Céleste — Chapitre 3
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La voix de Nelly séduit d'emblée : pudique et directe à la fois, elle rend chaque moment de bascule parfaitement crédible. On aime la façon dont les dialogues avancent par petites touches, laissant les silences faire leur travail. Le cadre du restaurant, avec ses bruits de fond et ses regards discrets, donne à la scène une intimité presque volée.
Céleste
Chapitre 3
— Tu ne travailles pas aujourd’hui ?
— Non, c’est mon jour de congé. Alors, d’accord ?
— D’accord. Le temps de fermer la boutique. Nous nepourrons pas aller très loin, je dois être de retour à 14h.
— OK. Je te laisse choisir.
— Oui, depuis 5 ans maintenant. J’étais en couple durant 10 ans, mais… Voilà, je n’y suis plus.
— Veux-tu me raconter ?
— Une autre fois peut-être. Et toi ?
— Ha ha, moi aussi je vis seule, mais je ne suis pas toujours seule.
— C’est-à-dire ?
— C’est-à-dire que j’ai beaucoup d’amis. Et je papillonne un peu. Des aventures.
— Tu es très belle, tu dois avoir du succès avec les hommes.
— On peut dire ça, oui. Et pas seulement avec les hommes dit-elle en me regardant dans les yeux.
— Et… Ça marche ? Je veux dire, ils acceptent ?
— La plupart du temps, oui. Et si ce n’est pas le cas, ce n’est pas grave. Je ne joue pas ma vie. Et toi, as-tu un amant ? Ou plusieurs ? Une amante peut-être ?
— Disons que je me prive du meilleur, mais je ne m’en prive pas totalement…
— C’est-à-dire ?
- … que tu t’es masturbée, c’est ça ?
— Oui, c’est ça. Je n’aime pas beaucoup ce mot mais c’est ça. Je me suis caressée.
— Merveilleux. Raconte.
- Tu veux que je te raconte ça, ici, maintenant ?
— Oui, bien-sûr. J’aimerais beaucoup. Vous ne parlez jamais de sexe avec tes copines ?
— Continue.
— Tu veux que je te dise tout ?
— Bien sûr, ça m’intéresse beaucoup.
— Tu me montreras tes seins, Nelly ?
— Je veux. Et ensuite ?
— Ensuite, toujours les yeux fermés, j’ai imaginé que tu retirais entièrement le peignoir. Je te voyais dans ta pleine nudité, mais pas comme lorsque tu as remis ta robe après que je l’ai repassée. Ce moment-là c’était une nudité naturelle, spontanée. Il te fallait mettre ta robe, voilà tout. Lorsque je me caressais, je te voyais autrement. Ta nudité était profondément érotisée. Cela tenait à ta posture, jambes légèrement écartées, comme offerte. À ton regard, qui se vissait au mien. Et surtout à ta bouche, qui semblait m’appeler, me dire « prends-moi ». Cela m’excitait au-delà de tout.
imagination ?
— Tu es restée un moment immobile, comme pour me laisser admirer ta beauté. Je te regardais de la tête aux pieds. Et je te détaillais avec gourmandise. Tes yeux sombres, tes lèvres rouges, ton cou délicat, tes seins lourds et fermes, leurs aréoles sombres et les tétons qui pointaient avec indécence, ton ventre sur lequel étaient posées tes mains aux longs doigts, ton pubis épilé et les lèvres de ton sexe qui brillaient (peut-être de désir pour moi, me disais-je), tes cuisses fermes, et tes mollets, et tes pieds aux ongles peints. Tu t’es retournée, tu m’as dévoilé ton dos, tes reins cambrés comme je n’ai jamais imaginé que les miens pourraient l’être, et tes fesses, charnues, lisses et rondes.
— Oui. Toujours dans mon fantasme, tu as posé la main sur ton sexe, et de ton index tu as commencé à explorer ta fente. J’ai fait de même. Je te suivais. Tout en te regardant, j’ai caressé mon clitoris, dur et sensible. Je l’ai fait longuement, et je pinçais mon téton, le droit. Lorsque tu t’es introduit un doigt, je t’ai imitée. Lorsque tu en as mis un deuxième, j’en ai mis un deuxième. Ainsi, j’avais le sentiment que c’était toi qui me caressais, toi qui me faisais mouiller, toi qui me faisais l’amour. Et d’une certaine façon c’était le cas. Je t’ai sentie t’approcher, te pencher sur moi, et lorsque j’ai vu que ta langue sortait de ta bouche pour me lécher le sein…
— Tu as joui à ce moment-là ?
— Oui. Fort. Je n’en pouvais plus. Mon corps ne m’appartenait plus, il n’y avait plus que l’orgasme qui m’emportait. J’étais trempée, complètement déboussolée. Je vibrais, littéralement. Et puis les spasmes ont décru, se sont arrêtés. J’ai ouvert les yeux, tu n’étais pas là. Comment aurais-tu pu être là ? Je suis restée sans bouger Je pensais à ce qu’il venait de se passer. Puis, je
suis allée prendre une douche. Lorsque j’ai mis mon peignoir, j’ai respiré ton odeur, me suis rappelée que peu de temps avant, c’est toi qui le portais et j’ai de nouveau senti une douce chaleur m’envahir.
— Non, non. Pas du tout. J’étais calmée de ce côté-là. C’était juste une sensation douce et agréable.
— Je te remercie, Nelly, de m’avoir raconté cela. C’est très intime, et je suis flattée que tu aies osé me faire cette confidence. Dis-moi, es-tu en train de tomber amoureuse ?
— Si tu le souhaites, je veux bien être cette complice.
— Peut-être…
— Peut-être ?
— Je veux dire… Oui, je veux bien.
— Alors je crois que toutes les deux, nous allons vivre
de jolis moments…
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