Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Dentelle blanche - L'Essayage — Chapitre 1 · Pendant que sa femme était à côté
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Dentelle blanche - L'Essayage
Chapitre 1 · Pendant que sa femme était à côté
Le rayon lingerie du grand magasin baigne dans une lumière douce et flatteuse, conçue pour que tout paraisse désirable, la dentelle, la soie, les corps qu'on imagine dedans. Julien suit Sophie dans les allées avec la patience tranquille d'un homme qui a appris, au fil des années, que ce genre de sortie ne se brusque pas. Sophie prend son temps, passe les doigts sur les cintres, sort un soutien-gorge, le tient à bout de bras, le repose. Elle a ce regard concentré et légèrement absent qu'elle a quand elle cherche quelque chose, sans trop savoir quoi précisément.
— Qu'est-ce que tu penses de celui-là ? demande-t-elle en lui tendant un ensemble noir, bustier et culotte taille haute, sobre et élégant.
Julien incline la tête.
— C'est bien. Mais essaie aussi quelque chose de plus... aérien. Quelque chose qui te ressemble davantage.
Sophie le regarde avec une légère surprise, presque attendrie. Il ne dit pas souvent des choses comme ça.
— Aérien comment ?
— Je ne sais pas exactement. De la dentelle. Quelque chose avec un peu plus de légèreté.
— Je ne sais pas exactement. De la dentelle. Quelque chose avec un peu plus de légèreté.
Elle sourit, repose l'ensemble noir et continue de chercher. Ils finissent par constituer une petite pile, quatre ou cinq pièces, du noir, du blanc ivoire, un ensemble bordeaux avec une fine broderie florale. Julien les porte jusqu'aux cabines d'essayage, alignées le long d'un couloir. Une hôtesse leur indique qu'ils peuvent prendre l'avant-dernière. Sophie entre, tire le rideau derrière elle. Julien s'adosse contre le mur d'en face, les bras légèrement croisés, dans cette posture universelle du conjoint qui attend, ni vraiment à sa place, ni vraiment perdu.
La cabine du fond, à deux mètres de là, est occupée. Le rideau est presque fermé, presque. Il y a un espace, pas grand, peut-être quelques centimètres, là où le tissu ne rejoint pas tout à fait le bord. Julien ne le cherche pas. Son regard dérive simplement, comme il dérive toujours quand il n'a rien à faire, et il se retrouve à regarder dans cet espace sans l'avoir vraiment décidé.
Et il voit.
Une femme. Jeune, la trentaine, peut-être un peu moins. Petite, mince, avec des hanches nettement dessinées et une cambrure qui donne à sa silhouette quelque chose d'immédiatement saisissant. Elle porte un ensemble en dentelle rouge, soutien-gorge balconnet et culotte brésilienne, et elle se tient de profil devant le miroir de la cabine, une main dans les cheveux, étudiant son reflet avec cette concentration légèrement critique que les femmes ont devant les glaces d'essayage. Sa poitrine est généreuse pour sa taille, pas démesurée, mais bien présente.
Julien regarde. Il ne peut pas s'en empêcher. C'est moins une décision qu'un réflexe.
La femme lève les yeux.
Leurs regards se croisent dans le miroir.
Une fraction de seconde, assez pour que Julien comprenne qu'elle a compris. Elle est visiblement agacée. Il y a dans ses yeux quelque chose de net et d'expéditif, le regard de quelqu'un qui classe les situations rapidement et celle-là, elle vient de la classer. Elle lève les yeux au ciel, et d'un mouvement sec elle attrape le rideau et le tire complètement, en le fusillant d'un regard qui dit, sans ambiguïté possible : c'est bon, vous avez vu ce que vous aviez à voir.
Julien détourne les yeux. Il sent une chaleur légère sur sa nuque. Il ne sait pas si c'est de la honte ou autre chose.
— Julien ?
La voix de Sophie depuis la cabine. Il se redresse, fait un pas vers le rideau.
— Oui ?
— Passe la tête.
— Passe la tête.
Il glisse la tête à l'intérieur. Sophie est debout dans le miroir, les mains sur les hanches, dans l'ensemble bordeaux brodé. La dentelle est fine, la coupe ajustée, le soutien-gorge remonte légèrement ses seins en leur donnant une rondeur douce. Elle le regarde dans le miroir avec une expression entre l'interrogation et la fierté discrète.
— Alors ?
— Alors c'est très bien, dit-il sincèrement. La couleur te va vraiment.
— Tu es sûr ? Je trouve que la bretelle droite tire un peu.
— Un peu, peut-être. C'est peut-être la taille. Essaie le suivant.
— Alors c'est très bien, dit-il sincèrement. La couleur te va vraiment.
— Tu es sûr ? Je trouve que la bretelle droite tire un peu.
— Un peu, peut-être. C'est peut-être la taille. Essaie le suivant.
Il laisse retomber le rideau. Reprend sa position dans le couloir. Et son regard, malgré lui, revient vers la cabine du fond.
Le rideau n'est plus fermé.
Il y a de nouveau cet espace. Peut-être un peu plus cette fois. Julien se dit que la personne a dû changer entre-temps, que ce sont d'autres mains qui ont laissé le rideau mal tiré par inadvertance.
Il regarde à nouveau, sans vraiment y penser, aussi parce qu'il n'a pas grand chose d'autre à faire.
C'est elle. Il reconnaît la silhouette, les hanches, cette cambrure particulière. Elle a changé d'ensemble. Elle porte maintenant un soutien-gorge et une culotte en dentelle blanche, quelque chose de plus délicat sur elle que le rouge, de presque candide, si ce n'était la façon dont elle se tient.
Elle est adossée contre la paroi du fond de la cabine. Pas de profil cette fois, face au rideau, face à lui. Elle le regarde directement.
Et elle sourit.
Pas le sourire poli ou embarrassé de quelqu'un qui vient d'être surpris. Un sourire conscient, légèrement remonté sur un côté, le sourire de quelqu'un qui a pris une décision et qui s'y tient avec une satisfaction tranquille. Ses yeux ont changé depuis tout à l'heure. L'agacement a disparu. À la place, il y a quelque chose de chaud, une lumière qui ressemble à de la malice et à autre chose que Julien met une seconde à identifier. Du désir. Du désir calme et délibéré.
Sa main droite est posée sur son sein gauche, à travers la dentelle. Elle ne le caresse pas encore vraiment, elle est juste là, sa paume épousant le galbe, ses doigts effleurant le bord du bonnet avec lenteur. La dentelle blanche sur sa peau brune forme un contraste que Julien enregistre avec une acuité déconcertante. Les yeux de la jeune femme ne quittent pas les siens.
Puis sa main gauche commence à descendre.
Lentement. Le long de son ventre plat, sur la peau nue entre le soutien-gorge et la culotte, sur le bord de la dentelle blanche, et puis en dessous. Ses doigts disparaissent sous le tissu, et à la façon dont ses épaules se détendent légèrement, dont ses lèvres s'entrouvrent, Julien comprend exactement ce que fait cette main.
Il ne peut plus bouger.
Ce n'est pas de la sidération, ou pas seulement. C'est quelque chose de plus physique, une chaleur qui part du bas-ventre et remonte jusqu'à la gorge. Il est conscient de tout en même temps : du couloir derrière lui, des voix lointaines du rayon, du froissement de tissu dans la cabine de Sophie à deux pas, et de cette femme qui se touche en le regardant comme si le reste du monde n'existait pas, comme si cette cabine entrouverte était la seule chose réelle dans cet après-midi.
Sa main droite serre légèrement son sein, maintenant. Elle ne joue plus avec la dentelle, elle se caresse, franchement, sans hésitation, ses doigts modelant le galbe avec une précision qui dit qu'elle sait ce qu'elle fait et prend plaisir à le faire. Sa tête bascule très légèrement en arrière, dégageant la ligne de son cou. Ses hanches ont un imperceptible mouvement vers l'avant, en rythme avec ce que fait sa main gauche sous la culotte.
Et elle le regarde toujours. Avec cette malice. Avec ce calme provocateur de quelqu'un qui fait exactement ce qu'elle a décidé de faire et qui tire de sa propre audace une satisfaction pleine et entière.
Julien sent le désir se préciser en lui avec une brutalité presque inconfortable. Son pantalon contraint son érection. Il pense vaguement qu'il devrait détourner les yeux, qu'il devrait faire quelque chose d'autre, penser à autre chose, mais ces pensées arrivent molles et sans conviction, comme des arguments qu'on formule pour la forme, sans y croire.
La main gauche de la jeune femme accélère légèrement sous la dentelle.
Ses hanches répondent, un mouvement très contenu, très maîtrisé, mais Julien le voit. Il voit l'effort qu'elle fait pour ne pas le laisser paraître davantage, et cet effort visible le touche plus que s'il n'avait rien à voir, il dit que c'est réel. Sa tête bascule à nouveau en arrière, ses yeux se ferment à moitié, et pendant quelques secondes elle n'est plus tout à fait là, elle est dans autre chose, quelque chose qui n'appartient qu'à elle et qui traverse son corps en vagues discrètes mais nettes.
Ses lèvres bougent imperceptiblement. Julien ne peut pas lire dessus depuis le couloir, mais il a l'impression qu'elle dit quelque chose, pour elle-même, ou pour lui, il ne sait pas. Peut-être les deux.
Puis son regard revient sur Julien.
Et il y a dans ce regard, à cet instant précis, quelque chose de déconcertant, pas de la fierté, pas de la provocation pure, mais une chose plus simple et plus vraie : l'excitation d'être vue. D'être regardée au moment précis où le corps cède. De laisser quelqu'un tenir ce moment avec elle, à distance, à travers dix centimètres de rideau ouvert.
Sa main gauche s'immobilise. Sa poitrine aux pointes dressées se soulève sur une profonde inspiration et Julien comprend, à la façon dont tout son corps se contracte et se relâche en une seconde, qu'elle vient de jouir devant lui. Silencieusement, debout contre la paroi d'une cabine d'essayage, sous le regard d'un inconnu dans un grand magasin un samedi après-midi.
Elle reste immobile quelques instants. Puis elle redresse la tête, retire lentement sa main gauche de sous la culotte, et ses lèvres s'étirent en un sourire, différent de tout à l'heure, plus plein, plus chaud, habité. Elle lui adresse un tout petit signe de tête, presque formel, comme pour dire : Voilà, c'est fait. Vous avez vu.
Puis le rideau se ferme complètement.
Julien s'adosse contre le mur et regarde le plafond pendant trois secondes. Son cœur bat avec insistance. Il y a une tension évidente dans son pantalon et il est très conscient du fait qu'il se trouve dans un rayon lingerie un samedi en milieu d'après-midi, à deux pas de sa femme.
Sophie continue ses essayages. Il répond à ses questions : le blanc ivoire, oui, magnifique, la coupe de l'autre la fait paraître plus grande, c'est bien. Il est en mode presque automatique, sa tête ailleurs, son regard revenant régulièrement vers la cabine du fond dont le rideau reste cette fois résolument fermé.
Il ne la voit pas remettre sa robe, légère, imprimée, à mi-cuisses, assez sage, ni ramasser ses affaires.
Ce qu'il voit, c'est le rideau qui s'ouvre.
Et elle qui sort.
Elle est différente habillée, pas moins attirante, juste différente, redevenue une jeune femme jolie dans une robe de coton imprimée, les cheveux légèrement défaits par les essayages, un petit sac en bandoulière. Elle a le visage calme. Elle pourrait être n'importe qui.
Sauf qu'elle se dirige directement vers lui.
Elle n'hésite pas, ne ralentit pas, ne cherche pas à dissimuler sa direction. Elle arrive à sa hauteur et au lieu de passer, elle s'installe à côté de lui, ou plutôt, elle se colle contre lui, son flanc contre son flanc, sa hanche contre la sienne, dans cette zone qui est trop proche pour être anodine et pas assez pour être agressive. La chaleur de son corps arrive immédiatement à travers les tissus.
Il peut sentir son parfum. Quelque chose de léger, de floral, avec en dessous quelque chose de plus chaud, de plus intime, la chaleur de sa peau après ce qui vient de se passer.
Elle tourne la tête vers lui et commence à parler. Voix très basse, un murmure calibré, qui ne porterait pas à trente centimètres.
— J'ai beaucoup aimé.
Julien ne dit rien. Il la regarde de côté, méfiant et incapable de détacher les yeux en même temps. Elle a des yeux noisette, le regard de quelqu'un qui sait exactement ce qu'il fait et où il va.
— Jouir devant quelqu'un que je ne connais pas, continue-t-elle d'une voix calme. C'est quelque chose que je n'avais jamais fait. Pas de cette façon-là. Pas aussi... délibérément. Savoir que vous voyiez tout, que vous voyiez mes doigts bouger sous la dentelle, que vous voyiez mon ventre se contracter et mes hanches trembler, ça m'a rendu encore plus chaude.
Elle laisse le mot traîner une seconde.
— Il y a quelque chose de très particulier dans le fait d'être regardée au moment précis où je jouis. De savoir que vous voyez exactement ce qui se passe.
Elle lève sa main gauche et la place sous le nez de Julien, avec une précision presque délicate, à deux centimètres de sa lèvre supérieure. Deux doigts. Julien n'a pas besoin qu'elle lui explique.
Il sent.
C'est chaud et intime et profondément, troublant, une odeur de femme, de désir réel, de quelque chose que le corps ne peut pas feindre. Ça lui monte directement au cerveau comme un court-circuit.
— Vous sentez, dit-elle, toujours dans ce murmure. C'est mon odeur, une odeur que vous n'oublierez pas. Vous sentez à quel point j'étais excitée ? À quel point vous m'avez mise dans cet état, simplement en regardant ? Mes doigts glissaient tout seuls entre mes lèvres tellement j'étais troublée.
Elle retire sa main sans se presser.
— Et vous ?
Elle tourne franchement la tête vers lui, maintenant, et le regarde dans les yeux avec cette fixité calme.
— Dans quel état êtes-vous, là ?
Elle sait très bien dans quel état il est. La question n'est pas une question, c'est une ouverture.
Sa main part de son torse, elle la pose à plat sur sa chemise, juste au sternum, et Julien sent la pression, la chaleur, à travers le tissu. Il ne dit rien. Il ne recule pas non plus. Puis sa main descend. Lentement, le long du ventre, en suivant la ligne des boutons, jusqu'à la ceinture, et au-delà. Sa paume se pose sur lui à travers le tissu, et la pression est légère mais précise, informée, comme une main qui cherche moins à découvrir qu'à confirmer ce qu'elle soupçonnait déjà.
Julien retient sa respiration.
— Mmh, dit-elle doucement.
Ce n'est pas une exclamation. C'est une constatation posée, une satisfaction tranquille et sans surprise.
— Le spectacle vous a plu, à ce que je vois.
Elle commence un mouvement, juste la paume et les doigts en frottant légèrement la bosse à travers le tissu, en épousant le relief avec attention.
Sa main continue son mouvement, très régulier, absolument serein. Elle n'a pas l'air d'une femme qui fait ça furtivement, dans la honte ou la précipitation, elle a l'air d'une femme qui sait exactement ce qu'elle fait et qui n'envisage pas une seconde de s'en excuser.
— Vous m'en voulez d'avoir regardé ? demande Julien à voix très basse.
Elle tourne la tête vers lui avec une expression légèrement moqueuse, comme si la question l'amusait par sa naïveté.
— Si je vous en avais voulu, j'aurais gardé le rideau fermé.
— Vous aviez l'air agacée, la première fois.
— La première fois, vous étiez un parfait inconnu qui regardait par une fente de rideau. C'est différent. Mais ensuite j'ai observé. Vous êtes en couple, marié, j'ai vu votre alliance. Je vous ai entendu. Vous conseillez votre femme avec attention, vous regardez vraiment ce qu'elle essaie, vous êtes là pour elle. Ça change le portrait.
— Ça le change comment ?
— Vous aviez l'air agacée, la première fois.
— La première fois, vous étiez un parfait inconnu qui regardait par une fente de rideau. C'est différent. Mais ensuite j'ai observé. Vous êtes en couple, marié, j'ai vu votre alliance. Je vous ai entendu. Vous conseillez votre femme avec attention, vous regardez vraiment ce qu'elle essaie, vous êtes là pour elle. Ça change le portrait.
— Ça le change comment ?
Elle prend une légère pause, comme si la question méritait une vraie réponse.
— Un homme qui accompagne sa femme choisir de la lingerie un samedi après-midi, ça dit quelque chose. Que vous faites attention à ce qu'elle ressent, à la façon dont elle se voit. C'est rare. Et puis vous vous êtes senti coupable la première fois. J'ai vu votre visage.
— C'était si visible ?
— Très. C'est pour ça que j'ai rouvert le rideau.
— C'était si visible ?
— Très. C'est pour ça que j'ai rouvert le rideau.
Julien la regarde vraiment pour la première fois depuis qu'elle s'est approchée. Elle a ce visage qui mélange la jeunesse et une certaine assurance mûre, quelqu'un qui se connaît, qui connaît ses effets et n'en fait pas mystère.
— Vous faites ça souvent ? demande-t-il.
— Quoi exactement ?
— Ce que vous venez de faire.
— Quoi exactement ?
— Ce que vous venez de faire.
Elle sourit, pas le sourire malicieux de tout à l'heure, quelque chose de plus intime.
— Non. Presque jamais. L'envie m'est venue quand j'ai compris qui vous étiez. La situation était... elle avait quelque chose d'irrésistible. Un homme marié, attentionné, avec sa femme à deux mètres. Et ce regard que vous aviez, ce regard de quelqu'un qui sait qu'il ne devrait pas regarder et qui regarde quand même.
Elle laisse passer un temps.
— C'est très séduisant, ce genre de regard.
Sa main continue son travail doux et régulier sur lui, et Julien maintient un visage à peu près composé pour tous les gens qui pourraient traverser le couloir en ce moment, et il y en a, de temps en temps, des couples, des femmes seules, une hôtesse qui passe sans les regarder.
— Qu'est-ce que vous avez ressenti exactement ? En me regardant ?
— Je n'aurais pas su nommer ça sur le moment.
— Essayez maintenant.
— Je n'aurais pas su nommer ça sur le moment.
— Essayez maintenant.
Julien prend une demi-seconde.
— Une chaleur. Immédiate. Et l'impossibilité de détourner les yeux, même en sachant que je devais le faire.
— Vous avez regardé ma main descendre sous la culotte.
— Oui, je ne l'ai pas lâchée des yeux.
— Vous avez compris ce que je faisais.
— Immédiatement.
— Et vous vous êtes durci à ce moment précis.
— Oh oui.
— Bien, dit-elle simplement.
— Vous avez regardé ma main descendre sous la culotte.
— Oui, je ne l'ai pas lâchée des yeux.
— Vous avez compris ce que je faisais.
— Immédiatement.
— Et vous vous êtes durci à ce moment précis.
— Oh oui.
— Bien, dit-elle simplement.
Sa main marque une légère pression. Elle fait une courte pause, les yeux sur le couloir.
— Vous avez vu mes tétons dressés à travers la dentelle ?
— Très clairement.
— Vous aviez envie de les toucher, de les prendre dans votre bouche ?
— J'en avais la gorge sèche.
— Je vois dans votre regard que vous aimeriez me prendre, là, maintenant, dit-elle. Ne dites pas le contraire.
— Très clairement.
— Vous aviez envie de les toucher, de les prendre dans votre bouche ?
— J'en avais la gorge sèche.
— Je vois dans votre regard que vous aimeriez me prendre, là, maintenant, dit-elle. Ne dites pas le contraire.
Julien ne répond pas immédiatement.
— Ce serait mentir que de le nier.
— Bien sûr que ce serait mentir, dit-elle avec une douceur implacable. Vous avez les yeux de quelqu'un qui pense à mes hanches, à la cambrure de mon dos quand j'étais adossée contre cette paroi. Vous pensez à comment je suis en ce moment sous cette robe, si je porte encore cette dentelle blanche, à quel point elle doit être humide contre ma peau.
— Bien sûr que ce serait mentir, dit-elle avec une douceur implacable. Vous avez les yeux de quelqu'un qui pense à mes hanches, à la cambrure de mon dos quand j'étais adossée contre cette paroi. Vous pensez à comment je suis en ce moment sous cette robe, si je porte encore cette dentelle blanche, à quel point elle doit être humide contre ma peau.
Elle laisse passer une seconde.
— C'est le cas. Elle est encore contre ma peau. Et elle est encore tellement humide.
Elle le sent sent durcir encore davantage sous sa paume.
— Voilà.
— C'est impossible. Je ne peux pas vous prendre ici.
— Évidemment. Votre femme est là, à deux mètres. C'est précisément ce qui rend tout cela aussi intense, non ? L'impossibilité. Le fait que vous devez rester immobile, que vous devez garder ce visage parfaitement normal, que vous devez répondre quand elle vous appelle. Vous êtes coincé entre deux mondes et les deux tirent aussi fort.
— C'est impossible. Je ne peux pas vous prendre ici.
— Évidemment. Votre femme est là, à deux mètres. C'est précisément ce qui rend tout cela aussi intense, non ? L'impossibilité. Le fait que vous devez rester immobile, que vous devez garder ce visage parfaitement normal, que vous devez répondre quand elle vous appelle. Vous êtes coincé entre deux mondes et les deux tirent aussi fort.
Elle n'attend pas la réponse. Elle se détache de lui, avance vers la cabine de Sophie avec une fluidité naturelle, passe la tête dans la cabine et dit d'une voix normale, presque enjouée :
— Bonjour ! Je suis Alice. Tout se passe bien ?
Julien se fige intérieurement.
Sophie répond depuis derrière le rideau, une légère surprise polie dans la voix.
— Oui, merci ! Je cherche juste une autre taille pour le dernier modèle, le 90C mais en bonnet plus profond, si vous l'avez.
— Je regarde ça pour vous immédiatement, dit Alice.
— Je regarde ça pour vous immédiatement, dit Alice.
Elle referme le rideau avec un soin particulier, puis se retourne vers Julien et pose une main légère sur son avant-bras : ne bougez pas avant de disparaître dans le rayon.
Julien reste là.
Il reste là dans ce couloir, les mains légèrement crispées sur rien, à attendre une femme dont il ne connaît toujours pas le prénom, qui vient de le masturber à travers son pantalon à deux pas de sa femme et qui est allée chercher de la lingerie comme si c'était la chose la plus naturelle du monde. Il prend une longue inspiration. Analyse rapidement la situation. Conclut qu'il n'y a rien à analyser qui servirait à quelque chose. Son cœur bat trop vite.
Alice revient moins de deux minutes plus tard. Elle porte deux articles, le modèle demandé dans la bonne taille, et autre chose qu'elle a choisi en passant : un bustier en dentelle écrue avec un liseré en satin fin, la coupe d'une élégance simple et précise.
Elle passe la tête dans la cabine de Sophie.
— J'ai trouvé ce qu'il vous faut. Et je me suis permis de vous apporter ceci également, un bustier. Avec votre silhouette, je pense que cela vous ira très bien.
— Oh, merci, c'est vraiment gentil ! dit Sophie.
— Je vous en prie. Prenez votre temps.
— Oh, merci, c'est vraiment gentil ! dit Sophie.
— Je vous en prie. Prenez votre temps.
Elle referme le rideau, fait deux pas en arrière, et reprend exactement sa place contre Julien. Flanc contre flanc, hanche contre hanche, la bouche à hauteur de son oreille.
— Avec ce bustier, elle en a pour un bon moment, murmure-t-elle. Elle va vouloir votre avis. Vous allez trouver ça magnifique, et vous aurez raison, ça lui ira très bien. Et pendant ce temps...
Sa main revient. Directement cette fois, sans la progression de tout à l'heure. Elle pose la paume sur lui à travers le tissu avec la certitude d'une femme qui reprend possession de ce qu'elle a laissé.
Une légère satisfaction traverse ses traits.
— Bien. Vous êtes toujours là, vous bandez toujours aussi dur pour moi.
— Vous en doutiez ?
— Non. Mais je préfère vérifier par moi-même.
— Vous en doutiez ?
— Non. Mais je préfère vérifier par moi-même.
Elle fait quelque chose que Julien n'anticipe pas. Ses doigts trouvent la fermeture éclair et la fait glisser avec une lenteur calculée.
— Alice, dit Julien, très bas.
Elle s'immobilise.
— Vous savez mon prénom ?
— Vous l'avez dit à ma femme.
— C'est vrai. Et vous ?
— Julien.
— Julien. Restez tranquille.
— Vous l'avez dit à ma femme.
— C'est vrai. Et vous ?
— Julien.
— Julien. Restez tranquille.
Sa main glisse à l'intérieur du tissu. Julien ferme les yeux une demi-seconde, les rouvre immédiatement, il a besoin de garder les yeux ouverts, de surveiller le couloir, de maintenir cette apparence d'homme qui attend sagement. Alice sort son sexe avec une douceur totalement contradictoire avec l'audace du geste, avec la délicatesse précise de quelqu'un qui manipule quelque chose de précieux.
Elle reste un instant sans bouger. Sa main simplement là, refermée autour de lui, chaude, ferme.
— Vous avez une très belle queue, Julien, murmure-t-elle. Longue, épaisse, je suis certaine que votre femme l'apprécie.
Ce n'est pas une flatterie. Le mot tombe avec la même neutralité tranquille qu'elle dirait vous avez de beaux yeux ou vous avez la belle stature, une observation factuelle, portée avec une satisfaction discrète.
Sa main commence à le masturber. Lentement d'abord, un mouvement ample, de la base jusqu'à la tête, la prise ferme et régulière.
— Ne faites pas de bruit, murmure-t-elle.
— J'essaie.
— Essayez mieux que ça.
— J'essaie.
— Essayez mieux que ça.
Le mouvement de sa main est régulier, précis, et Julien garde les bras le long du corps, les paumes à plat contre ses cuisses, regardant le couloir devant lui avec l'intensité d'un homme qui lutte simultanément contre plusieurs choses : le désir, l'indécence de la situation, la proximité de Sophie, et cette conscience aiguë que si quelqu'un passe maintenant il ne pourra rien faire d'autre que rester immobile.
— Imaginez, dit-elle tout bas, sa bouche effleurant presque le lobe de son oreille… Imaginez si je vous entraînais dans cette cabine maintenant. Si je tirais le rideau derrière vous. Oh pas pour longtemps, juste un instant. Vous glisseriez ma robe au-dessus de ma taille. Vous trouveriez cette dentelle blanche encore dessous. Vous passeriez un doigt sous le tissu et vous sentiriez à quel point je suis ouverte et humide.
Sa main s'adapte légèrement, le poignet pivotant d'un degré, le geste devenant plus précis.
— Vous m'auriez contre la paroi. Vos mains de chaque côté de ma taille. Cette belle queue contre mes lèvres trempées et vous vous enfonceriez en moi. Vous sentiriez mon chatte brûlante vous enserrer, mon bassin répondre à vos coups de reins. Vous avez regardé tout à l'heure, vous avez vu comment mes hanches ondulent quand je jouis. Vous ne penseriez plus qu'à me remplir.
Quelque chose change dans la respiration de Julien.
Elle laisse ça s'installer une seconde.
— Vous aimeriez ça, mes hanches entre vos mains, votre queue plantée au fond de moi. Je le sais.
— Alice.
— Quoi ?
— Continuez à parler de cette façon et cela va finir avant que vous l'ayez décidé.
— Cela finira quand je l'aurai décidé, dit-elle avec une certitude douce et absolue. Pas avant.
— Alice.
— Quoi ?
— Continuez à parler de cette façon et cela va finir avant que vous l'ayez décidé.
— Cela finira quand je l'aurai décidé, dit-elle avec une certitude douce et absolue. Pas avant.
Sa main ralentit légèrement, une reprise de contrôle, délibérée, qui dit exactement ce qu'elle vient de dire.
— Julien !
La voix de Sophie. Claire, immédiate.
Julien répond d'une voix d'une normalité sidérante :
— Une seconde.
Il jette un regard à Alice, qui le tient toujours dans sa paume tiède sans bouger pendant qu'il passe la tête dans la cabine de Sophie.
Sophie est dans le bustier en dentelle écrue. Il lui va remarquablement, les bretelles larges qui dégagent les épaules, la structure qui soutient sa poitrine sans comprimer, la dentelle qui suit le galbe avec précision. Elle se regarde dans le miroir avec une expression qui mélange la satisfaction naissante et l'incertitude habituelle.
— Alors ? Le bustier ?
— Magnifique, dit Julien, et c'est parfaitement sincère. Il n'a pas besoin de mentir pour ça, Sophie est réellement belle dedans et il le voit vraiment, même maintenant, même avec la main d'Alice refermée sur lui. Vraiment. C'est exactement ce que j'imaginais quand j'ai dit aérien, tout à l'heure.
— Magnifique, dit Julien, et c'est parfaitement sincère. Il n'a pas besoin de mentir pour ça, Sophie est réellement belle dedans et il le voit vraiment, même maintenant, même avec la main d'Alice refermée sur lui. Vraiment. C'est exactement ce que j'imaginais quand j'ai dit aérien, tout à l'heure.
Sophie sourit dans le miroir.
— Ce n'est pas trop sexy ?
— C'est exactement comme il faut être. Prends-le.
— Tu en es sûr ?
— Certain.
— C'est exactement comme il faut être. Prends-le.
— Tu en es sûr ?
— Certain.
Sophie hoche la tête avec la satisfaction de quelqu'un dont le doute vient d'être résolu au bon endroit. Julien laisse retomber le rideau.
Alice reprend son mouvement, les yeux sur le couloir.
— C'est beau, dit-elle doucement. Vous n'avez pas fait semblant. Vous avez vraiment regardé votre femme.
— Elle est belle.
— Je sais. Je l'ai remarqué. Grande, brune, une poitrine magnifique, elle a du style aussi. C'est pour ça que je lui ai apporté le bustier.
— Elle est belle.
— Je sais. Je l'ai remarqué. Grande, brune, une poitrine magnifique, elle a du style aussi. C'est pour ça que je lui ai apporté le bustier.
Julien la regarde de côté.
— Vous avez fait ça pour elle ?
— J'ai fait ça pour vous. Pour que vous ayez un beau souvenir de cette après-midi, votre femme dans un bustier magnifique, et moi...
— J'ai fait ça pour vous. Pour que vous ayez un beau souvenir de cette après-midi, votre femme dans un bustier magnifique, et moi...
Elle laisse la phrase ouverte.
— Et vous quoi ?
Elle ne répond pas en mots. Elle baisse les yeux, un regard vers le bas, entre eux, là où sa main travaille, et Julien suit ce regard par réflexe. Elle l'oriente très légèrement, vérifie d'un bref coup d'œil que le couloir est désert derrière eux. Il l'est.
— Il n'y a personne, murmure-t-elle.
Puis elle descend.
Elle s'agenouille devant lui avec une fluidité déconcertante, dans ce couloir de grand magasin, un samedi après-midi, et avant que Julien ait pu formuler la moindre pensée cohérente, elle l'a pris entre ses lèvres.
Juste un instant. Le temps d'un aller-retour lent de sa langue sur toute la longueur, d'un passage précis et attentif sur le gland, d'une pression des lèvres qui dit : je sais parfaitement ce que je fais et je veux que vous vous en souveniez longtemps. Et elle se relève, aussi naturellement qu'elle s'était baissée, et reprend sa place contre lui comme si elle n'avait pas bougé.
Ce que Julien a frôlé dans ces quelques secondes ressemble à une chute libre. Il a réussi à se retenir, avec un effort qui lui a traversé le corps tout entier comme une décharge. La mâchoire serrée, la nuque raide, les mains à plat contre ses cuisses.
— Vous avez failli jouir, dit-elle, et il y a dans sa voix une satisfaction tranquille et profonde.
— De peu.
— J'aurais aimé vous faire jouir dans ma bouche ici-même, juste à coté de votre femme. Je vous aurais bu jusqu'à la dernière goutte avant de vous remettre dans votre pantalon. Mais il y a vraiment trop de passages dans ce couloir.
— Vous en parlez avec un regret remarquablement calme.
— Je ne suis pas du genre à me désoler de ce qui ne peut pas être. Je préfère apprécier ce qui est.
— De peu.
— J'aurais aimé vous faire jouir dans ma bouche ici-même, juste à coté de votre femme. Je vous aurais bu jusqu'à la dernière goutte avant de vous remettre dans votre pantalon. Mais il y a vraiment trop de passages dans ce couloir.
— Vous en parlez avec un regret remarquablement calme.
— Je ne suis pas du genre à me désoler de ce qui ne peut pas être. Je préfère apprécier ce qui est.
Sa main a repris son travail. Plus décidée maintenant, le mouvement plus précis, plus affirmé, avec une légère accélération qui dit que la patience a ses limites.
— À quoi pensez-vous, là ? murmure-t-elle.
— Je pense que vous êtes complètement folle.
— C'est tout ?
— Non.
— Dites-moi le reste.
— Je pense à vos hanches. Je pense à la dentelle blanche. À ce que je sentirais si j'avais la main là où vous aviez la vôtre tout à l'heure, à quel point vous devez être humide.
— Je pense que vous êtes complètement folle.
— C'est tout ?
— Non.
— Dites-moi le reste.
— Je pense à vos hanches. Je pense à la dentelle blanche. À ce que je sentirais si j'avais la main là où vous aviez la vôtre tout à l'heure, à quel point vous devez être humide.
Un sourire traverse le visage d'Alice, quelque chose de plus vrai, plus chaud, de presque satisfait.
— Voilà. C'est mieux. Gardez ça en tête. Pensez à cette dentelle blanche détrempée. Pensez à ce que vous feriez si nous étions dans cette cabine, à la façon dont vous me retourneriez pour profiter de ma cambrure, pour me prendre par-derrière, la main dans mes cheveux. Pensez à mes hanches entre vos mains et à comment elles répondraient pendant que vous me baiseriez sauvagement.
Sa main accélère encore. Le mouvement est ininterrompu, précis, et Julien ferme les yeux une seconde, les rouvre, cherche un point fixe sur le mur d'en face.
— C'est à cause de moi, murmure Alice. Tout ça. C'est moi que vous avez dans la tête en ce moment, mon corps, mes seins, mon ventre, et ma façon de jouir en vous regardant.
— Oui.
— Dites-le.
— C'est à cause de vous.
— Bien.
— C'est entièrement à cause de vous.
— Je sais, dit-elle simplement. Je vous sens palpiter.
— Oui.
— Dites-le.
— C'est à cause de vous.
— Bien.
— C'est entièrement à cause de vous.
— Je sais, dit-elle simplement. Je vous sens palpiter.
Sa main s'adapte encore une fois, une légère modification du geste, de la prise, quelque chose de plus serré en haut du mouvement, et Julien comprend avec une clarté absolue que les prochaines secondes sont comptées.
— Regardez droit devant vous, murmure-t-elle. Et ne faites pas de bruit.
Julien jouit debout dans ce couloir de grand magasin avec une discrétion qui lui coûte tout ce qu'il a, la mâchoire serrée à se faire mal, la nuque tendue, les mains crispées sur les coutures de son pantalon, les yeux ouverts sur le mur d'en face. Son souffle sort en une longue expiration presque silencieuse. Alice dirige le tout jusqu'à la fin, jusqu'au dernier tremblement, avec le calme et la précision d'une femme qui sait exactement ce qu'elle fait et qui en tire une satisfaction évidente.
Elle le tient jusqu'au dernier frisson.
Puis, les yeux levés vers ceux de Julien, elle attrape une goutte qui perle au bout de son sexe du bout de l'index, la porte à ses lèvres, la tient un instant sur sa langue.
— Pas mal du tout, Julien, dit-elle simplement.
Julien a l'impression d'avoir perdu dix ans de vie et d'en avoir gagné vingt autres en échange. Alice remet de l'ordre en lui avec les mêmes gestes précis, referme la fermeture éclair, lisse le tissu.
Puis, elle passe la tête dans la cabine de Sophie, la voix revenue à sa neutralité parfaite.
— Tout va bien ? Vous avez trouvé votre bonheur ?
— Oui ! répond Sophie, ravie. Je pense prendre le bustier et l'ensemble bordeaux.
— Excellent choix. Et si je puis me permettre, le bustier en blanc plutôt qu'en noir, si vous avez le choix de la couleur. Avec votre carnation, le blanc sera bien plus lumineux.
— Oh, vraiment ? Je n'y aurais pas pensé. Merci beaucoup du conseil !
— Tout le plaisir est pour moi, dit Alice avec une sincérité parfaite. Bonne continuation.
— Oui ! répond Sophie, ravie. Je pense prendre le bustier et l'ensemble bordeaux.
— Excellent choix. Et si je puis me permettre, le bustier en blanc plutôt qu'en noir, si vous avez le choix de la couleur. Avec votre carnation, le blanc sera bien plus lumineux.
— Oh, vraiment ? Je n'y aurais pas pensé. Merci beaucoup du conseil !
— Tout le plaisir est pour moi, dit Alice avec une sincérité parfaite. Bonne continuation.
Elle referme le rideau.
Se retourne vers Julien.
Il y a quelque chose de différent dans son regard maintenant, quelque chose de plus posé, de plus réel. L'éclat de la malice est toujours là, mais en dessous il y a autre chose : une femme de trente ans, debout dans un couloir ordinaire, qui vient de faire quelque chose d'extraordinaire et qui le mesure avec une clarté sereine.
— Ce soir, murmure-t-elle en se penchant vers lui une dernière fois, vous allez faire l'amour à votre femme.
— Probablement.
— Certainement. Et quand vous jouirez en elle, vous penserez à moi. Ne faites pas semblant que ce ne sera pas le cas. Vous penserez à la dentelle blanche. À mes doigts sous la culotte. À mon regard pendant que je jouissais devant vous. À la façon dont votre queue était dans ma main. À ma bouche. À tout ce que vous auriez aimé me faire dans cette cabine.
— Probablement.
— Certainement. Et quand vous jouirez en elle, vous penserez à moi. Ne faites pas semblant que ce ne sera pas le cas. Vous penserez à la dentelle blanche. À mes doigts sous la culotte. À mon regard pendant que je jouissais devant vous. À la façon dont votre queue était dans ma main. À ma bouche. À tout ce que vous auriez aimé me faire dans cette cabine.
Ce n'est pas une question. C'est un constat, posé avec la précision tranquille de quelqu'un qui connaît la psychologie humaine mieux que la moyenne.
Elle pose une main sur sa poitrine, juste une seconde, juste le temps d'une pression légère, presque tendre, presque affectueuse.
— Cela ne me dérange pas. Sophie aura un mari incandescent ce soir. Elle ne saura pas pourquoi, mais elle le ressentira. Dans le fond, je lui rends un service.
Julien rit malgré lui, un son court, sincère, légèrement incrédule.
— Vous êtes vraiment folle.
— Vous me l'avez déjà dit.
— Je le répète parce que c'est toujours vrai.
— C'est peut-être vrai. Ou peut-être que je suis simplement quelqu'un qui sait reconnaître une situation belle quand elle se présente, et qui ne la laisse pas passer.
— Vous me l'avez déjà dit.
— Je le répète parce que c'est toujours vrai.
— C'est peut-être vrai. Ou peut-être que je suis simplement quelqu'un qui sait reconnaître une situation belle quand elle se présente, et qui ne la laisse pas passer.
Elle ramasse son sac et commence à s'éloigner.
Julien fait deux pas après elle.
— Alice.
Elle se retourne.
Il lui tend sa carte de visite. Il ne sait pas très bien pourquoi, par réflexe, comme quelque chose qui ressemble à de l'espoir mal formulé, par refus de laisser cet après-midi se dissoudre dans un couloir anonyme.
Elle prend la carte. La regarde. La retourne entre ses doigts. La glisse dans son sac avec un naturel qui ne dit ni oui ni non.
— Je préfère les aventures impromptues, dit-elle.
— On ne sait jamais.
— On ne sait jamais.
Elle incline légèrement la tête. Il y a dans ses yeux une lumière douce et finale, juste le regard de quelqu'un qui vient de vivre exactement ce qu'elle voulait vivre, ni plus ni moins, et qui n'en demande pas davantage.
— Qui sait, dit-elle.
Et elle disparaît entre les rayons, sa robe légère, son sac en bandoulière : une jeune femme ordinaire dans un grand magasin, un samedi après-midi, et rien dans sa silhouette qui trahisse quoi que ce soit de ce qui vient de se passer.
Sophie finit par sortir de la cabine, ses articles dans les bras, le visage satisfait de quelqu'un qui a trouvé exactement ce qu'il cherchait. Elle regarde Julien avec ce sourire conjugal et tranquille qu'il connaît par cœur, ce sourire qui n'a rien à prouver.
— Bon. Tu as survécu à l'attente ?
— J'ai survécu.
— Tu as l'air un peu... je ne sais pas. Ça va ?
— Très bien. Un peu chaud, peut-être.
— Les cabines, ça chauffe toujours trop. Allez, viens, allons prendre un verre.
— J'ai survécu.
— Tu as l'air un peu... je ne sais pas. Ça va ?
— Très bien. Un peu chaud, peut-être.
— Les cabines, ça chauffe toujours trop. Allez, viens, allons prendre un verre.
Elle glisse sa main dans la sienne et ils marchent ensemble vers la caisse, puis vers la sortie, et Julien tient la main de sa femme dans un grand magasin un samedi après-midi avec le sentiment précis et légèrement vertigineux que le monde vient de lui montrer une de ses faces les plus inattendues. Et que la carte de visite dans le sac d'Alice pèse exactement le poids d'une question sans réponse.
Quelque part dans les rayons, ou peut-être déjà dehors dans le soleil du début d'été, une femme prénommée Alice marche avec ses achats et sa robe imprimée, et qui sait ce qu'elle pense.
Qui sait.
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Commentaires ()
J'aimerais beaucoup faire une aussi belle rencontre.
Et comme cette dame, je ne ferme jamais entièrement le rideau quand j'essaye un vêtement .....et parfois même pas du tout
En effet, beaucoup d'entre nous apprécieraient une telle rencontre et un aussi charmant spectacle !
Très très érotique et surtout très excitant à lire merci
Dommage qu'il n'y ait pas de suite de prévu
Après qui sait... en fonction du moment et de l'inspiration..
Très très érotique et surtout très excitant à lire merci
Dommage qu'il n'y ait pas de suite de prévu
Merci pour ce partage délicieusement érotique
Les personnages réagissent bien.
Très réaliste.
Merci.
Cela m'encourage de voir que cela plait