Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Ensemble — Chapitre 4 · La solution ?
Auteur
Ensemble
Chapitre 4 · La solution ?
Le matin suivant, Sophie se réveilla avec une clarté inhabituelle, comme si la nuit avait déposé un voile de résolution sur ses doutes. Thomas était déjà sous la douche, chantonnant faux comme à son habitude. Elle resta allongée un moment, fixant le plafond, les draps encore imprégnés de l’odeur de leurs ébats de la veille. Trois orgasmes. C’était déjà beaucoup plus que d’habitude. Et pourtant… ce n’était toujours pas assez. Pas assez intense, pas assez débridé, pas assez… sale.
Elle se leva, enfila un vieux jogging et un sweat trop grand. Dans la cuisine, elle prépara le café machinalement, mais son esprit tournait à toute vitesse. Pas question de quitter Thomas. C’était hors de question. Elle l’aimait d’un amour profond, patient, construit sur des années de vie commune, de rires partagés, de nuits où il la serrait contre elle quand elle avait froid, de matins où il lui apportait le café au lit avec un baiser sur le front. Quitter cet homme serait comme s’arracher un organe vital. Mais le manque qu’elle ressentait depuis deux jours – ce vide brûlant entre les jambes, cette envie de se faire prendre sans retenue, de hurler des mots crus, de se sentir utilisée et désirée comme une chienne en chaleur – ce manque-là refusait de disparaître.
Il fallait trouver une solution. Une solution qui ne détruise pas sa famille.
Toute la journée, elle chercha. Pendant qu’elle pliait le linge, pendant qu’elle emmenait les enfants au square, pendant qu’elle répondait à des mails pour son travail, son cerveau fonctionnait en boucle. Adultère secret ? Non, trop risqué, trop de mensonges, et elle avait déjà failli craquer une deuxième fois pour rien. Ouvrir le couple ? Parler à Thomas de ses envies ? L’idée la terrifiait. Et s’il se sentait blessé ? Et s’il refusait ? Et s’il acceptait mais que ça changeait tout entre eux ? Non. Pas encore. Peut-être jamais.
Vers seize heures, alors qu’elle rangeait les jouets éparpillés dans le salon, un souvenir surgit comme un éclair.
Marie.
Il y a trois ou quatre ans, lors d’une soirée un peu trop arrosée entre copines, Marie avait laissé échapper une anecdote. Elle était avec son compagnon de l’époque – un type plutôt ouvert d’esprit – et ils avaient testé un club libertin à Bruxelles. Rien de plus à l’époque ; Marie avait juste ri et dit :
— C’était marrant, mais on n’y est jamais retournés.
Sophie n’avait pas posé de questions. Sur le moment, ça lui avait semblé exotique, presque irréel. Aujourd’hui, cette phrase résonnait différemment.
Et si c’était ça, la solution ?
Un endroit où on pouvait… lâcher prise. Sans tromper vraiment. Sans mensonge. Avec Thomas, peut-être ? Ou sans lui, juste pour voir ? L’idée la fit rougir toute seule dans le salon.
Elle attrapa son téléphone et envoya un message avant de pouvoir changer d’avis :
— Salut Marie, ça te dirait qu’on dîne ensemble cette semaine ? Juste toi et moi, tranquille.
La réponse arriva moins de deux minutes plus tard :
— Ouiiii ! Mercredi soir ? Je suis libre. Tu choisis le resto ? Bisous ma belle.
Sophie choisit un petit italien discret près de la place Flagey, ambiance tamisée, pas trop bruyant. Parfait pour parler sans hurler.
Mercredi soir, dix-neuf heures quarante-cinq. Elles s’installèrent à une table du fond. Marie était comme toujours : cheveux courts teints en rouge flamboyant, sourire éclatant, énergie communicative. Elles commandèrent des antipasti, un vin rouge léger, et commencèrent par les banalités : boulot, enfants, Thomas qui allait bien, le dernier mec de Marie qui s’était révélé être un connard fini.
Sophie sentait son cœur cogner. Elle attendait le bon moment, mais le bon moment ne venait pas. Elle but une gorgée de vin, puis une autre. Finalement, au détour d’une conversation sur les expériences qu’on regrette de ne pas avoir tentées, elle lâcha, presque à voix basse :
— Marie… tu es vraiment allée en club libertin, toi ?
Le silence qui suivit dura trois secondes. Marie posa sa fourchette, haussa un sourcil, puis sourit doucement.
— Wow. Tu te souviens de ça ?
— Oui. Tu en avais parlé une fois.
Marie se pencha un peu en avant, baissant la voix.
— Oui, j’y suis allée. Une seule fois. Avec Marc, mon ex. C’était il y a… cinq ans ? Six ? On était curieux, on s’ennuyait un peu sexuellement, on voulait tester.
Sophie déglutit.
— Et… c’était comment ? Vraiment ? Je veux dire… sans jugement, hein. Juste… je voudrais savoir ce qu’il s’y passe. Pour de vrai.
Marie la regarda longuement, comme si elle cherchait à lire quelque chose dans ses yeux. Puis elle sourit, un peu malicieuse, un peu complice.
— OK. Mais promets-moi que tu ne vas pas me prendre pour une nympho perverse après ça.
— Promis.
Marie prit une grande inspiration, puis se lança, avec ce naturel extraverti qui la caractérisait.
— Déjà, l’endroit. C’était Le Privé, à Bruxelles, près de la chaussée de Charleroi. Tu rentres, tu payes l’entrée – plus cher pour les mecs seuls, moins pour les couples. Il y a une partie bar, normale, où les gens boivent, discutent, flirtent. Et puis il y a les “espaces”. Des salons avec des canapés en cuir noir, des alcôves avec des rideaux, une grande pièce avec des matelas au sol, une salle de ciné X où on peut regarder des pornos en groupe… et des coins plus intimes.
Sophie sentait ses joues chauffer. Elle imaginait déjà.
— On a commencé doucement. On s’est embrassés sur un canapé, devant deux ou trois couples qui regardaient sans rien dire. Ça m’a excitée comme jamais. Savoir qu’on nous matait… Marc m’a caressée sous ma robe, j’étais trempée en deux minutes. Ensuite il m’a prise là, sur le canapé. Missionnaire d’abord, puis je me suis mise à quatre pattes. Il me baisait fort, je gémissais sans me retenir. Des gens se sont approchés, certains se branlaient en nous regardant. Un mec a demandé s’il pouvait me toucher les seins. Marc a dit oui. J’ai joui comme une dingue.
Sophie serra les cuisses sous la table. Elle sentait son clitoris pulser.
— Et après ?
— Après… on a continué à explorer. Il y avait un glory hole dans un couloir. Tu sais ce que c’est ?
Sophie secoua la tête, les yeux écarquillés.
— C’est un trou dans une cloison. Tu mets ta queue ou tu mets ta bouche. De l’autre côté, quelqu’un que tu ne vois pas. Anonyme. J’ai sucé deux ou trois bites comme ça. Sans savoir qui c’était. Une était grosse, une autre plus fine. J’ai avalé la première, l’autre m’a joui sur les seins. C’était… libérateur. Pas de visage, pas de nom, juste du plaisir brut.
Sophie déglutit bruyamment. Elle imaginait la scène. Sa gorge se serra.
— Ensuite nous sommes allés dans la grande pièce matelas, une fille s’est approchée. Brune, jolie, trente ans peut-être. Elle m’a embrassée, puis on s’est mises en soixante-neuf. J’ai léché sa chatte pendant qu’elle léchait la mienne. C’était… bizarre au début. Pas désagréable, hein. Sa langue était douce, elle savait y faire. J’ai joui une fois comme ça. Mais je n’ai pas aimé autant que je pensais. J’aime trop les bites, je crois.
Elle haussa les épaules avec un sourire.
— Voilà. C’était intense, excitant, un peu trash parfois. Mais on n’y est jamais retournés. Marc trouvait ça trop… impersonnel à la longue. Et moi, j’avais eu ma dose de curiosité.
Sophie resta silencieuse un moment. Ses joues étaient en feu, son entrejambe humide. Elle sentait son cœur battre jusque dans son clitoris.
Marie la regarda avec curiosité.
— Et toi ? Pourquoi tu me demandes ça ? Tu comptes tester ? Avec Thomas ?
Sophie secoua la tête rapidement.
— Non… non, pas avec lui. C’était juste… par curiosité. J’ai entendu parler de ça récemment et… je me demandais.
Marie n’insista pas, mais son regard disait qu’elle n’était pas dupe.
— Si un jour tu veux y aller, dis-le-moi. Je peux te filer l’adresse exacte, les soirées couples, tout. Et si tu veux que je t’accompagne… sans jouer, juste pour te tenir la main la première fois… je suis là.
Sophie rit nerveusement.
— Merci. Vraiment, mais non je ne compte pas y aller.
Elles finirent le dessert en parlant d’autres choses. Mais dans la tête de Sophie, tout tournait autour de ces mots : club libertin, glory hole, soixante-neuf, regards des autres, sexe sans nom.
Quand elles se quittèrent sur le trottoir, Marie l’embrassa sur la joue.
— Prends soin de toi, ma belle. Et si tu as besoin de parler… tu sais où me trouver.
Sophie rentra chez elle en métro, le cerveau en ébullition. Les images tournaient en boucle. Elle imaginait Thomas et elle dans une pièce sombre, en train de baiser pendant que des inconnus les regardaient. Elle imaginait une bite anonyme passant par un trou, sa bouche autour. Elle imaginait une langue féminine sur son clito.
Arrivée à la maison, Thomas dormait déjà. Les enfants aussi. Elle se déshabilla dans le noir, se glissa sous les draps, le corps encore brûlant de ce qu’elle avait entendu.
Elle ne se toucha pas. Pas ce soir.
Mais elle savait que la graine était plantée.
Et qu’elle n’allait pas disparaître facilement.
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