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Couverture de Antinoüs, par Gagou
Couverture de Antinoüs, par Gagou
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Gays Orientation principale dans ce chapitre

Antinoüs — Chapitre 3 · Déification

16 minutes
278
Écriture avec assistance partielle d'une IA — Cette information est librement déclarée par l'auteur, elle n'a pas été vérifiée.

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Gagou
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Ce qui frappe d'emblée, c'est la façon dont l'auteur entremêle la sensualité la plus directe et une gravité qui ne se dit jamais tout à fait — le passage du palais Palatin aux rives du Nil se fait sans heurt, et c'est là toute la force du texte. La langue est précise, le souffle long, et l'on sent à chaque page que derrière les corps et les complots se joue quelque chose de bien plus grand qu'une simple faveur impériale.

Antinoüs

Chapitre 3 · Déification

Dans le palais Palatin, ce matin-là, la vue sur le Forum était exceptionnelle. L’aurore embrasait de ses rayons le Colisée et le temple de Saturne. Dans la grande galerie, Antinoüs avançait d’un pas décidé. Il y avait, dans son regard, comme un mélange de détermination et d’anxiété. Il se présenta devant l’empereur, qui était occupé à lire les rouleaux du Sénat. Celui-ci releva la tête, interloqué.
— Avé Caesar, futuendi te salutant !
Et alors qu’il proclamait « celui qui va se faire baiser te salue », il tendit le bras et fit tomber sa toge, révélant toute sa nudité : un corps de jeune homme tout à fait imberbe. Des petites fesses parfaitement rondes, un ventre d’éphèbe appétissant et une verge tendue comme la corde d’un arc.
Alors César s’installa sur un sofa. Il défit sa toge pour révéler son sexe puissant. Antinoüs se jeta dessus pour le sucer avec une grande passion. Il tétait le nœud de César avec une gourmandise insatiable, celle d’un élève qui voulait remercier son maître.
— Oooh, ta bouche est en velours, mon Adonis. Jamais César n’a été aussi bien sucé.
— Tu aimes te faire sucer par ton petit gladiateur, empereur ?
— Tu es à coup sûr le meilleur suceur de tout l’Empire. Mais ce n’est pas ta bouche qui m’intéresse le plus, jeune premier.
— Mon cul est à toi, Altesse. Remplis-le et montre-moi toute la puissance de Rome !
Alors l’empereur, mû par l’excitation, retira son membre de la bouche d’Antinoüs. Puis il le saisit fermement pour le retourner sur le sofa. Là, sur les coussins, le jeune Bithynien se cambra à l’extrême en couinant, afin d’offrir son cul. Hadrien orienta la verge impériale vers l’anus du petit page et le pénétra d’un coup sec, comme s’il prenait possession de sa femelle.
— Ooooh, César !
— Mon Adonis, vivre sans pouvoir baiser ton si joli corps aurait été un sacrilège.
— Sodomise ton gladiateur, Altesse, baise ton serviteur et conquiert son cul comme s’il s’agissait d’un nouveau territoire !
Antinoüs bougeait ses fesses le long de la verge impériale afin de l’orienter vers le centre de son plaisir. J’avais beau devoir monter la garde, je n’arrivais pas à détourner les yeux de ce spectacle magnifique. Le corps du jeune éphèbe dansait sur la queue de César. Sa cambrure et sa chute de reins auraient pu faire jouir le plus endurci des prétoriens. Ce petit cul Bithynien qui se faisait butiner par l’empereur ne pouvait pas me laisser indifférent.
Antinoüs criait fort, comme une jeune pucelle ; c’était une manière pour lui de faire comprendre qu’il était là et que les notables n’avaient qu’à bien se tenir. Enfin, César enfonça d’un coup puissant sa verge, ce qui eut pour effet de faire jouir le page sur le sofa.
— Je viens, maître, ouiiiiii, donne-moi tout.
Alors, Hadrien éjacula puissamment, remplissant entièrement les fesses d’Antinoüs. Les joues rougies, la respiration encore haletante après l’effort, Antinoüs posa sa tête contre le torse de César pour continuer à se faire caresser. César lui passait les mains dans ses cheveux soyeux et jouait avec les pointes de sa chevelure bouclée. Le calme revint peu à peu, à mesure que les deux amants parvenaient à reprendre leur souffle. Ils restaient enlacés dans les bras l’un de l’autre, tandis que la semence de l’empereur s’écoulait doucement mais inexorablement du corps de son amant. L’empereur caressait tendrement les pectoraux de son page qui demeurait blotti contre lui, comme s’il était en quête de protection.
— Tu sembles soucieux, Antinoüs.
— Je suis le plus heureux des hommes, César.
— Ne me mens pas. Est-ce encore ce sénateur ?
— Il… il a refusé de me saluer lorsque je t’ai accompagné au Sénat l’autre jour, dit le page avec un air penaud.
— Par Jupiter, je lui ferai apprendre la soumission et la politesse ! éructa César en tapant du poing sur l’accoudoir.
— Je ne suis personne, Altesse. Je ne suis qu’un pauvre petit provincial.
— Je pensais pourtant avoir été clair avec eux l’an dernier quand je les ai réunis. Ne pas te saluer revient à me provoquer, et je ne peux pas permettre qu’on provoque César.
L’empereur se retourna pour capter mon regard. Je ne connaissais que trop bien l’expression qu’il arborait. Il n’avait pas besoin de parler : ses yeux m’ordonnaient d’agir. Je m’inclinais alors avant de partir châtier le malandrin. Je ne l’avais pas encore compris à l’époque, mais Antinoüs faisait preuve d’une grande intelligence dans les affaires et savait influencer César pour obtenir ce qu’il désirait, sans jamais avoir à le verbaliser ni à se mettre en danger. Je fis donc déployer les gardes autour de sa villa, puis je me mis à frapper fort avec le pommeau de mon glaive contre sa porte.
— Sénateur Hérode Atticus, ouvre !
Il n’y eut pas de réponse. Alors je redoublais d’énergie pour faire du vacarme.
— Ouvre immédiatement, c’est un ordre !
— Mais enfin, pour qui te prends-tu à venir ainsi chez moi ?
— Ouvre, l’empereur te l’ordonne, ou veux-tu mourir, impudent ?
Hérode Atticus finit par ouvrir. Perdu pour perdu, il ne risquait plus grand-chose.
— Il y avait longtemps, Marcus Valerius.
— Ne t’avais-je pas mis en garde sur tes propos, sénateur ?
— Si, en bon ami tu l’as fait, mais je ne t’ai pas écouté.
— Pourquoi t’être rebellé contre César ? C’est un effroyable gâchis.
— Encore une fois, ce n’est pas contre César que j’en ai, mais contre son mignon. As-tu vu le nouveau buste à son effigie dans le Sénat ? Doit-on désormais le vénérer tel un dieu de l’Olympe ?
— Si César l’ordonne, alors oui !
— Ne vois-tu pas que ce n’est plus César qui administre Rome, mais son mignon ?
— Le jeune prince n’a aucun pouvoir politique. Il est juste le compagnon de l’empereur.
— Ta naïveté est confondante, prétorien. Tu crois être ici par la volonté de César ? Ce ne sont là que les manipulations du petit gladiateur !
À dire vrai, les propos d’Hérode Atticus me saisirent sur le moment. Antinoüs avait pris une place de plus en plus importante auprès de l’empereur depuis qu’il l’avait introduit officiellement. Il ne parlait jamais, mais était de toutes les fêtes, de tous les événements et assistait à toutes les séances du Sénat. J’avais bien évidemment remarqué les changements d’humeur intempestifs et les prises de décisions impulsives que l’empereur adoptait depuis quelques mois. J’étais forcé d’admettre que cela survenait systématiquement après qu’il eut copulé avec son page. Moi-même, le plus vieux confident de César, je m’étais peu à peu retrouvé à l’écart.
— Tu supposes qu’il influence César, sénateur ?
— Je l’affirme, oui ! César est complètement sous son emprise, à tel point que sa présence est devenue vitale et que l’empereur ne peut plus vivre sans lui au quotidien.
— Parce que là où tu vas, tu ne pourras plus parler, je vais te dire, pour cette fois seulement, ce qui se passe réellement au palais Palatin ! Antinoüs est l’élève de César, n’en doute pas. Il le domine sur tous les plans, et c’est d’ailleurs pour cela qu’il lui enseigne tout son savoir. Son influence sur le Bithynien est tellement forte qu’il l’a plié à sa volonté, il l’a modelé selon son bon plaisir. Avec lui, il ne parle qu’en grec, car c’est par cette tradition de la « pédérastia grecque », et en butinant le jeune éphèbe, que César est persuadé de prolonger sa jeunesse. Alors Antinoüs se défend comme il peut : il utilise la seule arme à sa disposition, son corps parfait. Afin de survivre dans ce nid de serpents qu’est Rome, il influence en effet les choix de l’empereur, mais c’est une tactique pour survivre, car que lui reste-t-il ? Il ne sera jamais lui-même et sera toujours celui que César souhaite qu’il soit. Alors ne sois pas trop prompt à condamner Antinoüs, car contrairement à ce que tu penses, il n’a jamais eu le privilège de choisir qui il voulait être.
— Tes paroles sont celles d’un homme éclairé, Marcus Valerius, mais tu sous-estimes l’impact émotionnel de cette relation pour César.
— Il l’aime, comme un maître aime son élève. Mais Antinoüs est déjà las des intrigues de Rome, et César se lamente de ne plus visiter les provinces de l’Empire. Ainsi, la cour impériale repart dès la semaine prochaine en itinérance.
— Cela est peut-être pour le mieux. Quel sort le jeune page va-t-il m’infliger ? La mort ?
— Au nom de l’empereur, je t’arrête pour trahison, Hérode Atticus. En punition, César prononce ton exil. Tu seras envoyé là où ta langue ne pourra plus fourcher. Là où les hommes ne parlent ni latin, ni grec, ni d’autre langue civilisée que tu pourrais comprendre.
◇---------------------------◇




Toutes les intrigues de Rome avaient fini par rendre Antinoüs mélancolique, et c’est bien pour cette raison qu’Hadrien décida de reprendre ses voyages. Il voulait protéger l’amour de sa vie, cette perfection grecque sans qui rien n’avait de sens. La cour impériale se déplaça, ce qui n’était plus arrivé depuis l’avènement d’Antinoüs. Mais si le jeune page pensait être à l’abri des complots en étant loin de Rome, il se trompait. Nombre de magistrats et de sénateurs accompagnèrent le convoi jusqu’à Alexandrie, en Égypte. De là, la cour impériale remonta le Nil, fleuve sacré des Égyptiens, jusqu’à s’établir à Hermopolis Magna.
Une fois en Égypte, les complots se renforcèrent. Un sénateur du nom de Flavius Cornelius, qui avait juré vengeance après l’éviction d’Hérode Atticus, ourdissait la plus sournoise des représailles. La présence constante du Bithynien aux côtés de César poussait l’exaspération à son paroxysme. L’éloignement d’Atticus avait été vécu comme une véritable attaque contre le Sénat. Bien qu’il n’eût aucun véritable pouvoir politique, la volonté d’Antinoüs semblait partout, car Hadrien ne prenait plus aucune décision sans consulter son favori.
Si je connais tout de cette trahison, c’est qu’une des prêtresses d’Osiris m’a rapporté mot pour mot les échanges du sénateur avec l’un de ses homologues. Et voici, en substance, ce qu’il s’est dit :
— Avé, Paniskos, fils d’Hapemonythis, les dieux te prêtent-ils leur oreille ?
— Avé, sénateur. Ils entendent mieux la vérité murmurée que le mensonge crié, répondit le prêtre.
Le sénateur esquissa un sourire. Cet homme-là ne se laisserait pas duper si aisément.
— L’empereur vieillit, dit Flavius. Tu as vu son regard, tourmenté, soucieux d’immortalité. César place sa confiance dans la sagesse égyptienne. Toi, détenteur des secrets du fleuve, comprends-tu les signes ?
— Je les lis, répondit Paniskos. Mais ce n’est pas à moi de changer le destin des hommes.
— Les dieux réclament parfois un prix, dit-il lentement. Un sacrifice d’exception, un don qui puisse fléchir la mort elle-même… N’est-ce pas ce que dit le mythe d’Osiris ?
Le prêtre sentit une tension nouvelle dans la conversation.
— Tu voudrais donc que le destin d’un homme serve ton dessein ?
— Je ne veux que la grandeur de Rome, répondit gravement le sénateur. Hadrien EST la stabilité du monde. Mais il est vulnérable : l’affection qu’il porte à ce jeune provincial l’isole et l’égare. Or, un empereur au sommet de sa puissance fait toujours le bonheur du peuple de Rome. Il faut qu’il vive, pour le bien de tous.
Paniskos comprit à demi-mot l’intention du sénateur. Il baissa les yeux vers la statuette d’Osiris posée près de lui, symbole de résurrection.
— Il existe des rituels anciens, chuchota-t-il. Des rites secrets. Certains prêtres disent que les dieux peuvent offrir l’immortalité à ceux qui leur donnent quelque chose d’inestimable. Mais ce ne sont là que des mythes… à moins que l’on ne trouve un cœur pur, prêt à tout abandonner.
Flavius plissa les yeux. Il avait reconnu là une porte entrouverte.
— Antinoüs, lança-t-il sans détour. Si jeune et si proche de César, il ferait une parfaite offrande. L’empereur verrait dans ce sacrifice l’accomplissement d’un destin tragique, mais aussi d’une union éternelle… Peut-être redeviendrait-il le chef dont Rome a besoin.
Le prêtre tourna la tête, visiblement troublé par la froideur politique dissimulée derrière cette proposition : sacrifier un être pour sauver l’Empire.
— Pourtant, objecta Paniskos, il n’acceptera jamais cela.
— Les hommes les plus purs sont ceux qui croient aux miracles, répondit le sénateur. Dis-lui que sa mort rendra Hadrien immortel, qu’il participera au plus haut des mystères… Il te croira, car son amour est absolu.
Telle fut la trahison du Sénat envers César. Quant au prêtre, il fit ce qu’il pensait juste en allant convaincre Antinoüs. Le jeune Bithynien, fasciné par tout ce qui était mystique, fut envoûté par la légende d’Osiris, qui mourait et renaissait pour aider les vivants. De nature très pieuse, le jeune page avait étudié les rites anciens et avait déjà lu l’existence de telles pratiques dans les mystères du Nil. Il avait pleinement conscience du pouvoir qu’offraient les dieux à ceux qui dédiaient leur vie à autre chose qu’à eux-mêmes.
Son amour profond pour Hadrien le poussait à vouloir aider César à vaincre le temps. Je ne sais pas pourquoi ni comment il finit par être convaincu, mais le terrain était déjà fertile pour le prêtre d’Osiris. La piété du jeune Grec était sa faille. Certains disaient cependant qu’il ne se sentait plus lui-même, et qu’il faisait semblant d’être un autre pour faire plaisir à César. Or il l’aimait profondément, et c’était bien là toute l’ambivalence de leur relation. Antinoüs avait donc accepté l’idée qu’un sacrifice sans retour pouvait intercéder en faveur des dieux.
Le lendemain soir, une grande barque ornée de masques sacrés voguait lentement sur le Nil. Les prêtres, vêtus de lin immaculé, psalmodiaient des louanges à Osiris. Hadrien, à l’écart, méditait, tout à fait inconscient du drame qui allait se jouer. Antinoüs était vêtu de vêtements en lin blanc. Il s’approcha du bord, le regard tourné vers la lune. Les eaux du fleuve étaient calmes, comme si le royaume divin lui-même attendait l’ultime offrande. Avant de se pencher sur les flots, il lança un dernier regard vers l’empereur : mélange d’amour, d’espoir et de résignation. Puis il se laissa glisser dans le Nil, sans lutte, comme un enfant retournant vers sa mère. Les prêtres se turent ; le silence tomba sur la cité alors que disparaissait sous l’eau l’être le plus beau et le plus lumineux des Apollon qu’ait donné la Grèce antique.
J’étais là, ce matin, lorsque les prêtres ont ramené la dépouille du jeune Grec. Je me souviens du visage d’Hadrien. Il s’est agenouillé, lentement, sans que personne n’ose bouger. Jamais je n’aurais cru voir le maître du monde plier le genou devant un cadavre. Il a pris la main d’Antinoüs. Elle était si pâle qu’on eût dit du marbre. Il a murmuré quelques mots en grec, trop bas pour que je les entende, puis il a fermé les paupières du garçon de ses propres doigts.
Il n’a pas versé une larme, pas alors. C’est plus tard, la nuit venue, que j’ai entendu ses sanglots à travers les tentures de sa tente impériale. Les ennemis d’Antinoüs pensaient anéantir de l’histoire de Rome le jeune provincial de Bithynie qui avait conquis le cœur de l’empereur ; ce qui se produisit fut tout l’inverse. Car tu te trouves aujourd’hui à Antinoöpolis, la ville fondée par l’empereur Hadrien lui-même, près du lieu où Antinoüs mourut.
Cette ville est devenue le centre du culte voué à sa nouvelle divinité. Telle fut la volonté de César : on loua sa beauté et son amour à travers tout l’Empire. Des centaines de statues à son effigie furent façonnées aux quatre coins de l’Empire pour être adorées et vénérées. Des temples surgirent partout à Rome, en Égypte, en Grèce, en Afrique du Nord et en Asie Mineure, pour idolâtrer celui qu’on assimilait tantôt à Osiris, tantôt à Dionysos.
Les jaloux de tous bords, qui avaient provoqué sa chute, se retrouvèrent à le vénérer pour sa jeunesse, sa beauté et son sens du sacrifice. Ceux qui jadis le conspuaient, louaient désormais son abnégation, espérant protection, guérison miraculeuse ou immortalité. Tous venaient de loin en pèlerinage pour voir l’endroit où le jeune Apollon avait sacrifié sa vie. Des milliers de personnes suivaient avec ferveur les processions menées par les prêtres, qui déclamaient avec diligence :
— Antinoüs, Dieu nouveau, toi qui as triomphé de la mort par l’amour impérial, accorde-nous la faveur du Nil fécond, protège nos foyers et donne la santé à notre ville !
Voilà comment un simple provincial, qui s’exerçait à la lutte dans un gymnase de Claudiopolis en Bithynie, parvint à se hisser au plus haut sommet de la hiérarchie impériale, puis à s’en extraire par une apothéose grandiose pour devenir un dieu.
Quant à moi, j’ai continué à suivre César dans ses campagnes et ses itinérances pour stabiliser les frontières de l’Empire. Il lui fallut du temps pour passer outre son chagrin. Les représentations sculpturales d’Antinoüs le suivirent partout où il allait. Mais un jour, il revint enfin me voir afin que je puisse le soulager de sa solitude. Et c’est sans amertume et par devoir que je me suis de nouveau mis à genoux. J’ai alors pris dans ma bouche la verge impériale pour la gloire de Rome.
Fin.
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Sweetnude
12 octobre 2026 à 07:48
J'ai aimé l'histoire de cette étoile filante dans le ciel d'un empereur. On s'y croirait !
Merci pour ce beau récit.
Photo de profil de lelivredejeremie
lelivredejeremie
11 octobre 2026 à 23:36
Et un fin qui colle à la vérité historique acceptée, complétée et développée avec le contexte socio-politique de l'antiquité, bravo et merci! 🙂

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