Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Qui sait ? — Chapitre 3 · Qui sait - les vieux
Auteur
Qui sait ?
Chapitre 3 · Qui sait - les vieux
Il profitait de la fraîcheur de cette fin de soirée d’été. La chaleur caniculaire l’avait contraint à rester cloîtré, après le dîner, il avait laissé son épouse faire la vaisselle et ranger la cuisine pour prendre le chemin qui longeait le ruisseau pour atteindre la Mare aux Fées. Cette mare, la source de cette petite rivière, était le point de rencontre de tous les amoureux du village depuis des générations. Ce lieu où les garçons faisaient leur demande en mariage.
En s’approchant, Georges entendit des soupirs qui ne laissaient aucun doute. Il ralentit et s’écarta du chemin. Caché par les fougères, il les vit : un jeune homme et une jeune femme s’aimaient. Il la voyait de dos. Elle était nue, ses longs cheveux blonds descendaient jusqu’au creux de ses reins. Elle montait et descendait, empalée sur le sexe de son amoureux. Elle gémissait. Georges s’immobilisa, malgré son âge, il ressentit une certaine excitation. Il se souvenait. Il y avait un peu plus de cinquante ans, ils étaient là, Marie et lui, comme ces deux jeunes amants. Certes, ils n’avaient pas fait l’amour, à l’époque cela ne se faisait pas comme cela ; ils s’étaient embrassés et il avait fait sa demande.
Il se revoyait assis dans l’herbe, sa main caressait la cuisse de Marie, glissant sous sa jupe. Elle avait fermé les yeux et approché son visage de celui de Georges. Leurs lèvres s’étaient approchées puis soudées. Quand ils se séparèrent, Georges lui posa cette simple question :
— Marie, veux-tu m’épouser ?
La réponse de la jeune femme ne se fit pas attendre :
— Oui !
Un nouveau baiser suivit.
C’était à la fin de cette guerre qui ne disait pas son nom, dans ce pays où il avait passé deux longues années de sa jeunesse, où il avait tué pour ne pas être tué, tué pour venger ses amis, tué sans se poser de questions, comme dans ce village où avec son bataillon, ils avaient exterminé tous ceux qui y vivaient, ceux qui, leur avait-on dit, avaient aidé les tortionnaires de leurs camarades quelques jours plus tôt.
Quand il était rentré au village, il n’avait pas été accueilli en héros comme son père et son grand-père avant lui. Il s’était tu, il n’avait plus jamais parlé de cette guerre. Il avait repris son travail comme mécanicien dans le garage de son oncle et il avait croisé le regard de Marie.
Depuis la rentrée scolaire, il la voyait descendre la rue principale pour se rendre de son petit appartement au-dessus de la mairie à l’école. Tous les matins et tous les soirs, elle passait devant le garage. En l’entendant passer sur le trottoir, il relevait la tête du moteur qu’il réparait pour la saluer. Elle lui répondait d’un sourire et d’un bonjour. Puis un matin, elle est arrivée avec son Solex, pour réviser le moteur qui ne démarrait plus très bien.
L’oncle de Georges a fait remarquer à la jeune femme qu’il réparait les voitures pas les Solex, elle allait repartir penaude quand Georges lui a dit qu’il regarderait après sa journée.
Le soir même, Georges frappa à la porte de l’appartement de Marie lui rapporter le cyclomoteur. Pour le remercier, elle lui proposa un apéritif. Cet apéritif se prolongea tard dans la soirée et en rentrant chez ses parents, Georges savait qu’il était tombé amoureux de cette institutrice blonde au regard azur et au sourire enchanteur.
Presque six décennies plus tard, le couple était toujours aussi amoureux. Leurs enfants avaient grandi, leurs petits-enfants venaient maintenant les voir avec leurs propres enfants, mais si leurs corps n’avaient plus la fougue de leur jeunesse, leur amour était toujours aussi passionné.
Un gémissement plus fort que les autres sortit Georges de sa rêverie. Le couple avait changé de position. La jeune femme était maintenant à quatre pattes, toujours de dos. Son compagnon était derrière elle et la besognait avec ardeur. Georges pouvait voir la poitrine de la femme ballotter à chaque fois que son amant la pénétrait. Il entendait aussi le claquement du bassin de l’homme contre les fesses de la blonde.
— Non ! Pas par là… Tu m’avais promis…
Il vit l’homme se reculer, hésiter, avant de reprendre ses mouvements. Les cris de la femme se firent plus intenses. L’homme grogna et dans un dernier coup de rein, il jouit dans le ventre de sa compagne.
Pendant quelques minutes, on n’entendit plus que le chant des oiseaux, les stridulations des cigales et le clapotis de l’eau.
— Il y a quelqu’un ! dit la jeune femme en couvrant sa poitrine.
— Mais non ! lui répondit son amant. Personne ne vient jamais jusqu’ici…
Georges fit un pas et son pied brisa une brindille.
— Tu as entendu ! lui dit-elle.
— Qui est là ? demanda le jeune homme.
— Ce n’est que moi ! répondit Georges en sortant des fougères.
— Ce n’est rien… Ce n’est que le vieux Georges, dit le garçon pour tenter de rassurer son amante.
Georges la vit rougir et se précipiter pour enfiler sa robe qui traînait sur le sol tandis que l’homme remontait son pantalon.
— Ne vous inquiétez pas les jeunes… J’ai été comme vous moi aussi… Je vous promets que je serai muet comme une carpe…
— Vous nous avez vus ? demanda la fille encore plus rouge.
— Plus entendus que vus, mais oui, je sais ce que vous venez de faire… Mais quand on vient près de cette mare, c’est bien pour cela que l’on vient… n’est-ce pas ?
— Oui ! dit le garçon en baissant les yeux. C’est pour cela…
— Allez ! Je vous laisse, dit Georges en ajoutant à l’attention du jeune homme. N’oublie pas de lui demander ce pourquoi tu l’as conduite ici…
La blonde regarda son amoureux, intriguée, surtout en voyant le sourire satisfait du vieil homme avant qu’il ne retourne sur ses pas.
Sur le chemin du retour, Georges était toujours aussi émoustillé. Quand il arriva dans la cuisine, Marie était en train de finir leur dessert du lendemain. Il s’approcha dans le dos de sa femme et après lui avoir posé les mains sur les hanches. Il l’embrassa dans le cou. Marie frissonna. Elle fut un peu surprise, mais elle apprécia ce geste de tendresse. Quelle ne fut pas sa surprise quand les mains de son mari troussèrent sa jupe et dévoilèrent sa culotte. Cela faisait si longtemps qu’elle n’osa plus bouger. Georges glissa ses mains sur le ventre de Marie pour les diriger vers la fourche de ses cuisses. Marie se mordit les lèvres quand elle sentit un doigt dessiner sa fente au-dessus du fin tissu de la culotte. Elle se recula contre son mari. Ses fesses entrèrent en contact avec son ventre et elle sentit l’excitation de Georges. Elle soupira.
Georges la fit pivoter et quand elle fut face à lui, il l’aida à s’asseoir sur la table de la cuisine. Il lui retira sa culotte et se plaça entre ses cuisses. Marie lui sourit. Ils n’avaient pas besoin de se parler. Georges connaissait ce sourire. Son sexe bien moins raide qu’il n’était des années plus tôt, trouva l’entrée du puits d’amour de sa femme. Elle soupira quand elle le sentit entrer en elle. Elle tendit son bassin pour profiter du frottement du ventre de Georges contre son clitoris. Pendant de longues minutes, la cuisine se remplit des soupirs des deux amants. Marie fut prise de spasmes quand le plaisir la submergea et Georges jouit en soupirant.
Ils rejoignirent leur chambre main dans la main pour s’endormir enlacés. Au petit matin, Georges admirait le corps nu de sa femme. Il portait la marque des années, mais cela ne lui avait pas ôté la beauté du premier jour. Il déposa un baiser au creux de ses reins avant de se lever.
Ce soir, il retournerait à la Mare aux Fées et qui sait ?
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