Une collègue pour le moins... surprenante
La porte du bureau claque derrière moi, et le silence de l’étage me tombe dessus d’un coup. Je suis chef de projet, Aurélie aussi, et on partage ce bureau depuis deux ans — deux bureaux face à face, deux écrans, une armoire métallique pleine de dossiers qu’on n’ouvre plus, et cette odeur de vieux parquet qui remonte dès qu’il fait chaud. L’immeuble est ancien, avec des murs épais, des portes pleines, pas de fenêtre sur le couloir. Quand la porte est fermée, on n’entend rien de l’extérieur, et l’extérieur n’entend rien de nous.
Vous décrire rapidement Suzane ? C’est une jeune femme d’à peine trente ans, brune jais avec de longs cheveux, un regard bleu ciel acéré et vif. Son style vestimentaire est plutôt très habillé en général : tailleurs, chemisiers blancs, pantalon ou jupe selon l’envie, toujours dans des couleurs assez sombres. Malgré ses jolies formes, elle est assez pudique.
La réunion a duré plus longtemps que prévu. Je descends l’escalier, mon téléphone vibre dans ma poche. Suzane : Où es-tu ? Je réponds en marchant : Dans cinq minutes. Elle met un petit cœur, ce qui n’est pas du tout dans son habitude.
Je remonte l’escalier, mon PC portable sous le bras, la chemise légèrement froissée. Le couloir est vide. Je pousse la porte du bureau sans frapper, comme toujours.
Et je m’arrête net.
Suzane est assise dans son fauteuil, le dos incliné en arrière, les jambes relevées et écartées, les genoux calés sur les accoudoirs. Sa jupe est remontée sur ses hanches. Sa culotte a glissé sur le côté, ses doigts s'affairent entre ses cuisses, lents, minutieux, mouillés. Elle ne sursaute pas. Elle me regarde droit dans les yeux, fixement, les lèvres entrouvertes.
— Entre, dit-elle. Ferme la porte.
Je reste sur le seuil, la main encore sur la poignée. Le bruit du couloir, le cliquetis d’un clavier quelque part, la rumeur lointaine de l’open-space du dessous — tout ça paraît soudain très loin, et très proche en même temps.
— Suzane…
— Ferme la porte, répète-t-elle.
Je la ferme. Le déclic résonne dans le bureau silencieux. Je pose mon PC sur mon bureau sans la quitter des yeux. Ses doigts ralentissent, remontent, s’attardent. Elle a les joues rouges, le souffle court, mais pas un tremblement. C’est calculé. Elle attendait ça.
— Qu’est-ce que tu fais ? je demande.
C’est une question idiote. Je le vois très bien ce qu’elle fait. Sa chatte ouverte, luisante, ses petites lèvres écartées sous ses doigts, le bout de son majeur qui frôle son clitoris gonflé. Je vois aussi la tache sombre sur le tissu de sa culotte. Je vois une femme qui se caresse dans notre bureau, un mercredi après-midi, pendant que le reste de l’entreprise continue de tourner tranquillement derrière la porte.
— Je pensais à toi, dit-elle.
Sa voix est rauque, un peu moqueuse aussi. Elle ajoute :
— Depuis le temps que j’y pense.
Elle écarte un peu plus les genoux. Le fauteuil grince. Elle laisse sa main glisser, puis elle replie deux doigts et les enfonce lentement dans son sexe, sans cesser de me fixer. Le bruit est discret, mais dans le silence du bureau, je l’entends. Le bruit de ses doigts qui entrent et sortent d’elle.
— Suzane, dis-je encore, et cette fois son nom ne sonne plus comme une protestation.
Elle sourit.
— Tu vas rester debout à me regarder, ou tu vas venir m’aider ?
Je ne bouge pas tout de suite. Je devrais penser à la porte fermée mais pas encore verrouillée, aux collègues qui peuvent passer dans le couloir. Mais justement : pas de fenêtre de porte, pas de couloir visible. Personne ne voit à l’intérieur. Et elle le sait. Elle a pensé à tout.
Elle retire ses doigts, les lève à hauteur de sa bouche, les suce un à un, sans me quitter des yeux. Puis elle tend la main vers moi, les doigts encore brillants.
— Viens ici.
Je fais deux pas vers elle. Mon pantalon est déjà beaucoup trop serré. Elle écarte une jambe du fauteuil, me laisse approcher doucement entre ses cuisses. Son genou frôle ma hanche. L’odeur monte : celle de son sexe, douce, chaude, entêtante, envoûtante. Elle attrape alors ma main et la pose entre ses jambes, à la place de la sienne.
— J’ai commencé, dit-elle. Termine maintenant ! Le ton est sans appel.
Je glisse alors mes doigts contre elle puis en elle. Elle est brûlante, ouverte, trempée. Elle laisse tomber sa tête en arrière quand j’appuie sur son clitoris, puis elle pousse un petit gémissement, les dents serrées.
— Doucement, murmure-t-elle. Fais-moi monter. On a un peu de temps.
Je ralentis le mouvement, forme un cercle lent, patient, du bout des doigts. Ses hanches ondulent à peine, pour retrouver le contact, s’en nourrir. Elle mord son poing pour étouffer un soupir. Ses jambes se resserrent autour de ma main, puis se rouvrent, comme une respiration.
— Plus fort, souffle-t-elle.
J’appuie davantage, la regarde se tordre, les paupières closes. Son ventre se creuse, ses cuisses tremblent. Elle attrape mon poignet, guide, corrige, exactement comme elle dirige nos réunions, sauf qu’ici, rien n’est protocolaire. Je l’entends qui approche, son souffle se raccourcit, son corps se bande, se tend, et puis elle se brise contre mes doigts, un cri étranglé dans la gorge, le dos arqué hors du fauteuil.
Je retire ma main lentement. Elle reste un instant immobile, le souffle rauque, puis elle rouvre les yeux, me regarde avec ce sourire que je connais pour l’avoir vu au-dessus d’un dossier, toujours du même côté.
— Voilà, dit-elle.
Elle rajuste sa jupe, se lève, s’approche de la porte. Elle tend les doigts, les glisse dans ma ceinture, tire une boucle. Puis elle s’arrête, la main sur la poignée, le visage tourné par-dessus l’épaule.
— À demain, à la même heure. Et cette fois-ci, ce sera à mon tour.
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