Philandros : les fuyards
Chapitre 1
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✦ Etrenu Philandros : les fuyards XSTORY
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Gays Orientation principale dans ce chapitre

Philandros : les fuyards — Chapitre 1

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Etrenu
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Philandros : les fuyards

Chapitre 1

Avant propos : philandros est un adjectif qui signifie « qui aime les hommes ».
Il dérive du grec philos, qui signifie ami, être lié d'amitié avec quelqu'un, lui vouloir du bien; et de aner, qui signifie mâle.
– Je l'ai ! Venez ! Je l'ai eu !
Octave bondit hors de son lit. Il attrapa un pantalon qu'il enfila en un rien de temps alors que Marius qui était tombé par terre se relevait en enfilant une chemise longue.
Ensemble les deux hommes se précipitèrent dans la cour du château. D'autres gardes les rejoignirent, tous se dirigeant vers les vociférations de Firmin vers le poulailler.
Ils virent le garde râblé tenir fermement une forme vivante qui s'agitait en vain sous son bras puissant. Peu de personnes pouvait s'extirper d'une telle prise.
Une fois les huit occupants du château rassemblés autour du garde, le corps du voleur fut jeté au milieu du cercle qu'ils formaient.
– Enfin, éructa Marius. Nous tenons notre voleur. Montre ta bouille, maraud, que nous sachions qui tu es.
La forme humaine se replia en boule comme pour se cacher des autres, comme pour retourner dans un état animal. Firmin donna un coup de pied dans son fessier pour l'inciter à se relever. La forme ne bougeant toujours pas en dehors de spectaculaires tremblements, le garde voulut frapper encore. Octave l'arrêta. Songeur, il regarda le corps de ce qui semblait être un jeune affamé.
 
Octave avait été conduit dans ce vieux château isolé par sept des gardes de son père. Marius en tête, le plus jeune et le mieux fait de l'équipage. Tous des invertis, comme lui. Tous venus à la fois le protéger des risques politiques du moment, et se mettre eux-mêmes à l'abri. Tous vigoureux et courageux qui avaient remis les lieux en état.
A vingt-et-un an, Octave était un jeune homme d'excellente famille, athlétique, cultivé, plein d'esprit. Et bougre. Comme beaucoup sur les terres familiales. Tout le monde connaissait ses penchants, et personne ne le jugeait. Mais les changements politiques étaient devenus inquiétants : les invertis étaient maintenant chassés, emprisonnés, jugés, condamnés à mort pour acte de sodomie.
Dans la région, beaucoup d'invertis avaient déjà été capturés et tués. Des hommes qui ne l'étaient pas avaient suivi le même sort.
Quoi de plus facile pour se débarrasser d'un voisin dont on lorgne les terres ou d'un parent détesté que de l'accuser d'être un bougre ? Comment prouver qu'on ne l'est pas, surtout depuis que la loi n'exigeait plus que le sodomite soit pris sur le fait. L'arbitraire avait pris le pas sur la vérité. Il fallait retrouver la pureté des relations sociales.
La tolérance du père d'Octave était connue. Raison pour laquelle ses terres étaient riches de l'apport de nombreux invertis venus vivre et travailler là, protégés par l'aura de l'ancien chef militaire. Mais les plus extrémistes avaient renforcé leur pouvoir. Même lui, auréolé de tant de victoires, sentait la menace grandir.
Le vieil homme avait vu tant de ses soldats forniquer ensemble que de constater que son dernier fils était de la même engeance ne l'avait pas vraiment dérangé. C'était sa nature. On n'y pouvait rien. 
Quand Octave eut une quinzaine d'année et commençât à avoir la vie sexuelle frénétique de son âge, son père avait abordé le sujet avec sa manière abrupte habituelle. Il avait approuvé son orientation, puisque c'était ainsi. Il avait exigé la discrétion, car le bougre risquait la mort. A cette condition, Octave s'accouplerait avec qui il voudrait. Et il avait demandé à son fils de faire l'effort, le moment venu, d'épouser une femme de son rang et de lui faire des enfants, des héritiers mâles mais pas uniquement, pour perpétuer la lignée.
Octave s'était bien volontiers engagé dans cette voie qui était celle qu'il envisageait déjà. Il avait dès lors connu de nombreux jeunes hommes de son âge, dans l'intimité de ses quartiers. Des hommes plus âgés aussi, car il était sérieusement attiré par la force, la virilité, la puissance musculaire.
En dehors de ses études où il se révélait doué, il consacrait plusieurs heures par jour à des exercices physiques divers, à la pratique des armes, à la chasse entre amis. Son corps s'était musclé, tout en restant athlétique. Il connaissait ainsi un succès certain avec les hommes.
C'est avec une grande tristesse, mais fermeté de caractère, qu'il avait accepté de se mettre à l'abri dans cette vieille demeure familiale. Les sept gardes le protégeaient et devaient assurer sa sécurité en cas d'agression en lui permettant de fuir dans la montagne.
Ensemble avec Marius ils avaient préparé des itinéraires, des abris, des caches d'armes, de vêtements et de nourriture. Depuis leur piton isolé ils avaient une vue imprenable sur la vallée. Il savait que son père les préviendrait si la menace devenait imminente.
C'est en s'entrainant nu à la lutte gréco-romaine avec Marius qu'il avait pour la première fois eut le sentiment d'être observé. La cour du vieux château était grande. Ils avaient regardé attentivement autour d'eux, mais n'avaient rien remarqué d'anormal.
Ce sentiment revint à plusieurs reprises, non seulement chez Octave et le chef de sa garde, mais aussi chez les autres hommes. Ils avaient beau fouiller, ils n'avaient rien trouvé.
C'est Firmin qui un beau jour fit le constat que les poules donnaient moins d'œufs. Avec une trace de coquille vide écrasée un peu plus loin, ils s'interrogèrent : le voleur d'œuf était-il un homme ou un animal ?
Rapidement ils accréditèrent l'idée que ce n'était pas un renard. Qui alors ? Entre ce sentiment d'être observé et ces œufs en moins, ils se dirent qu'il y avait un intru dans le coin. Firmin avait décidé de surveiller discrètement le poulailler pendant la nuit.
Il avait fallu attendre deux jours avant qu'au petit matin il réussisse à apercevoir l'ombre voleuse et qu'il l'attrape.
 
– Relève-toi, dit Octave d'une voix douce. Dis-moi qui tu es.
La forme trembla davantage encore.
– Allons, je ne te ferai pas de mal. Je veux juste savoir qui m'observe et qui vole mes œufs. Si tu as faim, je te donnerai à manger.
Les gardes montrèrent leur réprobation. Marius sourit : il connaissait parfaitement le bon cœur du jeune homme avec qui il partageait régulièrement la couche.
La forme finit par se décider à se redresser. Tout était crasse et puanteur en elle. Des cheveux longs qui avaient dû être blonds cachaient le visage. Une main sale et fine finit par les écarter. Le voleur releva la tête et regarda, effrayé, le jeune maître des lieux.
Plusieurs poussèrent un petit cri de surprise.
– Une fille ! constata Octave. Que t'est-il arrivé pour que tu me voles ?
La fille ne répondit pas, jetant des regards inquiets sur les gardes qui l'entouraient.
– Allez donc faire votre office, messieurs, dit Marius à ses hommes. Profitons de ce réveil fort matinal. Jacquelin, prépare le repas. Et amène tout de suite du pain pour notre invitée. Guislain, c'est ton tour de chauffer l'eau. Prépare le bain, cette fille pue !
Chacun partit remplir son office. La fille, tétanisée de peur, ne pouvait détacher son regard de ses pieds.
Octave l'observa attentivement. Pas bien grande, malingre, frêle, ses longs cheveux lui donnaient un air de sorcière accentué par sa saleté. Elle ne cessait de trembler. De froid ou de peur ?
Les deux hommes se regardèrent : comment apprivoiser un petit animal craintif ?
– Viens à l'intérieur, dit Octave. Le repas est prêt.
La fille ne bougea pas. Les deux hommes firent chacun un pas en arrière. La fille jeta un œil prudent vers eux. Mais ne se releva pas.
– Ecoute, dit Marius. Nous ne te ferons aucun mal si, toi, tu ne nous veux aucun mal. N'essaie pas de fuir, nous te rattraperons et cela pourrait être désagréable pour toi. Nous voulons juste que tu reprennes des forces et que tu nous dises qui tu es, ce que tu fais là, pourquoi tu nous observais. Car c'est toi qui depuis des jours nous observais, non ?
– Oui, dit une voix fluette. Je ne suis pas hostile.
– Depuis le temps que tu nous surveilles, tu sais bien que nous non plus, répliqua Octave. Marius et moi allons retourner vers le réfectoire. Suis-nous, nous nous occuperons de toi.
Le jeune homme entraina le chef de sa garde avec lui en le prenant par la main. Marius, plus méfiant, jeta des regards derrière eux pour constater que la fille ne les quittait pas des yeux.
Réalisant le geste intime qu'ils faisaient avec leurs mains jointes, il s'écarta, se retourna, et regarda la fille. Il se souvint qu'à plusieurs reprises, les jours précédents, plusieurs des gardes s'étaient donné du plaisir viril ensemble dans la cour. Lui-même et Octave s'étaient embrassés, nus, caressant leur virilité et leur fessier. L'intimité de leur groupe d'invertis leur permettaient des fornications publiques.
Octave lui prit le bras et le fit reculer encore. Il avait parfaitement repéré un des gardes qui avait fait le tour et empêcherait toute fuite de la fille, si l'envie l'en prenait.
Il alla remplir une assiette de bouillie chaude de céréales, prit un quignon de pain et ressortit. Il avança à mi-chemin entre la fille au sol et le bâtiment. Il s'arrêta. Il avança le bras vers la fille, l'invitant à le rejoindre.
Il ne fallait pas être grand clair pour lire la terreur dans le regard caché par les cheveux, et dans les frémissements du corps de la fille. Néanmoins le délicieux fumet de bouillie parvint à ses narines. Elle poussa un petit gémissement. La faim ? La frousse ? La résignation ?
Après deux longues minutes, elle se décida à se relever. Elle avança lentement vers Octave. A un mètre de lui elle tendit le bras et arracha le quignon de pain qu'elle enfourna immédiatement en bouche.
– Doucement, dit Octave. Tu vas t'étouffer.
Marius se rendit dans le bâtiment pour en ressortir avec une tasse fumante de tisane.
– Tiens, bois. Tu es aussi assoiffée qu'affamée. 
La fille attrapa la tasse et but son contenu par petites gorgées tout en dévorant le pain. Octave et Marius lurent de la reconnaissance dans ses yeux hagards.
– Viens à l'intérieur pour manger, dit Octave. Tu tiens tout juste sur tes jambes.
A peine avait-il fini de dire cela que la fille chancela. Le jeune homme la retint avec sa main libre. Il saisit son avant-bras et la tira vers l'intérieur. Elle résista mollement.
– S'il te plait. Fais-moi confiance. Tu es épuisée. Ce ne sont pas les quelques œufs que tu nous as pris qui t'ont donné suffisamment de force. D'ailleurs, ces œufs, je te les offre de bon cœur.
Octave aperçut presque une expression de joie dans le regard caché par l'épaisse tignasse. Cette fois la fille céda. Laissant son avant-bras dans la main du jeune homme, elle le suivit jusqu'à l'intérieur.
Elle s'assit tout près de la porte. Elle dévora une assiette de bouillie, puis une deuxième.
La plupart des hommes passèrent pour, eux-aussi, se restaurer, sans l'importuner. Guislain traversa la pièce, nu, pour se diriger vers l'étuve et verser dedans ses deux seaux d'eau fumante.
Ni les autres hommes, ni la fille, ne marquèrent le moindre mouvement de surprise. Octave supposa qu'elle était présente depuis leur arrivée dans cette vieille demeure, trois semaines plus tôt, et qu'elle connaissait tout de leurs corps, de leurs mœurs et de leurs habitudes.
Elle voulut timidement prendre une troisième assiette, mais Octave la lui refusa.
– Nous allons te nourrir, maintenant. Ton corps doit se réhabituer. Il faut y aller progressivement. C'est cruel, car tu en as terriblement envie, mais ton ventre ne le supportera pas.
– Tiens, dit Jacquelin, voici des œufs frits pour toi. Ça tu peux le manger, lentement. Cela te donnera des forces. Mais après cela, c'est fini jusqu'à midi. D'accord ?
La fille le regarda, et approuva d'un large mouvement de la tête. Elle fit un gros effort pour ne pas se gaver mais manger les œufs progressivement.
Une évidence apparut à Octave : elle savait tenir une fourchette, comme elle avait su tenir la cuillère de sa bouillie. Cette fille, toute affamée qu'elle était, avait été éduquée.
 
Alors que les hommes allaient vaquer à leur occupations, Marius remarqua :
– Tu pues vraiment ! Si tu ne prends pas un bain, nous allons tous mourir ! Est-ce cela que tu veux ? Nous faire crever de puanteur ?
– Laisse, je m'en occupe, dit Octave. Viens avec moi. Tu peux me faire confiance. Je n'abuserai pas de toi.
Alors que Marius allait s'esclaffer qu'effectivement entre son maître et amant et la fille il n'y avait aucun risque qu'il se jette sur elle pour la besogner, la fille répondit d'une voix assez claire :
– Je sais.
L'ironie de Marius resta coincée entre ses dents. Octave sourit en grand, un sentiment de reconnaisse envers la fille pour sa confiance.
Ils entrèrent l'un après l'autre dans la salle de bain commune. Ce n'était en réalité qu'une pièce chauffée avec une étuve et plusieurs bassines, permettant aux hommes de se laver ou de se débarbouiller.
La fille resta debout, incapable de bouger. Guislain passa à nouveau pour jeter ses derniers seaux et ajouter quelques herbes odorantes. Octave lui sourit, lui étant gré de son attention. Ce n'était pas tous les jours qu'ils parfumaient le bain qu'en général ils prenaient en commun. Ce qui se poursuivait régulièrement par quelques enlacements, gourmandises ou accouplements typiquement masculins.
Octave s'approcha d'elle.
– Laisse-toi faire, je vais t'aider. Enlevons d'abord ce haut.
S'approcher d'elle était une torture, tellement elle puait. Mais Octave ne montra rien, à part un visage avenant. Il s'empara doucement des pans de la chemise et la releva, aidé par les bras qui se levaient. C'est sans affronter le moindre geste de défense qu'il retira le vêtement totalement élimé et d'une épouvantable crasse.
– Je peux la jeter ? Je te donnerai d'autres vêtements. Ceux-là ont plus que fait leur temps.
La fille approuva de la tête. La chemise fut jetée au sol en direction de la porte.
Octave regarda la poitrine plate de la fille. Il avait déjà vu des femmes victimes de famine, le corps décharné, les seins vides. Son torse ne le surprit pas ; il s'attendait à cela.
Alors qu'il avait pensé qu'elle ôterait le bas elle-même, la fille ne bougea toujours pas. Alors il s'agenouilla, posa ses mains sur la ceinture du pantalon difforme et encore plus sale et puant que le haut, et l'interrogea du regard.
Elle cligna des yeux, en signe de consentement.
Octave défit alors la ficelle qui tenait autour de sa taille de guêpe le pantalon bien trop grand. Alourdi par la crasse, le vêtement aussi sale dedans que dehors tomba d'un coup au sol.
Octave resta bouche bée. Il s'attendait à tout, mais pas à cela. Incrédule, il secoua son visage comme pour en chasser de fausses images. Mais non. C'était bien un pénis et des testicules qu'il avait sous les yeux. Un pénis joliment courbe et totalement blanc, surmonté d'une légère toison blonde, prolongé par des délicates couilles tombantes, la gauche davantage que la droite.
Il se frotta les yeux, regarda à nouveau. C'était bien un pénis dont le gland était recouvert d'un délicat prépuce.
– Tu… Tu es un homme ?
– Oui.
– Ah ? J'avais cru…
– Je sais.
– Bon, c'est peut-être mieux comme cela.
– Je crois.
– Attends, je vais d'abord jeter tes vêtements.
Abasourdi, Octave attrapa du bout des doigts le pantalon puis, sur le pas de la porte, la chemise. Dans la pièce commune il regarda Guislain nu et en érection, étreint par Jacquelin qui l'embrassait dans le cou. Ils tournèrent la tête vers lui.
– C'est un homme, murmura t'il.
– Hein ? répondirent les deux autres, aussi surpris que lui.
Mus par la curiosité les deux gardes passèrent le pas de la porte alors qu'Octave jetait les fripes dehors.
– Ah oui, tu es bien un homme, remarqua Jacquelin en scrutant le bas-ventre du voleur, tout en caressant le phallus de son comparse.
– Moins excité que moi, mais bien un homme, pour sûr ! dit Guislain avec son habituel naturel désarmant.
– Prévenez les autres que notre invité est de notre sexe, ordonna Octave en les chassant.
Comme à son habitude, il ne leur fit aucun reproche pour batifoler ensemble à cette heure de la journée, alors qu'ils devaient être en pleine occupation. Lui-même était incapable de résister aux plaisirs du corps, une fois émoustillé ; il se refusait à critiquer chez les autres ce qu'il ne s'imposait pas personnellement. Il avait compris très jeune qu'un chef se doit d'être exemplaire et juste. Ses gardes lui en étaient d'autant plus fidèles et reconnaissants.
Ils quittèrent la pièce. Octave se tourna vers le jeune homme.
Il s'approcha, lui tendit élégamment la main qu'il accepta, le guida devant l'étuve. Serrant fort ses doigts sur la main amie, le jeune voleur leva une jambe pour entrer dans l'étuve. Octave regarda son fessier, moins plat qu'il ne l'aurait cru. Il le soutint pour qu'il entre entièrement dans le bain. 
Le voleur s'installa confortablement, trouvant immédiatement sa place. Tout en regardant le petit pénis dont le bout flottait dans l'eau, Octave se dit que ce n'était pas le premier bain que prenait l'inconnu.
Un début d'érection le prit. Le jeune maître se félicita d'avoir enfilé un pantalon. Son invité ne pouvait rien voir.
Il s'assit sur le rebord de l'étuve, aux pieds, et observa silencieusement le visage et le corps du clandestin qui restait les yeux ouverts à scruter son visage, inexpressif.
Quel âge avait-il ? Un peu plus jeune que lui, peut-être. Mais à peine. Bien plus petit. Bien plus chétif. Mais probablement plus gracieux aussi.
Alors que des souillures maronnasses remontaient à la surface de l'eau, un mot surgit à l'esprit d'Octave : androgyne ! Il avait sous les yeux un androgyne. Un corps fin, gracieux, féminin. Un cou gracile, un visage délicat et subtil, de longs cils. Oui, avec une légère poitrine et l'absence de pénis, cet être aurait tout du féminin. 
Troublé, son érection maintenant complète, Octave se dit qu'il était indécent de rester là à regarder un jeune innocent nu dans son bain. Il avait pourtant un mal de chien à détourner son regard de cette affriolante anatomie. Et l'autre qui ne disait rien, qui n'exprimait rien, qui le regardait en continu.
Octave réalisa que son regard avait pourtant changé. D'apeuré au départ, de reconnaissant lors du repas, il était maintenant empreint d'assurance et de sérénité. Sentant la dureté de son érection, il se demanda s'il avait vraiment raison de lui faire confiance.
Il se décida à se redresser, conscient du risque que représentait l'évidente bosse qui déformait son pantalon. Mais comme il l'avait supposé, l'autre ne regarda que son visage, ce qui lui permit de faire le tour et de se placer derrière sa tête.
– Tes cheveux sont horribles. Je peux te les laver ?
– Oui.
– Reste dans le bain. On frottera plus tard. D'abord éliminer toute cette crasse dans ta crinière.
Le mot « crinière » lui fit immédiatement penser à « cheval », à « chevaucher », à l'intense sodomie qu'il avait reçu la veille au soir de la part de Marius alors qu'il ahanait en levrette sous ses coups de boutoir.
Une secousse dans son sexe. Le jour d'avant cela avait été lui qui avait vigoureusement chevauché Marius. Il se savait dans une période de puissant besoin sexuel.
Il approcha un tabouret, la plus grande des bassines, un broc qu'il remplit en prenant de l'eau dans le bain, entre les jambes de l'androgyne, effleurant inconsciemment son pénis.
Il fit couler des filets d'eau recueillis dans la bassine, tout en frottant les longs cheveux. Peu à peu leur blondeur apparut. Leur finesse devint une évidence, un plaisir pour les doigts.
– Tu as de beaux cheveux, tu sais ? finit-il par dire après avoir hésité dix fois.
– Merci.
– Ne crois-tu pas qu'ils sont trop longs ?
– Sans doute.
– Veux-tu que je te les coupe un peu ?
– D'accord.
– Quand les as-tu coupés pour la dernière fois ?
– Trois ans. Au moins.
La voix enrouée avec laquelle le voleur avait fait sa plus longue phrase depuis qu'il avait été attrapé intrigua Octave qui repassa face à lui. Il remarqua les yeux embués. Il s'en émut.
– Trois ans. C'est depuis trois ans que tu survis, seul ? demanda-t-il en caressant une épaule du bout des doigts.
Des larmes coulèrent. Retrouvant son attitude d'animal traqué, le baigneur replia ses jambes, se redressa légèrement avant de répondre positivement, d'une voix franchement rauque. Le contraste entre la voix de pierre et le corps gracile sauta aux yeux d'Octave. Emu, il se remit à caresser l'épaule, le cou, la joue du jeune homme qui semblait perdu.
– Je ne vais plus te poser de question. Je vois que cela te fait trop souffrir. Si tu veux, un jour, tu me raconteras.
Le regard tendre et puissamment reconnaissant du jeune désarçonné le fit fondre. Octave se pencha et déposa un baiser sur son front, avant de se redresser un peu trop brusquement, conscient de sa trop grande familiarité. Il alla attraper une paire de ciseaux et revint derrière l'étuve dans laquelle le jeune voleur restait prostré.
Lentement il le fit pencher sa tête en arrière. Il lui demanda :
– Je coupe court ou bien j'en laisse ?
– Comme tu aimes. Tu décides.
– Tu as le droit d'avoir un avis, tu sais ? C'est ton visage !
– Toi, tu connais la beauté. Décide.
– J'hésite… Allez, mi-long. Je connais la laideur, aussi. J'ai vu tellement de choses horribles.
– Que tu n'as pas faites.
– Que je n'ai pas commises, effectivement, toutes ces horreurs que peuvent faire les hommes au cœur rempli de haine.
 
Octave fit de son mieux, malgré son incompétence, pour effectuer une coupe présentable. Si son érection s'était pendant ce temp légèrement calmée, elle reprit quand le jeune androgyne se retourna pour enfoncer son visage dans l'eau afin de le laver et le rincer, puis en remuant son corps en tous sens et passer un linge savonneux sur sa peau et frotter.
Octave, en vrai connaisseur, admira la beauté parfaite de son fessier. Il frémit en voyant le linge passer dans sa raie autant que quand la main nettoya soigneusement son sexe décalotté.
L'androgyne se savait observé. Mais il ne sembla pas en être dérangé.
Un coup d'œil sur son entrejambe : Octave se sut découvert dans son excitation. Mais cela ne provoqua aucun changement d'attitude.
Il sortit de la pièce pour aller chercher un seau d'eau propre et tiède. Quand il revint, le jeune homme l'attendait debout, dans le baquet. Il était si pur qu'Octave ajouta le mot « hermaphrodite » à « androgyne ». Il eut un moment de trouble. Il chancela avant de se ressaisir et de s'approcher, seau au-dessus de la tête, pour rincer le superbe corps.
Pendant qu'il prenait un drap de bain, l'autre sortit de l'étuve. Octave hésita. Il tendit la serviette. L'autre ne la saisit pas.
Il regarda son sexe. Aucun signe de désir. Juste un merveilleux pénis au repos. Alors ?
Octave écarta le drap de bain et s'approcha encore. L'androgyne s'entoura dedans, passif. Alors Octave le frotta doucement, se souvenant de ses nombreux émois dans les salles d'eau avec des jeunes bougres de son âge.
– Je sais pour vous tous. J'ai vu.
L'androgyne avait dit cela d'un ton neutre. Ce qu'il savait et avait vu pouvait-il être autre chose que leurs mœurs homosexuelles ?
Après une minute d'intense réflexion tout en séchant le délicieux corps, Octave se dit que non. Ce qu'il savait c'est qu'ils étaient tous des invertis et qu'ils copulaient entre eux avec allégresse. Il dit :
– Et ?
L'autre répondit :
– Rien.
 
Frotter le dos et les jambes ne prêtait pas trop à confusion. Mais Octave hésita sur le fessier. Comme le corps ne bougeait toujours pas, il se décida. Même à travers le tissu du drap de bain, ce cul était d'une éclatante douceur !
Mais Octave se retint de trop insister. Le corps restant passif, c'est lui qui le contourna. Il se retrouva devant l'homme nu et entouré du drap de bain toujours ouvert. Il regarda le pénis. Il n'avait pas grossi.
Il crut lire quelque chose de tendre dans les yeux de l'androgyne. Sans en être vraiment certain. Alors il essuya ses cheveux, ses joues, son cou. Sa main descendit sur son torse, son ventre.
Il dépassa le bas-ventre sans le toucher et essuya les jambes qu'il trouva plus musclées qu'il ne l'avait d'abord cru. Puis les pieds fins qui se soulevèrent, faisant balancer le pénis et les petites couilles bien rondes. Que cet Adonis était attirant !
Attirant, mais toujours pas émoustillé. Était-il trop épuisé ? N'aimait-il que les femmes ? Était-il impuissant ?
Agenouillé devant l'entrejambe, Octave était incapable de le quitter du regard. La délicate virilité était si belle ! Il aurait dit une statue de marbre d'un Antinoüs éclatant de beauté juvénile, avec son pénis volontairement réduit pour prouver sa majesté.
Il releva un pan du drap de bain en s'écartant de la peau. L'éphèbe devant lui avait tout le loisir de le saisir et de finir de se sécher lui-même, en frottant lui-même ses parties les plus intimes.
Il n'en fit rien.
Alors Octave s'exécuta. Le contact de la verge et des bourses à travers le tissu le fit instinctivement gémir de félicité. C'était si bon de toucher, de presque toucher, ce délicat sexe masculin !
Le visage à quarante centimètres de la virilité, comment résister au besoin de l'emboucher ? Comment ne pas donner un coup de langue sur cette petite couille gauche toute lisse qui pendait plus bas que la droite ?
Octave fut secoué d'un puissant spasme. Perdant presque connaissance, il appuya son crane sur le ventre de l'éphèbe. Sous ses yeux pendait une verge qui ne demandait qu'à s'ériger pour le plus grand plaisir masculin.
Il se fit violence. Il se redressa. Les yeux rouges de désir, il plongea son regard dans celui, plus doux encore, de l'inconnu.
Déglutissant avec peine, il réussit à marmonner :
– Pardonne-moi. Puisque tu sais…
L'autre ne répondit rien. Il se contenta d'avancer une main sous celle d'Octave et de l'emmener jusque sous ses bourses. 
Octave gémit. La main l'obligea à frotter encore ses parties génitales pour finir de les sécher. Les yeux doux ne quittaient pas ceux de l'inverti totalement déboussolé, le membre en feu, désarçonné par le comportement du voleur.
C'est quand il réalisa que sa main n'était plus soutenue par celle de l'autre qu'il la retira d'un coup. Non. Il ne pouvait quand même pas continuer à le palper !
L'autre se contenta de dire :
– Merci.
Il écarta le drap de bain et le tendit à Octave qui, bouche bée, n'arrivait pas à écarter son regard du corps resplendissant de beauté juvénile. Un geste insistant. Octave s'ébroua et prit le drap qu'il alla étaler plus loin sur un fil.
Il se retourna, admira encore la superbe anatomie nue. Il était perdu. Pourquoi était-il en complète érection au point de déformer largement son pantalon alors que l'autre avait un pénis encore tout mou… Non. Un peu moins mou. Un peu moins petit.
Oui. Un léger renflement. Ténu. Discret. Innocent. Indétectable pour qui n'est pas un esthète du corps masculin.
Un léger sourire éclaira son visage. Un éclat dans celui du jeune mâle nu lui répondit.
Que faire maintenant ?
 
Octave alla prendre un drap de bain sec et le tendit à son invité.
– Mets cela sur tes épaules, je te conduis dans ma chambre. Je te donnerai des vêtements. Ils risquent d'être un peu grand. Mais il vaut mieux cela que tes hardes puantes.
Octave se dirigea vers la porte. Il se retourna en la franchissant pour s'assurer que le beau mâle le suivait. Il eut un mouvement de surprise avant de sourire : l'androgyne avait posé le drap de bain enroulé sur ses épaules, ne cachant rien de sa juvénile anatomie, les deux pans retombant de chaque côté du fin filet velu blond qui remontait du pubis jusqu'au nombril.
« Quelle beauté ! » pensa Octave, sans être certain qu'il ne l'avait pas dit à haute voix.
Ils croisèrent Marius puis un autre garde, intrigués, qui constatèrent à leur tour que la soi-disant fille était un jeune homme. La vue d'un homme nu déambulant dans le bâtiment, en revanche, n'étonna personne. C'était une habitude courante entre eux.
Tous deux admirèrent les fines fesses qui s'éloignaient. L'un s'humecta les lèvres. L'autre se mit à bander. Aucun ne resta indifférent.
Octave fit entrer son invité dans sa chambre. Le lit était encore défait. Plusieurs vêtements trainaient.
Il n'était pas difficile de deviner que deux hommes vivaient là.
L'inconnu huma l'air chargée de virilité physique. Octave le vit, s'excusa, alla entrouvrir une fenêtre.
Le drap de bain tomba sur une chaise encombrée de vêtements. Le jeune homme attendit sans se soucier de sa nudité, étudiant attentivement les lieux.
– Dis-moi, quel est ton nom ? demanda octave en fouillant dans son armoire pour y prendre des vêtements propres.
– Camille.
– Camille ? J'aime bien. C'est mignon.
– Merci.
Octave prit son plus vieux caleçon, le plus serré, devenu trop petit pour lui. Il s'approcha de Camille, le lui tendit. L'autre ne bougea d'abord pas d'un pouce. Puis il leva un pied.
– Ah bon, d'accord, dit Octave en se baissant pour habiller son vis-à-vis. Le premier pied passa. Puis le second. Remontant le sous-vêtement au niveau des genoux, Octave releva les yeux pour les plonger sur le ravissant pénis. Il cligna nerveusement des paupières. La verge avait encore grossi. Légèrement, certes, mais sans aucun doute grossi.
Il arrêta son geste, subjugué par la beauté virile. Sa respiration s'accéléra. Comment résister à pareille tentation ?
Il approcha imperceptiblement le visage. Il entrouvrit la bouche. Inconsciemment le bout de sa langue humecta ses lèvres. Quelle merveille !
Il se fit puissamment violence pour résister et réussit à relever la tête pour observer le visage de Camille. Une curieuse transformation s'était produite : il rayonnait magnifiquement. Les yeux du jeune androgyne brillaient. Lui aussi avait la bouche entrouverte, le souffle court.
Ils se regardèrent pendant un beau moment. Le temps s'était arrêté. Deux désirs se jaugeaient. 
Octave finit par demander :
– Toi aussi tu es un philandros ? Un homme qui aime les hommes ?
Un sourire. Un clignement d'yeux. Une approbation. Un abandon.
La verge gonflée effleura son menton. Il baissa les yeux.
Cette fois, oui, Camille commençait à bander. Une érection encore molle. Une grosse courbe sublime, pas encore assez rude pour commencer à s'élever. Mais suffisamment enflée pour laisser apparaitre le bout d'un gland rose et lisse que découvrait un prépuce moite en repli.
Octave n'hésita plus. Poussant un grognement animal, il ouvrit la bouche en grand et emboucha entièrement la verge. Camille poussa un léger hululement de victoire. La langue d'Octave se déchaina en bouche, finissant d'affermir le membre.
Le suceur, tout à passion fellatrice, s'interrogea dans un éclair de lucidité. Il recula son visage pour admirer le magnifique phallus luisant de sa salive. Un superbe membre qui n'avait rien à envier à ceux des gardes qu'il avait déjà tous sucé ! Mais un membre disproportionné au regard du corps fin et délicat qu'il avait devant lui. Comment un corps aussi raffiné pouvait se prolonger dans un Priape d'aussi belle taille ?
La langue, impressionnée, se mit à lécher les jolies bourses tombantes. Les soulevant l'une et l'autre, il réalisa qu'elles étaient lourdes, donc bien pleines. Un frisson gourmand traversa son corps jusqu'à couler au bout de son sexe, détrempant son pantalon.
Il prit tout son temps pour lécher religieusement les bourses, la hampe, le bout. Enivré par la saveur mâle, il décalotta le gland avec les lèvres. Il admira son œuvre : que ce phallus était magistral !
En suceur pathologique, il mit toute son expérience, tout son savoir-faire pour réjouir l'androgyne sans qu'ils ne se quittent des yeux. Octave pelotait les fesses, caressait la peau douce, excitait les tétons. La bouche délicieusement pleine ou bien la langue en action.
Il voyait parfaitement que Camille était concentré, qu'il faisait tout pour résister, pour repousser le jaillissement libératoire. Mais il savait y faire. Et le bel inconnu était de toute évidence gravement en manque.
Camille éjacula en grognant d'une première salve en bouche, puis d'une multitude de répliques sur le visage extatique qui tirait la langue le plus loin possible. Jusqu'au bout de la décharge séminale.
Sans se préoccuper des coulures sur sa peau, Octave nettoya soigneusement le membre à peine amolli avant de se redresser.
Camille n'hésita pas à récolter sa semence du bout de la langue, léchant le visage de son bienfaiteur. Réalisant rapidement l'égoïsme de sa gourmandise, c'est l'androgyne qui approcha ses lèvres de celles d'Octave, l'embrassa, partagea en bouche l'étourdissante saveur.
Une fois le visage nettoyé, les deux bougres se sourirent presque timidement, comme pour abolir la puissance de leur élan charnel.
Octave finit par murmurer un merci. Son complice répondit :
– C'était bon.
L'essentiel était dit.
Un mouvement soudain sur le côté leur fit tourner la tête. Ils surprirent Marius et Guislain, la queue à la main, en train de s'astiquer.
– Ne t'inquiète pas, dit Octave. C'est une habitude. Entre nous, on ne se cache rien. On montre tout. C'est la liberté des sens.
– Je sais. J'ai vu.
Le « Ah ? » de surprise s'éteignit dans la gorge d'Octave quand Camille s'abaissa, frotta sa joue et ses lèvres contre la proéminence gluante qui tâchait la toile du pantalon. Avec une infinie lenteur, l'androgyne aux couilles vides, mais qui bandait toujours avec force, abaissa le pantalon d'Octave, libérant son phallus en tension. 
Il eut à son tour un petit grognement de surprise autant que de satisfaction et de plaisir. Une petite langue fine et délicate commença à le lécher comme le ferait un chiot timide et maladroit.
Octave grogna de bonheur. Et se laissa lécher et sucer en fermant les yeux, revisitant en esprit les meilleurs souvenirs de ses plaisirs Grecs passés.
Les deux voyeurs-branleurs comprirent vite que ce n'était pas le premier membre viril que l'inconnu suçait. Il y mettait du temps, du talent et du cœur. Ainsi frémissait le vit au milieu des douceurs.
Octave caressait la crinière redevenue civile tout en s'y accrochant. Camille se démenait passionnément, sans trop égarer ses mains sur la peau frémissante, en dehors de passages répétés de doigts coquins et gais dans la raie ravie d'être visitée.
L'éjaculation, brusque, puissante, recouvrit de bon sperme le beau visage. Des coulures furent rattrapées par de douces léchouilles.
Ils se léchèrent mutuellement le visage et la langue en grognant sourdement. Les douceurs épidermiques autant que la saveur du nectar mâle les mettaient en joie profonde.
Ils furent distraits par le brusque mouvement de Marius qui attrapa Guislain pour le placer devant lui et pénétrer d'un coup son anus avec sa queue sirupeuse. Il envoya une dizaine de coups de boutoirs avant de râler son plaisir, déversant puissamment son sperme abondant dans le conduit ravi.
Peu après la main de Marius s'empara de la pine frémissante et l'astiqua fermement. Les deux jeunes, enlacés, furent ravis de voir jaillir un feu d'artifice séminal de toute beauté.
Marius décula peu après, se pencha et nettoya en bouche le membre soulagé. Après avoir fait claquer sa langue de contentement et avoir embrassé le garde, les deux hommes sortirent, laissant les deux jeunes seuls, face à face, ventre contre ventre. 
 
– C'est comme cela, ici. On se montre, on regarde, on assume, dit Octave. Nous sommes des invertis. Nous aimons la jouissance.
– C'est bien, répondit Camille.
Dans un mouvement commun ils se couchèrent sur le lit. Si, lors des premières minutes, ce fut Octave qui bisouta, embrassa, lécha la peau de son amant, après un petit moment de fausse passivité Camille se lança dans un léchage en règle.
Pendant plus de vingt minutes pas une parcelle de la peau d'Octave n'échappa à la douceur de la langue du jeune androgyne. Jamais personne ne l'avait léché ainsi, aussi complètement, aussi passionnément, aussi délicatement, aussi longuement.
A plusieurs reprises Octave enfourna son sexe dans la bouche amante pour se le faire nettoyer. Il tenta à son tour de lécher et d'embrasser Camille. Mais l'androgyne refusa, mettant une force étonnante à l'immobiliser pour mieux picorer sa peau.
Le temps s'écoula merveilleusement dans d'ineffables douceurs épidermiques. Octave se laissait faire, palpant ou caressant la chair à portée de mains, léchant et embrassant la peau moelleuse.
Il remarqua que Camille gémissait particulièrement quand il pétrissait ses adorables petites fesses. Il s'en était pris de passion. Elles n'avaient rien à voir avec les fesses musclées des hommes plus âgés qu'il aimait palper et claquer. Celles-là étaient semblables à ce qu'il imaginait être des petites fesses de filles. Elles lui rappelèrent ses premiers émois.
Le moelleux remplaçait la fermeté. La douceur surmontait le duveteux. Elles étaient si émoustillantes qu'il ne se contenta plus de caresser. Il lécha, il mordilla avec les lèvres, il embrassa. Les petites fesses se rapprochaient régulièrement de son visage, Camille se contorsionnant lascivement pour mieux le lécher. Octave lui rendit la pareille, égarant de plus en plus fréquemment sa langue dans la raie enchanteresse. Il s'arrêtait sur l'anus pour le déguster en le pénétrant à chaque fois davantage du bout de la langue.
Octave savait bien que l'excitation de son amant était aussi poussée que la sienne, qu'un nouvel orgasme était proche. Il comprit que le moment était venu quand Camille se plaça en levrette, écarta les genoux, cambra son dos.
Que faire ? L'androgyne attendait-il qu'il le sodomise ?
Un bras lancé en arrière pour coller son visage entre les fesses lui donna la réponse. Non. Le bel inconnu ne cherchait pas à être possédé. Juste à être dévoré du cul. La langue véloce s'enroula et pénétra plus encore l'anneau intime, cherchant à aller toujours plus loin dans le conduit bien souple, tandis que la gorge d'Octave grognait d'effort et de passion.
Le même bras lancé en arrière attrapa une main du bouffeur de cul et l'attira entre les cuisses. La main se referma sur la queue gluante. Octave se mit à dévorer l'œillet tout en branlant le manche. Camille qui bramait en continu ne résista pas longtemps avant de jouir à nouveau, maculant le drap déjà douteux d'une nouvelle gerbe séminale.
Le corps chatouilleux ne put dès lors plus supporter les douceurs linguales sur un anus trop énervé. L'androgyne s'écarta, fut rattrapé, se débattit encore en riant avant de réussir à se mettre à distance. Il enfourna son sexe baveux dans la bouche avide d'Octave pour couiner encore tandis qu'il se faisait nettoyer savoureusement le membre.
Un délicieux instant plus tard Camille enfonça son majeur droit entre les lèvres d'Octave. Un bref moment d'incompréhension. Le maitre des lieux finit par saisir et accepter.
A genoux côte à côte, leurs bouches s'embrassant farouchement, Camille enfonça son majeur dans l'anus douteux de celui qui s'était déjà fait sodomiser la nuit précédente. Avec sa main libre il attrapa le phallus moite et le branla tout en doigtant son cul hospitalier.
Octave résista pendant de longues minutes. Mais sa semence épaisse finit inexorablement par jaillir bruyamment et recouvrir celle de son amant sur un drap transformé en éponge.
Ils prolongèrent ce délicieux moment en roucoulant, s'embrassant plus tendrement, se caressant, se palpant mutuellement, l'androgyne conservant le doigt coquin bien au chaud dans son fourreau.
C'est une appétissante odeur de ragout qui les fit revenir sur terre. Camille retira son doigt avec un petit sourire aussi coquin que victorieux. Octave s'en amusa en indiquant :
– Tu ne perds rien pour attendre !
– Quand tu veux, fut la réponse de l'androgyne qui remuait lascivement son bassin.
Octave l'embrassa, ravi de la perspective, puis l'entraina vers la porte toujours ouverte de la chambre.
Sur le seuil de la chambre leurs pieds nus glissèrent sur une étrange gluance au sol. Intrigués ils se penchèrent. Ils virent. Ils humèrent. Ils se sourirent. Apparemment plusieurs autres gardes étaient venus les regarder en plein accouplement, s'étaient astiqués eux aussi, et avaient éjaculé leur contentement au sol.
 
Le repas se terminait quand ils arrivèrent, toujours aussi nus, dans la grande salle. Conformément à leurs habitudes les deux premiers gardes, en service, avaient mangés en premier. Les cinq autres finissaient le repas. Tous les regards se tournèrent vers les deux jeunes mâles nus qui répandaient les effluves de leur ébat dans l'air ambiant. Les yeux balayaient la pureté des corps juvéniles, s'attardant sur les petites fesses, les parties viriles, les cuisses, les épaules, les beaux visages.
Aucun garde n'exprima son admiration, que ce soit par un sifflement léger ou par un mot allègre. Mais leurs yeux disaient tout de leur profond plaisir visuel marqué par les bouches bées.
Tous avaient déjà vu l'anatomie crue d'Octave, en rut ou au repos, de très près comme de loin. Mais admirer les deux éphèbes côte à côte était un spectacle plus affriolant encore.
Sans se soucier du comportement des gardes à leur égard, amusés par l'érection de Guislain qui dépassait sous sa chemise car il ne portait toujours rien en bas, les deux jeunots mangèrent de bon appétit.
Au son caractéristique d'une intense copulation, ils devinèrent que Guislain, tout juste sorti dehors, besognait l'un ou l'autre des gardes. La main de Camille se posa sur la cuisse d'Octave. Les promesses qu'ils s'échangèrent furent si torrides que leurs sexes s'érigèrent à nouveau.
Aussi quand le membre moite et mou de Guislain réapparut dans la pièce, il constata qu'il avait réveillé les ardeurs des jeunes bougres.
 
Ils firent un brin de toilette. Chacun se lava consciencieusement les fesses sous les yeux de l'autre. Les sexes restèrent bien raides.
Ils se sucèrent joyeusement dans la salle d'eau, puis dans la grande pièce, et encore dehors quand ils sortirent pour respirer un peu d'air pur. Peu leur importait la présence des gardes. 
Et Camille prit Octave par la main pour retourner dans leur alcôve.
Ils sourirent en voyant une grande bassine d'eau posée sur une table ainsi que deux pots de lubrifiant intime de chaque côté du lit. Octave se doutât que le bon génie fut Marius qui, la veille, avait rangé leur pot personnel dans un tiroir.
Camille grimpa tête-bêche sur Octave. Ils se léchèrent le sexe et les bourses, se caressèrent suavement, se sucèrent délicatement. Ils prirent tout leur temps pour glisser de la virilité à l'œillet. Dans une même pulsion tout en retenue, ils se dégustèrent joyeusement la rondelle pour l'assouplir et se réjouir de l'envoûtante douceur anale.
Octave glissa en premier son phallus entre les fesses délicates. Il pénétra l'androgyne avec tendresse, prenant joliment possession de son fion jusqu'à accoler leurs corps qui n'en format plus qu'un.
Unis par le réjouissant tenon, ils se caressèrent et s'embrassèrent de plus belle. Et avant que les va et vient ne démarrent, ils intervertirent les rôles.
Tout ne fut alors que lascivité dans leurs délicates enculades. Ils se pénétraient et se reprenaient, mais leur passion n'était pas coïtale. Ce qui les faisait frémir autant que gémir n'était pas la sensation de posséder ou d'être pris, c'étaient les caresses intimes, c'était l'accolement de leurs corps en nage, c'étaient leurs baisers incessants.
Ils étaient incapables de se séparer. Ils n'avaient pour seul but que d'écarter leurs fesses à la bite amante pour se lover mieux encore l'un contre l'autre, l'un en l'autre, le sabre dans son fourreau naturel.
Les coups de mitrailles étaient lents et salaces. Les postures étaient instinctivement les plus impudiques qu'il soit. Se donner et offrir. Admirer et ressentir. Goûter et déguster.
Leur copulation libertine les occupa une grande partie de l'après-midi. Ils s'assoupirent en fin de journée après avoir joui l'un dans l'autre. Ensemencer les fesses du délicat amant était leur manière de lui signifier qu'ils s'appartenaient mutuellement. 
Et, après un brin de toilette et d'incessantes caresses lascives, ils remirent cela jusqu'en fin journée. Des gardes passaient une tête par l'encadrement de la porte, admiraient la beauté des jeunes corps emmêlés, s'extasiaient devant l'endurance réciproque. « Insatiables » était le mot qui revenait le plus souvent dans leur bouche.
 
Après une deuxième insémination, les jeunes avides de plaisirs charnels descendirent pour se laver ensemble dans l'étuve. Les voyant passer, Marius se réjouit de voir les coulures séminales qui s'échappaient des fesses. Il était surtout ravi pour son jeune maître avec qui il s'était si souvent accouplé. Il lui était si attaché !
– Je suis heureux pour toi, Octave, lui dit-il en déposant un baiser sur ses lèvres alors que les deux frénétiques étaient dans le baquet. Tu as trouvé un bel et bon ami.
– C'est moi qui te remercie pour tous ces bons moments où tu as réjoui mon corps et m'as si bien fait jouir.
Camille souriait. Aucune once de jalousie ne semblait obscurcir son âme. Il savait bien qu'avant lui le préféré était Marius. Il avait vu.
Les damoiseaux enfilèrent une chemise avant de sortir avec le chef des gardes. Marius voulait connaitre le repère de Camille. D'où les avait-il observés ?
Octave et lui furent totalement surpris, et par le discret chemin qui menait à la petite pièce cachée dans laquelle Camille vivait, et par la pièce en elle-même. Sombre, isolée, elle ne contenait qu'une paillasse, une table près d'une fenêtre, des planches en étagères recouvertes de dizaine de livres.
Alors que Marius explorait les lieux, Octave s'intéressa aux livres. Où avait-il trouvé toutes ces œuvres classiques, ces éditions de philosophes Grecs, ces réflexions actuelles ?
– Tu étais déjà là quand nous sommes arrivés, c'est cela ? demanda Marius.
– Oui.
– Tous ces livres sont à toi ? Tu les as tous lu ? enchaina Octave.
– Oui.
– Veux-tu amener tes affaires dans notre chambre ?
Camille rougit. Le « notre » disait tant pour lui ! Quand bien même il possédait si peu.
– Oui. Demain. Plus tard.
– Quand tu voudras. Tu me parleras ?
– Oui.
Octave embrassa Camille à pleine bouche et instinctivement posa ses mains sur son petit cul nu pour le pétrir. Marius s'émut de la totale symbiose entre ces deux jeunes hommes perdus. Ensemble ils seraient bien plus fort pour faire face à ce monde hostile.
Il sourit en constatant le déploiement de leur érection. C'est avec la queue raide montrant le chemin que les damoiseaux reprirent le chemin inverse vers les épais murs protecteurs du vieux château.
Alors que Marius se déshabillait pour prendre son bain, Camille qui avait attrapé le livre qu'il avait en cours se mit à lire un extrait à haute voix devant Octave.
– “Ce qu'on n'a pas, ce qu'on n'est pas, ce dont on manque, voilà les objets de l'amour”. De qui est-ce ?
– Je sais ! Attends ! Laisse-moi réfléchir !
– “Existe-t-il plaisir plus grand ou plus vif que l'amour physique ? Non, pas plus qu'il n'existe plaisir plus déraisonnable”. Ou encore : “Touché par l'amour, tout homme devient poète”.
– Bien sûr ! C'est de Platon !
– Exact.
– Je suis d'accord qu'il n'existe pas de plaisir plus vif que l'amour physique, mais entre hommes, dit Marius depuis la salle d'eau.
Les tourtereaux s'approchèrent et rirent en voyant Marius nu recevant une fellation passionnée de la part de Jacquelin à quatre pattes devant lui. Ils apprécièrent la beauté de sa croupe. Firmin qui se lavait sortit de l'eau, excité, et contourna le suceur pour lui donner une petite fessée, enduire son sexe de graisse et le pénétrer sans difficulté avant de le limer.
Les jeunes comprirent qu'il fallait laisser là leurs ainés se délasser entre eux. Ils retournèrent dans leur chambre, se déshabillèrent et, en un rien de temps, retrouvèrent en bouche leur vigueur vaguement amollie par le trajet.
Ils passèrent la soirée à se cajoler, se lécher, se sucer, s'embrasser, se palper, tous deux le corps en feu, insatiables polissons se donnant lascivement l'un à l'autre. Ils s'endormirent après une dernière récolte séminale largement partagée dans de fougueux baisers, lovés l'un contre l'autre, s'étreignant fermement, comme une promesse d'éternité ensemble.
– Levez-vous ! Ils arrivent ! s'écria Marius au jour naissant, jetant à chacun des jeunes amants une chemise épaisse.
Il ne s'émut pas des deux splendides érections, se contentant de les aider à se chausser.
– Vite ! Octave, tu connais les repères. Tu y trouveras les vêtements, les vivres, les armes dont tu auras besoin. Nous allons les retenir le plus longtemps possible ici. Filez !
– Marius ! Tu… essaya de dire Octave à celui qui avait été un frère ainé protecteur et un amant magnifique.
– File je te dis ! Pas une seconde à perdre ! Et… Vous deux… Soyez heureux ! Aimez-vous ! Soyez la vie ! Restez beaux ! Allez ! Filez !
Le garde en arme les poussa hors de la chambre puis hors du bâtiment. Dans la cour Octave attrapa la main de Camille, totalement perdu, et le guida fermement vers le chemin secret qui passait par les caves avant de ressortir plus haut dans la montagne. Saisis par l'urgence et la peur, aucun des damoiseaux ne pensa à se retourner pour saluer le chef des gardes ni ceux qui couraient vers la vallée pour défendre leur retraite. Ils obéissaient. Ils fuyaient la mort certaine.
Marius s'était arrêté. Il avait plongé son regard sur les deux magnifiques fessiers nus qui s'éloignaient.
– Quelle splendeur ! se dit-il à lui-même, avant de tourner les talons.
Les damoiseaux disparurent de sa vue. Les premiers rayons du soleil jaillirent. Au loin les chiens aboyaient au milieu des cris menaçants des hommes haineux.
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lelivredejeremie
2 mai 2026 à 00:33
Très beau, et tendre, une parenthèse de bonheur pour Octave et Camille en des temps hostiles. Une histoire parfois encore très actuelle.
Soyez respectueux
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