Fiction
Gays
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Antinoüs — Chapitre 2 · Le maître et l’élève
Auteur
Antinoüs
Chapitre 2 · Le maître et l’élève
Quelle ne fut pas ma surprise, le lendemain, de voir le jeune homme se présenter à l’entrée du campement impérial ! Et pourtant, j’aurais bien dû me douter que tout cela finirait ainsi. Ce jeune Grec avait une allure folle dans son chiton : une tenue blanche légère, en lin, galonnée de motifs bleus. Le haut laissait son pectoral droit à l’air libre. Un rien l’habillait tant il était beau.
— Antinoüs est là, altesse. Il dit que tu l’as fait demander.
— C’est exact, répondit Hadrien du fond de la tente. Fais-le entrer.
— C’est exact, répondit Hadrien du fond de la tente. Fais-le entrer.
Hadrien se leva pour l’accueillir.
— Avé César, déclama le jeune homme en tendant son bras pour un salut impérial.
— Avé Antinoüs, sois le bienvenu. Tu m’as beaucoup impressionné hier. Je t’en prie, installe-toi.
— Avé Antinoüs, sois le bienvenu. Tu m’as beaucoup impressionné hier. Je t’en prie, installe-toi.
Hadrien l’invita à s’asseoir à sa table. Il lui offrit du vin et des fruits, puis s’approcha de lui jusqu’à frôler sa cuisse afin de le caresser. Cela peut sembler étrange, mais c’était un honneur d’être ainsi considéré par César. Et Antinoüs, non seulement le savait, mais se montrait très réceptif aux désirs de cet homme mûr qu’était l’empereur. Hadrien savait ce qu’il voulait : se perdre en études et en amour, afin de retrouver un peu de sa jeunesse perdue.
— Antinoüs, dis-moi tout. Mis à part la lutte, qu’étudies-tu ici, à Claudiopolis ?
— La poésie et la chasse, altesse.
— La poésie et la chasse… deux choses qui semblent opposées, et pourtant si proches. Qui est ton instructeur ?
— Personne en particulier, altesse. Je suis autodidacte. J’écoute et je regarde.
— La poésie et la chasse, altesse.
— La poésie et la chasse… deux choses qui semblent opposées, et pourtant si proches. Qui est ton instructeur ?
— Personne en particulier, altesse. Je suis autodidacte. J’écoute et je regarde.
Hadrien continua de l’observer. Il n’y avait chez le garçon ni insolence ni timidité excessive, juste une forme d’équilibre, une tranquillité intérieure. Et soudain, César comprit ce qui le fascinait tant : Antinoüs ne cherchait rien, ni faveur, ni reconnaissance, ni pouvoir.
— Sais-tu lire Homère ? demanda Hadrien.
— Un peu.
— Récite-moi quelque chose.
— Un peu.
— Récite-moi quelque chose.
Antinoüs déclama alors quelques vers devant César. Sa mémoire était sûre, sa diction simple. Dans la lutte comme dans la poésie, il demeurait fier et sûr de lui. Mais l’empereur l’interrompit.
— Comprends-tu ce que tu récites ?
— Oui, altesse.
— Alors explique-moi.
— Oui, altesse.
— Alors explique-moi.
Le garçon hésita un instant, puis parla. Ses mots étaient simples, mais justes. Il ne cherchait pas à impressionner. Hadrien sentit naître en lui un intérêt plus profond. Il commença à lui enseigner sa première leçon, non pas comme un empereur enseigne, mais comme un maître grec l’aurait fait. Ils parlèrent de philosophie, de beauté, de mesure.
— La beauté n’est pas seulement ce que l’on voit, dit Hadrien en lui caressant la joue. Elle réside dans l’ordre, la proportion et l’âme.
Antinoüs écoutait, subjugué par celui qui s’était improvisé maître. Il aimait cette proximité, mais elle lui faisait aussi peur. Comment lui, simple citoyen provincial, pouvait-il prétendre à tant de faveur de la part de l’homme le plus puissant du monde ? Pris de vertige, il repoussa doucement la main de César et, avec une grande tendresse, y déposa un baiser.
— N’aimes-tu pas disserter de philosophie et de poésie avec moi, Antinoüs ? demanda l’empereur, un peu vexé.
— Si, César, au contraire. Mais j’ai peur que ton intérêt soit fugace et ne s’estompe dès demain, quand tu devras repartir pour Rome.
— Si, César, au contraire. Mais j’ai peur que ton intérêt soit fugace et ne s’estompe dès demain, quand tu devras repartir pour Rome.
Hadrien, pris par surprise, se mit à rire de bon cœur. Ce garçon avait de l’esprit et un charme envoûtant. Il n’était pas question pour lui de le quitter. Oh non, désormais, son destin serait lié au sien.
— Oh, mon Ganymède ! dit César en le prenant dans ses bras. Je n’ai pas envie de te quitter si tôt, alors même que je viens à peine de te rencontrer. Viens avec moi à Rome. Je t’enseignerai tout ce que je sais de la philosophie, de la poésie et des arts. Si tu acceptes d’entrer à mon service comme page, tu apprendras aussi les usages et les coutumes de la cour impériale.
— Mon âme est-elle si belle que tu veuilles m’avoir à tes côtés, Altesse ?
— Tu es trop beau pour être réel, répondit Hadrien. On dirait Ganymède.
— Je préfère être moi-même !
— Et c’est justement cela qui est remarquable. Tu es comme Éros, dit Hadrien, mais sans la cruauté.
— Alors je ne suis pas Éros.
— Mon âme est-elle si belle que tu veuilles m’avoir à tes côtés, Altesse ?
— Tu es trop beau pour être réel, répondit Hadrien. On dirait Ganymède.
— Je préfère être moi-même !
— Et c’est justement cela qui est remarquable. Tu es comme Éros, dit Hadrien, mais sans la cruauté.
— Alors je ne suis pas Éros.
Hadrien se mit à rire, amusé par le jeu de séduction du jeune lutteur.
— Ne serais-tu pas Adonis alors ?
Cette fois, Antinoüs ne protesta pas. Hadrien le regarda longuement, posa une main sur sa joue, puis déposa sur ses lèvres un baiser.
— Je suis à ton service, empereur. Je serai ton Adonis si tu le souhaites, répondit Antinoüs complètement envoûté par le charme de César.
◇ --------------------------- ◇
Sur le chemin du retour, mon empereur s’était mis en tête d’enseigner l’astronomie à Antinoüs. Alors que nous voguions sur la mer Méditerranée pour regagner Rome, Hadrien et son Adonis s’étaient installés dans un coin douillet du pont du navire. Blotti dans ses bras, le jeune homme buvait ses paroles tandis que l’empereur lui désignait les étoiles et lui expliquait comment s’en servir pour naviguer.
César me fit un signe de la tête. Je compris aussitôt qu’il me fallait sécuriser le pont pour leur assurer une intimité totale. Lorsque je revins, après avoir terminé, Antinoüs était écarlate, le souffle court et haletant. Hadrien pénétrait son page pour la première fois, avec une douceur infinie et un amour palpable. Un râle de plaisir, d’une intensité enivrante, s’échappa des lèvres du jeune homme.
— Oh oui, mon empereur, enfonce-la bien au fond. Montre-moi qui domine.
— C’est César qui te possède pour la gloire de Rome, mon Adonis.
— Ta queue est si virile, Altesse… Aaaaaaaah !
— C’est César qui te possède pour la gloire de Rome, mon Adonis.
— Ta queue est si virile, Altesse… Aaaaaaaah !
Ainsi, le petit page reçut pour la première fois le nectar impérial au plus profond de lui, alors que les côtes de Bithynie étaient déjà à plus de deux jours de navigation. On aurait pu croire leur relation secrète, mais il n’en était rien. À Rome, Antinoüs fut installé dans des appartements somptueux du palais Palatin. Hadrien se promenait sans complexe dans les rues de la ville au bras de son favori, que l’on surnommait le « mignon » de César.
Tandis que je vaquais à mes occupations lors d’une de mes rares journées de permission, un notable de la cité m’interpella.
— Avé, Marcus Valerius !
— Avé, sénateur Hérode Atticus, répondis-je en me retournant.
— Il y a bien longtemps qu’on ne t’a pas vu dans la cité, prétorien !
— Je vais là où l’empereur me mène, sénateur, c’est-à-dire aux quatre coins de l’Empire.
— Tu dois donc être soulagé d’être enfin de retour à Rome pour y séjourner.
— C’est vrai, cela faisait longtemps que nous n’étions pas restés au même endroit aussi longtemps. César est heureux d’être revenu.
— D’être revenu, ou de se pavaner avec son mignon dans toutes les rues de Rome ?
— Prends garde à tes paroles, sénateur. César a fait arrêter certains des tiens pour moins que cela.
— Je ne suis pas un ennemi de l’empereur, bien au contraire.
— Mais encore ?
— Le Sénat s’inquiète, Marcus Valerius. César passe le plus clair de son temps avec son mignon et délaisse les affaires de la cité.
— L’éducation d’Antinoüs prime sur le reste. César veut en faire un érudit, un compagnon de débat philosophique.
— Quand bien même, il s’affiche dans toutes les rues de Rome, lui fait visiter le Panthéon, le Forum et même le Sénat, en minaudant au bras de ce blanc-bec.
— Il faut qu’il devienne un bon citoyen de Rome. Bientôt, il connaîtra cette cité mieux que toi, dis-je en riant.
— Tu peux rire, prétorien, mais je ne me soucie que de la grandeur de Rome.
— En quoi cela la compromet-elle ?
— Le peuple parle et s’inquiète. L’attitude de César laisse penser qu’il a perdu sa virilité.
— Fadaises ! Je suis son protecteur personnel et je t’assure que sa virilité n’est en rien entamée.
— Oui, mais le peuple doute. Si ce petit lutteur domine César par son membre viril, l’Empire tout entier vacillera.
— Tu n’as rien à craindre, sénateur.
— Au contraire ! Depuis quand érige-t-on des statues d’un simple provincial de Bithynie ? Ce gamin de basse extraction prime sur tous les notables et sénateurs de Rome. Il semble plus important que le consul lui-même !
— Tu t’étonnes de la chose la plus naturelle au monde, sénateur. César suit simplement les préceptes traditionnels de la “paiderastia grecque” en éduquant cet éphèbe.
— Puisses-tu avoir raison. Les sénateurs ont reçu une convocation au palais Palatin. César a une annonce importante à faire. En sais-tu plus ?
— Rien du tout, mais je sais que la Garde prétorienne est réquisitionnée. À présent, sénateur, je dois te quitter : le devoir m’appelle. Bene vale !
— Avé, sénateur Hérode Atticus, répondis-je en me retournant.
— Il y a bien longtemps qu’on ne t’a pas vu dans la cité, prétorien !
— Je vais là où l’empereur me mène, sénateur, c’est-à-dire aux quatre coins de l’Empire.
— Tu dois donc être soulagé d’être enfin de retour à Rome pour y séjourner.
— C’est vrai, cela faisait longtemps que nous n’étions pas restés au même endroit aussi longtemps. César est heureux d’être revenu.
— D’être revenu, ou de se pavaner avec son mignon dans toutes les rues de Rome ?
— Prends garde à tes paroles, sénateur. César a fait arrêter certains des tiens pour moins que cela.
— Je ne suis pas un ennemi de l’empereur, bien au contraire.
— Mais encore ?
— Le Sénat s’inquiète, Marcus Valerius. César passe le plus clair de son temps avec son mignon et délaisse les affaires de la cité.
— L’éducation d’Antinoüs prime sur le reste. César veut en faire un érudit, un compagnon de débat philosophique.
— Quand bien même, il s’affiche dans toutes les rues de Rome, lui fait visiter le Panthéon, le Forum et même le Sénat, en minaudant au bras de ce blanc-bec.
— Il faut qu’il devienne un bon citoyen de Rome. Bientôt, il connaîtra cette cité mieux que toi, dis-je en riant.
— Tu peux rire, prétorien, mais je ne me soucie que de la grandeur de Rome.
— En quoi cela la compromet-elle ?
— Le peuple parle et s’inquiète. L’attitude de César laisse penser qu’il a perdu sa virilité.
— Fadaises ! Je suis son protecteur personnel et je t’assure que sa virilité n’est en rien entamée.
— Oui, mais le peuple doute. Si ce petit lutteur domine César par son membre viril, l’Empire tout entier vacillera.
— Tu n’as rien à craindre, sénateur.
— Au contraire ! Depuis quand érige-t-on des statues d’un simple provincial de Bithynie ? Ce gamin de basse extraction prime sur tous les notables et sénateurs de Rome. Il semble plus important que le consul lui-même !
— Tu t’étonnes de la chose la plus naturelle au monde, sénateur. César suit simplement les préceptes traditionnels de la “paiderastia grecque” en éduquant cet éphèbe.
— Puisses-tu avoir raison. Les sénateurs ont reçu une convocation au palais Palatin. César a une annonce importante à faire. En sais-tu plus ?
— Rien du tout, mais je sais que la Garde prétorienne est réquisitionnée. À présent, sénateur, je dois te quitter : le devoir m’appelle. Bene vale !
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Hérode Atticus n’avait pas tort : l’attitude de César risquait de lui porter préjudice. Sa toute-puissance pouvait lui jouer des tours sans qu’il s’en rende compte. Je voyais bien les regards de la plèbe qui dévisageaient Antinoüs, ce petit provincial en chiton suivant César partout dans les rues de Rome. L’Imperator y discutait architecture et histoire impériale avec son page. J’ai vu Antinoüs évoluer à une vitesse fulgurante, gagner en assurance et surpasser bientôt l’érudition de la plupart des conseillers impériaux. Sa soif d’apprendre était insatiable, et son professeur était particulièrement zélé pour en faire l’homme le plus éduqué de tout l’empire. Ce jeune homme bouleversait vraiment l’ordre établi.
Je me souviens de la visite au Panthéon. Hadrien y expliqua à Antinoüs comment il usait de ce lieu sacré comme d’un espace de pouvoir, y rendant lui-même la justice impériale sous la coupole. Puisque le temple était le sien – il l’avait fait ériger –, il entreprit d’y copuler avec son favori. J’avais évacué le bâtiment, mais les cris du jeune Bithynien, sodomisé avec vigueur, résonnaient si fort que je fus gêné devant les citoyens passant au loin. Sous la rotonde, César culbutait son page en levrette : les fesses d’Antinoüs claquaient contre l’aine impériale à chaque coup de verge, et le mignon couinait et recouinait encore de plaisir. Leur étreinte lubrique fut illuminée par Hélios lui-même lorsque les rayons du soleil traversèrent l’oculus, comme pour bénir cette saillie.
De retour au palais Palatin, j’organisai avec les autres prétoriens l’audience publique de l’empereur. La salle était comble : sénateurs, notables, religieux et conseillers impériaux s’y pressaient. Après une longue attente, César apparut, drapé dans ses habits les plus prestigieux. Derrière lui, comme son ombre, Antinoüs. Mais le jeune éphèbe avait changé : fini le petit lutteur Bithynien en chiton modeste. Il avançait d’un pas assuré, la tête haute, vêtu d’étoffes précieuses brodées et galonnées d’or. Aux doigts, quelques gemmes rares, cadeaux parmi tant d’autres que César avait offerts à son Adonis. Comble de son statut, il arborait le mauve impérial, réservé à César et à ses prétoriens.
Dans l’assistance, les notables de Rome restèrent bouche bée. Sur leurs visages, étonnement et stupéfaction ; chez d’autres, haine et jalousie. Pour la plupart, ils se résignaient face à l’officialisation de ce qu’ils savaient déjà. Hadrien parla sans détour : il nomma Antinoüs comme son conseiller spécial, annonçant qu’il achèverait lui-même son éducation et que le jeune homme participerait désormais à tous les événements officiels et politiques de la cour impériale. Il devenait le protégé officiel de César. Pour moi, cela signifiait juste de lui adjoindre un garde prétorien à temps plein.
Mon regard croisa celui du sénateur Hérode Atticus. Il me dévisageait, rappelant notre discussion. Dans ses yeux, une désapprobation totale. Il rejoignait les rangs des opposants, et César ne tolérait pas l’opposition, surtout contre son favori. Antinoüs était désormais, qu’ils le veuillent ou non, un prince impérial.
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