Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Confessions d’une Pharmacienne — Chapitre 3 · L’arrière-boutique
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Confessions d’une Pharmacienne
Chapitre 3 · L’arrière-boutique
La clochette de la porte a tinté depuis plusieurs minutes déjà. Mais Sophie est restée concentrée sur son écran, tentant d'ignorer le tumulte sous-jacent de son propre cœur. Elle a trop chaud, la nuque moite, et le souvenir d'un regard clair accroché à ses pensées. Elle n'a pas levé les yeux. Pas tout de suite.
C'est la voix de Marie Joe, en espagnol, vif et un brin moqueur, qui la ramène à la réalité.
— Sophie… c'est pour vous.
Un frisson lui traverse l'échine. Elle relève lentement la tête. Et ses yeux tombent sur lui.
Jimmy, debout devant le comptoir. Décontractée, bras légèrement repliés, un sac en papier dans une main. Il tient l'ordonnance de la veille, comme s'il venait de sortir de chez le médecin. Mais ce n'est pas ça qui la frappe.
C'est cette façon qu'il a de la regarder. Sans hâte. Sans détour. Comme s'il l'attendait.
Jimmy, debout devant le comptoir. Décontractée, bras légèrement repliés, un sac en papier dans une main. Il tient l'ordonnance de la veille, comme s'il venait de sortir de chez le médecin. Mais ce n'est pas ça qui la frappe.
C'est cette façon qu'il a de la regarder. Sans hâte. Sans détour. Comme s'il l'attendait.
Elle inspire, tente de rester droite. Mais déjà, elle sent sa gorge se nouer.
— Bonjour, dit-il avec un sourire tranquille. Je viens récupérer le gel commandé hier pour l'épaule de ma sœur. Elle a toujours mal, et j'avais promis de passer. Juré, c'est pour ma sœur.
Jimmy penche légèrement la tête vers Sophie et ajoute à mi-voix, dans un souffle amusé :
— Parce que mon épouse, je ne l'ai pas encore trouvée…
Un bref silence. Il la regarde droit dans les yeux.
— Du moins… pas encore. Mais qui sait ? Imaginez : je croise une femme, elle tombe juste devant moi…
Sophie, surprise, laisse échapper un murmure presque involontaire.
— Hum… une femme qui tombe… devant vous ?
Elle garde la bouche entrouverte, les yeux rivés aux siens.
Marie Joe la pousse doucement du coude.
Marie Joe la pousse doucement du coude.
— Tu sais, le toréador… Ma grand-mère, elle, n'aurait pas tremblé devant lui.
Sophie ignore la remarque, même si son cœur fait une embardée. Elle contourne le comptoir avec lenteur, tentant d'adopter une démarche assurée, presque rigide de professionnalisme. Mais à chaque pas, elle sent la chaleur lui monter dans la gorge, comme si sa peau trahissait ce qu'elle voulait cacher.
Elle sait pourquoi il est là. Ou du moins, elle pressent que ce n'est pas uniquement pour un gel anti-inflammatoire. Et cette idée, plus que tout, fait vibrer une corde qu'elle croyait depuis longtemps rouillée. Une chaleur sourde se propage dans son ventre, mélange de vertige et de désir confus. Sa gorge se serre, sa poitrine se soulève plus vite. Ce n'est pas seulement le souvenir du frôlement c'est l'anticipation. Ce trouble étrange, ce tiraillement entre la peur de se brûler et l'envie folle d'y plonger les deux mains.
Elle l'invite à patienter quelques minutes, le temps d'aller chercher le produit en réserve. Elle s'éloigne, dos droit, démarche lente, mais intérieurement fébrile. À peine a-t-elle franchi la porte battante que tout vacille. Une sensation étrange l'envahit, comme si son corps se déconnectait par vagues.
Son souffle devient court, irrégulier. L'air semble plus dense, comme si chaque inspiration pesait lourd. Une chaleur diffuse se propage depuis sa poitrine jusqu'à son ventre, mêlée à une angoisse sourde. Sa nuque perle de sueur, son chemisier colle à son dos. Sa vision se trouble, se rétrécit sur les bords.
Un vertige monte en elle, lent, épais, insidieux. Ses tempes cognent. Une pulsation sourde, oppressante. Son cœur cogne plus fort encore, comme s'il voulait s'échapper. Elle entrouvre les lèvres. Sa langue est pâteuse. Un souffle, un frisson, la traverse sans la rafraîchir. Lentement, presque au ralenti, elle tend la main à l'aveugle, à la recherche d'un point d'ancrage. Ses doigts glissent sur le bord froid d'une étagère métallique. Ce contact la fait frissonner. Elle s'y accroche à peine, vacillante. L'équilibre tangue. Un silence lourd, vibrant. La lumière zèbre soudain la pièce, blanche, crue, tranchante. Les murs s'approchent. L'espace se resserre. Le cœur cogne fort. Trop fort. Elle cligne des yeux. Lentement. Le sol ondule. L'air est épais. Chaque seconde pèse. Et tout en elle chavire.
Elle cligne des yeux. Le sol ondule.
Et elle comprend qu'elle va tomber.
Elle cligne des yeux. Le sol ondule.
Et elle comprend qu'elle va tomber.
Une ombre passe la porte. Jimmy.
— Vous allez bien ?
Elle ne répond pas. Son dos vient buter lentement contre le rayonnage métallique, dont le froid contraste violemment avec la moiteur de sa peau. Elle ferme les paupières un instant. Tout en elle est tendu, à fleur. Il fait chaud. Trop chaud. Sa jupe, colle à ses cuisses nues.
Elle sent son cœur cogner à ses tempes, rythme profond et désordonné, comme s'il battait avec retard dans l'attente d'un geste, d'un souffle, d'un regard encore plus intense. Le silence s'allonge. Suspendu. Son souffle devient irrégulier. L'air semble chargé d'électricité. Et elle sait, sans le voir, qu'il la regarde.
Elle sent son cœur cogner à ses tempes, rythme profond et désordonné, comme s'il battait avec retard dans l'attente d'un geste, d'un souffle, d'un regard encore plus intense. Le silence s'allonge. Suspendu. Son souffle devient irrégulier. L'air semble chargé d'électricité. Et elle sait, sans le voir, qu'il la regarde.
Un voile passe devant ses yeux, comme un rideau tiré sur la clarté. Ses jambes deviennent du coton. Son ventre se contracte, son souffle accroche sa gorge sèche. Une sueur froide glisse le long de son dos.
Puis tout devient flou. Un vertige en spirale.
Et elle chute.
Puis tout devient flou. Un vertige en spirale.
Et elle chute.
Jimmy la rattrape juste à temps. Il la serre contre lui avec assurance, son torse solide absorbant son déséquilibre. Son souffle est contre son cou, chaud, rassurant, presque trop proche. Ses bras la soutiennent sans trembler, tandis que ses doigts, larges et fermes, l'enveloppent dans un geste de protection instinctive.
Il la soulève presque, avec une douceur qui contraste avec sa force, et l'emmène lentement jusqu'au vieux fauteuil relégué dans un coin de la réserve.
Il la soulève presque, avec une douceur qui contraste avec sa force, et l'emmène lentement jusqu'au vieux fauteuil relégué dans un coin de la réserve.
— Là… asseyez-vous doucement, murmure-t-il. Voilà.
Sophie, tremblante, obéit sans un mot. Ses jambes se plient doucement sous elle, la jupe tirant sur ses cuisses moites. Elle s'effondre plus qu'elle ne s'assoit, le souffle court, la poitrine soulevée par une respiration erratique. Elle ne pense plus à rien, ou plutôt, elle pense à tout en même temps : à la chaleur de ses joues, au tissu qui lui colle à la peau, à l'odeur discrète, mais virile de Jimmy tout près.
Il est déjà à genoux devant elle.
— Votre respiration est rapide. Je peux ?
Elle hoche la tête, incapable de parler. Il prend délicatement son poignet dans sa main large. Son pouce entame des cercles lents, précis, presque médicaux mais il y a dans ce geste une tendresse qui défait quelque chose en elle. Un nœud ancien, oublié.
Le contact est chaud, enveloppant. Chaque cercle qu'il trace la recentre, l'ancre, l'ouvre. Elle ferme les yeux. Le monde se rétrécit à ce point de pression sur son poignet. Un cocon. Un battement. Une réponse corporelle, sourde et bouleversante.
Le contact est chaud, enveloppant. Chaque cercle qu'il trace la recentre, l'ancre, l'ouvre. Elle ferme les yeux. Le monde se rétrécit à ce point de pression sur son poignet. Un cocon. Un battement. Une réponse corporelle, sourde et bouleversante.
— Vous avez froid ?
Elle secoue doucement la tête. Sa voix est faible, rauque, presque un souffle.
— Non… Je crois que… j'ai juste eu un vertige…
Il reste là, accroupi, toujours immobile. Son regard glisse lentement, avec une intensité douce, mais palpable. Il suit le frémissement de sa gorge à chaque respiration, s'attarde sur l'ouverture de son chemisier, où le tissu laisse deviner la naissance de ses seins. Puis il observe la tension dans ses mains, agrippées à ses cuisses, comme si elle tentait d'ancrer son corps dans le réel.
Il inspire doucement, et sa voix tombe, basse, feutrée, presque fragile elle aussi.
— Je ne veux pas vous mettre mal à l'aise… mais vous êtes belle.
Il ne sourit pas. Il dit ça comme un fait. Comme une vérité nue, posée là entre eux, avec la douceur d'un murmure et la solidité d'un roc. Rien à gagner. Rien à prouver.
Elle rouvre les yeux, comme traversée par une onde silencieuse. Un frisson, long, sensuel, vient s'épanouir sur sa peau. Il tend la main. Lentement. Elle ne recule pas, fascinée, suspendue.
Elle rouvre les yeux, comme traversée par une onde silencieuse. Un frisson, long, sensuel, vient s'épanouir sur sa peau. Il tend la main. Lentement. Elle ne recule pas, fascinée, suspendue.
Ses doigts effleurent sa joue, remontent à la naissance de l'oreille, puis redescendent lentement le long de sa mâchoire. Ce simple geste, d'une tendresse exquise, déclenche en elle une décharge étrange ni peur, ni honte, mais une chaleur basse, ancienne, qu'elle croyait éteinte à jamais.
Un soupir lui échappe, brisé, chargé. Son cœur bat si fort qu'elle le sent vibrer jusque dans son bas-ventre, comme un tambour primitif. Elle ne comprend pas ce qui l'envahit, ce mélange de vertige, de gratitude et de désir brut. Ce contact, pour elle qui n'a connu que l'emprise, le rapport de force, a la saveur d'une rédemption. C'est terriblement érotique. Justement parce que c'est libre. Parce que c'est doux. Parce que c'est elle qui le laisse faire.
Un soupir lui échappe, brisé, chargé. Son cœur bat si fort qu'elle le sent vibrer jusque dans son bas-ventre, comme un tambour primitif. Elle ne comprend pas ce qui l'envahit, ce mélange de vertige, de gratitude et de désir brut. Ce contact, pour elle qui n'a connu que l'emprise, le rapport de force, a la saveur d'une rédemption. C'est terriblement érotique. Justement parce que c'est libre. Parce que c'est doux. Parce que c'est elle qui le laisse faire.
Il se penche, lentement. Ses lèvres effleurent sa tempe, à peine une caresse, comme un souffle de chaleur contre sa peau froide. Puis il murmure :
— Vous n'êtes pas obligée de tout porter seule.
Une larme roule sur la joue de Sophie. Silencieuse. Inattendue. Mais libératrice.
Il sait. Cet homme, cet inconnu, la voit. Elle ne comprend pas comment, mais il sait. Il a deviné ce qu'elle n'a jamais osé dire. Qu'elle a souffert. Qu'elle doute. Qu'elle porte encore des chaînes invisibles. Il a vu tout cela, là, dans la réserve, à travers son silence, son vertige, son regard fuyant.
Seules sa sœur Valérie et Marie Joe la connaissent aussi bien. Et lui il a compris. Il l'a vue s'effondrer de derrière un comptoir.
Alors, comme un geste instinctif, elle pose doucement sa main sur la sienne, celle qui descend de sa joue, et la retient. Pas fort. Pas brusquement. Juste assez pour dire : ne pars pas. Pas encore. Ne me lâche pas.
Il sait. Cet homme, cet inconnu, la voit. Elle ne comprend pas comment, mais il sait. Il a deviné ce qu'elle n'a jamais osé dire. Qu'elle a souffert. Qu'elle doute. Qu'elle porte encore des chaînes invisibles. Il a vu tout cela, là, dans la réserve, à travers son silence, son vertige, son regard fuyant.
Seules sa sœur Valérie et Marie Joe la connaissent aussi bien. Et lui il a compris. Il l'a vue s'effondrer de derrière un comptoir.
Alors, comme un geste instinctif, elle pose doucement sa main sur la sienne, celle qui descend de sa joue, et la retient. Pas fort. Pas brusquement. Juste assez pour dire : ne pars pas. Pas encore. Ne me lâche pas.
Et comme s'il savait que c'était suffisant, il se redresse lentement, sans la brusquer. La chaleur de ses doigts l'abandonne, mais son absence pèse autant que sa présence. L'empreinte reste. Une brûlure douce, intime, qui ne partira pas.
Derrière elle, Jimmy est resté encore quelques secondes dans la réserve. Juste assez pour s'assurer qu'elle allait bien. Qu'elle respirait. Qu'elle tenait assise. Il n'a rien dit de plus. Aucun mot supplémentaire. Juste un dernier regard, doux, précis. Comme une promesse silencieuse.
Avant de sortir, il a effleuré du bout des doigts l'étagère bancale qu'il avait vue tanguer. Il l'a remise d'un geste sûr. Un geste simple, discret, mais terriblement parlant. Il avait tout vu.
Avant de sortir, il a effleuré du bout des doigts l'étagère bancale qu'il avait vue tanguer. Il l'a remise d'un geste sûr. Un geste simple, discret, mais terriblement parlant. Il avait tout vu.
Puis il a passé la porte battante. Au comptoir, il a croisé Marie Joe et lui a tendu un billet de vingt euros avec un sourire calme.
— Elle va bien. Un peu de repos lui fera du bien.
— Dites-lui que je repasserai… pour régler ce qu'il manque. Ou peut-être juste pour vérifier que l'air de la réserve est toujours aussi… thérapeutique.
— Dites-lui que je repasserai… pour régler ce qu'il manque. Ou peut-être juste pour vérifier que l'air de la réserve est toujours aussi… thérapeutique.
Et il est parti. Sans bruit. Mais en laissant derrière lui l'impression qu'il était encore là.
Sophie ne bouge pas. Figée. Sidérée. Comme suspendue à ce qu'il a réveillé en elle. Son souffle est court, haché, et chaque inspiration semble caresser son ventre de l'intérieur. Une main sur son poignet, là où il l'a tenue. L'autre entre ses cuisses, comme pour contenir ce feu diffus, cette pulsation chaude et lente, ce frémissement qui monte de son bas-ventre à sa gorge.
Sophie ne bouge pas. Figée. Sidérée. Comme suspendue à ce qu'il a réveillé en elle. Son souffle est court, haché, et chaque inspiration semble caresser son ventre de l'intérieur. Une main sur son poignet, là où il l'a tenue. L'autre entre ses cuisses, comme pour contenir ce feu diffus, cette pulsation chaude et lente, ce frémissement qui monte de son bas-ventre à sa gorge.
Elle reste là, dans la pénombre tiède, incapable de penser, incapable de fuir. Son chemisier entrouvert laisse deviner la montée de son souffle, sa culotte légèrement humide lui colle à la peau, ses jambes demeurent entrouvertes, offertes à l'air tiède de la pièce. Et pourtant, elle ne se sent pas honteuse. Pas sale. Pas jugée.
Ce trouble entre ses cuisses, cette moiteur, ce souffle court tout cela appartient à elle, seulement à elle. Et pour la première fois depuis des années, elle ne cherche pas à l'étouffer. Elle le laisse vivre. Exister. Lui parler.
Elle ferme les yeux un instant. Et un sourire naît. Léger, incontrôlé, Fragile, mais vrai.
Elle ferme les yeux un instant. Et un sourire naît. Léger, incontrôlé, Fragile, mais vrai.
Quand elle se lève enfin, elle doit s'appuyer. Ses jambes fléchissent. Elle lisse sa jupe, se recoiffe, rajuste son chemisier. Puis elle passe un doigt rapide sous ses yeux, comme pour effacer ce trouble qui persiste.
En franchissant la porte de la réserve, elle tombe nez à nez avec Marie Joe. Celle-ci est plantée là, bras croisés, adossée contre le frigo comme une sentinelle bienveillante, un sourcil levé plus haut que l'autre. Son regard est acéré, mais un éclat amusé brille dans ses yeux.
En franchissant la porte de la réserve, elle tombe nez à nez avec Marie Joe. Celle-ci est plantée là, bras croisés, adossée contre le frigo comme une sentinelle bienveillante, un sourcil levé plus haut que l'autre. Son regard est acéré, mais un éclat amusé brille dans ses yeux.
— Tu devrais tomber plus souvent, chica… il te remet bien droit, dit-elle en arquant une épaule, faussement innocente.
Sophie détourne les yeux, prise sur le fait. Elle sent encore la chaleur sur sa joue, la moiteur entre ses cuisses, le vertige résiduel dans sa poitrine. Mais malgré tout, au coin de ses lèvres, un sourire s'impose. Mince. Insistant. Et cette fois, elle ne le chasse pas.
Elle ne sait pas encore ce qui a commencé.
Elle ne sait pas encore ce qui a commencé.
Mais elle sait que cette fois, elle ne veut plus réparer. Elle veut laisser la brèche s'ouvrir. Elle veut sentir l'air passer.
À quelques rues de là, Valérie tourne la clé dans la serrure de son cabinet dentaire. Une journée longue, bruyante, des bouches à soigner, des dents à extraire. Elle souffle, se retourne et sursaute.
À quelques rues de là, Valérie tourne la clé dans la serrure de son cabinet dentaire. Une journée longue, bruyante, des bouches à soigner, des dents à extraire. Elle souffle, se retourne et sursaute.
— Oh mon Dieu !
Une silhouette l'attendait là, dans l'ombre du porche. Une silhouette familière. Sophie. Immobile. Une main serrée contre son ventre. Valérie porte la sienne à son cou. Un frisson la traverse.
C'est la première fois que Sophie vient ici. Pas pour une urgence médicale. Pas pour la forme. Elle est là. Pour elle. Valérie sent son estomac se nouer. Il est revenu ?
C'est la première fois que Sophie vient ici. Pas pour une urgence médicale. Pas pour la forme. Elle est là. Pour elle. Valérie sent son estomac se nouer. Il est revenu ?
— Ça va ? murmure-t-elle, la voix en suspens.
Mais déjà, Sophie débite d'un ton précipité :
— Il est revenu. J'ai fait un malaise. Il a traversé le magasin en courant pour me retenir. J'ai perdu connaissance dans ses bras.
Valérie reste figée, la bouche entrouverte. C'est donc ça, sa technique de drague ? Faire tomber les filles au sens littéral ?
— Et donc… c'est bien de faire un malaise ?
Sophie secoue la tête, fébrile.
— Tu ne comprends pas. Il était là. C'était tout ce qui comptait. Il m'a posé la main sur le visage. Il m'a dit que j'étais belle. Tu te rends compte ? Belle.
— Et tu le crois ?
— Non. Enfin… j'essaie. Tu avais raison hier. Je dois garder mon calme. Mais je n'y arrive pas. Quand il m'a dit ça… j'ai senti… j'ai senti que ce n'était pas juste des mots.
— Et tu le crois ?
— Non. Enfin… j'essaie. Tu avais raison hier. Je dois garder mon calme. Mais je n'y arrive pas. Quand il m'a dit ça… j'ai senti… j'ai senti que ce n'était pas juste des mots.
Valérie craque. Elle ouvre les bras et serre sa sœur contre elle, fort. Trop fort.
— Oui, tu es belle, ma grande sœur. Et tu sais quoi ? Il sait tout sur moi.
Valérie recule, soudain inquiète.
— Attends. Tu lui as tout dit sur ta vie ?
— Non. Je n'ai rien dit. Il m'a juste dit… que je n'étais pas obligée de tout porter seule. Et j'ai senti qu'il savait. Il sait tout. Je ne sais pas comment, mais il sait.
— Non. Je n'ai rien dit. Il m'a juste dit… que je n'étais pas obligée de tout porter seule. Et j'ai senti qu'il savait. Il sait tout. Je ne sais pas comment, mais il sait.
Valérie lève les yeux au ciel.
— Un extra-terrestre, ton mec. Tu ne me crois pas ? Demande à Marie Joe. Elle était là.
— Ah oui, et il y avait aussi le toréador de sa grand-mère ?
— Ah oui, et il y avait aussi le toréador de sa grand-mère ?
Sophie éclate de rire.
— Tu crois vraiment que la grand-mère de Marie Joe est sortie avec un toréador ?
— Je ne sais pas, chica… Demande-lui, la prochaine fois.
— Je ne sais pas, chica… Demande-lui, la prochaine fois.
Les deux sœurs s'éloignent, bras dessus bras dessous, les rires encore suspendus entre leurs épaules.
Plus tard, seule chez elle, Sophie retire ses chaussures dans le silence. Elle monte lentement les marches, s'attarde devant la porte de sa chambre, puis entre sans allumer. Dans la pénombre, elle se déshabille lentement. Chaque vêtement ôté semble laisser un frisson sur sa peau.
Elle pousse la porte de la salle de bain, se place devant le miroir et hésite. Un long moment. Puis elle relève doucement la tête.
Plus tard, seule chez elle, Sophie retire ses chaussures dans le silence. Elle monte lentement les marches, s'attarde devant la porte de sa chambre, puis entre sans allumer. Dans la pénombre, elle se déshabille lentement. Chaque vêtement ôté semble laisser un frisson sur sa peau.
Elle pousse la porte de la salle de bain, se place devant le miroir et hésite. Un long moment. Puis elle relève doucement la tête.
Elle se penche un peu. Le miroir s'emplit de sa silhouette. Elle observe. Elle s'observe. Longtemps. Trop longtemps. Chaque seconde est une tension. Chaque silence un jugement muet. Elle frôle sa poitrine du bout des doigts trop pleine, trop exposée, se dit-elle.
Son ventre, elle le regarde sans indulgence. Elle caresse la peau, la pince. Moins ferme. Moins jeune. Et ses cuisses, larges selon elle, qu'elle cache toujours. Les hanches, elle les connaît par cœur : elle les fuit depuis des années.
Son ventre, elle le regarde sans indulgence. Elle caresse la peau, la pince. Moins ferme. Moins jeune. Et ses cuisses, larges selon elle, qu'elle cache toujours. Les hanches, elle les connaît par cœur : elle les fuit depuis des années.
Un soupir. Léger. Brisé. Elle recule d'un pas, puis revient. Son regard remonte, descend, remonte encore. Elle cherche. Elle scrute. Elle attend de se trouver belle.
Mais le miroir se tait. Et dans ce silence-là, elle entend encore sa voix à lui.
Vous êtes belle.
Et soudain, ce regard qu'il a posé sur elle si lent, si calme, si vrai, revient. Comme un frisson derrière sa nuque. Elle frissonne. Pas de froid. De trouble.
Mais le miroir se tait. Et dans ce silence-là, elle entend encore sa voix à lui.
Vous êtes belle.
Et soudain, ce regard qu'il a posé sur elle si lent, si calme, si vrai, revient. Comme un frisson derrière sa nuque. Elle frissonne. Pas de froid. De trouble.
Elle ne comprend pas pourquoi. Pourquoi lui ? Pourquoi maintenant ? Pourquoi ce mot ?
Mais elle ne détourne pas les yeux. Pas cette fois. Elle affronte. Elle reste. Elle se regarde.
Et quelque chose, au fond, vacille.
Mais elle ne détourne pas les yeux. Pas cette fois. Elle affronte. Elle reste. Elle se regarde.
Et quelque chose, au fond, vacille.
Elle voit une poitrine qu'elle juge trop généreuse, presque impudique, comme si elle prenait trop de place. Elle baisse les yeux vers son ventre, le juge trop doux, pas assez tendu, pas assez jeune. Elle s'attarde sur ses cuisses, lourdes à ses yeux, qu'elle dissimule toujours sous des jupes amples. Puis ses hanches, qu'elle connaît trop bien, qu'elle a tant de fois tentée d'oublier sous des couches de tissus.
Chaque regard posé dans le miroir est un silence qui pèse. Un verdict muet. Lentement, elle lève une main, étire la peau de son cou, scrute la tension de la ligne qu'elle devine déjà altérée. Un soupir s'échappe, long, profond, comme si elle expiait une honte ancienne.
Chaque regard posé dans le miroir est un silence qui pèse. Un verdict muet. Lentement, elle lève une main, étire la peau de son cou, scrute la tension de la ligne qu'elle devine déjà altérée. Un soupir s'échappe, long, profond, comme si elle expiait une honte ancienne.
Le silence s'épaissit. Le miroir ne la contredit pas. Et ses yeux, pourtant clairs, expriment ce doute qui la ronge.
— Belle ? souffle-t-elle à voix basse. Pourquoi est-ce qu'un homme dirait ça ?
Son regard s'attarde encore. Et chaque détail devient un reproche. Elle passe une main sur son ventre, hausse un sourcil devant la courbe de ses hanches, détourne les yeux à la vue de ses fesses dans le miroir.
Elle n'y voit que défauts, traces, failles.
Et pourtant… le mot est là, encore, suspendu. « Belle ».
Elle ferme les yeux. Un instant. Revois ses doigts sur son poignet. Sa voix. Sa tendresse. Et pour la première fois depuis longtemps, elle ne fuit pas son reflet.
Elle n'y voit que défauts, traces, failles.
Et pourtant… le mot est là, encore, suspendu. « Belle ».
Elle ferme les yeux. Un instant. Revois ses doigts sur son poignet. Sa voix. Sa tendresse. Et pour la première fois depuis longtemps, elle ne fuit pas son reflet.
Elle ne s'aime pas encore. Mais ce soir, elle s'autorise à douter de son propre jugement. Et ce doute-là a la forme d'un frisson.
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Commentaires ()
Je confirme ca n'a rien a voir avec les pharmaciennes.