Inspiré du réel
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Jo, l'homme à tout faire — Chapitre 3
Auteur
Jo, l'homme à tout faire
Chapitre 3
(Rappel : ce récit se déroule à la fin des années 80 où le SIDA n’existait pas encore, ce qui explique l’absence d’utilisation des préservatifs. Certes, il y avait les maladies vénériennes mais bon… )
Laurence venait de baiser avec Jo, l’homme à tout faire de la maison de retraite. Ce garçon de moins de trente ans était toujours prêt à honorer les femmes, le sexe au garde-à-vous pratiquement sur commande. Un sextoy que le personnel féminin de la maison de retraite se partageait inlassablement et sans jalousie, à tour de rôle, pour son plus grand plaisir.
Laurence approchait de la quarantaine, divorcée, heureusement sans enfant, et son corps retrouvait au contact du jeune homme la fougue de ses vingt ans, à la recherche d’étreintes et de frissons sexuels. Elle dont la vie avait été plutôt rangée, il semblait que le démon de la quarantaine s’était éveillé, son corps recherchant la vibration du plaisir.
Comme à chaque fois avec Jo, elle avait joui. Un orgasme dévastateur. Il l’avait baisée debout sur le parking de la supérette, heureusement à l’abri des regards. Jamais aucun de ses amants ne lui avait fait connaître pareille situation ni pareil transport. Et dans son délire, il lui avait fait promettre de le rejoindre demain dans la réserve de la maison de retraite, lieu de toutes les turpitudes. Et que Maurice serait présent… Non, il n’en était pas question. Cela sous-entendait un trio. Elle n’avait jamais fait de trio de sa vie, même si cela avait été un fantasme partagé à un moment de sa vie avec son ex-conjoint. En fait, c’était surtout lui qui poussait.
Elle n’irait pas et le lui ferait savoir dès son arrivée. Pas question de déraper sur commande.
Sa nuit fut peuplée de rêves érotiques où plusieurs hommes s’occupaient d’elle. Elle se réveilla en sursaut, le sexe trempé. Elle n’avait alors qu’une envie, jouir.
À treize heures, arrivée à la maison de retraite, elle savait que dans quatre heures, malgré ses bonnes résolutions, elle se rendrait dans la réserve après avoir enlevé ses sous-vêtements comme Jo l’avait ordonné. Elle mouillait déjà. Le début de l’après-midi passa rapidement, elle était bien occupée avec les soins à certains de nos pensionnaires. Elle travaillait avec Liliane, une aide-soignante arrivée à quelques années de la retraite. Elle avait bien avancé dans son travail. Il le fallait si elle voulait s’offrir un petit cinq à sept coquin. À seize heures trente, Liliane lui proposa de s’arrêter pour la pause-café. Elle prétexta des médicaments à préparer, ajoutant qu’elle s’arrêterait un peu plus tard. Seize heures cinquante-cinq. Elle fila au vestiaire se débarrasser de ses sous-vêtements. Elle se regarda dans la glace. Ses seins se dessinaient avec précision sous la tunique blanche, les pointes déjà tendues. Elle gagna la réserve. Jo était là, déjà nu et déjà prêt, la verge raide et droite.
— Va chercher Maurice, ordonna-t-il.
Elle obéit. Elle aurait pu refuser, se révolter. Mais sa volonté semblait avoir disparu. Maurice était dans sa chambre.
— Bonjour Maurice. Vous pouvez venir s’il vous plaît ?
— Oui, avec plaisir. Mais où m’emmènes-tu ?
— Oui, avec plaisir. Mais où m’emmènes-tu ?
Le regard de Maurice était descendu sur sa poitrine.
— Suivez-moi et vous verrez.
Ils approchaient de la réserve. Maurice marchait derrière l’infirmière, le sourire aux lèvres. Laurence entra dans la réserve, Maurice sur ses talons.
— Oh oh, notre ami Jo est là. Un petit trio donc. Sympa d’avoir pensé à moi.
Laurence se trouvait entre Jo et Maurice. Les deux se rapprochaient. Jo fut le premier contre elle, frottant sa queue contre son ventre.
Elle entendit des froissements de tissu. Elle comprit que Maurice venait de se déshabiller. Pour lui donner raison, elle sentit une barre se frotter contre ses fesses. Situation incongrue : elle se trouvait coincée entre deux hommes nus, frottant leur virilité contre elle qui restait, — légèrement — habillée. Maurice avait glissé ses mains sous la tunique et s’était emparé des seins, faisant rouler les pointes entre ses doigts, lui arrachant de petits gémissements. Peu à peu, une envie frénétique s’emparait d’elle. Elle ferma les yeux, imaginant ces deux queues en elle. Les mains de Maurice avaient délaissé les seins. Il défit le bouton de son pantalon qui glissa entre ses chevilles. Ses doigts s’emparèrent du sexe trempé. Elle sentait à la fois les doigts inquisiteurs et le sexe frotter contre son intimité. Elle se débarrassa fébrilement de son haut, offrant son corps nu à ses deux amants. Ils se frottaient contre elle. Jo attrapa Laurence par les épaules et l’attira en reculant. Il bascula sur le matelas, l’entraînant avec lui. Allongé sur le dos, il l’attira sur lui, trouvant son chemin sans difficulté, l’empalant d’une longue poussée. Elle sentait son sexe coulisser déjà en elle. Comme à chaque fois, la magie opérait. Son gland frottait contre ses parois, procurant des frissons de plus en plus intenses. Elle gémissait de plaisir. Elle sentit Maurice se positionner derrière elle. Avec ses doigts, il étala la cyprine autour de l’anus. Son sexe, de dimension plus modeste que celui de Jo, vint cogner contre son anus. Il poussa doucement. Sans qu’elle s’en rende compte, il fut en elle, enfoncé jusqu’à la garde. Elle n’avait pas vraiment eu mal. Il ne pouvait suivre le rythme imposé par Jo.
— Ah ! Salope. Tu aimes la bite hein ? Tu sens comme je t’encule, ma belle. Tu vas en redemander bientôt de la bonne queue à Maurice.
Il commençait à délirer, les sens en perdition. Il n’allait pas tenir très longtemps. Maurice se crispa soudain, se fichant entre ses fesses, le corps en proie à des spasmes. Il voulait rester fiché en elle mais les coups de boutoir de Jo le désarçonnèrent et il se retira à son corps défendant. Comme à son habitude, Jo se tenait aux hanches de sa partenaire et la labourait. Ses seins dansaient devant son visage mais ils ne l’intéressaient pas. Seul comptait pour lui la danse de son membre dans le sexe féminin. Elle le savait capable de tenir longtemps. Maurice avait repris ses esprits et assistait passivement à la scène. Son excitation était tombée et les mots crus ne lui venaient plus. Laurence regardait Jo dans les yeux.
— Défonce-moi. C’est trop bon. Baise-moi. Baise-moi fort. J’aime ton gros chibre. Vas-y, fais-moi encore jouir. Prends-moi. C’était bon hier sur le parking. On recommencera si tu veux. Où tu voudras. Oh oui, ça monte. Viens mon Jo. Envole-moi. Ça vient. Je vais jouir. Continue. Encore, encore…
Les halètements s’intensifiaient. Il cognait dur à présent. La jouissance déferla d’un coup, son plaisir se perdit dans un long cri étranglé, la laissant pantelante. Une fois de plus, Jo n’avait pas éjaculé, se préservant peut-être pour une autre joute amoureuse. Maurice s’était rhabillé et était parti sans que personne ne s’en rende compte. Laurence se rhabilla en silence et déposa un bisou sur les lèvres de Jo pour le remercier. Elle repassa par le vestiaire pour remettre ses sous-vêtements. Elle retrouva Liliane dans la salle de soins. Cette dernière ne lui dit rien mais, à son sourire, Laurence devina qu’elle avait compris.
Cet intermède l’avait soulagée. Elle avait eu sa dose. Elle était tranquille pour un certain temps. Elle avait laissé Maurice la sodomiser, chose qu’elle n’accordait quasiment jamais. Pour la première fois, deux hommes avaient joué en elle. Elle n’en éprouvait aucune honte. Elle termina l’après-midi en s’occupant des patients comme si de rien n’était. Elle voulait jouir, elle avait joui. C’était aussi simple que ça. Sans honte. Sans regret.
La semaine suivante, elle dut m’occuper de Maurice. Il avait une prise de sang à faire. Elle entra dans sa chambre. Il était assis sur son fauteuil, vêtu d’une robe de chambre. Quand il la vit, un sourire éclaira son visage.
— Bonjour Laurence. Je savais que tôt ou tard tu viendrais. J’ai adoré être avec toi et j’espère que ces doux moments se reproduiront. Tu es belle, tu as un corps superbe.
Laurence se remémora la mise en garde de Nathalie.
— On verra ça une autre fois, Maurice.
Elle fit sa prise de sang. Elle allait sortir de la chambre.
— Laurence ? Pense à ce que je t’ai dit. J’ai envie de te baiser. Sans Jo. Je bande pour toi, assez pour te faire jouir. Même si tu raffoles de Jo. Je te comprends. Il vous fait toutes grimper au rideau. Mais moi aussi, j’ai de solides arguments, l’expérience en plus.
Maurice avait raison sur ce point. Jo les rendait folles. Chaque séance avec lui leur offrait leur lot de jouissance. Laurence aussi commençait à avoir besoin de lui de manière régulière. Il éteignait, et de quelle manière, sa libido enflammée. Au début, elle le voyait à peu près deux fois par mois, mais la fréquence s’accélérait. Il lui fallait sa dose. Le scénario était rodé. Elle le croisait la veille ou le matin et lui donnait une heure. C’était un code. Cela voulait dire « rendez-vous dans la réserve à telle heure ». Quand elle y arrivait, il était déjà là, nu et prêt au combat, la queue au garde-à-vous. Dès qu’elle le voyait, elle abandonnait toute pudeur. Elle apprit que toutes procédaient de la même manière. Elles étaient huit à user et abuser de ses services. Elle apprit également que deux d’entre elles avaient recours occasionnellement à Maurice, ou aux deux ensemble.
Laurence s’amusait à deviner qui aurait recours dans la journée à ses services. Laure, par exemple, ne mettait pas de soutien-gorge les jours où elle allait le retrouver. Murielle se parfumait plus que de coutume. Parfois, c’est au moment de la pause qu’on remarquait l’absence d’une des filles. Jamais Jo ne les sollicitait. À quoi bon ? Il avait son harem…
Une nuit, elle avait rêvé d’aventures érotiques après avoir visionné une cassette d’Emmanuelle. Elle s’était réveillée dans un état d’excitation sexuelle intense. Elle avait hésité à se soulager manuellement, mais désormais elle souhaitait des sensations plus fortes.
Elle arriva au vestiaire pour se changer. Muriel était en train de s’habiller. Elle lui dit bonjour en lui faisant la bise. Laurence quitta sa jupe.
— Et bien dis donc Laurence, tu n’as pas de culotte sous tes collants. Tu vas crever de chaud avec tes collants. Ou alors tu as vraiment envie de baiser. Reste là. Je reviens.
Moins de deux minutes plus tard, elle revint avec Jo.
— Bon, Laulau, je fais l’ouverture. Prends ton temps. C’est Rachel qui était de nuit. Elle connaît bien Jo. Donc vous pouvez utiliser le vestiaire, ça ne la choquera pas.
Rachel arriva une dizaine de minutes plus tard. Appuyée sur un banc, Laurence se faisait prendre par Jo en levrette. Rachel se campa devant le couple. Elle quitta ses vêtements en les regardant. Elle se retrouva nue.
— Jo, quand t’auras fini la demoiselle, j’aimerais bien que tu t’occupes de moi. Ça fait un bail.
Jo continuait son travail, donnant de grands coups de reins, la faisant décoller doucement. Brutalement, Laurence perdit pied. Une vague puissante déferla en elle. L’orgasme la terrassa. Jo, sans un regard pour sa partenaire, se désaccoupla et s’approcha de Rachel. Lorsque Laurence quitta le vestiaire, les deux amants s’en donnaient à cœur joie et Rachel commençait à psalmodier et hoqueter de plus en plus fort des mots sans suite.
Laurence resta dix-huit mois à la maison de retraite. Ses « pauses Jo » s’étaient peu à peu espacées avec le temps, malgré un plaisir chaque fois renouvelé. Elle avait envie d’une autre aventure professionnelle, et peu à peu, le souhait de reconstruire une vie sentimentale stable se faisait plus présent. L’heure du départ approchait.
Le jour de son départ, elle croisa sa remplaçante. Lydie avait quarante et un ans, divorcée de fraîche date, et venait d’une autre région.
Un profil idéal pour occuper l’homme à tout faire…
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