Le gage et l'évidence
Chapitre 1
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✦ tounet777 Le gage et l'évidence XSTORY
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
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Le gage et l'évidence — Chapitre 1

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Le gage et l'évidence

Chapitre 1

Le rideau de fer du salon de coiffure-barber shop descend avec un raclement métallique assourdissant. Je passe une main fatiguée dans mes cheveux bruns, soufflant l'air de mes poumons tout en sentant l'adrénaline de la journée redescendre d'un cran. À trente-six ans, les journées passées à manier les ciseaux et à tailler des barbes exigeantes me mettent sur les rotules, mais ce soir, ce n'est pas la fatigue physique qui me fait traîner des pieds. C'est la certitude que je vais me faire remonter les bretelles dès le pas de la porte.
En tournant la clé de contact de ma berline, le moteur ronronne doucement dans la pénombre du parking. Je ne mets pas la musique tout de suite. Je reste les mains posées sur le volant, le regard perdu dans le faisceau des phares qui éclairent le mur gris en face. Je sais exactement ce qui m'attend à l'appartement : Célia est en train de se préparer pour sa soirée entre filles, et moi, comme un imbécile, j'ai complètement zappé de passer récupérer sa veste au pressing avant qu'il ne ferme. Elle ne le sait pas encore, mais la bombe est sur le point d'exploser.
Un sourire un brin coupable et amusé étire le coin de mes lèvres en repensant à ce fameux samedi dernier. Le gage que je lui avais imposé suite à un autre retard n'y était pas allé de main morte : une jupe fluide, un peu trop courte, et l'interdiction formelle de porter le moindre sous-vêtement en dessous pour aller faire les courses au supermarché du coin. Je me souviens encore de la lueur de défi dans les yeux de Célia, de sa démarche un peu raide et de son souffle court en poussant le chariot entre les rayons de pâtes et de conserves, terrorisée à l'idée qu'un client ou un caissier ne devine son secret. C'est notre carburant, ces petits jeux-là.
En six ans de vie commune avec Célia — qui a aujourd'hui trente-trois ans —, nous avons traversé des zones de turbulences mémorables. Au bout de quatre ans, le couple a dangereusement battu de l'aile. La routine s'est installée comme une chape de plomb, le désir s'est émoussé, et moi, incapable de m'épanouir dans une monotonie trop sage, j'ai failli aller voir ailleurs. Je ne suis pas du genre à me cacher bêtement : avant Célia, j'étais un vrai "queutard", un séducteur invétéré qui papillonnait sans attaches, incapable de tenir en place.
Quand la tentation d'une incartade s'est fait trop pressante, j'ai eu l'honnêteté brutale d'en parler à Célia, les yeux dans les yeux, sur le canapé, un soir d'hiver. Plutôt que de piquer une crise destructrice ou de faire ses valises, elle a opté pour l'électrochoc. Elle savait qui j'étais, elle connaissait mon tempérament charnel et mon besoin irrépressible de frisson. C'est ainsi que les règles du jeu sont nées : canaliser nos désirs, briser la monotonie, nous autoriser des transgressions contrôlées et pimenter le quotidien par des paris audacieux. Des gages de plus en plus vicieux, de plus en plus intimes, qui ont sauvé notre couple de la noyade en le transformant en un terrain de jeu permanent.
Mais ce soir, le soufflé va retomber du mauvais côté. J'ai raté le coche pour sa veste, et je sais qu'elle ne me le pardonnera pas facilement. Une broutille en apparence, mais la négligence de trop.
Je passe une dernière fois la main sur mon volant, soupire en enclenchant la marche arrière, et m'engage sur la route menant à l'appartement, ignorant totalement que ma bourde va déclencher une suite d'événements qu'aucun de nos paris habituels n'aurait pu prédire.
Je tourne la clé dans la serrure, pousse la porte de l'appartement avec une appréhension palpable, et fais mine d'arriver l'air de rien. L'odeur subtile du parfum de Célia flotte déjà dans le couloir, mêlée à l'effervescence de ses préparatifs. Je la retrouve dans le salon, occupée à boucler le zip de ses bottes ou à ajuster un détail de sa tenue de soirée. Elle est superbe, les cheveux impeccablement coiffés, prête à partir. C'est le moment critique. Je prends mon air le plus désolé, m'approche d'elle et lui lâche la sentence, entre deux excuses maladroites : je n'ai pas eu le temps de passer au pressing, il était déjà fermé, j'ai totalement oublié sa veste.
Je m'attends à la tempête. Je me prépare à voir ses yeux s'assombrir, à entendre le soupir exaspéré ou les reproches en série sur mes absences chroniques. Mais rien de tout cela ne se produit.
Célia ne s'énerve pas. Pas un cri, pas un haussement de ton. Elle se contente de se redresser lentement, pose ses mains sur ses hanches, et un sourire énigmatique, presque triomphant, s'étire sur ses lèvres. Elle me regarde avec un air de profonde satisfaction qui me déconcerte totalement.
— Je le savais, Scott, lâche-t-elle de sa voix claire, avec un calme olympien.
Je fronce les sourcils, totalement désarçonné. — Comment ça, tu le savais ?
— Je savais que tu allais oublier, reprend-elle en s'approchant de moi, un éclat joueur dans le regard. Malgré toutes mes demandes, malgré le fait que je te l'aie répété dix fois, je savais que tu zapperais. Tu es incorrigible. Mais rassure-toi, je ne vais pas perdre mon temps à m'énerver ce soir. J'ai anticipé. Suis-moi.
Avant que je puisse placer un mot, elle fait demi-tour d'un pas décidé et se dirige vers notre chambre. Je la suis à la traîne, les bras ballants, complètement interloqué par sa réaction.
Une fois dans la chambre, elle allume la lumière et me fait signe d'avancer. Je balaie la pièce du regard et, planté là, au milieu, je commence à repérer des détails incongrus. Sur le coin de la commode, dissimulée derrière un cadre photo, une petite optique noire brille discrètement. Je pivote la tête : une autre est fixée sur l'étagère de la bibliothèque, et une troisième trône, subtilement inclinée vers le lit, sur la table de chevet. Ce sont de mini-caméras de surveillance connectées, de petits cylindres high-tech qu'on dirait sortis d'un film d'espionnage.
Je reste figé, l'air complètement stupéfait, avant de tourner vers elle un regard mi-amusé, mi-inquiet.
— C'est... C'est quoi ce délire ? Qu'est-ce que c'est que ces trucs ? Ça va servir à quoi ?
Célia s'adosse contre le bord du lit, croise les bras, et son sourire s'élargit encore, un brin diabolique.
— C'est une surprise, mon chéri. C'est pour que je puisse te surveiller pendant que je serai avec mes copines. Je pourrai voir tout ce que tu fais ici, en direct, directement sur l'écran de mon téléphone.
Je l'observe, un rire nerveux coincé au fond de la gorge, oscillant entre le trouble et la fascination.
— Tu as posé des caméras dans notre chambre ? Tu es sérieuse là ? C'est quoi ce concept ?
Elle s'avance vers moi, pose une main possessive et ferme sur le revers de ma chemise, glissant ses doigts le long de mon torse avec une lenteur calculée. Son regard se fait plus sombre, plus intense.
— C'est ton gage pour ton oubli, Scott. Mais ce n'est que le début. Maintenant, tu vas aller dans la salle de bains, tu vas prendre ta douche, et je te veux lavé bien correctement, bien à fond... si tu vois ce que je veux dire.
Je sens une bouffée de chaleur monter d'un coup dans ma nuque. Je tente d'intervenir, ouvrant la bouche pour protester un minimum, histoire de garder un semblant de dignité :
— Attends, Célia, tu veux que je...
Elle me coupe net, posant un doigt autoritaire sur mes lèvres pour étouffer ma réplique, son visage à quelques centimètres du mien.
— Et ensuite, ajoute-t-elle d'une voix basse et rauque qui m'envoie des frissons dans tout le dos, je te veux habillé très sexy. Pas de discussion. C'est ton gage, tu as mérité ta punition, et tu ne sauras pas encore exactement ce qui va se passer, alors tu fais exactement ce que je te dis. En attendant, je ne bouge pas d'ici : je reste à la maison pour t'attendre et m'assurer que tu suis le protocole à la lettre avant que je ne m'en aille retrouver mes amies.
Sur ces mots, elle me lâche d'une tape amicale mais ferme sur la joue, s'assied nonchalamment sur le bord du lit en croisant les jambes, et m'incite d'un signe de tête à déguerpir vers la salle de bains.
Je me retrouve à reculons, le souffle court et l'esprit complètement retourné, me demandant bien dans quel traquenard mes propres oublis viennent de me fourrer.
Je m'exécute, l'esprit encore embrumé par le mélange de stupeur et d'excitation que Célia vient de m'inculquer. Dans la salle de bains, je tire le rideau de douche et règle l'eau bien chaude. Je me déshabille machinalement, les yeux rivés sur mon reflet dans la buée. Si je veux obéir au protocole à la lettre sous le regard de ces maudites caméras, il n'y a pas de place pour l'approximation.
Je me savonne de haut en bas, m'attardant sur chaque centimètre carré de ma peau avec une minutie obsessionnelle. Je passe un coup de rasoir minutieux sur mon pubis, m'assurant que tout est impeccablement net, rasé de près, parfaitement lisse comme elle l'exigeait implicitement. Puis, le cœur battant un peu plus vite, je saisis la canule de douche souple connectée au robinet, procède aux réglages de température et m'applique à me nettoyer l'intérieur du rectum avec une rigueur chirurgicale. Chaque jet d'eau me procure un frisson glacé dans le bas du dos, un mélange de honte et d'une excitation souterraine que je refuse d'admettre. Je me cure, me lave à fond, me rince, obsédé par l'idée que ces petites optiques invisibles connectées à l'Iphone de Célia captent le moindre de mes mouvements.
Vingt minutes plus tard, je sors de la salle de bains, une serviette éponge nouée serrée autour de la taille, les cheveux encore humides qui gouttent sur mes clavicules. Je rejoins la chambre où Célia a préparé ma tenue sur le lit.
Le choix vestimentaire ne laisse aucun doute sur le piège qui se referme. J'enfile d'abord un petit shorty blanc, ultra-fin et subtilement transparent, qui devine mes formes. Par-dessus, je glisse un pantalon slim bleu marine : la coupe est si ajustée qu'elle moule mes fesses et dessine chaque muscle de mes jambes avec une indécence totale. Pour le haut, elle a sorti une chemise blanche hyper cintrée. Je l'enfile et la laisse volontairement entrouverte sur plusieurs boutons, exposant mon torse légèrement poilu mais parfaitement entretenu. Je termine par une paire de baskets blanches impeccables, parachevant ce look habillé-décontracté qui flatte par trop mon physique.
Je quitte la chambre et me dirige vers le salon. Célia est debout près de la fenêtre, son téléphone collé à l'oreille. Au moment où j'arrive dans son champ de vision, je l'entends prononcer d'une voix claire et assurée :
— Oui, c'est au troisième étage, au fond du couloir sur la gauche. La porte est ouverte, tu peux entrer directement.
Je me fige sur place, un sourcil froncé, complètement abasourdi. Je m'approche d'elle en désignant l'appareil.
— Tu parlais à qui là ? Qu'est-ce que tu racontes ?
Célia raccroche d'un geste sec, glisse son téléphone dans son sac et se tourne vers moi avec un sourire carnassier.
— C'est ton gage qui arrive, mon chéri.
Elle me toise de la tête aux pieds, un éclat lubrique dans les yeux.
— Putain, Scott... tu es à tomber. Le shorty sous le pantalon slim, c'est un pur chef-d'œuvre. Tu vas faire des ravages.
— De quoi tu parles ? Quel gage ? Qui est-ce qui...
Je n'ai pas le temps de finir ma phrase. Deux minutes plus tard, un raclement de pas résonne dans le couloir, suivi de trois coups discrets mais fermes sur notre porte d'entrée. Célia ne cille même pas. Elle hausse la voix en direction de l'entrée :
— Morgan, nous sommes au salon, tu peux nous rejoindre !
La porte pousse. Un homme s'avance. C'est Morgan. Je le connais de vue pour l'avoir croisé une unique fois l'année dernière lors d'une soirée d'entreprise de Célia. À trente ans, il dégage une assurance insolente, avec ses épaules larges, son regard ténébreux et ce charisme brut qui écrase tout sur son passage.
Mon cerveau plante. Un bug total. Le sang reflue de mon visage avant de me monter aux tempes dans une décharge bouillante.
— C'est quoi ce bordel ? Qu'est-ce qu'il fait là ? je lâche, la voix brisée par l'incompréhension.
Célia s'avance vers moi, pose une main ferme sur mon torse entrouvert à travers ma chemise, et m'assène la sentence avec un calme effarant :
— Ce soir, mon chéri, tu vas devoir baiser avec Morgan. Et tu n'as pas le choix, c'est ton gage ultime.
Je recule d'un pas, manquant de trébucher sur le tapis du salon, le souffle coupé, le cœur battant à tout rompre.
— Tu es totalement malade ! je hurle presque. Je ne suis pas homo ! Qu'est-ce que c'est que cette folie furieuse ? Je ne rentre pas là-dedans !
Célia éclate d'un rire sec, absolument imperméable à ma panique.
— Oh, ne me fais pas le coup de la virginité effarouchée, Scott. On a déjà joué à des jeux tous les deux, tu te souviens ? Avec un god ceinture, et tu m'avais avoué, en sueur, que tu avais plutôt apprécié de te faire secouer de cette façon-là. Sauf que là, ce ne sera pas du silicone. C'est une vraie bite, chaude et vivante, et en plus, avec un superbe mec qui en a envie.
Je me tourne vers Morgan, complètement blafard, les mains tremblantes. Il est resté planté dans l'embrasure du salon, les mains dans les poches, observant la scène avec un sourire amusé, presque prédateur.
— Et toi... putain, t'es ok avec cette mascarade ? Tu es au courant de ton rôle ou quoi ? je lâche, la voix étranglée.
Morgan décoche un sourire en coin, se redresse de toute sa hauteur, puis me détaille de la tête aux pieds, s'attardant ostensiblement sur la façon dont mon pantalon slim épouse mes fesses et sur mon torse nu visible à travers la chemise ouverte.
— Oh putain, que oui, me répond-il de sa voix grave qui résonne dans la pièce. Un beau mec comme toi, avec ce look et ce cul moulé... je dis oui immédiatement, et sans me faire prier.
Je sens la panique me submerger. C'est un cauchemar éveillé. Je secoue frénétiquement la tête, refusant net :
— Non. C'est hors de question. Je ne ferai pas ça. Tu annules ton délire tout de suite, Célia !
Mais Célia ne bronche pas d'un pouce. Elle s'approche de mon visage, son regard dur et implacable planté dans le mien.
— Tu n'as pas le choix, Scott. Tu as accumulé les erreurs, tu as brisé les règles du contrat, et c'est la seule façon de payer ta dette. Et ne compte pas faire semblant : je verrai absolument tout en direct, seconde par seconde, grâce aux caméras que j'ai installée dans la chambre. Si tu ne joues pas le jeu jusqu'au bout, notre couple est fini pour de bon.
Elle me saisit par le col de la chemise, m'attire brutalement à elle et m'embrasse sur la bouche, un baiser froid, mécanique et autoritaire. En se reculant, elle murmure à mon oreille, le souffle brûlant :
— Mets à l'aise Morgan. Propose-lui un verre, et sers-t'‘en un pour toi aussi, tu vas en avoir besoin pour te détendre.
Elle attrape son sac à main posé sur la console, m'adresse un dernier clin d'œil glaçant, et se dirige vers la porte d'entrée. Au moment de tourner la poignée, elle se retourne une dernière fois, affiche un sourire radieux et lâche :
— Je t'aime, Scott. Amuse-toi bien !
Clac.
La porte claque. Le verrou s'enclenche. Je me retrouve pétrifié au milieu du salon, seul face à Morgan, prisonnier de mon propre appartement, de mes propres mensonges, et de caméras invisibles qui, en ce moment même, captent la moindre de mes sueurs.
La porte vient de claquer, résonnant comme un couperet dans l'appartement. Je reste figé au milieu du salon, les bras ballants, le souffle court, le cœur tambourinant contre mes côtes. La réalité s'abat sur moi : je suis seul avec Morgan. Piégé par un jeu de couple qui a basculé dans l'absurde, surveillé à distance par des caméras invisibles qui captent la moindre de mes sueurs.
Je tourne lentement la tête vers lui. Morgan est planté là, adossé nonchalamment au meuble de l'entrée, les mains dans les poches. Son regard ténébreux me scrute avec une intensité déstabilisante, un mélange de patience et de fascination prédatrice.
— Bon... je... je te sers un verre ? bafouillai-je, la voix totalement étranglée par le stress.
Morgan esquisse un sourire en coin, un sourire à la fois rassurant et troublant.
— Avec grand plaisir, Scott. Ne t'en fais pas, détends-toi.
Je me précipite vers le bar du salon, les mains légèrement tremblantes. Je saisis la bouteille de whisky et sers deux larges doses dans des tumblers, en rajoutant à peine un glaçon pour me donner une contenance. En lui tendant le verre, nos doigts se frôlent. Une décharge électrique me parcourt l'échine.
Nous nous installons sur le canapé, d'abord en gardant une distance respectable. Les premières minutes sont plombées par un silence lourd, coupé uniquement par le bourdonnement du frigo. Mais Morgan a un don pour désamorcer les bombes. Sans brusquer les choses, il commence à parler d'autre chose, évoquant des anecdotes de boulot, blaguant sur le caractère théâtral de Célia, trouvant les mots justes pour détendre l'atmosphère. Il ne formule aucune avance agressive, il se montre simplement charmant, spirituel et incroyablement présent.
L'alcool aidant, le verre de whisky s'évidant rapidement, la tension glaciale qui me nouait l'estomac commence à se dissoudre doucement, remplacée par une chaleur diffuse. Au bout d'une heure de discussion fluide, alors que nous sommes assis beaucoup plus près l'un de l'autre sur le canapé, je finis par souffler, un rire nerveux et résigné tordant mes lèvres :
— Tu sais... Je sais très bien comment ça va finir cette histoire. Célia a tout calculé, je n'ai pas le choix. Mais... putain, Morgan, je ne me sens pas à l'aise avec ça. C'est complètement nouveau pour moi, je ne sais même pas par où commencer...
Morgan pose son verre sur la table basse avec un calme olympien. Pendant qu'il parle, je ne peux pas m'empêcher de remarquer ses œillades appuyées, ce regard lourd de sens qui glisse sur mon torse entrouvert à travers ma chemise cintrée et s'attarde sur l'entrejambe de mon pantalon slim. De temps en temps, d'un geste machinal mais terriblement suggestif, il glisse une main le long de sa cuisse et vient se caresser lentement l'entrejambe par-dessus son jean. Je vois la bosse lourde qui se devine, le tissu qui se tend sous ses doigts. Malgré la panique et la honte, mon corps réagit instantanément : une bouffée de chaleur me submerge, et mon sexe tressaille, lourd et dur, sous mon shorty transparent. Je devine qu'il le remarque, et son sourire s'élargit.
Morgan se lève lentement, étirant ses larges épaules, et se tourne vers moi. Sa voix se fait plus grave, presque hypnotique :
— Tu veux qu'on aille dans la chambre ?
Je déglutis avec difficulté, les mains moites, avant de lâcher d'une voix rauque :
— De toute façon... je n'ai pas le choix.
Il me tend une main sûre, que je saisis presque machinalement pour me redresser. Nous franchissons le seuil de la chambre, baignée par la lueur tamisée des lampes du couloir, sous l'œil invisible des petites caméras. Une fois au milieu de la pièce, Morgan s'arrête, se tourne vers moi et prend les choses en main avec une autorité douce qui m'annihile.
— C'est moi qui m'occupe de toi, souffle-t-il. Enlève-moi ça.
Il désigne ses propres vêtements. Je fixe ses yeux sombres, puis, le cœur battant à tout rompre, je m'approche de lui. Mes mains, d'abord hésitantes, se posent sur son torse. Je défais les boutons de sa chemise un par un, découvrant une peau mate, chaude et parfaitement lisse — il n'a pas un seul poil sur le torse. Je fais glisser le tissu de ses épaules musclées. Ensuite, je descends vers sa ceinture. Mes doigts tremblent légèrement quand je déclenche la boucle métallique, baisse la fermeture éclair de son pantalon et l'aide à faire glisser l'ensemble le long de ses jambes, jusqu'à ce qu'il se retrouve entièrement nu devant moi.
Le souffle me coupe net.
Il est magnifiquement bâti, mais c'est son sexe qui attire et absorbe toute mon attention, me terrifiant autant qu'il m'hypnotise. Entièrement imberbe du pubis, il arbore une virilité monumentale : une verge exceptionnellement longue et épaisse, au repos mais déjà lourde, surmontée de couilles volumineuses et pleines qui pendent bas. Sa peau est tendue, et à la base même du gland, une petite perle transparente de liquide pré séminal miroite sous la lumière, prête à couler. Sa queue palpite imperceptiblement, comme si elle vivait de sa propre vie.
Morgan ne me laisse pas le temps de méduser davantage. Il recule d'un pas et s'allonge de tout son long au milieu du lit, les bras croisés sous sa tête, adoptant une posture d'attente à la fois souveraine et provocante.
— Voilà. Maintenant, c'est à toi, murmure-t-il, les yeux fixés sur moi avec une intensité brûlante. Déshabille-toi tout doucement. Prends ton temps. Je veux voir chaque centimètre de ta peau pour m'exciter encore plus.
Tandis que je commence à exécuter son ordre, un frisson violent me secoue. Je porte les mains aux boutons de ma chemise blanche cintrée et l'ouvre lentement, l'écartant de mes épaules pour exposer mon torse légèrement poilu. Je l'entends inspirer profondément.
Pendant que je fais durer ce strip-tease improvisé sous l'œil des caméras et le sien, Morgan commence à se toucher. Il glisse une main chaude et experte le long de son propre ventre, remonte pour se caresser fermement le torse, pinçant doucement ses tétons qui durcissent instantanément. De l'autre main, il empoigne sa lourde verge et commence à se branler par de longs mouvements lents et rythmés. Il se mord la lèvre inférieure, les yeux mi-clos, émettant de légers soupirs de plaisir qui résonnent dans la chambre et m'envoient des décharges d'électricité pure dans le bas-ventre.
Je continue de me déshabiller, fébrile : je fais glisser mon pantalon slim le long de mes jambes, révélant mon shorty blanc transparent qui colle à ma peau et dessine grossièrement l'énorme érection que je ne peux plus cacher. Je l'enlève à son tour, me retrouvant entièrement nu, offert, tremblant de tous mes membres.
— T'es magnifique, putain... souffle Morgan d'une voix rauque, en accélérant un peu le va-et-vient de sa main sur sa queue qui bande à présent à tout rompre, ruisselante de sueur et de sève. Maintenant, viens là. Mets-toi à quatre pattes sur moi, et montre-moi comment tu t'appropries ton gage.
Je reste pétrifié une fraction de seconde, le souffle court, avant de ramper lentement sur le matelas, m'agenouillant au-dessus de son corps brûlant, totalement captif de cette spirale érotique dont je ne peux plus sortir.
Je suis à genoux au-dessus de lui, le souffle court, luttant contre les derniers remparts de ma pudeur, quand Morgan met fin à mes hésitations. D'une main ferme et autoritaire, il m'attrape soudainement par la nuque. Avant que je puisse esquisser le moindre mouvement, il tire sur mes cheveux pour plaquer ses lèvres contre les miennes.
Son baiser n'a rien de tendre ; il est d'une fougue brute, possessif, écrasant. Sa langue pénètre immédiatement dans ma bouche, cherchant la mienne avec une voracité qui me coupe instantanément le sifflet. Il m'embrasse à pleine bave, avec une intensité carnassière qui me fait tourner la tête. La salive se mélange, coule le long de mon menton, tandis que ses doigts massent brutalement ma nuque pour me garder prisonnier de cet échange torride.
Lorsqu'il finit par rompre le baiser, il me repousse légèrement par les épaules, les yeux sombres, brillants d'un désir animal. Sa verge énorme pulse entre ses cuisses, ruisselante de sueur et de ce liquide pré séminal qui la rend luisante sous la lumière tamisée.
— Descends, souffle-t-il d'une voix rauque qui ne tolère aucune réplique. Suce-moi. Fais-moi voir ce que tu sais faire.
Mon estomac se noue, un frisson d'appréhension pure me secouant de bas en haut. C'est une première totale pour moi, une barrière que je n'aurais jamais cru franchir de ma vie. Je me laisse glisser sur les genoux, le long de son corps brûlant, et me positionne entre ses cuisses écartées.
Je tends une main tremblante pour effleurer cette masse impressionnante. Sa peau est brûlante, tendue à l'extrême. Je referme mes doigts autour de sa verge : elle est si épaisse que mon pouce et mon index ne parviennent pas à se croiser, et sa lourdeur me fait haleter. Je lèche une première fois le gland, tremblant de tous mes membres. Le goût salé et musqué me frappe de plein fouet, m'enflammant le palais.
— Allez, ouvre grand, grogne Morgan en posant sa main lourde sur le sommet de mon crâne.
Je m'exécute, ouvrant la bouche en grand, et avance timidement mes lèvres. Au début, c'est maladroit, hésitant. Je manque d'espace, mes dents accrochent légèrement la base de sa verge, ce qui lui arrache un grognement d'avertissement. Je cale mal ma respiration, manquant de m'étouffer sous le volume et la longueur de son sexe qui vient buter directement contre le fond de ma gorge. Des larmes d'effort perlent au coin de mes yeux.
Mais Morgan reprend le contrôle. D'une main experte placée derrière ma tête, il commence à imposer un rythme, guidant mes mouvements avec une autorité implacable.
— C'est ça... détends la gorge, putain, respire par le nez, me murmure-t-il pour m'encourager.
L'alcool, la pression des caméras et la soumission dans laquelle je m'enfonce finissent par court-circuiter ma cervelle. Je m'adapte. Je comprends comment moduler mes mâchoires, comment faire glisser mes lèvres le long de cet immense cylindre de chair chaude. Je commence à le sucer avec plus d'assurance, d'abord en faisant des va-et-vient réguliers, puis en aspirant goulûment le gland chaque fois qu'il s'enfonce au plus profond de ma bouche.
La bave abondante commence à mousser à la base de sa verge, coulant sur ses couilles lourdes et veloutées. À chaque poussée de son bassin, le bruit de mes baisers humides résonne dans la chambre silencieuse, amplifié par l'écho du matelas. Je sens la chaleur de son corps s'emballer, ses respirations se saccader, et le goût de son plaisir m'enivre au point de faire totalement oublier toute hésitation.
Soudain, d'un mouvement brusque, Morgan retire sa queue de ma bouche, me laissant haletant, les lèvres brillantes et bouffies de salive.
— Sur le ventre. Retourne-toi, ordonne-t-il, la voix altérée par le désir.
Je ne discute même plus. Je rampe sur le matelas et m'aplatis à plat ventre, avant de redresser mon bassin à sa demande, cambrant le dos et exposant mes fesses moulées dans le souvenir de mon shorty.
Avant que je ne comprenne ce qui m'arrive, une claque résonne violemment sur ma fesse droite.
— Pan !
Une douleur fulgurante et brûlante irradie instantanément sur ma peau, transformée en une vague de chaleur exquise qui me fait pousser un cri aigu. Morgan enchaîne immédiatement, me fessant à tour de bras, marquant chaque fesse de ses larges paumes, me punissant en rythme pour mon incompétence passée. Je me tortille sur le lit, gémissant sous les coups répétés qui font bander ma propre queue contre les draps.
— Tu as un cul magnifique pour ça, grogne-t-il en s'interrompant pour poser ses mains sur mes hanches. Écarte un peu plus les genoux.
Je m'exécute en tremblant. J'entends Morgan se déplacer derrière moi, et une fraction de seconde plus tard, je sens sa respiration brûlante se poser directement sur mon cul, là où je m'étais si soigneusement lavé à l'eau claire quelques minutes plus tôt.
Et puis, sa langue chaude et experte s'abat sur moi.
Un cri étouffé, un couinement presque animal, m'échappe de la gorge et résonne dans la pièce. Je n'ai jamais ressenti ça. Même lors de nos jeux avec Célia, jamais une sensation n'avait été aussi électrique, aussi invasive et délicieuse à la fois. Sa langue pénètre directement à l'intérieur de mon rectum, tourbillonnant avec une avidité vorace, léchant chaque pli, s'enfonçant profondément pour me manger le cul goulûment.
Je me cambre de tout mon long, mes mains agrippant frénétiquement les draps du lit, submergé par une honte abyssale qui cède immédiatement la place à une jouissance pure. Les coups de langue de Morgan sont précis, appuyés, mouillés. Il suce l'entrée de mon cul, y fait claquer sa salive, me dévore avec une telle intensité que mes jambes se mettent à trembler de façon incontrôlable.
Chaque passage de sa langue m'arrache des halètements de plus en plus forts, des petits couinements de plaisir honteux que je ne peux plus retenir. Ma queue, coincée entre mon ventre et le matelas, pulse à tout rompre, éjaculant déjà de fines perles de désir sur le tissu. Je suis complètement à sa merci, totalement retourné par ce corps d'homme qui me possède par tous les pores de la peau, sous l'œil invisible de ces maudites caméras qui, j'en suis certain, enregistrent chaque seconde de ma décadence.
Les coups de langue de Morgan continuent de me ravager, me poussant au bord d'une transe dont je ne contrôle plus le moindre recoin. Mes hanches se soulèvent de manière anarchique, mes doigts crispés déchirent presque le tissu des draps sous l'effet d'une surstimulation écrasante.
Soudain, Morgan stoppe son manège. Je sens sa masse lourde et brûlante se redresser au-dessus de moi, venant bloquer mon corps contre le matelas. Sa respiration est courte, rauque, saccadée, se mélangeant à la mienne dans un concert de halètements sauvages. Il se place entre mes cuisses, son torse moite collé contre mon dos, et vient presser le plat de son énorme verge palpitante directement contre l'entrée de mon rectum, juste là où sa salive vient d'achever de me lubrifier à saturation.
Il glisse une main puissante sous mon ventre pour m'arquer davantage, tandis que de l'autre, il agrippe fermement ma mâchoire pour tourner mon visage vers lui, m'obligeant à plonger mon regard embué dans le sien. Ses yeux sombres brillent d'une lueur féline, presque carnassière.
— Alors, Scott... souffle-t-il d'une voix basse, vibrante de désir et d'autorité, qui résonne au creux de mon oreille. Tu es prêt à te faire défoncer comme jamais ?
Mon cerveau implose. La honte, la peur, le regard invisible des caméras dans la pièce... tout vole en éclats, consumé par la fournaise qui me consume de l'intérieur. L'alcool, la soumission totale et le plaisir brut prennent le relais. À bout de souffle, les joues inondées de sueur, je lâche un cri rauque, presque animal, en me cambrant de tout mon long :
— Oui ! Putain, oui ! Vas-y, encules-moi direct, c'est trop bon !
À peine les mots ont-ils quitté mes lèvres que Morgan ne se fait pas prier. D'un coup de bassin d'une puissance inouïe, il pousse.
La sensation est instantanément cataclysmique. Son sexe gigantesque, d'une épaisseur folle et d'une chaleur incandescente, pénètre d'un seul bloc au fond de moi. La violence de l'impact me coupe le sifflet ; un hurlement étouffé m'échappe, mes yeux manquent de tourner dans leurs orbites tant l'étirement est immense, total, absolu. C'est un mur de chair qui s'engouffre dans mes entrailles, me remplissant à en faire éclater mes limites.
Morgan s'arrête une fraction de seconde, me laissant l'encaisser, sa respiration hachée se brisant contre ma nuque.
— Putain... t'es serré comme jamais, grogne-t-il de plaisir, la voix sourde. T'es un vrai régal...
Et il commence à bouger.
Les premiers va-et-vient sont lents, mesurés, calculés pour me faire apprivoiser ce volume hors norme. Chaque centimètre qui entre et qui sort m'arrache des geignements aigus. Mon corps se tend, puis, sous l'effet magique et pervers de la friction, la douleur fulgurante se métamorphose, se tord, bascule irrésistiblement dans une jouissance pure.
Morgan accélère la cadence. Son bassin vient percuter violemment mes fesses dans un claquement de chair sourd et rythmé qui résonne dans toute la chambre. À chaque coup de boutoir, sa verge épaisse vient frotter et ravager ma prostate avec une précision chirurgicale. Je perds totalement pied. Je me cambre au maximum, offrant mon cul avec une soumission obscène qu'autrefois j'aurais vomi, et qui m'enivre aujourd'hui jusqu'à la nausée.
— Oh oui... Oh putain, continue ! gémis-je en pleurant presque de plaisir, mes ongles griffant frénétiquement le matelas. Défonce-moi, Morgan ! Encore !
Morgan pousse de plus en plus fort, perdant lui aussi le contrôle. Ses grognements rauques se font plus fréquents, rauques et bestiaux. Il change de position en m'attirant par les hanches pour me basculer sur le dos, me forçant à écarter grand mes jambes. Nos regards se croisent de nouveau : ses yeux noirs brûlent d'une intensité folle tandis qu'il m'enfonce sa lourde masse avec une frénésie bestiale. Je le vois mordre sa lèvre inférieure, ses muscles saillants bandés par l'effort, son torse imberbe ruisselant de sueur se plaquant contre le mien à chaque poussée.
Il varie les angles, passant d'un rythme saccadé et profond à des mouvements circulaires vicieux qui me font couiner comme un animal. Je ne me touche même pas, mes mains sont ballantes, impuissantes le long de mon corps, mais le plaisir que procure sa pénétration me secoue de spasmes si violents que ma propre queue, dressée au zénith et tremblante, se met à pulser à un rythme frénétique.
— Regarde-moi, Scott ! Regarde comment tu prends ma bite ! hurle presque Morgan en plantant ses doigts dans mes cuisses pour m'écarter encore plus, m'offrant entièrement à ses coups de boutoir d'une profondeur sidérante.
Le va-et-vient devient frénétique, un tourbillon de sueur, de bave, de claquements de peaux et de cris étouffés. À chaque fois qu'il bute au fond de moi, une onde de choc électrique me traverse de la tête aux pieds, irradiant de mon bas-ventre jusqu'à mon crâne. Je suis au bord du précipice, le souffle court, les jambes désarticulées par l'épuisement et l'extase.
Soudain, une décharge fulgurante m'explose en plein visage. Sans qu'il n'y ait eu le moindre effleurement de ma main, ma verge s'emballe et libère un jet puissant, éjaculant en longs soubresauts sur mon propre torse, tandis qu'une vague d'orgasme d'une intensité stratosphérique me paralyse de tout mon long. Je jette la tête en arrière, les yeux révulsés, en poussant un cri de jouissance rauque et prolongé, complètement vidé, pantelant, secoué de spasmes irrépressibles.
Morgan, galvanisé par ma vue, par mon spasme et par le serrement convulsif de mes parois intérieures sur son sexe, pousse un grondement rauque et bestial. Il accélère encore ses coups, enchaînant les derniers assauts d'une violence inouïe, décidé à aller au bout de son propre plaisir, tandis que moi, gisant sur le lit au comble de l'épuisement, je sens qu'il n'a pas fini du tout.
La vision de mon propre orgasme étalé sur mon torse n'a même pas le temps de s'estomper que Morgan redouble d'ardeur. Galvanisé par mes tremblements, il change totalement de rythme, transformant ses assauts en une tempête aveuglante. Il me défonce encore plus fort, de manière presque bestiale, ses hanches frappant mon corps dans un vacarme de claquements humides et de respirations déchirées.
Soudain, dans un mouvement fulgurant, il extrait entièrement sa lourde verge de mes entrailles avant de la replonger d'un seul coup d'un seul, au plus profond de moi, jusqu'à la garde. Un hurlement de pur plaisir m'arrache la gorge, mes yeux se révulsent tandis qu'il déclenche le déluge.
— Putain... oui ! rugit Morgan comme un fou en cambrant son dos.
Il éjacule au fond de mon cul en expulsant des flots d'une quantité énorme, une sève bouillante et épaisse qui vient submerger mes parois intérieures et me remplir à ras bord, me brûlant délicieusement les entrailles. Ses grognements rauques vibrent contre mon corps alors qu'il vide chaque once de sa semence au cœur de mon être, secoué par des soubresauts d'une intensité rare.
Après de longues secondes suspendues hors du temps, Morgan se retire lentement. Un filet épais s'échappe de mon sexe arrière tandis qu'il se redresse au-dessus de moi. Je gît les yeux fermés, pantelant, totalement lessivé. Sans me laisser une seule seconde de répit, il attrape sa verge encore moite et lourde de notre étreinte et vient me la fourrer brutalement dans la bouche.
— Ouvre. Nettoie-moi ça, me commande-t-il d'une voix rauque et impérative. Suce-moi à fond, ne laisse pas une seule goutte.
Obéissant aveuglément, je m'exécute, aspirant goulûment les restes de son plaisir tandis qu'il me baise la bouche de sa queue, m'enfonçant le sexe entre les lèvres d'un mouvement rythmé et autoritaire. Pour couronner le tout, dans un geste de domination pure, il me met quelques légères claques de bite sur les joues, faisant tinter sa chair contre mon visage avant de se retirer enfin.
Il s'allonge lourdement à côté de moi sur le matelas défait. Dans un silence lourd, brisé seulement par nos souffles courts, il passe un bras protecteur et possessif autour de mes épaules, m'attirant contre lui, et m'embrasse tendrement sur le front puis sur les lèvres.
Il pose son front contre le mien, un sourire en coin étirant ses lèvres, et souffle d'une voix plus douce :
— Putain... Qu'est-ce que ton cul était bon, Scott. Déçu de ton gage ?
Je mets quelques secondes à retrouver l'usage de la parole, le regard perdu dans le vide, encore traversé par des frissons résiduels. Je tourne la tête vers lui et réponds, la voix brisée par l'émotion et l'épuisement :
— Non... Franchement, non. C'était même... le meilleur gage que j'aie eu de toute ma vie.
Dix minutes s'écoulent ainsi, suspendues dans la torpeur de la chambre. Puis, Morgan se redresse d'un bloc, étirant ses muscles noués par l'effort.
— Je reprendrais bien un verre, moi. Pas toi ?
Nous nous levons tous les deux, nus, couverts de notre sueur et des traces de notre ébat, et regagnons le salon. L'ambiance a radicalement changé ; la tension nerveuse et la peur des caméras se sont évaporées, remplacées par une complicité inattendue. Je vais machinalement vers le bar et sers deux nouveaux verres de whisky.
Loin des caméras cette fois-ci, alors que nous sommes installés sur les fauteuils, Morgan se lève de nouveau, complètement nu, sa longue queue lourde et légèrement endormie se balançant mollement à chaque pas. Cette vision m'hypnotise encore une fois. Il s'approche de moi, m'attrape brusquement la tête pour me plaquer contre son torse et m'embrasse goulûment.
— Je dois avouer un truc, murmure-t-il contre mes lèvres. C'est la meilleure baise que j'aie eue depuis une éternité.
Je rougis légèrement, mais assume pleinement en souriant :
— Moi aussi... Je n'aurais jamais cru aimer ça à ce point-là.
Après avoir bu notre verre en refaisant le monde et en riant de notre situation, Morgan décide de plier bagage. Il retourne dans la chambre pour récupérer ses vêtements et s'habille avec une efficacité décontractée. En se rapprochant de la porte d'entrée, déjà prêt à partir, il se retourne une dernière fois vers moi, glisse un petit morceau de papier sur la table basse de l'entrée et me décoche un sourire narquois :
— Je t'ai laissé ma carte de visite sur la table. Je suis sûr qu'on va se revoir, Scott.
Avant que je n'aie pu placer le moindre mot, la porte s'referme doucement derrière lui, me laissant seul au milieu du salon, le corps en feu, l'esprit totalement chamboulé.
Le silence de l'appartement est soudainement rompu par le grincement de la porte d'entrée et le cliquetis d'un trousseau de clés. Célia rentre enfin. Avant même que j'aie pu esquisser un mouvement pour cacher le désordre du salon ou effacer l'air distrait qui colle à ma peau, elle s'arrête net dans l'entrée. Son sac à main glisse le long de son épaule pour finir par tomber mollement sur le sol.
Ses yeux se posent sur moi, écarquillés, traversés par un mélange étourdissant d'incompréhension, de choc et d'une fascination inavouable. Elle s'approche lentement, s'effondre dans le fauteuil en face de moi et souffle, la voix littéralement coupée :
— Scott... J'ai tout visionné. J'ai revu chaque seconde sur les enregistrements. Putain... je... je suis stupéfaite. Je savais que le gage était corsé, mais ce que j'ai vu là-dedans... Je n'en reviens pas. Tu t'es transformé en une fraction de seconde.
Je baisse les yeux, le visage traversé par une rougeur honteuse mais le cœur étrangement léger. Je ne trouve pas la force de mentir, et au fond, je n'en ai même plus envie.
Quelques semaines s'écoulent après cette soirée qui a fait imploser toutes mes certitudes. Le quotidien avec Célia est devenu lourd, presque étouffant, teinté du poids de ce secret indélébile. Dans son dos, poussé par un besoin irrépressible que je ne contrôlais plus, j'ai fini par reprendre contact avec Morgan. Un simple message d'abord, puis une invitation, puis des moments volés hors du temps, loin des caméras et des jeux de rôle, dans la réalité brute de nos vies.
Les mois ont filé à une vitesse folle. Et un an plus tard, la vérité a fini par s'imposer d'elle-même : j'ai quitté Célia. J'ai fait mes valises, laissant derrière moi une histoire qui n'avançait plus, pour emménager avec Morgan, celui qui a tout bousculé.
Aujourd'hui, assis sur notre balcon à regarder le soleil se coucher, je repense à tout ce chemin parcouru, et une profonde sagesse m'envahit.
Au fond de soi, on sait toujours quand un couple est terminé. Peu importe les efforts qu'on déploie, les artifices qu'on invente ou les jeux audacieux qu'on essaie de mettre en place pour raviver une flamme depuis longtemps éteinte : on le sait au plus profond de son âme, mais on refuse de se l'avouer par peur du vide. On s'accroche aux souvenirs, on repousse l'inéluctable. Et puis, parfois, la vie se charge de bousculer nos trajectoires. En chemin, alors qu'on ne s'y attend pas du tout, on peut tomber sur quelqu'un que l'on n'aurait jamais pensé croiser, quelqu'un qui vient tout illuminer et balayer nos fausses certitudes. Il suffisait juste d'avoir le courage de traverser la tempête.
Fin.
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