Inspiré du réel
Bi
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Entre rêve et réalité... — Chapitre 1 · Premier rendez-vous
Autrice
Entre rêve et réalité...
Chapitre 1 · Premier rendez-vous
C'est décidé, je fais le grand saut. J'ai un problème, enfin je crois, pas sûr.
Autant en avoir le cœur net, donc je me lance et contacte un sexologue pour en parler. Après avoir pris contact et convenu d'une date de rendez-vous, évidemment, je stresse mais rien d'anormal, quoique.
Je ne sais pas comment cela va se passer et j'appréhende forcément, quoi qu'il en soit, on verra bien.
Jour J. Je me rends au cabinet et patiente dans la salle d'attente. Pas de secrétaire, pas d'autres patients, je suis seul dans cette belle pièce, bien décorée et lumineuse. J'ai peur. La porte s'ouvre et mon cœur rate un battement. Le docteur me fait entrer dans son bureau et je m'installe en face de lui.
Qu'est-ce que je fais là ? J'ai envie de partir.
Le temps semble interminable et puis, il me dit enfin :
Le temps semble interminable et puis, il me dit enfin :
— Bonjour, je suis le docteur Wirex et je suis sexologue depuis une dizaine d'années. Mes pratiques reposent sur...
Je ne l'écoute même pas ou pas totalement, jusqu'à ce qu'il me demande de me présenter. Et là, je bloque. Je stresse. Je rougis sans doute et puis, finalement, je me lance :
— Bonjour. Je m'appelle Marc. J'ai la quarantaine, célibataire, sans enfants.
— Très bien, Marc. Puis-je savoir la raison de votre venue chez un sexologue ?
J'hésite. Je devrais m'excuser et partir. Non.
Je me lance :
— Oui... Je crois, même je suis sûr que je suis addict à la pornographie. Sans dire que je ne pense qu'à ça mais je peux en regarder plusieurs fois par jour et me... enfin vous voyez.
Je dois être plus rouge que la tomate la plus mûre du potager. Je tremble mais je ne remarque aucune réaction de sa part. Plutôt, aucun jugement. Il est là, à me regarder et à prendre des notes. Après tout, il doit être habitué à entendre toutes sortes d'histoires.
— Je vois. Vous savez, Marc, admettre que l'on a un souci, c'est déjà le début de la guérison. Pourrais-je savoir les circonstances ? Qu'est-ce qui vous pousse à regarder ces vidéos ?
— Je ne sais pas. Disons que ce n'est pas un "besoin", plus une envie. Parfois, je m'ennuie, alors j'en regarde.
Me sentant un peu plus à l'aise, je poursuis. Mais ce n'est pas tout. Je baisse les yeux et poursuis :
— Je ne sais pas. Disons que ce n'est pas un "besoin", plus une envie. Parfois, je m'ennuie, alors j'en regarde.
Me sentant un peu plus à l'aise, je poursuis. Mais ce n'est pas tout. Je baisse les yeux et poursuis :
— J'ai ce fantasme depuis, je ne compte même plus. Quand je regarde une vidéo, disons que je m'imagine souvent, voire quasiment tout le temps, à la place de la femme. Je ne sais pas, mais c'est bizarre. Je ne pense pas être gay ou autre, mais...
Mince, j'en dis trop. Je m'arrête et n'ose pas lever les yeux vers lui. Plus un mot. Le silence remplit la salle. Et puis zut. Si je n'en parle pas à un spécialiste, à qui pourrais-je en parler ? Alors, je continue :
— Enfin voilà. Quand je regarde les vidéos, j'imagine faire les choses que les femmes sont en train de faire. Dans ma limite anatomique évidemment. Je regarde principalement des vidéos de fellations et de sodomies et là, j'imagine être à la place des femmes. Comme je vous l'ai dit, je ne pense pas être "gay" et je n'ai jamais regardé un mec en pensant quoi que ce soit de sexuel ou d'amoureux... mais en regardant les vidéos, j'imagine des "trucs". Pourquoi ?
— Et que ressentez-vous en vous imaginant à la place de ces femmes ? Êtes-vous excité ?
— Oui, dis-je, rougissant encore plus.
— Oui, dis-je, rougissant encore plus.
— Et qu'est-ce qui vous excite ?
— Je ne sais pas. Je crois que c'est... je marque une longue pause pour enfin lâcher, à peine audiblement :
— Je crois que c'est voir le sexe d'un homme en érection. Est-ce que je suis normal ?
— Eh bien... Je le vois noté.
Que note-t-il ? Suis-je bon à enfermer ?
Et puis, il reprend enfin la parole :
Que note-t-il ? Suis-je bon à enfermer ?
Et puis, il reprend enfin la parole :
— Ce n'est pas une question de normalité. Vous savez, certaines choses, et surtout sexuellement, peuvent être "normales" pour certains et "anormales" pour d'autres. Mon rôle et mon métier, ce n'est pas de coller une étiquette aux personnes qui viennent me voir, mais de les aider à se sentir mieux. Je cherche à comprendre avant de donner un diagnostic.
Et puis, il reprend ses notes. C'est étrange, mais sa réponse me soulage d'une certaine façon. Aucun jugement. Et je dois l'avouer, je me sens plus libre. Sans même attendre, je décide de continuer à dire ce que j'ai sur le cœur avant de ne plus en avoir le courage ou la force.
Et puis, il reprend ses notes. C'est étrange, mais sa réponse me soulage d'une certaine façon. Aucun jugement. Et je dois l'avouer, je me sens plus libre. Sans même attendre, je décide de continuer à dire ce que j'ai sur le cœur avant de ne plus en avoir le courage ou la force.
— Je suis travesti aussi. Enfin. Travesti amateur, voire même très, très amateur.
Je sens ses yeux se lever. Moi ? Je ne le regarde toujours pas, mon regard fixé sur le sol et le tapis.
— Travesti amateur, dites-vous. Que voulez-vous dire par là ?
Les yeux toujours rivés entre mes chaussures, je réponds :
— Disons que, je me "déguise" en quelque sorte. J'aime me "déguiser" en femme. Robes, jupes, vestes, pantalons, j'aime sentir ces vêtements sur moi et, je ne sais pas, marcher, m'asseoir, poser avec, juste "comme ça".
— Des sous-vêtements aussi, d'autres accessoires éventuellement ?
— Oui et non. Sous-vêtements ? Oui. Et j'adore. C'est hallucinant les différents sous-vêtements qu'il existe pour femme. Culotte, string, tanga, shorty... Et sans parler des matières... Et puis, les chaussures aussi. J'en porte aussi, du moins, j'en portais, essentiellement avec talons, dans le genre : bottines, escarpins, stiletto...
Je me sens un peu plus libre. J'énumère les styles comme si j'étais dans le domaine de la mode, alors que, pour être totalement honnête, je n'y connais absolument rien :
— Parfois, je porte aussi des perruques, vous savez, les mauvaises perruques synthétiques. J'ai aussi eu des bijoux : colliers, bracelets, montres, etc. Je dirais que ça rajoute un peu de réalisme. Par contre, je ne me maquille pas.
— D'accord. D'accord, me coupe-t-il gentiment. Et quand cela a-t-il commencé ?
— Parfois, je porte aussi des perruques, vous savez, les mauvaises perruques synthétiques. J'ai aussi eu des bijoux : colliers, bracelets, montres, etc. Je dirais que ça rajoute un peu de réalisme. Par contre, je ne me maquille pas.
— D'accord. D'accord, me coupe-t-il gentiment. Et quand cela a-t-il commencé ?
— Je dirais à l'adolescence. Je me revois encore piquer des fringues de ma sœur dans son dos. Elle avait une variété d'habits hallucinante et ne se rendait compte de rien quand je faisais une "descente" dans son armoire. J'ai passé des mercredis après-midi et autres samedis/dimanches à dévaliser son dressing et à faire mes petites séances de "transformisme" dans ma chambre.
— Et que ressentez-vous à ces moments-là ?
— Du stress. Parfois même de la honte. Mais surtout un plaisir immense. Je ne veux pas dire une excitation sexuelle, mais une sensation de bien-être. Je ne sais pas, mais j'ai l'impression qu'à ce moment-là, je suis une autre personne et, honnêtement, j'aime ça.
— Une autre personne, nous y voilà. On dit souvent, à tort ou à raison, que tout homme a une part de féminité en soi. Parfois, certains plus que d'autres et certains décident de la laisser s'exprimer. Ce n'est pas aussi rare que ce que l'on pense.
— Je comprends et je le savais plus ou moins. Mais ce que je ne sais pas, c'est pourquoi ?
— Pourquoi ? Les raisons sont nombreuses. Stress, sensibilité, surcharge, et bien d'autres. Je ne suis pas apte à répondre à cette question, pas encore, par contre, ce qui m'intrigue, si je peux me permettre, c'est que dans votre cas, votre "féminité" semble aussi prendre le pas sur votre "sexualité". D'ailleurs, parlons un peu de votre sexualité, voulez-vous ?
— Pourquoi ? Les raisons sont nombreuses. Stress, sensibilité, surcharge, et bien d'autres. Je ne suis pas apte à répondre à cette question, pas encore, par contre, ce qui m'intrigue, si je peux me permettre, c'est que dans votre cas, votre "féminité" semble aussi prendre le pas sur votre "sexualité". D'ailleurs, parlons un peu de votre sexualité, voulez-vous ?
— Je dirais que j'ai, enfin, j'ai eu, une sexualité banale. À vrai dire, il ne se passe plus grand-chose depuis que je suis célibataire, ce qui date d'une dizaine d'années maintenant.
— Pour que les choses soient claires, et, encore une fois, il n'y a aucun jugement dans mes questions. Vous voulez dire que vous n'avez pas eu de relations sexuelles depuis dix ans ?
— Oui.
— Cela vous manque ?
— Oui et non. Je n'ai jamais été à l'aise avec le sexe. Je ne sais pas comment dire mais je pense, que je me mettais trop de pression. Disons que j'accorde plus d'importance au plaisir de mon partenaire qu'au mien. J'hésite un bref instant et :
— Disons que si je ne jouis pas, ce n'est pas très grave si mon partenaire a pris du plaisir. Je préfère même quand c'est dans ce sens que dans l'autre.
— Je vois. Vous privilégiez le plaisir, voire la jouissance de l'autre. Une chose qui me semble importante, cela dit. Vous avez dit "mon partenaire" et non "ma partenaire", une erreur ?
Je recommence à rougir et à avoir le cœur qui accélère. Une erreur ? Possible. Mais non. Dois-je lui dire ? Tout lui dire ? Après tout, je suis là pour ça.
Je recommence à rougir et à avoir le cœur qui accélère. Une erreur ? Possible. Mais non. Dois-je lui dire ? Tout lui dire ? Après tout, je suis là pour ça.
— Oui et non. Mes relations avec les femmes étaient somme toute plutôt normales mais... j'ai aussi eu deux relations avec des hommes. Enfin, si on peut appeler ça des relations.
— Que voulez-vous dire par là ?
— Que voulez-vous dire par là ?
— Je…
Le regard ancré dans le sol…
il y a quelque temps maintenant, un soir, sans doute un peu pompette ou je ne sais quoi, j'ai pris rendez-vous avec un homme et on s'est rencontrés dans une forêt près de chez moi. Pour faire court, je ne le connaissais pas, ni son prénom, ni son âge et... je baisse encore la tête comme si c'était possible et ajoute :
— Et je l'ai sucé.
— Autre chose qu'une fellation ?
Le regard ancré dans le sol…
il y a quelque temps maintenant, un soir, sans doute un peu pompette ou je ne sais quoi, j'ai pris rendez-vous avec un homme et on s'est rencontrés dans une forêt près de chez moi. Pour faire court, je ne le connaissais pas, ni son prénom, ni son âge et... je baisse encore la tête comme si c'était possible et ajoute :
— Et je l'ai sucé.
— Autre chose qu'une fellation ?
— Non. Pendant que je le... enfin, pendant. Il s'est mis à me caresser les fesses et cela m'a surpris. Je lui ai donc dit que non, on ne touche pas mes fesses. Et là, je ne sais pas pourquoi, il s'est rhabillé et est parti. Je suis resté comme un con à genoux pendant que sa voiture redémarrait sans trop comprendre ce qu'il venait de se passer.
— Ah. Et pour le deuxième ?
— Pareil. Je veux dire, je ne connaissais ni son prénom, ni son âge, ni rien. On a pris rendez-vous sur un site et on organisait une rencontre. Comme la première fois, je portais un soutif et une culotte sous mes habits de "mec" et j'ai attendu que le gars arrive pour me changer rapidement. J'ai rempli le soutif et j'ai mis une robe et une perruque nulle. En plus, on ne voyait pas grand-chose, de nuit, en forêt. Le gars s'est approché et je me suis retrouvé à genoux.
Je repense à cette scène, bien plus fraîche dans ma tête que la précédente :
Je repense à cette scène, bien plus fraîche dans ma tête que la précédente :
— Je suis donc à genoux et lui, sort son sexe... mou. Je le prends en bouche et commence à faire ce que, je pense, le fera grossir. Je ne sais plus combien de temps cela dure, mais moins de dix, même pas, cinq minutes. J'ai donc son pénis flasque en bouche, le gars bande pas, mais je continue à "m'appliquer". Et là... un... deux... je ne compte plus les jets qui envahissent ma bouche et, à l'heure actuelle, je ne sais toujours pas pourquoi, mais, j'ai avalé. Le gars s'en va et je reste à genoux, en pleine forêt.
Je me rends compte que pour le coup, j'en ai dit plus que ce que j'aurais dû, je me tais donc, observant, du coin de l'œil la réaction du docteur.
— Et qu'avez-vous ressenti une fois qu'il est parti ?
— J'ai eu honte, j'étais écœuré et dégoûté. Mais une part de moi a été déçue. J'ai voulu essayer ce fantasme de sucer une grosse... un gros pénis, et je me suis retrouvé avec ce truc tout mou et expédié en moins de cinq minutes. Avec le recul, j'aurais certainement préféré plus.
— Plus ? C'est-à-dire ? Un autre fantasme en particulier ?
À ce moment précis, je sens l'atmosphère devenir étrange. Je ne saurais l'expliquer mais il ne prend plus de note et s'est redressé sur son siège.
De plus, je ne regarde toujours pas directement, trop honte, mais je vois sa main se poser entre ses cuisses et, je ne sais pas si j'hallucine ou autre, mais il semblerait bien qu'une bosse se soit formée sous son pantalon. Est-ce le changement d'ambiance, sa position, sa "bosse" ? Aucune idée, toujours est-il que je me sens de plus en plus libre de parler.
— Un ? je ris mentalement Vous vouliez dire beaucoup, non ? Après, je sais que certains fantasmes doivent rester des fantasmes. Ceci dit, j'aimerais renouveler l'expérience mais à ma façon cette fois-ci, et surtout, avec une personne de confiance. Je ne parle pas d'un proche ou un ami, mais une personne qui sait se montrer à la fois douce et autoritaire, d'une certaine façon.
— Et, admettons que vous rencontriez cette personne. Comment imagineriez-vous la suite ?
— Une discussion pour commencer. Non pas en face à face, je suis bien trop timide et j'aurais honte d'en parler de vive voix, mais à l'écrit, par sms, messages ou autres. On se livrerait sans tabou sur nos envies et désirs. Je lui dirai que j'aimerais être travesti pleinement. Ensemble, on choisira mes tenues, accessoires, perruques et tout le reste. Je pourrai participer aux frais évidemment et, je l'avoue, j'ai toujours aussi eu ce fantasme de porter une poitrine. Je repense à mes essais plus ou moins concluants. Ces fois où je remplissais mes soutifs d'essuie-tout, de petits melons et de ballons remplis d'eau (le plus concluant).
— Je m'imagine porter une de ces prothèses amovibles, vous savez, celle qu'on enfile comme un tee-shirt à même la peau et qui est agrémentée d'une paire de seins, plutôt réaliste. Ensuite, j'opterai pour une robe décolletée et un collier qui viendrait se perdre entre...
TOC ! TOC ! TOC !
— Excusez-moi, vous êtes là ? dit une voix de l'autre côté de la porte. Le docteur se redresse (et sans le vouloir ou peut-être que si, je regarde sa bosse qui ne saurait mentir), se lève et se dirige vers la porte. Je les entends à peine murmurer mais je comprends que mon rendez-vous a duré plus que l'heure prévue et que le patient, celui qui vient de taper à la porte, était surpris du retard.
Le docteur s'excuse et lui demande de patienter encore un peu, le temps de finir l'entretien. Il revient s'asseoir :
— Excusez-moi mais il va falloir mettre un terme à cette séance. Enfin, je veux dire, faire une pause. Nous avons abordé certaines choses et j'espère que nous pourrons poursuivre cet entretien dans un prochain jour.
— Oui, bien sûr. Après avoir échangé quelques formalités et fixé un nouveau rendez-vous pour la semaine suivante, je sors du cabinet et me dirige à ma voiture. Je ne saurais dire comment je me sens, en tout cas, mieux, bien mieux que je ne l'aurais cru.
Je reste un petit moment sur le parking à repenser à ce que je viens de dire à un parfait inconnu et, pour une fois, je ne ressens pratiquement aucune honte, juste un sentiment de libération.
Deux jours avant le prochain rendez-vous, je reçois un sms du docteur Wirex :
> Bonjour docteur. Je confirme mon rendez-vous et... j'ai hâte d'en savoir plus sur les surprises que vous me réservez.
Je n'ai aucune idée de quel genre de "surprise" il pourrait s'agir mais une chose est sûre, j'ai hâte de mon prochain rendez-vous.
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