Anaïs posa les boissons et les amuse-gueule sur la table. Il la regarda faire, un brin gêné, tout en la reluquant. Elle portait un short souple noir et un haut court blanc sous le tissu duquel ses seins libres frémissaient au rythme de ses pas. Elle feignit de ne pas remarquer son intérêt.
— Merci, dit-il avant de se servir.
— Je t'en prie. Régale-toi.
Il était presque dix-sept heures, moment idéal pour profiter de la terrasse ombragée et de l'air frais venant de l'océan. Dans leur dos, un jardin discret embellissait cet ancien corps de ferme rénové situé près de La Rochelle, à la campagne.
Tout en conversant, elle l'observa de nouveau. C'était la troisième fois qu'ils se voyaient depuis l'avant-veille, lors du rendez-vous hebdomadaire du club d'astronomie local. Elle s'y était incrustée. Bien lui en avait pris. Maîtrisant le sujet, il n'avait pas été difficile de lier connaissance.
L'étudiante l'avait alors testé. Approche douce avec bras qui effleure, main qui s'égare, doigt qui touche. Il avait sursauté en sentant sa poitrine presser légèrement contre ses omoplates, tandis qu'ils étaient penchés sur son télescope. Son malaise était palpable. Plus encore quand elle se mit à flirter. Il sentait le novice à trois kilomètres. Elle l'aurait parié. Mais il lui fallait en avoir le cœur net.
Une deuxième rencontre fut ainsi nécessaire. Dans un café du centre à l'ambiance feutrée, ils avaient parlé un très long moment, elle le dévorant de ses yeux perçants et marron foncé, lui répondant avec maladresse à son insistance. Rafael avait même dégluti, la gorge serrée, en sentant son pied glisser entre les siens, sous la table. Elle avait fait comme si de rien n'était. Il lui en avait su gré.
Peu après, il s'était laissé aller à la confession.
— Non, en fait, je n'ai jamais vraiment été en couple.
S'entendre répondre cela, même à voix basse, le sidéra.
— Pourtant, à la fac, les occasions ne manquent pas.
— Les filles ne me captent pas. Je suis invisible.
La jeune femme posa sa main sur la sienne.
— Moi, je t'ai capté.
Il avait senti son érection reprendre. Bien entendu, il ignorait si elle était sérieuse ou se payait simplement sa tête, car tout les opposait. L'étudiant n'avait rien pour lui et en était conscient. Assez petit, la dépassant à peine, il avait un visage banal, des yeux éteints, la peau pâle de ceux qui préfèrent les livres aux sorties entre amis, et était d'une maigreur suspecte ne pouvant plaire qu'à des fétichistes.
Étant de surcroît encore incapable de soutenir son regard. Pour elle, cependant, il était parfait. Les inexpérimentés, c'était son truc, un fantasme assouvi mille fois, en pensées et en actes, et dont elle redemandait. Toutefois, elle devait s'assurer qu'il lui avait dit la vérité. Les coureurs de jupons qui savaient y faire ne lui déplaisaient pas, au contraire, mais Anaïs n'aurait couché avec lui qu'à la seule condition d'être sa première. Se faire prendre, encore et encore, par le novice le plus improbable, le plus ignoré, le plus gauche, le plus laid qui soit, lui procurait une gratification, une satisfaction et un plaisir sans pareils.
C'était une sorte de paraphilie, chez elle. Sa singularité.
— Tu as déjà embrassé une fille ? lança-t-elle soudain.
Sa question le surprit, le laissant dans l'embarras.
— Pourquoi est-ce que tu voudrais savoir ça ?
— Parce que j'ai une envie folle de t'embrasser et, si c'est la première fois pour toi, alors je compte bien m'appliquer.
Il ne sut que répondre, et elle ne lui en laissa pas le temps. D'un bond, elle se leva, fondit sur lui, l'attrapa par le bras puis le poignet, et le força à la suivre, l'attirant vers l'intérieur. Un sur quatre. C'était la proportion de puceaux parmi les hommes de dix-huit ou dix-neuf ans. Un peu moins dans les grandes métropoles, un peu plus dans les campagnes et les petites communes. Cette statistique, l'étudiante la méditait chaque fois qu'elle longeait les pelouses bruyantes de l'université de La Rochelle, qu'elle déambulait sur les quais parsemés de jeunes promeneurs solitaires, ou qu'elle entrait dans une bibliothèque un samedi ; le terrain de jeu était vaste, les cibles potentielles innombrables.
Le jeune homme n'opposa guère de résistance. Nerveux, presque tremblant, il la scruta des pieds à la tête, et posa ensuite des mains agitées sur ses hanches, caressant son ventre nu de ses pouces tout en notant combien son corps était resserré au niveau de la taille, tel un sablier.
Elle le fixa, adossée au mur du vestibule.
— Donc, tu n'as jamais embr…
Il soutint enfin son regard.
— Non, jamais.
Après quoi il répondit à l'invitation et déposa un baiser sur sa joue, avant de glisser sa tête dans le creux de son cou. La jeune femme savoura l'instant. Il n'était pas maladroit. Très vite, Rafael lui fit à nouveau face, encercla son visage ovale de ses deux mains, et pressa sa bouche contre ses lèvres. Elles étaient douces, tendres, et à peine humides. Sans attendre, elle passa à l'action, entrouvrit les cuisses, le ramenant contre son entrejambes, un avant-bras ferme plaqué dans son dos, au niveau des vertèbres lombaires. Son bassin frottait contre le sien, tandis qu'il l'embrassait toujours, sentant son érection se maintenir comme jamais. D'une main experte, elle saisit son pénis à travers le tissu. Le choc fut à nul autre pareil. Quatre doigts fins et agiles comprimaient le membre à tour de rôle, produisant une sorte de vague, d'ondulation, du bas vers le haut, tandis qu'elle se servait de son pouce pour titiller le gland et son frein.
La respiration de son invité s'accéléra. Cette fois, il ne la quittait plus des yeux, leurs visages se touchant par moment. Elle le malaxa ainsi encore un peu et, soudain, il sentit un premier spasme. Anaïs ne s'interrompit pas, se mordilla la lèvre inférieure, et accéléra la cadence.
Il jouit vite, sans retenue, souillant son sous-vêtement, la joue collée contre la sienne et gémissant à son oreille. Preuve définitive que l'étudiant était puceau.
— Aucun doute, toi, t'es un vrai de vrai !
Elle le relâcha, repue de sa honte.
— Je suis vraiment désolé.
— Ne t'en fais pas, ce n'est rien. Va te doucher à l'étage, nettoie tes dents ; je te rejoins bientôt… Et ne te tripote pas.
Sa mine déconfite la fit sourire, sans cruauté. Elle le vit détaler d'une démarche étrange, espérant qu'il utiliserait sa brosse, encore dans son emballage, amenée par ses soins un peu plus tôt, comme elle l'avait exigé la veille. C'était son rituel. Chaque novice apportait une brosse à dents neuve qu'elle récupérait ensuite, quand il partait. Ainsi, chacun d'entre eux avait la bouche assez propre pour descendre à la cave.
Et l'étudiante de conserver un trophée de plus. Elle perçut le bruit délicat de l'eau provenant de la salle de bains, l'imaginant nu comme un ver. Pour l'avoir eu en mains pendant un temps, avant qu'il ne se lâche, elle savait qu'il était plutôt bien pourvu. Cela ne le rendait que plus attrayant.
À cette pensée, elle sentit le désir poindre. Elle avança en direction du salon, retira son haut court et le jeta sur le canapé, avant de faire de même avec le short. De dos, sa silhouette était saisissante. Mesurant un mètre soixante-sept pour cinquante-neuf kilos, la jeune femme était athlétique sans être pour autant musclée à outrance. Sa ligne d'épaule et la partie supérieure de son tronc évoquaient celles d'une nageuse professionnelle. La peau légèrement hâlée en cette saison et désormais pieds nus, elle marchait avec grâce, sans bruit, tel un chat, tandis que ses fesses rebondies et fermes semblaient glisser l'une contre l'autre à chacun de ses mouvements.
Elle enfila bientôt un maillot de corps d'homme. Il avait appartenu à l'une de ses nombreuses conquêtes, tout aussi inexpérimentée, avant de mieux la connaître, que le gonze qu'elle venait d'envoyer se doucher. Le vêtement couvrait ses hanches, descendant presque à mi-cuisses. Oui, il lui arrivait aussi de les aimer grands et forts.
Il lui vint enfin une idée. Elle gravit l'escalier menant au premier, progressa jusqu'à la salle de bains, et entra en silence, s'assurant que la brosse à dents de son hôte avait été utilisée. Le jeune homme se rinçait, le panneau de douche tiré. Sa pudeur incongrue la toucha et l'amusa à la fois, tandis que Anaïs discernait ses maigres contours à travers la vitre. Il frémit en la voyant pénétrer dans la cabine et banda fort quand l'eau frappa ses longs cheveux noir de jais, les plaquant sur cette espèce de chemise à manches courtes trop longue pour elle. Ses mamelons pointaient sous le vêtement de plus en plus trempé.
Elle considéra le membre dressé. Celui-ci était plutôt long, dans les seize centimètres, pour cinq de large. Bonne pioche, pensa-t-elle, avant de l'embrasser. Il se laissa faire, goûtant sa bouche, et quand elle eut fini, il la serra contre lui, ce qui ne fit que l'exciter davantage. Il la lâcha et l'étudiante désigna son maillot de corps.
— Déchire-le et sers-toi. C'est cadeau.
— Tu es sûre ?
Rafael se demanda s'il ne rêvait tout simplement pas. Hésitant encore, il se jeta alors sur les seins dissimulés par le tissu imbibé d'eau comme un crève-la-faim saisirait deux gros fruits mûrs à pleines mains. Il les manipula si fort qu'elle eut le sentiment de subir un examen médical. Toutefois, ce n'était pas désagréable. Pour lui non plus, bien sûr, car c'était la première fois qu'il touchait une femme de cette façon. Excitée à son tour, elle s'impatienta.
— Arrache-moi ça tout de suite !
Cette fois, l'étudiant ne se fit pas prier. Il ne réfléchit plus, saisit le tissu au niveau du sternum, et tira, trop fort, en deux mouvements opposés. La poitrine surgit tel un diable sortant de sa boîte, rebondissant. Elle fut étonnée, pour une fois, par son manque de retenue et cette relative violence, ce qui la fit saliver d'avance, mouillant davantage. Il saisit ses seins, le regard fou.
— Oh, putain ! Oh, putain, répéta-t-il.
Elle se retint de pouffer de rire. L'enthousiasme du puceau dans toute sa splendeur, vivant chaque instant avec passion, mu par le plaisir intense de la découverte, sans aucune comparaison, forcément, allant d'inédit en inédit, le tout allié à la corruption de l'innocence. C'était le fuel de sa paraphilie, de son fétichisme de l'inexpérience qui ne voulait pas dire son nom. Il avait dix-neuf ans, comme la jeune femme, mais agissait tel un gamin le matin de Noël, ouvrant ses cadeaux à la hâte, déchirant le papier sans aucun égard, ne sachant plus où donner de la tête.
Tout ça la rendait folle, et vulnérable. Le jeune homme mordilla la chair molle, elle chavira. À la suite de quoi il se pencha encore plus et suça l'extrémité de l'un de ses seins, tout en les pétrissant, la poussant jusqu'à ce qu'elle s'adosse à la paroi opposée de la cabine. De sa main droite, elle tourna le robinet et l'eau qui sortait du pommeau au-dessus d'eux se tarit. Mais elle décida de reprendre le contrôle, aimant être aux commandes, prenant plaisir à initier chacun des novices échouant entre ses mains, ou ses cuisses.
Il la sentit regimber, la laissant le refouler à son tour. Anaïs s'était totalement dégagée, écartant les bras de son partenaire, puis le couvrant de baisers dans le cou, sur le torse, le ventre. Il n'eut pas le cœur de l'arrêter en si bon chemin. Il la vit chasser une mèche de ses longs cheveux noirs qui devait la gêner, avant de sentir ses lèvres roses avaler son gland, repliant le prépuce, aspirant et serrant tour-à-tour.
Rafael s'étonna de la chaleur de cette bouche avide. Il ne se lassait pas de ces sensations nouvelles, réalisant, contre toute attente, ses fantasmes les plus brûlants, mais ici, c'était d'une tout autre magnitude. Elle l'engloutit d'une traite, percevant chaque relief, chaque veine, chaque courbure de ce sexe dressé et déjà palpitant. Sa posture l'obligeait à une légère contorsion mais elle en avait vu d'autres. Elle poussa jusqu'à la garde, remuant la tête, tandis que l'extrémité du pénis titillait la partie haute de son œsophage. Elle savait qu'il ne tarderait pas à jouir. À vrai dire, il n'eut même pas le temps de jouer avec ses cheveux, comme l'auraient fait tant de ses amants en pareil cas.
Il roula des yeux, gémissant, et déchargea sans prévenir. L'étudiante n'en perdit pas une goutte, alors que des jets chauds inondaient sa gorge. Elle déglutit à plusieurs reprises, en un bruit humide qui résonna dans la cabine. Quand ce fut fini, le novice remit l'eau et nettoya sa verge, avant de lui arracher ce qu'il restait de sa longue chemise à manches courtes.
Ils demeurèrent sous la douche une vingtaine de minutes. Elle l'incita à la savonner, sans rien faire, tâche dont son invité s'acquitta avec un grand sérieux. La pureté de ses gestes, le soin porté à son jeune corps la toucha une nouvelle fois. Elle remarqua combien ces mains aimaient palper ses seins généreux sans retenue. La seule idée d'être possédée par un camarade de jeu ne la méritant pas l'excitait au plus haut point. En effet, cela nourrissait ses propres envies et ses délires singuliers. Se taper un puceau, ou seulement s'afficher avec lui, était de nature à faire baver les mâles beaucoup plus expérimentés qui la désiraient et n'avaient pas l'habitude d'être ainsi délaissés. Mais il y avait autre chose qui la fascinait dans le fait de s'offrir à un débutant : nul homme n'oublie jamais sa première compagne.
Elle hanterait ainsi ses pensées jusqu'à la tombe. La jeune femme l'abandonna sans un seul mot, quittant la pièce, et rejoignit le salon, dans le plus simple appareil, puis se rhabilla avant de remonter discrètement dans sa chambre située à l'étage, à l'opposé de la salle de bains. Demain, il lui faudrait préciser à l'étudiant que leur lune de miel ne survivrait pas à la semaine. Il en serait sans doute attristé, ils l'étaient tous, mais le risque que s'installent des sentiments unilatéraux était bien trop grand. D'expérience, elle savait qu'il valait mieux fixer des limites claires dès le départ. Il n'en serait que plus déterminé à se dépasser, ce dont elle tirerait d'autant plus de plaisir.
Elle se servit à boire et attendit. Il ne tarda pas à reparaître. Montrant sa tête dans l'entrebâillement de la porte, il eut un bref moment de doute en découvrant l'endroit plongé dans une relative pénombre, les volets quasi mi-clos, hésitation vite dissipée dès que son regard se porta sur le lit où elle se trouvait.
C'est là qu'ils échangèrent pendant de longues minutes. Anaïs s'amusait de le voir tenter maladroitement de cacher son pénis en érection, tantôt à l'aide de son avant-bras, tantôt d'une main tremblante, tandis qu'elle l'écoutait. Inscrit lui aussi en licence d'histoire, le jeune homme était passé, non sans brio, en troisième année. De son côté, elle avait obtenu d'excellents résultats, auréolée d'une « mention Bien » jugée prometteuse. Ils avaient bien d'autres points communs, tel que les jeux vidéo et une prédilection pour le vin rouge.
Il ne se lassait pas de la dévorer des yeux. Elle arborait des traits expressifs et attirants se combinant en un visage de forme ovale des plus agréables, augmenté de pommettes hautes du plus bel effet. Il aimait aussi la manière dont sa mâchoire, douce mais définie, formait un angle presque masculin, son nez fin et droit digne d'un portrait d'impératrice byzantine, son teint chaud, légèrement hâlé par le soleil estival, et ses yeux capables de passer, en moins d'une seconde, d'un air innocent à une intensité incendiaire.
Puis, contre toute attente, il prit l'initiative. Elle le vit approcher de son visage et l'embrasser à pleine bouche, tout en cherchant à lui ôter son haut court. Et comme aucune résistance ne fut opposée, il atteignit son but. L'étudiante s'allongea sur le dos avec une lenteur suave, ses seins scrutant le plafond, libres de leurs mouvements, tétons durcis sous la lumière tamisée. Elle ne dit pas un mot, comme pour lui signifier de continuer. Rafael la défit de son short, alors qu'elle lui facilitait la tâche en soulevant un peu son bassin. Il fixa sa chatte rasée, bouche grande ouverte, le cœur battant si fort qu'il en percevait le bruit sourd dans ses oreilles. Son sexe, déjà raide à en faire mal, se dressa contre son ventre malingre.
Elle écarta faiblement les cuisses, et l'attira du regard puis de ses deux mains agrippées à ses épaules. Il se plaça entre ses jambes, le corps fébrile d'excitation et d'appréhension. Ses genoux osseux s'enfoncèrent dans le matelas de part et d'autre de ses hanches larges et féminines. Son membre entra en contact avec l'entrée humide de sa partenaire, tandis que la peau recouvrant son pénis rencontrait une tiédeur inattendue, une douceur glissante qui n'avait rien à voir avec la paume de la main qu'il utilisait d'ordinaire pour soulager ses envies, notant la présence d'un petit creux discret, presque indécent, invitation anatomique à l'exploration en profondeur.
Elle lui sourit, entrouvrant la bouche.
— Pousse doucement. Prends ton temps.
La sensation initiale le frappa tel un choc physique. Une chaleur quasi brûlante, beaucoup plus intense que tout ce que l'étudiant avait imaginé durant ses années de solitude. Ce n'était plus la pression sèche et contrôlée de ses doigts, ni la caresse froide de l'air sur un épiderme tendu. Non, c'était une enveloppe vivante, moite, qui se refermait délicieusement autour de lui dès le premier centimètre.
S'enfonçant un peu plus, il perçut une résistance douce mais ferme, une élasticité cédant progressivement. Puis il sentit le corps de son hôte adhérer, le serrer à la manière d'un fourreau trop étroit et pourtant parfaitement adapté.
La jeune femme était humide de désir, facilitant le premier voyage du novice en elle, tout en augmentant la friction. Avec précaution, il avança encore, avec une lenteur calculée, autant car il craignait de la blesser que parce que chaque mouvement menaçait de précipiter son orgasme. Ses bras s'agitaient déjà, d'excitation et sous le poids de son propre corps.
Elle était aux anges, surprise par la rigidité inhabituelle de son invité, plus ferme que nombre de ceux qu'elle avait connus. À la suite de quoi elle releva un peu les genoux, posa les mains sur ses omoplates décharnées pour l'encourager à poursuivre.
Anaïs se laissait porter par une sensation de remplissage lent, de pression s'installant centimètre après centimètre, sans précipitation. Elle se délectait du poids relatif de son corps au-dessus du sien, de la façon dont ses côtes saillantes appuyaient contre sa poitrine voluptueuse à intervalle régulier, du souffle tiède et rauque qui venait frapper son cou et son oreille.
Le jeune homme était désormais intégralement en elle. Le pubis collé au sien, les os de leurs bassins respectifs se touchant presque, une onde de plaisir le parcourut avec une telle intensité qu'il en ferma les yeux et retint un cri. C'était comme si son être entier s'était concentré en un point unique entre ses jambes athlétiques aux mollets galbés qu'il lui connaissait.
Il régnait dans cette chambre un parfum de fusion. La chaleur moite de la chair l'entourait de toutes parts, et les muscles de son amante se contractaient légèrement autour de lui, par réflexe, sans qu'elle le contrôle. Il demeura immobile durant plusieurs secondes, respirant fort par la bouche, luttant contre l'envie de décharger. Il avait l'impression d'être englouti, de fondre, de se perdre corps et âme. Son sang battait en elle, chaque pulsation amplifiée par le contact intime. La pression était constante, uniforme, étreinte sublime ne se relâchant pas.
L'étudiante remua le bassin et la friction nouvelle le fit gémir, avant que Rafael n'entame son tout premier retrait. Après quoi il replongea, perçant d'une satisfaction renouvelée. Le retour dans la chair fut encore plus intense, la chaleur l'accueillant encore, plus profonde, plus affirmée, plus resserrée.
Il répéta le même mouvement, maladroit. Elle trouva ses va-et-vient indécis, parfois trop rapides, parfois trop hésitants. Elle sentait toute la longueur. Certaines femmes en concevaient une grande gêne, mais pas elle. Sa présence, sa rigidité constante, le fait qu'il ne se relâchait jamais, même un court instant, la ravissait.
Peu à peu, elle sentait le plaisir croître en son bas-ventre. L'étudiant, lui, découvrait des nuances insoupçonnées lors de ses séances de masturbation. Ainsi, quand il touchait le fond de la gaine, il percevait quelque chose d'un peu plus doux, lisse, alors qu'une onde électrique remontait le long de sa colonne vertébrale, jusqu'à la base du crâne. Il avait aussi remarqué que seuls les premiers centimètres étaient enserrés par les parois, tandis que la partie plus avancée du vagin s'élargissait légèrement, avant de rétrécir à nouveau, à proximité du cervix.
Chaque rentrée figurait un nouveau choc, sentant la chatte de la jeune femme le retenir davantage, l'aspirant presque à chaque retrait, le faisant frissonner de la nuque aux orteils. L'odeur de leurs peaux mêlées, un brin salée et musquée, le son humide et constant de leurs corps respectifs s'unissant un peu plus étroitement, le goût de ses lèvres quand il l'embrassait, empressé, tout s'ajoutait à la surcharge sensorielle.
Elle savait que le jeune homme avait peur de ne pas tenir très longtemps, le voyant ralentir, mais en décida autrement. Au lieu de cela, elle caressa son dos, l'encouragea en murmurant à son oreille, et resserra ses cuisses autour de sa taille, juste assez pour se rappeler qu'il était un instrument encore mal maîtrisé mais déjà puissant, d'une ferveur brute qui la touchait beaucoup plus que bien des techniques expertes.
Car elle aimait son regard lorsqu'il la pénétrait jusqu'à la matrice, joli mélange de stupeur, de concentration et de bonheur intense de celui qui arpente un nouveau continent. Prise à son propre jeu, elle serra encore plus les jambes, ce qui eut pour effet de l'enfoncer plus profond que jamais.
Anaïs soupira, excitée, tout en remuant ses hanches. Elle le sentit, dur comme de l'acier, tanguer dans la gaine, pressant les parois, étirant la chair. Il s'arrêta presque de respirer. Elle relâcha sa prise, et resserra à nouveau. Pour un peu, il jouissait. Il s'en était fallu d'un rien, mais ce n'était que reculer pour mieux sauter. Elle relâcha une énième fois, avant de le serrer plus fort. Son clitoris criait grâce, alors qu'à chaque contraction, Rafael s'empalait sur le col, percevant que la base de son membre était désormais étranglée par un véritable étau de chair humide et chaude.
Elle accéléra le rythme, leur arrachant un gémissement. L'étudiante vit la tête de son partenaire se blottir dans le creux de son cou. Il jouit dans un long râle, et elle continua de plus belle, décuplant son propre plaisir. À chaque fois qu'elle resserrait ses cuisses sur sa taille, un jet bouillant inondait son intérieur, bien décidée à le vider.
Sa propre respiration s'accéléra et elle jouit à son tour. Il se nourrit du plaisir qu'il lui donnait, et le sien explosa, atteignant des sommets. Sa queue glissait toujours, bien que la prise en tenailles soit presque douloureuse. Elle serra et desserra son étreinte jusqu'à plus soif. Quand ils n'en purent plus, il la mordit par réflexe, et la jeune femme s'arrêta, surprise par l'intensité de son orgasme. L'étudiant allait se retirer quand elle l'en empêcha.
— Non, reste dedans. Tu peux rebander sans sortir.
Il lui demanda, toujours essoufflé, comment s'y prendre. Puis elle croisa les chevilles dans le bas de son dos, ce qui l'obligea à rester au plus profond, à peine moins rigide qu'une minute plus tôt. Il demeurait plaqué contre elle, tremblant, incapable de bouger, le souffle quasi coupé, la bouche ouverte posée sur son épaule. Sans tarder, elle remua les hanches, afin qu'il reprenne son érection, sachant qu'un homme encore puceau une heure avant banderait plus fort ensuite.
Il sentait sa propre semence le baigner à l'intérieur. Anaïs faisait lentement onduler son bassin, crescendo, ce qui provoquait chez le jeune homme de précieuses secousses de plaisir, tandis qu'elle sentait déjà sa chatte se tendre à sa base. De nouveau opérationnel, il se remit à son tour en mouvement, la limant avec un peu plus d'assurance. Elle lui abandonna les commandes, curieuse de voir ce qu'il en ferait.
Ce n'était pas le puceau le plus maladroit du mois. Elle rêva aux trois jours pleins qu'il leur restait, à tout ce qu'ils pourraient partager. Il la regarda droit dans les yeux, scrutant le moindre signe, sur son visage, trahissant le plaisir. Quelque chose avait changé en lui. Il le sentait, chacun d'eux le savait, tant c'était palpable. Dimanche soir, elle lui murmurerait à l'oreille ces mots cent fois répétés avant lui, sans crainte d'être démentie un jour : « Tu ne m'oublieras jamais. »
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