Rendu à son poids — Chapitre 1
Auteure
Coup de cœur
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L'avis peut contenir des indices sur l'intrigue.
Ce qui frappe d'emblée, c'est la façon dont le texte refuse toute pose. Pas de mise en scène romantique, pas de partenaire — juste le corps, traité avec la précision d'un mécanicien et la fougue d'un peintre. Des formules comme « le bassin se noue comme un câble de chalutier » ou « ça jouit comme on se noie » restent longtemps après la lecture. C'est rare, ce type d'écriture qui fait physiquement ressentir ce qu'elle décrit.
Rendu à son poids
Chapitre 1
Pas le soupir qu’on pose sur les draps pour faire semblant que le vide a une forme.
Pas le joli petit cri qu’on offre pour rester poli.
Le sang déserte la tête. Il descend. Il va battre plus bas, dans le sexe, là où la peau n’a jamais signé de serment.
D’abord le silence.
Bronze sous l’écorce.
Le ventre se durcit. Les cuisses se serrent. Le bassin se noue comme un câble de chalutier. L’arche tient. Chaque vertèbre durcit. L’attente coule le béton.
Ça chauffe.
Ça mouille sans demander la permission.
La chatte se contracte autour de rien, ou autour de trop, peu importe : le corps a déjà choisi.
Rien d’éthéré. Une secousse à ras de terre. Les digues lâchent.
Le bassin se souvient du feu.
Les nerfs s’allument en grappes, aveugles, trop nombreux.
Le souffle se casse contre les dents.
Un spasme sec.
L’heure qui lâche.
Le sexe tape de l’intérieur.
Ça déborde.
Ça gicle, ça tremble, ça prend tout.
Large. Lourde. Liquide. Souveraine.
Le ventre se plie. Les hanches cognent. La gorge lâche un son qu’on n’avait pas prévu.
Ça jouit comme on se noie : la bouche ouverte, les yeux nulle part, le bas du corps qui décide tout seul.
Ça prend.
Ça mange le décor.
Juste une chair qui s’affranchit.
Une marée qui rince l’échafaudage.
Le contrôle part avec l’eau.
Il reste le sel, le tremblement, le sexe encore ouvert, encore bête, encore vivant.
Échoué.
Lourd.
Mouillé jusqu’aux genoux.
Enfin rendu à son propre poids.
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Commentaires ()
Ça prend aux tripes, ça secoue, ça pulse, ça convoque des images inédites, ça fait son effet, bravo, je suis conquis !
Tu appelles un chat un chat (🤭), la femme assume. Finie l'époque où elle devait faire semblant, être polie, douce et délicate en toute circonstance pour plaire à l'homme, pour se conformer à l'image idéalisée qu'il avait d'elle.
L'animalité de la femme, son impudeur, en miroir de celles de l'homme, voilà ce que beaucoup d'hommes aiment chez les femmes de nos jours. La sincérité, la franchise, l'égalité.
Il n'y a que toi pour trouver les mots. Et quels mots !