Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Une faim inextinguible — Chapitre 6 · La soif étanchée
Auteur
Une faim inextinguible
Chapitre 6 · La soif étanchée
— Est-ce que ça te dérange ? Ma sexualité, je veux dire. Ce que je t'ai dit tout à l'heure, là-bas, sur la terrasse.
On marche côte à côte sur le trottoir de la rue des Lilas, les vitrines des commerces fermées derrière leurs grilles métalliques. La chaleur de la journée s'est attardée dans l'air. Ma veste noire est ouverte sur la petite robe, et à chaque pas je sens le tissu moulant épouser mes hanches, ma poitrine. Antoine a les mains dans les poches de son jean sombre, le pas un peu raide, le regard droit devant lui. Il ne répond pas tout de suite. Ses pommettes se teintent d'une couleur que la lumière des réverbères attrape et rend plus visible encore.
— Non, dit-il enfin. Non, pas du tout. Bien au contraire.
— Non, dit-il enfin. Non, pas du tout. Bien au contraire.
Il tourne la tête vers moi, puis la repose vers l'avant, comme si le contact de mes yeux sur les siens était quelque chose de trop intense à soutenir plus d'une seconde.
— Les quelques rapports que j'ai eus… Je n'arrivais quasiment jamais à jouir pendant la pénétration. Quasiment jamais. Peu importe la partenaire. Il marque une pause, sa mâchoire se contracte. Je jouissais presque uniquement grâce à la masturbation, ou la fellation.
— Les quelques rapports que j'ai eus… Je n'arrivais quasiment jamais à jouir pendant la pénétration. Quasiment jamais. Peu importe la partenaire. Il marque une pause, sa mâchoire se contracte. Je jouissais presque uniquement grâce à la masturbation, ou la fellation.
Il dit le mot, comme on jette une pierre dans l'eau et qu'on attend de voir les ronds se former.
— Je me prête bien volontiers à l'exercice, ajoute-t-il, et sa voix prend ce ton poli, mesuré, qui est le sien, celui qu'il a même quand il sert des cafés sur la terrasse. En temps normal, je rêverais qu'une fille comme toi s'occupe de moi.
— Je me prête bien volontiers à l'exercice, ajoute-t-il, et sa voix prend ce ton poli, mesuré, qui est le sien, celui qu'il a même quand il sert des cafés sur la terrasse. En temps normal, je rêverais qu'une fille comme toi s'occupe de moi.
Je frémis. Pas de la phrase elle-même, mais de la façon dont il l'a dite — cette sincérité maladroite, cette franchise de quelqu'un qui ne sait pas draguer et qui ne fait pas semblant. Mes lèvres s'étirent, je sens le rouge sang sur ma bouche, cette couleur que j'ai choisie ce soir comme on choisit une arme.
— C'est en te suçant toi que je vais m'occuper de moi, je dis. C'est comme ça que je vais réellement prendre du plaisir.
— C'est en te suçant toi que je vais m'occuper de moi, je dis. C'est comme ça que je vais réellement prendre du plaisir.
Son pas ralentit. Le roux sur ses joues descend vers son cou, sous le col de son t-shirt gris. Il ouvre la bouche, la referme. Ses doigts s'agrippent à l'intérieur de ses poches. Il ne dit rien, mais sa respiration a changé — plus courte, un peu saccadée, comme celle de quelqu'un qui monte un escalier trop vite.
Je l'observe en silence le reste du chemin. Il est à la fois très gêné par la discussion, par la situation entière, et très excité. Je le vois à sa démarche, à la façon dont il évite les flaques de lumière des lampadaires comme si la clarté pouvait trahir ce qui se passe dans son jean, à la tension de ses épaules. Et je le vois à autre chose, un détail qu'il ne maîtrise pas : le tissu sombre de son jean, à hauteur de son entrejambe, n'est plus tout à fait plat.
Nous arrivons chez moi. Le studio de la rue des Lilas, troisième étage sans ascenseur. Je tourne la clé dans la serrure, pousse la porte, allume la lumière du plafonnier. La pièce est petite — un canapé convertible bleu nuit contre le mur, une kitchenette à droite, un matelas au sol dans le coin derrière un paravent, une étagère chargée de livres et de cours. La lumière est chaude, un peu jaune, celle d'une ampoule de faible puissance qui ne flatte rien mais qui rend tout intime.
— Assieds-toi, je dis en désignant le canapé.
— Assieds-toi, je dis en désignant le canapé.
Il hésite une seconde dans l'encadrement de la porte, ses baskets blanches sur le seuil, puis entre. Il se déchausse — je vois ses chaussettes noires, le geste un peu maladroit de quelqu'un qui a les mains qui tremblent — et vient s'asseoir au centre du canapé. Il ne s'enfonce pas dans les coussins, il se pose sur le bord, le dos droit, comme un invité qui ne veut pas déranger.
— Une bière ? je demande.
— Oui, ça serait bien. Merci.
— Une bière ? je demande.
— Oui, ça serait bien. Merci.
J'ouvre le frigo, sors une bouteille, la décapsule. Je la lui tends. Il la prend, ses doigts effleurent les miens — un contact bref, sec, électrique. Il porte la bouteille à ses lèvres, boit une gorgée, et je vois sa gorge travailler, sa pomme d'Adam monter et descendre. Je m'appuie contre le plan de travail de la kitchenette, à deux mètres de lui, et je le regarde boire.
Quant à moi, je veux une autre boisson. Une boisson qui étanchera ma vraie soif, celle que j'ai muselée toute ma vie. Celle qui m'a fait simuler des orgasmes pendant des années, qui m'a fait croire que j'étais cassée, qui m'a tenue éveillée la nuit à me demander pourquoi je mouillais en suçant et jamais en étant pénétrée. Cette soif-là.
Je veux le boire, lui.
— Pas de bière pour moi, je dis en posant ma propre bouteille sur le plan de travail sans y avoir touché. Je veux te boire, toi.
— Pas de bière pour moi, je dis en posant ma propre bouteille sur le plan de travail sans y avoir touché. Je veux te boire, toi.
Je me détache de la kitchenette et me rapproche de lui. Un pas. Deux. Le canapé grince sous son poids quand il se tend. Je m'arrête devant lui, si proche que mes genoux frôlent les siens. Il lève les yeux. Je le regarde dans les yeux — ces yeux bruns, banals, que je connais, que je connais depuis un an, mais qui maintenant me regardent comme s'ils me voyaient pour la première fois. Je passe ma langue sur mes lèvres rouges. Lentement. De gauche à droite, puis de droite à gauche, la pointe de ma langue suivant l'arc de Cupidon, humidifiant le rouge, le rendant brillant sous la lumière jaune du plafonnier.
Il ne bouge pas. Il me regarde, étourdi. Ses lèvres sont entrouvertes, la bière tenue à mi-hauteur, oubliée. Ses pupilles sont dilatées, les cercles bruns de ses iris presque avalés. Je vois les tendons de sa main qui tient la bouteille se tendre, blanchir.
Je m'agenouille.
Le parquet est dur sous mes genoux, froid à travers le tissu de ma robe qui remonte sur mes cuisses. Je pose mes mains sur les genoux d'Antoine, je sens la chaleur de sa peau à travers le denim, la tension de ses muscles quadriceps sous mes paumes. Je ne dis rien. Mes doigts descendent lentement de ses genoux vers l'intérieur de ses cuisses, et ses jambes s'écartent — pas beaucoup, juste assez, un mouvement instinctif, involontaire, qui m'ouvre un chemin.
Mes mains rejoignent son entrejambe. Je le caresse à travers le jean. D'abord du plat de la main, une pression douce, exploratoire, comme si je prenais la mesure de ce qui m'attend. Puis mes doigts se referment, palpent, détaillent. Je sens la chaleur même à travers le denim épais — une chaleur qui irradie, concentrée, vivante. Et sous mes doigts, je sens sa bite grossir. D'abord un épaississement, une densité qui n'était pas là il y a dix secondes, puis un allongement qui pousse contre le tissu, qui résiste contre ma paume. Je palpe encore, mes doigts suivant la forme qui se dessine, qui s'allonge, qui durcit sous l'étoffe. Visiblement, je suis gâtée. C'est un engin plus qu'honorable sans être dans la démesure. Seize, peut-être dix-sept centimètres, à vue de nez à travers le jean, et il n'est pas encore totalement dur.
Mes mains s'arrêtent. Je rapproche mon visage de son entrejambe. Lentement, comme quelqu'un qui s'approche d'un verre de vin pour en humer le bouquet. Mon nez est à cinq centimètres du tissu tendu de son jean, à hauteur de sa braguette, et je sens. L'odeur de son sexe à travers le denim — un mélange de musc, de transpiration légère, de lui, de cette odeur qu'il dégage. Ça me donne l'eau à la bouche. Je salive, littéralement — je sens ma salive s'accumuler sous ma langue, remplir le fond de ma gorge, et je dois déglutir une fois pour ne pas baver.
Je pose mon visage contre sa braguette. Mon front, mes joues, ma bouche, collés contre le denim tendu par son érection. Je ferme les yeux. Je me nourris de son odeur, je la respire à pleins poumons, et quelque chose dans ma poitrine se déverrouille, une soupape qui s'ouvre enfin après six mois de pression accumulée. Cette bite est à moi. Enfin. Mon string noir en dentelle se mouille, je sens la dentelle s'imbiber contre ma vulve gonflée, la cyprine qui commence à perler et à couler.
Mes doigts trouvent sa ceinture. Ceinture en cuir brun, boucle métallique argentée. Je la défais — le bruit du cuir qui glisse dans la boucle, le claquement sec du métal, résonnent dans le silence du studio. Antoine ne bouge pas, ne dit rien, mais j'entends son souffle, court, haché, par à-coups. Je déboutonne son jean. Un bouton, puis la braguette qui s'ouvre. Le jean s'entrouvre, le tissu relâche sa pression sur son entrejambe.
Il m'aide. Ses mains rejoignent les miennes sur sa ceinture, et ensemble nous faisons baisser son jean sur ses hanches, puis ses cuisses. Il se soulève légèrement du canapé pour permettre au denim de passer sous ses fesses. Je tire le jean jusqu'à ses chevilles, il se débarrasse d'une jambe puis de l'autre. Le jean finit sur le parquet, froissé, encore chaud de son corps.
Il est en caleçon. Un caleçon de sport bleu, sans couture, le genre de tissu technique qui épouse chaque forme, chaque relief, qui ne cache rien. Mes yeux détaillent ce qu'ils voient. Sa forme apparente à travers le tissu — la hampe, épaisse, qui part de la base et s'allonge vers la gauche, courbée contre la cuisse. Le gland, dont le contour se dessine distinctement sous le jersey bleu, gonflé, rebondi. Ses bourses, pleines, rondes, qui tendent le tissu à la base. Le caleçon est clair — un bleu électrique — et là où son sexe appuie, le tissu est plus sombre, humidifié par la transpiration, par la présemence qui a déjà commencé à perler.
Je reprends là où je me suis arrêtée. Je pose mon visage contre son sexe, contre le caleçon, et je sens. L'odeur maintenant plus forte qu'il n'y a plus le jean pour la filtrer. Plus directe, plus animale, plus entière. Du musc, du sel, de la peau chaude, de la bite, des couilles, de lui. Mon nez s'enfonce dans le tissu, à hauteur de son gland, et j'inspire profondément, lentement, comme si je voulais remplir mes poumons de lui pour ne plus jamais avoir besoin de respirer autre chose.
Je frotte mon visage contre son sexe. Mes joues, mon menton, mes lèvres, je les presse contre la hampe, contre les bourses, contre le gland, je me frotte comme un animal qui marque son territoire, qui s'imprègne, qui revendique. Je veux que l'odeur de sa bite et de ses couilles imprègne mon visage, que ma peau en conserve la trace, que demain matin, sous la douche, je retrouve encore un peu de lui sur mes joues. Le caleçon bleu est maintenant marqué de traces humides là où ma bouche a touché, là où mon souffle chaud a humidifié le tissu.
Je mouille. Ma chatte mouille — je sens la cyprine couler de ma vulve, imbiber le string noir, perler et descendre vers mon périnée. Ma bouche mouille — la salive s'accumule, remplit ma cavité buccale, s'échappe au coin de mes lèvres et vient s'ajouter à l'humidité sur le caleçon. Deux mouilles, deux sources, qui ne font qu'une.
Alors je sors ma langue. J'utilise toute la salive accumulée pour mouiller son caleçon. Je lèche sa bite à travers le tissu — de la base vers le gland, un long coup de langue plat, lent, qui laisse une traînée sombre sur le jersey bleu. Le tissu est rugueux contre ma langue, goût de textile et de transpiration, et en dessous je sens la chair, chaude, dure, qui frémit à chaque passage. Je lèche encore, et encore, des longs coups de langue appuyés, des petits cercles sur le gland dont le contour est maintenant nettement visible sous le tissu trempé. Je lèche ses couilles, je les prends dans ma bouche à travers le caleçon, je suce doucement, je sens leur poids, leur rondeur, leur plénitude.
J'entends Antoine émettre de petits sons. Un gémissement étouffé quand ma langue atteint son gland. Un souffle coupé quand je suce ses couilles. Un son bas, guttural, qui monte de sa gorge quand je presse mes lèvres contre sa hampe et que je glisse lentement vers le haut. Son excitation monte — je la sens dans la façon dont ses hanches bougent par micro-mouvements involontaires, dans la tension de ses cuisses sous mes paumes, dans le durcissement supplémentaire de sa bite que je sens sous ma langue. Mais je ne le regarde pas. Toute mon attention est portée sur son sexe, sur ce caleçon trempé de ma salive, sur cette bite qui continue, à mon grand étonnement, de durcir et de s'allonger.
Vingt centimètres. Une vingtaine de centimètres. Le caleçon ne suffit plus à le contenir — le gland dépasse maintenant par le haut, émergeant du tissu bleu, violacé, luisant. La hampe a gagné deux, trois centimètres depuis que je l'ai palpé à travers le jean. Il est plus gros, plus dur, plus courbé qu'au début. Miam. Je vais me régaler.
Une fois son caleçon trempé de ma salive — littéralement trempé, le tissu bleu est maintenant presque noir d'humidité, collé à sa peau, transparent par endroits — je le fais descendre. Mes doigts attrapent l'élastique à la taille, tirent vers le bas. Antoine m'aide — il soulève ses hanches du canapé, et je fais glisser le caleçon sur ses cuisses, sur ses genoux, jusqu'à ses chevilles. Il s'en débarrasse d'un coup de pied. Le caleçon bleu atterrit sur le parquet à côté du jean.
Enfin, son sexe se dévoile à moi.
Il se dévoile, et je m'arrête de respirer. Son sexe est beau. Très beau. Parfait. Une belle bite bien courbée — courbée vers le haut, dans cette élégance naturelle que certaines bites ont et que d'autres n'auront jamais. Bien dure, la hampe tendue, les veines gonflées sous la peau, la peau elle-même d'une couleur qui va du rose pâle à la base vers un violet foncé au gland. Le gland est plein, rebondi, luisant de présemence, le contour net, le frein tendu. Vingt centimètres de chair dressée, qui pointe vers mon visage, qui pulse légèrement au rythme de son cœur.
Je décide alors de regarder Antoine. C'est la première fois depuis que je me suis agenouillée que je lève les yeux vers lui. Pendant tout ce temps — la ceinture, le jean, le caleçon, la salive, les coups de langue — mes yeux sont restés sur son sexe, sur ses hanches, sur ses mains. Maintenant je lève la tête, et je le regarde.
Il me regarde. Les yeux un peu écarquillés, la bouche entrouverte, les lèvres sèches sur lesquelles il vient de passer sa langue. Ses mains sont posées sur le canapé, de chaque côté de ses cuisses, les doigts enfoncés dans les coussins. Il a le souffle court, la poitrine qui se soulève sous son t-shirt gris. Et dans ses yeux bruns, il y a quelque chose qui mélange l'ébahissement, la gratitude, et un désir si pur qu'il en devient fragile.
— Tu es incroyable, dit-il.
— Tu es incroyable, dit-il.
Sa voix est rauque, à peine audible, comme si les mots devaient traverser quelque chose pour sortir.
Tout en le regardant dans les yeux, je passe ma langue le long de la veine qui parcourt le dos de sa bite. De bas en haut. Un seul coup de langue, lent, qui part de la base — là où la hampe naît des bourses — et remonte toute la longueur, suivant la veine dorsale, cette ligne bleutée sous la peau, comme une rivière vue du ciel, jusqu'au frein, jusqu'au bord du gland. Ma langue est large, humide, chaude, et je la presse contre la chair, je ne fais pas que lécher, je caresse, je masse, je goûte.
Je sens Antoine frémir. Tout son corps se contracte — ses cuisses se tendent, ses doigts s'enfoncent plus profondément dans les coussins, sa tête bascule légèrement en arrière, un souffle coupé s'échappe de ses lèvres. Mais ses yeux restent ouverts, fixés sur moi, sur ma bouche, sur ma langue qui vient de remonter le long de sa bite.
Puis je le lèche. Et je le suce. Durant un temps qui me semble interminable, qui me semble éternel, qui me semble exactement comme il devrait être. Je le lèche et le suce comme si ma vie en dépendait.
En fait, oui. Ma vie en dépend.
Je prends son gland dans ma bouche. Mes lèvres se referment autour de lui, juste sous le frein, et je suce — une succion douce, constante, qui fait creuser mes joues. Ma langue tourne autour du gland, lentement, goûtant la présemence qui s'écoule, salée, légèrement amère, visqueuse. Le goût d'Antoine. Mon string noir est trempé, la dentelle collée à ma vulve, la cyprine coule le long de mon périnée et mouille l'intérieur de mes cuisses. Je n'ai pas besoin qu'on me touche. Je n'ai pas besoin de rien d'autre. Cette bite dans ma bouche, c'est ma jouissance, ma raison d'être.
Je descends. Ma bouche glisse le long de sa hampe, mes lèvres emprisonnent la chair dure et chaude, je sens la veine contre ma langue, je sens le gland buter contre mon palais, puis contre l'entrée de ma gorge. Je me détends, j'ouvre, et je le prends plus profondément — la courbure de sa bite épouse le palais, glisse, et le gland atteint ma gorge. J'étouffe un réflexe, ma gorge se contracte autour de lui, et Antoine émet un son — un gémissement profond, incontrôlé, qui résonne dans le studio.
Je remonte. Lentement. Mes lèvres serrent, ma langue travaille, je fais tourner la pointe autour du frein, ce petit triangle de peau hypersensible, et je sens sa bite frémir dans ma bouche, je sens le sang qui pulse sous la peau, je sens chaque micro-contraction de son périnée. Je redescends. Plus vite. Ma tête monte et descend sur sa bite, mes cheveux blonds tombent en avant et cachent la vue, mais je m'en fous — je ne vois rien, je ne veux rien voir, tout est dans ma bouche, dans cette cavité qui est devenue mon sexe, mon centre, ma source.
Ma bouche est ma chatte. Les caresses que je fais avec mes lèvres, ma langue, ma salive se répercutent dans ma chatte. Chaque coup de langue sur son gland envoie une décharge dans mon clitoris. Chaque fois que ma gorge se contracte autour de lui, mon vagin se contracte en symétrie. Chaque gémissement qu'il émet vibre dans ma bouche et descend dans mon ventre, s'accumule, se concentre.
Je jouis.
La première fois, c'est pendant que je le suce profondément, sa bite au fond de ma gorge, mes lèvres pressées contre sa base. L'orgasme monte d'un coup, sans préavis, comme une vague qui se brise — mon vagin se contracte, mon périnée tremble, mes cuisses se serrent, et ma bouche émet un gémissement autour de sa bite qui le fait frémir. Je ne m'arrête pas de sucer. Je continue, la bouche pleine de lui, le corps secoué de contractions, la cyprine qui coule de moi et mouille le parquet sous mes genoux.
La deuxième fois, c'est quelques minutes plus tard. J'ai accéléré le rythme, ma tête monte et descend vite, ma salive coule en abondance, elle mouille sa bite, mes lèvres, mon menton, des fils de salive relient ma bouche à sa hampe quand je remonte. Je le suce avec ma langue qui tourne, qui aplatit, qui pointe, qui caresse la veine, qui titille le frein, qui lèche le gland. Et l'orgasme vient encore — plus intense, plus long, mon vagin qui se contracte en vagues successives, mes jambes qui tremblent, un gémissement étouffé par la chair qui remplit ma bouche.
La troisième fois, c'est quand je le sens proche. Sa bite a durci encore, si c'est possible — la peau tendue comme un tambour, les veines gonflées, le gland violet, et ses hanches bougent maintenant, il baise ma bouche par micro-coups involontaires, ses mains ont quitté les coussins et se posent sur ma tête, pas pour forcer, juste pour toucher, pour sentir mes cheveux sous ses doigts, pour ancrer. Je sens ses bourses se contracter sous ma main, je les masse doucement, et je sens la tension monter en lui comme une évidence physique.
Antoine n'en peut plus. Sa respiration est courte, hachée, haletante. Ses doigts se crispent dans mes cheveux. Ses hanches bougent plus franchement maintenant, sa bite glisse dans ma bouche, dans ma gorge, et il émet des sons — des gémissements, des souffles coupés, des "putain" étouffés.
— Laura, je vais jouir, dit-il.
— Laura, je vais jouir, dit-il.
Sa voix est brisée, à mi-chemin entre un avertissement et une supplication.
Alors je le suce avec avidité. Je veux le boire. Boire sa jouissance. Boire ma jouissance. Ma tête descend, prend tout, sa bite entière dans ma gorge, mes lèvres contre sa base, mon nez contre son bas-ventre, et je suce, je suce, ma joue creusée, ma gorge qui travaille, ma langue qui caresse la veine. Je veux tout. Je veux chaque goutte. Je veux qu'il se vide dans ma bouche, que sa jouissance devienne ma jouissance, que tout se mélange — sa bite, ma bouche, sa semence, ma salive, son orgasme, le mien.
Et je jouis pendant qu'il jouit dans ma bouche.
Le premier jet me surprend — chaud, épais, copieux, il frappe le fond de ma gorge et je déglutis instinctivement. Mon orgasme explose en même temps — mon vagin se contracte violemment, mon corps entier se tend, mes orteils se crispent dans mes sandales, et ma bouche se remplit encore — deuxième jet, troisième, quatrième, la semence chaude et salée qui inonde ma cavité buccale, qui coule sur ma langue, qui remplit l'espace entre mes joues et sa bite. Je déglutis. Je déglutis tout. Ma gorge travaille, pompant chaque jet, avalant, et à chaque déglutition mon vagin se contracte en symétrie, comme si ma bouche et ma chatte étaient le même organe, le même muscle, la même source de plaisir.
Antoine gémit — un son long, profond, qui vient de son ventre, et ses hanches se soulèvent du canapé, sa bite enfoncée au fond de ma gorge, et il y a un dernier jet, plus faible, qui s'écoule sur ma langue. Je le garde. Je ne déglutis pas celui-là. Je le garde sur ma langue, je le goûte — salé, légèrement amer, épais, visqueux, tiède. Le goût d'Antoine. Le goût de ce que j'ai attendu six mois. Le goût de ce que j'ai cherché toute ma vie sans savoir le nommer.
Sa bite frémit encore dans ma bouche, les dernières pulsations poussant les dernières gouttes, et je les lève avec ma langue, je les recueille, je les avale. Mon orgasme diminue lentement, en vagues décroissantes, mon vagin qui se contracte encore, mon corps qui tremble, mes cuisses mouillées de cyprine, le parquet humide sous mes genoux.
Je ne lâche pas sa bite. Je la garde dans ma bouche, douce maintenant, les lèvres relâchées, la langue qui caresse encore, lentement, qui nettoie, qui recueille les dernières traces. Mes yeux sont fermés. Ma bouche est pleine de lui. Ma chatte est pleine de rien, et pourtant je n'ai jamais été aussi pleine de ma vie.
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