enfin, elle le vit. Julien Vasseur était au centre d'un petit groupe, à l'autre bout de la pièce. Il tenait un verre de vin rouge, le visage impassible, écoutant distraitement un rapport. Claire fit en sorte de se placer dans son champ de vision, espérant un signe, un choc électrique, une validation de son obéissance. Elle voulait qu'il voie qu'elle était venue nue sous sa robe, comme il l'avait suggéré. Elle voulait qu'il voie que ses seins, ces pamplemousses dont il avait deviné la fermeté, n'attendaient que lui.
Mais Julien ne lui accorda pas un seul regard. Il l'ignora avec une froideur magistrale. Il passa même à quelques mètres d'elle pour se diriger vers le buffet, sans même tourner la tête, continuant sa conversation comme si elle n'était qu'un élément de décor parmi d'autres.
Ce mépris feint fut pour Claire une torture plus délicieuse que n'importe quelle caresse. Elle comprit immédiatement le jeu : il l'avait soumise à sa volonté en un seul après-midi, et maintenant qu'elle avait cédé, il la laissait mijoter dans son propre désir, l'exposant à la convoitise des autres tout en lui refusant l'attention qu'elle mendiait secrètement.
Il savait qu'elle avait obéi. Il savait qu'elle était là, offerte, le sexe sans doute déjà humide sous la soie. En l'ignorant, il prenait possession d'elle plus sûrement que s'il l'avait embrassée devant tout le monde.
Claire sentit une bouffée de chaleur lui monter au visage. Elle se colla un peu plus contre Marc, non par affection, mais parce que le contact du costume de son copain irritait agréablement ses mamelons sensibles. Elle était à bout de nerfs, prise au piège d'un prédateur qui ne faisait que commencer à jouer avec ses nerfs.
Le dîner fut annoncé, et le plan de table semblait avoir été orchestré avec une précision diabolique. Marc et Claire se retrouvèrent encadrés par la haute direction. À la droite de Claire siégeait Hervé, le directeur financier, un homme à la cinquantaine grasse et au rire trop sonore. Tout au long du repas, Hervé ne lui laissa aucun répit. Sous prétexte de lui verser du vin ou de lui faire commenter les mets, il se penchait vers elle, ses yeux porcins plongeant sans vergogne dans l'échancrure de sa robe. À chaque fois qu'elle se penchait pour attraper son verre, elle sentait le regard de l'homme rivé sur la rondeur de ses seins, guettant le moindre mouvement de la soie rouge qui menaçait de dévoiler ses aréoles. Marc, loin d'être offensé, semblait nager dans un bonheur absolu. Il se pencha vers l'oreille de Claire, chuchotant avec une excitation mal contenue :
— Regarde, Hervé… Il est hypnotisé par toi. Il ne m'a jamais adressé plus de trois mots en deux ans, et là, il boit mes paroles parce que tu es à côté de moi. Continue comme ça, chérie, tu es parfaite.
Claire lui rendit un sourire forcé, un goût amer dans la bouche. Marc ne voyait pas qu'il vendait symboliquement sa compagne pour une promesse de promotion. Il ne voyait pas non plus que la jambe d'Hervé, sous la nappe, s'était dangereusement rapprochée de la sienne. Ce que Claire ignorait, c'est que ce manège était un rituel bien rodé. Julien Vasseur, assis en bout de table, présidait le banquet avec une autorité royale. Il ne parlait toujours pas à Claire, mais il observait la scène du coin de l'œil. Hervé n'était pas un rival pour Julien ; il était son rabatteur. Ils chassaient ensemble depuis des années. Le rôle d'Hervé était de saturer la proie d'une attention vulgaire et oppressante, de la déstabiliser par une drague lourde pour que, le moment venu, l'intervention de Julien semble être une délivrance.
— Dites-moi, Claire, reprit Hervé en posant une main qu'il voulait paternelle sur le dossier de sa chaise, effleurant au passage sa peau nue. Une jeune femme aussi sportive que vous doit s'ennuyer dans les salles de cours. Vous avez l'air d'avoir besoin de… sensations fortes.
Claire sentit un frisson de dégoût mêlé à une excitation trouble. Le contraste entre la sueur grasse d'Hervé et l'image glaciale de Julien qu'elle gardait en tête créait un court-circuit dans ses sens. Elle se sentait traquée, encerclée par ces hommes de pouvoir qui la considéraient comme un trophée. Julien finit par lever son verre dans sa direction. Ce n'était pas un toast amical, c'était un signal. Un instant, leurs regards se croisèrent enfin. Le bleu d'acier de Vasseur semblait lui dire :
— Vois-tu ce qui t'attend si je te laisse entre leurs mains ?
Hervé, enhardi par le vin et le silence de son patron, glissa sa main sur la table, ses doigts frôlant le poignet de Claire.
— Marc me disait que vous étiez une femme très… réservée. J'ai du mal à le croire en voyant cette robe. Elle crie tout le contraire, n'est-ce pas ?
Claire chercha le regard de Marc pour obtenir de l'aide, mais celui-ci était trop occupé à rire d'une blague du DRH. Elle était seule. Elle sentait le vide sous sa robe, l'humidité qui trahissait son corps face à cette agression psychologique. Elle était le centre d'une toile d'araignée dont Julien tenait les fils principaux.
La partie de chasse était officiellement ouverte, et elle comprit avec effroi et délice que la mise à mort ne serait pas l'œuvre d'Hervé, mais de celui qui l'ignorait avec tant de superbe Elle n'était plus une étudiante, elle était un appât qui commençait à réaliser la cruauté du piège.
La seconde partie de la soirée se déroula dans le grand salon de spectacle de l’hôtel. Les lumières s'étaient tamisées, ne laissant que quelques projecteurs balayer la scène où un magicien mentaliste commençait son numéro. L'obscurité devint l'alliée de la perversion.
Marc était aux anges. Porté par l'alcool et les tapes dans le dos de ses supérieurs, il se trouvait au centre d'un cercle de cadres qui l'interrogeaient sur ses derniers dossiers. Grisé, il en oubliait presque la femme à son côté. Pour lui, la bataille était gagnée : il était « dans la place ». Lorsqu'un vice-président l'entraîna vers le bar pour une discussion « stratégique », Marc ne jeta qu'un regard distrait à Claire, la laissant seule avec Hervé.
— Ne t'inquiète pas, chérie, Hervé prendra soin de toi, lança-t-il avec une insouciance qui sonna comme une sentence.
Hervé ne perdit pas une seconde. Profitant de la pénombre et du fracas de la musique de scène, il guida Claire vers un renfoncement de velours sombre, loin de l'agitation.
— Enfin seuls, Claire. Vous êtes encore plus fascinante dans le noir, murmura-t-il en se rapprochant.
Il ne se contentait plus de regarder. Sa main, lourde et moite, vint se poser sur la cuisse de Claire, remontant lentement le long de la soie rouge. Claire se raidit, un « non » mourant dans sa gorge. Elle repoussa la main d'Hervé avec une fermeté qui ne fit qu'attiser le feu chez le directeur financier.
— Oh, j'aime quand vous résistez, souffla-t-il, son haleine chargée de cognac contre son cou. Cette petite façade de sainte… on sait tous les deux qu'elle est en train de fondre.
Il pressa son corps contre le sien, sa main cherchant désormais à remonter vers ses seins. Claire sentait le dégoût l'envahir, mais ce dégoût était étrangement mêlé à une tension insupportable. Elle cherchait désespérément une issue, ses yeux parcourant l'ombre. C’est alors qu’une silhouette se découpa dans la lumière tamisée. Julien Vasseur apparut, calme, les mains dans les poches de son pantalon de costume sur mesure. Son arrivée fit instantanément reculer Hervé, non par crainte, mais par respect pour la hiérarchie du plaisir.
— Ça suffit, Hervé ! dit Julien d'une voix qui n'admettait aucune réplique. Tu l'as assez échauffée. Laisse-nous. »
Hervé s'inclina légèrement, un sourire libidineux aux lèvres, et fit un pas en arrière pour se fondre dans l'ombre du pilier voisin. Il restait là, spectateur privilégié, officiant comme garde du corps de cette infamie. Julien fit un pas vers Claire. Elle était prise entre le mur et le corps imposant de son patron. L'odeur de Julien — un mélange de tabac froid, de santal et de puissance — l'enveloppa.
— Regardez-vous, Claire, murmura-t-il en posant enfin ses mains sur ses épaules nues. Tremblante, traquée par un homme que vous méprisez, alors que votre petit ami vous vend pour une prime de fin d'année.
Ses mains descendirent lentement le long de son dos ouvert, ses doigts effleurant chaque vertèbre, jusqu'à s'arrêter juste au-dessus de la naissance de ses fesses.
— Vous vouliez que je vous remarque ? Vous vouliez que je voie ce que vous cachez ?
Il approcha son visage du sien, si près que leurs lèvres se frôlaient presque. D'un geste brusque, il saisit les deux poignets de Claire et les plaqua au-dessus de sa tête contre le mur. La robe se tendit violemment sur sa poitrine, révélant la forme parfaite de ses seins, les mamelons pointant fièrement sous la soie comme pour implorer une caresse.
— Maintenant, la petite étudiante sage va se taire ! ordonna-t-il en plongeant ses yeux dans les siens. Et elle va me montrer à quel point elle peut être vicieuse quand personne ne la regarde… à part moi.
Claire ferma les yeux, le souffle court, sentant le genou de Julien s'insérer entre ses cuisses, là où la soie était déjà trempée de son désir inavouable. La mise à mort commençait, et elle n'avait jamais autant eu envie de mourir.
Le piège s’était refermé. Claire se sentait comme une proie dont les défenses avaient été méthodiquement brisées. Les mots de Julien sur Marc avaient agi comme une lame, l'entaillant profondément : elle saignait de certitudes perdues, de dignité piétinée, et dans cette blessure s'engouffrait une soumission totale, presque extatique. Elle n'était plus l'étudiante, plus la petite amie ; elle était une chose entre les mains du maître. L’obscurité du recoin était précaire. À quelques mètres, les rires des collègues de Marc et les applaudissements pour le mentaliste créaient un rempart sonore, mais n'importe qui s'égarant vers les toilettes ou le bar pourrait les surprendre. Ce danger agissait sur Claire comme un poison violent, accélérant son pouls et rendant sa peau brûlante.
— À genoux, Claire, ordonna Julien d'une voix de velours et de fer.
Elle n'hésita pas. Ses genoux rencontrèrent la moquette épaisse de l’hôtel dans un froissement de soie. Sa robe rouge s'étala autour d'elle comme une flaque de sang. À cette hauteur, elle était face à la virilité de l'homme, dissimulée sous son pantalon de costume impeccable. Julien la dominait de toute sa stature, une main posée sur sa tête, ses doigts s'enfonçant dans ses cheveux châtains si soigneusement lissés. Il ne la brusquait pas, il la dirigeait avec une autorité tranquille.
— Regarde-le, Claire. C'est lui qui va s'assurer que tu restes avec nous ce soir, dit-il en désignant Hervé d'un signe de tête.
Hervé, resté dans l'ombre à deux pas, observait la scène avec une avidité fébrile. Il avait les mains dans les poches, son souffle court trahissant son excitation. Il savait que le patron marquait le territoire, mais il savait aussi que, dans la logique de leur chasse, les restes lui appartiendraient bientôt. D'un geste lent, Julien défit sa ceinture et ouvrit sa braguette. Claire, les yeux levés vers lui, sentait les larmes et le désir se mélanger sur son visage. Elle était terrifiée par la situation, mais le spectacle de sa propre déchéance sous le regard d'un témoin la faisait défaillir.
— Fais-moi oublier que tu es une jeune fille sage, murmura Julien. Montre-moi cette bouche que tu caches à Marc !
Elle s'exécuta. Elle saisit sa virilité, chaude et palpitante, avec une dévotion de communiante. Lorsqu'elle l'accueillit en elle, elle entendit Julien laisser échapper un grognement de satisfaction sourd. Le contraste était saisissant : la soie rouge de sa robe, la blancheur de ses épaules nues, et cette soumission absolue dans la poussière de l'ombre.
Elle se mit à l'explorer avec une ferveur qu'elle n'avait jamais osé s'avouer, ses mains agrippant les cuisses puissantes du patron. Hervé fit un pas de plus, se rapprochant pour ne rien rater des mouvements de la langue de Claire et de la manière dont ses seins, ces pamplemousses fermes, pointaient vers le sol à chaque fois qu'elle se penchait davantage.
Claire était perdue. Elle n'était plus qu'un instrument de plaisir. Elle savait qu'Hervé n'attendait qu'un signal de Julien pour se joindre à la curée. Elle était à eux, et dans cet abandon, elle découvrait une liberté sombre, une puissance nouvelle que seule la soumission totale pouvait lui offrir. Le risque d'être vue par Marc à cet instant précis ne lui faisait plus peur ; elle le désirait presque, comme le point final de son ancienne vie.
Le corps de Julien se tendit brutalement sous l’assaut de Claire. Ses mains se crispèrent dans les cheveux châtains de la jeune femme, la maintenant fermement contre lui alors qu’il atteignait son apogée. Sans une once d'hésitation, habitée par un instinct de survie et une soumission nouvelle, Claire accueillit la semence chaude au fond de sa gorge. Elle avala chaque goutte avec une efficacité silencieuse, veillant à ce que rien ne vienne souiller la soie rouge de sa robe.
Lorsqu’il se dégagea, un sourire cruel et satisfait étira les lèvres du patron. Sur sa peau, une trace indélébile témoignait de l’acte : le rouge à lèvres carmin de Claire avait marqué sa virilité comme un sceau de propriété.
— Très bien, Claire. Une vraie petite professionnelle, murmura-t-il en rajustant son pantalon avec une désinvolture insultante. Reste ici avec Hervé, j’ai un discours à prononcer !
Julien s'éloigna vers la scène, laissant Claire tremblante, les genoux encore marqués par la moquette. Hervé n'attendit pas une seconde pour prendre la place vacante. Il la saisit par la taille, la plaquant contre lui. Ses mains grasses commencèrent à peloter ses seins fermes à travers le tissu fin, ses doigts cherchant la dureté des mamelons qui pointaient comme des appels au secours. Claire, le goût de Julien encore en bouche, ne luttait plus. L'excitation d'Hervé, palpable contre sa cuisse, l'enveloppait comme une brume étouffante. Sur l'estrade, la voix de Julien résonna, amplifiée par les micros, dominant le brouhaha de la salle.
— Messieurs, cette année a été exceptionnelle, commença-t-il, son regard balayant l'assemblée avant de se fixer un court instant sur le recoin sombre où Claire était prisonnière des mains d'Hervé. Le succès d'une entreprise repose sur l'investissement total de ses cadres… mais aussi sur la qualité de leur entourage.
Il fit une pause dramatique, un sourire en coin.
— Je tiens d'ailleurs à féliciter tout particulièrement Marc pour son excellent travail. Il a su démontrer qu'il possède un sens du sacrifice et une compréhension des… besoins de la direction qui le mèneront loin. Il sait que pour réussir, il faut savoir partager les ressources.
Dans la salle, Marc rayonnait, buvant ces paroles qu'il prenait pour un adoubement professionnel, ignorant que son « partage » était en train de se consommer dans l'ombre, à quelques mètres de lui. Le discours s'acheva sous un tonnerre d'applaudissements. Julien descendit de l'estrade, mais au lieu de rejoindre le buffet, il fit un signe imperceptible à Hervé. Claire sentit la main d'Hervé glisser de sa poitrine pour lui saisir fermement le bras. L'excitation du directeur financier était à son comble ; il avait assisté au festin du roi et il trépignait d'entamer le sien.
— C'est l'heure, ma jolie, souffla Hervé à son oreille.
Julien passa devant eux sans s'arrêter, se dirigeant vers les ascenseurs privés. Hervé entraîna Claire à sa suite. Elle marchait comme une automate, ses talons claquant sur le marbre du hall déserté par les invités encore massés dans la salle de bal. Lorsqu'ils s'engouffrèrent tous les trois dans la cabine de l'ascenseur menant à la suite présidentielle, le silence devint lourd de promesses perverses. Julien appuya sur le bouton du dernier étage. Il ne regardait plus Claire, il fixait les chiffres qui défilaient, mais sa main vint se poser sur la nuque de la jeune femme, exerçant une pression qui lui fit cambrer le dos. Le dîner était fini. La chasse était terminée. La curée allait pouvoir commencer derrière les portes closes de la suite la plus haute de l'hôtel, loin de Marc, loin de la sagesse, et plus près que jamais de l'abîme.
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Commentaires ()
Et la il l'emmène dans la chambre pour la baiser et bien sûr Marc ne va pas se demander ou est sa femme.
J'espère qu'elle le regrettera bien
Merci Mélanie
En espérant une suite
Votre commentaire fait parfaitement écho à la psychologie d'Alice, mon Amie, dont je raconte les authentiques turpitudes dans la série intitulée "Ces petits rien que je sais de la vie d'Alice"