Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Dégustation — Chapitre 1 · À mon tour
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Dégustation
Chapitre 1 · À mon tour
— À moi maintenant, à mon tour, laisse-moi faire.
Je pose mes mains sur ses cuisses. Je les écarte. Doucement. Fermement. Il ne résiste pas. Ses muscles se relâchent sous mes paumes. Abandon total.
— Bien.
Je m'installe entre ses jambes. À genoux. Confortable. Parce que je compte prendre mon temps. Tout mon temps.
Son sexe est dressé. Dur. Luisant de nous deux. De tout ce que nous venons de faire. L'odeur monte. Musquée. Salée. La nôtre. Ce mélange qui n'appartient qu'à nous.
Je ne le touche pas encore.
Je souffle dessus. Juste ça. Un filet d'air chaud le long de la hampe. Sa queue tressaille. Toute seule. Comme si elle me cherchait.
Je m'arrête. Je regarde.
C'est fascinant. Ce pouvoir. Un souffle. Rien qu'un souffle et son corps entier réagit. Le ventre qui se contracte. Les orteils qui se crispent. Les poings qui se ferment dans le drap. Tout ça pour un filet d'air. Qu'est-ce que ce sera quand ma bouche sera vraiment sur lui.
L'anticipation me fait saliver. Littéralement.
— Impatient ?
Un grognement. À peine un mot.
— Non non non. Tu ne bouges pas. Tu ne touches à rien. Tu restes exactement comme ça, allongé sur le lit, les bras le long du corps, et tu me laisses faire. D'accord ?
— D'accord.
— D'accord.
Sa voix est rauque. Déjà. Alors que je n'ai encore rien fait. Ça me plaît.
Je commence par les cuisses. L'intérieur. Cette peau si fine, si sensible. Mes lèvres, ma langue, mes dents parfois. Des baisers lents. Appuyés. Je remonte. Centimètre par centimètre. Sa peau a le goût du sel. De l'effort. De tout ce qu'il m'a donné. Du désir.
Il frémit.
Et moi je suis en feu. C'est ça que beaucoup ne comprennent pas. Ce n'est pas un sacrifice. C'est un festin. Chaque frisson sous mes lèvres m'envoie une décharge entre les cuisses. Chaque son étouffé dans sa gorge m'excite un peu plus. Je donne et je reçois en même temps. En parts égales. Peut-être même que je prends davantage que lui de le sentir vibrer sous mes caresses.
— Tu sais ce qui me rend dingue ? Sentir ta peau frémir sous ma bouche. Ta cuisse qui tremble là, juste là. Ça m'excite tellement, si tu savais.
Un grondement sourd dans sa poitrine.
Je change de cuisse. Recommence de l'autre côté. Même lenteur. Même attention. Sa queue pulse à quelques centimètres de ma bouche. Je la vois du coin de l'œil. Tendue. Presque douloureuse.
Pas encore.
— Tu me rends fou.
— C'est le but.
— C'est le but.
Je souris contre sa peau. Il ne peut pas le voir. Mais il le sent. Ce sourire. Cette gourmandise.
Mes mains remontent le long de ses flancs. Redescendent. Griffent légèrement le bas de son ventre. Cette zone juste au-dessus du pubis. Ce V dessiné par les muscles. Je trace la ligne avec ma langue. D'un côté. De l'autre.
Sa respiration change. Plus lourde. Plus profonde.
Bien.
Mes lèvres arrivent à la base de son membre. Là où sa queue commence. Cette jonction entre le ventre et le sexe. Je pose ma bouche là. Ouverte. Chaude. Sans bouger. Juste la chaleur de mon souffle. La promesse de ce qui vient.
— Maintenant…
— Maintenant quoi ?
— Touche-moi, donne-moi ta bouche !
— Tu as envie de ma bouche sur ta queue ?
— Oui ! Viens.
— Maintenant quoi ?
— Touche-moi, donne-moi ta bouche !
— Tu as envie de ma bouche sur ta queue ?
— Oui ! Viens.
Je fais durer quelques instants encore. Pour le plaisir. Puis, je bouge.
Ma langue trace un sillon le long de la base de son sexe. Lentement. Si lentement. Je longe la hampe sans jamais monter tout en haut. Je reste en bas. Là où c'est épais. Là où la peau est plus sombre. Plus chaude.
Un gémissement.
Ça. Ce son-là. C'est pour ça que je fais ça. Pas par devoir. Pas par réciprocité. Par envie. Par faim. Parce que ce gémissement dans sa gorge, cette façon qu'il a de se tendre sans bouger, de respecter la consigne, ça m'allume autant que tout ce qu'il m'a fait avant.
Ses testicules. Lourds. Pleins. Je les prends dans ma main. Délicatement. Comme quelque chose de précieux. Parce que ça l'est. Je soupèse. Je caresse du pouce. La peau se contracte sous mes doigts.
Ma langue descend.
Je prends le premier dans ma bouche. Entier. Je le roule. Doucement. Ma langue tourne autour. Aspire légèrement. Relâche. Aspire encore.
— Putain…
Le mot lui échappe. Arraché. Involontaire.
Je souris. Bouche pleine. Ce sourire qu'il ne voit pas mais qu'il devine parce que je m'arrête une demi-seconde. Juste assez pour qu'il comprenne que sa réaction me nourrit.
L'autre maintenant. Même traitement. Même lenteur. Ma main continue de caresser celui que ma bouche vient de quitter. Pas de jaloux. Pas d'oubli.
— Tu as un goût incroyable. Nous deux mélangés. Tu sens ?
Il ne répond pas. Sa tête est enfoncée dans l'oreiller. Ses mains agrippent le drap. Les jointures sont blanches.
Parfait.
Je lèche la peau entre ses testicules. Ce sillon si sensible. De bas en haut. De haut en bas. Ma langue est large. Mouillée. Généreuse. Je ne suis pas avare. Je donne tout. Chaque coup de langue est une intention. Un message. Je suis là. Je te veux. Tout entier.
Plus bas.
Mais d'abord.
— Tu sais ce que j'ai envie de faire maintenant ?
Je lève les yeux vers lui. Mes lèvres sont juste en dessous de ses testicules. Mon souffle chaud contre cette peau humide de ma salive.
— J'ai envie de descendre encore. De te lécher partout. Absolument partout. Tu me laisses faire ?
Il le sent venir. Son souffle se bloque. Un quart de seconde d'hésitation. De surprise. Puis ses jambes s'écartent davantage. Invitation silencieuse.
— Oui ?
— Oui.
— Oui.
Ce mot. Soufflé. À peine audible. Mais c'est un oui. Un vrai.
Mes mains glissent sous ses cuisses. Je les soulève légèrement. Il accompagne le mouvement. Ses genoux remontent. Il s'offre.
Mon cœur cogne.
Ce niveau de confiance. Cette vulnérabilité offerte. C'est vertigineux. C'est le plus beau cadeau qu'on puisse faire à quelqu'un.
Ma langue descend encore. Passe le périnée. Ce pont de peau tendue entre deux mondes. Je le lèche longuement. Appuyé. Il tremble.
Puis j'arrive là, sur son oeillet sombre.
Et c'est moi qui gémis.
Parce que ce moment. Cet instant précis. Quand ma langue touche cet endroit et que tout son corps se tend comme un arc. Que ses doigts griffent le drap si fort que le tissu se plisse. Que sa respiration se bloque net. Ce moment vaut tout l'or du monde.
— Mmm. Si tu te voyais. Si tu voyais ta tête en ce moment.
Le bout de ma langue d'abord. Léger. Presque timide. Des cercles autour. Sans toucher le centre. Juste la périphérie. Taquiner. Promettre. Faire attendre.
— Oh oui…
Sa voix a changé. Plus aiguë. Plus fragile. Ce n'est plus le même registre. Je touche quelque chose de plus profond. De plus intime.
Et c'est enivrant. Absolument enivrant. Ce son dans sa voix. Cette fêlure. Lui qui tout à l'heure me faisait jouir avec tant d'assurance, tant d'autorité. Le voilà maintenant offert sous ma langue. Vulnérable.
Ce n'est pas une victoire. C'est plus que ça. C'est une communion. Un échange de trônes. Et je savoure chaque seconde de mon règne.
— Tu aimes ? Je le sens. Ton corps me parle. Il me dit exactement ce qu'il veut.
Ma langue s'aplatit. Large. Chaude. Je lèche franchement maintenant. De bas en haut. Lentement. Comme si je goûtais quelque chose de rare. Et c'est le cas. Chaque passage arrache un son nouveau. Un frisson différent.
— C'est bon ?
— Putain… oui… c'est…
— Putain… oui… c'est…
Il ne finit pas ses phrases. Tant mieux. Les mots sont de trop.
Ma langue pointe maintenant. Précise. Insistante. Elle pousse. Doucement. Juste la pointe. Juste l'entrée. Pas une effraction. Une invitation que son corps accepte.
Ses hanches bougent. Malgré lui. Un mouvement infime. Vers moi. Je ne dis rien. Celui-là, je le lui offre. Parce que c'est beau. Ce réflexe. Cette quête inconsciente de ma bouche.
Je reste là. Longtemps. Alternant les rythmes. Les pressions. Large et douce. Fine et ferme. Des cercles. Des lignes. Des insistances. Je compose une langue que lui seul comprend.
Sa main se pose sur ma tête, ses doigts dans mes cheveux. Juste pour être connectés. Pour ne pas se perdre. Je la laisse. Ce contact me bouleverse.
Je remonte.
Lentement. Le périnée à nouveau. Les testicules. Un baiser sur chacun. Mes lèvres remontent le long de la hampe. La face inférieure. Cette veine épaisse que je sens pulser contre ma langue. Je la suis comme un chemin. Comme une carte qui mène exactement là où je veux aller.
Sa queue est trempée de ma salive. Elle brille. Magnifique. Tendue à craquer. Le gland est rouge sombre. Gonflé. Une goutte de liquide perle. Transparente. Brillante.
Je la cueille du bout de la langue.
— Mmm.
Ce n'est pas feint. C'est bon. Vraiment bon. Ce goût de lui. Légèrement salé. Légèrement sucré. Ce goût de l'intérieur de son corps qui vient à ma rencontre.
— Tu es délicieux. Tu le sais ?
Un son rauque. Quelque chose entre le rire et le gémissement.
Ma langue tourne autour du gland. Lentement. Le rebord. Cette crête si sensible. Je la parcours. Ma langue est une cartographe méticuleuse. Je connais chaque recoin. Chaque point qui fait frémir. Et j'y reviens. Encore. Et encore.
Le frein. Ce petit triangle de peau sur la face inférieure. Ma langue s'y attarde. Des coups rapides. Légers. Comme des battements d'aile. Puis un coup large. Appuyé. Puis les battements encore.
Ses cuisses tremblent.
— Regarde-moi.
Il lève la tête. Ses yeux sont assombris. Les pupilles dilatées ont mangé la couleur. Il me regarde. Je le regarde. Et sans le quitter des yeux, j'ouvre la bouche.
Large.
Et je le prends.
Le gland d'abord. Mes lèvres se referment juste derrière la crête. Hermétiques. Chaudes. Ma langue oeuvre en dessous. Contre le frein. Je reste là. Sans descendre. Je savoure. Ce poids sur ma langue. Cette chaleur dans ma bouche. Cette pulsation que je sens contre mon palais.
Je suce. Doucement. Comme on aspire un fruit.
— Putain… ta bouche…
Oui. Ma bouche. Qui t'appartient en cet instant autant que tu lui appartiens.
Je descends. Centimètre par centimètre. Mes lèvres glissent le long de la hampe. Serrées. Mouillées. Ma langue se plaque contre la face inférieure. Épouse chaque veine. Chaque relief.
La moitié. Je m'arrête. Je remonte. Redescends. Un rythme lent. Régulier. Comme une marée. Chaque descente un peu plus profonde que la précédente. Chaque remontée ponctuée d'un coup de langue sur le gland.
Ma main entoure la base. Ce que ma bouche n'atteint pas encore, mes doigts s'en occupent. Serrés. Synchronisés. Le mouvement est fluide. Bouche et main ne font qu'un. Un fourreau humide. Chaud. Vivant.
— Tu es tellement dur. J'adore sentir ta queue comme ça. Pleine. Épaisse. Tendue pour moi.
Je parle contre son gland. Mes lèvres bougent contre sa peau. Les mots vibrent directement dans sa chair. Chaque syllabe est une caresse.
Il gémit. Long. Grave. Ce gémissement-là, c'est celui qui vient du ventre. De la profondeur.
Plus vite maintenant. Ma tête monte et descend. Le bruit est obscène. Mouillé. Glissant. Ce son de succion qui emplit la chambre. Qui dit exactement ce qui se passe. Sans pudeur. Sans filtre.
Mes joues se creusent à chaque remontée. L'aspiration est franche. Presque agressive. Puis je relâche en descendant. Gorge ouverte. Accueillante.
Sa queue cogne le fond de ma bouche. Une fois. Deux fois.
Je m'arrête.
Respire.
Le regarde.
Ses yeux me supplient de continuer.
Je laisse passer un silence. Long. Espiègle. Ma main le tient. Immobile. Ma bouche à un centimètre de son gland. Il peut sentir la chaleur de mon souffle. La proximité de mes lèvres. Si proche. Si terriblement proche.
— Tu sais ce que je vais faire ? Je vais te prendre. Tout entier. Tu vas sentir ma gorge se serrer autour de toi et tu vas perdre la tête. Mais d'abord…
Un coup de langue. Un seul. Lent. Sur le frein.
— Je veux t'entendre me le demander. Tu veux sentir ta queue au fond de ma gorge ?
— Oui…
— Dis-le.
— Je veux ta gorge. S'il te plaît.
— Oui…
— Dis-le.
— Je veux ta gorge. S'il te plaît.
Ce « s'il te plaît ». Seigneur. Ce mot dans sa bouche à lui qui d'habitude prend, mène, décide. Ce mot qui dit : tu as le pouvoir et c'est moi qui te le donne.
Je prends une inspiration. Profonde. Calme.
J'ouvre la gorge.
Et je descends.
Tout. Jusqu'à la base. Mes lèvres touchent son pubis. Mon nez s'y enfonce. Son odeur m'envahit. Brute. Animale. Enivrante. Sa queue est au fond de ma gorge. Je la sens pulser. Vivante. Énorme.
Je reste.
Un temps qui semble infini.
Les muscles de ma gorge se contractent autour de lui. Involontairement. Ou peut-être pas. Un massage profond. Intime. Là où personne ne va.
— Oh putain… oh putain…
Sa voix est sourde. Méconnaissable. Ses hanches se soulèvent. Réflexe pur. Son corps le trahit.
Je remonte. Aspire l'air. Des larmes au yeux. Un filet de salive relie mes lèvres à son gland. Épais. Brillant.
Ses yeux. Je veux voir ses yeux.
Ils sont perdus. Quelque part entre l'extase et la folie. Il me regarde comme si j'étais la seule chose qui existe au monde. Comme si tout l'univers s'était réduit à ma bouche, à mes mains, à moi.
Je suis ivre. Ivre de lui. Ivre de ce que je lui fais. Ivre de ce pouvoir immense et doux. Mon sexe pulse en écho avec chaque gémissement qu'il pousse. Je suis en feu. Autant que sa queue. Donner ce plaisir-là, c'est un orgasme en soi.
— Tu es magnifique comme ça. Offert à mes caresses. Abandonné. J'adore te voir perdre le contrôle.
Je replonge.
Cette fois je bouge. De haut en bas. Ma gorge le prend et le relâche. Le prend et le relâche. Chaque descente est totale. Absolue. Chaque remontée laisse traîner ma langue le long de sa queue comme un adieu provisoire avant la prochaine immersion.
Ses mains sont agrippées dans mes cheveux maintenant. Les deux. Il ne guide pas, il s'accroche. Pour ne pas se perdre.
Je sens tout. Les tremblements de ses cuisses contre mes épaules. Les spasmes de son ventre. La tension dans ses tendons. Son corps entier est une corde vibrante et je suis l'archet.
Je ralentis.
Pas encore. Pas maintenant. Je veux que ça dure. Je veux l'amener au bord et le retenir. Encore une fois. Et encore une.
Je reviens à quelque chose de doux. De tendre. Des baisers le long de la hampe. Des coups de langue paresseux. Ma joue contre sa queue. Je la frotte contre ma peau. Chaude. Humide. Mes lèvres embrassent la hampe sur toute sa longueur. Petits baisers. Mouillés. Bruyants. Comme un remerciement.
— Mmm. J'aime ta queue. J'aime la sentir contre ma joue. Contre mes lèvres. Tu sens comme elle pulse ? Comme elle est vivante sous ma bouche ?
Je la tiens devant mon visage. La contemple. La caresse du pouce. Lentement. Comme un objet d'art.
— Non… reviens…
— Chut. Je savoure. Laisse-moi savourer. Tu n'as pas idée à quel point c'est jouissif pour moi de te voir comme ça. Dur. Désespéré. À ma merci.
— J'en peux plus…
— Si. Tu peux. Je te connais. Tu peux encore. Et tu vas encore. Parce que je n'ai pas fini de profiter de toi.
— Chut. Je savoure. Laisse-moi savourer. Tu n'as pas idée à quel point c'est jouissif pour moi de te voir comme ça. Dur. Désespéré. À ma merci.
— J'en peux plus…
— Si. Tu peux. Je te connais. Tu peux encore. Et tu vas encore. Parce que je n'ai pas fini de profiter de toi.
Un baiser sur le gland. Chaste. Presque innocent. Sauf que rien n'est innocent ici.
Ma bouche redescend sur ses testicules. Encore. Parce que j'aime y revenir. Parce que le contraste entre la gorge profonde et cette douceur-là le rend fou. Je le sens. La façon dont son corps ne sait plus où donner de la tête. Tiraillé entre le besoin de jouir et celui que ça ne s'arrête jamais.
C'est exactement là que je le veux.
— Je vais redescendre. Encore. Parce que les sons que tu fais quand ma langue est là… c'est la plus belle chose que j'aie jamais entendue. Et parce que plus tu attends plus ton plaisir sera grand.
Ma langue retourne vers le bas. Le périnée. Ce territoire conquis. Mon territoire désormais. Je le lèche longuement. Avec appétit. Avec cette ferveur qu'on réserve aux plaisirs qu'on s'accorde rarement. Ma main reprend sa queue. La caresse. Lentement. De la base au gland. Mon pouce passe sur la fente à chaque passage. Étale le liquide qui coule maintenant presque en continu.
— Ton gland mouille tellement pour moi. Tu sens comme c'est glissant ? Comme tu es prêt ?
Un juron étouffé. Un mot que je ne distingue pas.
Ma langue revient sur son anus. Plus franche cette fois. Plus affamée. Je le lèche comme si c'était sa bouche. Profondément. Intimement. Pendant que ma main le branle avec une lenteur calculée.
Les deux sensations ensemble. La langue en bas. La main sur la queue. Deux rythmes différents. Deux langages. Son corps ne sait plus lequel suivre. Il ondule. Se cambre. Retombe. Se cambre encore.
C'est magnifique.
Le voir comme ça. Défait. Ouvert. Entièrement livré. Lui qui est toujours si composé, si maître de lui. Le voir perdre pied. Morceau par morceau.
C'est le plus beau spectacle du monde.
Je remonte une dernière fois. Ma bouche reprend sa queue. Franchement. Sans préambule. Profondément. Le rythme est soutenu maintenant. Régulier. Déterminé.
Je sais ce que je fais. Je sais où je vais. Et il le sent.
— Je vais… si tu continues je vais…
Je m'arrête. Une seconde. Il gémit de frustration. Presque un sanglot.
— Regarde-moi. Ouvre les yeux et regarde-moi.
Il obéit. Ses yeux trouvent les miens. Il y a quelque chose d'éperdu dans son regard. Et de magnifique.
— Mmm-hmm.
La vibration de ma voix autour de sa queue. Intentionnelle. Calculée. Cruelle de précision.
— C'est ce que je veux. Exactement ce que je veux. Tu vas jouir dans ma bouche. Pas sur moi. Dedans. Au fond. Et je vais tout garder. Tout avaler. Chaque goutte. Parce que c'est à moi. Tu comprends ? Tout ce qui va sortir de toi, c'est à moi.
Ses pupilles se dilatent encore. Si c'est possible.
— Et tu vas me regarder pendant que tu viens. Tu ne fermes pas les yeux. Je veux te voir. Donne-moi tout.
Je le reprends. Profond. Gorge ouverte. Le rythme s'accélère. Ma main travaille la base en torsion. Ma bouche aspire le reste. L'autre main caresse ses testicules. Les roule. Remonte vers le périnée. Appuie doucement. Ce point juste là. Derrière les testicules. Ce bouton secret qui intensifie tout.
Son corps se tend. Un arc. Ses talons s'enfoncent dans le matelas. Ses abdominaux se contractent. Ses cuisses se referment contre ma tête. M'emprisonnent. Me gardent là.
Comme si j'allais partir. Comme si j'avais envie d'être ailleurs.
— Viens. Pour moi. Maintenant. Laisse-toi aller.
Ma bouche replonge. Fond de gorge. Je reste. Mes muscles se contractent autour de lui. Fort. Rhythmiquement.
Un cri.
Pas un gémissement. Un cri. Rauque. Primitif. Arraché du plus profond de son ventre.
Je le sens gonfler dans ma gorge. Pulser. Enfler d'une fraction de seconde.
Et il vient.
La première vague. Puissante. Chaude. Épaisse. Au fond de ma gorge. J'avale. Immédiatement. Sans réfléchir. Par instinct.
La deuxième. Je remonte un peu. Je veux la sentir sur ma langue. La goûter vraiment. Salée. Dense. Amère et sucrée en même temps. Son goût le plus intime. Celui qu'il ne donne qu'à moi.
Je gémis autour de sa queue. Un gémissement vrai. Pas un spectacle. Pas une performance. C'est bon. C'est tellement bon. Ce goût de lui qui m'envahit. Cette chaleur épaisse qui tapisse ma langue. Cette puissance qui se déverse en moi.
Je pourrais jouir presque. Juste de ça. Juste de le sentir venir dans ma bouche.
La troisième. La quatrième. Chaque jet un peu plus faible que le précédent. Je garde tout. Ma bouche est un calice. Rien ne se perd. Rien ne s'échappe.
Son corps convulse. Des spasmes longs. Ses mains dans mes cheveux se crispent puis relâchent. Se crispent puis relâchent encore. Au rythme des vagues qui le traversent.
Je ne m'arrête pas.
Ma bouche continue. Plus douce maintenant. Infiniment douce. Ma langue nettoie. Recueille. Savoure. Chaque goutte. Chaque trace. Je lèche son gland avec une délicatesse d'orfèvre. Il tressaille. Sensibilité extrême. Post-orgasmique. Chaque coup de langue est presque trop. Presque douloureux.
Mais je connais la limite. Et je danse dessus.
— Trop… c'est trop sensible…
— Je sais. Encore un peu. Laisse-moi encore un peu.
— Je sais. Encore un peu. Laisse-moi encore un peu.
Ma langue ralentit. S'allège. Devient un fantôme de caresse. Un souffle à peine. Je lèche le long de sa hampe. Doucement. Tendrement. Comme on berce. Comme on console.
— Mmm. Tout donné. Tout pris. Tout gardé.
Un murmure contre sa peau. Un sourire que je ne peux pas contenir. Bienveillant. De quelqu'un qui vient de recevoir le plus beau des cadeaux et qui le sait.
Ses testicules. Doux maintenant. Détendus. Je les embrasse. Un par un. Avec une tendresse qui n'a plus rien de sexuel. Ou peut-être que si. Peut-être que la tendresse est la forme la plus haute du sexe.
Je remonte le long de son corps. Mes lèvres sur son ventre. Son sternum. Sa clavicule. Son cou. Cette zone sous l'oreille où il sent toujours si bon.
Je m'allonge contre lui.
Il tremble encore. De fines secousses qui traversent son corps par vagues. Les répliques du séisme.
Ses bras m'enveloppent. Lourds. Épuisés. Mais là. Tellement là.
— Tu…
Il ne finit pas.
Il n'a pas besoin.
Je sais.
Je pose ma tête sur sa poitrine. Son cœur cogne. Fort. Rapide. Un tambour affolé qui ralentit. Battement après battement.
Ma bouche a encore son goût. Ce goût de nous. Ce goût d'après.
Je souris.
— À moi, j'avais dit.
À nous, plutôt.
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Commentaires ()
Un grand merci pour le partage Haleros.
Oui j'ai relu plusieurs fois et ajusté au mieux. C'est l'effet que je voulais donner, que cela puisse être tout le monde dans cette histoire.
Moins culpabilisant quand cela est partagé intensément
Mais de même lors que l on vous deguste!
Ça m'a mise dans une excitation folle.
Je me croyais à ta place.
« Air triste ? Air gai ?… Quel est donc leur dessein ? Est-ce un homme ? une femme ? — Ah ! c’est un capucin
Cyrano de Bergerac …Edmond Rostand