Fiction
Gays
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Don de plaisir — Chapitre 5 · Patrick
Auteur
Don de plaisir
Chapitre 5 · Patrick
Il fait gris, la lumière blafarde remplit ma chambre. Je suis nu, bien au chaud dans mon lit et je savoure ce moment où mon corps s'éveille. Machinalement, je touche ma verge en érection, elle envoie à tout mon corps de douces ondes de bien-être et je soupire lentement.
Aujourd'hui est un jour important. Une librairie propose une embauche. Le libraire m'a fixé un rendez-vous à midi. Il est déjà neuf heures ! Je lâche ma bite, toujours raide, et je me lève. Mes parents sont déjà partis au travail, je suis seul. Nu, je me dirige aux toilettes, ma vessie va exploser ! Mais devant la cuvette, je suis confronté à un problème : comment délivrer ma petite commission alors que mon sexe pointe fièrement vers le plafond et ne semble pas décidé à mollir !! Je me précipite dans la salle de bain et, debout dans la baignoire, je soulage ma vessie. De ma verge toujours raide jaillit un puissant jet doré qui monte jusqu'à ma poitrine avant de redescendre en faisant de petits clapotis sur l'émail de la baignoire. Ça va mieux ! Une fois le flux tari, je décide de me doucher. L'eau chaude me réconforte, mes mains pleines de mousse glissent sur mon corps, l'embaumant d'un délicat parfum. Je passe mes doigts entre mes fesses et la caresse de mon index sur mon anus me renvoie aux moments de plaisirs que j'ai partagés avec « mes hommes » comme je les appelle.
Claude, Georges, Jérôme et François… Quatre hommes adorables qui semblent avoir repris vie depuis qu'ils accèdent à mon corps sans retenue de ma part. Tous ont au moins trente ans de plus que moi mais sont d'une vigueur surprenante. Tous sont seuls et tous me font jouir, d'une façon ou d'une autre. Mais Claude a raison, tiendrais-je le coup à me faire baiser et sucer quatre fois par semaine ? Je ne veux pas me séparer de l'un ou de l'autre. D'autant que Georges n'y va pas de main morte et François me fait jouir si fort que je suis épuisé après chaque joute dans ses bras. Avec Claude c'est différent, nos fellations mutuelles sont douces, sensuelles et tendres. Il ne veut pas aller plus loin, pourtant je le lui ai demandé de m'enculer plusieurs fois. Non, il préfère l'amour oral, et finalement cela me convient bien. Et puis il y a Jérôme, ma petite puce passive. Il est si doux, si tendre, et son cul est si chaud que j'ai parfois de la peine à ne pas jouir au bout de cinq minutes en lui. Le plaisir qu'il me procure est chargé de gentillesse, de sensualité et je l'avoue, je l'aime beaucoup. Non je ne veux pas me séparer de l'un d'eux ! Je vais leur parler et instaurer des rendez-vous plus espacés, Claude et Georges une semaine, Jérôme et François la semaine suivante. Cela me paraît plus qu'indispensable si je ne veux pas créer une lassitude.
Je sors de la salle de bain, retourne m'habiller et je descends déjeuner. Le café brûlant m'apporte une dose de bien-être supplémentaire, j'ai envie de hurler mon bonheur dans la rue ! Des hommes m'aiment, des hommes me baisent et me font jouir ! Regardez comme je suis heureux ! La vie est belle ! Mais je sais qu'en ce début des années 80, clamer son homosexualité est toujours risqué. Alors je ravale mon enthousiasme et sors de chez moi en silence.
La librairie est à trente-cinq minutes dans une petite rue proche du centre-ville. Elle a une façade ancienne et n'est pas aussi grande que je l'imaginais. J'entre, une sonnerie signale mon intrusion et un homme au fond de la boutique se dirige vers moi en souriant.
— Bonjour, comment puis-je vous aider ?
Je me présente et lui dis que je viens pour l'annonce.
— Ah bien sûr ! Je vous attendais, je ferme la librairie, nous serons plus tranquilles pour parler.
Nous passons ensuite dans l'arrière-boutique, une petite pièce contenant des étagères et un bureau. Nous nous asseyons et il commence l'entretien.
Il se présente : il s'appelle Patrick, il possède cette librairie qui lui vient de ses parents, il habite juste au-dessus de la boutique. Il a trente-sept ans, il est assez grand, mince avec une petite barbe, mais ce qui ressort de son visage c'est surtout ses yeux perçants, d'un noir profond qui me fascinent. Je lui décris mon parcours et le peu d'expérience professionnelle que j'ai, ce qui lui semble normal vu mon âge. Le poste consisterait, dans un premier temps, à remettre en ordre la réserve située au sous-sol et la réorganiser.
— Je vous préviens, il y a du boulot, me dit le libraire, mais je vous laisse la plus complète autonomie.
Il propose un contrat de quatre jours à temps plein et le salaire me convient bien.
— Je lui réponds que cela me va.
— Alors affaire conclue ! Quand pouvez-vous commencer ?
— Demain si vous le voulez.
— Allons voir la réserve alors, comme ça, vous connaîtrez les lieux.
En effet, il y a du boulot !! La salle est au sous-sol, elle fait la surface du magasin et elle est remplie de rayonnages, tous surchargés de piles de livres et de cartons jusqu'au plafond. Les allées sont encombrées de vieux présentoirs et d'objets divers.
— Je n'ai pas le temps de m'en occuper, vous allez me sauver la vie, plaisante Patrick.
Dans un coin se trouve une grande table sur laquelle trône une cafetière, au milieu de mille autres choses.
— Un café ? demande mon patron.
— Oui volontiers.
L'échange est détendu, il sait me mettre à l'aise et je le trouve sympathique.
Le lendemain, j'arrive à neuf heures, Patrick est déjà avec un client. Je ne le dérange pas et je file directement dans la réserve. J'ai apporté de vieux vêtements car la poussière règne en maître dans cette caverne d'Ali Baba. Je me déshabille et tandis que je suis en slip, Patrick arrive avec des tasses propres.
— Bonjour Yvon, ça y est c'est le grand jour !
Je suis un peu gêné qu'il me voie dans cette tenue, il me fixe de ses yeux perçants qui me mettent mal à l'aise.
— Pardon je ne vous ai pas entendu arriver.
— Pas de soucis, veux-tu un café ? On se tutoie, c'est mieux je trouve, d'accord ?
Je hoche la tête, et j'attrape mon vieux jean. Patrick me tend une tasse, je repose mon jean pour la prendre et nous buvons le café, moi presque nu devant mon patron lors de mon premier jour de travail, ça commence fort ! La semaine passe vite et je suis déjà content de voir que la réserve change doucement d'aspect. Patrick me laisse faire, il descend le matin pour boire le café, et souvent il revient en début d'après-midi avant de rouvrir. Nous parlons de choses et d'autres, essayons de mieux nous connaître.
Un matin, il arrive avec un sac en plastique qu'il me tend.
— C'est une combinaison de travail, toute blanche. C'est pour te protéger de la poussière, vas-y essaye-la.
La dernière combinaison que j'ai portée, c'était chez Claude et je sais où ça m'a mené...
Je retire mes chaussures puis j'enfile les jambes de la combinaison, mais une fois entièrement sur moi, elle s'avère trop serrée, je peine à remonter la fermeture éclair. Patrick me regarde et me demande de l'essayer sans mes vêtements. Je me déshabille, et en effet je me sens plus à l'aise en slip à l'intérieur.
— Parfait ! s'écrie le patron, tu seras mieux ainsi.
Le lendemain, il descend pile au moment où je suis en train d'enfiler la combinaison. Il me regarde et me demande d'approcher, il a apporté un livre qu'il pose sur la table, ma combinaison est enfilée mais ouverte.
— C'est un grand livre de photos, du nu masculin !
Je le regarde, étonné et Patrick m'explique.
— Regarde-le et dis-moi ce que tu en penses, et quelle est la photo que tu préfères.
J'ouvre le livre et tourne les pages, de jeunes hommes nus posent dans une ambiance mi-ombre, mi-lumière. C'est joli, leur corps est superbe, à la fois viril et fragile dans leur nudité. Sur certaines photos leurs verges apparaissent sans pudeur. Tandis que je détaille chaque image, Patrick se tient derrière moi, tout contre mon corps. Je montre une image du doigt.
— Celle-ci est jolie, lui dis-je.
Je tourne la page et je sens ses mains se poser sur ma taille. Je tourne encore la page et vois un jeune modèle debout, en érection. Son corps est à contre-jour, la lumière dessine parfaitement les contours de son corps et de son sexe dressé.
— J'aime beaucoup celle-là.
— Ah parce qu'il bande, me demande Patrick, oui c'est beau un homme qui bande, tu ne trouves pas ?
Il pouffe…
— Si je trouve aussi, mais je ne pensais pas que tu portais de l'attention à cela Yvon.
Tout en parlant, Patrick se presse un peu plus contre moi, ses lèvres effleurent mon cou et ma joue, je le sens bander et sa main droite est descendue sur ma bite qu'il caresse à travers mon slip, sans un mot. Je le laisse faire, je tourne la page et un autre Apollon apparaît, allongé sur un canapé, sa main caresse son sexe…
— Le livre te plaît, me souffle Patrick.
Je respire de plus en plus fort.
— Ou…oui… il est très beau…
Il me chuchote :
— Comme toi tu l'es en ce moment, tu as raison, c'est beau un homme qui bande…
Sa main a glissé dans mon slip et masse ma verge doucement. J'attrape les bords du slip et libère ma queue que Patrick reprend aussitôt. Je me cambre et appuie ma tête sur son épaule, je ferme les yeux. Sa main accélère ses mouvements. Je n'ai que le temps de pousser le livre avant que mon sperme ne vienne s'étaler à sa place. Patrick continue de me caresser, ses doigts sont couverts de mon jus, il abandonne ma bite et les glisse dans sa bouche.
Puis sans un mot, il replace le slip sur mon sexe et l'étoffe se pare immédiatement des preuves de sa victoire… une jolie tâche en forme de cœur. Je me retourne, le fixe droit dans les yeux et lui dis :
— Et maintenant ?
Ses yeux de jais semblent percer les miens, il embrasse mes lèvres et murmure :
— Maintenant, il faut travailler…
Puis il tourne les talons et remonte à la boutique.
Je reste planté là, le slip trempé, complètement déboussolé par ce qui vient de se passer. J'ai envie de plus, pourtant ce moment était d'une douceur incroyable. Je me sens à la fois heureux et frustré de n'avoir pas pu toucher sa peau.
Je mets plusieurs minutes à me ressaisir et je me remets au travail. Quand midi sonne, je vais chercher mon déjeuner dans mon sac et je remonte à la boutique. Patrick est là, il me sourit.
— Il est déjà midi ?
— Oui je vais aller déjeuner.
Patrick me retient par le bras et je me retourne pour le regarder.
— Je sais que tu attendais plus tout à l'heure, tu es très sensuel et tu m'attires beaucoup Yvon. Mais ne sois pas impatient, les choses arriveront si elles doivent arriver. Sache seulement que tu peux me dire non à tout moment et je respecterai ton choix.
Je lui souris et reprends le chemin de la sortie.
— D'accord, j'attends de voir où tu veux m'emmener !
À mon retour, je descends à la réserve, Patrick s'y trouve, assis sur la table, il boit un café. J'attrape ma combinaison et me dénude, complètement. Nu, je rentre dans ma combinaison et, sans fermer le zip, je viens me placer entre ses jambes. Patrick ouvre son pantalon, sort sa queue et me regarde, puis il rompt le silence :
— Jusqu'au bout !
Je baisse les yeux, sa verge est grosse, je dirais dix-huit centimètres sur cinq de diamètre.
Je me baisse, je prends sa queue entre mes doigts et je décalotte son gland. Je caresse mon visage avec. Elle est chaude et douce, l'odeur de son sexe envahit mes narines, accroissant mon désir. Je lèche tout d'abord son gland, le méat et le prépuce. Patrick soupire, je la mets dans ma bouche mais je ne peux pas tout prendre. Je suce, je lèche et cela dure longtemps, il est endurant, quand soudain il jouit, je manque de m'étouffer tant la dose est importante, mais je finis par tout avaler. Puis je nettoie sa bite avec application lorsque la sonnette de la boutique nous prévient de l'entrée d'un client.
Patrick lève les yeux au ciel.
— Pas maintenant !
Je ris et je replace sa queue dans son slip sans oublier de déposer un petit baiser sur son gland. Patrick se lève et referme son jean, avant de disparaître dans l'escalier.
Moi qui me demandais si je ne couchais pas avec trop d'hommes, voilà que j'en rajoute un ! Mais quel charme il a !
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